Bonjour tout le monde,
Voici un chapitre avec une partie des révélations. J'espère que ça vous plaira :P
Marie : Merci beaucoup. Je suis contente que tu aimes cette fic et recevoir une telle review détaillée est vraiment agréable :) Comme je le disais dans l'intro du premier chapitre, si tu aimes cette histoire, tu devrais aimer les livres de Jeaniene Frost "Chasseuse de la nuit", qui m'ont inspiré ;)
Je vous souhaite une bonne lecture :)
- Que t'a-t-il dit ? Me demanda Vince afin de changer de sujet.
- Que je me mêlais d'un peu trop près de ses affaires et qu'on se reverrait bientôt ! Lui dis-je en baissant le ton.
Vince se mit alors à arpenter la pièce. Un air de contrariété sur le visage me fit comprendre qu'il n'appréciait pas.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Il ne t'aurait jamais laissé en vie s'il n'avait pas une idée précise derrière la tête te concernant !
- Ce qui signifie ?
- Que t'es dans la merde ! Déclara-t-il en posant son regard inquiet sur moi.
Je ne détournai pas mes yeux des siens. Et ce que j'y lisais ne présageait rien de bon pour la suite.
- Il m'a dit que j'étais chanceuse, je le pensais aussi mais vu ta réaction je vais finir par croire qu'il aurait dû me laisser tomber dans ce trou.
- Un trou ? Arqua-t-il en me détaillant.
- Oui. Il a créé, je ne sais comment, une crevasse, lui signalai-je. C'est quoi, un sorcier de la magie noir ?
J'avais dite cette dernière phrase de manière sarcastique. Mais la réponse de Vince me perturba.
- Ce n'est pas exactement ça.
- Pas exactement ?
- Assis-toi, m'ordonna-t-il en me montrant la chaise qui se trouvait en face de lui.
J'obéis et attendis. J'étais curieuse de voir ce qu'il allait m'apprendre même si cela m'effrayait également.
Il croisa ses bras et me regarda avec insistance.
- Que sais-tu sur les loups-garous ?
J'écarquillai les yeux sous la surprise. Je ne m'attendais vraiment pas à une telle question.
- Euh, ils se transforment lors des pleines lunes, hasardai-je.
- Mais encore ?
- Écoutes, je n'y connais rien et les légendes ce n'est pas mon truc. Alors si on pouvait reprendre la discussion sur ce meurtrier ça m'arrangerait et ça serait plus bénéfique.
- Sauf que justement c'est ce qu'il est.
« C'est ce qu'il est ». Ces mots résonnaient dans ma tête telle une musique qui passait en boucle dans mon cerveau et dont je n'arrivais pas à me défaire. Comment se pouvait-il qu'il soit ... Non, je n'arrivais même pas à penser à ce mot qui me faisait froid dans le dos et qui me paraissait totalement inapproprié dans la réalité.
- Bon sang Vince, ce ne sont que des légendes, lui signalai-je en passant ma main gauche nerveusement dans mes cheveux et en me levant.
- Ah oui ? Me dit-il calmement. Tu es donc prête à croire que c'est un sorcier plutôt qu'un lycan ? Tu crois qu'il s'est introduit dans ta tête uniquement grâce à la magie ? Pourquoi est-il venu te défier dans la forêt selon toi ?
Ces questions me perturbèrent. Plus que je ne l'aurai voulu d'ailleurs. Il était vrai que quelque chose de surnaturel intervenait mais je me refusais à le croire. Après tout, le monde avait évolué, tout comme les gadgets qui permettaient de faire de mauvaises blagues ou de créer des illusions d'optiques.
- Il doit y avoir une explication rationnelle, affirmai-je.
Vince se rapprocha alors de moi et je me surpris à rester immobile alors que ma raison me conseillait de reculer. Il se pencha et arrêta sa bouche au niveau de mon oreille.
- Comment crois-tu que les corps finissent déchiquetés Maggie ? Me souffla-t-il avant de se décaler et de se diriger vers la porte.
Cette question me figea sur place. Il pouvait y avoir des tas de raisons à cela… Un chien enragé, des ravisseurs qui prenaient plaisir à voir souffrir ces filles… Et c'était tout. J'avais beau me creuser la tête, je ne voyais rien d'autres. Et cela me glaçait le sang car ça signifier qu'il y avait une chance sur trois pour que Vince dise la vérité. Une chance de trop d'admettre que j'avais eu raison d'avoir peur de trainer dans les bois étant petite. Reprenant mes esprits, j'ouvris la bouche afin de lui répondre avant de m'apercevoir qu'il avait déjà déserté la pièce.
Respirant un grand coup, je courus en direction du couloir et regardai à ma gauche et à ma droite.
- Vince attends ! Criai-je en le voyant au détour d'un tournant.
Mais il ne se retourna pas et continua son chemin, ignorant royalement mon appel. J'émis une grimace d'énervement et d'exaspération et entrepris de marcher vite.
- Je sais parfaitement que tu m'as entendu ! Précisai-je à haute voix sachant que les murs résonneraient et que cette phrase lui parviendrait également.
Arrivée au détour du couloir, j'empruntai la même direction que lui quelques secondes auparavant et le vit adosser à une porte. Il semblait m'attendre et ce sentiment se confirma quand je vis son petit sourire moqueur au coin des lèvres.
- Ca t'aurait tué de m'attendre ? Lui balançai-je sur un air de reproche.
Son sourire s'accentua.
- Tuer non, emmerder oui ! Mais je ne t'ai pas amené ici pour parler de ça.
Au moment où j'allais répliquer, il ouvrit la porte et une odeur indescriptible et immonde s'en échappa. Mes mains se plaquèrent rapidement sur mon nez et je me retournai vivement en omettant un haut le cœur.
- Fermes ! Ordonnai-je à Vince qui restait à mes côtés sans bouger.
Contrairement à moi, l'odeur ne semblait pas le déranger.
- Appliques ça au niveau de tes narines, se contenta-t-il de me dire.
Je pris le petit pot qu'il me tendait de la main droite, gardant l'autre sur mon nez pour faire rempart avec l'odeur qui ne cessait de m'assaillir de plus en plus violemment. Prenant sur moi et bloquant ma respiration, je retirai ma main gauche afin d'enduire la crème transparente au niveau de mes narines. Aussitôt une odeur d'eucalyptus me monta au cerveau et me piqua légèrement. J'inspirai grandement de nouveau, appréciant cette sensation de fraicheur.
- Tu n'aurais pas pu me donner ça avant d'ouvrir ?
- Il va vraiment falloir que je t'apprenne à ne plus râler.
Sur ce, il s'engouffra dans la pièce sombre et j'en fis de même en rechignant intérieurement.
Les murs étaient froids et recouvert de longs fils poussiéreux ainsi que de toiles d'araignée. Visiblement, le ménage avait été négligé dans cette partie du château… Je me demandais même s'il avait été fait un jour.
Vince avançait devant sans un mot et allumait des torches au fur et à mesure que nous marchions. Le passage se faisait de plus en plus étroit et je commençais à me demander si je n'allais pas finir par devenir claustrophobe dans une telle situation. Cent mètres après, le corridor déboucha sur un espace plus grand que j'identifiai comme une pièce. Savoir si elle était spacieuse ou non m'était impossible, les ténèbres c'en étant accaparés.
Je vis Vince se diriger vers le fond de cette pièce et je m'apprêtai à le suivre quand un bruit à ma droite retint mon attention. Je tournai aussitôt la tête mais seule une légère masse sombre et immobile s'y apercevait. Mon instinct me disait de rester à attendre Vince mais mon impulsivité et ma curiosité me poussèrent à avancer. Mes pas se faisaient petits et je tâtonnai le mur afin de rester en contact avec quelque chose de dur sous peine d'avoir la sensation de perte d'équilibre. Comment les aveugles faisaient-ils pour marcher sans tituber dans le noir ? Je n'avais même pas trois cent mètres à faire qu'il me fallait un minimum de repaire pour rester debout.
Puis, un nouveau bruit retentit alors que je ne me trouvais plus qu'à quelques mètres. Je l'identifiai comme un faible grognement. Je fronçai doucement les sourcils en plissant des yeux pour essayer d'identifier cette masse mais c'est finalement la torche de Vince qui me la fit découvrir. Un cri s'échappa de mes lèvres et je reculai sous le choc. Un caillou me fit trébucher et je sentis les bras de Vince me retenir avant que je ne touche le sol.
- Qu'est-ce… Qu'est-ce que c'est ? Bafouillai-je en me redressant tremblotante.
- La preuve que tout ce que je t'ai dis est vrai.
Mes yeux restaient scotchés sur cet animal poilu, aux dents acérées. Était-ce réellement cette créature légendaire ? Je ne me sentais plus très bien et cette phrase, prononcée par Vince, ne fit qu'accentuer mon sentiment de malaise. Je sortis alors précipitamment de la pièce.
J'arpentai le long couloir aussi vite que mes jambes me le permettait. Ma tête tournait dangereusement et je fus soulagée quand je vis la tapisserie familière de l'intérieur du château.
Je m'affalai par terre, le dos collé au mur afin de me soutenir et inspirai profondément.
- Tu as insisté, je n'ai pas eu le choix, déclara Vince en s'installant à mes côtés.
Je ne le regardai même pas et me contentai de mettre ma tête entre mes jambes.
- Tout ceci va un peu trop vite pour moi, lui soufflai-je. J'ai l'impression d'être en plein cauchemar.
- Pourtant c'est la réalité et il faudra bien que tu l'affrontes puisque c'est la nature de nos ennemis.
Mes sentiments étaient confus. Le désarroi prédominait mais la colère prenait peu à peu le dessus. Car oui, Vince aurait du m'avertir dès le début des dangers que cela allait impliquer. Il aurait du me dire que nos adversaires ne seraient pas humains même si je ne l'aurai évidemment pas cru. J'aurai trouvé cela honnête de sa part et je lui en aurai moins voulu qu'à cet instant précis.
- Pourquoi tu m'as choisi ? Lui demandai-je en plantant mon regard dans le sien.
La question était sortie sans que je ne m'en rende vraiment compte mais je voulais savoir.
- Car tu es unique Maggie.
Cette réponse me surprit et me perturbait. Il m'avait fait démissionner, m'avait fait subir des entraînements jusqu'à épuisement et il m'avait embarqué dans une histoire où je risquai de ne pas survivre juste parce que j'étais unique ? Je n'y comprenais rien et il dû le voir car il enchaîna.
- Tu crois que c'était un hasard la première fois où l'on s'est rencontré ? Je ne me suis pas laissé surprendre dans cette ruelle. Je t'attendais et je dois dire que ta réaction a été au dessus de mes espérances. Tu m'as poursuivi seule alors que tu devais sûrement ne pas avoir l'accord de tes supérieurs. Je t'ai étudié pendant plus de deux mois avec cinq autres candidates. Tu es impulsive et tu agis à l'instinct. Ce sont les qualités qui te sauveront la vie lorsque nous aurons découvert où se cache Yann'. Et ce sont également les qualités qui m'ont permis d'affirmer que tu étais la personne idéale.
Je me souvenais parfaitement du premier jour où je l'avais rencontré. Il m'avait désarmé et je n'avais pas franchement apprécié. Néanmoins, je n'en dis rien.
- Si je comprends bien, tu m'as espionné et je devrais en être flattée vu que j'ai été l'heureuse élue ?
Un fin sourire s'afficha sur les lèvres de Vince. Il se leva sans répondre et me tendit la main pour m'aider à en faire de même.
- Allez viens, j'ai une dernière chose à te montrer.
Assise sur une chaise, Vince m'avait emmené dans son bureau et farfouillait dans un tiroir depuis environ cinq minutes. En l'attendant, j'admirai la beauté de cette nouvelle pièce qui m'était jusqu'alors inconnue. Tout le mobilier était typique du dix-huitième. En parfaite harmonie avec l'ambiance de cette demeure ne puis-je m'empêcher de penser.
- Ah, la voilà enfin, entendis-je Vince dire.
Je tournai aussitôt ma tête dans sa direction et observai l'objet qu'il tenait dans sa main. Un petite clé en argent.
- C'est quoi ? La clé de ton cœur ? Ironisai-je.
Il sourit à cette remarque en se dirigeant vers le mur situé à ma gauche.
- La clé qui permettra d'ouvrir mon cœur n'est pas prête d'être découverte Beauté. En revanche, elle ouvre l'accès au cœur de cette demeure, confia-t-il en l'insérant dans un trou prévu à cet effet.
Aussitôt qu'il l'eut tourné, le sol se mit à trembler et le mur se déplaça laissant un passage apparaître. De la poussière vola et imprégna toute la pièce me faisant légèrement tousser.
- Depuis combien de temps tu n'as pas ouvert cette planque ? Lui demandai-je en secouant ma main devant mon visage.
- Cette planque, comme tu dis, est restée close depuis plus de cinquante ans. Et tu es la première mortelle à y pénétrer. Là tu peux te sentir flatter, déclara-t-il en faisant allusion à mes précédentes paroles.
- La seule mortelle ? Comment ça la seule mortelle ?
Mais Vince avait déjà disparu à l'intérieur de la pièce. Je le rattrapai et lui agrippai le bras.
- Vince réponds ! Si je suis la seule mortelle, ça signifie… ça signifie que tu es quoi toi ?
Voilà. Vous savez désormais à qui nos deux héros auront à faire. Et dans le prochain chapitre, Maggie apprendra la vérité sur Vince... et prendra une décision pour la suite de l'aventure.
Merci pour votre lecture et à demain ;)
Tanutwo
