Chapitre 8

Spock, Jim et Nyota arrivèrent comme prévu à l'heure du déjeuner. En cette belle journée d'été, la table avait été dressée à l'extérieur, sur la terrasse. Malgré les 29°C affichés au thermomètre, Spock frissonnait et ne se sentait pas à son aise. Le docteur McCoy lui avait pourtant réservé un bon accueil, à lui comme aux autres membres de l'équipe Alpha, invités à passer leur dernière journée de vacances sur Terre, avant de repartir sans lui !

La maison familiale du docteur McCoy, à Atlanta, était sans conteste très ancienne. Elle comptait deux étages, comportait pas moins de sept chambres et quatre salles de bain, en plus d'une vaste cuisine, une salle à manger attenant au salon et une toute aussi vaste bibliothèque ! Spock nota qu'elle comportait quelques ouvrages remarquables, tant par leurs contenus que par leur ancienneté. Certains méritaient d'avoir leur place dans un musée. Bien entendu, beaucoup faisaient référence à la médecine.

Chaque chambre avait été décorée avec soins et suivait un thème particulier comme la chambre bleue ou encore la chambre aux orchidées, ou encore celle au style africain : la préférée de Nyota !

Léonard McCoy leur avait expliqué que c'était l'œuvre de sa mère, une femme au goût prononcé pour les voyages, bien qu'elle n'ait en réalité jamais été plus loin que sa Géorgie natale, à son grand regret. Son père, chirurgien comme son père avant lui, avait été si absorbé par son travail qu'il délaissait rarement ses patients, au grand dam de son épouse. S'il s'octroyait des vacances en dehors de l'état de la Géorgie, c'était le plus souvent pour un week-end ou au maximum pour trois ou quatre jours, et le plus souvent pour assister à une conférence d'ordre médical, à New York ou San Francisco.

D'immenses massifs de roses entouraient la maison aux murs entièrement peints en blanc. Le jardin était lui aussi très bien entretenu. On y trouvait des pêchers, des cerisiers et un immense saule pleureur dont les branches tombantes semblait protéger un ancien kiosque en bois, également blanc et au centre duquel se trouvait une table et un banc. Spock se dit que c'était un endroit qui conviendrait parfaitement à sa méditation du soir. L'endroit était si calme.

« Cette maison est vraiment immense ! » S'étonna Jim. « Votre mère devait se sentir bien seule ! »

« Oh elle n'était pas seule. Deux ou trois chiens se faufilaient entre ses jambes et lui tenaient compagnie ! Tous sont morts aujourd'hui…Un animal de compagnie lui a cependant survécu. Sa tortue ! Tenez ! La voici qui arrive ! » Expliqua McCoy tout en montrant une tortue arrivant très lentement, sortant d'une haie, elle semblait provenir de la maison voisine.

« Elle s'appelle Tutti-frutti, mais ma mère la surnommait Tutti. Je l'ai confié à mon voisin après le décès de mon père, il y a trois ans. Il a veillé sur elle et sur la maison jusqu'à mon retour. Aujourd'hui Tutti va-et-vient entre nos deux maisons. Vous allez l'adorer, Spock, elle adore la salade, comme vous ! » Le taquina McCoy alors que Tutti arrivait vers lui. « Quant à cette maison, comment vous expliquer, elle n'a pas seulement été une maison familiale. En fait, c'était l'ancienne clinique de mon arrière-grand-père ! Mon grand-père y a un temps installé son cabinet médical, l'actuel salon et la salle à manger étant sa salle d'attente, tandis que la famille était installée à l'étage ! Et puis il a délaissé son cabinet pour travailler à l'Hôpital Général d'Atlanta et chaque pièce de la maison a été repensée. »

« Ça pourrait vous donner des idées, Docteur ! Vous n'auriez pas envie d'y installer votre cabinet vous aussi ? » Demanda Scotty.

« Oh non, je ne suis pas fait pour travailler en solo… » Dit McCoy, provoquant soudain un profond malaise chez ses amis. « Je veux dire, je préfère travailler dans un service de chirurgie, vous savez, opérer… »

« Et avoir des infirmières sur qui hurler à longueur de journée ! » Lança Jim, tentant de remonter le moral de ses amis ! Sulu et Nyota rirent de bon cœur à cette allusion, tandis que les yeux de Spock fixaient la pelouse, sans pouvoir retenir un nouveau frisson.

« Spock ! Vous avez froid ? Peut-être que manger dehors n'est pas une bonne idée ! » Dit McCoy. « Venez, rentrons ! »

« Non, Docteur, ça va aller. La température extérieure est plus élevée que la température à bord de l'Entreprise ! » Dit le Vulcain avant de s'apercevoir que ses paroles avaient créé un nouveau malaise. Le docteur ne serait plus jamais à bord de l'Entreprise, pensa-t-il avec amertume.

« Bon, dans ce cas, passons à table. Je vous ai cuisiné ma spécialité : le colombo de porc ! »

« Euh …Ce n'est pas un plat des Antilles ? » Demanda Kirk.

« C'est bien ça…J'ai dit que c'était ma spécialité, je n'ai pas dit que c'était une spécialité de la Géorgie ! » Se moqua McCoy, « quoi qu'il en soit, vous allez adorer. Bien entendu, j'ai fait mijoter une partie de la garniture de légumes à part, pour Spock…Spock, je vais vous prêter un pull, ça ne me plaît pas de vous voir trembler comme ça, vous êtes sûr que vous ne couvez pas quelque chose ? »

« Affirmatif, Docteur. Je me sens parfaitement bien. » Répondit Spock tout en acceptant de suivre le docteur à l'intérieur, l'idée de porter un pull supplémentaire ne lui déplaisait pas.

Une fois seul avec le docteur, dans l'une des nombreuses chambres de la demeure familiale, le malaise de Spock cependant s'accentua.

« Spock, vous êtes bien pâle… »

Spock ne répondit pas. Peut-être n'allait-il pas aussi bien que ça.

« Vous tremblez encore plus…Spock ? SPOCK ! » Cria Léonard avant de fondre sur le Vulcain. Mais il arriva trop tard et la tête de Spock heurta le sol.