Cette fanfiction participe au concours Twilight n°1 de DAEDT.

Thème du concours : Les personnages secondaires

Date de rendu maximum : 1/12/2011

Correctrice : Minakato (merciiiiiiiii !)

Note : Minakato participe au concours avec son texte "Gianna", je vous invite à aller le lire !

Note 2 : "Paul" est une déviation de Twilight qui prend en compte tout les évènements jusqu'à ce que Bella gifle Paul. Les chapitres feront environ 2.000 mots et ils seront postés au gré de mon écriture et de la correction.

Note 3 : Comme Minakato est toujours aussi rapide et efficace (merciiiiii !), je vous met immédiatement le chapitre 8.

En espérant que cette histoire vous plaise, merci !

- Chapitre 8 -

Il ouvrit les volets usés par les années et ne referma pas les fenêtres. L'humidité ambiante rendait l'air putride et n'arrangeait pas l'état de ses blessures. Il s'accouda au chambranle fendu, perdu dans ses pensées pendant un long moment avant de se décider. Balai, serpillière, chiffon. Ça ne brillerait jamais, mais au moins il n'aurait pas cette impression de crasse qui s'accrochait à sa peau. C'est dans ces moments-là, qu'il aurait aimé avoir de la musique. Faire son ménage en chanson, ça lui aurait bien plu.

Son boitement s'accentuait sans qu'il n'y prenne garde. Ce n'était tout de même pas son corps qui allait l'empêcher de tenir un chez-soi moins miteux que miteux, n'est-ce pas ? Pourtant, à bout de souffle, les genoux tremblants, il dut accepter la vérité. Il n'était pas encore prêt pour ce genre d'exercice. La chasse de la veille, sa première chasse depuis ce qui lui avait semblé être une éternité, avait été difficile et douloureuse. Il avait réussi à débusquer quelques petites proies. Il avait de l'expérience mais plus aucune agilité et son souffle fort bruyant alertait les animaux des environs. Maintenant, son corps courbaturé lui empêchait de faire le moindre effort.

S'il avait été plus calme, plus patient et plus riche aussi, il aurait eu un potager et un petit élevage de volailles. Il avait toujours aimé le goût de la volaille. Seulement, il n'avait jamais été calme, patient ou riche. Si sa compagne lui apprenait peu à peu à faire preuve de sang-froid, l'argent ne tombait pas encore du ciel...

Il se revoyait encore lui dire non, refuser son invitation sèchement, comme si c'était un choix. Comme si c'était sa volonté. S'il n'avait pas eu peur, dans un sursaut de lucidité, que le mur s'écroule, il aurait frappé dedans.

Comment aurait-il put rejeter son invitation autrement ? Lui dire qu'il était pris ce soir -là, elle savait aussi bien que lui que ce n'était pas le cas. Il n'allait que chez Sam et Sam l'avait bien assez vu ces derniers jours ! Lui dire qu'il ne voulait pas passer de temps avec elle. Elle aurait pu le croire, sans doute, mais c'était également faux. Il avait envie de connaitre cette femme que ses instincts lui donnaient pour compagne. Lui dire qu'il n'avait pas le droit de sortir de la réserve. Elle le savait déjà et jamais il ne se rabaisserait ainsi devant elle. Lui avouer qu'il n'avait plus de tee-shirt, plus de pull, plus de chaussettes, plus de chaussures et qu'il avait honte de se montrer ainsi ? Continuellement habillé d'un short à moitié sale. Non, ça, c'était définitivement trop proche de la réalité. Alors, il l'avait juste regardée un moment avant de se détourner sans un mot. Il ne la suivrait pas.

Il aurait pu réfléchir à cette famille royale de vampire, au fait que les Cullen allaient sans doute revenir dans la région ou même au fait que sa compagne puait le vampire ou Jacob, ce qui n'était pas vraiment mieux à son nez. Ce qu'il lui avait dit la veille était sincère, ce n'était pas à lui de décider. On décidait trop à sa place pour qu'il fasse pareil à quelqu'un et surtout à sa compagne. Il serait fidèle à Sam mais il ne pourrait pas la trahir pour autant. Quoi qu'elle décide, il l'accepterait...

Il passa une main fatiguée sur son visage. Il réfléchissait beaucoup trop, il avait besoin de bouger. Il retira son short comme s'il s'agissait de la plus précieuse des reliques et le rangea dans sa commode. Son second short était chez Emily, elle acceptait de s'occuper de ses lessives en plus de cuisiner ce qu'il rapportait. Il se débrouillait pour rapporter des proies pour plusieurs personnes et il faisait la vaisselle en échange. Sa jambe ne lui permettrait pas une grande chasse aujourd'hui... ni demain.

Il muta lentement en étouffant un gémissement de douleur. Il marcha jusqu'aux limites de leur forêt et s'arrêta un instant avant de la franchir. Sam serait en colère qu'il fasse cela sur leur territoire et puis, ses sens lui indiquaient qu'il n'y avait personne aux alentours. Il se ramassa sur lui-même, effectua un bond qui le mena à une branche assez basse et posa son poids dessus. La branche émettait à peine un craquement sec qu'elle se brisait sous lui. Il retomba au sol en couinant. Et de une... La journée serait longue.

Il travailla comme un acharné, oubliant faim et soif jusqu'au milieu de l'après-midi. Il avait maintenant 28 branches d'un diamètre assez large et pas trop sinueuses. Sa gueule était suffisamment grande pour qu'il puisse les transporter deux par deux jusqu'à la maison familiale. Sur place, plusieurs Quileutes le regardèrent, intrigués. Aucun ne proposa son aide, pas pressé de se faire grogner après. Même Sam semblait perplexe devant son travail, leur ramenait-il du feu pour se chauffer ? Généralement, ils l'achetaient aux humains, mais Paul se débrouillait toujours au sein de la réserve. Pourtant ses pensées n'étaient pas tournées vers le crépitement d'un feu, ni sur sa chaleur ou quoi que ce soit d'autre.

Le travail accablant enfin achevé, il rentra chez lui enfiler un vêtement et prendre son couteau. Il l'utilisait habituellement pour vider les animaux, aujourd'hui, il l'utiliserait le moins possible pour éviter d'abîmer la lame. De ces branches épaisses, il chassa les jeunes pousses, les feuilles et autres organes qui dépassaient pour obtenir des troncs de plus en plus propres. Avec sa lame, il gratta uniquement ce qu'il ne réussissait pas à nettoyer à la main. Il brisa deux des branches en plus petites bûches et alla les planter au sol à côté de la maison. De ce côté-là, le soleil se levait et chauffait l'endroit mais un arbre conservait assez d'ombre tout de même. Le vent soufflait sur l'autre côté de la maison et cet endroit n'était qu'un perpétuel courant d'air.

Il avait planté les bûches fines, deux par deux. Plusieurs membres de la meute s'étaient rapprochés pour observer son ouvrage. Lorsqu'il fit glisser une des longues branches nettoyées entre les deux bûches d'un côté, l'immobilisant avant de faire de même de l'autre côté, ils virent se dessiner un enclos sommaire. Il le monta peu à peu sur une cinquantaine de centimètres. La nuit était maintenant tombée, il terminerait son ouvrage le lendemain. Il nota que Bella n'était pas venue à la réserve ce jour-là, peut-être avait-elle décidé de s'éloigner pour le temps de sa réflexion ? Jacob continuait de la suivre comme son ombre. Elle allait bien, alors il s'endormit sans plus de prétention dans un sommeil agité.

Au petit matin, son ventre couinait assez pour le réveiller. Il n'avait rien chassé la veille et donc, rien mangé. Il aurait pu décider d'une partie de chasse matinale mais il voulait terminer son enclos au plus vite. Il lui restait du bois déjà « taillé », il le planta tout autour de sa création pour la renforcer et pour s'assurer que ses petits prisonniers ne pourraient pas s'évader facilement en creusant. Ceci fait, il alla trouver un vieux tronc qu'il creusa à coup de pattes pour lui donner un faux air de terrier. Il l'installa, à moitié enfoui dans l'enclos. Ce n'était pas parfait, mais ce serait suffisant pour un début.

Il ne restait plus qu'à régler un problème de taille, comment attraper un lapin sans le tuer ?

Il en ramena plusieurs pour le dîner du soir après avoir passé une journée épuisante. Ils avaient trop peur de lui pour se laisser attraper vivants. Certains avaient même eu l'air de mourir de crise cardiaque lorsqu'il avait posé la patte sur eux. Peut-être devrait-il faire des pièges ? Sans corde, ça lui paraissait presque impossible à réaliser... seulement voilà, de la corde, il n'en avait pas. Totalement perdu dans ses pensées, il fut surpris de voir Bella arriver. A voir son regard noir, il sut qu'elle n'avait pas particulièrement bien pris qu'il refuse son invitation.

– J'aimerai te parler seul à seul.

Il acquiesça doucement et l'emmena dehors. De là, ils voyaient sa maison délabrée, un bout de l'enclos et la forêt sombre. Il observa un long moment ce décor qu'il connaissait trop bien et avant qu'elle n'ose prendre la parole, il demanda :

– Ton vampire va bien ?
– Ouais. Il va bien.

A travers les pensées de ce cher Jacob, il avait eu tous les détails de l'histoire. Aussi étrange que cela puisse paraître, il était soulagé qu'Edward ne soit pas mort. Enfin, pas totalement mort. Sa compagne tenait à lui et il n'avait pas envie de la voir souffrir, quelle qu'en soit la raison.

– Tu veux être transformée ?
– Alice dit que c'est le seul moyen que je survive... mais je crois que c'est aussi la seule façon d'éviter que les Volturi ne viennent à Forks tuer tout le monde.
– Je ne te demande pas si tu veux protéger tout le monde.
– J'ai voulu... autrefois. Je ne veux blesser personne. La meute est presque ma famille, maintenant. Et toi...

Il hocha simplement la tête avant de rejoindre la tablée. Il devait manger. Les pensées de Jacob étaient assourdissantes à l'intérieur. Il hurlait de toute ses forces et ce, malgré les regards courroucés des autres loups. Jacob lui en voulait de ne pas décider pour elle. Paul respira profondément, sa compagne humaine était juste derrière lui, se transformer et sauter à la gorge du meilleur ami de cette dernière n'était pas l'idée la plus brillante qui lui traversait l'esprit. Ce fut néanmoins une idée assez forte pour s'attirer les grognements de Sam et de Jacob. La soirée promettait d'être longue mais il resterait sur ses positions : personne n'avait à choisir pour Bella. Personne d'autre que Bella. Il se battrait pour ça s'il le fallait.

Sa seule chance était que l'imprégnation soit suffisamment sacrée chez les loups pour qu'on se plie plus ou moins à sa décision.

La jeune femme semblait lui en être reconnaissante alors qu'elle réfléchissait silencieusement dans son coin. Il aurait aimé pouvoir suivre le fil de ses pensées. Pensait-elle à Edward ? A son amour perdu ? A sa chance de le retrouver en acceptant la transformation ? Pensait-elle renier l'imprégnation ? Morte ou vivante, il était imprégné d'elle. Elle resterait à ses yeux sa compagne, qu'il le désire ou non. En faites, c'était même pire que cela. Quoi qu'il fasse, il la désirerait. Qu'elle soit faite de glace ou de chair.

Bien-sûr, Jacob était doué pour tout gâcher. Ce soir-là n'y fit malheureusement pas exception. Il le connaissait bien et savait visiblement où appuyer pour lui faire mal. Il lui jeta à la figure la pensée qu'elle allait l'abandonner, comme toute sa famille, pour se réfugier dans les bras d'un sang-froid qui serait bien mieux que lui. Jacob poussa le vice à s'esclaffer à cette pensée, humiliant davantage son « frère » et, loin de s'arrêter là, il imagina Bella s'abandonnant dans les bras du monstre, une Bella aux yeux rouges. Sam se jeta sur Emily pour la protéger à l'instant même où la table s'envola, percutée par un énorme loup gris fou de rage. Heureux de sa manœuvre, Jacob tenta de se poser en protecteur de Bella pour ramener la jeune femme à sa cause.

Le seul détail qu'il n'avait pas prévu, c'est qu'elle se jetterait entre eux deux. A moins qu'elle n'ait trébuché ? Tout était possible, mais sans avoir la moindre hésitation, il invita Paul à se calmer.
Jacob eut une pensée railleuse pour le loup-loup à sa mémère lorsque Seth qui ne le supportait plus lui sauta dessus. Emily ferma les yeux, refusant d'observer une fois de plus son intérieur ravagé alors que Sam tentait de calmer tout le monde.

Dans l'agitation, personne n'avait remarqué le museau énorme de Paul posé contre le ventre de sa compagne dans un geste tendre qui devenait familier.