OS surpriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii iiiiiiise ! :D

PREMIER OS POUR LE SOUTIEN DE LA SPPS !

Bon, peut-être pas tout à fait. Mais quand même. Ce couple est juste parfait.

Sinon, j'ai passé le rating en M, parce que cet OS là a des références légèrement plus osées. ( Bon, beaucoup plus osées en fait. ). Mais pas de lemon ici, désolée ! :'D

Merci encore pour vos reviews - auxquelles je vais répondre ci-dessous -, elles sont de plus en plus nombreuses et constructives, et ça me fait innnnncroyablement plaisir.

Réponse à Tiala - chan : Oh, pas de soucis ! T'es quand même passée lire et t'as même laissé une petite review sur un couple qui pourtant te paraît impossible - à moi aussi, mais bon, l'espoir fait vivre, comme on dit. Je suis ravie d'avoir pût éveiller tout ça chez toi, pour un couple qui pourtant n'avait pas l'air de t'emballer ( ? ) ! Ta commande avance bien sinon, je pense la poster d'ici la semaine prochaine. Ce sera tout gentil, mais j'espère quand même que ça te plaira :B

Réponse à Flickaspirit : Merci pour ces reviews ! ;_; Héhé, je crois qu'on a tous eut la même idée.. Nous sommes réalistes, voilà ! xD Oh, t'en fais pas, tu ne trouveras sûrement jamais de Natsu/Lucy ici. Pour le Grey/Juvia, peut-être, mais rien d'aussi poussé que les premiers OS je pense. Pour le Grey/Natsu, il y en a un trèèèèès léger au début, et puis aussi un Gajeel/Levy en fait, je t'en prie, fais-toi plaisir. 8D
Pour le niveau des OS, je dirais que ça dépend du couple sur lequel j'écris. Même si je suis plus fière du deuxième OS que pour les autres pour l'instant, le prochain devrait être pas trpo mal non plus x) et je suis contente de t'avoir fait aimer Lucy ici ! C'est vrai qu'elle passe beaucoup pour la Mary-Sue de service dans pas mal de fictions, et c'est bien dommage parce que ça tue le perso.. Mais bon. Et si, je lis aussi les scans, tu peux y aller ! xD
Pour les OS dont tu parles ; Si ça avait été un " vrai " couple, j'aurais mis un " x " à la place du " & ". Là, c'était trop léger pour en faire un vrai pairing je pense x) Et je suis pour le Gerza, même si j'aaaaaaaime le Greyza. :3
Voilà voilà, merci encore !

Je vous souhaite une bonne lecture !

Chronologie : Même si on en parle pas dans le manga, après l'arc de Tenroû, puisque je prends en compte les sept années passées.

Genre : Romance/Humour

Rating : Oh là là, M. Il le mérite largement.

Disclaimer : Les personnages de Fairy Tail ainsi que son univers appartiennent à Hiro Mashima.


Il est là. Il la regarde, avec ce regard perçant, brûlant. Il la regarde, et elle a l'impression d'être mise à nue, tandis qu'il l'étudie lentement et avec soin, détaillant chaque parcelle de sa peau, chaque cheveux, dont la couleur flamboyante provoquait chez lui ce regard surpris, impressionné, presque troublé.

Et pourtant, elle aurait juré être la plus troublée des deux, fixant la marque qui ornait le côté droit de son visage avec fascination, comme hypnotisée.

Il s'avance vers elle, sans la quitter des yeux. Il avance, lentement, avec cette démarche princière - non, royale - qu'elle trouvait si arrogante, si fière, si formelle.

Et pourtant, l'heure n'était plus à la formalité.

Il sourit. Il le sait. Mais il aime trop ça pour s'en priver.

L'agacer. L'énerver. La rendre furieuse, hors d'elle, jusqu'à ce qu'elle sorte littéralement de ses gonds. La troubler. Se montrer plus doux, plus gentil. Oublier toutes les formalités, tous ses devoirs en tant que roi et se délecter de la vue de son visage surpris.

Elle détestait ça. Elle avait horreur de ça. Et il le savait. Elle en était consciente.

Pourtant, elle tombait dans le panneau. À chaque fois. Et il s'en amusait.

Et même si elle n'oserait jamais l'avouer, ça ne la dérangeait pas tellement, au final. Parce qu'elle aimait qu'il fasse attention à elle. Qu'il ne voit qu'elle. Qu'il ne pense qu'à elle.

Et puis, ce petit sourire triomphant sur son visage lui plaisait, aussi.

Alors oui, s'il fallait qu'elle subisse tout ça pour le voir, elle l'acceptait.

Oh non, il ne lui faisait pas de mal, loin de là ; En sept ans, elle était persuadée qu'il lui avait apporté plus de joie qu'elle aurait pu en avoir en toute une vie passée sans lui.

Il s'approche. Il la touche presque, une expression tantôt neutre, tantôt amusée sur le visage. Il sourit, avec ce sourire qui fait brûler chaque infime parcelle de son corps et l'invite à relever son défi.

Elle commence à trouver qu'il fait chaud. Ou peut-être qu'il ne s'agit que d'elle, finalement.

Il frôle son visage du bout des doigts, s'attarde sur sa bouche l'espace de quelques secondes et passe une main dans sa chevelure rougeoyante, coupée dans un carré plongeant qui lui donnait cet air si strict et sauvage à la fois.

Elle frissonne, ferme les yeux. Elle est assise, immobile, totalement électrisée. Elle sent les battements de son cœur qui s'accélèrent. Totalement enivrée de sa présence, elle se sent pousser des ailes, légère, flottante.

Cette sensation étrange, dévorante, de ne pas percevoir le cours du temps et de l'espace et de se sentir transportée ailleurs, elle adorait ça. Complètement. C'en était presque magique.

Paralysée, elle ne bouge plus ; De toute manière, elle n'en est pas capable, pour une raison qui lui est inconnue mais dont elle se fiche éperdument. Alors elle attend, ses yeux mi-clos rivés sur le jeune roi, qui s'accroupit près d'elle en silence.

Il ne porte qu'une chemise blanche dont le col grand ouvert laisse apercevoir la peau qu'elle savait lisse et douce, brûlante de son torse, ainsi qu'un simple pantalon de couleur sombre et des bottes à la semelle épaisse et d'excellente facture. Au diable les capes doublées de velours, les parures de couleurs vives et autres niaiseries royales.

Il est parfait. Absolument parfait, et elle le veut, là, tout de suite, sur le champ. Elle le veut, pour elle seule et à jamais.

Quiconque tentera de le lui prendre goûtera au fil de sa lame. Et elle lui ferai amèrement regretter, sans la moindre once de remords ; Elle se vengera par tous les moyens, tuant à mains nues s'il le fallait.

Il lui murmure quelque chose à l'oreille ; Elle ne comprend pas, mais son souffle la chatouille et lui arrache un frisson.

Elle aime cette proximité. Elle aime ces interdits, ce qu'il lui dit et qu'elle ne comprend qu'à moitié. Il la regarde, l'effleure avec une délicatesse insoupçonnée, ne se lasse pas de respirer l'odeur de sa peau et de ses cheveux dans lesquels il passe régulièrement sa main, sans qu'elle n'y rencontre de résistance ; Et bon sang, elle adore ça.

Conquise, elle se laisse faire. Un soupir s'échappe de ses lèvres entrouvertes alors qu'elle sent ses mains remonter le long de sa taille après s'être attardé sur ses jambes tremblantes, paresseusement, une série de baisers papillonnant dans son cou. Il est lent, appliqué, attentionné. Toutes ces choses ne sont qu'une douce torture à ses yeux. Elle en veut plus, il le sait.

Mais il s'en fiche. C'est lui le roi, après tout. Elle, elle n'est qu'un simple soldat qui obéit aux ordres. Elle l'a toujours été.

Alors il prend son temps. Il est soigneux, méticuleux, appréciant chaque instant, savourant chaque seconde comme il se doit de le faire. Il la torture, de ses mains, de sa bouche, de sa langue. Il vient lui mordiller l'oreille, lui arrache un gémissement qu'elle ne cherche même plus à contenir. Plus elle lui résistera, plus il s'efforcera de la faire craquer ; Elle le sait.

Ici, il n'était qu'un petit roi capricieux et elle l'objet de toutes ses attentes. Elle en est consciente.

Mais ça ne lui déplaît pas pour autant. Loin de là.

Elle finit par gémir contre ses lèvres, alors qu'il les embrasse d'un baiser qui monte progressivement en intensité, la lenteur se muant en une ardente impétuosité, sans prévenir.

Le jeu commençait maintenant.

Satisfaite, elle lui adresse un sourire presque moqueur alors que le rythme se fait plus rapide, les joues délicieusement rougies. Il y répond par un autre baiser, tout aussi soudain ; Elle l'accueille comme il se doit, cette fois-ci.

Elle ne sait même plus quand est-ce que ça a commencé. S'il fait jour ou nuit, chaud ou froid.

L'air autour d'eux se fait plus lourd, plus chaud, chargé de la passion qu'ils partagent à présent, bientôt empli par les soupirs qui se muent en gémissements impatients, leurs caresses se faisant plus insistantes, plus précises.

Le jeu tourne à son avantage. Après un accord silencieux, le roi lui donne la permission de reprendre le dessus ; Elle le fait avec joie.

Elle pense qu'elle a oublié comment respirer, pendant quelques secondes. Lorsqu'elle avale une grande goulée d'air, c'est pour la recracher aussitôt dans un cri étouffé contre l'épaule du jeune roi.

Elle se sent fatiguée, éreintée, épuisée. Une partie d'elle veut fermer les yeux, l'autre veut continuer.

Elle a chaud. Horriblement chaud. Mais elle se sent incroyablement bien.

Le cours du temps s'accélère soudainement. Elle ne sait plus si il fait jour ou nuit.

Elle est seule. Elle a un peu moins chaud. L'éclat pâle et bleuté de la lune projette sa lueur surnaturelle sur les draps immaculés du lit immense dans lequel elle est étendue. Elle sent sa peau nue sous les draps de soie.

Il est parti.

Le décor change ; Elle observe toute une assemblée. Elle sourit, sans savoir pourquoi.

Lorsqu'elle tourne la tête sur le côté, elle le voit, debout prêt d'elle. Elle remarque qu'ils traversent la foule, transporté dans un char richement décoré de fleurs.

Des fleurs.

Il est tout habillé de blanc et d'or. Avec une stupeur qui se mua en horreur, elle constata qu'elle aussi. Une bague scintille à son doigt, symbolique.

Les gens pleurent, souriants. Ils jettent des fleurs, des plumes, du... Riz ? derrière leur passage.

Elle reconnaît certains membres de cette guilde, Fairy Tail. Ils lui sourient.

Ils sourient. À elle. À la Tueuse de Fées.

Tout va trop vite ; Elle panique. Elle est assise aux côtés du roi, vêtue d'une robe richement ornée en bijoux et tissus luxueux. Sur sa tête, le poids trop léger pour être celui d'un casque et trop lourd pour être le celui de ses cheveux, à l'époque où ils étaient longs et où elle les nouait en chignons l'intrigue. Ses doutes se confirmèrent lorsque le bout de ses doigts - aux ongles propres et soigneusement limés et vernis - touchèrent les bords métalliques d'une tiare dorée.

À côté d'elle, il lui sourit. Il a l'air plus vieux ; Ça l'effraie.

En face d'eux, un homme, qu'elle reconnaît comme ayant fait partie de son groupe de soldats. Il leur sourit.

Il lui sourit, à elle, son supérieur. Elle lui adresse un regard empli de dédain et lui intime de partir du regard.

Il a l'air soudainement effrayé, comme s'il s'était soudainement souvenu de qui elle était. Il fait une rapide courbette, respectueuse, et détale sur le champ.

Il la regarde avec un air surpris. Puis, sans que ça ne paraisse surprenant aux yeux des autres, il pose sa main sur la sienne et lui sourit avec douceur, un léger rire s'échappant de ses lèvres entrouvertes.

Elle chasse sa main, horrifiée. Et si quelqu'un les voyait ?!

Il ne semble pas y faire attention. Soudain, le son lointain d'un chant de trompettes retentit.

Elle écoute attentivement, essayant de reconnaître la signification de cette fanfaronnade.

C'est trop flou. L'esprit embrumé, elle tente de se lever pour s'approcher d'une fenêtre.

Elle tombe. Sous ses pieds, le sol disparaît. Elle tombe.

Elle crie, appelle à l'aide. Les ténèbres obscurcissent sa vision, sa perception.

Puis tout devint noir.


Erza se réveilla dans un sursaut de terreur, un cri incontrôlé s'échappant de ses lèvres.

La réalité la frappa de plein fouet ; En jetant un coup d'œil à son lit, elle constata qu'elle était seule - et sans doute fût-ce ce qui l'avait le plus déçue, lorsqu'elle se rendit compte que tout ce qu'elle venait de vivre ne s'était pas réellement passé.

Lâchant un profond soupir, elle tenta de retrouver son calme et d'apaiser les battements effrénés de son cœur, sa peau presque luisante de sueur.

Un rêve.

Rien qu'un rêve. Un putain de rêve.

Un rêve dont elle se serait bien passée de la deuxième partie.

La première, elle, en revanche, s'était avérée être particulièrement plaisante.

Le bruit des trompettes raisonna à nouveau, attirant son attention. Bien plus clair et distinct que dans ses songes, Erza comprit bien vite ce qu'elles annonçaient.

Le Roi était de retour.

Massant ses tempes douloureuses, Erza soupira longuement, avant de jeter un coup d'œil à l'horloge murale.

À cette petite merveille, qui fonctionnait grâce à cette source d'énergie découverte depuis peu et dont elle se foutait éperdument, sauf lorsqu'il s'agissait d'armes.

L'horloge affichait 3:00. Ce qui signifiait qu'elle avait encore quatre heures de sommeil - qu'elle espérait réparateur, cette fois-ci - devant elle.

Ses yeux bruns fixant la fenêtre par laquelle elle apercevait la lune d'Edoras et un autre de leur satellite, Erza bailla longuement, se rallongeant une fois sa respiration et son rythme cardiaque un peu plus calmes.

Le Roi était de retour. Gérard était de retour.

Elle eut un petit sourire ; Enfin de retour.

Depuis combien de temps ne l'avait-elle pas vu, lors de ces moments particuliers qu'il n'accordait qu'à elle, qu'elle ne donnait qu'à lui ? Depuis combien de temps cette foutue mission de diplomatie le retenait loin de son palais, loin d'elle ? Depuis combien de temps n'avait-il pas profité d'une remarque d'un de ses conseillers ou d'un de leurs rares moments d'intimité pour la taquiner, la mettre en colère et puis la rattraper, pour ne la laisser partir que longtemps après ?

Ses yeux bruns se fermèrent après plusieurs minutes sur le plafond blanc.

Elle aura bien le temps de réfléchir à ses rêves pour le moins troublants lorsqu'il fera jour.


Erza fulminait. Bouillonnait littéralement de colère, même.

Il avait fallu que ce fichu rêve ne la trouble qu'un tout petit peu pour qu'elle y réfléchisse toute la nuit. Toute la nuit !

Alors évidemment, elle n'avait trouvé le sommeil que de longues heures après, fatiguée. Résultat ? Elle était en retard. De presque trente minutes.

Elle avançait à pas furieux, vêtue comme à son habitude, les pièces métalliques de ses vêtement cliquetant à chaque balancement de ses hanches. Même après sept ans, ses habitudes vestimentaires n'avaient pas tellement changées.

Son armure était un peu plus dénudée, peut-être. Tout était calme, trop calme ; alors elle avait troqué ses guêtres métalliques contre de hautes cuissardes d'un cuir sombre laissant apercevoir la peau blanche et nacrée de ses cuisses.

Elle capta le regard intéressé d'une sentinelle souriant bêtement, dans le couloir.

Il n'en fallut pas plus pour l'énerver d'avantage.

- « Qu'est-ce que tu regardes, abruti ?! »

Le pauvre homme baissa aussitôt les yeux, accompagné des toussotements de son collègue qui ne pût s'empêcher de pouffer discrètement, avant de le rejoindre dans son mutisme lorsque le regard perçant de Knightwalker lui intima fermement de se taire.

Elle finit par arriver devant une porte, plus grande que les autres et décorée de la même manière que toutes celles du palais, entièrement rénové et éclatant de lumière.

Erza soupira longuement et réajusta une mèche de ses cheveux pourpre, pour enfin pousser le lourd battant de bois et entrer.

Un silence religieux l'accueillit, tandis qu'elle allait rejoindre la chaise qui lui était réservée autour de la grande table rectangulaire du conseil, seuls véritables meubles de la pièce, éclairée par plusieurs fenêtres auxquelles avaient été superposés des rideaux clairs à la bordure dorée.

Un discret soupir de soulagement s'échappa de ses lèvres. Il n'était pas encore là.

Seulement, à peine eut-elle le temps de tirer sa chaise qu'une autre porte s'ouvrit, les autres membres déjà assis se levant en signe de respect.

Knightwalker retint son souffle, baissant immédiatement les yeux.

Elle l'entendit avancer vers son siège, posé juste à côté du sien - puisqu'en temps que représentante des forces armées, elle se tenait à sa droite. Pire, elle pût entendre, sentir chacun de ses souffles, la chaleur qui émanait de son corps, la brève respiration qu'il prit avant que sa voix, grave, vibrante, ne raisonne dans la salle silencieuse.

- « Merci. Vous pouvez vous asseoir, messieurs. »

En une fraction de secondes, elle vit le regard en coin qu'il lui adressa, alors qu'elle s'asseyait à son tour. Ce regard qu'il lui adressait pour lui faire comprendre qu'il était conscient qu'elle était présente dans cette salle en tant que soldat, mais qu'il la considérait tout de même comme la femme qu'elle était.

Cette simple pensée lui rappela les songes qui l'avaient hanté et lui arracha un frisson, ce qui eut pour effet de la rendre furieuse contre elle-même.

Erza fulminait.

Bon. Il fallait l'admettre, et elle l'aurait crié haut et fort si elle n'accordait pas autant d'importance à sa fierté. Le Roi d'Edoras était un bel homme. Vraiment. Et sûrement n'était-elle pas la seule à avoir eut ce genre de rêve à propos de lui. À la seule différence qu'elle, elle pouvait affirmer - et cette fois-ci, rien que par cruauté, par plaisir même, elle l'aurait hurlé s'il le fallait, juste pour observer les mines défaites de toutes ces jeunes filles transies d'un amour factice et rêveur provoqué par leur seule imagination envers le jeune roi - que lors de moments secrets comme celui-ci, c'est véritablement comme ça qu'il était. En un peu plus réel. Et encore plus sadique à son égard, si on pouvait appeler ça du sadisme.

Mais leur relation ne lui avait jamais parue suffisamment... Enfin, telle qu'elle aurait pu s'imaginer qu'ils pourraient se marier, un jour. Encore moins qu'elle, Erza Knightwalker, celle que l'on avait surnommée la Tueuse des fées pour les actes qu'elle avait commis par le passé puisse un jour monter sur le trône.

Erza ne voulait pas le pouvoir. Elle, elle était faite pour la guerre, le combat. Pour l'acharnement, les blessures, le sang. Les armes, les cris, la douleur. La peur qui se muait en la plus belle adrénaline qu'elle n'ai jamais pu ressentir autrement ; Ça, c'était le quotidien de la capitaine de l'armée.

Ou du moins l'était-ce.

Après que la magie n'ai définitivement quitté ce monde, elle avait eut beaucoup à faire, à la fois en tant qu'habitante d'Edoras, mais aussi - et Erza remerciait secrètement Gérard de l'avoir comprit, même s'il ne lui en avait pas parlé une seule fois, conscient qu'il ne ferait que lui rappeler de douloureux souvenirs et froisser sa fierté - pour expier ce qu'elle voyait maintenant comme une faute, en aidant les autres.

Pas parce qu'elle avait tué. Ça, n'importe quel soldat aurait pu le faire à sa place.

Mais elle, elle avait aimé ça. Et si cette idée lui paraissait tout à fait naturelle à l'époque, la société d'aujourd'hui avait changé. Son point de vue avait changé.

Aujourd'hui, on ne tuait qu'en cas d'ultime nécessité ; Et encore. Aujourd'hui, tuer était de nouveau interdit, autant moralement que par la loi.

Alors oui, s'il fallait qu'elle n'ai d'autre choix que tuer, même aujourd'hui, elle le ferai. Elle serai implacable, précise, rapide. Sans la moindre hésitation.

Mais elle n'aimera pas ça.

Gérard lui avait laissé du temps, vaquant à ses propres occupations en tant que roi. Puis vint un jour où elle était venu lui parler de la requête d'une de ses jeunes recrues, qui avait demandé à être relogé dans de nouveaux locaux plus spacieux ; Lorsqu'elle lui avait demandé pourquoi, une jeune femme était apparue, caressant tendrement son ventre rebondi. Erza n'avait rien ajouté de plus et s'était immédiatement rendue dans le cabinet du roi, où il se trouvait la plupart du temps.

Lorsqu'elle était entrée, elle l'avait surpris en plein débat avec ce qu'elle avait rapidement identifié comme étant un espion ; On lui rapportait qu'un groupe de résistants dont l'opinion quant à la politique du pays et la disparition totale de sa magie était totalement différente comptait s'en prendre aux habitants d'un village voisin en guise de représailles.

Gérard avait soupiré, prenant son visage entre ses mains.

Alors, Erza était intervenue et s'était portée volontaire pour régler le problème. Le village était bien trop éloigné de la capitale pour prendre le risque d'y envoyer un détachement de soldats, dans l'hypothèse où il ne s'agirait que d'un stratagème visant à s'en prendre à la capitale elle-même, c'est pourquoi elle se proposa pour voir ce qu'il s'y passait de ses propres yeux.

Elle avait vu son regard se faire soudainement intéressé - et reconnaissant, surtout - tandis qu'il admirait ses capacités stratégiques. Lui et son espion - un homme, aux épais cheveux frisés en un afro sombre et aux oreilles ornées de bijoux métalliques ressemblant vaguement à des clous - l'avaient écoutée avec soin, se permettant par moment de suggérer quelque chose ou de simplement acquiescer et écouter en silence.

La décision s'était faite rapidement ; Une monture l'attendrait aux bordures des portes en fin de journée.

Le cœur gonflé d'excitation à l'idée de reprendre du service, elle fut néanmoins surprise lorsqu'elle distingua une silhouette qu'elle connaissait bien, le soir venu, vêtue de vêtements de combat faits d'un tissu simple mais résistant superposant des bandages de protection et le visage entièrement caché, ne restant qu'une petite fente qui lui permit de plonger dans son regard vert, entrain de flatter le cou de l'immense oiseau au plumage sombre qu'on lui avait préparé.

Le Roi lui-même l'accompagnait.

Silencieuse, elle ne s'était pas opposée à cette idée ; Lui aussi avait peut-être besoin de se rendre utile autrement, de s'éloigner de ses devoirs et obligations et de se libérer l'esprit pour quelques jours.

Le voyage s'était déroulé sans problèmes. Rapidement, elle s'était rendue compte que sa personnalité était en vérité beaucoup plus joyeuse qu'il ne le laissait paraître. Curieux de redécouvrir son pays, il lui demandait sans cesse d'éclairer sa lanterne, la questionnait, intarissable ; Mais ça ne l'avait pas tellement dérangée, au contraire. Bien qu'un peu réservée au début, elle s'était faite une joie de lui répondre, rajoutant quelques détails qui lui étaient personnels pour rendre la découverte d'autant plus intéressante. En échange, lui lui parlait de magie. Les yeux brillants, elle ne s'était pas faite prier pour l'écouter avec attention.

Et puis ils étaient arrivés au village.

Trop tard.

L'odeur si reconnaissable à son odorat pour l'avoir tant humée du sang l'avait assaillie. Et immédiatement, elle s'était rendue compte que le dégoût, qui jusque là ne s'était jamais manifesté à la vue de quelconque spectacle morbide était de plus en plus présent. Le Roi, lui, s'était fait silencieux.

Knightwalker avait eut raison ; Il avait bien fait de l'envoyer elle et pas toute une troupe de soldats.

Erza était partie explorer les lieux sans un mot, rapidement talonnée par le jeune Roi. Ils avaient bien vite retrouvés les coupables, festoyant pour une raison qui leur était inconnue, le résultat de leur toute récente tuerie encore à leurs pieds. Elle s'était laissée emporter.

Elle les avait tués. Elle les avait tous tués sans leur laisser la moindre chance, sous le regard surpris, impressionné du Roi qui n'avait pu que la regarder sans rien faire, tétanisé - de peur face à l'arme qu'elle représentait ou simplement parce qu'elle l'a avait prit de court, elle ne le sût jamais.

Mais leurs cris ne lui avaient pas semblé aussi mélodieux qu'avant. Même la couleur de leur sang lui paraissait terne, triste, bien loin du pourpre vif et flamboyant dont elle se souvenait. Ses pas s'étaient faits plus lents, tandis qu'elle exécutait cette valse mortelle qui était la sienne en faisant tournoyer sa lance au dessus de sa tête.

Parer, repousser, empaler, déchiqueter. Trancher, jeter, tournoyer, recommencer. Charger.

Les mêmes pas, la même danse. Silencieuse, elle avait fixé chacun de leurs regards s'éteindre dans le sien, glacial, implacable. Elle les avait tous tués, en seulement quelques minutes. Tous, jusqu'au dernier, ignorant leurs cris de douleur et de peur et toutes leurs supplications. Même leurs dieux n'avaient pas eut le temps d'entendre leurs dernières prières ; Des meurtriers ne méritaient pas qu'on leur laisse le temps de se laver de leurs pêchers. C'est en tout cas ce qu'elle s'était dit, alors que la pointe acérée de sa lance se figeait dans la poitrine de leur chef, dont les yeux révulsés de terreur ne virent bientôt que le néant.

Le retour, fait de nuit, avait été un peu plus pénible, bien que tout à fait silencieux. Elle regrettait, il le savait. Elle se sentait mal, presque nauséeuse, avait ressenti le besoin de pleurer - chose qui n'était pas arrivée depuis qu'elle avait rencontré son homologue d'Earthland -, même. Il avait senti, après lui avoir arraché quelques mots plein d'amertume et de colère qu'elle était sur le point de craquer ; Alors il l'avait aidée, en quelque sorte, cette nuit-là.

Conscient du chaos qui régnait dans son cœur et son esprit, le Roi lui-même s'était paré de douceur pour effacer toutes ses peines. Il avait séché les larmes qui s'étaient échappées de son regard confus, retiré cette armure pour découvrir la femme qui se cachait derrière le soldat talentueux et sans pitié. Trop confuse, trop perdue pour résister, elle s'était laissé faire, découvrant cette facette tendre et attentionnée, compatissante, pour lesquelles elle avait baissé les armes.

Erza soupira. Depuis ça, le sens de leur relation avait clairement changé, bien qu'elle ne trouve pas de mot pour la définir. Elle appréciait sa compagnie, lui aussi. Il prenait plaisir à tester tout ce qu'il pouvait rien que pour observer les différentes expressions de son visage d'ordinaire si inexpressif, où l'on ne lisait que la colère et la concentration - et le regret, si on lui accordait une attention particulière -, elle aimait le voir sourire - parce que ça lui faisait du bien, quelque part, et que sans qu'elle puisse expliquer comment, ça la rendait heureuse aussi.

Ils se voyaient parfois, après une mission particulièrement longue ou pénible, ou simplement après une trop longue absence dans une chambre - celle du roi ou la sienne, même si Gérard préférait encore qu'ils se voient chez elle, puisque c'était plus simple pour lui de rentrer discrètement qu'elle de partir sans éveiller de soupçons -, quelque part en ville ou alors - et elle en rougit presque en effleurant la texture lisse et douce de la nappe qui recouvrait la table - dans des salles de réunion comme celles-ci, même si ces cas-là se faisaient bien plus rares - et par la même occasion, les souvenirs qui en résultaient bien plus marquants.

C'est ça ; Elle l'appréciait à sa juste valeur. En tant que roi, mais aussi en temps que soldat, bien que cette attention qu'elle lui portait, personne ne l'avait jamais eue avant ; Mais rien de plus. Ils ne planifiaient rien, ne prévoyaient rien. Même ces longs moments de tendresse et de réconfort, pour lesquels il suffisait d'un effleurement discret, d'un regard profond qui leur suffisait à comprendre le besoin de l'autre. Mais rien de plus. Rien.

Sûrement pas un mariage. Surtout pas.

Elle, Erza Knightwalker, épouse du Roi et reine d'Edoras ?

Elle sourit intérieurement. Encore moins. Mariage rimait avec ménage, avec une relation, une vraie, durable et sérieuse. Avec amour. Et l'amour, elle n'y avait pas droit ; Pas elle, pas après tout ce qu'elle avait fait. Tous ces trucs, ces fleurs, ces chocolats, ces baisers courts et chastes, ces " bisous d'esquimaux " qui lui faisait penser à un couple de vieux et lui donnait vaguement envie de vomir, elle n'y avait pas le droit. Elle n'en voulait pas. Erza Knightwalker et amour dans la même phrase, ça sonnait faux. Horriblement faux.

Non, ce qu'elle partageait avec Gérard n'était pas de l'amour. Ils couchaient ensemble, certes. S'embrassaient parfois, se réveillaient dans le même lit un peu plus rarement. Mais elle ne lui avait jamais dit qu'elle l'aimait. Lui non plus. Ils avaient eut des milliers d'occasion de le faire ; Mais ils ne l'avaient pas fait. C'était plutôt clair.

Et puis par la suite, ça rimait avec couronnement. Puis avec héritier du roi à venir, donc enfants. Et par tous les dieux, ce qu'elle pouvait détester ces trucs gluants de bave et horriblement bruyants.

Elle n'était pas faite pour ça. Elle ne l'avait jamais été.

Aussi, trop concentrée sur ses propres émotions, elle ne suivit pas la réunion qui se déroulait sous ses yeux et ne comprit qu'on s'adressait à elle que lorsque les doigts fins et experts car habitués de la main du roi effleurèrent la peau dénudée de sa cuisse gauche - avec une douceur, une tendresse même, que les autres ne virent heureusement pas - sous le tissu opaque de la nappe qui recouvrait la table, réveillant par la même occasion milles et une sensations qui l'avaient parcourues la nuit dernière.

Elle avait sursauté et s'était retenue de toutes des forces de laisser échapper un cri de surprise.

Et si elle eut l'air très calme en apparence en demandant avec toute la politesse dont elle était capable au conseiller de la défense de répéter ce qu'il venait de lui demander, intérieurement, elle était tout bonnement entrain de mourir de honte et se giflait mentalement avec toute la force dont elle était capable.

Elle sentait son regard posé sur elle, à la fois intrigué et inquiet. Elle n'était pas dans son état normal ; Il l'avait parfaitement remarqué.

Erza déglutit lorsque son regard croisa le sien ; Il allait demander à lui parler. Elle le savait.

La réunion prit fin après de longues heures de débat, au grand soulagement de la capitaine de la garde qui soupira en se massant les tempes, tandis que la salle se vidait progressivement.

Il la fixait. Elle le savait. Ça la gênait. Ça, il le savait aussi.

Il se demandait simplement pourquoi.

- « Capitaine ? Quelque chose ne va pas ? »

Erza frissonna ; Encore. Diable, pourquoi fallait-il que sa voix lui fasse autant d'effet ?

Elle se sourit à elle-même. « Oh, si, tout va bien. J'ai juste rêvé de nous faisant passionnément l'amour toute la nuit, puis de notre mariage et de moi en tant que reine d'Edoras. »

Quoi de plus normal ?

Elle finit par se lever et s'étira longuement, sous l'œil attentif du jeune homme qui la rejoignit en silence près de la fenêtre.

- « Ça va. J'ai juste... Enfin, j'ai eut une nuit agitée. » , répondit Knightwalker en baissant les yeux.

- « Mauvais rêves ? » , continua Gérard en tentant de capter son regard. « C'est assez déplaisant, mais ça arrive à tout le monde, vous savez. Même si j'avoue être plutôt surpris que ça puisse vous arriver à vous aussi. » , ajouta-t-il plus bas, alors qu'elle se retenait de sourire.

Déplaisant ? Oh, ça non. Enfin, sûrement pas la première partie. Celle-là, elle était parfaite.

Devant son évidente absence de réponse, le souverain soupira en s'appuyant contre la fenêtre, laissant son regard défiler le long du paysage.

Bon sang, voilà qu'elle se mettait à rougir.

En même temps, comment ne pas l'admirer ?

Il portait une parure de couleur blanche - comme la chemise de son rêve - ornée de toutes sortes de décorations si reconnaissables qui mettaient en évidence son statut de roi ; Erza songea que ça lui allait bien.

Même si elle le préférait très largement sans.

En sept années, ses cheveux avaient poussés, et contrairement à elle qui les gardait courts - peut-être plus en souvenir de pour qui elle les avait coupé et pour montrer qu'elle avait changé qu'autre chose -, lui les gardait plus longs, quelques mèches - bien que drôlement rebelles pour un roi - soulignant sa mâchoire si joliment sculptée, contrastant d'avantage avec cette marque sur le côté droit de son visage ; Cette marque qui intriguait tout le peuple, mais qui l'intriguait elle, surtout.

Sans prévenir, Gérard fit soudainement passer son regard du paysage à l'étendue sauvage de ses prunelles brunes. Elle sursauta. Il sourit, plutôt fier de lui. Elle baissa la tête.

Trahie par elle-même, Erza ferma les yeux lorsqu'il leva une main pour effleurer sa joue, dégageant le côté droit de son visage des cheveux qui la recouvraient bien trop souvent à son goût.

- « Si tu veux m'en parler, je suis prêt à tout entendre. » , souffla-t-il à voix basse, tout juste assez fort pour qu'elle l'entende.

Elle ne pût s'empêcher de sourire ; Maintenant seuls, voilà qu'il la tutoyait. Tant pis pour les règles, tant pis pour la formalité, tant pis pour la politesse qui voulait qu'ils se comportent ainsi.

Ici, seul avec elle, il n'était plus le Roi. Ici, emprisonnée entre un recoin du mur et le torse musclé de l'homme qui avait habité chacun des rêves de sa dernière nuit, elle n'était plus le capitaine de la garde royale, le meilleur soldat de toute la légion.

Il était juste Gérard. Elle n'était qu'Erza.

Rien de plus.

- « Ta mission s'est bien passée ? » , finit-elle par demander, alors qu'ils se fixaient les yeux dans les yeux depuis quelques minutes déjà.

- Hm, oui. Mais votre absence a été particulièrement remarquée, Capitaine... » , ronronna Gérard avec un de ses énigmatiques sourires, se penchant d'avantage vers la combattante.

Erza sourit à son tour, amusée.

Le piège se refermait. Aussi sûrement que la distance entre le torse du jeune roi et le mur - et donc, par la même occasion, la jeune femme qui se trouvait plaquée tout contre - se faisait moins importante de secondes en secondes. Aussi sûrement qu'avec un sourire, Erza franchit les quelques centimètres qui les séparaient et s'empara avec une joie qu'elle eu du mal à cacher des lèvres du souverain, comme a son habitude bien trop impatiente.

Aussi sûrement qu'il répondit à ce baiser, à cette invitation, à cette danse qui était la leur. Aussi sûrement que le silence environnant se remplit de soupirs, démonstration du soulagement mêlé de plaisir qu'ils partageaient.

Aussi sûrement que trois coups raisonnèrent soudainement à la porte, alors qu'Erza venait de se rendre compte de sa soudaine proximité entre la table et le bassin du souverain.

Ils se séparèrent vivement et à contrecœur, la capitaine étouffant une série de jurons particulièrement bien choisis - arrachant par la même occasion un soupir amusé de la part de Gérard qu'elle ne perçût qu'à moitié, bien trop en colère et l'esprit pas tout à fait clair après la frustration que venait de lui provoquer cette soudaine interruption.

Ça faisait presque trois semaines, bon sang ! Trois semaines !

Elle réajusta l'écharpe qui couvrait ses épaules et il fit de même avec ses vêtements avant de déclarer un « Entrez ! » , d'une voix forte, après s'être assis à sa place autour de la table du conseil.

Assise sur la table comme si de rien n'était, Erza lâcha un discret soupir en tapotant ses joues brûlantes et encore rougies, écoutant d'une oreille distraite la brève conversation entre Gérard et un de ses conseillers, qui jeta un regard vague vers la jeune femme pour partir en soupirant, demandant probablement aux dieux pourquoi avait-il fallu que ce corps si parfait habite en réalité un véritable monstre.

La capitaine attrapa nerveusement une mèche de cheveux alors qu'il s'approchait à nouveau d'elle, d'un pas un peu plus actif cette fois-ci.

Il s'excusa dans un regard. Elle fit mine de tourner la tête en guise de réponse, ne pouvait néanmoins pas empêcher un petit sourire étirer ses lèvres.

Et, alors qu'une main du souverain se balada avec lenteur dans ses cheveux avant de se poser derrière sa nuque, faisant naître en elle l'espoir d'une hypothétique suite à ce qui venait brusquement de d'interrompre, Erza se figea tout à fait.

Peut-être parce les lèvres qu'elle s'attendait à sentir contre les siennes se posèrent sur son front, avec une tendresse, une affection telles que ce simple baiser en parut presque attentionné, chaste, à un point que ça suffit pour la déranger, la gêner, à faire paraître ce petit geste différent, trop différent pour la laisser indifférente.

Et le trouble s'installa encore, alors que Gérard attirait dans ses bras une Erza tétanisée par quelque chose qu'elle n'arrivait pas à définir, confuse et perdue, complètement immobile.

La main qu'elle sentit caresser ses cheveux fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase.

Parce que ce geste d'habitude passionné, presque instinctif et fasciné venait de se changer en autre chose de clairement différent, encore plus lent.

C'était tendre. Doux. Attentionné. Ça fit battre son cœur plus vite, lui fit peur, atrocement peur.

Parce que ça, cette étreinte, cette chaleur, ça ressemblait presque à la définition si vague et indéterminée de cette chose que le commun des mortels appelaient l'affection. L'a...

Non.

Et ça lui fit peur. Vraiment.

Parce que personne ne lui avait dit que ça pourrait être possible. Qu'amour et Erza, ça puisse être dans la même phrase. Encore moins si on y rajoutait Gérard.

Les mains posées sur le torse du souverain, Erza tenta de se dégager avec - et c'est probablement ce qui l'inquiéta le plus - contrecœur.

- « M-Mais... mais qu'est-ce que tu fais ? »

Elle se maudit intérieurement. Sa voix tremblait. Tout son corps tremblait. Et lui, cet imbécile de roi bien trop malin à son goût, il la serrait de plus en plus fort contre lui.

Son cœur battait vite. Trop vite pour qu'elle puisse réfléchir. Vite et fort. Tellement fort que ça lui fit presque mal. Et avec horreur, elle constata qu'à chaque fois qu'elle essaya de se calmer, ce machin qui tambourinait dans sa poitrine ne se faisait que plus persistant.

Ce n'était pas normal. Pas chez elle. Il était entrain de la câliner, elle, la capitaine de la garde royale, le soldat le plus doué et le plus dangereux de tout le royaume d'Edoras. Et plus elle essayait de s'éloigner, plus il la serrait contre lui, si fort qu'elle ne sut pas si elle avait juste oublié de respirer ou si elle n'y arrivait tout simplement pas.

C'était bizarre. Étranger. Différent.

Mais le plus effrayant dans tout ça, c'est que ça lui parut beaucoup trop agréable à son goût. Ça lui faisait du bien, tout en lui faisant atrocement peur.

La ligne qu'ils s'étaient fixé venait d'être franchie. Et, soudainement rattrapée par ses souvenirs et ses devoirs, Erza n'était pas tout à fait sûre qu'il s'agisse de ce qu'elle avait souhaité pour eux. Pas sûre du tout.

- « Shh... Ça va, personne ne nous voit. Détends-toi. »

Et c'est ce qu'elle fit, sans vraiment pouvoir y faire quelque chose. Après un long frisson, elle sentit des muscles bandés se détendre petit à petit, alors que la douce chaleur qui l'avait enveloppée et dont elle n'avait pas voulu la pénétrait avec douceur, réchauffant sa poitrine meurtrie. Elle remarqua enfin qu'il sentait bon, le visage enfoui dans son épaule.

La jeune femme ferma les yeux et se gifla mentalement. Depuis quand est-ce que ce genre de détails l'importait ?

C'était bizarre. Trop bizarre. Presque irréel. Tellement que pendant quelques secondes, elle cru qu'elle était de nouveau entrain de rêver.

Il y avait une différence entre ce qu'ils partageaient sans réels sentiments, sans cette attache futile, sans cette ancre qui l'empêchait d'avancer correctement et ça.

Et ce ça, ça l'intriguait. C'était nouveau, bizarre, tellement bizarre. Étrange. Trop étrange.

C'était doux. C'était chaud. C'était bon et douloureux à la fois. Ça revenait comme ça, d'un seul coup, après avoir été enfoui après aussi longtemps.

Ça rimait avec relation, avec sérieux, avec sentiments. Et puis peut-être avec mariage, avec vie, avec enfants. Avec bonheur, réconfort et douceur.

Mais pas avec arme, avec sang. Avec combat, avec Erza. Non, non, tout ça...

Tout ça, en fait, on s'en fiche. On s'en fiche. Royalement, même.

Peut-être parce que Gérard est entrain de l'embrasser ; Longuement, avec douceur. Comme jamais il ne l'avait fait - sauf peut-être une fois, lors de cette nuit où il avait séché les larmes incontrôlées qu'elle avait laissé s'échapper, lors de cette première nuit où les choses avaient commencé à changer.

Et ça lui plut. Beaucoup. Tellement, qu'en fait, le reste, eh bien ça lui parut franchement insignifiant. Futile. Et qu'elle se dit qu'elle ferait mieux de réagir un peu et de répondre à cet élan de tendresse, plutôt que de réfléchir et de rester là, assise, immobile, sur une table.

Chose qu'elle fit. En le suivant le plus possible dans sa démarche, mettant de côté le fait qu'elle, elle préférait ce genre de choses avec une cadence plus élevée, jusqu'à ce qu'ils se séparent, plus lentement encore si c'était possible.

- « Il faut que j'y aille, Erza. »

Elle aurait pût le retenir. Ne pas le lâcher. Jouer de sa sensibilité à son égard, lui faire oublier tous ses devoirs pour un moment.

Elle ne le fit pas ; Parce qu'il était le Roi, et elle le soldat.

Il reposa brièvement ses lèvres sur son front en guise d'excuse et la laissa ici, encore troublée et les joues vaguement rougies.

Avant de passer la porte, Gérard se retourna soudainement, un léger sourire aux lèvres.

- « Quoi que ça ai pût être, dis-toi que c'était sûrement un message de ton subconscient. Réfléchis-y. »

Elle lui sourit. Alors il s'inquiétait ? Pour elle ? Comme si un simple rêve allait la mettre en danger ou lui faire du mal.

- « Et si je ne trouve pas ? »

Gérard eut un petit rire et souffla avant de quitter la salle.

- « Alors je t'aiderai à trouver. On se voit tout à l'heure chez toi. »

Erza sourit, songeuse.

Bon sang, ce qu'elle pouvait se sentir bête. Et incroyablement heureuse, aussi.

Ce sourire peint sur son visage ne voulait pas partir ; Et tant pis si ça l'agaçait.

Pendant quelques secondes, Erza se demanda si son homologue d'Earthland était aussi maladroite sur le plan sentimental qu'elle ; S'il existait un Gérard, là-bas aussi. Avant de se dire qu'après tout, si elle s'appelait aussi Erza, elle sera très certainement capable de s'en sortir la tête haute.

Une histoire de subconscient, hein ?

La jeune femme s'étira longuement, attrapa sa lance qu'elle avait posée contre le dossier de sa chaise et prit le chemin qui la mènerai vers les casernes, ce même sourire aux lèvres.

Au diable ce subconscient et ce message qu'il n'était même pas foutu d'exprimer explicitement.

Ce soir, elle allait raconter son rêve à Gérard. Tout son rêve. Dans les moindres détails.

Et tant pis pour le message que ça cachait. Ils n'avaient pas besoin de ça pour comprendre que leur relation avait changé.


*Chutepourriespotted*

Voilà voilà.. Je pense que je vais encore écrire sur ce couple à l'avenir. Même si je vous avoue qu'entrer dans les pensées d'Erza ne fût pas une chose facile du fait qu'elle ne soit que peu mise en avant dans le manga, on verra bien comment est-ce que je m'en suis sortie...

Une review/remarque/question/commande/critique ? Tout est toujours bon à prendre !

Bon, du coup la suite, ce sera dimanche, mais avec un OS un peu plus long et un pairing plus ou moins peu utilisé. Vous comprendrez le " plus ou moins " le moment venu xD

Enfin bref. Merci pour votre lecture, n'oubliez pas de me dire ce que vous avez pensé de tout ça et à bientôt ! :)

Bymeha