Il entra dans la maison sans prendre le temps ni la peine de frapper. Il hurlait son prénom, mais de toute évidence, il n'était pas là. Il fouilla tous les tiroirs, chaque placard de cette maison dans laquelle il avait passé plus d'un an, une année entière de soufrances et de tourments.
« - J'ai eu une dure journée. J'ai dû défendre deux dealers. Ces gamins qui devraient aller à l'école plutôt que de traîner ! »
Mycroft ne dit rien et posa le verre d'eau pétillante sur le comptoir de leur cuisine, devant lui.
« - C'est quoi ça ?, cria-t-il en jetant le verre par terre.
- De l'eau pétillante, répondit simplement Mycroft.
- Je vais pas boire ça, t'es malade ou quoi ?
- Non c'est toi qui es malade. Tu ne veux pas aller voir un spécialiste ?
- Pour qui tu te prends, Mycroft ? »
Il leva les yeux au ciel en épongeant le sol. Il l'attrapa par le bras et le plaqua contre le comptoir.
« - En plus ça fait longtemps. Qu'est-ce qu'il se passe Myc ? »
Mycroft se dégagea et s'éloigna dans le salon.
« - Tu es complètement saoul. »
Il l'entendit arriver et se retourna. Il essuya une gifle avant de reprendre :
« - Tu n'es pas toi-même... »
Il le plaqua au sol. Mycroft suffoquait, coincé en dessous de lui.
« - … N'est-ce pas ? »
Il sentit des mains baisser son pantalon de costume et essaya tant bien que mal de l'en empêcher.
Tout était allé trop vite et trop lentement à la fois. Il était resté allongé sur le sol, face contre terre. Il sentait tout son corps encore crispé. Il n'osait pas le regarder. Il l'entendit se rhabiller et sortir de la pièce en bredouillant des phrases incompréhensibles.
Il se rattrapa à la table du salon pour ne pas tomber. Il avait trop chaud tout d'un coup, et il desserra la cravate nouée autour de son cou. Il monta à l'étage sans jeter un regard de plus au salon. La maison semblait toujours être la même. Rien n'avait changé en plusieurs jours. À part peut-être la quantité pharaonique de bouteilles vides dans la poubelle. Il entendit un bruit de porte et redescendit les marches quatre à quatre.
Il l'attendait, sur le seuil. Il avait refermé la porte derrière lui et il souriait.
« - Tu es revenu à la maison, tu es redevenu raisonnable.
- Non, Harry. Je ne suis pas revenu.
- Alors qu'est-ce que tu fais là ? »
Mycroft s'arrêta trois marches au-dessus du niveau du sol. Il le regarda de haut en bas. Il avait de légères marques rouges sur les mains. Harry soupira en s'appuyant contre la porte.
« - Tu n'as pas changé. »
Il s'avança jusqu'en bas des escaliers.
« - Toujours aussi faible. »
Il monta sur la première marche et Mycroft ne bougea pas. Il prit une profonde respiration et le repoussa en arrière.
« - Depuis quand est-ce que tu travailles pour la mafia espagnole ? »
Sa question était courte, sèche, et sans appel. L'avocat se mit à rire et remonta sur la marche.
« - Depuis quand ? »
Il posa sa main sur sa joue et Mycroft se dégagea en tournant la tête.
« - Plusieurs années, avait-il fini par répondre. Mais ce n'est pas le plus drôle. »
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Son estomac le brûlait et les remontées acides étaient de plus en plus violentes. Il n'avait rien mangé depuis samedi midi, il ne savait pas quel jour c'était mais il aurait pu certifier qu'on était plus loin que dimanche. Il se redressa en s'appuyant sur le lit. Les draps étaient rêches et sentaient l'éther. Il se leva en s'appuyant sur les murs et sortit de la chambres. Il entendait tous les appareils hurler parce qu'il s'était débranché, et une infirmière arriver en courant. Il marcha lentement vers le téléphone qui était dans le couloir.
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Son téléphone sonna et il décrocha au bout de la deuxième sonnerie. Il tenait le téléphone de la main gauche, sa main droite tenant son revolver braqué sur l'homme ne face de lui.
« - Mycroft ? »
La voix de l'inspecteur, même faible, le détendit un peu.
« - Tu n'es pas revenu alors... »
Sa voix resta en suspend, attendant que Mycroft réponde. Il laissa passer quelques secondes et soupira.
« - Ne fais rien de stupide. »
La main de Mycroft trembla légèrement. L'inquiétude était palpable dans la voix de l'inspecteur.
« - Je t'aime. »
Il raccrocha et Mycoft dévisagea l'homme en face de lui. Il pianota quelque chose sur son téléphone tenant toujours le revolver braqué sur l'avocat à deux mains.
« - Le pistolet caché dans une épée, elle-même cachée dans un parapluie… Ce n'est pas de trop ?, lui dit-il avec un sourire narquois. »
Mycroft ne répondit pas à sa provocation. Il avait tous les éléments dont il avait besoin pour mettre en prison cette… Il n'avait pas les mots. Des hommes en costumes arrivèrent quelques minutes plus tard, emportant l'avocat qui hurlait et crachait. Littéralement. Mycroft trouva cela pathétique.
Une fois arrivé devant l'hôpital, il s'empressa de rejoindre la chambre 225. Il le trouva dans la même position que quand il était parti et il s'assit près de lui. La luminosité était très faible, si bien qu'il eut du mal à remarquer que l'inspecteur était réveillé. Ce dernier entrouvrit les lèvres pour parler. À la place de sa voix, sortit des gouttelettes de sang, et Mycroft se figea. Il appuya le bouton rouge – celui censé appeler les infirmière – et prit la main de l'inspecteur dans les siennes. Il pouvait lire dans le regard de l'homme allongé en face de lui une panique et il ne put s'empêcher de l'embrasser sur la tempe.
« - Moi aussi Gregory. Moi aussi, lui murmura-t-il. »
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Chapitre très court mais avant-dernier ! Quoi, comment ça vous n'la sentez pas cette fin ? C:
Je suis dans une période d'examens (et j'en ai pour un mois et demi) donc le dernier chapitre sortira dans peu de temps (il est très court), c'est pour ça que je ne me relis pas très attentivement, si vous trouvez des fautes, soyez indulgents :')
N'oubliez pas la petite review et à la prochaine !
