Avant l'Aurore

Traduction par Del Naja

Disclamer : Personnages et lieux à JK Rowling, l'histoire est celle de Snarkyroxy, je ne fais que la traduction.

Le petit mot de moi : Tout d'abord, je tiens à m'excuser pour cette update qui s'est faite attendre, désolée d'avoir été si longue, je sais que ce n'est pas une excuse mais néanmoins ce sont des circonstances atténuantes, j'ai passé mes partiels donc la et bien j'attends les résultats et il n'y a rien de pire que cette attente angoissante et insoutenable grrr… de plus je dois déménager pour cet été donc la je suis en pleine recherche d'apparts et c'est vraiment la galère… enfin bref, je vais pas m'étendre sur mes malheurs ça ne sert à rien et vous n'êtes pas là pour entendre ça.

Je voulais aussi vous remercier pour m'avoir témoigné votre soutien, je sais que j'ai certes été un peu loin en me plaignant dans le dernier chapitre pour le manque de reviews mais cette annonce était motivée. En effet, voyant le peu de reviews laissées pour le chapitre je me demandais si vraiment l'histoire continuait de plaire, voyant le peu de réactions que ce soit dans l'appréciation comme dans le fait que ça aurait pu déplaire, je me demandais donc ce qu'il ce passait. Ce qui m'importe c'est d'avoir vos réactions sur l'histoire, que ce soit parce que vous avez aimé ou bien que tel ou tel passage vous ait déçu ou déplu, et non pas de faire mon éloge (lol en passant une certaine Ombrage se reconnaîtra, que j'adore bien sûr !).

Mais ça ne signifie pas que vous pouvez vous reposer sur vos lauriers lol, ce qui m'importe c'est votre avis, mais en tout cas maintenant je sais que vous êtes nombreux à lire cette histoire, ça me touche énormément. Merci à vous !

J'en profite aussi pour répondre aux reviews des personnes non inscrites sur ce site, c'est la moindre des choses.

Alexyan : Merci pour tes reviews, tu verras l'évolution de Rogue est intéressante et comme toi, je trouve aussi que l'auteur respecte beaucoup la personnalité du perso. Ca me fait très plaisir que toi aussi tu aimes le passage avec les feux d'artifice, moi aussi ça m'a fait mourir de rire. Bonne lecture.

Awinor : Merci pour ta review, je te rassure cette anonce n'était pas du tout une menace ou un risque que j'allais arrêter ma fic, c'était juste un petit coup de fouet pour faire réagir certains lecteurs endormis lol, je sais je suis sadique ! Niark niark, mais au moins comme ca je sais que je peux te compter parmi mes lecteurs ça me permet de vous connaître et que vous sortiez de votre « anonymat ».

Chris : Je suis très touchée par ton compliment, excuse moi du délai d'attente, toi qui étais si impatient (e) de lire la suite… Bouhou, tu m'en veux pas trop ? » Mais régales toi bien, voici le chapitre neuf hé hé !

Alex : Merci pour tes reviews, tu m'a encore fait bien rigolé avec tes reviews. Un grand merci de ton soutien et t'inquiètes j'ai pris mon courage à deux mains (ou plutôt mon clavier lol) puisque voici le chapitre neuf tant attendu ! Bisous à très bientôt, bonne lecture !

Chapitre neuf : Derrière les portes closes.

Dès que la porte du bureau de Rogue se referma derrière eux, il abandonna tout faux semblant et la guida gentiment en la prenant par son épaule qui n'était pas blessée afin de la faire s'asseoir devant son bureau.

« Etes-vous blessée ? » demanda-t-il. Le changement de son comportement surpris Hermione, alors qu'elle avait espéré longuement cela et elle ne trouva pas ses mots.

« Oui…non, je…il n'a pas » échoua-t-elle et elle baissa la tête quand par inadvertance ses yeux se remplissaient de larmes.

Elle se sentait si mal qu'elle pouvait à peine le distinguer qui s'éloignait d'elle, puis l'entendre derrière elle qui se mouvait à travers la pièce. Il y eut un tintement de verres et un instant plus tard elle sentit une fiole être pressée contre sa main.

« Un philtre d'Apaisement » énonça-t-il simplement puis d'un mouvement de baguette il fit apparaître une deuxième chaise et il s'assit en face d'elle, leurs genoux se touchant presque.

Elle avala le liquide pâle d'une gorgée et presque instantanément elle sentit son corps se relaxer alors que son esprit se repassait le film des événements.

« Je vais bien » dit-elle en essuyant les larmes de ses yeux, elle sentit alors sous ses doigts les égratignures de ses joues quand elle était maintenue contre le mur. Il prit son menton dans une de ses mains et amena son visage vers la lumière pour qu'il puisse examiner les dommages puis il murmura un accio afin de faire venir un pot d'onguent de cicatrisation depuis l'autre bout de la pièce.

« Puis-je ? A moins que vous préféreriez le faire vous-même » demanda-t-il alors qu'il était sur le point de tremper ses doigts dans le pot. De la tête elle lui fit signe de continuer et il étala précautionneusement une large dose de baume sur ses joues. Elle ferma les yeux, se concentrant sur sa propre respiration. Elle sentait aussi la légère rugosité de ses doigts qui contrastait avec la douceur et la fraîcheur du baume.

Une minute plus tard, les écorchures avaient disparu. Elle ouvrit les yeux et le regarda remettre le couvercle sur le pot et le renvoyer magiquement à sa place sur l'étagère.

« Maintenant, voyons voir pour ce bras » dit-il en lui faisant signe de lever son membre blessé. Elle le fit avec difficulté, grimaçant lorsqu'il lui leva le bras à hauteur des épaules.

« Je crois que ça sera pire si vous me laisser encore longtemps dans cette position », commenta-t-elle.

« Il semble que ce ne soit qu'une entorse de l'épaule» dit-il en guise de diagnostic en lui rendant un regard noir pour son commentaire « mais je peux appeler madame Pomfresh pour qu'elle regarde cela ? » demanda-t-il mais elle secoua la tête vigoureusement. Impliquer quelqu'un d'autre voudrait dire raconter ce qui s'est passé, et Rogue serait obligé de punir plus sévèrement Goyle, en retour pour lui une grave punition de la main de Voldemort lui-même. C'était un raisonnement désintéressé et typiquement Gryffondor mais elle avait rapidement appris la valeur de la discrétion.

« Ca va se résorber tout seul bien sûr, cependant il existe un charme qui pourrait remettre cela en place tout de suite. L'avez-vous appris en classe de Médecine Magique ? »

Elle inclina la tête en signe de négation.

« Bien, dans ce cas vous devriez voir l'infirmière plus tard dans la journée. Rester dans l'inconfort et la douleur est dénué de sens ».

Elle désapprouvait n'étant pas rassurée. Elle ne voulait pas expliquer à madame Pomfresh comment elle avait reçu cette blessure. Bien sûr, elle pouvait inventer un mensonge convaincant, le Quidditch était évidemment hors de question. C'était une chose entendue et connue par tous les professeurs qu'Hermione Granger et un balai était une association aussi hasardeuse que Gilderoy Lockhart et une pièce plein de lutins. Peut-être pourrait-elle dire à la Médicomage qu'elle s'était luxée le bras en portant trop de livres dans sa besace. Non, ce n'était pas un mensonge plausible. Encore une fois, il serait préférable qu'elle n'ait pas à mentir.

« Connaissez-vous le sortilège, monsieur ? Pouvez-vous me l'apprendre ? »

« Oui, je le connais » répliqua t-il, « et non, je ne vous l'enseignerais pas ».

Elle ouvrit la bouche afin de lui demander pourquoi, mais il avait anticipé sa question.

« Cela ne serait pas approprié », dit-il durement et il s'éclaircit la gorge. « De plus, il vaut mieux pour vous que vous l'appreniez par un instructeur qualifié. Les sortilèges de guérison ne doivent pas être pris à la légère et l'expérience personnelle ne peut remplacer l'enseignement d'un Médicomage ».

Elle approuva encore et il retourna s'asseoir pour la regarder avec une expression de contemplation, avant de continuer « je m'excuse si mes actions vous ont encore plus blessée, mais j'ai agit de la sorte pour le bienfait des deux autres Serpentard présents dans le couloir à ce moment-là ».

Elle le regarda étonnée. « Il y en avait plus ? Mais je n'ai rien vu… »

« S'il vous plaît miss Granger, » dit-il « réfléchissez-y, accordez leur un peu d'intelligence. M. Goyle n'a peut-être pas votre cerveau ou la subtilité rusée de M. Malfoy, cependant il ne serait pas aussi idiot d'attaquer seul la Préfète en chef, même sur son propre territoire ».

« Donc vous ne croyez pas à sa version des évènements ? »

« Difficilement » dit Rogue avec dérision. « Etant donné votre blessure et votre état émotionnel, je ne l'aurais pas cru même si je n'avais pas assisté moi-même à la scène ».

« Jusqu'à quel point avez-vous entendu ? » demanda t-elle. Ses joues prirent furieusement une teinte rose à la pensée de l'allusion graveleuse de Goyle à propos d'elle et du maître des Potions.

« J'ai dit que j'avais vu, pas entendu », corrigea t-il. « Comme vous étiez loin de ma portée, le temps que j'arrive, vous aviez réussi à vous libérer de son emprise ».

« Oh », répondit-elle, s'enfonçant dans sa chaise avec soulagement.

« Et alors ? »

Elle devait avoir une expression confuse car il roulait les yeux d'exaspération, il alla droit au but. « Allez vous enfin m'éclairer sur ce qu'il vous a dit qui puisse vous bouleverser autant ? »

Ses joues rougirent encore plus et elle regardait ailleurs. « Oh, hem », échoua t-elle. « Ce n'est rien. Ca n'a pas d'importance. »

« Cela est important », insista t-il en s'étirant et en agrippant les accoudoirs de la chaise d'Hermione, ne lui laissant d'autre possibilité que celle de le regarder.

« Miss Granger, s'il vous a menacé nous avons besoin de le savoir. C'est une chose pour moi de fermer les yeux sur ses actes rudes, mais je ne peux justifier le fait d'ignorer des menaces faites à une élève nées de parents moldus par le fils d'un Mangemort. Si quelque chose était sur le point de se produire, Dumbledore aurait ma tête avant que le Seigneur des Ténèbres puisse me sermonner lui-même ».

Elle soupira, essayant d'éviter son regard. « Ce n'était pas une menace, pas vraiment », admit-elle. « C'était l'insinuation qu'il a faite qui m'a le plus bouleversée ».

« Quelle insinuation ? »

« Cela n'a aucun crédit puisque c'est un tissu de mensonges », dit-elle rapidement, et voyant son expression, elle rajouta « de plus, ce n'est pas Goyle qui m'a bouleversée le premier. J'étais déjà énervée et déroutée avant de lui rentrer dedans ». Elle ne voulait pas vraiment que Rogue sache les détails de la dispute avec ses amis, mais peut-être qu'il laisserait tomber le sujet s'il pensait que l'altercation n'était pas la seule cause de son angoisse.

« Quelle insinuation ? » répéta t-il, manifestement pas prêt d'en démordre. « Vous savez que je peux l'arracher si j'ai décidé de le faire, miss Granger. Ne me faites pas en venir à ce cruel moyen ».

La Légilimancie pensa t-elle. Elle avait mis ce mauvais moment dans un coin au fond de sa tête alors qu'au moins, si elle l'expliquait maintenant, elle supposa qu'elle pourrait un peu éluder. Tout était préférable que lui, fouillant dans son esprit pour les détails.

Elle soupira et céda. « Il a dit qu'ils m'avaient vue descendre ici un peu trop souvent ces derniers temps et que je devais être désespérée pour rester première de la classe ».

Elle resta les yeux fixés sur ses mains lorsque Rogue se poussa loin d'elle et demeurait debout. Quand elle leva son regard, il fixait l'étagère de livres. De son profil, elle pouvait voir les rides qui barraient son front. Il semblait furieux.

« C'est tout ce qu'il a dit ? » la voix était empreinte de colère.

Elle se mordit la lèvre.

« Et donc ? » questionna t-il encore et les yeux d'Hermione s'agrandirent lorsqu'il sortit sa baguette d'une poche invisible.

« Attendez. » paniqua t-elle. « Je vais vous le dire. Je, juste… c'était assez humiliant d'avoir à entendre cela une fois, sans être forcée de le revivre à nouveau ».

Après un moment de délibération, il sembla se relâcher et posa sa baguette sur son bureau puis traversa la pièce jusqu'à un petit placard à côté de l'étagère de livres. Elle le regardait avec appréhension quand il sortit une Pensine, légèrement plus petite que celle du Directeur et faite de pierre noire.

« Peut-être que de cette façon ça sera plus facile », dit-il en posant l'objet devant elle sur le bureau. « Si une autre personne a besoin de voir quelque chose, vous ne serez donc pas obligée de le revivre encore une fois ».

Elle acquiesça avec gratitude, mais hésita. « Monsieur, comment je fais… je n'ai jamais fait ça auparavant ».

Il ressortit sa baguette et l'enjoignit de se lever et de se placer vers lui à côté du bureau.

« Autorisez-moi » dit-il en plaçant le bout de se baguette de bois noir contre la tempe de la jeune femme. Elle n'était pas sûre si elle avait imaginé la petite étincelle de magie lors de la première entrée en contact avec sa peau.

« Pensez au souvenir que vous souhaitez me voir extraire », conseilla t-il.

Fermant les yeux, elle repensa au déjeuner et aux raisons pour lesquelles elle avait couru, en retard pour leur rendez-vous. Elle ne voulait pas qu'il voit les mots échangés avec Ron et Harry, elle pensa précipitamment au couloir sombre des cachots et l'échange subséquent avec le Serpentard. Elle se demanda brièvement si Rogue, alors qu'il visionnerait son souvenir serait capable de ressentir le soulagement qu'elle avait eut en le voyant apparaître, ou encore la secousse déconcertante de son estomac pendant qu'il lui avait soigné la joue…

Attends une minute ! pensa t-elle frénétiquement, il n'a pas besoin de voir cela ! Le souvenir peut se terminer quand il apparaît dans le couloir !

Elle ouvrit les yeux et essaya de se dégager, mais il semblait désormais que la baguette de Rogue était fixée à sa tempe. Voyant son mouvement, il murmura une incantation inaudible et elle le regarda lever sa baguette qui emportait avec elle depuis sa tempe, un long filament argenté de souvenirs.

La sensation était incroyablement étrange, comme une aiguille qui piquait insidieusement sa tête de l'intérieur mais aussi de l'extérieur. Cela s'arrêta un moment plus tard lorsque le filament se détacha et que Rogue le plaça dans la bassine de pierre.

Hermione s'assit rapidement en sentant une vague de malaise la frapper. « C'est horrible comme sensation », murmura t-elle en se prenant la tête dans les mains.

« C'est une sensation bizarre et peu agréable », approuva t-il. « Avec la pratique, ça devient plus facile, comme aussi le fait de séparer les pensées qui sont uniquement nécessaires, du reste de vos autres souvenirs. Le malaise est souvent un effet secondaire de la première extraction. Ca devrait passer dans un moment ».

Elle poussa un soupir d'inconfort puis elle releva la tête doucement. Ce n'était pas complètement disparu mais elle se sentait déjà un peu mieux.

« Je reviens dans un moment », dit Rogue et sans attendre de réponse, il plongea sa tête dans les souvenirs d'Hermione.

Hermione le regarda pendant quelques minutes. C'était un sentiment étrange, l'attendre alors qu'il était là, penché, sans émotions, sa tête dans une bassine de pierre. Cela aurait certainement fait un drôle de tableau pensa t-elle, si quelqu'un d'autre était rentré dans la pièce à ce moment là.

Elle prit l'opportunité afin d'étudier l'homme en face d'elle, du moins pour ce qu'elle pouvait en voir. Reposant calmement sur le bureau de chaque côté de la Pensine, ses mains étaient fines mais semblaient fortes en même temps. Aussi pâles que le reste de sa peau exposée, Hermione pouvait voir les veines qui couraient sous la surface. Elle n'avait considéré qu'une partie du corps en particulier pouvait être belle, cependant il y avait quelque chose dans ses mains qui la captivait. Elle avait pu le regarder préparer des potions pendant des heures, la précision et la coordination de ses mains alors qu'il coupait, éminçait, hachait,

En plongeant la tête dans la Pensine, les cheveux noirs de Rogue s'étaient dispersés autour de sa tête et quelques mèches pendaient au hasard par-dessus les bords de la bassine. Ils étaient gras, pas autant que ça pourtant, pensa t-elle. Certainement pas aussi gras pour avoir mérité ce cruel surnom que les élèves utilisent dans son dos.

Ses cheveux se partageaient de chaque côté de son crâne, et Hermione restait fixée sur son cou exposé, s'échappant de sa chemise et de sa redingote à col montant. Elle eut l'impulsion soudaine de tendre la main et de toucher la peau pâle. Elle se demandait rêveusement si on pouvait sentir le toucher sur le corps physique alors que l'esprit était dans une Pensine.

Se secouant la tête, elle se demanda ce qui lui passait par la caboche. Le philtre d'Apaisement ne pouvait certainement pas l'avoir relaxée à ce point. Peut-être que ses émotions exacerbées et malmenées lui jouaient des tours dans son esprit.

Elle ne pouvait cependant s'empêcher de penser combien il avait été plaisant avec elle cette après-midi. Il n'avait fait aucun sarcasme, ni ne l'avait ridiculisée une fois qu'ils étaient entrés dans son bureau. Il avait compris sa détresse et l'avait calmée, même si c'était par l'intermédiaire d'une potion. Le plus surprenant était, elle venait de s'en rendre compte soudainement, qu'aucun de ses actes n'avait été maladroit ou ne les avait mis dans l'embarras l'un envers l'autre. Il s'était assis avec elle pour parler au lieu de la prendre de haut et de se moquer comme à sa vieille habitude de mépris. Il avait soigné son visage et n'avait été rien d'autre que sincère dans sa préoccupation pour elle.

Si c'était ce professeur Rogue que les Serpentard voyaient, il ne faisait aucun doute pourquoi ils avaient un tel respect pour leur Directeur de Maison.

Hermione se remémora sa dernière rencontre avec le maître des Potions. Elle avait été en train de voir une facette différente de lui, et même lors de la nuit où il lui avait appris à fabriquer la potion Tue-Loup. Encore, après le match de Quidditch la nuit dernière, elle avait eut la distincte impression qu'il s'était retenu de rire devant les feux d'artifice, même si ces derniers l'avaient insulté.

Et aujourd'hui ? Elle se sentait comme si elle voyait le vrai Severus Rogue pour la première fois, entier, ouvert et sans arrières pensées. Il n'y avait aucune façade d'indifférence cachant ce qu'il ressentait vraiment, Hermione n'aurait jamais pu deviner que les sombres et froids yeux pouvaient montrer tellement de sentiments bienveillants dans leurs profondeurs. Avant, dans ces yeux elle avait vu de la colère mais jamais quelque chose comme de la compassion. Elle savait qu'il allait toujours la menacer de la même façon en classe. Il n'avait pas le choix. Mais elle se trouva à espérer avec ferveur qu'il était résolu à lui faire confiance et à oublier son apparence normale lorsqu'ils seraient seuls.

Ses pensées s'interrompirent quand le maître des Potions s'extrait brusquement de la Pensine. S'il avait été en colère auparavant, ce n'était rien comparé à l'expression de fureur de son visage dorénavant.

« Ce petit… merde », grogna t-il finalement à travers ses dents serrées. « Comment ose t-il suggérer que je pourrais… »

Rogue se leva et commença à faire les cent pas derrière le bureau. « J'hésite entre ce qui me répugne le plus », dit-il tout bas. « L'insinuation que je puisse faire une telle chose avec n'importe quelle élève, ou bien l'idée que la pureté du sang motive mon choix ».

« Ce n'est pas le cas ? » demanda t-elle. «Avec une femme, je veux dire pas une étudiante » ajouta t-elle rapidement.

« Non » répondit-il, et elle sursauta vivement devant le ton catégorique de sa voix. Il vint depuis le bord du bureau et s'assit en face d'elle. Il y avait une expression résignée, pensive sur son visage alors qu'il commençait de parler.

« J'ai été élevé dans la croyance de la sanctification du sang-pur. J'ai eut cela distillé en moi dès mon plus jeune âge, que le fait de polluer la pureté de la lignée de mon nom de famille avec du sang moldu n'était pas seulement un crime mais était puni par la mort ».

Il approuva de la tête devant l'expression horrifiée d'Hermione.

« Mon arrivée à Poudlard a été une sorte de révélation pour moi. D'un côté, mes camarades de Serpentard renforçaient ce qui m'avait toujours été prêché pendant toute mon enfance, et d'un autre côté, les enfants nés de Moldus leur prouvaient qu'ils avaient tort en nous battant toujours en matière de résultats aux devoirs ».

« Vous savez déjà que je n'ai pas rejoint les rangs du Seigneur des Ténèbres parce que je croyais en ce qu'il essayait de créer ». Elle acquiesça gravement en se remémorant les scènes dans la Pensine de Dumbledore, puis Rogue continua. « Je l'ai joint par envie de pouvoir et de revanche, et j'ai vite admis que c'étaient de mauvaises raisons pour prendre une décision si radicale qu'elle allait altérer toute ma vie. J'étais jeune, naïf et aveuglé par de fausses promesses de vengeance contre tous ceux qui m'avaient spolié, mais je n'ai jamais pensé que la soi-disant pureté du sang plaçait une sorcière ou un sorcier au dessus d'un autre ».

Hermione fixait son professeur, étonnée, elle restait silencieuse devant la sincérité de ses mots. En y réfléchissant, elle réalisa qu'il parlait vraiment sincèrement. Depuis tout le temps qu'il l'avait insultée, il ne lui avait jamais fait de remarque sur ses origines. Il se moquait des élèves parce qu'ils étaient des Gryffondors ou des crétins abyssaux, et non parce qu'ils étaient ou n'étaient pas des sangs-purs.

Elle prit conscience de lui la regardant, attendant qu'elle réagisse. Elle lui donna un petit sourire hésitant.

« Je crois que c'est ce que les Moldus disent dans ce cas » dit –elle doucement. « On peut choisir ses amis mais on ne choisit pas sa famille. » perdant son sourire, elle poursuivit sérieusement. « C'est bon de savoir que vous n'avez pas une dent contre moi pour quelque chose dont je ne peux rien y faire, même si d'autres le font ».

« Et ce sont de ces autres dont vous devez être prudente », recommanda t-il. Les Serpentard n'aiment pas se sentir menacés ».

« Menacés ? » ses sourcils se soulevèrent de confusion et Rogue roula des yeux.

« Vous ne voyez rien Hermione ? » l'implora t-il. « Vous, la plus brillante sorcière de votre génération êtes née de Moldus. Il n'y a aucune trace de magie dans votre famille, pas un iota. Vous êtes la preuve de tout le contraire de ce que pense le Seigneur des Ténèbres, et être l'amie de Potter ne fait de vous qu'une cible encore plus valable ».

« Oh » était tout ce qu'elle arriva à dire. Elle était secouée par la prise de conscience de combien elle était vulnérable. Depuis sa première année, elle avait reconnu qu'être l'amie de Harry pouvait la mettre en danger. Elle n'avait jamais considéré qu'elle-même, qui elle était, pouvait être aussi une menace. Goyle avait prouvé aujourd'hui qu'elle ne serait jamais en sécurité même à l'intérieur des murs protecteurs de Poudlard. Elle soupira et leva les yeux sur Rogue.

« Je n'ai jamais réalisé que c'était sérieux » admit-elle « mais je ne vais pas non plus me cacher loin jusqu'à ce que la menace ait cessé ».

« Personne n'attend cela de vous » répliqua-t-il avec un rictus qui n'était pas hostile. Elle pouvait entendre caché derrière ses mots « vous êtes une Gryffondor » mais pour la première fois il ne l'ennuya pas avec ça.

« Vous avez juste besoin d'être sur vos gardes » la prévint-il. « Ne descendez pas ici sans être accompagnée même si cela doit signifier que Potter ou Weasley vous escorte. Je vous assure que M. Goyle n'essayera plus une telle chose mais cela ne signifie pas que d'autres n'essayeront pas et réussiront là où il a échoué ».

Hermione frissonna.

« Je pense que ça suffit pour une seule après-midi » déclara Rogue en se levant. « Vous devriez aller voir Mme Pomfresh pour votre bras dès que possible ».

« Et concernant l'arrangement de mes devoirs ? » demanda-t-elle en se souvenant de la raison originelle de leur entrevue.

« Je crois qu'étant donné les circonstances nous pourrions discuter de cela lors de notre prochaine rencontre », répondit-il. « Venez, je vais vous accompagner jusqu'au Hall d'Entrée ».

Elle le suivit qui traversait la pièce. Il n'y aurait plus aucune parole échangée une fois qu'il serait à l'extérieur de son bureau, Rogue allait atteindre la porte quant elle parla.

« Monsieur ? »

Il se retourna vers elle.

« Je voulais juste vous dire merci », dit-elle. « Pour avoir été là dans le couloir, et m'avoir aidé… et… euh… juste… pour tout, merci ».

Il la considéra du regard pendant un instant avant simplement de hocher la tête en signe d'acceptation.

Aucun mot ne fut échangé entre eux pendant qu'il la menait dans les escaliers. Elle devait marcher rapidement afin de suivre ses longues enjambées, l'irritation dans son comportement aurait pu signifier à quiconque les verrait qu'elle n'était pas dans les faveurs de son professeur.

Une poignée d'élèves était groupée près du Hall d'Entrée mais à la vue du maître des Potions, la plupart prirent leurs jambes à leur cou. Hermione pensait à le remercier une fois de plus mais il la fit se taire par un regard mauvais.

« Retenue Miss Granger », dit-il doucereusement.

« Mardi, après le dîner, et ne me laissez pas vous faire attraper dans les cachots dans une pareille situation ».

« Oui professeur » murmura-t-elle en essayant de paraître contrite à cause des quelques élèves qui restaient à regarder avec intérêt leur échange. Ce n'était pas tous les jours que la Préfète en chef recevait une retenue.

Un tourbillon de robes noires plus tard et le maître des Potions était parti. Hermione se retrouvait devant les escaliers, se demandant entre trouver Harry ou aller à l'infirmerie. Son bras la faisait encore plus souffrir depuis qu'elle avait dû le lever devant Rogue, elle décida donc d'aller faire un rapide détour par l'infirmerie en premier. Avec bon espoir, Madame Pomfresh pourrait guérir sa blessure, la sermonnant pour avoir « porté trop de livres » et la laisserait repartir.

A suivre…