Même si cela fait trois jours que je suis rétablie. Il ne faut pas oublier que l'on est toujours en février. Le mois où la température est la plus basse. Où les oiseaux ont tous foutu le camp pour les pays chauds. Où seuls les arbres adorent cette saison pour se mettre à poil.
Alors pourquoi... POURQUOI... Même s'il fait -15 dehors, ici la température est de plus de 4 000 degrés.

Les filles en profitent pour s'habiller chaudement d'un mini short et d'un haut bien moulant pendant que les mecs se rincent allègrement l'œil. Moi-même étant un humain constitué d'un pubis, je leur donne raison. Mais ça, c'était avant que je sois avec Lucy, avant que je ne tombe amoureux de cette fille, avant que je devienne jaloux et possessif. Parce qu'actuellement à part avoir une envie folle de leurs en mettre une pour chacune de leurs remarques salaces - qu'ils ne se gênent pas pour ouvertement le dire devant moi - je ne me focalise sur rien d'autre.

La prochaine fois que je croise Erza et Mirajane, elles vont devoir me féliciter pour tout le contrôle que je fais preuve à l'heure actuel. Bordel, qu'est-ce que Natsumi pourrait faire ? Je ne vais pas rester avec Lucy et me faire regarder de haut de la sorte. J'en ai marre.

Le prof arrive et nous ordonne de nous échauffer par binôme. Cette fois-ci, vu que j'ai une tenue à ma taille, je me sens plus à l'aise. Au milieu de la salle, des tatamis sont mis pour nous permettre de nous entraîner. Lucy s'étire et me demande de suivre ses mouvements.

- Allez Natsumi, on va faire une série d'étirement pour savoir si tu es souple.

Elle me regarde tellement avec son air malicieux que je me doute de la suite. Pourquoi aimes-tu à ce point martyriser ton petit ami ?
Je soupire et me place à côté d'elle. Toute contente, je la vois s'asseoir puis écarter les jambes avec un angle de degré dépassant les 90. Sentant sa limite, elle bascule son corps en avant et allonge ses bras par-dessus sa tête. Effectivement, je ne peux que constater qu'elle est très souple. Mon Dieu, toutes ses positions que l'on pourrait pratiquer ensemble.

Elle se relève et me fait signe de faire pareille qu'elle. Je m'assieds et me place en tailleur. Je la vois sourire puis son regard se changea en quelque chose. En une chose que je ne connaissais que trop bien avec Luxus et les autres. Le regard du « aller, on va voir de qui de nous deux est le plus fort de la bande » sauf que là, c'était plutôt de savoir qui de nous deux porteraient la culotte dans notre couple.

Je soupire d'agacement face à son manque de considération. Je fais comment moi, hein ? Je déteste ne pas pouvoir relever les défis que l'on me lance, je déteste me faire humilier sur un terrain que je maîtrise. Toutefois pour des raisons complètement débiles, je me dois de la jouer incognito. Mais ça, mademoiselle, elle s'en balance le coquillage étant donné que son délire à elle, c'est de m'humilier.

J'écarte légèrement les jambes et grimace un peu pour lui faire plaisir. Je me penche un peu. Fais quelques bruits de mecs fragiles quand je sens quelqu'un se placer contre mon dos.

- Aller penches toi un peu plus, je sais que tu peux le faire.

Lucy met tout son poids sur mon dos, me forçant à m'abaisser. Finalement grâce à la pression de ses seins, mon humeur s'est adoucie. Son odeur délicate passe pour une récompense. Depuis le temps que je me force à ne pas lui sauter dessus, il faut bien que je me satisfasse des petits plaisirs quotidiens. Alors que je me concentrais sur, quelques choses de moins existant que son corps, celle-ci en profita pour laisser ses mains se balader sur mon corps.

- Lucy mes 20 secondes sont passées.

Son « hum » en disait long sur ce qu'elle pensait de mes 20 secondes. Ses longs doigts fins me caressaient chaque parcelle de mon torse. Sa respiration haletante torturait mon esprit. J'essayais de voir si quelqu'un nous observait, mais tout le monde était concentré sur son exercice. Lucy avait réussi à placer une main sous mon tee-shirt et le contacte de nos deux peaux nous donnèrent des frissons. Son visage proche du mien provoquait en nous, une euphorie silencieuse. Mon esprit ne voulait qu'une seule chose. Et c'est alors que, dans un mouvement franc et désiré, nos deux bouches se frôlèrent. La raison avait foutu le camp et je ne fonctionnais que par pulsion. Je sentais ses doigts continués son investigation jusqu'au point critique.

« Je t'autorise à sortir avec elle, mais en échange, tu ne couches pas avec elle »

Les paroles des filles me revinrent à l'esprit. Alors qu'elle s'amusait de la situation, je lui pris le bras. Le choc du retournement lui fit faire un sursaut. Son regard perdu m'agaçait.
Les mots de la prof nous sortirent de nos interrogations muettes.

- « Comme vous le savez tous, cette représentation de porter et danse ne doit durer que quelques minutes. Nous avons à disposition cette salle pour les portes ouvertes, mais le timing va être des plus dures. Durant toute la journée des groupes de futurs étudiants, ayant pris notre option, vont venir regarder votre représentation donc soyez les meilleurs afin que notre école soit fière de vous. »

Un oui général répondit aux paroles de la prof. Quant à moi, je suis le mouvement.

Notre chorégraphie ne dure que 10 minutes. Le rythme, lui, est endiablé pour qu'aucun futur étudiant n'est pas le temps de dire ouf. Et je dois le reconnaître, il faut un certain physique pour arriver à un enchaînement net et précis avec une synchronisation parfaite. Heureusement que je dois seulement m'occuper des portés de Lucy sinon, j'imagine pas le fiasco.

Après l'échauffement, on répète. Dans la salle où se trouve le carré de tatami au centre, seule la musique et les bruits de pas s'entrechoquent pour remplir l'espace. Tout le monde est sérieux et sait où se placer. Aucune erreur et aucun stress. J'ai l'impression que l'on est en harmonie. Mon regard se porte sur Hibiki. Ouais même avec l'ennemi.

- « Je pense que vous êtes prêt pour cette fameuse journée. Profitez-en pour promouvoir votre avenir vu que de célèbres chorégraphes vont être présents pour cette journée.
Bref, la sonnerie vient de retentir, je vous dis à demain. »

Suite à cette annonce, le groupe s'émoustille. Entre les filles qui jubilent, celle qui ne sont pas certaines de leur talent, les mecs qui s'embrasseraient presque les pecs, tout le monde oubliait presque le prochain cours. Pff, c'est quoi cette école sérieusement ?

- Moi cela ne me concerne pas à moins que quelqu'un vienne pour mon talent de pianiste. Tout ceci ne m'intéresse pas.

J'observais Lucy durant son discours. C'est vrai Cana m'avait dit qu'elle voulait devenir pianiste. Je lui souris puis elle rajouta quelques choses qu'elle aurait pu éviter.

- Après, j'espère que mon duo avec le groupe Takumara, va être un succès et que je vais pouvoir, me promouvoir et trouver un label.

Elle se tourne vers moi et me sourit. Je lui rends son sourire sans une pointe d'amertume. Pourquoi il a fallu qu'elle me parle de ce type ?

- Tu as confiance en ce type ?

Sous sa surprise, je me suis rendu compte que mes mots avaient été froids et durs. Tant pis, au moins ils sont sortis.
Nous prîmes le chemin du prochain cour quand elle me répondit.

- Oui assez. Même si on dit de lui du mal, c'est un bon gars

Ces yeux parlaient pour elle. Leurs éclats étaient tels, qu'aucun argument, assez construit, ne pouvait lui faire changer d'avis sur lui. Au fond, j'étais assez jaloux.
Face à mon air, elle me prit le bras.

- Ce week-end, je vais m'entraîner avec eux. Viens avec moi.

« Pardon » est le seul mot que j'ai pu articulé à la suite de sa demande. C'était bien la première fois qu'elle m'invitait à l'extérieur.

- Maintenant que l'on est ensemble, on va pouvoir se voir à l'extérieur. Enfin, je me doute que pour toi, c'est tout nouveau. Mais ne t'inquiète pas, on ira à ta vitesse.

Un rire nerveux s'échappa de ma bouche. Les mouvements de notre marche automatique et ma hauteur l'empêchaient de m'observer correctement. Heureusement. Mon visage crispé par l'énervement de la journée, me démangeait. Les habitudes de Natsu revenaient trop rapidement à mon goût. Je n'arrivais plus à me retrouver dans Natsumi.

Au départ, je devais juste jouer un parfait inconnu. Tout ceci m'arrangeait du temps que ma vie affective n'était pas touchée. Je croyais tout maîtriser comme à mon habitude. Je croyais être le plus fort, malheureusement, je l'ai rencontré et la situation avait changé.

Je me mordis la lèvre. Dans ma tourmente, Cana nous avait rejoints et discutait avec Lucy. Je n'arrivais pas à me calmer quand je me rappelai d'un échappatoire. Je sentis tout mes muscles se détendre pour reprendre une forme normale.

- Désolé, Lucy, je ne peux pas ce week-end. Je dois aider ma petite sœur dans ses cours.

À vrai dire, je ne mentais pas. Enfin pas totalement. Au lieu que ce soit ma petite sœur que je devais aider, c'était la famille Strauss. Hier Lisanna m'avait envoyé un message pour me dire que ce week-end, j'étais de corvée « Nettoyage et récurage » avec toute l'équipe. Le restaurant devait absolument se refaire une beauté et aucun absent était accepté. Dimanche, ils accueillaient un groupe afin qu'il répète pour la St Valentin. Une belle pub pour les deux en une.

Je fis mon air triste et désolé pour que tout ceci se passe sans le moindre accrochage. Excuse-moi d'être un homme lâche, mais je ne me sens pas de taille à remettre ce costume en plus de la semaine. Je sature. La coupe est pleine. Il va falloir que je fasse un choix. Je ne pourrai pas rester indéfiniment comme ça.

Alors que Lucy me répondait avec son air rassurant et protecteur, je sentais bien que Cana ne m'avait pas cru. Son regard en coin me refroidit l'échine. Je déteste quand elle fait ça !

Alors que la prof passa dans l'entrebâillement de la porte, une tête - peu familière, mais assez pour la reconnaître de loin - fit son apparition. Poluchka. La directrice de l'académie, se positionna devant l'assemblée. Son regard de braise nous montrait clairement et explicitement qu'elle cherchait quelqu'un. Une fois trouvée, elle s'avança vers sa proie. MOI. Plus elle se rapprochait de moi et plus je me sentais en danger. C'est quoi cette folle furieuse. Quand je pense que le vieux est copain-copain avec cette chose, on dirait un dragon en pleine fusion.

- Natsumi Dneel, veuillez me suivre.

Waa, je déglutis aussitôt.

- Mademoiselle Heartfilia prendra vos notes, laissez vos affaires ici.

Après un bref échange avec Lucy, je me dirigeai dans la salle de la directrice. Le trajet me paraît durer une éternité. Pourtant bizarre, il me paraît aussi nostalgique. Elle ouvrit la porte et m'invita à entrer. Son bureau était toujours le même que la première fois où je suis arrivé ici.


Les tons froids lui donnaient encore cet aspect strict pourtant les touches personnelles de la directrice le rendaient mystérieux. Si on aimait les jeux de détective, la pièce était une vraie mine d'or. Entre les crayons sans bouchon, son plume parfaitement positionné sur le bureau, la corbeille très peu remplie, les dossiers rangés par importance et non par couleur ou numéro, on pouvait comprendre que la veille femme était quelqu'un de fiable.

- Savez-vous pourquoi vous êtes la monsieur Dragneel.

Le fait d'entendre mon nom de famille correctement prononcé me fit avoir un temps d'arrêt. Je ne savais pas vraiment pourquoi j'étais ici, mais mes mauvaises habitudes revinrent au galop.

- Nope, mais vous allez me le dire.

La fenêtre devant laquelle, elle était positionnée, donné sur la cour de l'entrée principale.

Plusieurs groupes profitaient des quelques rayons parmi ce froid pour répéter, attiré de nouveaux fans ou tout simplement pour s'amuser avec leurs amis. Leurs sourires contredisaient avec les claquements de dents. Horrifiés par le froid, ils n'en démordaient pas pour produire un son tout à fait mélodieux.

Poluchka regardait ses étudiants comme une mère pourrait regarder ses enfants dans ce froid hivernal.

- Sais-tu pourquoi Makarof t'a envoyé chez nous ?

Les souvenirs de l'énième bagarre avec Gajeel et Grey, de la convocation de Makarof, des sanctions prises me revinrent à l'esprit. Un nœud dans ma gorge se forma, me forçant à ravaler difficilement ma salive. Mon corps se tordit dans tous les sens, j'avais mal à l'estomac. Quel est ce sentiment ? De la honte ? De la culpabilisation ?

- Tu as grandi Natsu.

Malgré mon état plus que déplorable, Poluchka mit sa main sur mon épaule.

- Il est vrai que quand tu es venu chez nous ton tempérament était explosif.

Elle se décala et sortit de son gros bureau en chêne des dossiers. Elle en prit un et me le tendit.

- Regarde et tu comprendras par toi-même.

Je pris un dossier et ouvris délicatement comme si je tenais toutes les richesses du monde.
Une feuille blanche toute simple surplombait la pile de ses semblables. Chacune était écrite de la même façon ; des notes du début de l'année jusqu'à actuellement, des phrases notifiant mon comportement, de mes progrès et en toute fin l'avis des profs sur moi.

- Il pense vraiment ça de moi.

Au lieu de me répondre, Poluchka me sourit. Sur chacune des notes prises, l'avis de professeur était le même. Pour eux, j'étais un élève prometteur, intéressant et agréable. Ils me félicitaient pour mes progrès et mon investissement à étudier.
Je ne savais pas où la vieille en voulait en venir, mais toutes ses choses... Je n'arrivais pas à les croire.
Je savais qu'aucun professeur ne me connaissait à l'extérieur sinon leurs avis auraient été différents, mais pourquoi je me sens mal. Car comme Lucy, ils félicitent Natsumi et non Natsu. Comme si mon vrai moi était encore plus rabaisser. Mes mains commencèrent à trembler. Je bouillonnais de l'intérieur.

- Je vais te reposer la question, pourquoi penses-tu que Makarof t'a envoyé chez nous ?

Bien que mon visage soit tiraillé et horrible à voir, Poluchka affronta mon regard attendant une réponse. Pourquoi donc venir ici ? C'était s'en doute pour me détruire de l'intérieur, hein ? Face à cette remarque, j'émis un ricanement.

- Il voulait peut-être que je devienne un gentil toutou et que je reste Natsumi toute ma vie.

À cette réponse, je reçus un énorme coup sur la tête. Tellement violent, qu'il me fit chavirer de ma chaise.
Sonné, Poluchka continua sans m'aider à me relever.

- Tu me déçois. Makarof avait raison finalement. Tu fais un complexe sur le fait que tu sois Natsumi ici. Mais voit au delà du simple personnage. Makarof m'a demandé de te prendre en charge, c'était avant tout pour que tu puisses connaître tes compétences. Parmi tes amis, il paraîtrait que tu sois le seul sans but, sans avenir.

"Il paraît que je sois le seul sans but" cela voudrait dire que les autres savent déjà ce qu'ils veulent faire plus tard. Une pointe de jalousie se fit sentir.

- Même si tu dis que mes élèves sont des bourges, des fils à Papa et que beaucoup ont déjà un avenir tout tracé, je te dirai que tu as raison. Mais est-ce que cette remarque s'applique à tout le monde. Ne connais-tu pas quelqu'un dans cet établissement qui ne se bat pas pour accomplir son but.

Le visage de Lucy, Cana et d'autres personnes de ma classe se figèrent dans ma tête.

- Natsu, nous aimons nos élèves biens plus que n'importe qui. Nous voulons que chacun réussisse dans la voie qu'il aura choisie. Alors même si c'est avec Natsumi, profite pour mettre tes idées aux claires.

Alors que Poluchka me congédia, sa prise de conscience m'avait liquéfié. Je ne voulais plus retourner en cour.

- J'aurai dû rester chez moi ce matin.
- Alors comme ça, tu t'es fait engueuler par Poluchka

La voix me surprit. Cana et Lucy se tenaient adosser au mur en face du bureau. Mes affaires dans les bras de Lucy. Merde, j'ai pas regardé l'heure.

- Tu ne l'as peut-être pas entendu, mais les cours sont terminés aujourd'hui. Le prof des dernières heures est malade, donc à nous la liberté.

Cana m'avait littéralement sauter dessus et hurler comme une furie. Son haleine empestait déjà l'alcool.

- Elle est à sa 3e petite fiole.

Lucy s'était avancée et me tendait mes affaires. Tout était là.

- Tu n'aurais pas du tout prendre, je serai venu les chercher.

Son visage commença à rougir quand elle me sortit.

- Je suis ta petite amie, je peux te ramener tes affaires quand tu en as besoin.

Elle est tellement mignonne, si seulement elle me laissait voir cette facette plus souvent.
Une fois mes affaires prises, chacun pris la route de son « chez-soi ». Cana, à son habitude, nous avait laissés pour aller traîner avec les mecs du coin, nous laissant tous les deux dans une atmosphère assez spéciale.

C'était la deuxième fois avec ce matin que l'on se retrouvait tous les deux. Toutefois, comparer à ce matin, personne ne parlait comme si le froid avait condamné nos bouches.

- Merci pour avoir pris mes notes

Lucy sursauta. Elle a dû être surprise que je brise ce silence pesant.

- J'espère que tu comprendras mes notes.
- Ça, il n'y a aucun doute. Après tout, c'est grâce à toi que j'ai réussi à progresser autant.

Elle s'arrêta et releva la tête. Ses magnifiques yeux chocolat me dévoraient. Je sentais qu'elle désirait quelques choses. À vrai dire, son corps entier le réclamait.

- Pourquoi hésites-tu ?

Ni une ni deux, mes lèvres se plaquèrent notre les siennes. Ses bras s'enroulèrent autour de mon cou, me forçant à me coller à elle. Lucy est capricieuse, perverse et dominatrice pourtant, la façon qu'elle m'embrassait me troubler. Une de mes mains caressa ses longs cheveux pendant que l'autre lui prenait la nuque. Notre baiser si simple commença à se complexer. Nos langues débutèrent une danse, plus langoureuse que raisonnable. À bout de souffle, chacun se décolla de l'autre. Alors que j'avais réussi à garder tout mon esprit, Lucy abordait toujours ce regard gourmand. Seul le vent de froid pouvait nous calmer, nous et nos pulsions. Lucy reprit la route et l'on se quitta comme d'habitude, laissant derrière nous cette journée pleine en émotion.


À la maison, Wendy était dans sa chambre, probablement en train de finir d'étudier.

- Yo le gros, alors ta journée ?

Dans l'entrebâillement de la porte menant à la cuisine, Wendy, dégustant une gaufre, me scrutait.

- J'ai cru que tu étais dans ta chambre.
- Ah pour la lumière, non, c'est Roméo qui me rend mes copies vu que lui aussi a été malade.

Bienvenu au club petit gars. Durant mon déshabillage et le rangement de mes affaires, Wendy était restée à sa place attendant une réponse de ma part. Je savais très bien ce qu'elle voulait, mais dans un premier temps, je n'avais pas envie de revenir là-dessus. Me remémorant la journée, une parade me vint.

- Tu as pensé à ton avenir toi ?

La bleue fut confuse puis devant mon manque de moquerie, pris cette question au sérieux me rejoignit autour de la table de la cuisine. Tous les deux assis et attablée, elle me répondit.

- Oui, j'ai déjà réfléchi à ce que je veux faire et j'aimerais poursuivre mes études pour devenir infirmière.

Son visage se tint légèrement sans doute honteux de m'avoir confié quelques choses que lui tenait à cœur. Au moment où j'allais l'encourager, elle reprit.

- Mais je sais que c'est un rêve, car les études d'infirmière coupe chère et on ne peut pas se permettre de dépenser autant.

Alors pour faire des études poussées, il fallait payer et vu sa tête le prix devait être important. Un soupir m'échappa.

- Je m'en doutais, je savais que tu allais te moquer.

Elle a dû le prendre pour elle. Elle rangea bien vite son bout de gaufre, or j'anticipe son mouvement.

- Le soupir n'était pas pour toi. C'est juste que – je mis une main dans mes cheveux et me touchai énergiquement mon cuir chevelu – je suis désolé, mais je me désespère.
- Pardon ?
- Ce que je veux dire, c'est que même toi, tu as déjà pensé à ton avenir et tu en parles même comme un rêve.
- Natsu, ça veut dire...
- Oui exactement. Je n'ai pas de projet, pas de rêve rien. Je me suis toujours battu pour que l'on puisse manger à notre faim, vivre convenablement et grâce à Makarof, on n'a pas eu à se plaindre mais un jour, tu vas partir et il va bien falloir que je vive pour moi.

Wendy se rassit. Ses yeux grossis par l'étonnement me montrent clairement qu'elle n'a jamais imaginé que l'on puisse avoir ce genre de conversation. Roméo présent durant l'échange hésite à s'immiscer dans notre bulle.

- Viens mon gars, ne t'inquiète pas pour le sujet. C'est intéressant de savoir ce que veulent faire ses proches plus tard. Donc ptit gars, tu veux faire quoi plus tard ?

Roméo rougit, bomba du torse et c'est avec un sourire de dix mètres de long qu'il me dit.

- Je veux entrer dans la police.

Oh alors là, le délire. Je n'aurais jamais pensé que ce petit bout d'homme avait de telles ambitions. Je lui rends son sourire et lui fracasse l'omoplate, le faisant voler dans la pièce.

- Courage mec ! Je suis sûr que tu y arriveras. Quant à toi Wendy, poursuit ton rêve. Nous allons bien trouver une solution avant que tu rentres à l'université.

Dans toute mon existence de grand frère, j'aurai jamais cru recevoir tant de tendresse. Celle-ci s'était précipitée, larme aux yeux dans mes bras. Étrangement poussé par un élan d'euphorie, Roméo nous rejoignit. Calin Party ! On devait être beau à voir. Le calme revenu, je les laissai à leur conversation et me dirigeai vers ma chambre.

Rendu dans ma taverne, mon chez-moi. Pantalon, chemise, cravate volèrent en travers de la chambre. Je me laissa tombé sur mon lit et put soupirer un bon coup. Plus jamais une journée comme ça. Natsu avait fait son quota de prise de tête. Je pris une grande respiration et énumérai tout ce qu'il s'était passé aujourd'hui. Ma mère avant qu'elle décède m'avait dit de dire à haute voix tous mes tourments pour qu'ils puissent me laisser l'esprit libre.

- De 1 : je n'ai pas eu le droit à mon bisou ce matin
- De 2 : Lucy est trop attirante
- De 3 : le papier de Yukino

Putain le papier de Yukino ! Je n'ai pas le temps de le redire une autre fois, que je suis déjà en train de fouiller mon sac. Bordel, bordel, bordel. Impossible de mettre la main dessus. Où est-il passé ? J'essaye de me remémorer où il pourrait se trouver. J'ai quasiment toujours été avec tout la journée. Puis l'illumination. Il y a bien eu deux moments où j'ai laissé mon sac seul. Durant le cours de Danse et quand je suis allé avec Poluchka.
Le pire, c'est que dans les deux cas cela craint. Pour le cours de danse, Hibiki et les autres ont peut-être fouillé dedans. Car depuis le début, ils se sont mis en tête de tout faire pour me démasquer. Et pour Poluchka, Lucy en rangeant mes affaires a pu tomber dessus. Le comble dans tout ça, c'est que comme un couillon, je n'ai pas regardé ce qu'elle m'avait marqué. Putain, je ne sais même pas si mon identité est en danger ou pas.
Demain, il me reste d'une chose à faire : aller voir Yukino.


Je remercie tout les personnes qui n'ont suivie et qui ne m'ont pas lâcher malgré les années d'absence. Vous êtes vraiment des champion(nes) ! Un grand merci ne serait pas assez pour vous montrer tout ma gratitude. Toutefois, après ce gros trou, j'espère que mon chapitre sera à la hauteur de vos exigences. Merci encore.