C'est un moment délicat de l'histoire. Mais il faut en passer par là pour la suite...

Je sais que cela va en faire frémir quelques uns...

Don't worry - suspens, suspens

En tout cas, c'est comme ça que le personnage se sort d'une impasse (pour l'instant).

A partir de là, plein de surprises - Accrochez-vous !


Chapitre 8

Bon, quand ça sera simple, vous m'appelez

POV de Mewena

Je me mettais souvent en position de méditation. Je pratiquais la méditation depuis que je sentais bouger le bébé. J'avais remarqué que ça l'apaisait lui aussi, il était beaucoup moins agité.

La présence d'Aro ne lui plaisait visiblement pas, il s'agitait dans tous les sens quand il était dans la pièce (ouille !). J'essayais de contenir ses mouvements.

Tous les jours, s'était la même rengaine, Aro venait mesurer mon ventre :

- Alors, comment allez-vous aujourd'hui ? dit-il en s'approchant de moi avec son mètre à la main.

- Beaucoup moins bien depuis que vous êtes là. Et au bébé aussi, ça ne lui plait pas.

- Ça ma chère, vous n'en savait rien. Il vous l'a dit ? me demanda Aro d'un ton sarcastique en prenant ses mesures.

- Je le sais. Notre relation vous échappe, n'essayez pas de comprendre, vous n'avez pas ce qu'il faut pour ça.

- Notre cerveau a des capacités démultipliées, le saviez-vous ? Vous vous en apercevrez quand vous serez des nôtres.

- Ce n'est pas du cerveau dont je parlais, mais du cœur. Quant à devenir l'une des vôtres... plutôt mourir !

- Oui, vous préféreriez mourir... vos tentatives de suicide étaient prévisibles. J'avais prévenu vos gardiens... c'est dans leur intérêt que d'être vigilant. Je m'occuperais personnellement d'eux s'ils ne sont pas capables de veiller sur vous. Ils ont réussi à chaque fois, ma chère, qu'elle imagination ! Mais je ne m'inquiète pas, ils sauront encore déjouer vos pièges.

- Vous devriez, si je suis vraiment l'une des vôtres, j'aurai l'avantage en tant que nouveau-né. « Je m'occuperais personnellement de vous », dis-je en l'imitant.

- ça aussi, je le prévois, je prendrais quelques précautions... je vous laisse, tout se passe bien... Pas d'insultes aujourd'hui, pas de sarcasmes... ?

- Je préfère, en ce qui vous concerne, le mépris, c'est ce qui vous convient le mieux..

Il eu un sourire satisfait et sortit de la chambre.

Et oui, au début je l'avais abreuvé d'injures, parce qu'il n'aimait pas la grossièreté, de haine, d'agressivité, tout ce qui était possible pour le provoquer... Plusieurs fois, il faillit me décoller la tête ou me sauter à la gorge, et c'est ce que j'espérais... je crus même une fois que mon compte était bon..

Mais cette fois-là, il s'aperçut de mes intentions : puisque je n'avais pas pu me suicider, j'espérais le provoquer jusqu'à ce qu'il me tue lui-même.

J'avais essayé aussi par l'intermédiaire de ceux qui me gardaient. Puis Aro avait chargé des êtres humains de me surveiller... ils n'étaient pas attirés par mon sang... et leur peur d'Aro et des autres vampires leur étaient une motivation suffisante : ils voulaient survivre, eux.

J'avais cessé toutes ces tentatives parce que physiquement, je ne pouvais plus me le permettre, et le bébé n'appréciait pas.

Et, si, je savais ce que ressentait le bébé. Notre relation était très particulière. Depuis que j'avais arrêté de vouloir nous tuer tous les deux, j'allais mieux physiquement et il avait arrêté de bouger dans tous les sens, ce qui était très douloureux et très risqué pour moi. Cela m'avait valu une ou deux côtes cassées.

Je m'étais posée un jour dans une posture de méditation, et je l'avais ressentis. Je sentais ce qu'il ressentait, lui. Il ne voulait pas me faire du mal et essayait de bouger le moins possible, mais il m'aimait et ne comprenait pas que je ne veuille pas de lui. Alors il attirait mon attention.

C'était comme une révélation : je pouvais le comprendre !

Oh ce n'était pas une voix dans ma tête, pas du tout, c'était plutôt sous forme... d'émotions.

Depuis, je restais constamment attentive à ses moindres mouvements, et quand le bébé voulait bouger, j'accompagnais ses mouvements avec mes mains, très lentement, pour le guider et que ce soit moins dangereux pour moi. Il était ravi de ces contacts. Alors je le caressais le plus possible... il était aux anges. Je l'aimais beaucoup maintenant. Je ne le considérais plus comme un monstre qu'un autre monstre m'avait mis dans mon ventre. C'était un être vivant à part entière et je lui donnais tout mon amour et mon affection. Et puis c'était mon enfant...

Il n'y était pour rien. Pourquoi le rendre responsable des actions d'Aro ?

J'avais compris d'après les multiples conversations que j'avais eu avec celui-ci, que ce n'était pas pour l'enfant lui-même qu'il voulait cette grossesse, mais pour les pouvoirs qu'il espérait du bébé. Un objet de plus dans sa collection... et l'espérance de pouvoir contrer les Cullens.

S'il faisait ça avec plusieurs humaines, il allait avoir une belle galerie de monstres.

Mes multiples tentatives de suicide m'avaient permise aussi d'explorer le palais... j'en connaissais maintenant les moindres recoins : j'avais essayé de m'électrocuter, de sauter par une fenêtre, de me tailler les veines, de me pendre...

Je savais très bien que j'avais bien peu de chance de réussir, mais pendant ce temps, j'explorais... en détournant l'attention.

Parce que j'avais un plan, enfin nous avions un plan. Le bébé m'avait fait comprendre qu'il pouvait naître plus tôt. Comment pouvait-il faire ça, je n'en savais rien, mais je décidais de nous faire confiance... et puis c'était notre seul espoir.

Le plus difficile serait de me rendre à l'endroit où j'avais prévu de nous cacher. J'étais grosse comme une baudruche et les côtes cassées, douloureuses.

La chance m'avait sourie aussi : j'étais tombée sur la réserve de sang. Maintenant j'étais obligé d'en boire pour le bébé.

J'avais décidé de m'évader cette nuit-là, enfin, au petit matin. Pour les vampires, ça ne changeait rien, mais pour les humains qui me surveillaient, ils seraient bien moins vigilants à cette heure-là.

Je sortis dans le couloir. J'avançais prudemment et très lentement, pour que le bébé ne soit pas obligé de bouger. Je connaissais l'heure des rondes et l'emplacement des caméras.

J'avais arpenté souvent ce couloir. Les boiseries étaient sombres et très travaillées. Il y avait d'anciens bancs de prières. Je m'arrêtais souvent. J'étais très essoufflée. Je devais d'abord passer par la cuisine pour prendre les pochettes de sang.

C'était la partie la plus risquée : il pouvait y avoir des humains en train de ce préparer un repas. Mais j'avais bien choisie l'heure, il n'y avait personne.

A partir de la cuisine, il y avait un passage pour accéder à la cave. De très belles et très onéreuses bouteilles de vin étaient entreposées là. Aro savait vivre : recevait-il des humains haut-placés ? Ça ne me surprendrait pas, depuis le temps, il avait dû ce faire des connaissance utiles et influentes.

Et derrière un présentoir à bouteilles, se trouvait une ouverture qui débouchait sur un souterrain. Je ne savais pas si Aro ou les autres la connaissait. Mais j'espérais que le temps qu'ils me trouvent, j'aurais mis au monde le bébé et ... J'espérais y survivre. Je renversais une bouteille de vin, pour couvrir mon odeur.

J'avais prévu une transfusion sanguine pour moi et des réserves de sang pour l'enfant. C'était notre seule chance.

Une douleur me déchira le ventre. J'essayais d'aller le plus loin possible dans la galerie humide pour éviter qu'on nous retrouve.

A nouveau, une autre douleur aiguë.

Ce n'était pas normal. Le bébé était capable d'attendre. Cela ne se passait pas comme prévu.

La douleur suivante me coupa le souffle. Rien à voir avec les contractions lentes et puissantes que j'avais connu pour la naissance de Julie. Je fus obligée de m'arrêter.

Le bébé fit quelques mouvements, très lents, il faisait attention à moi. Mais les douleurs ne venaient pas de lui.

Un liquide chaud coula le long de mes cuisses, en grande quantité. Je n'y voyais pas très bien, mais à l'odeur, c'était du sang.

Je commençais à paniquer : si je faisais une hémorragie, jamais je ne tiendrais le coup pour le mettre au monde. A ma panique, le bébé s'agita. Avait-il compris ?

Je le sentis changer de position et mettre sans doute son visage près de la paroi de mon ventre. Je commençais à chavirer, à ne plus vraiment contrôler ma respiration, je ne contrôlais plus rien, je n'étais qu'une montagne de douleur.

Une douleur vive et rapide, comme une brûlure soudaine, au bas de mon ventre me fit pousser un cri. Je me jurais que ce serait le dernier, quoiqu'il arrive, je n'avais pas envie qu'Aro et sa clique nous retrouvent.

Je trouvais un peu de force pour ramener sur moi les réserves de sang. J'essayais vainement de m'installer la transfusion. Je n'eus pas le temps d'aller jusqu'au bout. Le bébé devait se trouver mal, il déchira brusquement le bas de mon ventre. La plaie était nette et pas très large. Il avait essayé de se maitriser.

J'eu encore la force de le sortir pour qu'il puisse respirer, et je disposais la tétine avec la pochette de sang près de lui.

Je ... J'eu un voile noir devant les yeux.

Pourvus qu'il puisse survivre... mais que va-t-il pouvoir faire sans moi aussi petit ?

Mon cœur se déchirait de tristesse et de peine.

Je ne pourrais pas... Je serrais une dernière fois mon enfant contre moi.

J'eus un éclair de pensée pour Julie et Seth. Je sentis une vive douleur au bras.

Puis plus rien...

Quand j'eus à nouveau des sensations, c'était une étrange chaleur qui montait de mon bras.

Elle s'intensifia. Elle devint brûlure. Je brûlais. Je brûlais de l'intérieur.

Je pus mettre ma tête contre la paroi pour étouffer des cris qui ne venaient pas.

Tout mon corps maintenant, se consumait. J'aurai voulu les pousser ses cris, même s'ils me retrouvaient, mais il y avait l'enfant.

Je n'avais plus la notion du temps. Plus rien n'existait que ce feu. Je sentais sa progression.

J'avais connu l'extase avec Seth.

Je connaissais maintenant l'enfer. Je regrettais amèrement que mes tentatives de suicide aient échoué.

Au bout d'un temps que je ne mesurais pas, mon cœur s'emballa, il connu le brasier lui aussi. Il s'accéléra, s'emballa...

puis, il s'arrêta...

Je ne ressentais plus rien. Tout était noir.

J'entendis un petit gémissement et quelque chose de chaud se mettre contre moi.

Mes yeux voyaient. Loin devant moi, une galerie aux parois irrégulières. Je baissais mes yeux. Un bébé se tenait contre moi. Mais je ne le réchauffais pas vraiment. Il eu un frisson.

Je voulus me relever et je me retrouvais subitement contre le plafond, puis je retombais en souplesse.

Comment pouvais-je faire ça ?

Au sol, la réception avait été facile. Ma détente me permettait d'aller jusqu'au plafond ! Et puis soudain je compris...j'étais vampire.

Mon pire cauchemar s'était réalisé.

Comment était-ce possible ?

Le bébé était à nouveau là. Il avait l'air de ne pas aller bien, son cœur battait mais il était faible.

Allais-je le dévorer et lui boire tout son sang ?

Je perçus sa faim, cela faisait plusieurs jours qu'il avait faim. Il avait bien bu la première pochette que je vis complètement vide, mais je ne savais pas combien de temps avait duré ma transformation. Carlisle et Bella m'avaient dit plusieurs jours.

J'essayais de mesurer mes gestes pour retrouver les pochettes de sang. Une seule sur celles qui restaient me semblait à l'odeur encore buvable. Je retenais ma propre soif. Je mis la tétine que j'avais préparée il y avait une éternité et je le fis boire. Il commença à aller mieux.

Mon nouveau cerveau, survolté, essayait de trouver des solutions : sortir d'ici, trouver du sang, ne pas sauter sur le premier humain rencontré, trouver un moyen de transport, nourrir régulièrement le petit, il pourrait aussi avaler de la nourriture humaine,...

En même temps, je regardais l'enfant, il m'était presque étranger. Il avait survécu, je ne savais pas comment.

Mais c'était lui, j'en étais sûre, qui m'avait fait devenir ce que je suis. Il devait être venimeux. Je ne lui en voulais pas. Je n'avais plus ce genre de sentiment.

Je le regardais intensément. Il ressemblait à un de mes neveux quand il était bébé.

Mes neveux. Une autre vie. Des souvenirs revenaient, en vrac. J'essayais de les ordonner, de les susciter. Il me faudrait sans doute pas mal de temps pour réparer ma mémoire.

Et puis je lui souriais, il venait d'avoir la même moue que Julie. Ma Julie. Si j'avais pu pleurer, je l'aurais fait. Le bébé semblait repu et rassuré, maintenant. Il souriait aussi.

Je pensais soudain que je ne lui avais pas donné de prénom.

Et Seth qui n'était pas là. Seth, son visage revint. Penser à lui me fit du bien. J'avais un but à atteindre...

Nathanaël. L'enfant, mon enfant, s'appellerait Nathanaël. J'avais vu un jour un film, avec des indiens, dans lequel il y avait un personnage qui s'appelait Nathanaël.

Nathanaël s'était endormi.

Combien de temps avait-il attendu ? En résistant à la faim ?

Il fallait que je m'occupe de la mienne, enfin, de ma soif.

Et puisque personne ne nous avait retrouvés, autant se risquer encore dans la cuisine.

J'avais toutes les capacités qu'il fallait maintenant. Je n'avais plus peur. Personne ne pourrait plus m'arrêter. Je rellongeais les galeries, retrouvais à l'odeur la cave, ça sentait très fortement le vin. Il y avait encore la bouteille renversée.

J'écoutais tous les bruits. Mes sens avaient grandis, s'étaient élargis, intensifiés.

Je me fis une écharpe porte-bébé avec une draperie.

Je retrouvais la cuisine. Vide. Le frigo : j'avais de la chance, il restait une pochette de sang. Mais je ne la bus pas tout de suite. Autant que je le pourrais, je la laisserais pour Nathanaël.

J'explorais les couloirs, j'évitais les caméras avec beaucoup plus de rapidité que la dernière fois.

J'entendis des voix, je reconnus celle d'Aro. L'autre voix était celle d'une femme, mais je ne la connaissais pas. Elle était douce et mélodieuse. Une curiosité maladive me poussa à essayer d'écouter et de voir ce qu'il se passait.

Aussi discrètement que le pouvais un vampire, j'entrouvris la porte. Il y avait effectivement Aro, puis une femme, enfin plutôt une vampire. Mais je ne pouvais pas voir son visage d'où j'étais. Elle tenait un bébé dans les bras.

Comment faisait-elle pour ne pas boire son sang ? et Aro ? D'où lui venait cette maîtrise ? Etait-elle nouveau-née elle aussi ? Est-ce que c'était son enfant ? Aro visiblement n'avait pas eu qu'une mère porteuse. Mais je décidais de ne pas m'attarder. Je me retournais sans bruits, et filais pendant qu'il était occupé.

J'entendais au loin la conversation avec la femme vampire.

Cela me faisait un point de repère pour savoir exactement où Aro se trouvait.

J'attendis la nuit. Je percevais tous les bruits du palais, les voix, certaines familières, d'autres inconnues. Je pris le risque de changer de vêtements. L'odeur du sang était tellement forte, que je ne comprenais pas comment ils ne l'avaient pas encore senti. Cela accentua ma soif. Une étrange soif, comme du feu. Je ne savais pas combien de temps je pourrai tenir avec cette soif qui transformait ma gorge en parchemin. Je priais pour qu'aucun être humain ne croise ma route. Pourtant, les Volturis habitaient dans un palais, et il était en ville...

Je ne voulais pas commencer à boire du sang humain. Si j'y gouttais, je ne répondais plus de moi. A chaque pas humain entendu dans les rues, je me cachais et je m'éloignais dans la direction opposée pour ne plus sentir l'odeur. Je changeais de direction souvent.

Pourtant, je n'avais qu'une envie, les suivre. Cette envie me possédait parfois. Le poids que formait Nathanaël dans l'écharpe improvisée me rappelait à l'ordre. Alors il me fallait toute ma volonté pour résister.

Les ruelles étaient sombres, mais maintenant, j'y voyais comme en plein jour. C'était facile de les suivre, ses humains !

Ca y est, je les appelais « ces humains ». Je n'en faisais plus partie.

Leur odeur était comme un phare. Impossible d'échapper à leur odeur... mais il y en avait tellement, que je saturais d'odeur. Pendant un certain temps, je cessais de respirer. Grâce à cela, je pus m'éloigner de ce labyrinthe, et m'approcher de la sortie de la ville.

Comment se faisait-il que je ne ressentais pas cet attrait pour mon enfant ? Il était à moitié humain. Mais son odeur ne m'attirait pas, et c'était heureux.

Je n'en pouvais plus, ma soif était comme un brasier. Je dus m'abreuver : avec la rage au ventre, je dus sacrifier un gros molosse. Il était fort peu sympathique, errant et très agressif, certes, mais quand même ...c'était ça ou un humain.

Tant que j'avais encore une conscience, ce serait le molosse.

Ce qui me rassurait, c'est qu'il y aurait des fermes tout le long du chemin.

Restait maintenant à trouver encore du sang pour Nathanaël. Je pensais à des centres de transfusion sanguine. Malheureusement, c'était dans les villes...

Et un moyen de transport aussi, jusqu'aux Etats-Unis...


Seth et Mewena vont avoir un drôle de défi à surmonter, non ?

eh, eh, unleash your imagination...

Aux prochains chapitres...

P'tites reviews ?