Chapitre 8 : Noir avec deux sucres

« Capitaine ? »

Jim se réveilla d'un seul coup. Il tomba nez à nez avec Spock, qui était assis sur le rebord de son lit :

« Spock ? » demanda-t-il en se frottant les yeux et en se massant le crâne.

« Maintenant que vous êtes réveillé, vous devriez aller prendre une douche. » dit-il en désignant la salle de bain.

« Oui, je sais, je chlingue. » répliqua le blond en initiant un mouvement pour se lever et quitter son lit. Spock ne bougea pas d'un poil, toujours assit, attendant que le capitaine se lève. Il le détaillait de ses yeux sombres. « Ais-je quelque chose sur le visage ? » demanda Jim en se levant franchement sur le sol et en se retournant vers l'autre.

« Seulement la trace de votre oreiller. » répliqua Spock en quittant aussi le lit pour aller rejoindre le salon. « J'ai préparé du café. Dépêchez-vous de vous doucher. »

Jim se frotta la joue et alla sous la douche rapidement. Il se délecta de cette eau fraiche qui coulait sur son corps et se lava avec ardeur : si même Spock trouvait qu'il puait, ça n'allait pas du tout. Il sortit au bout d'une dizaine de minutes de la salle de bain, vêtu de son bas d'uniforme, d'un t-shirt noir et d'une serviette autour du cou. Il avait encore les cheveux un peu humides.

Il entra dans le salon et vit Spock attablé, l'attendant. Quand il le vit, il lui fit signe de prendre place. Jim ne se fit pas prier et s'assit sur la chaise en face de celle du Vulcain. Ce denier lui tendit une tasse encore fumante de café :

« Buvez le Jim, ça va vous réveiller. » dit-il en se reculant dans son siège.

Kirk obéit et une fois qu'il eut fini sa tasse – qu'il avait bu dans un silence des plus totales et embarrassant – Spock attaqua :

« Maintenant que vous êtes reposé, propre et parfaitement réveillé, nous allons pouvoir parler de ce qu'il s'est passé hier soir. » dit-il en croisant ses mains devant son visage.

Jim dût faire preuve d'un self-control surhumain pour ne pas blanchir et pour ne pas paraître paniquer… Que devait-il dire à Spock ? La vérité ? Qu'il avait eu une crise ? Non il ne le devait pas et ce pour rien au monde…

« Je ne me souviens pas de ce qu'il s'est passé hier soir, Spock. J'avais probablement trop bu. » Répliqua-t-il.

Spock haussa un sourcil et eut l'air de ne pas croire un traitre mot de ce qu'il venait de dire. Il inspira et se redressa dans son siège :

« Vous n'avez aucun souvenir de la soirée d'hier soir ? De l'amiral Mcgrégor, du docteur Mccoy, du lieutenant Uhura et de moi-même ? » Questionna-t-il.

Cette fois, Jim se retint de soupirer de soulagement : Spock voulait juste une explication au lapin qu'il lui avait posé. Pas à l'état de Jim hier soir.

« Ah si… Je ne me souviens juste plus de ce qu'il s'est passé après que je sois rentré dans nos appartements. » Dit-il. Il pouvait éviter de mentir sur les raisons de son départ et ça, c'était un gros plus. Il espérait que Spock fasse au moins semblant de le croire. Visiblement, ça passa. « Je suis parti du bar car je voulais vous laisser seul avec le lieutenant Uhura. »

Spock le dévisagea franchement.

« Me laisser seul avec Nyota ? » répéta-t-il. « Ce fut très illogique de votre part. Nous ne devons jamais nous séparer. »

« Mais enfin Spock, je ne pouvais pas vous gâcher une chance pareille de passer du temps avec le lieutenant. » répondit-il très franchement.

Le commandeur se leva et prit la tasse de café vide de Jim pour aller la nettoyer dans le lavabo dans la salle de bain. Il revient avec la tasse propre et la déposa sur la table :

« Je vous prie de ne pas vous préoccupez de ma relation avec le lieutenant, capitaine. Je m'en arrange très bien seul. » Dit-il en marchant vers son armoire, dans la chambre.

Jim resta bête… Spock était-il en train de lui dire de ne pas se mêler de ses affaires ? Cela en avait tout l'air.

« Vous ne pourriez pas tout simplement me remercier ? » demanda Kirk « Au lieu de me sermonner ? Après tout, j'ai pu vous aidez pour vous puissiez passer du temps avec votre petite amie, ça vaut bien un merci ! Non ? »

Spock enfila son haut d'uniforme et apporta le siens à Jim :

« Non. » répliqua-t-il sans appel. « Enfilez votre uniforme capitaine, il y a une conférence à laquelle je tiens à assister ce matin. »

Le blond obtempéra, un peu vexé que son ami le prenne comme ça. Après tout, il ne voulait que l'aider et ça lui en avait coûté de le laisser avec le lieutenant. Il choisit cependant de laisser cela derrière lui, ce n'est pas comme s'il pouvait s'énerver sur Spock à ce sujet.

« Quel est l'objet de cette conférence ? Et quelle heure est-il ? » Demanda-t-il en ajustant son uniforme de capitaine. « Pourquoi devrions-nous porter l'uniforme de toute façon ? Nous ne travaillons pas, ce n'est pas très logique, surtout pour vous, commandeur. » Il vit que Spock arqua un sourcil au mot « logique ». Il s'approcha de Jim et croisa ses mains derrière son dos :

« L'objet de cette conférence est l'agriculture extraterrestre. Le docteur en charge de cette conférence et ses associés étudient la manière de pratiquer l'agriculture selon toutes les espèces humanoïdes et en tirent des conclusions, intéressantes, sur les meilleurs procédés de développement agricoles. » Expliqua le vulcain « Même si les résultats de cette étude est prévisible, les procédés m'intéressent. » Jim le dévisage : ça ne semblait pas intéressant du tout. « Pour ce qui est de l'heure, il est bientôt 8h. Il serait aussi donc profitable que nous exercions la prise de votre traitement juste avant de quitter nos appartements. » Il s'approcha alors de Jim, visiblement décidé à le lui donner maintenant « Pour ce qui est de nos uniformes, cette conférence est réservée aux membres de Starfleet et des représentants scientifiques de la Fédération*

« Je vais être la seule chemise jaune**, vous en êtes conscient ? » demanda Jim pendant que Spock le prenait dans ses bras. Il se laissa faire et déposa sa tête contre l'épaule du Vulcain. « Aucun pilote ou capitaine ne viendra assister à une conférence sur l'agriculture. Je vais me faire remarquer. »

« Vous ne devriez pas vous en préoccuper, capitaine. » répliqua Spock en caressant doucement son dos, laissant à Jim une trainée de frissons sous le chemin de ses mains. « Quoi que vous fassiez, on vous remarque toujours. »

Jim fut à la fois amusé et froissé :

« Est-ce une critique, commandeur ? » demanda-t-il en se reculant pour le regarder. Mauvaise idée : leurs visages étant tout d'un coup très proches l'un de l'autre. Kirk pouvait sentir la respiration de l'autre chatouiller ses lèvres.

Spock resta un instant silencieux, regardant son vis-à-vis, puis répliqua sur un ton tout à fait habituel :

« Une simple observation. »

Jim brisa le contact visuel pour poser son menton sur l'épaule du commandeur, collant son oreille à la sienne et resserrant instinctivement son étreinte sur lui :

« Vos observations sonnent souvent comme des reproches… » Murmura-t-il.

Spock inspira doucement et recommença à caresser son dos :

« Et vous les interprétez souvent mal » répondit-il d'une voix un peu plus douce qu'à l'accoutumée. Jim aurait pu l'embrasser…

Il aurait pu lui emprisonner la mâchoire pour l'empêcher de bouger et tout simplement dévorer ses lèvres. Il aurait tout aussi bien pu embrasser son cou et ce avec une facilité déconcertante : la peau de Spock étant offerte à quelques centimètres de sa bouche. Il aurait pu mordre son oreille et… Et il fallait qu'il se calme et qu'il ne pense pas à ça. Spock pouvait être télépathe s'il le désirait et dans la position dans laquelle ils se tenaient était tout à fait favorable à un échange de penser. Il inspira et expira lentement et bruyamment, ce que le vulcain remarqua :

« Est-ce que ça va ? Jim ? » Demanda-t-il.

« Oui, oui ne vous en faîtes pas. Je vais très bien. » répliqua-t-il en se reculant et en lâchant son vis-à-vis « Et si nous y allions ? A cette conférence ? Vous serez grognon si nous ratons le début. » Dit-il en marchant vers la porte d'entrée.

« Il est absurde de penser que je… »

« Mais oui Spock, mais oui. Allons-y simplement. » Le coupa Jim.

Les deux hommes se retrouvèrent alors dans le couloir et prirent trois ascenseurs différents et une navette pour se rendre dans la partie consacrée aux conférences. Ils prirent alors deux nouveaux ascenseurs et arrivèrent au niveau des conférences biologiques. Ils marchèrent pendant une bonne dizaine de minutes avant d'arriver devant l'entrée de la salle de leur conférence.

Comme Jim l'eut prédit, il n'y avait aucune chemise Jaune à part lui. Quelques regards se tournant vers lui, semblant se demander ce qu'un capitaine foutait là. Il ne fut reconnu que par quelques collègues qui le saluèrent ainsi que son premier officier.

Ils allaient entrer dans la salle quand quelqu'un vint interpeller le vulcain :

« Commandeur Spock ?» Demanda une chemise bleue. Ce dernier acquiesça « Oh j'étais persuadée que c'était vous ! » C'était une femme d'une cinquantaine d'années, brune aux yeux clairs. Elle lui tendit une main qu'il saisit « Je suis le professeur Leia Kouriakine, biochimiste affiliée à Starfleet science. » dit-elle en lui serrant la main « J'ai bien connue votre mère, nous étions à l'école ensemble à Seattle. »

Spock la regarda un instant, considérant ce qu'elle venait de lui dire :

« Vous étiez donc une connaissance de ma mère ? » demanda-t-il.

« Bien plus qu'une connaissance, nous étions de très bonnes amies. J'ai assisté à son mariage avec votre père en 2230, vous êtes né la même année d'ailleurs il me semble. Amanda m'avait envoyé des photos mais je n'ai jamais pu vous voir, elle est allé vivre sur Vulcain juste après son mariage. » Elle posa sa seconde main sur celle de Spock « Je suis vraiment très heureuse d'avoir la chance de vous rencontrer Mr. Spock » dit-elle avec un sourire, visiblement émue « J'ai été très affectée par la mort de votre mère. Tout comme ses parents **. » Elle ajouta alors « Êtes-vous allé voir vos grands-parents après cela ? Quand je les ai vus il y a… » Elle sembla compter « 4 ans… Oui 4 ou 5 ans il me semble, ils essayaient de vous contactez. »

Jim regarda l'échange : il ne savait pas que Spock avait des grands-parents… Bon c'était logique en soit qu'il en est. Mais Kirk ne s'attendait pas à ça, en général, c'était lui qu'on arrêtait pour lui parler de son père.

« Ils n'y sont pas parvenus, dans ce cas. » répondit Spock sur son ton régulier. Retirant poliment sa main.

« Vous devriez aller les voir sur terre dans ce cas. Ils ont un appartement à Seattle. » dit-elle en sortant un petit carnet et griffonnant quelque chose : « Voici leur adresse. Ils seraient vraiment très heureux de vous rencontrer vous savez. » Elle lui tendit le morceau de papier.

Spock le prit et le rangea mais répliqua :

« Je ne pense pas que cela soit possible, cependant. » il désigna le capitaine à ses côtés « Je suis premier officier sur U.S.S Enterprise, aux côtés du capitaine James T. Kirk, ici présent. » Jim, prit au dépourvu, serra la main de la jeune femme. Il plaça un petit « Enchanté » et dévisagea Spock. « Je suis très occupé et je n'ai pas le temps à accorder à la recherche de ces personnes. »

Jim fut clairement offusqué : il l'utilisait comme excuse ?! Carrément ?!

Leia le dévisagea et haussa les épaules :

« Je comprends. Mais si vous avez une permission sur terre essayez de leur rendre visite. Ils en seraient vraiment ravis. » Dit-elle en lui resserrant la main et en serrant celle du capitaine. « Ce fut un réel plaisir de vous rencontrer Spock, et vous aussi capitaine Kirk. »

Puis elle s'en alla et entra dans la salle de réunion. Jim lança un regard accusateur à son premier officier :

« Êtes-vous sérieux ? » demanda-t-il « Avez-vous réellement dit à l'amie de votre mère que vous n'aviez pas le temps de rencontrer vos grands parents ? »

« Tout à fait sérieux. » répliqua Spock. « Je n'en ai absolument pas le temps. »

Puis il marcha en direction de la salle, Jim le suivit après un instant de silence et murmura à lui-même :

« Je vais vous le donner, moi, ce fichu temps ! »

Et il le ferait, quand ils retourneraient sur l'Enterprise, il le forcerait à y aller. Par la peau du cul s'il le fallait !

La salle était disposée comme un amphithéâtre. Ils s'installèrent aux derniers rangs, n'ayant plus de place ailleurs. Spock prit une tablette disposée devant lui et entra son adresse pour qu'on puisse lui envoyer sa prise de note à la fin de la conférence. Il se tenait prêt, attentif. Jim avait aussi une tablette devant lui, mais il n'allait pas prendre de note, non. Il le faisait déjà rarement quand il était à l'académie il n'allait pas le faire pendant une conférence…

« Je ne savais pas que vous aviez de la famille sur terre. » glissa-t-il à Spock en attendant que la conférence commence.

« Vous ignorez beaucoup de chose de moi capitaine. » répliqua Spock en commençant à écrire sur sa tablette, vraisemblablement le titre et la date de la conférence.

« Ce n'est pas comme si vous étiez du genre à vous confier, commandeur. » répliqua Jim. Il hésita puis posa tout de même sa question « Avez-vous d'autre famille ? En dehors de votre père et vos grands parents ? »

Spock ne le regarda pas, continuant de pianoter sur sa tablette mais répondit tout de même :

« J'avais un demi-frère, nommé Sybok****. Il est mort le jour de la destruction de Vulcain. » Répondit-il. « J'étais fiancé, aussi. Elle s'appelait T'Pring*****. Nous aurions dû nous unir en 2267 lors du Pon Farr. » expliqua-t-il « Mais elle morte aussi sur Vulcain. »

Jim tiqua sur deux choses… Le… Le Pon Farr… ? Et puis, si Spock était fiancé, pourquoi avait-il débuté une relation avec le lieutenant Uhura ?

« Le… Pon… » Commença Kirk.

« Vous ne voulez vraiment pas savoir ce que c'est. » le coupa Spock.

Jim le dévisagea. Mais Spock n'en tint pas compte, la conférence allait commencer :

« Si vous étiez fiancé… Pourquoi vous avez commencé à sortir avec Uhura à l'époque ? » insista-t-il.

Spock se tourna alors franchement vers lui et ancra ses yeux sombres dans les siens :

« Dire que vous ignorez beaucoup de choses sur moi ne veut pas dire que vous devez me poser toutes les questions qui vous passent par la tête. La conférence va commencer. Il serait logique de vous taire. »

Puis il se retourna vers le conférencier et commença à noter ce que l'homme disait. Jim resta bête un instant… Spock venait-il de lui dire – de façon plus ou moins polie – de fermer sa gueule ? Cela en avait tout l'air. Il le dévisagea et bouda quelques minutes. Quand il vit que le vulcain n'en avait strictement rien à faire, il commença à écrire une liste des choses qu'il voulait savoir sur Spock sur sa tablette, n'écoutant absolument pas la conférence.

Cette dernière prit fin lentement et les deux hommes retournèrent à leurs appartements. Il était 12h30 et ils commençaient à avoir faims, l'un comme l'autre. Aussi, Jim proposa qu'ils aillent déjeuner à la cafeteria de starfleet à seulement dix minutes de leurs chez eux temporaire. Quand ils entrèrent dans la cafet', ils tombèrent sur Bones. Il était assis à une table en compagnie d'une jolie blonde. Jim la reconnut tout de suite : c'était Carol Marcus. Spock initia un mouvement vers eux mais Jim le retint par le bras :

« Je pense que c'est un rencard. » dit-il « Je ne pense pas qu'ils voudraient être dérangé. »

Spock se retourna vers eux et obtempéra, n'ayant pas un besoin frénétique de saluer ni le Docteur Marcus, ni le docteur Mccoy.

« Allons prendre de la nourriture au self et nous assoir loin d'eux, dans ce cas-là. » proposa-t-il.

Et c'est ce qu'ils firent. Jim prit un steack saignant et des pommes de terres huileuse alors que Spock prit une assiette de brocolis et de la purée de betterave. Une fois qu'ils furent installés, Jim dévisagea l'assiette de son vis-à-vis.

« Comment vous faîtes pour manger des choses qui ont aussi mauvais goûts ? » demanda-t-il particulièrement écœuré par la purée de betterave.

« Veuillez croire capitaine que chaque chose que j'ingère est choisie de façon tout à fait pertinente. Le goût n'étant pas un critère satisfaisant. »

Jim le regarda d'un air goguenard : bien sûr que ça ne l'était pas pour lui. Il était vulcain ! Cependant, Jim ne pourrait jamais avaler cette affreuse bouillie rose qui se trouvait dans l'assiette de son vis-à-vis. Il se tourna vers sa propre assiette et mordit avec joie dans son steack qu'il avait trempé dans du ketchup. Spock le dévisagea alors à son tour :

« Si vous conserver votre alimentation telle quelle, Jim, vous allez finir obèse et en mauvaise santé. » dit-il en posant sa fourchette.

« Je suis mince, beau et en très bonne santé. Laissez mon alimentation tranquille, Spock. » Répliqua Jim en s'empiffrant de pomme de terre. « Et je suis quelqu'un de très modeste. » il eut un petit sourire. Attendant la réaction de son ami.

« Modeste n'est pas un mot qui vous convient. Son antonyme serait plus approprié. » Répliqua ce dernier. « Et votre santé n'est pas excellente, puisque vous suivez un traitement. »

Jim eut un sourire jusqu'aux oreilles :

« Mais vous admettez que vous me trouvé mince et beau ? » demanda-t-il.

Spock ne répliqua pas, se contentant de reprendre sa fourchette et de continuer son repas.

« Allé Spock, vous pouvez le dire que vous me trouvez beau ! » préservera-t-il, taquinant son premier officier. « A moins que dans votre culture vulcaine je ne sois repoussant ? »

Il ne répliqua pas. Continuant de manger calmement. Jim perdit son sourire et reprit sa fourchette. Mangeant tout aussi silencieusement. Il avait dit cela sur le ton de la plaisanterie mais après tout, peut-être bien que Spock ne le trouvait pas attirant. Cela n'aurait pas dû le toucher en réalité, puisque de toute façon son vis-à-vis aimait la gente féminine.

Le commandeur remarqua l'état pensif de son capitaine et reposa sa fourchette pour le regarder. Il le détailla et dit sur son ton régulier :

« Vous n'êtes pas repoussant, Jim. » ce dernier releva les yeux vers lui. « Même pour la culture vulcaine, vous êtes un très bel homme. »

Kirk le dévisagea et haussa les épaules :

« Ce n'était pas ma question. » dit-il en se servant de l'eau et en servant Spock. « Enfin… Pas ma première du moins. »

« Le docteur Mccoy vient vers nous. » remarqua le vulcain. Il lui fit signe et le docteur Marcus et lui arrivèrent à leur table.

Le capitaine remarqua que Carol et Bones se tenaient la main. Il eut un petit sourire… Cela avait l'air de marcher entre eux. Il se leva tout de même pour marcher vers le docteur Marcus et la prit dans ses bras. Elle lui rendit son étreinte et il se recula pour la regarder dans les yeux :

« C'est un plaisir de vous revoir Carol. » dit-il. Puis il lança un regard faussement dédaigneux vers Mccoy « Même si votre entourage laisse à désirer… »

« Petit enfoiré ! » lâcha Bones.

Carol sourit et haussa les épaules en se reculant doucement de Jim :

« C'est un plaisir partagé Capitaine Kirk. » répondit-elle. « Et je suis très satisfaite d'être accompagnée de Léonard. » Elle désigna la sortie de la cafétéria : « Je dois aller retrouver mon associé. Mais j'aimerais que l'on puisse se voir pour dîner » elle regarda Spock « Tous ensembles. »

« Ce serait avec plaisir. Ce soir peut être ? » Questionna Jim.

« Je vais en parler à mon ami. Il serait ravi de partager un repas, surtout avec vous. » Répliqua-t-elle. Elle se tourna vers Bones et lui offrit un baiser chaste sur le bout des lèvres : « A plus tard Léonard. »

Puis elle s'en alla. Kirk et Mccoy la regardant partir. Spock se rassit pour continuer ses brocolis.

« Léonard, hein ? » Répéta Jim d'une voix moqueuse. Il vit Bones hausser un sourcil devant l'air railleur de son ami.

« La ferme ! » répliqua Bones.

« Je n'ai fait que répéter ton prénom, Léonard. » dit Jim en haussant les épaules. « Tu m'appelles bien par le miens non ? »

« J'aimerais bien voir ta tronche si je commence à t'appeler James Tiberius ! » rétorqua le docteur. « Et ne t'avises plus de m'appeler par mon prénom ! »

« Je ne vois pas pourquoi tu le prends mal ! J'appelle toujours Spock par son prénom et ça n'a jamais posé de problème… » Rétorqua Kirk. « N'est-ce pas commandeur ? »

L'interpellé releva les yeux de son assiette et sembla réfléchir :

« Spock est un nom qui est fait pour être prononcé par les non-vulcains. Mon nom réel est difficile, voire impossible à dire pour un être humain. Je ne suis pas un bon exemple capitaine. » Répliqua-t-il.

« Au fait, en parlant de vous » annonça Bones « Un Vulcain est venu au bureau scientifique de Starfleet tout à l'heure. Il voulait vous parler. La secrétaire a pris ses coordonnées. »

Le commandeur releva alors franchement la tête et délaissa son assiette :

« Un vulcain, dîtes vous ? »

« Oui… Un certain Sark ou Serak… Je ne sais plus trop. »

« Etait-ce Sarek ? » questionna Spock.

Le docteur sembla réfléchir puis hocha la tête.

« Bien. » il se releva et se tint devant Jim « Cela vous ennuierait si nous allions à sa rencontre ? » demanda-t-il.

« Ça ne me gêne pas, non. » répliqua Jim, regardant avec tristesse son assiette, puisque que le vulcain semblait vouloir y aller dans les plus brefs délais. Il se tourna vers le médecin « Tu nous accompagnes Bones ? »

« Je n'ai rien de mieux à faire. » répondit le docteur. « Mais je ne resterai pas longtemps Jim. J'ai rendez-vous avec mon supérieur de la station en ce qui concerne ma nouvelle affectation. » il regarda sa montre « Je dois partir dans deux heures si je veux y être à temps. »

Kirk hocha la tête. Les trois officiers partirent alors en direction du pôle scientifique de Starfleet. Ils croisèrent l'enseigne Chekov en chemin qui fut très heureux de revoir le capitaine et son second. Il manifesta une grande joie et il dû se rabattre vers sa langue maternel afin de pouvoir l'exprimer pleinement. Aussi, Kirk et Spock l'entendirent crier « bol'shoy***** » et tout un lot d'autres mots qu'ils ne comprirent pas. Chekov fut rejoint par le lieutenant Sulu et ce fut à nouveau de nombreuses acclamations. Hikaru ayant suffisamment de vocabulaire ne perdit pas son anglais et n'offrit pas de « Suburashi ! » à ses supérieurs. Spock, Jim et Bones quittèrent les deux amis et se dépêchèrent de rejoindre le secrétariat.

« Commandeur Spock. » dit le vulcain en se présentant au secrétaire. « Il y aurait un message pour moi. »

L'homme chercha dans son ordinateur et imprima une petite feuille avec un numéro et un nom :

« Oui, l'ambassadeur Sarek voudrait un entretien avec vous, commandeur. » expliqua-t-il. « Voici son numéro et il m'a demandé de vous dire qu'il séjournait dans l'hôtel Spiegel. »

« Merci. » répliqua Spock.

Il se tourna vers les deux autres et désigna la feuille :

« Je vais l'appeler, si ça ne vous dérange pas, capitaine. » cela aurait pu ressembler à une demande de permission, mais de toute évidence, Spock n'attendait pas de réponse. Jim hocha cependant la tête.

Le commandeur entra le numéro dans le communicateur et commença à discuter à travers celui-ci en Vulcain. La discussion fut très brève et Spock termina celle-ci par Mahl'kom******. Il se tourna vers les deux autres et rangea son communicateur :

« Mon père souhaite me voir cet après-midi. Dans nos quartiers. » Expliqua-t-il. « Cela vous conviendrez ? » demanda-t-il à Jim.

Ce dernier acquiesça :

« Qui suis-je pour vous empêcher de voir votre père ? » il sourit « Il sera le bienvenu dans nos quartiers, Spock. Je peux même aller me promener pour vous laisser discuter tranquillement. » Proposa-t-il.

« C'est impossible. » rétorqua le vulcain. « Nous devons être ensemble à tout moment pour parer à toutes éventualité. »

Bones soupira et regarda les deux hommes. Il regarda sa montre et finit par lâcher :

« Jim peut rester un moment avec moi, Spock. » dit-il. « Je le garderai à l'œil et s'il y a le moindre soucis je vous appellerai. Nous retournerons à la cafétéria boire quelque chose. »

Le commandeur fixa le docteur. Il sembla réfléchir puis accepta finalement.

« Je ne serais pas long. » dit-il.

Puis il quitta les deux amis rapidement. Ils le suivirent pendant quelques secondes avant de le voir disparaître tant il marchait vite. Ils allèrent doucement mais surement jusqu'à l'ascenseur menant jusqu'au niveau de la cafet'.

Jim dévisagea le docteur :

« Ça veut dire que j'aurais pu être séparé de Spock depuis le début et que tu le savais ? » demanda-t-il indigné.

« Je ne sais rien, petit. » le sermonna le docteur « Et je suis médecin. Spock peut te laisser avec moi une heure sans que ça ne te tue. »

« Je pourrais lui fausser compagnie plus souvent, dans ce cas. » répliqua Jim, un sourire aux lèvres.

« Tu es avec lui depuis seulement trois jours et tu en as déjà marre ? » demanda Bones. « Restes avec cette machine à oreilles pointues encore une soirée et tu seras vacciné de tous tes sentiments pour lui. »

Kirk le lorgna d'un air maussade. S'il voulait éviter Spock c'était justement pour oublier ses sentiments…

« Quoi qu'il en soit, tu me laisseras lui fausser du compagnie de temps en temps non ? Tu ferais bien ça pour ton meilleur ami, j'en suis sûr. » Quémanda le capitaine.

« Non. » refusa l'autre. « J'ai autre chose à faire que de te baby-sitter. » le ton était sans appel.

Le blond le fixa alors qu'ils entraient de nouveau dans la cafétéria :

« Comme flirter avec le docteur Marcus ? » demanda-t-il.

Bones rougit alors et renifla dédaigneusement :

« Par exemple ! » il désigna une machine au blond. « Va nous chercher deux café ! Noir avec deux sucres pour moi. »

« Je suis toujours ton supérieur. » répliqua Kirk en marchant déjà vers la machine avec un air faussement vexé.

« Et tu es toujours de 6 ans mon cadet. » riposta Bones « Et ça, ça ne changera jamais gamin! »

Fin du chapitre 8…

*Je précise on ne sait jamais, j'avais du mal à faire la distinction moi-même : La Fédération (United Federation of Planets en version originale) est une république fédérale interplanétaire qui compte 150 planètes membres avec plusieurs milliers de colonies réparties dans un rayon de 8000 années-lumière ( s'étalant sur quadrants Alpha et Beta de la voie lactée). Alors que Starfleet est chargé de l'exploration de la galaxie et de la protection de cette Fédération. On peut dire que Starfleet est la force militaire et scientifique de la Fédération, si je peux résumer ça ainsi.

**L'UNIFORME JAUNE : est porté par les membres chargés des opérations. Les pilotes, diplomates et le capitaine lui-même doivent donc porter cet uniforme. L'UNIFORME ROUGE : est porté par les membres de la navigation. Les Techniciens, les traducteurs (communications) et le corps expéditaire (militaires) doivent donc porter ces uniformes. L'UNIFORME BLEU : est porté par les membres scientifiques. Les mathématiciens, physiciens, médecins, biochimistes, psychologues, etc; sont donc reconnaissables par ces uniformes.

***Liberté que je prends. Il n'est fait mention nulle part des parents d'Amanda Grayson. Mais les dates et les lieux sont totalement justes.

**** Sybok est issu d'une première union entre Sarek ( le père de Spock) et une princesse Vulcaine. Il est né en 2224. Il n'est pas fait mention de lui dans les nouveaux films mais puisqu'il est né avant Spock et avant l'attaque de USS Kelvin, il n'y a pas de raison que son existence eut été effacé. Je prends cependant la liberté de dire qu'il est mort sur Vulcain (en même temps, c'est logique).

***** : T'Pring, véritable fiancée de Spock dans la série originale, le mariage devant avoir lieu en 2267 durant le Pon Farr. Elle l'aurait alors refoulé pour un autre. Mais bon, vu que vulcain est détruite en 2258, bah, pas de chance, kapoot la fiancée.

***** : bol'shoy : « Génial ! » en russe. Suburashi : « Formidable » en japonais. J'aurais voulu écrire « Sugoï ! » mais j'étais vraiment pas sûre de l'orthographe. Et comme j'ai pas trouvé la traduction, j'ai opté pour ce mot-ci.

****** Mahl'kom : « sérénité » en Vulcain.

Aparté :

Un petit mot sur l'acteur jouant l'Enseigne Chekov Pavel : Anton Yelchin vient de mourir d'un accident de voiture à l'âge de 27 ans. Toutes mes condoléances à sa famille et ses amis. Il était un formidable Chekov.

Alors ? Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ?

Cette version n'est pas encore relue. Mais j'avais vraiment hâte de la poster et pas la foi de la relire complétement avant. Les petites erreurs seront corrigées demain !

Merci à toutes les personnes qui ont lu et posté une review ^^ ça m'encourage beaucoup ! La suite dans le chapitre 9 !