Chapitre 8 :
Parce que quand tout paraît se simplifier, il faut toujours que quelqu'un vienne tout compliquer…(j'ai toujours le chic pour trouver des titres à rallonge lol)
Alice gara la Volvo sur le parking d'une petite boutique à la devanture avenante. Le poids dans ma poitrine disparut presque totalement et ce sentiment d'excitation que je ressentais lors de mes séances de shopping refit surface. Je remerciais Alice dans un sourire sincère. Je n'avais pas pensé qu'une chose aussi futile puisse me permettre d'oublier ces semaines de cauchemar, même pendant quelques instants. Nous fîmes le tour des rayons, nous extasiant sur des choses si frivoles que c'en était certainement ridicule d'un point de vue extérieur à notre groupe. Rosalie, nous suivait, gardant un œil amusé sur nous, un peu comme une grande sœur l'aurait fait. Alice m'enjoignit à choisir des affaires hors de prix. Résultat, après seulement un quart d'heures de shopping, elle portait une dizaine de pull, quatre ou cinq jeans, au moins six paires de chaussures et trois vestes. La vampire guillerette, n'était en fait venue que pour moi et j'essayais de la convaincre de regarder pour elle mais Rosalie me lança, amusée :
- Ne t'en fais pas, elle adore habiller les autres, je vais finir par lui acheter des barbies si ça continue !
Je souris et essayais chaque habit. Alice lança :
- Tu es magnifique dans chacun d'entre eux ! On prend tout !
- Alice ! soufflais-je. Tu ne crois pas que tu en fais trop ?! Que vont-ils penser après ?
- Ne t'en fais pas, Ariana…Ils ont l'habitude de mes extravagances…
- Mais quand même !
- Bah, si ça peut te rassurer, je les achète, mais je te promets que je t'en emprunterais de temps en temps…ça te va ?
- Oui mais…
- Marché conclu ! me coupa-t-elle en souriant. J'eus sincèrement l'impression de m'être faite avoir sur ce coup-là, persuadée qu'Alice ne m'emprunterait jamais rien.
- Elle pourrait ouvrir une boutique avec le tiers de ce qu'elle a dans son armoire ! me rassura Rosalie. Moi aussi d'ailleurs. S'amusa-t-elle. Nous continuâmes le shopping et lorsque plusieurs heures plus tard, nous eûmes fini de dévaliser la boutique (j'exagérais à peine) et que nous eûmes tout ranger dans la voiture – les vampires avaient vraiment un sens inouï du rangement, moi je ne serais jamais parvenue à faire rentrer tout ça dans leur voiture – on me fit entrer dans un photomaton et Alice paya pour des photos d'identité censées être utilisées pour mes faux-papiers. Ensuite, Rosalie décrocha son téléphone et lança à son interlocuteur.
- On va se déplacer un peu partout dans Forks pour voir jusqu'où le pouvoir de Bella fonctionne…Moui, Alice a dévalisé le magasin…bah, ça à l'air d'aller…Devant chez le Chef Swan…ajouta-t-elle tandis que nous traversions une rue bordées d'habitations typiquement américaine. On est toujours sous le bouclier ? Parfait…
Alice continua d'accélérer et nous passâmes devant un lycée.
- Devant le lycée maintenant… Elle la perçoit toujours…Hum…Vous avez prévenu les chiens ? s'enquit-elle, ne parvenant pas à réprimer une grimace de dégoût à l'évocation de ces chiens. Mais qu'entendait-elle par « chiens » ? Des gens qu'elle n'aimait pas ? D'autres vampires ? De vrais chiens ? La dernière explication me semblait peu probable. Pourquoi auraient-il prévenu des chiens que j'étais ici ?
- Mouais…Ils pourraient pas nous foutre la paix au moins une fois ? Je ne pense pas qu'elle ait besoin d'être encore chamboulée par… On s'approche de La Push… Ca sent le cabot à dix kilomètre à la ronde.
Cela m'étonnait de voir la vampire aussi dédaigneuse. Elle devait vraiment avoir un gros différent avec ces personnes qu'elle appelait « chien ».
- Aucun changement ? Mais il faut voir s'il n'y a aucune interférence avec eux…
Elle soupira et dit :
- Je fais un effort, je n'ai pas dis « chien » cette fois ! Il ne faut pas trop m'en demander…Pas de changements ? Bien, on rentre alors… Tu ferais mieux de leur dire de partir…
Rosalie raccrocha et je restais muette tandis qu'Alice demandait :
- Il y a qui ?
- Pareil que d'habitude…grommela-t-elle. Black et ses acolytes…Ils ont averti Uley…Ils vont faire une ronde.
- C'est plus prudent. Acquiesça Alice.
- D'autres vampires ? m'enquis-je.
- Si seulement…bougonna Rosalie.
- Voyons, sans eux, on aurait eu beaucoup plus de mal à convaincre les Volturi qu'ils feraient mieux de repartir.
- On y serait tout de même arrivés ! contra la blonde. Alice leva les yeux au ciel et me lança un rapide coup d'œil.
- Tu vas rencontrer Jacob, Leah et son frère Seth…ce sont des modificateurs…
- Des quoi ? fis-je, les yeux ronds.
- Disons que normalement, ils sont les ennemis des vampires, mais qu'ils ont fait une exception pour nous. Ils se transforment en loup.
- Attends, tu veux dire que… ce sont des loups-garous ?
Alice grimaça :
- Pas réellement, en fait leur Adn a muté et ils peuvent se transformer en loup à volonté, la lune n'a rien à voir avec ça.
- Ah…mais…ils ne sont pas…dangereux, n'est-ce-pas ?
- Non, ne t'en fais pas. Il sont très gentils…
- Ils savent pour moi ? m'enquis-je.
- Carlisle ne manquera pas de le leur dire, il vaut mieux, tu sais. Nous pourrons ainsi mieux te protéger.
J'acquiesçais alors que nous arrivions devant la maison des Cullen. Dehors, sur le perron, se tenait une jeune fille. Elle avait la peau mate, les cheveux noirs et semblait profondément ennuyée d'être ici. Les bras croisés sur sa poitrine, elle leva la tête en nous voyant arriver, signe de défi. Rosalie siffla, agacée et sortit de la voiture, passant devant la fille en l'ignorant royalement. Rosalie semblait être quelqu'un d'assez complexe. Avec moi, elle était gentille, bienveillante mais avec ces…loups-garous – l'idée avait encore du mal à se frayer un chemin dans mon esprit – elle était mesquine, même odieuse. Alice sortit à son tour et m'encouragea à avancer. Je ne savais pas pourquoi je m'inquiétais, Alice et Rosalie m'avait certifié qu'ils ne me feraient rien. J'expirais bruyamment et je sortis de la voiture, m'approchant de la louve. Celle-ci me jaugea du regard et me lança un ricanement hautain. Je fronçais les sourcils et me reculais.
- Aria, voici Leah Clearwater…Leah, voici Ariana…Elle n'est pas vampire pour ta gouverne !
Elle ignora Alice tandis que je grimpais les marches, un peu secouée par la froideur de la fille. Je comprenais un peu mieux Rosalie. Si tous les loups-garous étaient comme ça, je n'allais pas non plus les apprécier. Je voyais, à son comportement qu'elle me jugeait. Mais comment osait-elle me juger ? Je n'y étais pour rien, je n'avais jamais rien demander, j'avais subi, je n'avais rien fait ! Je n'étais pas responsable ! Sans qu'il y ait de véritables raisons, les larmes mouillèrent mes yeux et Alice me serra contre elle.
- Jasper ! appela-t-elle faiblement. Le vampire fut à nos côtés l'instant d'après et je me sentis immédiatement mieux, entourée des deux vampires, ce qui n'était pas forcément une réaction judicieuse. Je fermais les yeux et avançais jusque dans la pièce où ils étaient tous réunis. Un autre garçon à la peau mate souriait béatement à la fille de Bella et d'Edward. Il avait les cheveux noirs coupés courts et semblait obnubilé par l'enfant. Je levais un sourcil. Il était bizarre celui-là. On aurait dit qu'il était dans sa bulle avec… Renéesmée – je devais absolument parvenir à l'appeler par son prénom et non pas par un autre mot désobligeant pour elle, elle n'avait rien fait, elle était innocente -.
- Jacob, voici Ariana. Dit alors Carlisle. Le dénommé Jacob releva la tête, semblant seulement se rendre compte qu'il n'était pas tout seul et que d'autres êtres humains étaient dans la pièce…enfin, d'autres vampires et une humaine pour être plus exacte. Ariana, voici Jacob Black et – Ce dernier me fit un signe de tête – …où est Seth ?
- Dans la cuisine. Siffla Rosalie.
- Désolé, je cherchais ce qui pouvait avoir cette odeur…commença une voix masculine. Le troisième loup apparut alors devant moi. Comme ses deux autres congénères, il était immense, un peu moins que le dénommé Jacob, mais il mesurait au minimum 1m80. Ses cheveux noirs étaient plus longs que ceux du premier – qui était d'ailleurs reparti à sa contemplation de l'enfant -. Ses yeux chocolats se levèrent vers moi et il lâcha soudain la carafe d'eau qu'il tenait dans ses mains. Il me dévisageait tandis que la carafe se brisait dans un fracas assourdissant. Je reculais, effrayée qu'il me regarde ainsi. Je fronçais les sourcils tandis qu'Edward et Jacob lâchait un « merde » en chœur, signe que quelque chose n'allait pas. Jacob recula, délaissant Renéesmée pour poser une main sur le torse de son comparse.
- Seth ! appela-t-il tandis que celui-ci ne cessait de me fixer, la bouche légèrement entre-ouverte.
- Ah…fit soudainement Alice. Viens, Ariana.
Elle me traîna hors de la pièce et je n'étais que trop heureuse d'échapper à ce regard brûlant et effrayant.
- Seth ! Attends ! appela la voix de Jacob alors que je grimpais les escaliers quatre à quatre. Les deux loups nous suivirent, de même que la majorité des Cullen et je commençais à trembler, je ne comprenais rien. Qu'est-ce qui lui prenait ? Pourquoi faisait-il ça ?
- SETH ! lança Jacob, haussant un peu le ton. Calme-toi. Ajouta-t-il tandis que le dénommé Seth ne cessait de me fixer, comme s'il ne voyait que moi dans la pièce, comme si j'étais sa proie. Des images d'horreurs revinrent à ma mémoire et je me revoyais, emprisonnée par Aro. Je gémis et Jacob renchérit : Tu lui fais peur !
Cela sembla réveiller le loup qui tourna la tête pour regarder Jacob, comme un peu surpris. J'en profitais pour grimper les dernières marches en courant, les larmes coulant sur mes joues. Je m'introduisis dans l'ancienne chambre d'Edward et me laissais tomber au sol, tremblante. Alice et Rosalie entrèrent quelques secondes après moi et s'accroupirent autour de moi.
- Calme-toi. Me préconisa Rosalie en caressant mes cheveux. Mes tremblements redoublaient alors que je fermais les yeux, mon cerveau repassant en boucle mes semaines d'enfermement.
- Elle craque ! chuchota Alice.
- Evidemment, tu as vu comment il s'est comporté ?! On aurait dit qu'il allait lui sauter dessus !
- Il n'y est pour rien ! rétorqua le lutin. Aria, calme-toi, il ne te veut aucun mal, d'accord ?
Je levais les yeux vers elle. Comment pouvait-elle dire ça ? Il m'avait regardée comme si j'étais une proie !
- Aria, je t'en prie, calme-toi… me conjura Alice. Il y a une explication, si tu veux bien, je vais t'expliquer ce qu'il vient de se passer…Tu es d'accord ?
Je hochais la tête. S'il ne voulait pas me tuer, alors qu'est-ce qu'il s'était passé ?
- Les loups ont une particularité assez étrange en ce qui concerne leurs amours…
Je haussais les sourcils. Là, j'étais complètement paumée. Pourquoi me disait-elle ça ? Quel était le rapport ?!
- Attends tu vas l'embrouiller, là !
- Tu vas vu comment se comporte Jacob avec Nessie ?
J'acquiesçais.
- En fait, Jacob s'est imprégné de Nessie…ça veut dire que…Nessie est devenue la personne dont la survie et la proximité sont vitales pour Jacob… Pour simplifier, c'est un peu comme un coup de foudre…
- Un coup de foudre ? répétais-je. Mais, elle est…
- Justement, la particularité des loups, c'est qu'ils ont un coup de foudre dès qu'il voit euh…leur âme sœur…Même si cette dernière est âgée de quelques mois.
Je fronçais les sourcils. Ca encore, je pouvais éventuellement le comprendre – en théorie - mais je ne voyais pas ce que ça avait avoir avec moi. Ca n'expliquait pas pourquoi il… J'écarquillais les yeux et ouvrais la bouche, complètement incrédule. Non, j'avais du mal comprendre, mal interpréter.
- Tu as compris… souffla Alice.
- Non… dis-je, secouant la tête.
- Si. Avoua Rosalie, semblant désolée. Comme si tu n'avais pas assez de trucs à gérer comme ça…
- Rosalie, Seth n'y est pour rien…
- Mais je ne veux pas ! m'exclamais-je.
- Tu n'y peux rien, Ariana, même Seth n'y peut rien. Même s'il voulait te haïr il en serait incapable !
- Mais je…
Je secouais la tête, comme si cela aurait pu changer quelque chose. Il…ce Seth s'était visiblement imprégné de moi.
- C'est irréversible ? m'enquis-je en fermant les yeux. Alice acquiesça et Rosalie soupira avant de se figer. Elle se releva d'un bond et sortit de la pièce.
- Je t'interdis d'entrer ! s'écria-t-elle.
- Je veux m'excuser ! répliqua le garçon, semblant avoir retrouvé son état normal. Je ne voulais pas lui faire peur.
- Dégage, clébard ! siffla la vampire.
Il y eut un moment de silence et je restais prostrée à terre, les genoux ramenés contre la poitrine, mes tremblements reprenant.
- S'il te plaît, laisse-moi m'excuser !
- Tu peux très bien le faire d'ici ! Je ne te laisserais pas l'approcher !
- Euh…je…Ariana, je suis désolé, je ne m'étais pas attendu à ça, je suis vraiment navré…Je ne voulais pas te faire peur…
Le silence revint et Alice me sourit, m'enjoignant à dire quelque chose. Mais mes paroles étaient bloquées dans ma gorge. Cela me faisait bien trop peur pour que je puisse tranquillement lui dire « c'est pas grave ». Je me mordis les lèvres et Alice lança :
- Elle a compris, Seth, mais elle est trop chamboulée pour pouvoir te répondre… Vous feriez mieux de partir…
- D'accord…soupira-t-il, comme malheureux. J'entendis des pas s'éloignant de la chambre et je pus respirer tranquillement, comme libérée. Je fermais les yeux et me relevais.
- Je suis désolée. Soufflais-je.
- Désolée de quoi ? Ta réaction est tout à fait compréhensible mais tu ne dois pas avoir peur de Seth. S'il y a bien un loup-garou inoffensif, c'est bien Seth. C'est une crème…
Je souris faiblement, peu convaincue, même s'il m'avait réellement semblé désolé. Je ne pouvais pas croire qu'une chose pareille m'arrivait à moi. J'avais déjà Alec. J'aimais Alec…je crois. Je pense que je l'aime, je n'ai jamais aimé avant cela mais je ne pouvais pas croire que j'étais devenue l'âme sœur de ce Seth…
- Je suis obligée de… ?
- Tu n'es obligée de rien du tout ! coupa Rosalie, rentrant dans la chambre. Tu as déjà assez souffert comme ça, pas besoin qu'un clébard ne vienne en plus tout compliquer. Alice soupira, ne semblant pas réellement d'accord avec Rosalie. Je cherchais son regard.
- Je suis obligée ?
- Non, bien sûr que non mais pourquoi refuser quelqu'un qui donnerait sa vie pour toi ? me dit-elle doucement. Je secouais la tête, n'étant visiblement pas capable de faire autre chose.
- Alec…soufflais-je.
- Ah…oui…je l'avais oublié celui-là…grommela Alice.
- Tu crois qu'il est vivant ? Tu l'as vu ? m'enquis-je tandis que mes réactions contraires me reprenaient. J'étais à la fois rassurée et terrorisée par cette possibilité.
- Non, je ne vois rien. Soupira Alice. Mais, ne te fais pas trop d'illusions, Ariana. Allez, viens, tu devrais te reposer…
Je fermais les yeux et me laissais aller.
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Piouff, deux chapitres en deux jours, je suis inspirée… Bon, ce n'est peut-être pas ce à quoi vous vous attendiez mais ne vous inquiétez pas, j'ai tout prévu ( grand sourire). Ah oui, pour les éventuels fans de Jacob, navrée mais je ne peux pas le voir en peinture c'est bien simple – je déteste Jacob Black – donc ne vous étonnez pas si je le fais ressembler à une guimauve…je vais essayer de me retenir mais bon, je suis pas sûre du résultat. Il me paraît potable dans ce chapitre, mais c'est à vous d'en juger… Reviews ? Que pensez-vous de la réaction de Seth ? Est-ce ce à quoi vous vous attendiez ?
