Spoilers : Les quatre tomes parus.

Disclaimer : Histoire de se répéter un peu : Harry Potter et sa joyeuse bande d'amis et d'ennemis ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de JKR qui tarde à nous sortir le cinquième volume. Je ne fais aucun profit financier à écrire cette histoire.

Résumé général (toujours le même) : En 1975, les Maraudeurs entrent en cinquième année. De nouveaux personnages font leur apparition à Poudlard. Et en particulier Orpheo et Silver Knight, alias Harry Potter et Draco Malfoy qui ont remonté le temps de vingt ans et sont maintenant bloqués dans le passé, condamnés à ne pouvoir souffler mot de ce qu'ils savent.

Résumé du chapitre précédent : Alors que Harry se remet difficilement d'un cauchemar particulièrement éprouvant, que certains élèves Poudlard pleurent leurs morts, James découvre que sa baguette magique est intimement liée à celle de Lily Evans. Tout le problème est de savoir si cela signifie ou non quelque chose. Chacun à son avis sur la question, James, quant à lui, espère bien que non.

Avertissement : G

L'intrigue se complexifie et s'assombrit doucement et donc le ton change peu à peu. Et les différences entre les points de vue devraient s'accroître (enfin normalement) et je pense que d'ici quelques chapitre, je vais devoir élever un peu la 'protection parentale'.

Rappel des personnages-originaux-évoqués-dans-ce-chapitre-qu'on-a-probablement-oubliés-depuis-la-dernière-fois :

Ethan Torr : professeur de défense contre les forces du Mal.

Aurora Dawn : professeur de duel.

Esméralda Minigalle : professeur de soins aux créatures magiques.

Irina Norgoth : Gryffondor, 5ème année. Amie de Lily. Les icebergs sont plus chaleureux. Membre du club des

'Mortes Vivantes'.

Meredith Adhonores : Gryffondor, 5ème année. Amie de Lily. Les pierres sont plus bavardes. Membre du club des 'Mortes Vivantes'

Lynn Amberson : Gryffondor, 5ème année. Amie de Névée. Amie des Maraudeurs.

Névée Wight : Gryffondor, 5ème année. Amie de Lynn. Petite amie de Gontran Weasley

Gontran Weasley : Gryffondor, 6ème année. Préfet. Petit ami de Névée. Cousin d'Arthur Weasley.

Chase Sternwood : Gryffondor, 4ème année. Poursuiveur de l'équipe de Quidditch. A perdu ses parents récemment (cf chapitre précédent).

Anna Lola Hunter : Poufsouffle, 5ème année. Grande fan de Sirius. Rivale de Lynn.

Philip Parry : Gryffondor, 7ème année. Capitaine de l'équipe de Quidditch. Petit ami de Lily. Surnommé le 'Tyran'.

rappel-des-personnages-mentionnés-dans-les-livres-utilisés-dans-ce-chapitre-et-qui-donc-ne-m'appartiennent-pas-mais-autour-desquels-j'ai-monté-une-petite-sauce-faute-d'éléments :

Dave Goujon : Gryffondor, 6ème année. Meilleur ami de Gontran Weasley. (tome 3 : celui qui a failli perdre un œil en approchant d'un peu trop près le Saule Cogneur)

Emma Oak : Gryffondor, 7ème année. Petite amie de Franck Londubat. (donc future mère de Neville)

Arabella Figg : Gryffondor, 7ème année. Amie de Emma. (tome 4 : celle qui fait parti de la vieille bande…)

Sans-oublier-bien-entendu :

Orpheo Knight : Harry Potter

Silver Knight : Draco Malfoy

Note : Vous aurez ici la première raison qui vous expliquera pourquoi il n'était pas nécessaire que le cours de DADA/DCFM sur le 'patronus' fût du côté de Harry…

Remerciements : à tous les reviewers qui me font un immense plaisir en laissant leurs gentils petits mots ; aux lecteurs silencieux également qui suivent l'histoire en se demandant sûrement comment je vais réussir à retomber sur mes pieds (ils ne sont pas les seuls) ; à Lou qui prend le temps de lire chaque chapitre et me donne son avis. Bref à tous ceux qui prennent plaisir à me suivre dans mes élucubrations et en redemandent.


Chapitre 9 – Démonstrations de force.

Grâce à la potion de Pomfresh, Harry avait gagné des nuits sans rêve. C'était un peu de tranquillité conquise facilement. Mais en contre partie, il devait souffrir des réveils difficiles, où il avait du mal à reprendre pied dans le monde réel. Ses sens étaient engourdis et ses pensées floues.

Depuis cet horrible cauchemar, Harry craignait de fermer les yeux et de se trouver à nouveau plongé dans un massacre. Pomfresh avait beaucoup hésité avant d'accepter de lui concocter des doses 'allégées' de potion de Sommeil. Elle avait bien entendu demandé d'abord l'autorisation au professeur Dumbledore qui l'avait donnée sans poser la moindre question. Toutefois, Harry avait perçu de l'inquiétude dans le regard du vieux sorcier. Ayant de plus en plus de mal à supporter seul de si lourds secrets, il avait tenté de tout révéler au directeur mais ce dernier s'y était refusé. Il ne voulait rien savoir. Dumbledore avait argué que la vie devait garder ses mystères et réserver des surprises pour garder tout son attrait. Harry n'avait pu s'empêcher de dire qu'il y avait une exception pour les mauvaises surprises. Le sage directeur avait ouvert la bouche dans l'intention évidente de parler, mais il l'avait refermée sans rien dire. Il avait longuement regardé Harry, le visage grave, puis lui avait demandé de quitter la pièce avant que sa volonté ne cède. Harry était resté quelques secondes sans bouger, il avait espéré réellement que Dumbledore reviendrait sur sa décision. Il ne voulait pas croire qu'il n'y avait aucun espoir pour l'avenir. Mais Dumbledore était resté campé sur ses positions et Harry était parti la tête basse et une boule dans la gorge.

Son père. Sa mère. Son parrain. Tous heureux. Tous vivants. Harry ne pouvait comprendre comment ce qui était source d'une joie sans limite pouvait également être cause d'une douleur suppliciante. Il y avait des jours, où il se félicitait d'avoir eu l'inconscience de franchir la porte du Temps, où il bénissait le sort qui avait bien voulu lui laisser une chance de rencontrer ses parents. Il s'attachait chaque jour à graver un peu plus fermement dans son cœur et dans son esprit les traits de ses parents, leurs voix, leurs gestes, afin d'avoir autre chose que des cris de terreur, des échos immatériels, des photos mouvantes et un reflet dans un miroir comme souvenirs. Chaque jour était une chance de mieux les connaître, de les aimer davantage. Si c'était possible. Mais il y avait des jours également, où il ne souhaitait qu'une chose : n'être jamais venu, ne les avoir jamais rencontrés, ne leur avoir jamais parlé. Parce que comment allait-il faire après ? Comment pourrait-il reprendre une vie normale en sachant tout ce qu'il avait manqué ? En sachant qu'il ne les reverrait jamais ? Que ce serait toujours les cris et non les rires de Lily qui résonneraient dans sa tête. Qu'il volerait toujours 'comme' son père, mais plus jamais 'avec' son père. Alors parfois, oui, il regrettait d'être en 1975. Il regrettait d'avoir vus ses parents. Des parents qui ne l'étaient d'ailleurs pas tout à fait. Du haut de leurs quinze ans, ils n'avaient de parents que le nom et les gènes.

Harry fut tiré de ses derniers rêves par le poids de quelque chose qui escaladait ses jambes. Il releva la tête et découvrit une petite boule de poils qui, cahin-caha, remontait le long de son corps, buttant contre les bosses et tombant dans les creux. Après un véritable parcours du combattant, elle arriva à son cou et s'y nicha en ronronnant.

" Bonjour le chat. " chuchota-t-il. Le minuscule félin répondit d'un petit coup de dents. " D'accord ! Dia. " dit-il en riant doucement. " Bonjour Dia. Tu sais que tu es trop formelle pour ton propre bien ? " La chatte miaula et donna un coup de langue pour faire oublier les mordillements.

La tendresse qu'affectait la petite chatte envers Harry avait surpris tout le monde, James le premier. Harry avait même vu derrière le froncement de sourcils, un petit regard de jalousie, mais James n'avait rien dit.

" Peut-être que tu sais ? " murmura-t-il. Dia releva la tête et planta ses immenses yeux bleus dans ceux de Harry. " Peut-être que tu sens que ton maître et moi sommes liés ? " Harry occulta la chaleur menaçante que lui envoyait le Bracelet du Silence. Au bout d'un mois, il avait fini par s'habituer aux avertissements brûlants du bracelet. Il était même parvenu à contenir le réflexe de porter la main à son poignet.

On s'habituait à tout, même à la douleur.

" Si tu pouvais parler. Si tu pouvais lui dire… " soupira Harry.

Dia ronronna un peu plus, comme pour le réconforter. Harry sourit et sortit sa main droite de sous la couverture pour caresser la chatte. C'est alors que la vision de cauchemar passa sous ses yeux. Il ne put retenir un hurlement d'horreur. Il ne fallut que quelques secondes à quatre têtes affolées et encore ensommeillées pour apparaître entre les tentures du lit à baldaquin.

" Orpheo, ça va ? "

" Tu as un cauchemar ? "

" Tu as mal à la tête ? "

" Tu veux qu'on appelle Pomfresh ? "

Harry n'entendit aucune de leurs interrogations concernées et angoissées, il n'avait d'yeux que pour son poignet, autour duquel il y avait bien un bracelet, mais au bout duquel il n'y avait plus de main. Tremblant, il porta son poignet gauche à ses yeux. Et horreur ! Ici aussi, une absence totale de main ! A gauche, comme à droite, après les poignets, il n'y avait rien et semblait même n'y avoir jamais rien eu.

" Mais qu… " balbutia Sirius effaré et effrayé. Il voulut se frotter les yeux comme pour chasser les dernières illusions du sommeil, mais ne put. Là où il aurait dû y avoir ses mains, il n'y avait que du vide. Il ne put dire un mot. Il avait du mal à intégrer cette nouvelle donnée qui lui disait avec force qu'il était totalement et absolument manchot.

Ce ne fut qu'au hurlement strident de Peter que Harry sortit de sa contemplation morbide et découvrit qu'ils étaient tous confrontés au même sort, à la même absence terrifiante de mains.

" Mais quelle horreur ! Dites-moi que je rêve ! Que quelqu'un me pince ! " s'écria James atterré.

" Je veux bien, mais avec quoi ? " demanda Remus en mettant en évidence ses poignets sans mains et donc sans doigts.

Peter fondit en larmes et Sirius, qui était finalement sorti de son apathie, tenta de le rassurer. " Calme-toi Peter. Ce n'est qu'un maléfice. Tu retrouveras tes mains. On va s'habiller et aller voir Pomfresh. Elle va sûrement trouver quelque chose. "

" Tu crois ? " pleurnicha Peter.

" J'en suis sûr. " répliqua Sirius avec un grand sourire.

" Oui, tu as raison. " fit Peter avec une conviction exagérée pour se donner du courage. Il chassa ses larmes malhabilement. " C'est juste que je déteste cette idée de ne plus avoir de mains. Quand j'étais petit, c'était un cauchemar que je faisais souvent. Et ça me terrifiait. Alors découvrir en me réveillant que c'est véritablement arrivé… " Peter réprima un sanglot aussi bravement qu'il pût.

S'il avait eu ses mains, Harry aurait crispé les poings de colère, en compensation, il se contenta de serrer les mâchoires.

" C'est vrai que c'est assez effrayant. " concéda Sirius en observant sous toutes les coutures ses avant-bras.

Ils commençaient juste à se remettre de leur choc quand la porte de leur chambre s'ouvrit à toute volée. Une masse compacte de Gryffondor paniqués déboula dans la pièce et envahit tout l'espace.

" Une autre crise ? " s'écria Gontran inquiet.

Mais comme Harry posa sur les arrivants un regard tranquille, ces derniers se sentirent un peu stupides.

" Pourquoi avez vous crié ? " demanda Dave, le moment de gêne passé.

Harry et les quatre Maraudeurs, pour toute réponse, levèrent leurs bras et mirent en évidence leur absence de mains. Il y eut un mouvement général de recul dégoûté.

" Euh… vous n'auriez pas perdu quelque chose ? " demanda Chase.

" On peut dire que tu as mis le doigt dessus. " ironisa Sirius qui avait la fâcheuse habitude de toujours vouloir trouver un côté comique à la situation la plus désespérée. C'était une force que Harry admirait beaucoup chez son futur parrain.

" Je te taperais bien sur l'épaule, mais ça risque de te faire bizarre de ne sentir qu'un poignet sans main. " ajouta Sirius en agitant les bras.

" Mais qu'est-ce qui vous est arrivé ? "

" Ca Weasley, c'est la question à mille Gallions. Si tu as la réponse, tu remportes le pactole. " répondit Remus qui, visiblement, prenait beaucoup moins bien la chose. " Mais, si ce n'était pas déjà fait, je mettrais ma main à couper que c'est un coup des Serpentard. "

" Ce qui est bien, c'est que vous n'avez pas perdu votre sens de l'humour. "

" Eh oui, c'est ça être un Maraudeur. Même diminué physiquement, l'humour reste entier. " répondit James avec dérision.

Mais la bonne humeur se gâta lorsque les filles de cinquième année entrèrent en scène, Lily en tête de file.

" On dirait que vous vous êtes fait voler la main pour ce qui est de faire des blagues. " parvint finalement à dire Lily entre deux éclats de rire.

" Très drôle Evans. " grinça James qui tentait de dissimuler sa nouvelle infirmité derrière son dos.

Mais la troisième 'Morte Vivante' ne semblait pas trouver la situation risible. Meredith Adhonores avait à peine vu l'état des garçons qu'elle avait reculé effrayée, buttant contre les curieux amassés qui bloquaient la porte d'entrée. Sirius, amusé par la réaction de la jeune sorcière, affecta de prendre des poses mi-effrayantes mi-grotesques pour l'embêter. Adhonores poussa un cri de terreur non feinte et se précipita derrière Dave Goujon.

" Ne le laissez pas m'approcher ! Il est empli de Magie Noire. " s'écria-t-elle.

L'annonce sonna comme un coup de tonnerre. En silence, tout le monde se tourna d'abord vers Adhonores puis vers les Maraudeurs et Harry.

" De la Magie Noire " répéta Sirius hébété.

" Tu es sûre, Meredith ? " demanda Arabella Figg qui s'approcha de Harry et des Maraudeurs afin de les étudier les uns après les autres. Harry ne détourna pas la tête quand le regard scrutateur de la septième-année se posa sur lui, mais il se demanda comment d'un coup d'œil, elle pourrait déterminer si oui ou non Meredith avait raison.

" C'était donc ça ! Je me demandais ce qu'il y avait d'étrange avec ce sort. " dit Remus en portant ses poignets à son nez.

" De la Magie Noire ? " répéta Peter en pleurnichant.

" C'est possible que Rogue et sa clique sache faire ça ? " demanda James abasourdi. " Ils ne sont qu'en cinquième année… Je veux dire… On n'apprend pas la Magie Noire ici… Alors… C'est possible ? " bafouilla-t-il, choqué par la nouvelle.

Mais Harry savait que la chose était totalement possible. Sirius lui avait bien dit l'année dernière (ou plutôt lui dirait dans dix-neuf ans, corrigea Harry) que Rogue était arrivé à Poudlard en y connaissant un rayon sur la Magie Noire. Et Harry aurait presque sans aucune hésitation mis sa main au feu – si c'était encore possible – qu'il n'était pas le seul au sein des Serpentard à être versé dans les arts obscurs de la magie. Il ne savait pas vraiment comment Malfoy avait été élevé, mais connaissant la réputation de la famille, sûrement pas dans la lumière de la Magie Blanche.

" J'en suis tout à fait sûr. " finit-il par dire en regardant James droit dans les yeux.

James déglutit avec difficulté : il semblait trouver la situation bien moins risible maintenant. Harry, quant à lui, n'avait jamais vu la situation sous un angle comique, Magie Noire ou pas, cela ne changeait rien pour lui : il n'avait plus de mains, là était son seul sujet d'inquiétude. Comment les petits farceurs s'y étaient pris, n'était pour lui que détail.

Norgoth rompit le silence inconfortable de la pièce. " C'est bizarre… " dit-elle sans prendre le soin de terminer sa phrase en plantant ses yeux noirs dans ceux de Harry.

Il n'aima ni le ton, ni le regard de la jeune sorcière. " Quoi ? " demanda-t-il un peu abruptement.

Mais Norgoth n'en fut pas désarçonnée pour autant. " Si tu n'as plus de main, comment se fait-il que ton bracelet ne tombe ? " et pour donner plus de poids à sa question, elle pointa du doigt le bracelet qui flottait au bout de son membre amputé mais ne semblait pas subir la force de la gravité.

Mal à l'aise, Harry cacha son bras derrière son dos, mais c'était trop tard, tout le monde avait constaté l'étrange phénomène.

Au moment même où il avait été remis de son choc, évidemment la première idée qu'avait eue Harry avait été d'enlever la Bracelet du Silence. Mais au-delà de toute compréhension logique, cela s'était révélé impossible.

La magie du Bracelet dépassait les règles de la physique. L'item avait été ensorcelé pour que seul Dumbledore puisse le retirer et c'était tout.

Maintenant que tous les regards étaient pointés sur lui, Harry devait vite trouver quelque chose à dire pour donner le change. " Il a été ensorcelé quand j'étais petit pour que je ne le perde pas et le sort n'a pas été retiré. " mentit-il avec le plus grand calme apparent.

" Ben comme quoi, ça s'est révélé très utile. " fit James philosophiquement.

Harry constata avec soulagement, que la réponse contentait tout le monde, jusqu'à ce qu'il tombe sur le regard implacable de Norgoth. Rectification : presque tout le monde.

" Moi, ce que je trouve inquiétant, c'est que des cinquième-année soient capables de pratiquer de la Magie Noire à un tel niveau. " fit Emma Oak ramenant par là même le sujet de la conversation sur le véritable point inquiétant de l'histoire.

" Mais qu'est-ce que vous racontez ? Aucun élève ici ne pratique de la magie noire. " fit avec mépris Philip Parry.

" Et ça c'est quoi ? " s'emporta Harry avec véhémence en montrant ses poignets. Il fut imité par les Maraudeurs qui levèrent bien haut les bras comme des étendards. Parry eut un mouvement de recul répugné.

" Vous êtes toujours en train de fabriquer des trucs, peut-être que cette fois ça vous a explosé au nez et vous voilà bien punis. " reprit Philip avec une expression de mépris sur le visage.

Un mouvement de colère parcourut les Maraudeurs qui jetaient des regards meurtriers au capitaine de Quidditch.

" Bien punis ? " gronda Harry les poignets toujours bien en vue. " Tu dois avoir un petit problème de mesure toi ! " Dieu, ce qu'il détestait ce type, davantage même que Malfoy, Fudge et peut-être même Rogue.

" Mais nous n'avons rien fait… depuis longtemps en tout cas ! " pleurnicha Peter.

" Non, c'est quelqu'un qui nous a jeté un mauvais sort ! Et ça ne peut être que des Serpentard. " insista Sirius. " Nous sommes suffisamment doués pour ne pas nous ensorceler nous-mêmes. "

" Peut-être qu'ils trouvaient que nous les délaissions dernièrement et que c'est un appel du pied ? " proposa Remus.

" Tu veux dire de la main ? " reprit Sirius avec un sourie en coin.

" C'est peut-être le coup des oreilles de lapin et des sabots qui n'est pas passé. " proposa James qui tentait de se familiariser avec le nouvel aspect de ses avant-bras.

" En tout cas moi je l'ai senti passer le coup de sabot. " rétorqua Remus en se frottant machinalement la joue anciennement meurtrie.

" Mais qu'est-ce qu'il a notre petit Remus ? On dirait qu'il a du répondant ce matin. " fit Sirius en tentant de lui ébouriffer les cheveux, mais abandonna faute de mains.

" On dirait que tu prends plutôt bien la nouvelle, toi. " répliqua Remus un peu grincheux.

" Je reconnais que sur ce coup, ils ont été forts. Ca ne me plaît pas de l'admettre. Mais c'est vrai. Ils ont même réussi à contourner la vigilance du petit monstre de James et à ne pas nous réveiller. " Remus émit un petit grognement pour toute réponse.

C'est vrai, pensa Harry, Remus, comme tous les loups-garous, devait avoir une ouïe très fine et un sommeil léger, le moindre bruit inhabituel était susceptible de le réveiller. Quant à Dia, elle avait prouvé plus d'une fois qu'elle ne laissait personne entrer dans la chambre s'il n'avait pas été invité. Les Serpentard (car Harry ne doutait pas qu'ils étaient l'auteur de cette mauvaise plaisanterie) avaient vraiment tout planifié, tout prévu, tout anticipé.

" Sans parler du mot de passe. " ajouta pensivement James.

" En effet ! Et ça, par contre, c'est un peu plus ennuyeux si des Serpentard peuvent entrer comme ils veulent ici. "

" Un peu plus ennuyeux ? " s'exclama James outré.

" Bon en attendant, moi ça ne me plaît que moyen de ne plus avoir de mains, donc si nous allions voir Pomfresh… " décida Harry, coupant net à la discussion.

" Bonne idée Orpheo ! "

" Bon, on va vous laisser vous habiller. J'espère qu'elle va vous réparer ça. Que tout le monde sorte ! " ordonna le préfet.

Mais la porte fut à peine fermée, que les garçons durent faire face à une nouvelle complication.

" Dites, juste une question comme ça… On fait comment pour s'habiller quand on n'a pas de mains ? " demanda Peter après avoir essayé sans succès de déboutonner la chemise de son pyjama. Ils se regardèrent un instant et d'un même mouvement se précipitèrent vers la porte. Mais une fois tous devant la porte, Remus fixa avec insistance la poignée ronde qu'il fallait 'tourner'.

" Bon… quelqu'un connaît une formule pour tourner une poignée ? "

" Oui, dès que tu m'auras appris à tenir une baguette sans main. " répliqua James.

" Ils ont fait exprès de changer la poignée de la porte ! " grogna Harry en donnant un coup de pieds dans le panneau de bois.

" Vous savez quoi ? Si ce sont vraiment les Serpentard qui sont derrière tout ça ! Je leur promets la vengeance la plus humiliante qui n'ait jamais été donné au monde de recevoir. " promit Sirius en grinçant des dents, faute de pouvoir serrer les poings.

Harry et les Maraudeurs furent contraints de ravaler leur fierté et d'appeler à l'aide d'autres garçons de Gryffondor (qui déployaient de gros efforts pour ne pas éclater de rire). Se sentant humiliés comme ils ne l'avaient jamais été auparavant, ils crachèrent toutes les injures qu'ils connaissaient sur les Serpentard. Harry s'aperçut d'ailleurs que Sirius et James en connaissaient une sacrée kyrielle. La session d'habillage se termina même en un concours de jurons que Sirius remporta à l'arraché (Gontran Weasley lui offrit quelques difficultés).

Quand Madame Pomfresh les vit franchir la porte de son infirmerie, elle poussa un soupir d'anticipation, se demandant encore quelles bêtises les Maraudeurs avaient bien pu faire. Mais quand elle découvrit l'état de ses cinq patients, elle poussa un hurlement d'horreur à en briser un miroir. Elle les exhorta à expliquer ce qui s'était passé et quelle était la cause de leur état, mais ils se refusèrent à souffler le moindre mot. Les Maraudeurs avaient convaincu Harry de ne rien dire : ils voulaient régler cette histoire seuls. Ils n'avaient d'ailleurs pas eu à déployer de grands talents d'orateur : Harry bouillait de rage et de revanche. Mais en attendant, ils fallaient qu'ils patientent à l'infirmerie où Pomfresh leur avait fait prendre une potion infecte qui feraient lentement et douloureusement repousser leurs mains.

" Dis donc tu t'en sors plutôt bien. " fit Remus qui observait un Harry relativement silencieux en comparaison aux trois autres Maraudeurs qui ne cessaient de gémir.

" J'ai l'habitude. " répondit Harry avec un sourire un peu forcé sur les lèvres.

Visiblement, Pomfresh leur avait donné une variante de la potion qu'il avait dû ingurgiter lors de sa deuxième année pour faire repousser tous les os disparus de son bras droit.

" Vraiment ? " s'étonna Remus.

Harry acquiesça de la tête et jeta un regard sympathique vers James et Sirius qui tentaient vaillamment de résister à la douleur lancinante. Peter également semblait souffrir de martyr mais Harry s'en moquait, il fut étonné de ne même pas s'en réjouir. C'est alors qu'il constata que Remus était calme. Bien sûr les traits contractés de son visage témoignaient de sa souffrance, mais il semblait bien la gérer.

" Toi non plus, tu n'as pas l'air d'être tellement affecté. " remarqua Harry.

" Moi aussi, j'ai l'habitude. " fit tristement Remus, le regard dans le vague.

Harry fronça les sourcils. Est-ce que Remus avait vécu la même expérience que lui ? Avait-il dû supporter la lente et douloureuse repousse d'os ?

Harry observa avec attention le visage de son futur professeur de Défense contre les Forces du Mal, il y cherchait une réponse, un indice. Il n'y trouva que d'immenses cernes violets qui cerclaient des yeux ambre fatigués. Soudain Harry comprit tout. Il se souvenait que dans la Cabane Hurlante, le professeur Lupin avait révélé que les métamorphoses en loup-garou étaient excessivement pénibles. Une transformation qui impliquait un remodelage total du squelette, l'allongement de certains os et le raccourcissement d'autres. Harry frissonna empathiquement : Remus souffrait la mort chaque mois et c'était la première fois qu'il en prenait vraiment conscience.

" Un jour j'ai dû faire repousser tous les os de mon bras. " expliqua Harry.

Il s'était senti obligé de préciser les conditions qui l'avaient familiarisé à cette lancinante douleur. Il ne voulait pas mettre sur un pied d'égalité une repousse unique d'os et une métamorphose cyclique en loup-garou.

Remus hocha la tête, visiblement déçu. Il s'était probablement imaginé, l'espace de fugaces secondes, qu'il avait rencontré un compagnon d'infortune et de douleur. Harry garda le silence, les yeux fixés au plafond blanc. Il savait que normalement, il aurait dû demander, poser des questions, manifester une certaine curiosité sur les raisons et les conditions qui faisaient que Remus était si peu sensible à la douleur infligée par la repousse de ses mains. Mais il ne pouvait pas. Il savait que Remus répondrait par un mensonge, mais que ses yeux crieraient de vérité et de souffrance. Et il ne voulait pas voir ça. Oui, parfois, il était aussi très lâche.

Mais Remus ne le laissa pas s'en tirer à si bon compte. " Tu ne me demandes pas pourquoi ça ne me fait rien ? " demanda-t-il. Dans sa question se mêlait étonnement et méfiance.

" Pour quoi faire ? " répondit Harry la gorge serrée, le bracelet légèrement chaud, comme un avertissement, comme un rappel. " Tu es probablement un joueur de Quidditch qui tombe souvent et se casse toujours quelque chose ? " proposa-t-il.

Remus se releva en s'appuyant sur son coude et dévisagea longuement Harry puis sourit.

" Oui, c'est tout à fait ça. "

" J'ai toujours su que j'étais un pro en devinette. "

Cela leur prit toute une pénible matinée pour recouvrir leurs mains.

" Arrête de les regarder comme ça, Peter. " se moqua Sirius qui faisait exactement de même depuis dix minutes maintenant.

" Tu ne peux pas savoir comme je suis content de les retrouver ! " s'enthousiasma Peter. James éclata de rire et lui tapa amicalement sur l'épaule.

" Fais en sorte de ne plus les perdre alors. " Le reproche déguisé en conseil avait échappé à Harry. Et alors que les Maraudeurs le dévisageaient avec étonnement, le bracelet le brûlait en représailles.

" Que veux-tu dire ? " demanda Peter un peu inquiet.

" Oh rien… " mentit Harry.

Et après un dernier regard en coin, ils quittèrent l'infirmerie non sans avoir encore éludé les questions de Pomfresh qui persistait à vouloir savoir comment tout cela était arrivé.

Ils parcouraient les couloirs de Poudlard en silence, chacun absorbé par leurs propres pensées. Celles de Harry, comme toujours depuis un mois, se dirigeaient vers le bracelet qu'il portait au poignet, quand ce n'était pas vers les Portes Jumelles de Rowena Serdaigle qui s'avéraient toujours aussi introuvables. Et à partir de là, son esprit divaguait, fantasmait des situations improbables et des événements impossibles.

Lorsqu'à l'embranchement d'un couloir, passèrent devant eux sans les voir les deux fantômes de Poufsouffle et de Gryffondor.

" Oui, j'ai entendu le professeur McGonagall en parler aux deux nouveaux. " fit Nick Quasi-Sans-Tête toujours au faîte de ce qui se passait dans Poudlard.

" Ca me paraît quand même assez incroyable cher ami. Ils n'oseraient pas passer à l'attaque devant tout le monde. " objecta le petit moine gras.

" Vous croyez qu'ils se sont gênés sur le Chemin de Traverse. " répliqua avec véhémence Nick Quasi-Sans-Tête.

" Mais pourquoi maintiennent-ils la sortie à Pré-au-Lard dans ce cas ? Dumbledore ne s'amuserait pas à risquer la vie de ses élèves. " argua le fantôme de Poufsouffle.

" Que voulez-vous que j'en sache ! " s'énerva l'autre. " Tout ce que je sais, c'est qu'ils vont y envoyer un grand nombre de professeurs en sécurité et que seuls ceux de cinquième année et au-dessus sont autorisés à sortir. Vous devez bien admettre… "

Puis les fantômes passèrent au travers d'un mur et Harry ne sut jamais ce que le moine gras devait admettre (même s'il pouvait le deviner). Il jeta un regard aux Maraudeurs qui avaient tous quatre une mine songeuse.

" C'est vrai que cette après-midi, c'est la première sortie à Pré-au-lard. " dit pensivement Remus.

" Je me demande si j'ai très envie d'y aller. " risqua Peter d'une petite voix en se frottant nerveusement les mains sur sa robe.

" Tu rigoles j'espère ?! Bien sûr qu'on va y aller ! " s'enthousiasma Sirius, le poing levé en signe de commandement.

" Tu oublies Sirius, que Peter et toi vous êtes privés de sortie. " reprit Remus.

" Tant mieux ! " soupira Peter d'aise.

Sirius jeta un regard noir à Peter qui se ratatina sur lui-même, honteux de sa couardise. " Il est hors de question qu'on me prive de sortie. " déclama Sirius.

" Et ce que les fantômes viennent de dire ? " rappela Remus avec un ton toujours aussi tranquille mais un léger froncement de sourcils.

Sirius haussa les épaules. " On doit tous mourir. "

" Le plus tard, c'est quand même le mieux. " répliqua James.

Harry serra les poings dans sa poche alors qu'il délivrait le nouveau mot de passe au portrait de la Grosse Dame en rose (" Sabre de bois ").

Il était décidé qu'ils iraient à Pré-au-Lard et aucun des avertissements de Remus ou des suppliques de Peter ne purent décourager Sirius. James ne paraissait pas bien effrayé non plus par les paroles des fantômes. Harry restait calme : il savait pertinemment que les Maraudeurs ne risqueraient pas leurs vies dans cette sortie. C'était plus tard que les choses s'étaient compliquées… La sortie étant programmée de manière indiscutable, ils se mirent à faire leurs devoirs pour la semaine à venir.

" J'en ai assez ! J'abandonne. " pesta James en se laissant tomber avec mauvaise humeur sur un canapé.

" Sérieusement, James, tu ne pensais pas y arriver après un mois d'entraînement ? " tempéra Remus sans relever la tête. Puis, passant du coq à l'âne, il demanda : " A votre avis, vaut-il mieux que je dise, 'La lune entre dans ta maison à partir du 25, l'amour risque d'être au rendez-vous. Mais, tu dois être consciente que, du fait de la présence de Mars, tu devras livrer bataille pour conquérir et garder l'élu de ton cœur.' ou 'Le 25, Mercure sera à son plus haut niveau, il influencera de manière radicale ton travail. Prends toutefois garde aux jalousies, tout le monde n'appréciera pas ton succès.' ? "

" C'est pour qui ? " demanda James qui s'amusait du pied avec une boulette de papier oubliée.

" Maryse Doyle, une Serdaigle de 6ème année. "

" Comme quoi même les grosses têtes croient à ces stupidités. Laquelle des deux prédictions a le plus de chance d'être vraie ? "

" Aucune, tout ce qu'elle risque le 25, c'est de se prendre la pluie. En tout cas d'après la grenouille de Colas. "

" Dans ce cas, choisis la première. Un Serdaigle ne croit sûrement pas que les bonnes notes viennent des étoiles et des planètes. "

" Bien vu ! Va pour l'amour alors ! " Et Remus se replongea dans ses fausses prédictions. Il en avait déjà rédigées sept et il ne lui en restait plus que deux. Avec les problèmes politiques et la mise en marche de la terreur, Remus recevait de plus en plus de commandes, avait expliqué Peter à Harry. Harry était resté assez admiratif devant l'imagination du mystificateur et il se promit de reprendre quelques formulations pour son prochain devoir avec Trelawney. Apparemment la sorcière un peu fantasque de Poudlard avait déjà un goût très prononcé pour la tragédie et les mises en scène très complexes. Harry avait étonné tout le monde en recevant la meilleure note au dernier devoir.

" Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à conjurer un Patronus ? " s'exaspéra James, la tête penchée en arrière, lui faisant découvrir le monde à l'envers.

" C'est normal que tu n'y arrives pas ! " répliqua Peter en relevant le nez de son devoir de potions. " Torr n'a pas arrêté de nous le dire : c'est un acte de magie très avancée. On ne doit pas se décourager et persévérer. "

James émit un petit grognement. Harry avait découvert que son père, malgré toutes les bêtises qu'il aimait faire, était un élève très studieux, il ne bâclait jamais aucun devoir même s'il en donnait l'impression et était mû par un caractère de compétiteur assez démesuré. James détestait se faire battre, ne pas avoir la meilleure note, ne pas réussir l'incroyable. Sirius, Lily et Rogue étaient ses principaux rivaux. Harry avait fini par comprendre que l'un des fondements de l'animosité entre Lily et James venait de cette compétitivité. Lily, comme beaucoup d'enfants de Moldus, avait cette envie de prouver ses compétences et talents. Rogue était naturellement antipathique mais qu'il fût un excellent élève et qui plus est un Serpentard n'aidait pas vraiment. Et seule l'amitié inconditionnelle qu'il y avait entre Sirius et James leur permettait de passer outre la concurrence.

Depuis un mois, James s'entraînait sans relâche à produire un Patronus, mais jusque là n'avait produit qu'un brouillard informe argenté. Il était d'autant plus désespéré qu'il n'avait même pas la difficulté de faire face à un Détraqueur.

" James arrête de t'en faire ! Si quelqu'un doit réussir à maîtriser ce sort, c'est bien toi. Tu es un des meilleurs élèves de Poudlard. " reprit Peter.

" Tu parles ! " maugréa James.

" Mais enfin, James, ce n'est pas comme si tu étais le seul à ne pas avoir réussi. D'ailleurs personne n'a encore réussi ! Pas même un septième-année. " ajouta Peter.

" Si tu crois que ça me console ?! "

" Ca va Orpheo ? " s'inquiéta Remus en entendant Harry s'étrangler. " Tu t'entraînes trop. Ca fait une heure que tu te concentres sur ta Magie Intérieure. " poursuivit Remus d'une voix concernée.

" Non, ce n'est rien. " répondit Harry en se tapant sur la cage thoracique pour faire passer la salive qu'il avait avalée de travers à la remarque de Peter.

Afin d'éviter d'éveiller les soupçons, Harry avait préféré saboter ses Patronus. Il ne pouvait pas prendre le risque de créer devant James et tous les Maraudeurs un cerf. Il se doutait bien qu'il y avait peu de chance qu'ils fassent le rapprochement, mais mieux valait ne pas s'y risquer. Cela faisait donc un mois, qu'il pensait à des souvenirs pénibles en prononçant les mots 'Spero Patronum' et cela faisait un mois qu'un petit halo pâle s'extirpait difficilement de sa baguette.

" Vous l'imaginez comment vous le Patronus du prof ? " demanda Peter tirant Harry de sa méditation.

" J'imagine bien un truc mastodonte, genre un rhinocéros ou un éléphant. " proposa James la tête toujours en arrière.

Remus fit la moue. " Je vois bien plus un félin. "

" D'ailleurs, je me demande pourquoi il ne nous a pas fait une démonstration. " s'étonna James en se redressant

" Un Patronus, c'est très personnel. Peut être qu'il ne veut pas dévoiler ce qui fait une partie de sa force. " proposa Harry.

" Sympa ! On voit qu'il a vachement confiance en nous. " répliqua James un peu vexé, comme si la réserve de Torr était directement dirigée contre lui.

La porte d'entrée s'ouvrit à toute volée et un Sirius très maussade fit une entrée fracassante. Il se laissa tomber de tout son poids sur le canapé à côté de James et croisa les bras. " Vous ne pouvez pas imaginer tous les efforts que j'ai dû déployer pour me contenir. " grogna-t-il.

" C'est vrai que toi et Névée vous deviez terminer votre devoir sur les sphinx avec les Serpentard. " se rappela James.

" C'était si terrible que ça ? " demanda Peter.

" Tu vois l'enfer ? Eh bien à côté, ce que je viens de vivre, c'est probablement le paradis. Je préférerais de loin être à Azkaban. "

" NE DIS PAS CA ! " s'écria Harry.

Il fallut quelques secondes à Harry pour comprendre qu'il venait de hurler au beau milieu de la salle commune de Gryffondor. Il était tremblant comme une feuille, le souffle court et le cœur affolé. Tous le dévisageaient avec des yeux ronds. La séance de concentration à laquelle il s'astreignait depuis plus d'une heure avait mis ses nerfs à vif et il n'était absolument plus en mesure de se contrôler. Il souffrait à peine de la brûlure que le bracelet infligeait durement à son poignet, il sentait juste l'odeur de chaud qui en émanait.

" Je plaisantais, Orpheo. " fit Sirius avec étonnement.

" Faut pas plaisanter avec ce sujet. " répliqua-t-il durement.

Et sans ajouter un mot Harry se leva, préférant fuir que d'affronter les regards et les questions. Il gravit quatre par quatre les marches de l'escalier qui conduisait aux dortoirs. Il entra dans la chambre et fit claquer la porte de toutes ses forces en la refermant. Son corps était agité de spasmes, son sang était en ébullition, sa tête bourdonnait. Quant à son poignet droit… Pour la première fois, Harry s'était senti capable de dépasser le pouvoir de bracelet, capable de dire tout ce qu'il avait sur le cœur, de hurler la vérité, de la cracher même et de purger ainsi cette plaie qui croissait un peu plus chaque jour, chaque heure… C'était une frustration constante. C'était un mensonge au quotidien. C'était une agonie sans nom. L'évocation d'Azkaban avait juste été la goutte de trop dans la coupe, depuis un mois déjà, pleine de douleurs et de larmes sèches.

Alors, ce fut sans hésitation qu'il se dirigea vers son lit. D'un simple geste télékinésique de la main, le matelas s'envola. Il ne se soucia pas de ce que le matelas avait entraîné dans sa chute, seul comptait le rectangle noir d'un cahier qui tranchait sur le blanc du sommier. Quand il l'ouvrit à la première page, des mots d'une écriture précise apparurent. Il ne put s'empêcher de frissonner en reconnaissant l'écriture de Jedusor.

'De quel droit ouvres-tu ce livre ?' lui demanda-t-il.

'Du droit qu'ont tous ceux qui sont prêts à tout pour devenir plus fort.' répondit-il d'une écriture saccadée.

'Bonne réponse.' eut juste le temps de lire Harry avant que les feuilles du livre ne se tournent toute seule, mues par leur propre volonté. Elle s'arrêtèrent à une page titrée : 'Mantra noir de renforcement'.

Un instant, Harry se dit qu'il avait encore le temps de faire marche arrière, qu'il pouvait encore refermer ce livre et le glisser sous son matelas ou mieux, le rapporter dans la chambre de Jedusor, là où il l'avait pris, ou plutôt volé. Mais l'idée de Sirius à Azkaban, de ses parents terrassés, les images du visage inexpressif de Cédric, des échos de son père, les hurlements de sa mère et la perspective qu'il pouvait arriver la même chose à ses amis le submergea avec tant de force qu'elle emporta toute ses appréhensions. Une haine et une rage que jusque là Harry n'avait jamais ressenties le décidèrent et il se plongea dans la lecture du livre.

Il n'avait pas vraiment su ce qui l'avait poussé à s'emparer du livre de Jedusor. L'idée s'était imposée à lui avec tellement de force, qu'il n'avait pu y résister et pendant que Malfoy examinait les capes, Harry avait dissimulé le livret sous son pull. Astreint par la culpabilité et la honte, Harry avait glissé le cahier sous son lit. Pendant une semaine, il se refusa le droit d'y toucher. Mais la pensée de cet ouvrage à portée de main devint obsédante, si bien qu'il céda au désir morbide de feuilleter le livre. Il avait eu un moment de déception et de soulagement mêlés quand il avait découvert que le livre était vierge, mais très vite il songea que le cahier avait été enchanté tout comme le journal. Cette idée le fit frémir et il envisager de rapporter à toute vitesse ce cahier de malheur. Mais pourtant il ne le fit pas. Il prit une plume et, prenant soin de modifier son écriture, il demanda ce que contenait l'ouvrage. Une écriture sèche lui demanda de se mêler de ses affaires. Il avait refermé le livre, une étrange sensation dans l'estomac. Il n'y avait pas touché pendant une nouvelle semaine. Et à nouveau l'avait rouvert, mais, cette fois-ci, bien décidé à faire parler (ou plutôt écrire) le livre. Il lui avait fallu toute une soirée d'acharnement pour comprendre que s'il voulait avoir accès à ce que contenait le livre, il lui suffisait de prendre un ton assuré. Oublié les politesses et les manières, il fallait se montrer conquérant. Tout simplement… Il avait alors découvert que le livre était en réalité un cahier de notes dans lequel Jedusor avait consigné des formules, des charmes, des maléfices, des légendes, des descriptions et toutes sortes de choses… Mais ce que Harry avait surtout trouvé et qui avait retenu son attention était une formule de concentration pour permettre de renforcer sa Magie Intérieure. Seule la mention de 'Mantra Noir' l'avait retenu jusqu'alors de la tester.

Vingt minutes plus tard, Sirius frappa à la porte de la chambre avant de passer timidement la tête dans l'entrebâillement. Harry referma précipitamment le cahier et le glissa sous son oreiller le plus discrètement possible. " Pourquoi est-ce que tu frappes ? C'est ta chambre ici. "

" Je… j'étais venu pour m'excuser. "

" T'excuser de quoi ? "

" En fait, je ne sais pas vraiment. Mais je sais que j'ai dit quelque chose qui t'as mis en colère… à propos d'Azkaban. C'est vrai je dis souvent des choses sans vraiment y penser, je fais beaucoup de gaffes. Les autres me le disent tout le temps. Donc voilà… je voulais te dire que j'étais désolé quoique j'aie pu dire. "

Harry sentit sa gorge se serrer violemment et ne put que secouer la tête.

" Non, ne le sois pas. C'est moi qui le suis. Toi, tu n'as rien fait de mal, je le sais bien. " dit-il en plantant ses yeux dans ceux de Sirius. Si seulement il pouvait lui faire comprendre, qu'il savait, qu'il saurait… " J'ai juste réagi un peu trop violemment. Ce serait plutôt à moi de m'excuser. " ajouta-t-il.

" Bon alors qu'est-ce qu'on fait ? On passe toute l'après midi à s'excuser ou on se prépare pour aller à Pré-au-Lard ? " plaisanta Sirius.

Harry sourit. Même avec vingt ans de moins, ce qu'il était facile de retrouver son parrain dans cet adolescent et comme il était également facile de songer à cet adulte totalement différent qu'il serait devenu si… Oui, toujours des 'si', ces fameux 'si' qui permettaient de refaire le monde à sa convenance.

" On se prépare. " répondit Harry.

James, Remus et Harry partirent donc avec d'autres de leurs camarades de manière totalement régulière pour le Pré-au-Lard, tandis que Sirius et Peter dissimulés sous la cape d'invisibilité prenaient une voie détournée (comme l'avait si subtilement glissé James à l'oreille de Harry). Harry n'avait pas eu beaucoup de mal pour deviner l'itinéraire qu'emprunteraient les deux Maraudeurs. Comme il le ferait quelque vingt années plus tard, ils passeraient derrière la statue de la vieille sorcière borgne, emprunteraient un long passage et déboucheraient finalement dans l'arrière boutique de Honeydukes. C'était donc là-bas qu'ils avaient rendez-vous.

Alors qu'ils allaient bientôt atteindre la confiserie magique, Harry, Remus et James virent en sortir le club des Mortes Vivantes. Il y eut un instant de silence où les deux Maraudeurs et Harry étudièrent avec perplexité les trois jeunes filles et plus particulièrement Lily. Puis, n'y tenant plus James éclata de rire, Remus se mordit les lèvres pour ne pas l'imiter. Quant à Harry, il eut du mal à se remettre de voir sa future mère pourvue d'une magnifique ramure de cerf.

" Qu'est-ce qui te fait rire comme ça, Potter ? " gronda Lily vexée, alors qu'elle arrivait à leur hauteur.

James qui, à force de se rire était en train de s'étouffer, désigna du doigt l'objet de son hilarité. Lily porta ses mains à sa tête et découvrit les immenses bois.

" Oh ! " fit-elle gênée. " Je crois que j'ai peut-être un peu abusé des Cornedrues. " expliqua-t-elle en rougissant.

Harry eut un hoquet de surprise.

" Ah ça pour en avoir abusé ! On ne peut pas dire que tu y sois allée de main morte. " ricana James.

" Qu'est-ce que ça peut te faire ? Et puis moi, au moins, je les garde mes mains ! " répliqua Lily vexée.

James cessa instantanément de rire, le regard menaçant. En l'espace de quelques secondes la tension augmenta considérablement, et c'est en soupirant qu'Irina Norgoth attrapa Lily par la manche afin de l'attirer plus loin et éviter ainsi une dispute d'éclater.

Harry ne put retenir un sourire. Peut-être que le rapprochement de Lily et James n'était pas si éloigné que ça.

James pestait encore, qualifiant Lily Evans de tous les noms au grand désespoir de Harry (peut-être qu'en fin de compte ça prendrait vraiment du temps…) quand le carillon de la boutique retentit à leur passage. Tout ce qu'ils avaient à faire était d'attendre que Sirius et Peter manifestent leur présence. Ils n'attendirent pas longtemps, car moins d'une minute plus tard, James sonnait déjà la retraite. Harry et Remus se positionnèrent de façon à former un périmètre de sécurité afin d'éviter que, par mégarde, quelqu'un ne se cogne contre l'un des deux Maraudeurs invisibles.

Ils s'éloignèrent quelque peu de la rue commerçante pour permettre à Sirius et Peter de redevenir visible en toute tranquillité.

" Ouf ! Ca fait du bien ! " souffla Sirius en émergeant de sous la cape.

" Qu'est-ce qu'il fait chaud là dessous ! " Peter était aussi rouge qu'un Souafle et d'un revers de la manche, il s'épongea le front.

" Ohoh ! " fit une voix venue de derrière.

Harry sentit son cœur faire un bond plus violent dans sa poitrine : quelqu'un venait d'assister à l'apparition ex nihilo de Sirius et Peter. Ce n'était pas bon. Pas bon du tout. Toutefois, Harry se calma quand il remarqua qu'aucun des Maraudeurs ne semblait sujet à un mouvement de panique. Il se retourna et découvrit une Lynn et une Névée fluorescentes.

" Vous en voulez ? " fit Névée en tendant tranquillement un petit sachet remplit de petits bonbons dorés et argentés.

" Une cape d'invisibilité ! " s'exclama Lynn admirative alors quelle faisait courir le tissu magnifique entre ses doigts. " Vous m'en direz tant ! A qui est cette merveille. " Tous les index tendus désignèrent automatiquement James. Lynn sourit. " Je sens que cette année, les Maraudeurs vont sévir encore plus que par le passé. " Les quatre Maraudeurs clignèrent malicieusement de l'œil.

" Des Lunards et des Soleillards ? " proposa à nouveau Névée inébranlable qui tendait toujours son sachet de bonbons, invitant toutes mains à y plonger. Remus fit signe qu'il n'en voulait pas, mais Peter ne se le fit pas dire une seconde fois.

" Si vous continuez de manger comme ça toutes les deux, vous finirez aussi boulottes que Peter. " se moqua Sirius.

" Eh ! " fit Peter indigné qui commençait à répandre une lumière dorée.

Névée cessa subitement de mâcher et regarda alternativement Peter puis les bonbons et sans un mot tendit le sachet à Lynn.

" Tu peux m'expliquer ? "

" C'est assez évident. Comme j'ai un copain, je ne peux pas me permettre de grossir. "

" Ca veut dire que puisque moi je n'en ai pas, ce n'est pas grave si je grossis ? "

" Ce n'est pas comme si tu voulais plaire à quelqu'un. "

Harry jura qu'il y avait un sous-entendu dans la voix de Névée. Lynn releva un instant la tête et regarda Sirius, puis attrapa le sachet. " Tu as raison ! " dit-elle en avalant d'un coup deux bonbons argentés, ce qui eut pour effet de la faire briller encore davantage.

Harry venait donc de voir à l'œuvre deux des sucreries qui plus tard serviraient de surnoms aux Maraudeurs. Mais il en manquait un (le quatrième ne l'intéressant pas du tout).

" J'ai entendu parler d'un gâteau, le Patmol. Qu'est-ce que ça fait ? " risqua-t-il.

Tout le monde se tourna vers lui et un même sourire apparut sur chacun des visages.

" Le mieux, c'est de tester toi-même. " répondit Sirius. Il avait une étrange lueur dans le regard qui inquiéta légèrement Harry. Il se doutait bien que Sirius ne lui proposerait jamais de manger quelque chose qui pourrait lui nuire à la santé, mais il connaissait également suffisamment bien son futur parrain pour savoir qu'il y avait anguille sous roche. Quelque part, il devait y avoir un piège.

" J'ai un doute. Qu'est-ce qu'il y a ? Ce n'est pas bon ? Ca vous transforme en chien ? "

" Non non ! Tu n'as qu'à essayer. " insista Sirius.

" Oh arrêtez ! Ce n'est pas sympa pour lui. " intervint Névée.

" Ca serait injuste de le priver du plaisir de découvrir par lui-même le terrible pouvoir du Patmol. "

" Non, mais là, vous pouvez être sûr que je n'en mangerai pas. " répliqua Harry entre deux éclats de rire.

" Je vais t'expliquer. "

" Tu n'es pas drôle Névée. " maugréa Sirius en croisant les bras.

" Le Patmol est appelé aussi le 'gâteau de l'aveu'. "

" Aveu ? Tu veux dire qu'il nous fait tout avouer ? "

" Ce qui se passe c'est que le gâteau serait tellement bon, qu'il, je ne sais pas trop comment, ferait fondre toutes les défenses et te ferait dire tout ce que tu as sur le cœur et en général, c'est plutôt de l'ordre sentimental. "

" C'est pour ça que c'est toujours très embarrassant d'en manger en présence de quelqu'un. " ajouta Lynn.

" Elle parle d'expérience ! " se moqua Sirius qui fut récompensé par un coup de coude dans les côtes. (" Ouch ! ")

" Moi au moins, j'ai eu le courage d'en manger. "

" L'inconscience, le mot que tu cherches, c'est l'inconscience. "

" Tu ne peux pas savoir le nombre de part qu'Anna-Lola a voulu donner à Sirius. " ricana Peter.

" Le plus étrange, c'est qu'il y a eu un bon nombre d'analyses pour essayer de décomposer la recette. Mais les chercheurs n'ont jamais réussi à trouver la moindre trace de Véritasérum et ses variantes. Le pâtissier assure que le pouvoir de son gâteau provient seulement du fait qu'il est excellent. " ajouta Remus.

" Et il l'est. Je n'ai jamais rien mangé d'aussi bon. " soupira Lynn toujours occupée à martyriser Sirius.

" Vous m'avez donné faim ! Je vais aller acheter quelques trucs à manger ! " lança joyeusement James.

" Ce garçon m'énerve ! Il mange tout le temps et ne prend pas une livre. Quelqu'un peu m'expliquer comment il fait. " lança Lynn exaspérée en regardant James se diriger vers la pâtisserie.

" Il fait du sport ! " expliqua Sirius. Le regard de Lynn montra clairement qu'elle n'avait pas manqué la remarque mesquine dissimulée sous l'innocente phrase. Le Maraudeur préféra s'éloigner de quelques pas, juste au cas où la jeune sorcière serait à nouveau animée de pulsions violentes. Harry se dit que, décidément dans son entourage, les couples avaient du mal à se former.

" Au fait comment se passe les entraînements ? " demanda Névée pour détourner au plus vite la conversation des régimes alimentaires.

" Très bien ! " lança avec bonne humeur Sirius trop heureux de pouvoir parler de Quidditch. " Orpheo est assez incroyable. Il est capable de rattraper n'importe quelle passe. Je vais finir par penser qu'il va falloir recruter les poursuiveurs chez les attrapeurs. "

" Ce que Sirius ne vous dit pas c'est que je suis assez nul pour viser. " relativisa Harry qui avait viré au rouge coquelicot.

" C'est vrai que c'est un peu gênant, mais je suis sûr que d'ici le prochain match, tu auras réussi à améliorer ça. " répliqua Sirius, confiant comme toujours.

" C'est quoi le prochain match ? " demanda Remus qui malgré le fait que deux de ses meilleurs amis soient passionnés de Quidditch semblait se désintéresser de ce sport de manière presque insultante.

" Contre les Poufsouffle. " répondit Névée.

" Ca s'annonce comment ? "

" Comme tous les matchs contre les Poufsouffle : hasardeux. Je ne comprends pas comment une équipe qui perd 390 à 80 contre Serdaigle peut ensuite battre Serpentard 250 à 120. C'est incompréhensible. "

" En parlant des Serpentard. Planquez-vous en voilà toute une tripotée en approche ! " prévint Lynn. Sirius et Peter eurent juste le temps de disparaître sous la cape d'invisibilité.

Les Serpentard passèrent sans s'arrêter devant les Gryffondor, mais Malfoy ne se gêna pas pour lancer un regard moqueur à Harry en lui montrant ses mains.

" En tout cas, si nous n'étions pas certains que les Serpentard étaient impliqués en voilà la preuve. " lança Remus avec une colère à peine contenue, une fois que les Serpentard furent passés.

Harry ne doutait pas un instant que son prétendu cousin et ses nouveaux amis étaient responsables de leur mésaventure de ce matin, mais il ne voyait pas en quoi le geste de Malfoy pouvait constituer une preuve. Malfoy adorait rappeler les mauvais souvenirs et s'en moquer expliqua Harry.

" Ce matin, Weasley a interdit à quiconque de parler de cette histoire de mains en dehors de la salle commune de Gryffondor. " expliqua Remus.

" Et alors ? " Harry ne voyait pas du tout le rapport.

" Et alors quoi ? " reprit Remus quelque peu décontenancé.

" Votre préfet donne un ordre et vous obéissez ? "

" Oui bien sûr ! " répondit Sirius (toujours sous la cape) comme si c'était l'évidence même.

Névée se racla la gorge pour signifier qu'il y avait un petit mensonge dans cette énonciation.

" Bon d'accord, on n'obéit pas toujours. " concéda Sirius. " Mais quand il s'agit de l'honneur des Gryffondor, tu peux être sûr que tout le monde obéit. Et puis on ne désobéit jamais aux ordres de Gontran… On les contourne. Ce n'est pas pareil. "

" D'accord, je lui expliquerai la nuance la prochaine fois. " sourit Névée.

" Je croyais que briser les règles était une caractéristique des Serpentard. " souligna machinalement Lynn.

" Eh ! Ne nous insulte pas. " s'écria Sirius en surgissant de sous la cape.

Bingo ! Lynn avait touché la corde sensible. Elle éclata de rire, contente de son effet, tandis que Remus retenait Sirius à bras le corps.

James resurgit du magasin avec un sachet énorme, on aurait même pu dire un sac, si ce n'est une sacoche de friandises. Ainsi munis de provisions, ils se dirigèrent tous les sept vers une petite place de Pré-au-Lard peu fréquentée. Ils s'assirent sur deux bancs face à face et commencèrent à se régaler tout en discutant.

" C'est ça des Cornedrues ? " demanda Harry en extirpant du sachet une pâtisserie.

" Tu as acheté des Cornedrues, James ? Je croyais que tu n'aimais pas ça ? " remarqua Remus aussi innocemment qu'il put.

James qui avait bien su sentir le sous-entendu poindre le bout de son nez sous la remarque, grogna. " Je me suis dit que peut-être certains aimeraient. "

" Bien sûr. " répliqua Remus un sourire bien loin de l'innocence en coin. Harry s'étouffa de rire avec une Langue de Chat au caramel. James lança un regard cinglant aux deux moqueurs.

" Eh ! Remus, j'espère que tu n'as pas attiré Orpheo dans tes combines matrimoniales. " grogna James en avalant d'un coup plusieurs Dragées surprise de Bertie Crochue qu'il se dépêcha de recracher (mélanger les parfums n'était pas une idée très brillante).

" Mais pas du tout. Il s'avère juste que nous sommes d'accord. " se défendit Remus.

" A propos de quoi ? " demanda Névée soudain très intéressée. Elle n'oubliait jamais qu'elle avait un rôle de commère à jouer à Poudlard.

" A propos de rien. " coupa James.

" A propos du charmant couple qu'il formerait avec Lily. " répondit Remus ignorant totalement les coups de pied de James.

Peter et Sirius s'étranglèrent sous la cape d'invisibilité, Lynn éclata de rire et James se renfrogna.

" Lily et James ? " fit Névée d'un air critique. Elle resta plusieurs secondes à détailler James, la tête de côté, un œil fermé et les lèvres pincées. Elle semblait estimer la compatibilité du couple. Tous firent silence, attendant le verdict de l'experte.

On avait expliqué à Harry, que Névée avait un très sérieux talent pour repérer les couples et jauger de leur durabilité. Il paraîtrait même qu'elle ne se serait jamais trompée. D'ailleurs, Harry n'était pas sitôt arrivé qu'elle avait absolument tenu à lui trouver une âme sœur. Il avait eu le plus grand mal à la convaincre qu'il ne cherchait personne. Elle ne s'était pas démontée pour autant et c'était à un Harry aussi cramoisi qu'un crabe ébouillanté qu'elle avait présenté diverses personnes. C'était à renfort de grands cris qu'il avait interdit à Névée de se mêler de sa vie privée. Un peu vexée, la jeune fille avait refusé de parler à Harry pendant une semaine. Ce n'était pas tant qu'on se mêle de sa vie privée qui le gênait que le fait de savoir que tous ces adolescents qu'il côtoyait, étaient pour la plupart des parents dans son époque. Il évitait donc dorénavant au maximum de se retrouver seul en présence de la marieuse de Poudlard.

" Dans l'état actuel des choses, cela me paraît assez difficile. Tous deux ignorent trop de choses l'un sur l'autre. " conclut-elle finalement.

" Et je ne tiens pas à en savoir plus. " répliqua avec véhémence James.

" Et puis il ne faut pas oublier Parry dans l'équation. " reprit Névée.

" Impossible de l'oublier. " fit Lynn rêveuse.

Tous les garçons, sans exception, poussèrent un soupir d'exaspération.

" Je le bats quand je veux moi, Parry. Je ne vois vraiment ce qu'il a de plus que moi. " répliqua James avec mauvaise humeur.

Harry échangea un regard complice avec Remus.

Lynn qui s'était levée pour aller jeter les sachets vides à la poubelle, revint en courant. " Tous aux abris ! " souffla-t-elle. " Profs en vue ! "

Comme l'avait annoncé Nick Quasi-Sans-Tête, il y avait beaucoup de profs qui faisaient des rondes, s'assurant que tout allait bien. Cette surveillance constante obligeait Sirius et Peter à être très vigilants.

Peter et Sirius se dissimulèrent sous la cape, juste avant que les professeurs Torr et Dawn ne les remarquent et ne viennent les voir.

" Bonjour les enfants. " fit Torr avec bonne humeur.

Le professeur Dawn, par contre, ne montra aucun signe de gaieté. Elle avait le même visage sévère qu'à l'accoutumée. Elle détailla, comme elle le faisait toujours, chacun de ses élèves. Son regard s'arrêta un instant dans le vide, à l'endroit même où se trouvait Sirius et Peter. Harry retint sa respiration et il sentit tout le monde se tendre d'appréhension. Harry surprit alors un geste de la main de Torr : il effleura le bras de la jeune femme qui aussitôt reprit son étude des élèves visibles. Harry déglutit avec difficulté quand il sentit les yeux bleus glacés se poser sur lui. Cela ne dura que quelques secondes et pourtant cela fit l'effet à Harry d'une éternité.

" Ne traînez pas trop longtemps ici. Dumbledore n'a pas voulu vous retirer toutes vos sorties, bien que je pense qu'il aurait dû le faire. Le danger est réel et peut surgir à n'importe quel moment. " dit-elle d'une voix sans chaleur.

Soudain, un peu plus loin des éclats de voix retentirent. Un instant le cœur de Harry manqua de rompre, mais il s'avéra qu'il ne s'agissait que d'une dispute. Torr s'éloigna d'eux à grandes enjambées pour séparer les querelleurs.

" Vous feriez mieux de rentrer. " conseilla Dawn.

" Nous avons encore deux trois trucs à acheter et après nous rentrons, promis. " répondit James.

Le professeur Dawn hocha la tête et s'en alla vers d'autres élèves, probablement pour les presser de retourner au château également.

" Brrr ! Je trouve que le surnom de Reine des Glaces lui va comme un gant à celle-là. " fit Sirius en mimant un tremblement.

" J'en ai la chair de poule. " ajouta Peter.

Remus était muet, le regard dans le vide, fixé là où quelques secondes plus tôt se tenaient les deux professeurs de Poudlard.

" Vous savez quoi ? Je peux dire qu'entre eux, il y a anguille sous roche. " fit Névée.

" Tu crois ? " demanda Harry perplexe.

" Orpheo ? Tu ne te sens pas bien ? Tu as l'air bizarre. " demanda Peter.

Harry repoussa le sentiment d'horreur qui le submergeait chaque fois que Pettigrow lui adressait la parole. Il allait très bien, c'était juste qu'il avait l'impression que quelque chose en lui essayait de lui faire passer un message mais qu'il n'arrivait pas à le comprendre.

" Bien, si on s'occupait de ces courses ! " lança Lynn avec une bonne humeur faussement excessive.

Tous se levèrent et se dirigèrent vers la rue commerçante, excepté Remus qui restait figé, assis sur son banc.

" Remus ? " appela Harry qui avait remarqué l'absence de ce dernier.

" J'arrive. " cria-t-il, pas encore totalement sorti de ses pensées. Il jeta un dernier coup d'œil et en quelques foulées, il rattrapa les autres et vint se placer à côté de James. Harry vit alors les deux Maraudeurs échanger un bref regard entendu.

De retour sur la rue principale de Pré-au-Lard, le groupe se sépara. Les filles, même si elles ne voulurent pas l'admettre, avaient été impressionnées par le discours de leurs deux professeurs et préféraient rentrer. James décréta qu'il avait encore quelque chose à acheter à la librairie. Harry lui lança un regard interrogateur mais ce dernier éluda la question. Au bruit de pas, Harry comprit que Sirius et Peter le suivirent. Il ne restait donc plus que lui et Remus. Harry se demanda si le dernier Maraudeur n'était pas resté pour le tenir occupé, éloigné des trois autres. Il repoussa au premier abord cette hypothèse parce qu'elle était trop blessante ; mais lorsque Remus et lui restèrent quelques secondes à se dévisager mal à l'aise, sans n'avoir rien à se dire, Harry fut bien obligé de convenir que l'on cherchait à le mettre à l'écart. Harry poussa un soupir et proposa alors d'aller faire un tour chez Zonko, histoire de voir ce que 1975 offrait comme produits.

Ils passèrent bien une demie heure à fouiller le magasin et Remus s'avéra enfin de compte un très bon compagnon de fou rire. Harry n'avait pas de sous à dépenser, mais il poussa Remus à acheter plusieurs petits objets en tout genre.

Mais les éclats de rire moururent dans leurs gorges quand ils passèrent le pas de la porte du magasin, dehors c'était la confusion. " Des Mangemorts ! Des Mangemorts ! " criaient de toutes parts des sorciers paniquées qui couraient en tout sens.

" Ce n'est pas vrai qu'ils remettent ça ! " gronda Remus. Harry ne put réprimer un petit sursaut quand il entendit le timbre de la voix étonnamment bas du Maraudeur.

Toutefois, Harry remarqua que la panique n'était pas à son comble et très vite il en comprit la raison. Les professeurs de Poudlard œuvraient à juguler les débordements et organisaient la retraite, ordonnant et distribuant les tâches et les ordres.

En une troupe bien ordonnée, les Mangemorts firent leur apparition. Vêtus et masqués de noir, ils avançaient sûrs d'eux sur l'artère principale de Pré-au-Lard. Quand les professeurs de Poudlard se retrouvèrent face aux Mangemorts, il y eut un moment d'immobilité. Puis le premier sort fut jeté et la bataille fut déclarée. Harry fut époustouflé de voir les professeurs McGonagall et Flitwick se battre avec autant de détermination. La population de Pré-au-Lard avait fuit à l'intérieur des maisons et des magasins, espérant et attendant la fin des hostilités. Ils furent très peu à venir porter main forte au corps professoral. Le professeur Minigalle, qui était arrivée avec une escorte de sphinx, commandait le retour des élèves vers Poudlard. Harry et Remus, tous deux un peu trop sonnés pour protester, furent happés par le flot pressé des étudiants paniqués. Mais soudain le sang de Harry se glaça : James et Sirius n'étaient pas là ! Ils étaient toujours à la librairie, peut-être totalement ignorants de la situation.

" Remus… " cria-t-il en avertissement. Mais il n'eut pas besoin de préciser sa pensée, Remus avait compris l'inquiétude de Harry, il répondit par un coup d'œil inquiet.

" Ils ne peuvent pas être au courant. Ils sont allés dans la librairie qui est de l'autre côté du village. Ils vont se retrouver avec la route coupée par les Mangemorts. "

Harry ne prit même pas le temps d'y réfléchir, à coup de coudes et de pieds, il s'extirpa de la file. Il voulait bien garder sa langue dans sa poche, ne pas révéler la prochaine trahison de Pettigrow, il acceptait de voir ses futurs parents s'injurier, mais il était hors de question qu'il laisse James et Sirius mourir avant l'heure.

" Ne bouge pas de là ! Je vais les chercher ! " ordonna-t-il à Remus. Mais il eut à peine le temps de faire un pas que Remus le retint par la manche.

" Je viens avec toi ! " Le ton de la phrase ne demandait aucun accord, n'appelait aucune discussion.

Harry se figea. Que devait-il faire ? En 1995, Remus était toujours vivant, mais était-ce parce qu'il n'était pas allé à la recherche de James et Sirius ?

Remus ne laissa pas à Harry le loisir de débattre sur les paradoxes temporels. " Je ne te demande pas ton avis. Ce sont mes meilleurs amis qui sont là-bas. Ne crois surtout pas que je vais te laisser, toi un étranger total… "

" Très bien ! " coupa Harry vexé par la mention 'étranger'.

Seulement c'était bien beau de décider de vouloir leur porter secours, mais il fallait encore les trouver. Ni Remus, ni Harry n'avait jamais été dans la librairie de l'autre côté du village et ils n'avaient pas de temps à perdre en errant dans les rues. Ce fut alors que Harry se rappela le cadeau que lui avait offert Ron pour son anniversaire. Il tira sa manche et regarda sa montre.

" Tu crois que c'est le moment de regarder l'heure ? " s'impatienta Remus.

" Je ne regarde pas l'heure ! Ma montre est munie d'une boussole enchantée. Trouve James Potter ! "

Une aiguille bleue se mit à faire plusieurs fois le tour du cadran avant de se stabiliser et d'indiquer une direction. Sans ajouter un mot, les deux garçons se mirent à courir.

Ils s'arrêtaient de temps en temps pour vérifier qu'ils allaient du bon côté. Finalement, au détour d'une rue, pris dans un cul de sac, ils aperçurent James et Sirius coincés par une petite dizaine de Mangemorts. Ils se dissimulèrent dans un angle mort pour étudier plus attentivement la situation (et il ne leur fallut pas longtemps pour arriver à la conclusion qu'elle n'était pas vraiment brillante).

" On fait quoi ? " demanda Remus. " Mais où est Peter ? " ajouta-t-il paniqué.

" Probablement en train de se planquer sous la cape. " Harry ne fit pas attention au regard de Remus et poursuivit : " On va les prendre par surprise. "

" Oui, et après ? " demanda Remus qui, étrangement, semblait peu convaincu par la stratégie.

" On avisera. " répondit-il.

" Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression que tu as suivi la même école que James pour monter des plans. "

" Je choisis de prendre ça comme un compliment. " répliqua Harry en souriant.

Remus secoua la tête en soupirant. " Expelliarmus ? " proposa-t-il.

" Expelliarmus ! " confirma Harry.

Le plus silencieusement et discrètement possible, ils se mirent en position. Harry inspira longuement pour calmer la peur qui lui broyait l'estomac. Le seul élément qui le rassurait était que les Mangemorts ne semblaient pas pressés de passer à l'attaque. Pour le moment, ils se contentaient d'encercler les Maraudeurs bavassant vraisemblablement et riant à gorge déployée. Harry songea soudainement que les Méchants semblaient toujours pris au dernier moment d'une fringale de mots et préféraient parler plutôt que de décocher le dernier coup. Ca leur était toujours fatal. N'apprenaient-ils donc jamais rien de leurs prédécesseurs ? Harry secoua la tête, le moment n'était pas aux pensées de ce genre.

Il fit un mouvement de tête et Remus et lui lancèrent en même temps le sort de désarmement. Le résultat fut fulgurant, peut-être aidés par l'effet de surprise, trois Mangemorts furent projetés contre un mur, assommés net par la violence du choc, tandis que leurs baguettes atterrissaient dans la main de Harry. Il s'en suivit un mouvement de désorganisation au sein des Mangemorts qui permit à Sirius et à James (et probablement à Peter) de s'extraire du cercle formé par les sorciers noirs. Heureusement, les deux Maraudeurs avaient repéré Remus et Harry et couraient à toutes jambes dans leur direction. Sans attendre la contre-attaque, les cinq garçons visibles et le sixième invisible prirent la fuite.

Harry avait bien conscience que c'était loin d'être une conduite très brave, mais c'était également de loin la plus raisonnable. Mettre au tapis trois Mangemorts pris pas surprise et attaqués de dos était plutôt facile, faire face à des experts en Magie Noire prêts à toute les bassesses en était une autre. Il avait tenté une fois l'expérience et il n'avait pas très envie de la renouveler.

Alors il courait à en manquer de souffle, à se plier en deux sous la douleur du point de côté qui lui cisaillait le flanc, mais de l'espoir plein la tête. Ils étaient en vue de l'artère principale de Pré-au-Lard, ce qui signifiait qu'ils n'étaient plus qu'à quelques mètres des secours. Mais soudain une crainte lui étreignit le cœur. Pourquoi ne les poursuivait-on pas ? Et il eut alors la réponse.

Dans de petits 'plop', les Mangemorts apparurent devant eux, ils s'étaient juste amuser à les fatiguer, à leur donner un peu d'espoir pour mieux le leur retirer ensuite.

" Alors les petits, on voulait sa faire la malle ? " Comme il était impossible de voir leurs bouches, il était difficile de déterminer avec certitude lequel parlait et cette imprécision donnait une impression désagréable à Harry.

" C'est pas bien de nous fausser compagnie comme ça, alors qu'on s'est donné tant de mal. " reprit une autre voix, plus stridente, avec quelque chose de fou dans les accents.

" Et puis, vous avez été méchants avec nos camarades. " reprit la première voix. " Vous leur avez fait mal. "

" Pas autant que nous aurions voulu. " répliqua Sirius avec plus d'assurance qu'il n'était bon d'afficher, mais Harry ne put qu'admirer la bravoure du Maraudeur.

" Mais c'est qu'ils ont du répondant. " ricana la deuxième voix.

" Mais maintenant, tu vas commencer bien gentiment par nous rendre les baguettes de nos amis. " ordonna la première voix. Même s'il était difficile de distinguer un regard dans ce grand capuchon noir, Harry sentait que celui du Mangemort, qui semblait être le chef de cet escadron, le dardait. Harry regarda sa main gauche dans laquelle il tenait toujours les trois baguettes ennemies. Il serra avec colère son poing. Si seulement, il était plus fort.

" Rends-les nous. " intima le Mangemort.

Mais la décision de Harry était prise. Lentement, il déplia un à un chaque doigt, jusqu'à avoir la paume de la main totalement ouverte et c'est les yeux plantés dans ceux du Mangemort qu'il tourna la main et fit tomber les baguettes par terre. Il y eut un hoquet de surprise au sein des Maraudeurs et un bruit de contentement chez les Mangemorts.

" C'est bien, t'es un bon garçon. " fit le Mangemort avec un plaisir non dissimulé dans la voix. Mais le regard de Harry fit tourner court à son contentement.

Harry raffermit sa prise sur sa propre baguette et sous les yeux attentifs de tous, il la pointa vers les trois qui gisaient au sol. " DESTRUCTUM " hurla-t-il. Et c'est dans un craquement sinistre et des volutes de fumées colorées que les trois baguettes volèrent en éclat.

" Tu vas nous le payer ! " gronda la voix folle.

Mais Remus avait profité que toute l'attention était dirigée sur Harry et de la stupeur générale qui avait suivi la destruction des baguettes, pour tirer de son sac (qu'il ne sait pour quelle raison, n'avait pas lâché) les Bombabouses achetées chez Zonko. Aidé de Sirius, le loup-garou les lança sur les Mangemorts qui reculèrent de quelques pas, décontenancés par la soudaineté de l'attaque. Mais ce n'était pas quelques objets ensorcelés pour faire des farces qui allaient avoir raison d'une bande de sorciers confirmés. Même les capes qui semblaient s'embraser sans raison apparente ne suffirent malheureusement pas à effrayer les Mangemorts mais leur permirent de comprendre qu'il y avait un cinquième garçon qu'ils se dépêchèrent d'attraper. Et bientôt, les cinq adolescents furent encerclés, se pressant les uns contre les autres.

" On fait quoi ? " murmura Remus. Mais personne ne lui répondit. Qu'y avait-il à faire ?

" N'oubliez pas ! Le maître le veut vivant et en bon état. " lança le chef de la troupe de Mangemorts.

" De qui parle-t-il ? " chuchota Sirius, formulant la question qu'ils se posaient tous, Harry le premier. Ca ne pouvait pas être de lui. Il était mathématiquement impossible que ce fût lui. Tout paradoxe temporel confondu. Mais alors de qui parlait-il ?

" Ca change tout, s'ils ont peur de blesser l'un de nous. Ca veut dire qu'ils y réfléchiront à deux fois avant de lancer un sort dangereux. C'est notre seule chance ! " dit James à voix basse.

" Et tu proposes quoi ? " demanda Sirius entre ses dents.

" Une attaque simultanée à trois. " répondit James. Harry sentit à côté de lui, Peter réprimer un frisson et Remus contracter tous ses muscles.

" 'Stupéfix' ? " demanda Sirius.

" Tu vois autre chose ? " répliqua James.

" Ce que Dawn nous a appris : 'Pyri'. " proposa Sirius.

" Tu rigoles ? " s'exclama Remus. " Personnellement, je ne le maîtrise pas encore et je n'ai aucune envie de m'y brûler les doigts, si tu me passes le jeu de mots. "

" Ca vaut le coup d'y penser, pourtant. " reprit James.

" Stupéfix est mieux. " insista Remus.

" Mais c'est un petit sort, ils peuvent facilement le bloquer. "

" Sauf si on y met beaucoup de force. "

" Plus le temps de discuter, les gars. " coupa Peter qui n'avait pas quitté des yeux les Mangemorts. " Ils s'apprêtent à nous lancer un sort. "

" Faut pas s'inquiéter ! Ils ne peuvent que nous lancer un 'Stupéfix' ou une variante. Nous n'avons rien à craindre. "

" Ce que j'aimerais avoir ta confiance. " répliqua Remus en tirant sa baguette de sa ceinture.

Et pareillement dans les deux camps, des 'Stupéfix' fusèrent. James, Sirius et Peter furent touchés, tandis que deux Mangemorts se figèrent. A trois contre deux, les Mangemorts étaient en supériorité numéraire.

" C'est bon ! " fit le chef des Mangemorts. " Nous avons figé celui qu'il nous fallait. Tuez les deux autres ! "

Harry sentit son estomac se contracter. Cette fois, c'était lui l'autre, l'autre à tuer parce que de trop et sans importance. Mais il ne se laisserait pas faire, il ne se laisserait pas tuer, pas ici, pas maintenant, dans ce temps qui n'était pas le sien.

" Remus, tiens-toi prêt ! " murmura Harry.

" A quoi ? "

" Tu es rapide, saute sur l'un d'eux avant qu'ils ne prononcent la formule. "

Remus hocha la tête. La pleine lune était proche, les capacités physiques du loup-garou étaient décuplées, c'était du domaine du possible. " Et toi ? " s'inquiéta Remus.

" J'aviserai. " dit Harry. Remus lui répondit par un sourire complice.

Il aviserait… Pour le moment, tout ce qu'il savait, tout ce qu'il sentait, c'était un afflux terrifiant de forces dans ses veines qui lui brûlait le corps. Le changement d'attitudes des deux garçons ne passa pas inaperçu et les Mangemorts eurent un mouvement de recul, déstabilisés par la certitude qu'ils lisaient dans les yeux de leurs jeunes opposants.

Pourtant, la phase finale de la lutte n'eut pas le temps de s'engager, le professeur Dawn venait de surgir dans la ruelle où ils se tenaient tous. D'un bref coup d'œil, elle jaugea la situation et tendit la main en direction de ses élèves. Harry dut faire un pas en arrière, car venait de se dresser devant lui un immense mur d'énergie bleue.

" Qu'est-ce que c'est ? " fit-il éberlué en touchant le phénomène magique et constata que c'était aussi dur et lisse que du verre mais semblait bien plus résistant.

" Un champ de force, je crois. Une sorte de barrière magique de protection. " répondit Remus en parcourant du regard l'immense surface bleue qui les encerclait pour mieux les protéger.

" Saleté de sorcière. " gronda le Mangemort à l'adresse de Dawn. " Tu viens de signer ton arrêt de mort. "

" Vous ne trouvez pas que c'est un peu trop mélodramatique ? " répondit-elle avec un sourire en coin. " Mais je pense que si je veux continuer sur le même ton, je dois dire quelque chose dans le genre : 'moi vivante, je ne vous laisserai pas toucher à un seul de leurs cheveux'. "

" Mais c'est qu'elle a de l'humour la petite. " ricana le Mangemort. " Vous autres, laissez la moi. Je m'occupe d'elle. " ordonna-t-il aux deux autres Mangemorts qui firent un signe de tête coopératif.

Dawn tira de sa ceinture sa baguette. Il sembla à Harry que c'était la première fois qu'il voyait l'item. Jusqu'alors, il n'y avait jamais réellement prêté attention, mais maintenant qu'elle supportait tous leurs espoirs de survie, elle ne lui apparut jamais aussi élégante. Elle était faite de bois clair, seul un anneau sombre démarquait la poignée. Elle était fine et étrangement torsadée. Dawn avait le même visage impassible que lui avait toujours connu Harry. On n'aurait jamais pu soupçonner qu'elle allait livrer un combat avec un sorcier versé dans la Magie Noire. Harry remarqua alors que toute sa colère brûlante l'avait quittée. Il était redevenu lui-même. Il se tourna vers Remus, curieux de savoir comment il vivait le renversement de situation et découvrit qu'il était occupé à libérer Sirius, James et Peter du sort qui les immobilisait. D'un mot, Remus leur raconta ce qui s'était passé et ils étaient maintenant tous les cinq collés au champ de force, inquiets de ce qui pourrait survenir à leur professeur de duel.

Dawn ferma les yeux et tenant sa baguette de la main gauche, elle fit glisser sa main droite sur toute la longueur de l'item magique et d'une voix claire déclama une formule.

" Par le cœur et par l'esprit. Par le sang et par la magie. Que se dévoile l'arme protectrice de vie. " Harry constata que là où la main était passée, le bois se transformait en métal. La sorcière eut alors bientôt en main une fine épée à la ligne légèrement sinueuse. La lumière du soleil se réfléchissait sur la lame polie en des éclairs aveuglants.

" Qu'est-ce qui s'est passé ? " demanda Peter ahuri.

" Je crois… Je crois que c'est la particularité des Duellistes. Ils peuvent transformer leurs baguettes en arme. " expliqua Remus.

" Mais pourquoi ne pas prendre une arme normale ? Ca revient au même et ça évite de perdre du temps. " demanda Sirius.

" Je ne suis pas sûr… Je suppose que ça donne plus de pouvoirs… " proposa Remus.

" La baguette choisit le maître et non le contraire. " rappela James. " Si l'arme provient d'une baguette, elle n'en est peut-être que plus liée au sorcier ainsi plus performante. "

" Ca se tient. " fit Peter.

Harry ne disait rien, il était tout à son admiration. Le professeur de Dawn lui apparaissait sous un angle totalement différent. Le vent qui s'engouffrait dans la ruelle faisait trembler sa longue robe noire et gonflait ses cheveux blonds.

Le Mangemort ricana. " J'ai toujours rêvé de me mesurer à un membre de la Guilde d'Artemis. Il paraît qu'ils ont quelques petits secrets non négligeables. Peut-être que je pourrais te les faire cracher. "

Dawn sourit dangereusement. " On dit de même des Mangemorts. "

Pour toute réponse, le Mangemort tira de sous sa cape, une épée dont la lame semblait faite de brume.

" Qu'est-ce que c'est que ce truc ? " demanda Harry. " Elle est bizarre son épée. "

" J'ai vu ça dans un bouquin. " fit Peter. " C'est une épée de la Négation. "

" Et ça fait quoi ? "

" Si tu veux mon avis, tout sauf du bien. " répondit Sirius.

Mais Dawn ne sembla pas décontenancée pour autant. Elle saisit à deux mains la poignée de son épée et prononça une nouvelle formule. " Par le feu et par le vent. Par la terre et par les océans. J'appelle à moi la force des éléments. " Une étrange puissance scintillante se manifesta alors tout autour d'elle et avec force, elle cria : " FEU ". La lame de son épée s'embrasa immédiatement. Les deux Mangemorts restés sur le côté eurent un mouvement de recul inquiet, tandis que l'autre raffermissait sa poigne sur l'épée de Négation.

" Whaou ! " siffla James. " Je la connaissais pas celle-là. "

" Et dire qu'elle nous apprend à faire des 'Expelliarmus'. " soupira Sirius.

" Dumbledore a fait fort ! Il a réussi à s'allouer les services d'une Duelliste qui maîtrise la force élémentaire. Et qui plus est très mignonne. Ce vieux fou a vraiment de la ressource. "

Dawn ne réagit pas, elle fixait obstinément son adversaire. Elle ne semblait pas du tout impressionnée.

" Tu es prête ma belle ? "

" Tu parles trop ! " répondit-elle. D'un bond, elle fut sur le Mangemort qui eut juste le temps de parer le coup de la sorcière.

Et ce ne fut ensuite qu'un enchaînement de coups et de parades, de feintes et de déviations. Les lames en s'entrechoquant produisaient des étincelles et des éclairs aveuglant de lumière. Harry avait beaucoup de mal à suivre les deux combattants, ils se déplaçaient à très grande vitesse, faisaient d'immenses bonds, restaient plus longtemps que de raison dans les airs.

" C'est de l'Oplon de très haut niveau. " fit Sirius le souffle presque coupé par la dextérité des deux adversaires.

" Sans blague ! " ironisa James.

Ce fut Dawn qui porta le premier coup. Le Mangemort se plia sous la douleur et manqua de lâcher son arme, il eut juste le temps de transplaner un peu plus loin pour éviter le coup qui, sans nul doute, lui aurait été fatal. De rage, il frappa à son tour, visant le ventre. Heureusement, il ne fit que déchirer la robe de la jeune femme.

" Certes, tu t'y connais pour un Mangemort. Mais ne crois pas que c'est avec ça que tu pourras mettre au tapis un membre de la Guilde d'Artemis. " dit-elle en souriant. Le Mangemort grinça furieusement des dents.

" C'est quoi la Guilde d'Artemis ? " demanda Harry. Mais pour toute réponse, il n'eut qu'un haussement d'épaules généralisé.

" Un truc français ? " proposa Peter peu convaincu.

La lutte reprit entre Dawn et le Mangemort et cette fois-ci, il apparut clairement que c'était Dawn qui menait l'action. L'épée crachait maintenant de dangereuses langues de flamme. La victoire ne pouvait être qu'assurée, mais c'était sans compter la félonie des Mangemorts. Harry vit comme dans un film au ralenti un des Mangemorts laissé de côté lever sa baguette et la pointer sur le dos de son professeur. Il cria pour la prévenir, mais pas assez vite, le coup était parti et Dawn s'effondra au sol.

L'état de choc passé, Harry fut pris d'une colère et d'un immense sentiment d'injustice. Il frappa de toutes ses forces contre la paroi magique qui maintenant faisait plus office à ses yeux de prison que de protection. A ses côtés, les Maraudeurs déployaient également toutes leurs ressources pour passer à travers le champ de force et venir au secours de leur professeur dont l'état était manifestement précaire. Ils avaient beau tous les cinq répéter 'Finite Incantatem', ils ne parvenaient pas annuler le sort, Dawn avait mis bien trop de puissance et de volonté dedans. Alors d'impuissance, ils martelaient de coups l'infranchissable mur. Les Mangemorts ricanèrent de leur réaction fébrile et inutile et s'approchèrent du corps de la jeune sorcière. Dawn était condamnée.

Mais pour la seconde fois, le cours des événements se renversa. Peter, le doigt tendu, désigna le professeur Torr qui arrivait en courant, sa cape flottant derrière lui. De loin, Harry le vit faire un mouvement de la main et les trois Mangemorts furent projetés en arrière, loin du corps inerte de Dawn. Torr se précipita vers la jeune femme et la souleva légèrement du sol. Il dut constater qu'elle était toujours vivante car, il poussa un soupir et un pâle sourire passa sur ses lèvres. Puis il redressa la tête, le regard furieux dirigé comme une arme contre les trois Mangemorts qui venaient de se relever. Il tendit sa baguette et cria " 'PYRI' ! " Un souffle de feu s'échappa de sa baguette et les Mangemorts, qui n'avaient pas eu le temps de se protéger, prirent le sort de plein fouet.

Harry et les Maraudeurs regardèrent abasourdis les dégâts que venaient de faire leur professeur de Défenses contre les Forces du Mal. Dawn avait commencé à leur apprendre le sort, mais tout ce qu'ils avaient réussi à projeter n'était qu'une petite boule de feu. L'arrivée des renforts (qui avaient suivi Torr) ne permit pas aux Mangemorts de contre-attaquer et ils n'eurent d'autre choix que de transplaner au plus vite.

Torr aida Dawn à se relever et d'un geste fatigué, elle tendit la main pour annuler le sort de protection qui enfermait Harry et les quatre Maraudeurs. Après avoir constaté que le mur de magie avait disparu, elle perdit connaissance. Harry et les Maraudeurs se précipitèrent pour s'enquérir de son état, mais d'un geste de la main Torr les arrêta. Puis le professeur de Défense contre les Forces du Mal souleva sa collègue, refusant que quiconque ne vienne l'aider.

Et c'est alors qu'il la vit ! Brillante dans la déchirure de la robe, une étrange marque bleue, qui avait vaguement la forme d'une étoile, tatouait le ventre du professeur Dawn. Cela ne dura que quelques secondes, car Torr rabattit la cape autour de la sorcière. La vision avait été tellement fugace et si improbable, que Harry crut à une illusion d'optique.

Pomfresh insista pour les examiner tous les cinq au moins deux fois.

" Il va falloir vous faire un abonnement, à tous les cinq. " ironisa-t-elle sans vraiment y mettre le ton, son regard était même assez accusateur.

" C'est que nous apprécions tellement votre accueil si chaleureux ! " plaisanta Sirius. Pomfresh haussa les épaules, mais Harry la vit bien esquisser un sourire.

" Comment va le professeur Dawn ? " demanda Harry après avoir fini de reboutonner sa chemise.

" Pas bien. " répondit-elle simplement. Les cinq garçons se figèrent. " Je suis une infirmière d'école. Les petits accidents ça me connaît. Mais les maléfices de Magie Noire sont loin d'être mon rayon. " soupira-t-elle. Harry fut pris d'une terreur panique. Est-ce que les jours de leur professeur étaient comptés ?

" Mais elle va s'en sortir ? " demanda James d'une voix peu assurée. Pomfresh hocha la tête pour toute réponse.

" Nous pouvons aller la voir ? Nous ne ferons pas de bruit ! " promit Sirius faisant son fameux regard de chien battu qui faisait céder tout le monde.

" Elle se repose. Qu'est-ce que vous allez bien pouvoir faire ? " répondit Pomfresh. Sirius persista à faire son regard de chien et tous les Maraudeurs l'imitèrent aussitôt. Pomfresh soupira.

" Très bien. Mais cinq minutes ! " concéda-t-elle. Harry l'entendit alors murmurer : " Je commence vraiment à me faire vieille. Même pas capable de résister à ce regard de chien battu. " et elle secoua la tête.

Ils entrèrent à pas de loup dans la chambre où dormait Dawn et découvrirent à son chevet Torr. Le jeune professeur les accueillit en souriant.

" Je constate avec plaisir que vous n'avez rien. " murmura-t-il pour ne pas perturber le sommeil de la malade.

" Comment va-t-elle ? " demanda James.

" Ils lui ont jeté une saleté de maléfice, mais elle s'en sortira, elle en a vu d'autres. " répondit avec confiance Torr.

" Quand elle se réveillera, vous pourrez lui dire merci de notre part. " dit Harry.

" Vous lui direz vous-même. Mais telle que je la connais, elle vous répondra qu'elle n'a fait que son devoir. " Un sourire amusé étira les lèvres de Torr et un peu de joie s'alluma dans son regard fatigué.

" Vous saviez qu'il se connaissaient déjà, avant Poudlard ? " demanda Peter, dès qu'ils furent dans le parc, loin de l'infirmerie.

" Apparemment. " répondit simplement Remus.

" En tout cas, on peut dire que Névée est vraiment douée. Elle nous avait bien dit qu'il y avait anguille sous roche. Vous avez vu comment il a réagi quand il l'a vue à terre ? Et comment il veille sur elle ? " fit remarquer Sirius.

" Ca ne veut rien dire. " répliqua Harry. Lui, aurait tenté l'impossible pour venir au secours de Hermione et pourtant ce qui les liait n'avait jamais été rien d'autre qu'une profonde amitié. Sirius ne cacha pas qu'il était peu convaincu, mais concéda que c'était possible.

" En tout cas, ils sont très douésien , bplus que je ne l'avais d'abord imaginé. " fit James avec perplexité. " Torr tout autant que Dawn. "

" Ne me dis pas que tu repenses au fait que ta mère ne t'a jamais parlé de ces deux là ? " soupira Remus.

" Eh bien si ! Je trouve ça louche. "

" Et quand bien même ce serait louche. Ce n'est pas forcément une mauvaise chose. Peut-être que ce sont des sortes d'agents infiltrés ou que sais-je. James, arrête de croire que tu peux être au courant de tout. On ne sait jamais tout. " dit philosophiquement Remus.

" Si tu dis ça pour me rassurer, je tiens autant à te dire que c'est assez inefficace. " répliqua James sourire en coin.

Harry eut du mal à suivre les Maraudeurs dans leur éclat de rire. Il ne pouvait s'ôter de la tête que Voldemort semblait en avoir après l'un des Maraudeurs. Sirius, James ou Peter. L'un des trois étaient une cible. Et il avait le pressentiment que c'était probablement son père… James Potter.

Fin du neuvième chapitre


Rogue : glacial bonsoir.

Trelawney : très inspirée bonsoir.

Rogue : Oui, comme vous pouvez le constater, j'ai été chargé d'animer, à mon plus grand déplaisir soyez en assurés, la partie 'note de fin de chapitre'. Et pour ajouter à ma mauvaise fortune, je dois me coltiner l'autre folle de Poudlard. montre du doigt sa voisine

Trelawney : Hum… raclement de gorge regarde le professeur Rogue de travers Nous allons donc répondre aux nombreuses questions posées. lit un papier Miss Solla demande s'il est possible que quelqu'un découvre la vérité sur le bracelet du Silence suite à la réaction de Mr Malfoy. Professeur Rogue, voulez vous vous charger de la réponse ?

Rogue : Je croyais que vous adoriez faire les réponses ?

Trelawney : Professeur, je ne fais pas les réponses, je me contente de les entrevoir.

Rogue : Mouais, bien sûr pas convaincu du tout… Miss Solla, bien évidemment, un œil attentif aurait sûrement remarqué l'étrange attitude de Mr Malfoy. Mais ce serait surestimer ces incapables Gryffondor, trop stupides pour voir les évidences, trop confiants…

Alohomora : Hum… Professeur Rogue…

Rogue : grognon prend le papier que lui tend Trelawney

Alohomora : en aparté Décidément, je crois que j'arriverai jamais à trouver des animateurs qui feront convenablement leur boulot.

Rogue : Donc, Miss Solla, il se peut que d'ici quelques chapitres, je ne dirai pas le nombre, quelques personnages en découvrent un peu plus sur le bracelet. Question suivante.

Trelawney : Comme cela concerne toujours votre élève préféré, je vous laisse encore le soin de répondre.

Rogue : glacial Trop aimable.

Trelawney : Miss Lilou voudrait savoir si, malgré la douleur infligée par le bracelet, Mr Malfoy parlera à nouveau.

Rogue : Je dois d'abord éclaircir quelques points afin que tout le monde comprenne bien. Si Mr Malfoy a pu dire ce qu'il a dit, c'est qu'en personne intelligente qu'il est, il a su ne rien dire ouvertement, il a joué sur les sous-entendus. Vous comprendrez alors pourquoi le bracelet n'a ni pu l'empêcher de parler, ni transformé ses phrases. Par contre la douleur vient du fait qu'il ait pensé – au moins un qui pense – à la dire cette fameuse vérité. Pour vous, lecteurs, tout ce qu'a dit Mr Malfoy sonne comme une évidence, mais ses auditeurs ne peuvent rien soupçonner – que des idiots ! – ils ont juste eu l'impression d'assister à un monologue très obscur et totalement incompréhensible. Alors quant à savoir si Mr Malfoy renouvellera l'expérience, vous le saurez dans les prochains chapitres… sourire sadique

Trelawney : regardant dans des feuilles de thé ton très inspiré Je vois… Mr Malfoy est habité par la colère…

Rogue : sarcastique Comme c'est surprenant !

Trelawney : … cette colère peut le pousser à faire des choses. Mais la paix peut également déployer ses ailes et…

Rogue : baille

Trelawny : regarde furieusement Rogue

Rogue : Pardon ? vous disiez quelque chose ?

Trelawney : vexée Non rien… Miss Sailor Digitale fait remarquer que le cauchemar de Mr Potter est suspect. Miss Sailor Digitale, sachez que les rêves et les cauchemars ne sont pas que des messages de l'inconscient mais également de l'avenir ou du passé que…

Rogue : coupant la parole De tout façon, tout ce qui touche Potter est louche.

Trelawney : Mais vous avez fini de m'interrompre ?

Rogue : Pour l'importance des choses que vous dites…

Trelawney : Oh ! Là, c'est en trop… très vexée

Rogue : Un peu de paix ! Bon voyons ce qu'il y a en suite, que tout ça se termine le plus tôt possible, j'ai une classe de Poufsouffle/Serdaigle de deuxième année à terroriser. lit le papier Donc, Miss Clem voudrait savoir ce qui se passe dans le présent. silence réflexif

Trelawney : sortant précipitamment sa boule de cristal et se plongeant dans la contemplation Oh… je vois…

Rogue : Et c'est reparti ! Mais enfin Miss Clem, c'est assez évident : ce qui se passe dans le présent, c'est ce que vous êtes en train de lire. Le voyage de Mr Malfoy et de Potter a changé la relativité de la lecture temporelle. En d'autres termes, puisque c'est leur histoire que l'on raconte, 1975 est devenu le présent et non plus le passé et par conséquent 1995 le futur. Il ne peut donc rien se passer dans ce que vous appeler le 'présent' (et qui, comme vous l'avez compris maintenant, est le futur) puisqu'il n'est pas encore advenu. Compris ?

Trelawney : Vous avez décidé de me voler toutes les réponses ?

Rogue : C'est pour aller plus vite. Mais si vous tenez tant que ça à ennuyer les lecteurs, je vous en prie.

Trelawney : Bien. satisfaite Miss Popov a demandé si les Maraudeurs trouveront un livre sur la cicatrice de Harry. Les Maraudeurs continuent de chercher, d'où, vous l'aurez peut être deviné, cette visite dans la librairie qui a failli mal se terminer. Mais pour plus de précisions, je vais regarder ce que me disent les cartes.

Rogue : soupir

Trelawney : Il se peut qu'il y ait un livre. Il se pourrait qu'il parle de blessures faites par les forces noire de la magie.

Rogue : exaspéré Que de l'hypothétique !

Trelawney : La prédiction du futur n'a jamais été une science certaine.

Rogue : La prédiction n'est certainement pas une science !

Trelawney : Cessez de manquer de respect envers ma matière, Professeur Rogue ! Je ne suis pas diffamante envers la vôtre.

Rogue : Comment le pourriez vous ? Concocter des potions est tout un art.

Trelawney : Lire l'avenir également.

Rogue : Bien sûr ! C'est l'évidence même ! Autant comparer…

Alohomora : Hephep ! Je suis désolée d'intervenir dans votre… petit débat, mais vous n'êtes pas là pour ça. S'il vous plaît, vous avez encore quelques réponses à donner.

Rogue : gros soupir

Trelawney : Miss Lilou voudrait savoir si Rogue, enfin le Rogue de l'histoire…

Rogue : J'avais compris.

Trelawney : … découvrira qui est véritablement Orpheo.

Rogue : Oui.

… moment de silence …

Trelawney : Je crois que les lecteurs en attendent un peu plus, Professeur Rogue.

Rogue : Tout ce que je peux dire, c'est que j'espère que ça se fera le plus tard possible. Découvrir que les Potter vont continuer de se reproduire risque d'être un gros choc émotionnel. J'aurais espéré que l'espèce s'arrêterait après la dégénérescence nommée James Potter. Brrr ! Quelle idée effroyable ! Question suivante.

Trelawney : Miss Lilou demande également…

Rogue : Encore ? On n'a pas le droit qu'à une seule question par personne ?

Trelawney : Bien sûr que non !

Rogue : Dommage ! Ca irait plus vite. Donc la question.

Trelawney : Donc la question est… Hep ! Attendez ! Pourquoi c'est moi qui lit les question et vous qui y répondez ! Ce n'est pas moi qui suis censée, normalement, répondre aux questions ?

Rogue : Vous avez trouvé le mot juste 'censée' donc lisez la question ! Ne perdons pas de temps.

Trelawney : indécise … Miss Lilou, voudrait également savoir quand on en saura un peu plus sur les secrets de Miss Irina, Moïra, et Meredith.

Rogue : lisant un papier D'après ce bout de papier, je n'ai pas le droit de vous répondre. Mais bon, je ne suis pas un Serpentard pour rien, donc je vous dirai la vérité. En fait l'auteur n'en sait rien.

Alohomora : indignée Eh !

Rogue : ne tenant pas compte de l'interruption Si, bien évidemment, les grandes lignes de l'histoire sont décidées, l'histoire n'est planifiée que jusqu'au chapitre 15 et encore de manière assez superficielle. Je peux donc vous dire que vous en saurez un peu plus sur Irina au chapitre 14 (plus les petits détails laissés ici et là) mais pour les deux autres… tousse fait des mouvements de mains pour dissiper un brouillard apparu soudainement Mais qu'est ce que c'est que ce truc ?

Trelawney : Encens. Cela m'aide à la concentration.

Rogue : tousse Pourquoi ? tousse

Trelawney : Pour répondre aux questions des lecteurs.

Rogue : tousse Oh ! Arrêtez ! Comme si vous pouviez savoir ce qui se passe par la tête d'un auteur de fanfic.

Trelawney : On peut tout savoir grâce à la divination.

Rogue : On voit que vous ne venez pas souvent laisser traîner un œil dans le coin. tousse Je veux dire sur les fics éditées ici. Y en a des surprenantes et parfois même des quelque peu tordues, même pour moi.

Trelawney : Ca y est ! Je sens que ça vient !

Rogue : désabusé Mieux vaut tard que jamais. Et quelles sont vos prévisions ?

Trelawney : Oui, c'est très proche… très très proche… C'est un peu flou…

Rogue : Ca n'existe pas des lunettes pour voyants ? ricane de son propre jeu de mots

Trelawney : déçue Ca y est je l'ai perdue.

Rogue : Quoi ? Votre raison ? ricane à nouveau

Trelawney : exaspérée Ma vision.

Rogue : Comme c'est avantageux ! Ainsi quand l'événement surviendra, on ne pourra pas mettre en échec vos prédictions.

Trelawney : Voilà pourquoi, il est si difficile de faire de bonnes prédictions, il y a toujours quelqu'un pour envoyer de mauvaises vibrations.

Rogue : Voilà que j'envoie de mauvaises vibrations maintenant… temps de réflexion Après tout, rien de plus normal ! Rappelez vous, je suis le vilain professeur qui terrorise le brave, gentil (et pathétique) héros. Beurk ! Bon quelle est la question suivante ?

Trelawney : très sèche et dans un souffle Miss Samantha voudrait savoir si les Maraudeurs & C° vont découvrir la véritable identité de Harry. Miss Sailor Digitale pose également la question et voudrait savoir quand Miss Evans et Mr Potter vont tomber amoureux. reprend sa respiration

Rogue : se massant les tempes Bien sûr que Harry et Draco se feront démasquer et bien évidemment que Lily et James formeront un couple. Mais laissez le temps aux événements de se dérouler, suivez la piste des indices et des détails. exaspéré Oh ! et puis si vous tenez vraiment à gâcher votre plaisir en apprenant tout à l'avance, vous n'avez qu'à le demander en particulier à l'auteur, vous avez son… e-mail (c'est quoi ça ?). Parce que ce qui est certain, c'est qu'elle refuse que tout élément déterminant pour l'intrigue soit dévoilé sur cette page, là où le regard de lecteurs qui ne voudraient rien savoir pourrait tomber. Des petits détails, des précisions, des explications, oui ; mais des spoilers, non, il faudra les demander en privé.

Trelawney : Miss Catwoman a une remarque à formuler. Elle signale qu'à son goût, l'auteur met beaucoup trop de temps à écrire.

Rogue : Eh bien…

Alohomora : Non, laissez Professeur, je peux répondre à cette dernière remarque. Certes, il est vrai que l'on peut trouver plus rapide que moi pour les mises à jour (mes lecteurs du 'Secret de ma Mère' en savent quelque chose, d'ailleurs je voudrais leur dire de ne pas désespérer, maintenant que je suis en vacances, la suite ne devrait pas tarder.) mais on peut trouver également bien plus lent. Je fais aussi vite que possible, devant jongler avec les contraintes de ma vie et de l'écriture. Je suis désolée si tu trouves que ça met autant de temps, mais comme on dit : 'je ne peux pas aller plus vite que la musique.' Et puis histoire de vous mettre en bouche, voici la preview du prochain chapitre :

Preview du chapitre 10 – Au Clair de la Lune – .

Lily : Promenons nous dans les bois.

Irina : Pendant que le loup n'y est pas.

Meredith : Mais… et si le loup y était ?

Lily : Eh bien, il nous mangerait.

Irina : Mais comme il n'y est pas…

Lily : Il ne nous mangera pas.

… silence réflexif …

Irina, Lily et Meredith : Loup y es-tu ? Nous entends-tu ?

Remus : Quelqu'un m'a appelé ?

Alohomora : A bientôt pour le prochain chapitre.

Rogue : Adieu et au plaisir de ne pas revenir.

Trelawney : ton mystérieux Je sais qu'on sera appeler à se revoir. Donc ce n'est pas un adieu…

Alohomora : à Rogue Elle est toujours comme ça.

Rogue : hoche la tête

Alohomora : C'est pas fatigant à la longue ?

Rogue : hoche à nouveau la tête

Alohomora : Eh bien, je vous plains.

-:- Interventions de dernières minutes -:-

Remus : Mais je vous assure, je suis sûr d'avoir entendu quelqu'un m'appeler.

Sirius : Mais bien sûr Remus ! ;p

Peter : C'est peut être la pleine lune qui lui tape sur le cerveau…

James : Qu'importe ! Enfin, notre première sortie sous forme d'animagi !

Sirius : Yeah !

Peter : Faudrait peut être qu'on se trouve des noms…

Remus : Pourquoi faire ?

Harry/Orpheo : Je sens que je vais pas avoir encore souvent mon mot à dire dans ce chapitre…

Draco/Silver : De quoi tu te plains ? Toi, tu as déjà eu deux chapitres, moi je n'en ai eu qu'un seul !

Harry/Orpheo : C'est normal ! C'est quand même moi le héros ! Mais au fait de quel côté sera le PDV du prochain chapitre ?

Draco/Silver : Comment veux-tu que je le sache ! Si tu crois que je suis dans les petits papiers de l'auteur, môa !

Lily : Ce sera de mon côté !

Tous : Hein ?

James : Mais je croyais qu'il n'y aurait que trois points de vue.

Lily : L'auteur a décidé de changer un peu les choses. Ca donnera un angle féminin à toute cette histoire, parce qu'après tout, les personnages féminins jouent un très grand rôle.

Sirius : Eh ben, on n'est pas sorti de l'auberge !

Lynn : SIRIUS !

Sirius : ;p

Tous : Au prochain chapitre !

Sirius : Si Lynn ne m'a pas tué d'ici là.

Alohomora : désespérée J'ai de plus en plus de mal à tenir les personnages. snif Voilà, qu'ils ont décidé d'y aller de leurs petits commentaires maintenant ! éclate en sanglots Ils vont me faire devenir chèvre !

MAJ : 08/09/03