Chapitre 9

Le 20 Janvier

Miss Elizabeth

J'ai bien reçu votre dernière lettre. Je vous remercie vivement pour le cadeau qui l'accompagnait. J'ai relégué au placard mon ancien étui et je ne me sers plus que du vôtre ! Fitzwilliam me l'envie grandement, surtout lorsque je lui ai dit que vous aviez vous-même gravé mes initiales. Je compte les jours qui nous séparent de votre arrivée à Pemberley. Si vous trouvez aussi le temps long, écrivez moi, je vous répondrais avec plaisir.

Georgiana Darcy

Chère Miss Elizabeth

En premier lieu, il me faut vous remercier doublement. Merci pour le soin et la tendresse que vous témoignez à Georgiana. Vous ne ne pouvez imaginer sa joie lorsqu'elle a découvert votre lettre et le colis libellés à son nom propre. Cela ne m'a absolument pas déplu que vous vous adressiez directement à elle, j'ai toute confiance en vous. Je crois qu'une présence féminine lui fait défaut. J'ai su tenir mon rôle de frère et de tuteur, mais je ne peux combler l'absence d'une mère, d'une sœur ou d'une amie, et j'ose espérer que très bientôt vous pourrez remplir ces fonctions à mes côtés.

Comment vous exprimer toute ma gratitude face au présent qui accompagnait votre lettre ? Posséder une partie de vous me rempli de bonheur ! Tout comme vous, cette mèche de cheveux ne me quitte plus, la sentir contre mon cœur me donne le courage d'affronter les semaines qui me séparent de votre arrivée à Pemberley. J'espère recevoir de vos nouvelles très bientôt.

Fitzwilliam Darcy

Le 2 Février

Chère Miss Georgiana,

Je suis ravie que l'étui vous ait plu ! Je n'ai malheureusement pas vos talents de brodeuse et je crains fort que la gravure ne soit approximative. Tout comme vous je compte les jours et le temps me parait horriblement long. Mes journées oscillent entre la lecture et l'ennui. Le temps est détestable et je ne peux m'adonner à la marche que très brièvement, à mon grand désespoir. Donnez moi vite de vos nouvelles, vous lire égaye mon quotidien.

ElizabethBennet

Cher M Darcy,

Ne soyez pas jaloux de votre sœur si je lui écris autant qu'à vous. Si comme vous le souhaitez je dois devenir une sœur pour elle, il est nécessaire pour nous d'apprendre à nous connaître pour devenir amies. Cela ne me demande cependant pas un gros effort, tant Georgiana est charmante. Lui écrire est un véritable plaisir et il me tarde réellement de la revoir.

Les journées sont longues à Longbourne et je me plais à imaginer Pemberley sous une épaisse couverture neigeuse. J'espère que vos affaires londoniennes ne vous obligent pas à vous éloigner trop souvent de ce magnifique lieu. J'attends de vos nouvelles avec impatience.

ElizabethBennet

Le 10 Février

Ma très chère Lizzie,

Je n'ai pas oublié ma promesse de t'écrire depuis Londres. La Saison a débuté voilà presque un mois et je ne trouve le loisir de t'envoyer des nouvelles que maintenant, j'en suis désolée. Je ne m'attendais pas à un tel tourbillon mondain !

Certes nous ne sommes invités pour l'instant qu'en qualité de belle famille de M Hurst mais cela nous suffit grandement ! Je ne désespère pas de recevoir des invitations à notre nom propre. J'assiste tous les lundis après midi au salon que tient Mrs Hurst dans sa résidence de Grosvenor Square, j'ai fait la connaissance de nombreuses femmes mariées. Elles sont toutes charmantes et j'ai grand plaisir à converser avec elles.

Je dois malheureusement te quitter là car nous dînons à l'extérieur ce soir et je dois me préparer. Charles tient à ce que je sois la plus coquette possible, ce qui ne me ressemble guère !

Ta sœur, Jane Bingley

Le 22 Février

Chère Miss Elizabeth,

Le temps semble figé à Pemberley. Depuis Noël, une épaisse couche de neige recouvre le Derbyshire, nous coupant presque du monde entier. Il n'y a guère que les visites du colonel Fitzwilliam et vos lettres qui animent notre quotidien. Je m'exerce la plupart du temps sur mon pianoforte aux nouvelles partitions que m'a offert Fitzwilliam pour Noël. Je ne vois guère mon frère de la journée, tout occupé à la gestion du domaine et accaparé par de fréquentes visites à Londres, aussi les jours me semblent longs. J'espère recevoir bientôt de vos nouvelles.

Georgiana Darcy

Ma chère Elizabeth,

M Collins se joint à moi pour vous adresser tous nos vœux de bonheur suite à vos fiançailles avec M Darcy de Pemberley. Je suis ravie pour vous et je vous souhaite de trouver confort et stabilité dans cette union. Sachez qu'en vous écrivant, je me heurte à la désapprobation de Lady Catherine, qui comme vous vous en doutez, s'oppose fermement à votre union. Je compte sur votre discrétion pour qu'elle n'en sache rien.

Je profite de cette lettre pour vous annoncer un heureux évènement, le Seigneur a décidé de bénir notre union en nous octroyant la joie d'avoir un enfant. Il doit naître courant Juillet.

J'attends de vos nouvelles avec impatience.

Votre amie, Charlotte Collins

Le 1er Mars

Ma chère Jane,

Je me languissait d'avoir de tes nouvelles. Je suis ravie de voir que la Saison se déroule bien pour vous et que tu as fait de nouvelles connaissances. J'espère que la cohabitation avec les Hurst et Miss Bingley n'est pas trop difficile et que Charles se porte bien.

La vie à Longbourne est tranquille. Mère se plaint toujours de ses nerfs et Père s'enferme moins dans son bureau depuis que Lydia est partie. Son départ a eu un effet bénéfique sur Kitty qui s'est assagie et sur Mary qui s'ouvre davantage à moi. Tu me manques beaucoup, il me tarde de te revoir pour mon mariage. Nous partons bientôt pour le Derbyshire, il me tarde tellement !

Ta sœur, Elizabeth Bennet

Ma chère Elizabeth,

Je vous prie d'excuser mon long silence mais Georgiana a du vous avertir que mon emploi du temps était assez chargé en cette période hivernale. Je dois hélas faire de fréquents séjours à Londres pour régler diverses affaires. Le reste du temps je m'occupe de la gestion du domaine, Pemberley est vaste et beaucoup de personnes en dépendent. En tant que maître ces gens sont sous ma responsabilité et il est de mon devoir de veiller à leur bien-être. Malgré toutes ces charges, vous ne quittez guère mes pensées et travailler contribue à rendre l'attente de vous retrouver moins longue. Écrivez moi, je me languis d'avoir de vos nouvelles.

Fitzwilliam Darcy

Le 16 Mars

Ma chère Charlotte,

Votre lettre me va droit au cœur et je vous sais gré de ne pas m'avoir retiré votre amitié malgré les injonctions de Lady Catherine.

Je dois à mon tour vous féliciter pour cette heureuse nouvelle. J'espère que vous vous portez bien ainsi que votre enfant. Transmettez toutes mes félicitations à M Collins.

Cette lettre est la dernière que je vous envoie depuis Longbourne. Mon départ pour Pemberley approche à grands pas et cette perspective me remplie de joie.

Écrivez moi souvent pour me donner de vos nouvelles.

Votre amie, Elizabeth Bennet

Cher M Darcy,

Je préfère accaparer vos pensées plutôt que de vous ennuyer avec des lettres sans intérêt. Néanmoins je suis ravie de constater que malgré votre charge de travail, vous trouvez le temps de m'écrire.

A Longbourne, les préparatifs de notre départ ont commencé. Je peine à contenir mon impatience à l'idée de vous revoir ainsi que Georgiana dans quelques jours.

Je dois achever ici ma lettre, car ma mère me réclame à grands cris et ne me laisse jamais en paix guère plus de dix minutes.

Vous retrouver bientôt me cause bien du plaisir ...

ElizabethBennet

Le 20 Mars

Ma chère Georgiana,

Les préparatifs du départ sont quasiment achevés et c'est la dernière lettre que je vous envoie depuis Longbourne. Dans quelques jours, j'aurais enfin le plaisir de vous retrouver et nous pourrons apprendre à mieux nous connaître, pour former une véritable famille. L'impatience me gagne davantage à chaque minute ...

Elizabeth Bennet