Bonjour tout le monde ;-)

Une nouvelle fois un grand grand merci pour toutes vos reviews! Sans vos petits mots d'encouragements c'est difficile de continuer !

Et aussi un très grand merci à toutes les personnes qui ont mis des alertes sur ma fic et mon profil :-) Love you mes lecteurs invisibles!

Alors voici donc un nouveau chapitre, j'espère que vous aimerez...


Chapitre 9

Cullen Airlines

Bella

Je m'étais réveillée bien avant la sonnerie de mon réveil. Nous devions partir aux aurores pour arriver en fin de journée chez Leah Clearwater. Dans le noir, je scrutais encore et toujours le plafond de ma chambre, comme si je pouvais lire l'avenir dans les nervures de la peinture blanche. J'allumais la petite lampe sur le côté et me redressais légèrement. Le masque que j'avais eu pendant la soirée organisée par Rosalie était suspendu sur le côté de ma coiffeuse. Le strass en forme de poire disposé au milieu des deux yeux reflétait un peu de l'éclairage qui arrivait jusqu'à lui. Dans ce scintillement, c'était surtout les souvenirs de cette étrange soirée qui semblaient vouloir ressurgir. Je me retournais vers la table de nuit pour regarder le dernier roman d'Edward Cullen. J'attrapais le volume aussi noir qu'un galet d'onyx pour en observer la couverture. Une main féminine d'une blancheur sépulcrale avait laissé glisser une pomme rouge croquée. Un filet de sang grenat coulait le long du bras, s'enroulait autour d'un doigt long et fin pour former une goutte dans le creux de l'ongle. Cette perle rougeoyante finissait sa course dans un petit miroir rubis où trempait le fruit. L'innocence à jamais perdue... Mes doigts suivaient le ruisseau ensanglanté qui brillait d'un vernis légèrement en relief. Je retournais l'ouvrage pour revoir la photo d'Edward. On n'apercevait que son visage, et ses yeux, ses yeux qui se dérobaient bien plus qu'ils ne se livraient.

« Je n'ai jamais autant eu envie d'entrer dans l'esprit de quelqu'un, je voulais que tu vives pleinement ce texte, que tu ressentes grâce à mes mots ce plaisir que je ne t'ai pas encore donné physiquement…"

Cette promesse résonnait en moi alors que je redessinais les contours de sa mâchoire. Sa peau si douce que j'avais caressée la veille... J'envoyai valser le livre sur ma couette dans un mouvement d'agacement.

Tu ne vas pas en plus fantasmer sur une photo, tu as déjà suffisamment à faire avec le vrai...

Bon, il était temps que je me lève et que je prenne ma douche.

Sous le jet d'eau brûlant, mon esprit continuait son petit voyage au pays d'Edward Cullen.

Deux baisers…

C'est tout ce qu'il y avait eu entre nous…

Seulement deux baisers…

Et déjà il occupait chacune de mes pensées, chacune de mes nuits…Il avait raison sur un point, il se passait quelque chose de spécial entre nous, quelque chose de chimique. C'était comme si chaque particule de mon être était programmée pour répondre au moindre de ses mouvements. Cela n'avait rien d'étonnant, cela faisait des années qu'il pratiquait cela, la séduction... C'était comme s'il avait été créé pour m'attirer: sa voix, son visage, sa peau et même son odeur... Tout en lui m'aimantait. Le pire c'est que je commençais à entrevoir une autre partie de lui, un côté plus intime, comme un puzzle qui se reformait tout doucement... J'étais au cœur de son univers, de son intimité en arrivant ainsi dans sa vie et pourtant, Edward Cullen demeurait impalpable. J'avais pu rentrer dans cette bibliothèque, pour y découvrir l'envers du décor de son œuvre et de son personnage. Mais je ne savais pas à quel point il s'était livré en me permettant d'accéder à cette pièce. Après tout il faisait bien venir ses conquêtes chez lui. Mais il ne leur avait probablement jamais demandé d'écrire pour lui.

Mais surtout il y avait eu...

Malgré la chaleur de la salle de bain, un léger frisson ondula sur ma peau.

J'avais embrassé Edward Cullen... à deux reprises...

La coupure de courant avait ouvert une brèche, créant un moment à part.

"Je rêve de cet instant depuis la toute première seconde où je t'ai rencontrée…"

Sa voix rauque et son souffle chaud couraient encore dans mon cou, m'arrachant un nouveau frisson. Il vivait les choses pleinement, intensément... Il me l'avait avoué dans ce couloir. J'allais le suivre dans cette voie en espérant ne pas y laisser trop de moi-même...Et d'ailleurs, pourquoi est-ce qu'il apparaissait toujours la nuit, juste avant que j'aille me coucher... Est-ce qu'il s'était mis en tête de ruiner mes heures de sommeil? Il suffisait que je ferme les yeux pour le revoir dans ce bas de jogging à la fois si torride et vulnérable...

Vulnérable? Tu te fais avoir comme une débutante là!

Grrrrrrr

J'attrapais le sèche-cheveux et dissipais la buée sur le miroir de ma salle de bain, scrutant mon visage au fur et à mesure qu'il apparaissait. Je resserrais ma serviette autour de moi. Je reconnaissais cette lueur dans mes yeux. Je savais parfaitement ce que signifiait cette petite flamme qui pétillait. Je savais aussi qu'en acceptant d'aller à cette séance photo les choses allaient sans aucun doute s'accélérer. Je l'espérais autant que je le redoutais.

En plus il aime le nutella...

Tu vas m'enlever tout de suite ce sourire niais sur ton visage Bella, tout de suite!!

Il fallait vraiment que j'arrête de parler toute seule devant ce foutu miroir...

Je finissais de me préparer et enfilais les vêtements qu'Alice m'avaient choisis. Je devais reconnaître que je me sentais à l'aise dans les tenues plus féminines qu'elle sélectionnait. Je retournais dans la chambre pour découvrir un iphone posé sur mon lit. J'ouvris l'enveloppe qui se trouvait à côté.

« Écris pour moi… »

L'écriture était déliée et élégante, exact reflet de ce qu'il dégageait. Il avait dû rentrer dans ma chambre pendant que j'étais sous la douche. Je frissonnais à cette idée. J'allumais le petit appareil, il avait créé deux boîtes mail pour que nous puissions communiquer et avait même installé un logiciel de traitement de texte.

Est-ce que cela aurait dû m'énerver qu'il agisse de la sorte? qu'il me force la main comme ça? A mon plus grand désespoir, je trouvais cela terriblement excitant...

Je me jetais sur mon lit, la tête enfouie dans mon oreiller.

Est-ce qu'il restait une once de bon sens dans mon petit crâne de piaf?

Apparemment non...

De toute façon, j'enfreignais déjà toutes les règles, donc quitte à aller en Enfer...

Avec un soupir je me redressais pour finir de boucler mon sac. J'enfonçais pêle-mêle mes vêtements en espérant qu'Alice ne viendrait pas y mettre le nez. Elle pouvait devenir carrément tyrannique sur ce genre de sujet. Des fois, je me demandais qui de nous deux était l'adulte!

Le petit déjeuner avait été très rapide et toute le monde était en effervescence. Enfin pour être précise, Alice avait révolutionné la maison. Je restais sur le perron pour regarder le chauffeur charger les bagages. Nous ne partions que pour quelques jours et pourtant elle avait choisi de déménager sa garde robe... Appuyée dans l'embrasure de la porte d'entrée, j'observais, incrédule, le mouvement des valises et des sacs, tournoyant sous les ordres du petit lutin de la famille Cullen. Edward m'avait rejointe, et se tenait près de moi les bras croisés. Il avait jeté un sac en cuir marron à ses pieds. Je le regardais du coin de l'œil. Il portait pour la première fois un jean et un large pull beige. Des lunettes de soleil étaient posées sur ses cheveux indisciplinés, encore humides. J'inspirais profondément pour retrouver mon calme, ce qui n'eut pas tout à fait le résultat escompté... Je me délectais piteusement de l'odeur de son parfum tout en essayant de ne pas lui sauter dessus...

- Elle est impossible... Heureusement que Lauren prévoit toujours très...large... dit-il avec un mouvement de bras en direction de la limousine qui allait nous servir de voiture. J'aurais préféré quelque chose de plus discret...Mais bon...

Il me regarda avec un petit sourire en coin auquel je répondis presque malgré moi avant de me retourner vers le monstre de métal noir garé devant nous. Celui- ci était plus que nécessaire pour avaler les affaires d'Alice, qui se tourna vers nous, poings sur les hanches.

- Ce n'est pas la peine de vous moquer tous les deux! Et puis Bella, je te ferais remarquer qu'il y a des choses pour toi aussi.

- Mais j'ai déjà fait mon sac Alice, répondis-je en lui montrant mon unique bagage alors qu'Edward retenait un fou rire à côté de moi.

Elle répliqua d'un haussement d'épaules dédaigneux, et retourna à ses occupations.

- Elle est toujours comme ça lorsque vous partez en voyage?

Edward fit mine de réfléchir avant acquiescer solennellement.

- Au fait, tu n'as pas beaucoup de choses pour une séance photos, lui murmurai-je

- Tout est déjà sur place. Et puis Leah aime la simplicité. Sa façon de travailler est assez singulière.

- Lauren ne vient pas avec nous ? Elle nous rejoint plus tard?

- Je ne pense pas, disons que Leah n'aime pas vraiment les attachées de presse et la connaissant, la rencontre pourrait être explosive entre elle deux… Il y aura le reste de l'équipe du film le premier jour, et rien que nous pour la suite.

Ainsi donc nous allions voir la majeure partie du casting. Je jetais de nouveau un regard vers lui, mais son expression était devenue indéchiffrable. La voix gémissante de Lauren résonnait encore dans mes oreilles. Je ne devais pas oublier à qui j'avais à faire. L'une après l'autre, les femmes n'étaient que d'agréables passe-temps pour lui… Je devais constamment garder cela à l'esprit, quoiqu'il puisse se passer.

- Au fait, merci pour le…murmurai-je

- J'espère bien que tu vas l'utiliser…dit-il dans un sourire avant de s'emparer de mon sac.

Il chargeait nos bagages avant de serrer la main du chauffeur. Alors que je sentais une délicieuse chaleur monter en moi.

Pfff cet homme...

Je grimpais pour la première fois dans ce genre de véhicule et découvrais un intérieur d'un luxe relativement sobre comparé à la carlingue rutilante. Je ne me sentais pas vraiment à mon aise. Alice trouva immédiatement ses marques alors qu'Edward était concentré sur son ordinateur.

- Je t'aurais bien proposé du champagne mais je ne suis pas sûre qu'il apprécie, murmura Alice au creux de mon oreille en désignant son frère. Il y a autre chose qui l'insupporte mais c'est tellement fun que je ne peux pas résister. On va attendre un peu de s'être éloigné de la maison et du centre ville.

Elle était débordante d'énergie comme à son habitude. Même si dans ces yeux on pouvait lire qu'elle avait grandi bien trop vite, elle pétillait de fraîcheur. Après quelques minutes, elle actionna le toit ouvrant. Le bruit du vent qui s'engouffrait dans l'habitacle camoufla à peine le "Alice" contrarié qu'Edward venait de grommeler.

Elle attrapa mon bras dans un éclat de rire pour me forcer à la suivre.

Le vent s'engouffrait dans nos cheveux avec violence, la vitesse était grisante, enivrante. Elle leva les bras et attrapa ma main au passage pour m'inviter à faire pareil. C'était comme si nous étions dans un grand huit.

- Nous sommes les rois du monde, cria-t-elle au beau milieu d'un fou rire contagieux

- Tu es une grande malade, tu en as conscience au moins?! criai-je à mon tour

Le chauffeur nous demanda de réintégrer calmement l'intérieur pour des raisons de sécurité. Les joues rosies par l'air frais, les cheveux dans un désordre indescriptible, nous nous rassîmes sous le regard exaspéré, et malgré tout amusé d'Edward.

Je savais que le vol allait être long puisque nous devions traverser l'ensemble des Etats-Unis pour gagner le domaine de Leah qui disposait de sa propre piste d'atterrissage. Nous nous dirigeâmes donc vers un petit aéroport pour monter dans le jet réservé pour nous.

Encore une fois je découvrais un mode de vie complètement surréaliste. Les paparazzis avaient déserté le devant de leur maison au profit de nouvelles plus croustillantes. Nous avions donc gagné sans encombre notre destination. Mais je sentais bien qu'Edward était sur ses gardes, scrutant les lieux derrière le filtre de ses verres solaires. Je le sentis se détendre lorsque nous grimpâmes à bord du petit avion.

Alice releva ses lunettes et d'un air dubitatif examina l'intérieur de l'appareil.

- Lauren a décidé de faire des économies on dirait!

- C'est moi qui l'ait choisi, soupira Edward

- Donc tu as décidé de tous nous tuer...

- Cet avion est tout ce qu'il y a de plus sûr. Bien plus efficace que les modèles sur équipés que Lauren voulait qu'on emprunte.

- Pour uen fois que j'aurai pu être d'accord avec elle...

Alice ne paraissait pas très rassurée. Edward passa un bras autour de ses épaules et la guida doucement vers un des sièges.

- Tu ferais mieux de t'installer confortablement, de te détendre et surtout de penser à ce qui nous attend...

Elle le suivit docilement et se positionna en couchette, tout en mettant ses écouteurs sur les oreilles.

Je regardais Edward d'un air interrogateur.

- Elle panique à l'idée de se retrouver dans une boîte de métal suspendue dans le vide... Je te laisse choisir ta place, je vais rester à côté d'elle, dit-il en se plaçant dans la rangée face à celle d'Alice.

Je m'installais près d'un hublot, à peine plus loin. La piste défila sous mes yeux alors que l'avion décollait. Le soleil automnal, paresseux et phosphorescent, qui nous avait accompagné jusque là, faisait glisser ses rayons sur le lit nuageux que nous venions de traverser. New York avait disparu pour laisser place à une étendue hypnotique. Je reportais mon attention vers notre petit intérieur. Le confort était simple mais suffisant. J'attrapais mon sac à mains, ma main se promenait du livre que j'avais prévu de lire à l'iphone. Dans un va-et-vient hésitant, je décidais finalement d'attraper le roman et tentais de me concentrer sur les lignes qui dansaient devant moi.

Autant dire mission impossible.

Je reposais donc l'ouvrage avant de laisser mon esprit s'évader par le hublot et commençais à ronger l'ongle de mon index.

Il fallait vraiment que j'arrête avec cette sale habitude…

Mais c'était difficile de ne pas être nerveuse. J'étais dans un avion avec l'un des hommes les plus sexy du moment…Un homme qui embrassait diablement bien, un homme qui m'embrasait à chacun de ses effleurements… Je poussais un soupir d'agacement. Il voulait que j'écrive pour lui... Et bien ok, mais nous allions jouer selon mes règles.

Je n'allais pas faire ça n'importe comment…Est-ce qu'il pourrait s'en sortir avec des personnages humains... Sans se cacher derrière le surnaturel... Je ne voulais qu'une chose le pousser dans ses retranchements... Franchir les limites... jouer avec le feu encore et toujours...

Je n'avais jamais eu d'hésitations lors de mes précédentes histoires. Peut-être parce que je savais que tout était sous contrôle, je ne risquais rien avec mes ex. Mais quand je croisais le regard d'Edward, je perdais les pédales et je commençais à aimer ça... J'étais lancée à toute vitesse, dans un tourbillon violent, éprise de liberté mais toujours les yeux rivés à cet océan vert, comme un point de repère essentiel... Je secouais la tête d'agacement... J'allais faire une bêtise, je le savais mais j'y allais, comme on fonce dans un mur, tête baissée... Je branchais l'iPhone et laissais mes doigts courir sur le clavier tactile, un sourire flottant sur mes lèvres. Ce voyage nous réservait plein de mystères c'est certain, mais les choses pouvaient aussi se révéler très agréables.
Edward semblait très concentré sur sa lecture, totalement absorbé. Je me mordis la lèvre pour ne pas éclater de rire. Je savais que ce que ce je lui préparais risquait de le déconcentrer. Le soleil qui filtrait par les hublots dansait dans ses verres fumés me laissant entrevoir brièvement son expression... Je pouvais jurer avoir vu une lueur de défi virevolter sur son visage. Ses romans avaient la particularité de se dérouler à des époques différentes. Le lecteur suivait le héros dans le passé en ne suivant pas une chronologie linéaire. Il s'agissait plutôt de reprendre les étapes marquantes de son histoire personnelle. Je voulais donc tenter de m'amuser un peu avec lui. Il était temps de savoir si Edward Cullen avait de l'humour...

Edward

Mon ordinateur était allumé devant moi. Des mails en attente… Non, des tonnes de mails en attente et la seule chose qui m'intéressait c'était Bella. J'avais eu toutes les peines du monde à ressortir de sa chambre ce matin. Depuis notre conversation pendant la soirée de Rosalie, j'avais réfléchi à un moyen de faciliter la communication entre nous. C'est pour cela que je luis avis déposé cet Iphone, mais en entendant le bruit de la douche... En respirant à plein poumon l'odeur fruité de son gel douche, j'avais laissé pendant quelques secondes ma main sur la poignée de la salle de bain, avant de m'en aller.

Je tentais vainement de me concentrer sur quelque chose, n'importe quoi mais je ne voyais qu'elle, son visage alors qu'elle parcourait les pages de mon livre. J'avais provoqué ce trouble. J'avais fait naître en elle un plaisir des images qui avaient délicieusement coloré ses joues. La voir ainsi abandonnée à cette expérience de lecture, lovée dans le cuir de mon canapé, dans la pièce la plus secrète de cette maison...Dans ma pièce... Personne ne s'aventurait dans cet endroit et je lui avais donné cette clé sans aucune hésitation. Je la voulais là dans ce décor. Elle en faisait naturellement partie. Il était de plus en plus difficile de rester de marbre lorsque j'étais en as présence, surtout depuis que je connaissais la saveur de ses lèvres. Je souris en repensant à la fougue dont elle avait fait preuve dans la cuisine. Je n'aurais jamais cru pouvoir bénir une panne d'électricité! Comment aurai-je pu résister de toute façon à l'envie de la toucher... Même si je lui aurais fait l'amour sur ce comptoir sans hésiter, le jeu qui s'installait entre nous était bien stimulant. Lui faire l'amour... Il était évident pour moi que cette histoire serait plus qu'une affaire de sexe. Je n'avais jamais attendu aussi longtemps pour avoir une femme, d'aussi loin que je m'en souvienne... La patience n'a jamais été l'une de mes qualités. Et pourtant dans ce cas bien précis la laisser venir à moi devenait un challenge nouveau. L'idée d'avoir son corps contre le mien commençait à s'imposer un peu trop clairement dans mon esprit. Je gesticulais discrètement sur mon siège. Il fallait absolument que je me calme...

Maîtrise de soi Cullen... Maîtrise de soi...

Pense à tous ces trucs de yoga que tu n'as jamais fait...

Humm Bella en tenue de yoga...

Agrrrrrrr mauvaise idée...

Non, vraiment, pense à autre chose parce que ça va devenir compliqué dans pas longtemps.

Je fermais les yeux et inspirais profondément.

Cela faisait tellement longtemps que je n'avais pas vu Leah. J'avais l'impression de remonter le temps. Je savais que c'était le bon moment. Cela ne m'empêchait pas d'être nerveux malgré tout. J'espérais être suffisamment serein pour encaisser ce voyage. Il le fallait de toute façon. Je devais aller de l'avant. Et puis c'était sans doute pour cela que j'avais voulu que Bella nous accompagne. L'espoir d'un nouveau départ.

Je rouvris les yeux pour fixer mon écran d'ordinateur. Un onglet orange clignotait dans la barre d'outils. Elle avait donc fini par écrire...J'étais curieux de lire çà.

Je cliquais donc sur le mail et commençais ma lecture.

Renaissance

J'ouvris les yeux dans une inspiration violente. Les couleurs, les formes de ce qui m'entouraient prenaient petit à petit consistance. Je me réappropriais mon corps et je…je grelottais. Incrédule, je regardais la chair de poule se former le long de mon bras. Malgré le froid et l'eau glacée qui ruisselait sur moi, je souriais. Il avait tenu parole. Il m'avait rendu mon humanité pour 24 heures.

J'inspirais profondément pour laisser l'air envahir à nouveau mes poumons avant d'expirer une légère buée née du contraste de température. Je regardais l'eau glisser dans ma paume et d'un mouvement hésitant, je la portais sur mon cœur. La pulsation vitale qui résonnait à présent dans ma poitrine était la chose la plus magique que j'avais expérimentée. Certes, ma situation n'était pas brillante, j'avais été parachuté au beau milieu d'une forêt, entièrement nu. Ils auraient quand même pu me renvoyer ailleurs... Mais peu importe, je n'avais jamais été aussi heureux depuis des siècles. … J'étais…vivant…Et frigorifié.

Sans mes aptitudes vampiriques, je n'avais pas beaucoup de repères. Je tentais de me réchauffer tant bien que mal : il fallait que je préserve la vie qui m'avait été offerte. J'atteignis rapidement la lisière de la forêt pour apercevoir des habitations. Je m'approchais de l'une d'elle et au prix d'une petite effraction, y pénétrais. La douce chaleur de cet intérieur m'envahit immédiatement. Je me mis en quête de vêtements avant de passer un coup de fil pour que l'on vienne me chercher. Assis à une table dans la cuisine j'examinais ma main avec étonnement. Malgré la blancheur naturelle de mon épiderme, je voyais très nettement la teinte rosée qu'elle prenait au fur et à mesure que le froid me quittait. C'était une sensation étrange. J'avais vécu tellement longtemps dans cette enveloppe de chair marbrée de glace...

Comme pour me prouver que j'avais gagné un peu de répit j'attrapais une pomme dans la corbeille qui se trouvait devant moi et mordais dedans à pleine dents, savourant avec délectation le jus sucré qui envahissait ma bouche. Avec un sourire je dégustais le fruit en attendant que mon chauffeur arrive. A son arrivée, presque une heure plus tard, j'avais déjà largement entamé les réserves de cette famille. Depuis que je l'avais employé, il s'était habitué à mes bizarreries et ne s'étonna donc pas quand je lui dis de laisser un dédommagement conséquent pour ces gens.

Il y avait une chose que je devais faire à présent. La seule qui importait, je devais la voir. C'était pour elle que j'avais sacrifié mon immortalité sans l'ombre d'un doute. On m'avait offert de choisir ce que je voulais et ces 24 heures d'humanité était tout ce que je désirais.

Elle et rien d'autre.

J'arrivais en bas de son immeuble. C'est l'air encore ensommeillé qu'elle m'accueillit. J'encadrais son visage de mes mains et me penchais sur ses lèvres. Elle répondit à mon baiser avant de me repousser.

- Que...

Ses doigts parcouraient ma peau douce et aussi chaude que la sienne. Elle me guida jusqu'à la fenêtre et examina mon visage à la lumière du soleil.

- Tes yeux... Ils sont... Mon Dieu mais tu es... Humain? Comment est-ce possible?

- Chut... Je n'ai que 24 petites heures... Je t'expliquerais plus tard

Je passais mes mains dans ses cheveux et goutais de nouveau sa bouche dans un lent mouvement de vas et vient. Ses mains s'affolèrent sur ma tenue de fortune et déboutonnèrent fébrilement mon manteau, puis ma chemise qui tombait sous son action. Je me sentais vulnérable sous ses doigts comme jamais je ne l'avais été. Je fis glisser sa nuisette pour caresser enfin ce corps que je ne risquais plus de blesser. Je n'entendais plus le sang courir dans la moindre parcelle de cet être. La seule musique qui m'obsédait était les soupirs et les gémissements qui parvenaient jusqu'à moi. Le désir que je ressentais pour elle montait par vagues successives en moi. Je me figeais soudain, réalisant que le fait d'être humain allait sans aucun doute changer les choses.

- Attends moi je... je reviens. Je m'éclipsais de la chambre pour m'enfermer dans la salle de bain. Dos à la porte c'était la panique, littéralement la panique.

Oh mon Dieu...mais qu'est-ce qui m'arrive?

Et bien en langage humain, on appelle ça une panne…

Je me penchais vers mon anatomie récalcitrante.


- Tu ne peux pas me faire ça... Pas maintenant...murmurai-je

Franchement on a toujours fait ce que tu as voulu... Avec celles que tu voulais...Maintenant j'ai vraiment besoin de toi....je ne peux pas me planter avec elle... Tu peux le faire, aies confiance...

C'est pas possible… Je me comportais comme un humain à présent. J'avais oublié qu'être un homme pouvait comporter quelques désagréments…Et me voilà en train de faire la conversation avec…Je n'allais pas lui donner un nom quand même…Quoique…si ça suffisait à faire repartir les choses…Little Rob' ?

Je cessais de respirer en entendant un léger coup sur la porte.

Est-ce que tout va bien?

Euh oui oui j'arrive tout de suite...

Silence.

Je crois que je sais ce qu'il se passe. Enfin j'imagine. Ton corps n'a pas eu le temps de se réhabituer…Tu devrais revenir et …comment dire…Hummm me laisser prendre les choses en mains…

Je déglutis péniblement en entendant sa voix chaude et suave.

C'était à mon tour de déglutir péniblement. Elle s'était réappropriée mon personnage comme je lui avais demandé. Elle l'avait rendu humain avait supprimé le surnaturel derrière lequel je me cachais et…Le coup de la panne. Je ne pus m'empêcher de sourire à cette idée. Elle avait écorché l'image de mon héros, pour atteindre sans aucun doute mon égo d'auteur et d'homme. Je me rappuyais dans mon fauteuil avant de jeter un regard en direction de Bella. Je voyais bien qu'elle attendait une réaction de ma part. Je refermais mon ordinateur et après avoir vérifier qu'Alice dormait profondément, je me levais pour m'installer sur les fauteuils dans la rangée d'en face.

- Une panne ? C'est vraiment le sort que tu réserves à mon héros ?

- Cela change un peu de l'image de héros parfait qu'il a toujours... Personne n'est jamais parfait en toutes circonstances! Je suis sûre que le fameux Edward Cullen a lui aussi des failles!

Elle avait dit ça sur un ton de fausse naïveté mais elle me provoquait sciemment. J'aurais tout donné pour lui faire l'amour là tout de suite et lui montrer que je maîtrisais parfaitement le sujet…Malgré tout je peinais à retenir le fou rire qui me gagnait. Elle avait ruiné lentement mais sûrement mon image de sex symbol.

- De plus, tu n'avais pas fait de restriction il me semble ? Et puis tu voulais du renouveau pour ton personnage, je crois que c'est assez inédit non ?

- 'ai vraiment l'impression de repartir de zéro avec toi. J'aime les challenge…

Je fondais littéralement en la regardant sourire tout en rougissant légèrement. Je me penchais vers elle.

- Si nous étions seuls Bella, je serais déjà tout près de toi, penché sur ce ravissant sourire…Goûtant ses lèvres qui m'ont déjà rendu fou…

La surprise sur son visage la rendait encore plus charmante. Elle retenait son souffle, figée par mes paroles. Je décrochais mes yeux des siens pour regarder ma main et faire onduler mes doigts.

- Je caresserais ta peau douce et chaude, murmurai-je en reprenant sciemment les mots qu'elle avait utilisé, je déboutonnerai cette petite chemise sous laquelle je devine une poitrine vibrante n'attendant que moi…

J'avais relevé les yeux vers elle mais elle semblait totalement fascinée par le mouvement de ma main. Elle finit par me regarder à nouveau, le souffle court.

- Crois-moi Bella, que je sais exactement comment prendre les choses en mains…

Bella

Hummm alors là on vient tout simplement de perdre Bella…

Mon dieu...

Sa voix n'était plus qu'un murmure rauque et incroyablement sexy. J'étais incapable de lui répondre, suspendu à ces yeux verts, à ses lèvres, à ses mains, à ses doigts longs et fins que j'imaginais sur moi. Il s'était levé, il était appuyé sur l'accoudoir, tout près de mon visage.

- Je ne serais donc pas le seul à trouver le voyage long, terriblement long…

Il avait frôlé mes lèvres avec son nez avant de regagner son fauteuil. Je le regardais s'éloigner, hébétée.

J'étais au bord de la combustion spontanée… J'attrapais mon livre en essayant de me concerter pour de bon sur cette histoire de meurtre qui peinait à m'absorber.

Je n'avais qu'une hâte me retrouver enfin seule avec Edward Cullen.


Le mystère Cullen s'épaissit... Une éclaircie au prochain chapitre?

A vos claviers mes choupettes!