Elle soupira et son regard s'adoucit alors, laissant quand même voir une pointe de colère.

- Qu'est-ce qui ne va pas ? demanda Drago soucieux mais ferme.

- Je ne pense pas que tu veuilles vraiment savoir, fit Hermione froidement.

Elle s'apprêtait à partir quand elle l'entendit. C'était à peine audible, un murmure, qui lui parvint néanmoins aux oreilles :

- Ne pars pas s'il te plait.

Elle s'était retournée et l'avait regardé totalement chamboulé.

- Que veux-tu savoir ? Que ma journée a été une catastrophe ? Et bien oui, ça l'a été, content ? demanda Hermione, sans vraiment savoir pourquoi elle était toujours rude avec lui.

- Raconte-moi.

Il ne parlait pas fort et calmement comme pour l'apaiser, ce qui sembla marcher.

- Je ne me vois pas te raconter tout ça, je risquerais de me choper des crampes aux jambes à attendre comme ça que je te raconte tout, s'excusa-t-elle, esquissant un petit sourire.

- Assis toi, lui proposa-t-il, semblant lui aussi retrouver le sourire.

- La chaise est inconfortable, se plaignit Hermione, souriant comme une enfant qui venait de gagner un duel.

- Sur mon lit, proposa Drago en souriant, sachant qu'elle ne pourrait pas refuser.

Elle le regarda, fit semblant de ne pas vouloir le faire et avança jusqu'à son lit sur lequel elle s'assit. Elle le regarda et ne put s'empêcher de sourire face à l'air de vainqueur qu'il affichait, comme si on venait de dire à un enfant qu'il aurait un bonbon.

- Bien, tu peux me raconter maintenant, tenta Drago, hésitant, ne voulant pas la froisser.

- Je ne sais pas si j'en ai vraiment envie, avoua-t-elle en baissant la tête.

- Promis, j'me fâcherais pas, fit-il en rigolant, ce qui la fit rire aussi. Alors ?

- Tu ne me juges pas, hein ? demanda-t-elle pour s'assurer.

- On a fait un pacte je te rappelle, lui répondit-il en souriant.

Elle lui sourit en retour mais se sentait gênée, intimidée. Elle commença le récit de ses évènements depuis la dispute avec Mike jusqu'à maintenant en précisant ce qu'elle pensait à chaque instant, en omettant bien sur les parties où elle pensait à lui sans raison apparente.

- Voilà, tu sais tout. Et sache que je n'aime parler de moi ou de… mes émotions, finit-elle.

- Enfin, pour quelqu'un qui n'aime pas parler de soi et de ses émotions, ça fait quand même deux fois que tu relates ces évènements en détails, à deux personnes que tu connais peu, fit-il remarqué en souriant.

Hermione ne put s'empêcher de sourire.

- Alors ? Pas de réaction ? demanda-t-elle souriante, mais l'inquiétude quand même perceptible dans sa voix.

- Des questions, ça te va ? demanda-t-il en souriant.

Elle acquiesça.

- mais j'aurais le droit de t'en poser après, proposa-t-elle en échange. Et tu devras dire la vérité, précisa-t-elle.

Il la regarda un instant en souriant, sans rien dire.

- L'alcool ne te réussi pas, finit-il par dire, ce qui la fit rougir. Mais j'accepte.

Hermione se sentait encore un peu embuée, et ses pensées n'étaient pas aussi claires quand temps normal, mais elle se dit néanmoins que ça allait, malgré son mal de tête naissant.

- J'aimerais t'y voir, fit-elle amusée en se massant la tempe.

- C'est une invitation ? demanda-t-il amusé.

Hermione rougit une fois de plus.

- Va savoir, fit-elle mystérieusement.

Ils se regardèrent encore, silencieusement. Hermione décida de rompre le silence.

- Alors, des questions ?

Elle fut un peu effrayée de ce qu'il pourrait lui demander mais savoir qu'après elle aura sa revanche lui redonna le moral et lui sourit.

- Ca fait longtemps que ce Mike est comme ça avec toi ?

Hermione fut surprise qu'il lui parle de Mike.

- Euh… Oui, enfin, non. Disons que c'est par période. Pourquoi tu veux savoir ?

Il fit non de la tête et déclara :

- C'est à mon tour de poser des questions Hermione.

Elle fut parcourue d'un frisson. Elle n'avait jamais remarqué à quel point son prénom paraissait magnifique quand c'était lui qui le prononçait. Elle secoua la tête pour chasser ce genre d'idée, mais ne put s'empêcher de rougir. Chose que Drago vu et sembla comprendre. Il lui sourit. Il continua ensuite à lui poser des questions, lui arrachant quelques sourires et beaucoup de rouge aux joues, puis Hermione put enfin poser ses questions. Après plusieurs questions, elle s'allongea en travers, si bien qu'elle avait ses jambes à lui au milieu de son dos, et regarda le plafond.

- Ca ne doit pas être super confortable, lui fit-il remarqué.

Elle rigola, il n'avait pas tort.

- J'peux poser une question ? lui demanda-t-il.

Elle tourna la tête vers lui.

- oui.

- Ces lits sont extensibles non ?

Elle fit un signe de tête pour dire oui. Puis elle le regarda pour voir où il voulait en venir.

- Fais voir, finit-il par dire.

Elle le regarda, surprise d'une telle requête mais s'exécuta néanmoins. Elle descendit du lit et lança un sort sur celui-ci, si bien qu'il s'agrandit d'environ 30 centimètres. Et alors qu'elle allait reprendre la position qu'elle avait prise juste avant, il lui parla.

- Je ne t'ai pas demandé de faire ça pour rien.

Elle le regarda un instant et comprit ce qu'il voulait dire.

- Si je m'allonge là, je vais m'endormir, avoua Hermione.

Il la regarda en souriant et elle finit par céder.

- Tu sais, tant que tu ne ronfles pas, ça me va, fit-il en rigolant alors qu'elle s'allongeait à ses côtés.

Ils restèrent allongés côte à côte et parlèrent longtemps encore.

- Merde ! Mon service ! Réalisa Hermione en se relevant brusquement qu'elle en tituba.

Il la regarda en rigolant et fit :

- Tu sais, il doit être pas loin de 23 heures pour maintenant.

- Quoi ? Oh mon dieu ! Je n'ai pas vu le temps passé, s'exclama-t-elle stressée.

- Pourquoi tu t''inquiètes ? Lui demanda-t-il en s'asseyant sur son lit.

- Pour mon boulot tiens ! lança-t-elle, l'esprit occupé sur autre chose que la conversation : sa chef.

- Et pourquoi ?

- Parce que… Parce que j'étais sensé travailler, et que… Que si ma conne de chef a eu besoin de moi et que…

- Stop, j't'arête tout de suite. Si elle avait eu besoin de toi, elle t'aurait bipé non ?

Hermione savait qu'il avait raison.

- Et puis, tu travaillais…

Hermione le regarda en arquant un sourcil. Il lui fit un sourire complice et dit :

- Tu t'occupais de moi, avoua-t-il, son sourire toujours aux lèvres.

- Ahah, très drôle, fit-elle ironique avant de sourire elle aussi. Mais je ne pense qu'elle considérera le fait de parler comme un traitement.

- Détrompe-toi c'est très thérapeutique, fit-il en se levant.

- Drago ! S'exclama-t-elle. Reste dans ton lit, tu ne dois pas te lever.

- Je dois aller au p'tit coin, fit-il en s'avançant vers la salle d'eau de sa chambre. Je reviens, fit-il avant de fermer la porte.

Elle décida alors de remettre le lit dans sa taille standard puis se dirigea vers la fenêtre. La nuit était calme et le ciel bleu sombre parsemé d'étoiles. Elle ne put s'empêcher de les regarder. Quand elle était petite, elle pensait dur comme fer qu'elle allait un jour, quand elle serait plus grande, toucher les étoiles. Etre si près de ces petites boules de feu. Elle s'éloigna de la fenêtre quand elle entendit une porte s'ouvrir, puis se refermer. Elle se retourna et vit Drago dans un des vêtements de l'hôpital : une grande robe longue et ample de couleur vert bouteille.

- Re, fit-il en s'approchant d'elle. Tu regardes les étoiles ?

Elle ne répondit pas, se contentant de le regarder s'approcher et venir à ses côtés. Il regarda le ciel à travers la fenêtre et se confia :

- C'est c'que je faisais tout le temps quand j'étais petit. J'm'allongeais dans l'herbe du jardin, et je restais là longtemps, pour regarder les étoiles apparaître et disparaître.

A la fin de sa confession, il regarda Hermione. Leurs yeux étaient ancrés dans ceux de l'autre, comme aimantés. Hermione rompit la connexion sachant très bien que si elle ne l'avait pas fait s'en serait suivi des actes qu'ils auraient surement – peut-être – regrettés.