Quelqu'un tape dans mon oreiller ce qui a le don de m'énerver.

C'est pas vrai! On peut pas avoir un peu de repos ici! je dis en me redressant

Je croise les yeux rieurs d'Haldir

Evidemment, j'aurais dû m'en douter.

Vous ne pensiez tout de même pas y échapper.

Je dois dire que j'ai eu un mince espoir.

Allez vous habiller, je vous veux dans quinze minutes au centre d'entraînement

A vos ordres!

Je me lève aussi rapidement que possible et je pars enfiler une tenue plus adapter au combat. Je rejoins le centre d'entraînement au pas de course. Haldir m'y attend avec un sourire aux lèvres. J'arrive à peine qu'il me jette une pomme au visage que je rattrape.

Mangez cela en courant, allez au pas de course.

Je m'exécute le sourire aux lèvres, Haldir a toujours été dur et hautain et ce n'a pas été chose aisé de le convaincre de m'entraîner. j'ai dû avoir recours à l'aide de Galadriel et il n'a pas été tendre. Mais être entraînée par Haldir de Lorien est un immense honneur pour quiconque. Je termine ma pomme et mes tours d'échauffement. Haldir est déjà prêt, l'épée à la main.

Voyons voir ce que vous avez appris sans moi pour vous superviser.

Je dégaine mon épée et me place face à lui. Très vite nous échangeons coup sur coup mais je m'aperçois assez vite que quelque chose ne se passe pas normalement. Haldir ne cherche pas à m'entraîner mais à me blesser. J'évite de justesse un coup d'épée qui aurait pu m'entailler le bras. Il cherche toujours plus loin et je saute en arrière pour éviter son épée qui passe pas loin de mon ventre.

Qu'est-ce que vous faîtes? je lui demande en évitant un autre coup.

Vous avez voulu participer à cette Quête, vous pensez que vous allez toujours rencontrer des personnes qui vous veulent du bien.

Je recule pour m'éloigner de lui. Il s'avance mais je sors un poignard et le lance juste à côté de sa tête. Il s'arrête.

Ne faîtes pas un pas de plus ou je vous vise.

Allez-y.

Je suis pas là pour vous blesser.

Vous ne devez pas blesser votre ennemi mais le tuer ou il vous tuera avant.

Je n'ai pas d'ennemi ici!

Ce ne sera pas toujours le cas Alianor.

Je sais très bien ce qui m'attend.

Vous en êtes sûr? Les Mines de la Moria n'était rien. La guerre se prépare en Terre du Milieu vous espérer sincèrement pouvoir y survivre?

Pourquoi? Parce que je suis une femme?

Ne me faîtes pas dire ce que je n'ai pas dit. Vous feriez mieux de rester ici. C'est votre place.

Ce n'est pas ma place, je ne suis pas une elfe.

Mais vous n'êtes pas une reine, c'est votre frère l'héritier du Gondor. Cette Quête n'est pas votre fardeau, l'Anneau de pouvoir n'est pas votre faiblesse.

J'ai prêté serment devant le Conseil d'Elrond. J'ai promis que j'aiderai Frodon a mené l'Anneau jusqu'au Mordor et j'irai jusque dans les flammes de la Montagne du Destin si c'est nécessaire.

Vous allez mourir Alianor

Si c'est cela mon Destin, alors qu'il en soit ainsi.

Je tourne les talons plus énervée que jamais.

Alianor!

Je ne l'écoute pas et je retourne au campement. Les Hobbits sont en train de préparer à manger. Legolas n'est pas là, Gimli semble tout juste réveillé, et Aragorn et Boromir sont sur le point de partir s'entraîner.

Tiens, Alianor, me dit Boromir, Vous venez vous joindre à nous!

Non merci j'ai vu assez d'hommes pour la journée et j'ai eu assez de reproche comme cela.

Alianor, qu'est-ce qui s'est passé? me demande Aragorn

Rien de nouveau, qu'il soit Homme, Nain ou Elfe les hommes sont tous pareils et ne supportent pas de voir une femme participer à une Quête. Mais si cela les dérange tellement et bien qu'ils prennent ma place, je la laisse de bon coeur, on verra s'ils sont prêts à risquer leur vie pour autre chose que leur petite personne.

Alianor…

Laisse tomber Aragorn, je ne veux plus en parler.

Je m'éloigne du campement le plus loin possible. Je décide d'aller là où personne ne viendra me chercher. C'est un endroit sacré que La Dame de Lorien à fait construire il y a fort longtemps. C'est ici que se trouve son miroir. Miroir dans lequel elle peut voir l'avenir. Quiconque regarde dans le miroir peut apercevoir son avenir. Je n'ai jamais voulu regarder dedans, je pars du principe que c'est nous qui écrivons notre avenir.

Tu es curieuse d'en savoir plus tout de même, me dit une voix douce.

Je me lève et m'incline devant Galadriel.

Ne laisse pas Haldir semer le doute dans ton coeur. Il t'estime beaucoup, il cherche juste à te garder en sécurité.

Ils ont tous la même excuse, mais je n'ai pas besoin d'être protéger, j'ai toujours tout accompli seule. Ce que je suis aujourd'hui je ne le dois qu'à moi.

Et c'est tout à ton honneur, mais tu ne te doute pas de l'immense perte que beaucoup de personnes ressentirais si tu venais à mourir. Moi la première.

Alors je devrais renoncer à ce que je suis pour préserver les gens que j'aime. Je suis désolée mais ce n'est même pas envisageable. Personne n'est à l'abri du danger par les temps qui court et je mourrais de honte si je devais rester bien en sécurité pendant que d'autres meurent pendant que d'autres mène des batailles qui ne sont pas les leurs.

C'est ce qui fait ta force, ton courage, me dit-elle avec un sourire aimant. Les gens s'habitueront à voir Alianor, fille d'Arathorn se battre à leur côté.

Peut-être un jour.

Tu veux regarder? me dit-elle en me montrant le miroir.

Que verrais-je ?

Des choses qui furent, des choses qui se passent et même des choses qui ne se sont pas encore passées.

Et si cela ne me plaît pas.

Cela ne tiendra qu'à toi de le changer.

Elle part chercher de l'eau qui coule d'une petite source pour ensuite remplir un bassin. Elle puise l'eau et la verse dans une coupelle d'argent. Je m'approche lentement et monte sur la marche pour être au-dessus du miroir. D'un signe de tête elle m'encourage à regarder dans le miroir. Je pose donc mes yeux sur l'eau. Au début rien ne se passe puis finalement l'eau se trouble. Je vois le visage mes compagnons et une partie de notre voyage où tout semblait encore si simple. Je me vois rire aux éclats avec les Hobbits, avec mon frère puis l'image se brouille et je vois la cité de Minas Tirith en flammes. L'ennemi est à ses portes et envahi la cité. Des légions d'Orcs massacrent tout sur leur passage. Le plaines de Pelenor sont recouvertes du sang des chevaliers de Gondor. Ce ne sont pas les seuls la tête de mes compagnons de route sont plantés sur des piques en acier. Je suis la seule survivante. Je me vois tomber à genoux et abandonner mes armes. L'arrière-plan se couvre de noir seul un oeil nimbé de flamme recouvre l'horizon. L'oeil s'approche de moi et m'englobe.

Je me recule vivement du miroir. Je regarde Galadriel avec horreur.

Je sais ce que tu as vu, me dit-elle car c'est aussi dans mon esprit.

Alors c'est cela qui m'attend. Voir tout le monde mourir, mon frère, mes amis, mon peuple, mourir et je ne peux rien y faire. C'est cela ma destinée finir englober par les ténèbres et appartenir finalement à Sauron.

Si vous échouez c'est ce qui vous attends tous. Mais je sens qu'il y a autre chose.

Qu'est-ce qui pourrait arriver de pire?

Regarde à nouveau.

Pas question, j'en ai déjà vu assez.

Regarde Alianor, tu passes peut-être à côté de quelque chose d'important.

Je souffle mais je finis par m'avancer de nouveau vers le miroir. Je regarde de nouveau dedans. L'eau se trouble et je vois de nouveau mes compagnons de route mais cette fois-ci il assiste à un évènement grandiose. Le couronnement du roi. Aragorn a posé un genoux à terre et je pose la couronne du Roi du Gondor sur sa tête. L'image se brouille à nouveau et je me vois avec quelques cheveux blancs. J'entre dans une pièce de marbre blanc comme celle de la cité du Gondor. Je suis habillée d'une armure en argent frappée de l'arbre du Gondor. Ce n'est pas une armure empruntée c'est une armure ajustée à ma taille ce qui indique que j'ai ma propre armure et que je suis enfin reconnue comme un soldat du Gondor. Je me retourne et un petit garçon me saute dans les bras. Il ressemble énormément à Aragorn et il porte l'Étoile du Soir autour du cou. L'enfant d'Aragorn et d'Arwen. Je serre le petit garçon dans mes bras puis je suis bousculée par deux petites tête blondes. Un garçon et une fille. La fille est plus grande que le garçon. Je repose l'enfant d'Aragorn et je m'agenouille pour être à la hauteur des deux enfants. Ils sont blonds mais ils possèdent tous les deux des yeux bleus comme la nuit, des yeux bleus comme les miens. Les deux enfants me sautent au cou et je les serre fort à les en étouffer. Ce sont mes enfants. J'ignore qui est leur père, mais ce sont les miens je le sens au plus profond de moi. La petite fille se décolle de moi et je pose les yeux sur son cou. Un cordon noir avec à son bout un petit cheval de bois sculpté orne le cou de cette magnifique petite fille. Elle croise mon regard et me sourit. L'image s'efface et je recule, stupéfaite. Des larmes coulent sur mon visage, j'ignore si c'est de joie ou de tristesse.

Est-ce que c'est possible? Est-ce que ce futur est possible?

Galadriel s'approche de moi et pose ses mains sur mes joues pour effacer les larmes qui ont coulé.

Tant que tu te battras et que tu espères ce futur existera, j'en suis sûre.

Merci, Galadriel.

L'espoir est tout ce qui vous reste et c'est à toi de leur insuffler cet espoir, Alianor, ils auront besoin de toi avant la fin. Je le sais, je le sens et ce futur se réalisera.

Comment faire?

Reste toi-même, continue de te battre pour tes valeurs, tu montreras la marche à suivre à beaucoup d'autres. Maintenant tu ferais mieux de retourner auprès des tiens.

Merci, Galadriel, merci pour tout ce que vous faîtes pour moi.

Elle me sourit et je quitte la clairière. Je marche lentement plongée dans mes pensées. Cet idéal de bonheur me fait rêver et je veux qu'il se réalise pas que pour moi mais aussi pour Aragorn. Il serait heureux dans ce futur. Je rejoins mes compagnons et ils me regardent tous avec appréhension.

C'est bon je suis calmée, détendez-vous.

Ils rient et je m'installe avec eux. Aragorn reprend son sérieux et commence à parler.

J'ai parlé avec le Seigneur Celeborn. Il accepte de nous donner trois bateau et nous traverserons l'Anduin. D'après les gardes les Orcs seraient sur la rive Ouest et patrouilleraient. Nous devons absolument les éviter et le passage par la rivière est sans doute le moyen le plus sûr.

Parler pour vous, nous dit Pippin

Auriez-vous peur, Pippin

Peur, un Hobbit n'a jamais peur, dit-il en relevant la tête.

C'est ce que nous verrons, je lui dis.

Nous partons demain, à l'aube

Déjà? demande Sam

Nous devons reprendre la route. La route jusqu'au Mordor est encore longue et non sans danger. Reposez-vous c'est sans doute notre dernière nuit de véritable sommeil.

Nous mangeons en rigolant puis nous partons tous nous coucher rapidement. Je m'allonge dans mon sac de couchage et ferme les yeux avec les images de cette petite fille qui me promet un avenir heureux si nous réussissons.