Hey. Neuvième chapitre, il est court, parce qu'il sert de transition, en quelque sorte.

La suite arrive donc bientôt, pour compenser (je suis en train de l'écrire). ;)

Bonne lecture, et merci à Jen et alicia !


- … L'intégralité des comptes-rendus de son enquête, des mails envoyés aux hauts quartiers du Mossad, des fausses cartes d'identité, une liste de noms, des … mails qui … descriptions … meurtres en … cachés … Abby … analyse.

Ziva n'écoutait déjà plus. Son esprit était ailleurs, perdu entre les limbes de ses souvenirs, des révélations qui venaient d'être faites, de ce que tout cela incluait. Qui cela visait.

Elle serra ses poings, abandonnant le stylo qui tremblait précédemment entre ses doigts.

- Sûr que c'est Rivkin ? Questionna Gibbs.

- Ses empreintes. Partout. Répondit McGee.

Ziva sentit son regard couler vers lui. Bientôt rejoint par celui de son patron. Elle prit alors une inspiration, déglutit, et tourna son attention vers eux.

- Dernière connexion ? Demanda-t-elle d'une voix atone.

Tim cliqueta sur son clavier.

- 4 heures.

Elle réfléchit. 4heures plus tôt … elle était arrivée au travail à 8h. Michael lui avait dit qu'aujourd'hui il serait sûrement dehors, à visiter la capitale. Visiter la capitale. Elle plissa les lèvres, tentant de maintenir la colère qui grondait en elle.

- Des informations sur les Nils ? Reprit-elle.

Gibbs se leva pour aller derrière Tim. Elle attendit, et un sentiment d'inquiétude s'empara d'elle.

Etonnamment, le jeune informaticien ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais se retint. Il continua de lire les informations qu'il voyait sur son écran, sans mot dire. Derrière lui, le visage de Gibbs se ferma.

- McGee ? Insista-t-elle.

Le jeune agent déglutit. Jeta un regard à son mentor. Puis, d'une voix légèrement basse, déclama, comme s'il eut s'agit d'une liste de courses :

- Horaires de travail, photos de la maison, photos du Nils et de sa femme.

La main de la jeune femme trembla encore : elle la ferma en poing plus serré.

- Les balles correspondent. Fit alors une voix.

Les trois agents se retournèrent sur Abby. Essoufflée, elle portait une boîte en carton ouverte à la main. Cependant, ses joues n'étaient pas roses, et elle n'avait pas non plus l'air excité que lui offrait chaque nouvelle découverte.

- L'arme que vous avez trouvée. Elle n'a pas de numéro de série, mais les balles trouvées dans les corps des Nils et de leur fille correspondent.

Elle sortit, à l'aide de sa main gantée, l'arme de sa boîte en la tenant par la crosse comme s'il eut s'agit d'un objet particulièrement répugnant. Puis continua, d'une voix tranchante, ses yeux devenus sombres fixés sur l'israélienne :

- J'imagine ne pas avoir besoin de dire à qui sont les empreintes qui la couvrent.

Ziva se prit un poignard en plein cœur. Ou plutôt, une dizaine de poignards, en simultanée, sur toute la surface de son corps.

Rivkin l'avait fait. Il l'avait manipulée. Il n'avait jamais été question de revenir ici pour une quelconque rédemption, seulement pour finir la mission qui lui avait été donnée.

Et pour ça il avait tué. Il avait même tenté d'achever l'agent qui avait été le plus proche de découvrir la vérité. L'agent qui, s'il se réveillait, risquait de compromettre des mois de traque. L'agent qui n'était rien de plus qu'un dommage collatéral. Qu'un témoin gênant.

Et elle … un pion. Rien de plus qu'un prétexte pour revenir aux Etats-Unis, un prétexte qui avait pris mainte fois la défense de Rivkin, un prétexte qui lui permettait d'être au plus près de l'homme qu'il avait failli tuer, de l'homme qui pouvait arrêter sa mission.

Ziva s'efforça de reprendre sa respiration, tandis que devant elle, la laborantine tournait les talons après avoir lancé à Gibbs un regard éloquent. Ce dernier la suivit. Tim fit de même. Ils passèrent devant l'israélienne en silence, son patron lui accordant seulement un regard, où tant de sentiments se mêlaient qu'il était impossible de les différencier.

Ils l'avaient su. Ils l'avaient prévenue. Mais elle n'avait pas voulu y croire, elle s'était désespérément accrochée à ce qu'elle croyait être une preuve d'amour, ou de fidélité, ou …

Mais non. Encore une fois, elle avait essayé de s'ouvrir, accordé sa confiance. Et venait de se prendre un couteau en plein dos, cible facile qu'elle était.

Une brèche béante s'ouvrit sous ses pieds. Et elle ne tenta rien pour tenter de sortir du puits sans fond dans lequel elle chutait.

ooo

Quand elle était repassée chez elle, Rivkin n'était plus là. Il avait compris. Il n'était pas stupide.

Le fait est qu'elle avait décidé de ne pas partir à sa recherche.

Ziva s'avança jusque dans sa chambre, prit un sac, ouvrit mécaniquement son armoire. Elle en sortit quelques vêtements qu'elle fourra dedans. Elle attrapa également quelques couteaux bien cachés, ainsi que la seconde arme qu'elle possédait en plus de celle du NCIS.

Elle ressortit, attrapa ses clés, claqua sa porte.

Une fois descendue au bas de son immeuble, elle s'approcha de sa Mini rouge, rutilante au soleil presque couché de cette fin de journée. Elle porta alors sa paume ouverte à hauteur de visage, observant sans la voir la petite clé de son nouveau chez elle.

Puis, la jeune femme baissa la main, et la fit tomber au-dessus des grilles épaisses d'un caniveau.

Elle entendit le tintement du métal, un bruit d'éclaboussures.

Et remonta dans sa voiture.

ooo

Elle avait voulu faire un dernier détour. S'était garée sur le parking de l'hôpital.

Mais n'avait pu se résoudre à sortir de sa voiture, les mains cramponnées autour du volant, le souffle erratique, le cœur battant lourdement entre ses côtes.

A chaque fois que ses pensées revenaient vers Tony, Ziva avait irrémédiablement envie de vomir, un puissant sentiment de culpabilité lui enserrant les entrailles. Elle avait failli le tuer. Deux fois. Indirectement, peut-être, mais … Quoique. Etait-ce si indirect ? Ne s'était-elle pas laissé aveugler ?

Elle releva la tête, déglutit, tenta une nouvelle fois de se fustiger mentalement pour rentrer dans ce foutu hôpital, aller dans sa chambre, et lui demander pardon – tant pis s'il ne pouvait l'entendre. Peut-être quelqu'un l'entendrait pour lui et le lui répèterait plus tard, quand elle serait partie loin. Du moins, si un jour il se réveillait.

Dieu seul savait.

C'est à cet instant qu'elle croisa un visage familier.

Là, sortant de l'hôpital, le petit garçon.

Même à plus de cinq mètres de distance elle discernait ses cheveux courts bruns, ses grands yeux noirs. Il tenait la main d'une femme d'une cinquantaine d'années à la peau sombre. Elle paraissait lui parler, mais l'enfant gardait un visage inexpressif. « Leo ».

Sans s'en rendre compte, mécaniquement, l'israélienne sortit de sa voiture et fit quelques pas en sa direction.

Ils avançaient vers elle. La femme tenait une petite valisette, contenant sûrement les affaires que Leo avait pu – ou voulu – récupérer chez lui. Elle se dirigeait vers un taxi garé sur le bas-côté.

Les services sociaux. Voilà où le garçonnet allait passer le reste de sa vie.

Encore une victime. Encore quelqu'un qui avait perdu sa famille. A cause d'elle.

Ziva serra les poings et s'arrêta net. Pourquoi aller le voir ? Elle n'avait rien à lui dire. De toute façon, il ne pouvait comprendre. Il fallait juste qu'il oublie, désormais. Ou qu'il essaie.

Bras le long du corps, elle l'observa encore quelques secondes monter dans la voiture. Puis le taxi s'éloigna, jusqu'à disparaître, et la jeune femme s'en retourna vers sa propre voiture. Elle n'avait pas la force d'aller jusqu'à l'hôpital. A chaque fois qu'elle s'imaginait franchir les portes du hall, les paroles de ses coéquipiers venaient la hanter.

Ou plutôt, l'absence de parole. Les regards lourds de sens. Elle pouvait presque deviner ce qu'ils signifiaient. « Ta faute ». « Tu étais prévenue ».

Ils le lui avaient dit. Elle n'avait pas voulu les croire.

Et pourtant.

C'était sa faute. Sa faute.

Et si eux, si sa famille d'adoption lui en voulaient, comment pourrait-elle jamais se le pardonner ?

Ses mains tremblèrent sur son volant et elle essuya d'un clignement de paupière la fine pellicule qui se reformait sans cesse sur ses yeux.

Il ne lui restait plus qu'une chose à faire. Qu'une. La dernière qui pourrait lui garantir un semblant de repentir, ou au moins la seule chose qui la motiverait à avancer.

Ziva ne pourrait trouver Rivkin seule. Soit. Mais elle pouvait faire quelque chose d'autre.

Lui voler son enquête, et la terminer, pour que plus personne ne dusse en mourir.

Et pour qu'elle puisse avoir quelque chose lui garantissant une volonté de vivre. Pour ça, elle lutterait.

C'était le seul moyen d'arrêter tout ça. Elle connaissait son père. Elle connaissait le Mossad. Elle connaissait également la méfiance du gouvernement des Etats-Unis face à toute forme éventuelle d'incident diplomatique.

Arrêter ça.

Elle le devait.