Assise en tailleur devant un petit autel improvisé à l'orée de la forêt, Bonnie priait les esprits pour lui apporter leur force, mais surtout des réponses. Cela faisait quelques années qu'elle connaissait Klaus, même si "connaître" était un bien grand mot, mais elle en savait assez sur lui pour savoir que la demande qu'il lui avait faite cachait quelque chose. Elle refusait de croire que l'Originel avait "baissé les bras" et qu'il avait simplement décidé de mourir, c'était inconcevable.

Je veux que tu m'aides à mourir.

Pourtant cet éclat dans ses yeux ne mentait pas, quelque chose en lui c'était brisé, il n'y avait aucun doute là-dessus. Qu'avait-il donc vécu de si terrible ? Pourquoi en venir au suicide ? Il avait refusé de lui dire quoi que ce soit, la seule chose qu'il voulait, c'était sa réponse, positive naturellement.

- Je savais que je te trouverais ici.

Cette voix, c'était celle de Stefan.

- Si je viens ici c'est pour éviter qu'on me dérange.

Le jeune Salvatore se posta derrière elle, les bras croisés.

- Qu'est-ce que tu cherches à la fin Bonnie ?

Elle pouvait entendre l'agacement dans sa voix, sans en comprendre la raison.

- Je cherche des réponses, est-ce que c'est si étrange que ça ?

- Oui ! Surtout quand il n'y a pas de questions à se poser !

- Que tu dis, marmonna la sorcière.

- Qu'est-ce qu'il te faut de plus merde ! Klaus veut mourir, c'est relativement simple : tu l'aides, il meurt, tout le monde est content.

- Ce n'est pas aussi simple, soupira-t-elle en fermant les yeux.

Excédé, Stefan leva les bras en l'air avant de les laisser retomber lourdement.

- Tu l'as vu comme nous Bonnie, il n'est plus comme avant, il a changé. Et si c'est son souhait de mourir, alors accordes-le lui. Après tout ce qu'il nous a pris, ce n'est que justice.

- Donc toi aussi tu dois mourir.

La jeune Bennett se retourna et fixa Stefan.

- J'ai perdu ma grand-mère à cause de ton frère et toi, est-ce que tu mérites la mort selon toi ?

- Je...

Il commença à balbutier et à chercher ses mots, mais c'était inutile, il voyait où elle voulait en venir.

- Même en admettant que Klaus dise la vérité, je ne suis pas toute puissante. Qui suis-je pour choisir qui peut vivre ou mourir ? Personne.

- En admettant qu'il dise la vérité ? Répéta le vampire incrédule. Donc tu ne le crois pas ?

- Je crois qu'il ne nous dit pas tout.

- Vous avez raison, déclara une voix derrière eux. Klaus ne vous a pas tout dit.

Les deux jeunes gens se retournèrent pour voir Camille, l'humaine que Klaus avait laissé derrière lui avant de repartir.

- Après ce qui s'est passé la nuit dernière, j'étais certaine que vous seriez enclins à ne pas vouloir l'aider.

- Et j'ai des raisons de l'être. Il me demande mon aide pour mourir, ne veut rien entendre à part un oui et ensuite se casse sans explications.

Bonnie était confuse, elle voulait des explications.

- Il a ses raisons, mais pour les comprendre, il faut connaître son histoire. Une que personne ne connaît.

Elle s'assit en tailleur sur l'herbe, suivit par les deux étrangers en face d'elle.

- Cette histoire commence par sa rencontre avec un jeune garçon, il s'appelait Stiles. Enfin, ce n'était pas son vrai nom, mais le nom qu'il se donnait.

Camille commença à raconter à ces inconnus, l'histoire de Klaus et Stiles. L'histoire telle qu'elle la connaissait.

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Dans la petite ville de Beacon Hills, une famille était deuil. Celle des Stilinski, car aujourd'hui, on enterrait le jeune Genim.

Klaus était revenu dans cette ville sans vraiment savoir pourquoi. Il savait qu'assister à l'enterrement ne lui ferait que du mal, mais il avait besoin d'être là. Il avait besoin de lui dire aurevoir.

La cérémonie était très intimiste, seule sa famille et sa meute était présente, ce qui ne le surprit nullement. La petite meute était réunie près d'un crématorium. Tel qu'il le connaissait, c'était probablement la volonté de Stiles que d'être incinéré.

Le Shérif Stilinski tenait sa nouvelle femme entre ses bras, son visage était stoïque, il ne laissait rien transparaître de son mal-être. Klaus connaissait ce genre d'homme, le genre à ne pleurer que lorsque personne ne le voit. Non pas par machisme mais parce qu'il était le pilier sur lequel on se reposait, et que, par conséquent, il se refusait de craquer. Il se devait d'être le soutien moral des autres.

Il observait tous ces gens, sa famille et ses amis, pleurer et se lamenter sur la mort du garçon qu'ils ont repoussé.

Eux au moins ne l'ont pas brisé comme tu l'as fait ! Intervint une petite voix dans sa tête.

Et c'était vrai, malgré sa rancœur envers eux pour l'avoir poussé, involontairement, dans ses bras, ils n'étaient pas les plus fautifs. Il les observait un par un et les détaillait, même s'il n'y avait pas grand monde dans cette meute, petite par sa taille, mais grande par sa diversité.

On trouvait parmi les bêtas, une petite humaine aux cheveux roux, bien qu'une odeur étrange se dégageait d'elle. C'était la première créature qu'il ne parvenait à identifier grâce à l'odeur. Ses yeux étaient humides de larmes, mais on voyait une parfaite résolution à vouloir rester maître de ses émotions. Pathétique !

D'après l'odeur, le jeune homme qui se trouvait aux côtés du vieux chasseur, aux vues de sa posture et de son attitude, était un Omega. Le visage de Klaus s'illumina d'un petit sourire, il trouvait cela presque amusant de voir le jeune loup solitaire s'enticher d'un chasseur. Peut-être voyait-il en lui une figure paternelle, auquel cas cela voudrait dire que le chasseur était, d'une étrange façon, le protecteur de ce garçon.

Une jeune femme de petite taille s'accrochait au bras de l'Alpha de la meute, elle aussi avait une odeur bizarre, à croire qu'il y avait de tout sauf des loups dans cette meute. On aurait dit une sorte de renard, mais il ne jurait de rien. A son bras se trouvait le chef de la meute, ce dernier avait un lien particulier avec Stiles, il le sentait. Une douleur intense émanait de lui, si forte qu'elle menaçait de l'étouffer. Ce garçon l'avait aimé, comme un frère sans doute. En voyant cette petite communauté rassemblée autour de lui, Klaus ne pouvait s'empêcher de se demander à quoi ressemblait sa vie d'avant. Il aurait tant aimé en faire partie.

Il pensait avoir fait le tour de ses proches, mais c'est à cet instant qu'il le vit. Derek. Il se tenait un peu l'écart, tel le loup solitaire qu'il était. Il s'était toujours demandé à quoi pouvait bien ressembler ce fameux Derek à qui Stiles avait écrit. Les bras croisés contre sa poitrine, il pouvait paraître impassible mais Klaus pouvait deviner le conflit qui régnait en lui. Malgré tous ses efforts, il ne pouvait cacher sa peine, lui aussi tenait beaucoup au jeune homme, quand bien même il ne lui avait jamais dit.

La cérémonie allait durer un long moment, mais Klaus ne tenait pas spécialement à rester aussi longtemps, pas s'il ne pouvait pas être avec eux pour lui rendre hommage. Mais il se rendait compte que c'était impossible, ses amis et sa famille ne le connaissaient pas, il n'avait pas vraiment sa place là-bas. De plus, toute cette peine ne faisait qu'attiser la sienne. Il était temps d'en finir.

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Assise, le menton posé sur ses genoux, devant un feu de cheminée, Bonnie tentait de méditer aussi bien qu'elle pouvait, mais ce n'était pas chose aisée. Elle essayait d'assimiler, tant bien que mal, toutes les nouvelles informations qu'elle venait d'entendre. Cette histoire de royaume à la Nouvelle-Orléans, ce gamin possédé par un démon, ce même gamin qui avait changé le vampire. Pour la première fois en mille ans d'existence, il avait découvert l'amour d'un humain et y avait succombé, trop tard malheureusement.

En faisant quelques recherches, elle avait trouvé l'avis de décès du jeune homme. Il était joli garçon. Ce qui faisait son charme, c'était son air intello et innocent, il avait sans doute un cœur gros comme le monde pour avoir compris et pardonné un vampire, encore plus pour l'avoir aimé. Mais était-ce vraiment de l'amour ? Ce devait être une passion rien de plus. Mais comment expliqué qu'il a pu changer le vampire au point de le faire renoncer à un royaume, à sa vengeance. Comme un simple humain avait-il pu faire renaître l'homme que Klaus avait enterré au plus profond de lui ?

Un vent de fraîcheur souffla dans la vieille bâtisse, l'esprit des sorcières se fit plus présent, comme pour l'épauler, pour lui faire comprendre quelque chose.

Admettre que ce garçon avait pu aimer l'Originel n'était pas si dur, mais imaginer que ledit Originel avait pu l'aimer en retour était plus dur. Hélas, la vérité était toujours niée au profit de ses propres croyances, même lorsqu'elle s'étalait dans toute son intégralité.

Des chuchotements parvinrent à ses oreilles, suivit d'une petite brise et de bougies qui s'allumèrent.

- Je n'y arrive pas.

L'image du vampire telle qu'elle s'en souvenait était encore trop forte, trop présente et l'empêchait d'appréhender la vérité.

- Qu'est-ce que tu ne peux pas ? Demanda une voix derrière elle.

Bonnie n'avait pas besoin de se retourner, elle ne savait que trop bien qui c'était. Elle ne s'attendait pas à le voir revenir aussi vite. Elle ne s'attendait pas à le voir revenir du tout.

- Tu sais de quoi je parle.

Comment les sorcières avaient-elles pu le laisser s'approcher ? D'ordinaire elles le chassaient chaque fois qu'il tentait de s'approcher de la maison.

Elle entendit Klaus s'approcher et s'assoir à sa droite. Du coin de l'œil, elle le vit, air sombre, accablé, il semblait tellement fatigué.

- Je te le demande à toi parce que tu es la seule assez forte pour m'aider.

Il regardait droit devant lui, les flammes dansantes devant ses yeux. Plus elle le regardait, plus elle saisissait la douleur qui le rongeait.

- Je ne comprends toujours pas…

- Je ne te demande pas de comprendre ! Grogna-t-il soudainement.

Elle ne sursauta pas, elle était trop habituée.

- Si tu veux mon aide il va falloir m'aider. Je te connais Klaus…

Il tourna son regard vers elle un bref instant, l'éclat de colère dans ses yeux, aussi intense que les flammes qui crépitaient dans la cheminée. Son message était clair, il n'y avait pas une once de vérité dans sa phrase.

- Peut-être pas autant que lui certes, mais je me rappelle tout ce que tu nous as fait, tout ce que tu nous as pris. Tu as causé tant de souffrance et semé tant de cadavre sur ton chemin, et maintenant, tu reviens et nous demande de t'aider à mourir. Pourquoi ?

- J'ai changé.

- Mais tu n'es pas pardonné.

- Tant mieux, je ne cherche plus le pardon. Je te demande de me tuer, cela ne te fait-il pas plaisir ?

Le visage de Bonnie se déforma en une mine outrée.

- Pour qui est-ce que tu me prends ? Je ne suis pas comme toi, je n'ai pas le droit de dispenser la mort ou la vie en fonction de mes caprices.

- Alors fais-le par vengeance ! Je le mérite après tout ce que j'ai fait.

- Ce n'est pas aussi simple.

Les larmes commençaient à monter bien qu'elle ne comprenait pas pourquoi.

- Où est la difficulté ici ?

Elle prit une profonde inspiration et reprit :

- Si tu as bel et bien changé, pourquoi ne pas tenter de racheter tes fautes en faisant quelque chose de bien ?

Il fixait à présent les flammes sans vraiment les voir, son esprit était déjà très loin.

- Stiles a tenté de faire quelque chose de bien lui aussi, et il n'est plus là. C'était la seule personne pour laquelle j'étais prêt à changer, et il est mort pour qu'on en arrive là.

L'émotion dans sa voix était palpable.

- A sa mort, je me suis mis à tout remettre en question, à commencer par mon existence, quel était le but de mon immortalité ? Je n'avais ni rêve, ni quoi que ce soit d'autre d'ailleurs, à part lui. Ce n'est qu'en le perdant que j'ai compris quel était le prix à payer de l'immortalité, c'est la solitude.

Cette fois-ci, il tourna son visage vers elle, les yeux embués par un flot de larmes.

- J'ai vécu mille ans Bonnie, c'est plus que je ne peux en supporter.

Elle comprenait son raisonnement, c'était logique. Mais elle voulait sentir son besoin d'en finir, elle avait besoin d'être certaine qu'il faisait ça pour les bonnes raisons.

Une petite brise souffla et des voix murmurèrent à son oreille, lui nécessitant de prendre la main que Klaus était en train de lui tendre. Elle leva la sienne, hésitante avant de la poser sur sa paume.

Elle retira sa main si soudainement, comme si elle avait été électrocutée, et la porta à sa bouche. Ses larmes qu'elles avaient tenté de cacher roulèrent le long de ses joues. Elle venait de ressentir l'immensité de sa peine, aussi profonde que les abysses d'un océan. C'était plus qu'aucun être humain ne pouvait supporter.

- D'accord.

Ce simple mot scella leur pacte. Ce n'était pas grand-chose, mais c'était tout ce dont il avait besoin.

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Bonnie passa quelques jours à peaufiner les rituels, car même si Klaus était décidé à mourir, il n'était pas prêt à entraîner dans sa chute tous les vampires qui avaient été créé par sa faute. C'est grâce au savoir des sorcières et à leur magie que Bonnie mit au point un sortilège capable de briser le lien de chaque vampire avec Klaus, aussi serait-il le seul à mourir.

Pour son dernier jour sur terre, l'Originel avait décidé de se rendre dans une maison qu'il avait acheté au bord de la plage, il trouvait l'endroit parfait pour rendre son dernier soupir. Camille avait refusé de le quitter, elle voulait l'accompagner jusqu'au bout. Elle n'était pas d'accord avec sa dernière volonté, mais elle le comprenait, aussi n'essayait-elle pas de s'interposer.

Le jour J, Klaus s'était vêtu d'un pantalon de lin blanc et d'une chemise blanche, déboutonnée. La nuit étendait encore son règne, le moment était venu.

Bonnie exécuta le premier sortilège qui consista à couper son lien avec ses vampires, pour qu'ils ne meurent pas en même temps que lui. Ce sortilège le laissa avec une sensation de vide, mais en aucun comparable avec celui qu'il avait senti quelques jours plus tôt.

- Tu es prêt ? Demanda la jeune sorcière avant d'entreprendre le dernier rituel.

- Plus que jamais, répondit-il avec détermination.

Hochant simplement la tête, elle commença les incantions du dernier sort. Ce dernier était plus douloureux qu'il ne l'avait imaginé. Au bout d'une bonne heure de souffrance, il sentit son loup être enfermé puis disparaître.

- Tu as réussi, dit-il simplement en se levant.

- Et maintenant ?

Klaus s'interrompit devant la porte qui menait à l'arrière de la maison, sur la plage.

- Je te remercie pour tout ce que tu as fait, à présent, tu peux rentrer chez toi.

- C'est tout ? Demanda-t-elle en se levant d'un bond.

Il ne se retourna même pas pour lui répondre :

- Je ne vois pas ce que tu peux faire de plus ? Tu peux rester me regarder mourir si ça te chante, mais moi j'aimerais être un peu seul.

Sans attendre de réponse de sa part, il ouvrit la porte et alla s'assoir sur le sable fin. Camille le suivit de loin, elle voulait être auprès de lui et, en même temps, respecté sa volonté.

Il regarda l'immense océan, écouta le bruit paisible des vagues. Son esprit était déjà très loin, voguant à travers l'espace et le temps, construisant un monde où il n'y avait ni royaume, ni vampire, rien que lui et le garçon qui avait dérobé cœur.

Que serait-il devenu s'il n'avait pas été un vampire ? Un artiste ? Non, il se voyait mal vivre de sa passion et vendre à des inconnus les portraits de ses proches. Ou peut-être un écrivain, c'était une passion à laquelle il s'adonnait avec plaisir. Il adorait le concept de pouvoir créer son propre monde avec ses propres règles, ses propres personnages avec leurs rêves et leurs espoirs.

Il y avait tant de possibilités, que n'aurait-il donné pour pouvoir toutes les vivres. Mais toutes ces vies ne valaient rien s'il n'imaginait pas Stiles dedans. Comment se seraient-ils rencontrés ? Jusqu'où leur amour aurait-il pu les porter ? Il aurait tant aimé connaître la réponse.

Les yeux clos, il s'étendit sur le sable et laissa les heures s'écouler aussi lentement que dans un sablier. Il avait décidé de n'ouvrir les yeux que lorsqu'il sentirait le soleil poindre au loin. En attendant, il voulait garder en tête l'image de ce visage angélique.

- Bientôt nous serons réunis.

Plus le temps passait, plus il sentait le soleil s'éveiller, le moment était venu.

- KLAUS !

Ses yeux s'ouvrirent subitement, il connaissait cette voix.

Se relevant, il vit sa fratrie se diriger vers lui, accompagnée par Camille. Maudite Bonnie, elle les avait prévenues.

- Je t'en prie ne fais pas ça.

Les suppliques de sa sœur étaient dures à entendre, mais il n'était plus question pour lui de renoncer.

- C'est trop tard Beca, j'ai pris ma décision, et personne ne me fera changer d'avis.

- Mais pourquoi ?! S'indigna-t-elle. Pourquoi est-ce que tu décides d'en finir maintenant ? Pourquoi alors que tu venais enfin de changer ?

Klaus ricana, sa sœur ne comprenait vraiment rien.

- C'est justement parce que j'ai changé que je veux en finir !

Sa réponse sembla prendre sa sœur au dépourvu.

- Cela fait mille ans petite sœur, en mille ans j'ai commis les plus grandes atrocités dans ma quête de pouvoir, convaincu que c'était là la clé du bonheur. J'étais persuadé qu'être la créature la plus puissante au monde me comblerait de joie. Aujourd'hui j'ai compris, il n'y avait que l'amour pour me sauver, mais j'ai refusé d'ouvrir les yeux.

Sa voix commençait à se briser sous un flot d'émotion :

- Pour toujours et à jamais, c'était notre promesse, la promesse qu'il y aurait éternellement des gens pour m'aimer. J'ai toujours considéré votre amour comme acquis, même lorsqu'on se déchirait. C'est là qu'il est arrivé, il ne me connaissait pas, pourtant il m'a aimé, et même quand il a vu mon vrai visage il n'a pas cessé. Il voyait au-delà du monstre, il voyait l'homme.

Il s'arrêta un instant, revoyant le garçon sur son lit de mort :

- Je le faisais souffrir, et pourtant, il m'a quand même choisi. Il se savait mourant, mais il ne voulait pas partir avant d'avoir sauvé mon âme, pas par pur héroïsme, mais parce qu'il m'avait choisi. Je n'ai compris la force de mes sentiments que lorsque j'ai compris que je ne pouvais pas le garder éternellement auprès de moi.

Il s'approcha de sa sœur et posa une main sur sa joue :

- Une vie sans amour, ce n'est pas une vie. J'ai mis du temps mais j'ai fini par trouver le mien. Notre histoire n'était pas parfaite, mais elle était réelle. A présent il est temps pour moi de le retrouver.

Les yeux clos, secouée par des spasmes, Rebecca luttait de toutes ses forces, mais cette bataille contre son cœur était perdue d'avance.

Sentant qu'il ne lui restait que quelques minutes, Klaus tendit son bras vers Elijah, qui l'accepta. La fratrie se serra l'un contre l'autre dans un ultime adieu.

- Adieu, murmura-t-il.

Il embrassa le front de sa sœur, puis celui de son frère et se recula, ne détachant son regard du leur.

- Je vous aime.

A l'horizon, le soleil commençait doucement à son ascension. Elijah ouvrit sa main et y découvrit la chevalière de son frère. Il referma fermement le poing et tenta de rester fort. Rebecca elle n'avait pas autant de force. Elle s'accrochait au bras de son aîné et enfouit son visage au creux de son épaule, refusant de voir ce qui allait se passer.

- Prend soin de notre famille.

La gorge nouée par l'émotion, Elijah réussit tout de même à articuler :

- Je te le promet.

Le visage serein, Klaus afficha un sourire honnête, il écarta les bras et laissa le soleil le baigner de sa lumière. Des flammes commençaient à le consumer, doucement. La douleur était forte, mais ridicule comparée à sa souffrance. Il les attendait comme une vieille amie. Elles se firent soudain plus grandes, plus dévorantes. Leur crépitement étouffa les sanglots de sa jeune sœur.

- J'arrive mon amour.

C'était la dernière phrase qu'il prononça avant d'être dévoré par les flammes, mais il partit le sourire aux lèvres, car il savait qu'il allait le rejoindre.

Camille s'approcha de là où il avait disparu et fix le soleil au loin.

- Repose en paix, Nicklaus Michaelson.

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A son retour à Mystic Falls, tout le monde félicita Bonnie pour avoir débarrassé le monde de Klaus. Elle n'était pas vraiment fière de cet « exploit » comme il l'appelait. Si seulement ils pouvaient comprendre qu'elle n'avait fait qu'abréger les souffrances d'un homme qui avait tout perdu.

Le soir de son retour, Bonnie avait invité Caroline chez elle, elle avait besoin d'en parler à quelqu'un.

La sorcière lui raconta l'histoire de Klaus depuis sa rencontre avec le jeune Stiles, elle lui raconta comment il l'avait manipulé, comment il l'avait fait souffrir, mais surtout, comment ce garçon lui avait pardonné puis aimé.

- Il semblerait que tout le monde puisse changer en fin de compte.

Bonne avait le regard perdu dans le vide, elle semblait toujours mitigée.

- Tu ne crois pas ? Demanda son amie blonde en voyant l'air qu'elle arborait.

- J'aimerais y croire Caroline, mais je ne peux pas.

La jeune vampire fronça les sourcils, incertaine.

- Tu l'as aidé pourtant.

- Je l'ai aidé mais je ne lui ai pas pardonné. Il a peut-être pris conscience de ses actes, mais cela ne voulait pas dire qu'il avait changé. Que ce serait-il passé s'il n'y avait pas eu de Stiles ?

- Mais il y en a eu un ! Et puis je ne pense pas que Klaus t'est demandé ton pardon.

Bonnie pouffa.

- En effet, et il me l'a clairement fait comprendre.

- Tu sais, depuis que je suis un vampire, je vois les choses différemment. Je pense aujourd'hui qu'il nous arrive des choses aléatoires, et c'est à nous de décider d'en faire de bonnes ou de mauvaises choses

- Donc pour toi Klaus avait bien changé ?

- Je pense qu'il a trouvé une personne pour qui changer. J'espère simplement qu'ils pourront se retrouver, quelque part.

- Quel part ? Répéta son amie dubitative.

- Je ne suis pas du genre à croire à une vie après la mort ou à une autre vie, mais je dois avouer que ça me plairait d'imaginer une autre vie pour ces deux-là. Afin qu'il puisse recommencer à zéro.

Bonnie fit jouer la chevalière de Klaus entre ses doigts et sourit.

- Je pense que nous n'avons pas à nous inquiéter pour eux.

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Sur une plage du sud de la France, un jeune homme marchait avec son chiot, un petit rottweiler male. Chaque matin il se promenait sur cette plage avec son jeune ami, histoire de se dégourdir les jambes avant une grande journée.

Il saisit dans sa main une petite balle en caoutchouc avec laquelle son chiot aimer jouet et la lança loin. Excité par ce nouveau jeu, le petit diable se mit à sprinter vers la balle. C'est un plus gros chien qui l'attrapa, coinçant le petit objet sous sa grosse patte.

- Nino vient ici ! Héla le jeune homme.

En voyant que son chien ne réagissait pas, il se hâta vers lui. Ce dernier n'était nullement effrayé, il semblait impatient de voir ce que l'autre allait faire.

- On dirait que tu t'es trouvé un nouveau copain.

Il tendit sa main et retourna le médaillon qu'il avait au cou :

- Scotty, prononça-t-il en même temps qu'un homme qui s'approchait d'eux.

- Il est à vous ?

- Cette vieille tête de mule ? Malheureusement oui, rigola-t-il.

Il siffla et aussi ledit Scotty vint se réfugier derrière lui.

Le jeune homme se leva à son tour et put dévisager l'inconnu, un grand blond aux yeux bleus et plutôt bien bâtit. Il se sentit soudain ridicule avec son mètre quatre-vingts et ses soixante-dix kilos tout mouillés.

- Je m'appelle Nicolas, dit l'inconnu en lui tendant sa main.

L'autre répondit avec un sourire avant de la saisir :

- Simon, enchanté de te rencontrer.

- Tout le plaisir est pour moi, répondit-il avec un sourire aussi authentique qu'honnête.


Voilà, j'espère que ce Cross-Over vous a plut, j'ai eu beaucoup de plaisir à l'écrire personnellement :)

Merci encore à tout ceux qui ont commenté mes chapitres.

Merci à :

- bayruna

- Deldom

- lesaccrosdelamerceri

- LenaShioriTomlinson

- miana65

- caloug13

- Minilod

- yumi-elfeuw

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