Titre : Magnétique

Auteur : Moi-même ! Lubilule-Malefoy (:D)

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas et sont la propriété de notre Grande Déesse : J.K. Rowling !

Résumé : UA / Harry, orphelin résidant à l'Institut Poudlard depuis toujours, à cause du sinistre et mystérieux Lord Voldemort, est transféré dans un nouvel orphelinat après la mort du directeur. Il rencontrera de curieux personnages et découvrira un tout autre univers...auquel il ne s'attendait pas. Mais qui est cet homme si beau qui semble être le Maître de cet endroit ? Envoûtant, attractif... Magnétique.

Pairing : Tom Marvolo Riddle x Harry Potter [Peut-être autres couples au fil du temps ]

Rated : M progressif

Note de l'auteure : Voilà mon tout premier UA sur le monde d'Harry Potter ! J'espère que vous l'aimerez !

J'ai commencé à l'écrire après avoir trouvé un très très vieil essai d'environ une demie-page sur mon ordi (qui datait de plus de deux ans, de mémoire). Et voilà ce que ça donne ! J'ai été très inspiré par ce genre d'ambiance, et j'espère que vous le serez autant que moi en lisant cette fiction ! Bonne lecture ^^


REVIEW : Merci beaucoup à Melehan, Guest, Ondie-Yoko, ScyllaJad, LilyRosaly, stormtrooper2, Sinwen, Reapersis, Princesslytherin, ocechan et Kris Izzy pour leur reviews sur le chapitre précédent !


Bonsoir / Bonjour tout le monde !

Me revoilà (après seulement un mois ouais ouais) avec un tout nouveau chapitre !

Je sais que c'est un chapitre qui a été attendu, et je vous remercie de votre patience ! J'espère que vous l'apprécierez ! Personnellement, je l'aime bien ~

Pour les personnes se donnant la peine de lire tout ce petit pavé à chaque fois : Pour le moment, quel personnage aimez-vous bien bien ? J'essaye de faire des caractères assez différents pour tout le monde, j'espère que c'est réussi.

De même, j'ai fini mes rattrapages, j'aurai donc un peu plus de temps pour moi pour écrire la suite de cette fic ainsi que de Moi et Moi Seul ! Libre jusqu'à mi-août les amis !

Par contre les enfants, bonne nuit, je suis rincée XD il est minuit et demi, et je me lève à 5h (Cosplay Japan Expo *wink wink*)

En bref, j'espère que vous aimerez ce chapitre !

Les reviews sont GRANDEMENT appréciées !

Sur ce, Bonne Lecture !

Lubilule-Malefoy


9.

Hommes de Pouvoir

Le lendemain matin, Harry se réveilla un peu avant que son réveil ne sonne. Son sommeil n'avait pas été des plus lourds, mais il avait relativement bien dormi. Puisqu'il avait encore un peu de temps avant le petit-déjeuner, il traîna un peu sous ses draps, la lumière du jour perçant doucement entre ses rideaux mal fermés. Ca faisait maintenant plus d'une semaine et demie qu'il était arrivé ici, et il avait, malgré les repas pris avec les autres, les liens qu'il commençait à tisser, et le match de foot de la semaine dernière, encore du mal s'intégrer dans le décor. Comme s'il n'était qu'un invité, restant pour quelques jours. Mais il ne pouvait pas continuer de penser de cette manière-là. Il allait passer une année entière dans cet établissement. Il devait réussir à s'intégrer complètement. Il soupira et posa son avant-bras sur ses yeux, plongeant son esprit dans le noir complet. Il soupira une nouvelle fois. Tout était beaucoup trop différent. Un règlement plus stricte, des résidents tous plus égocentriques les uns que les autres, des inconnus extérieurs à l'établissement allant et venant dans l'établissement à des heures tardives... Ce n'était certainement pas à Poudlard où qui que ce soit ait pu entrer sans problème dans le bâtiment. Dumbledore, même s'il était respecté dans le monde politique et était très demandé, ne recevait jamais personne dans son bureau qui ne faisait pas partie du personnel ou des orphelins. À sa connaissance, il prenait toujours ses rendez-vous à l'extérieur. Il ne souhaitait pas mélanger sa vie politique et sa vie de directeur, et ne souhaitait pas non plus influencer ses élèves sur sa manière de penser. Certes, il faisait de son mieux pour leur inculquer de bonnes valeurs, mais dès que le sujet commençait à dévier sur des propos plus poussés et professionnels, il répétait toujours qu'il leur faudrait attendre et de gagner en maturité afin de se faire leur propre avis.

Son coeur se serra. Dumbledore lui manquait. Toute la bonté de cet homme lui manquait. Il avait été l'âme bienveillante qui avait rayonné sur Poudlard pendant toutes ces années. Rien ne serait plus pareil sans lui. Rien n'était déjà plus pareil. Il serra les poings et après quelques minutes supplémentaires passées à se plonger dans des pensées bien trop négatives, Harry se décida à se lever et alla se doucher. Il mit sans doute l'eau un peu trop chaude, mais la sensation lui fit du bien et lui changea les idées. Avec un sourire, il repensa à Ignotus Peverell, l'homme étrange qu'il avait rencontré la veille. Même si le fait de savoir qu'il travaillait pour le Maître l'intriguait, voire le dérangeait un peu, il avait été la première personne, hormis les jumeaux, à le sortir de cette étrange torpeur dans laquelle il restait bloqué depuis son arrivée. Sa bonne humeur n'avait rien eue de mesquine, ou n'avait pas eu l'air de cacher quoi que ce soit, contrairement à celle de Draco ou de Pansy. Peut-être que s'il traînait tard un autre soir, il le recroiserait. Toujours le sourire aux lèvres, il coupa l'eau, se sécha et s'habilla simplement. Après un coup d'œil à son réveil, il vit que le service du petit-déjeuner avait déjà débuté depuis une dizaine de minutes. Il mit rapidement une paire de chaussures et attrapa la clé de sa chambre avant de sortir. Le couloir, même en cette belle matinée ensoleillée, était toujours aussi sombre, les quelques chandeliers présents l'éclairant d'une lueur terne. Il le traversa et fut soulagé une fois arrivé à l'escalier, qui était bien plus éclairé.

- Ah, Harry.

Le jeune homme se retourna alors, entendant la voix qui l'avait appelé alors qu'il n'avait descendu qu'un seul étage. Quelques marches plus haut se tenait Théodore, qui descendait également. Harry l'attendit, une attente étrange dans le creux de l'estomac. Est-ce qu'il allait se comporter bizarrement avec lui aujourd'hui aussi ?

- Bonjour, lui dit-il tout de même.

Théodore, arrivé à sa hauteur, se contenta de lui sourire en retour, et maintenant qu'il se tenait près de lui, Harry vit qu'il avait l'air épuisé. Bien que depuis qu'il le connaissait, Théodore avait toujours eu des cernes sous les yeux, mais cette fois, il semblait.. un peu plus absent qu'il ne l'était habituellement. D'ailleurs, le plus grand ne lui dit rien de plus et continua de descendre les marches, un peu en décalé de Harry. Un peu perplexe, il tenta tout de même d'engager la conversation avec lui. La veille, une telle idée lui aurait parût totalement stupide. Après tout, il ne savait jamais à quoi s'attendre lorsqu'il avait une discussion avec Théodore.

- Comment vas-tu ? Demanda-t-il alors un peu gauchement. Tu as l'air...

- Fatigué ? Coupa doucement Théodore avec un sourire.

- Euh.. ouais... grommela Harry.

Harry entendit Théodore rire doucement, comme s'il lui avait fait une blague plaisante. Pendant quelques secondes il ne répondit rien, mais alors qu'ils étaient presque arrivés au rez-de-chaussée, il se retourna, se trouvant une marche en dessous de lui, son visage se retrouvant alors à la même hauteur que la sienne.

- Tu vas rester un petit moment ici, alors sache juste que... j'ai des hauts et des bas, comme tout le monde. Il y a certains moments où je ne peux simplement pas dormir, ou presque pas.

Harry cligna des yeux plusieurs fois, toujours pas habitué aux rapprochements soudains du jeune homme, et se contenta de hocher la tête en réponse à ce qu'il lui avait dit. Il ne savait franchement pas quoi lui répondre. Que c'était sans doute difficile à vivre ? Ne pouvait-il rien faire pour arranger ça ? Depuis combien de temps se trouvait-il dans ce genre de situations ? Il avait l'impression que c'était des points encore un peu trop personnels pour qu'il ose les aborder. Mais il n'eut pas le loisir de réfléchir davantage. Il vit un léger sourire se dessiner sur le visage de Théodore, et il sentit, comme une caresse, la main de celui-ci se poser sur la sienne.

- C'est gentil de t'inquiéter pour moi, murmura-t-il.

Alors qu'il sentait le rose lui monter aux joues, il vit avec gratitude que Théodore s'était éloigné de lui et se rendait en direction du Réfectoire. Et lui qui avait seulement voulu être poli... Il prit une grande inspiration avant de le suivre. Parler avec Théodore lui laissait toujours une drôle d'impression, à la limite du désagréable. Rien n'était jamais sûr, et il ne savait jamais comment il

allait réagir. Et en étant honnête avec lui même, il comprenait très bien pourquoi les jumeaux lui avaient dit que Théodore leur « fichait la chair de poule ». Il arrivait beaucoup trop facilement à le décontenancé.

Harry entra à son tour dans le Réfectoire et vit Théodore qui s'était déjà assis à côté de Draco, en face de Blaise, Pansy assise à sa droite. Lorsqu'elle le remarqua elle lui fit un signe de la main, et après avoir été chercher son plateau, Harry prit place en face du fils du Directeur. Bien qu'il ne leur avouerait jamais, Harry ne pouvait s'empêcher d'être toucher. À présent, les quatre autres lui laissait automatiquement une place à leur table, souvent à proximité de Draco. Et même s'il ne l'appréciait pas à 100%, il était quand même la personne dont il était le plus proche pour le moment, bien que cette pensée lui parut affreusement ridicule. Il s'installa alors à sa place, saluant tout le monde avant de siroter sa tasse de thé tranquillement. Après quelques minutes où une ambiance plutôt calme régnait, une jeune fille particulièrement jolie s'approcha de leur table.

- Tiens Draco, dit-elle. J'ai réussi à en récupérer un avant qu'il n'en reste plus.

- Merci.

Harry faillit recracher l'eau chaude qu'il avait dans la bouche. Draco venait de lui faire une sourire ravageur en tendant la main pour récupérer le journal qu'elle lui tendait. Elle sembla tout aussi soufflée que lui et mis quelques secondes avant de faire demi-tour et de retourner avec ses amies. Ensuite, Draco déplia le journal comme si de rien n'était et commença à le lire en silence. À part Pansy, qui semblait passablement contrariée, les deux autres ne semblaient pas avoir été étonnés plus que cela. Puis il entendit Blaise pouffer doucement sur sa droite. Draco leva alors les yeux vers Harry, et eut un petit sourire en posant le journal sur la table à côté de lui.

- Tes yeux vont finir par sortir de leur orbite si tu continues de les écarquiller de la sorte Potter, dit-il alors d'une voix moqueuse.

Se reprenant rapidement, il toussota légèrement, un peu gêné d'avoir été pris à le fixer.

- Qu'est-ce qui t'arrive ? Demanda alors le blond en souriant toujours.

- Je ne savais pas que tu en étais capable, dit alors simplement Harry avant de croquer dans un toast.

- Capable de ? Demanda Draco maintenant perplexe.

- De sourire comme ça. Surtout à une fille. Je pensais que personne ne t'intéressait à part toi-même.

Ce fût au tour de Blaise de s'étouffer, et Harry vit même Théodore esquisser un sourire. Quant à Draco, il semblait passablement vexé et reprit son journal d'un geste rageur.

- Je te ferais remarquer Potter, que j'ai un certain succès auprès des femmes. Et puis, après tout, mon père est le Directeur ici, il est normal que tout le monde veuille être ami avec moi, ajouta-t-il d'un ton hautain.

- Je ne pense pas que les jumeaux Weasley ait une quelconque envie de devenir ami avec toi, dit Harry d'un ton léger avant d'entamer son deuxième toast.

- C'est parce qu'ils ne sont rien de plus que des crétins, dit-il avec colère. Et de toute manière, même s'ils le voulaient, je ne traîne pas avec la vermine moi.

Il lui lança un regard entendu et mesquin, qui énerva davantage le jeune homme. Il avait le don de l'énerver en quelques secondes. « Il se prend vraiment pas pour de la merde... ». Il était en train de chercher quelque chose à lui répondre lorsque Pansy prit la parole à son tour.

- Mais je ne pense pas qu'Astoria Greengrass non plus veuille être ton amie, dit-elle d'un air pincé.

- Effectivement, répondit Blaise en souriant. Je pense que la petite Greengrass souhaiterait en effet, beaucoup plus que ça...

- Elle n'est pas un peu jeune ? Demanda Harry, perplexe.

- Si, elle a deux ans de moins que nous, lui répondit Pansy. Sa sœur, en revanche, est de la même année que nous tous. Daphné. Je ne peux vraiment pas la voir.

- Je ne vois pas pourquoi, répondit distraitement Draco en continuant sa lecture. C'est quelqu'un d'assez cultivé.

- C'est une garce.

Son ton catégorique laissait penser qu'il s'était passé quelque chose entre elles, et Harry ne voulait vraiment pas se mêler de ces histoires de crêpage de chignon, surtout si Pansy y était mêlée. Essayant de ne pas écouter la tirade de Pansy sur les « horribles manières de Daphné Greengrass », Harry se concentra sur sa nourriture, admirant le courage des autres garçons capables de la supporter encore et encore. Question d'habitude sans aucun doute. Il termina de manger et observa un instant les autres résidents qui étaient présents. Tous semblaient de bonne humeur en ces temps de vacances, et discutaient joyeusement les uns avec les autres. Après quelques minutes, il se décida à rapporter son plateau et retourner dans sa chambre pour avancer dans ses révisions. Plus vite il s'y mettrai, plus vite il serait débarrassé. Il avait déjà fini de lire trois des sept livres à lire obligatoire et s'était avancé dans son programme de maths mais il avait encore pas mal de retard à rattraper.

- J'espère que tu es prêt pour demain Potter, dit soudainement Draco alors qu'il mettait de l'ordre dans ses affaires.

- Demain ? Demanda Harry un peu perdu.

Agacé, Draco leva une nouvelle fois les yeux de son journal.

- Oui, demain, mercredi Potter. Aurais-tu déjà oublié ?

La lumière se fit dans son esprit.

- Ah, le foot. Oui, bien sûr que je m'en souviens. Prêt à te prendre une seconde raclée ?

Théodore et Blaise ricanèrent en voyant le visage de Draco devenir un peu plus rouge.

- Je suis prêt à prendre ma revanche et à te battre oui ! Dit-il d'une voix forte. Et Blaise, ne compte pas sur moi pour perdre une seconde fois, tu verras, je vous prouverai à tous qui est le plus fort ici !

- On compte sur toi Potter, dit Blaise en ignorant royalement Draco. S'il gagne, on en entendra parler pendant des semaines.

Harry rit de bon coeur alors qu'il s'éloignait, ignorant à son tour les insultes à peine déguisées que lui lançait le jeune homme blond. Alors qu'il allait atteindre l'entrée du Réfectoire, il sentit un petit choc à l'arrière de sa tête. Il se retourna et vit un journal plié en huit sur le sol. Draco était debout, l'air furieux.

- J'ai horreur qu'on m'ignore Potter ! Lui dit-il.

Harry ne put s'empêcher de sourire et de penser que décidément, Draco n'était rien de plus qu'un enfant gâté.

- Et moi qu'on me lance des objets dans la tête, lui répondit Harry en ramassant le projectile. Merci pour le journal !

Avec un sourire, il tourna le dos aux autres, entendant toujours Draco qui râlait un peu plus loin, et sortit dans le Hall. Le temps était plutôt pas mal aujourd'hui, peut-être qu'il sortirait réviser dans le jardin. C'était une idée qui lui plaisait, mais il ne savait pas s'il arriverait à se concentrer très longtemps. Peut-être n'était-ce pas la meilleure chose à faire pour le moment. Il soupira et s'arrêta un instant. Demain, il jouerait avec les autres. Ca lui changerait les idées, mais lui prendrait aussi du temps pour réviser. La chose la plus judicieuse qu'il avait à faire aujourd'hui était de lire un maximum, du moins une bonne partie de la journée. Il pourrait sans doute aller faire un tour à la Bibliothèque un peu plus tard. Il commença à monter les marches étroites de l'escalier, entendant encore les discussions provenant du Réfectoire. Puis avant vraiment de voir la personne, il sentit une présence se tenant un peu plus haut. Il leva alors les yeux et vit un homme se tenir sur le pallier du deuxième étage.

- Qui avons-donc nous là ?

Il tiqua à l'intonation à la limite du mesquin, et Harry n'eut aucun mal à deviner qui était cet homme. Il était grand et élancé, avait le teint pâle, les pommettes hautes, des cheveux d'un blond presque blanc et un regard gris glacé.

- Harry Potter, monsieur, dit-il poliment. Vous êtes Mr Malefoy je suppose?

L'homme haussa un sourcil d'une manière si caractéristique qu'Harry n'avait même pas besoin de sa réponse pour avoir confirmation.

- C'est exact, répondit-il. Je suis étonné de voir que vous le sachiez.

- Oh euh, je suis... ami, avec votre fils. Vous vous ressemblez beaucoup.

Nouvel haussement de sourcil.

- Je vois. Mrs Pince m'a fait parvenir votre fiche personnelle, et m'a fait savoir que vous étiez allé chercher de quoi étudier. Il est fort appréciable d'avoir dans ses rangs un élève aussi studieux que vous Mr Potter, dit Lucius Malefoy.

- Merci monsieur, répondit-il.

Quelque chose dans la manière de parler du père de Draco le mettait très mal à l'aise. Et son regard paraissait encore plus perçant que celui de son fils, ce qui n'était pas peu dire. Il avait l'impression d'être observé, jugé sous tous les angles, dans l'attente d'une erreur sur laquelle il pourrait être réprimander. Et ses éloges sonnaient tellement faux qu'il aurait pu les trouver offensantes.

- Pourtant, ce n'était pas le profil que Severus m'avait dépeint, ajouta-t-il en souriant à moitié.

- Severus... ? Le professeur Snape ? Demanda Harry.

Après réflexion, tout ça était évident. Les deux hommes, étant chacun directeur, avaient du discuter de lui lorsqu'ils planifiaient son transfert.

- Le Directeur Snape, oui, corrigea Malefoy. Il vous a décrit comme un élève à problème. Mais j'ose espérer qu'il n'en est rien. Ce serait fâcheux, n'est-ce pas Mr Potter ?

Harry serra la mâchoire. Il aurait voulu lui répondre que Snape n'était qu'un sale cloporte et que s'il le croyait alors qu'il venait à peine de le rencontrer, il ne valait pas mieux, mais il se retint. Il se souvenait très clairement de la façon dont Draco lui avait parlé de son père la première fois qu'ils avaient discuté. Il avait semblé si sérieux à cet instant-là. Il s'était approché près de lui, et lui avait dit : « Lucius Malefoy n'est pas un homme tendre. Garde bien ça en tête. ». La voix de Draco résonnant encore dans ses oreilles, il se décida à répondre au Directeur.

- Il n'en est rien monsieur, répondit-il toujours sur le même ton poli.

- Oh, je vois, répondit-il l'air amusé. Severus serait donc un menteur ?

Le souffle de Harry se bloqua dans sa gorge, et il toussota avec difficulté. La tension commençait à monter. Cet homme ne lui laissait donc aucun répit ? Il ne devait pas se laisser avoir. Pas alors qu'il s'agissait de sa première rencontre avec le Directeur. Comme il appelait Snape par son prénom, Harry estima que les deux hommes devaient plutôt bien s'entendre. Il ne devait pas faire de faux pas avec lui, sinon il sentait qu'il allait sans doute le regretter amèrement.

- Je.. je ne pense pas, monsieur. Le professeur Snape et moi ne nous sommes jamais bien entendus.

- Il ne s'agirait alors que d'un simple ressentiment dans ce cas, répondit-il en hochant doucement la tête.

Harry hocha alors précipitamment la tête, espérant ne pas avoir à recevoir de nouvelles piques.

- Bien. Heureux de l'entendre, dit finalement l'homme. Vous avez dit avoir rencontré mon fils ? J'espère qu'il s'est bien conduit avec vous.

- Oui, très bien, répondit Harry. J'ai pu rencontrer du monde grâce à lui.

- Mr Nott, Mr Zabini et Miss Parkinson font à présent partie de ces connaissances je présume ?

- Oui monsieur.

- Bien, je suis ravi de savoir que vous fréquentez... les bonnes personnes.

Le ton qu'il employa sur ces derniers mots rappela très fortement Draco parlant des jumeaux Weasley ou du personnel de l'Orphelinat à Harry. Cet air ampli de dédain. Son père déteignait vraiment beaucoup sur lui d'après ce qu'il voyait.

- J'ai des affaires à régler à présent, mais j'espère que nous aurons l'occasion de discuter à nouveau Mr Potter, dit finalement Lucius Malefoy en lui tendant la main.

- Quand vous voudrez monsieur, s'obligea-t-il à répondre.

Il lui serra la main, tiqua sous la pression que le Directeur y avait mis, et se décala afin de le laisser passer. Quelques instants plus tard, il entendit la porte d'entrée claquer. Il inspira profondément. Certes Draco l'avait mis en garde contre son propre père, mais il ne s'était pas attendu à se retrouver en face d'un homme si imposant. Et ça ne lui avait pas plu. Lucius Malefoy était bien différent des deux figures de directeur qu'il connaissait. Snape n'avait pas du tout cette aura. Il avait cet air caractéristique de l'aristocratie, une inflexion dédaigneuse présente dans son ton, un regard qui vous clouait sur place... Harry espérait sincèrement ne pas le revoir de sitôt. Il n'aimait pas du tout ce genre de personnage, et le fait que Draco lui ressemble autant le perturbait. Draco... avait-il l'ambition de devenir une parfaite copie de son paternel ? Harry secoua la tête. Il ne pouvait pas resté planté là dans les escaliers. Il reprit ses esprits et monta jusqu'à sa chambre, dans laquelle il s'enferma. Il balança le journal plié en huit que Draco lui avait lancé tout à l'heure sur son matelas, et s'installa sur sa chaise de bureau, passant en revue les derniers ouvrages qu'il lui restait à lire. Même si ce n'était pas forcément la chose la plus judicieuse à faire, il s'était décidé à se mettre sérieusement à déchiffrer le livre en français en dernier. Et que si jamais il rencontrait de trop grandes difficultés à le lire, il savait très bien qu'il n'abandonnerait pas pour autant, ce qui le mettrait en retard pour les autres matières. Il se connaissait par coeur, et sa compétitivité était bien trop importante. Alors, même s'il allait sans doute être en retard pour cette matière, il prenait le risque.

Il prit l'un de ses livres de littérature victorienne et l'ouvrit. Mais seulement après quelques minutes de lecture, il s'aperçut qu'il l'avait déjà lu deux ans auparavant dans le cadre du cours de Mr Flitwick, et qu'ils l'avaient analysé de long en large en classe durant toute l'année. Comment avait-il pu ne pas en reconnaître le titre lorsqu'il l'avait vu sur la liste ?! Il se sentait vraiment bête. Il referma l'ouvrage et le posa à côté de ceux qu'il avait déjà terminé. Au moins, ça lui en ferait un de moins à lire, il n'allait pas s'en plaindre. Il se passa la main sur le visage et finit par tendre le bras vers le journal abandonné. Il venait de gagner plusieurs heures, ça n'allait pas être quelques minutes à lire le journal qui allaient le pénaliser. Il le déplia lentement, prenant garde à ne pas le déchirer – peine que l'héritier Malefoy ne s'était pas vraiment donné en le pliant de la sorte – et observa la première page. Ses yeux s'écarquillèrent en voyant le titre. « Nouvelle Attaque Mangemort à Londres ». À Londres ?! Ici même ?! Aucune photo n'accompagnait l'article et Harry jura. À la place, la seule photo présente était à propos d'un autre sujet abordé. La photographie en noir et blanc n'était pas très nette, voire même un peu trop floue pour pouvoir avoir la chance de se retrouver en première page. La photo avait du avoir été prise de derrière des grilles ou des buissons, et montrait, de ce qu'il devinait, une grande maison à l'air austère. La Légende disait qu'il s'agissait de « La Maison de la Famille Black », qui avait été vandalisée dans la nuit de dimanche à lundi. Harry se contenta de survoler l'article rapidement, et lut seulement que les deux sœurs qui y habitaient déclaraient que seules quelques vieilles affaires avaient été dérobées.

Il tourna les pages de façon à avoir l'article en entier sous les yeux et commença à lire :

Nouvelle Attaque Mangemort à Londres

« Les Mangemorts, tristement célèbres serviteurs de Vous-Savez-Qui, ont de nouveau fait parler d'eux dans la nuit du lundi 18 au mardi 19 août, soit aujourd'hui.

« En effet, depuis le carnage qu'ils avaient causé dans la calme petite ville de Godric's Hollow plusieurs semaines auparavant, l'activité des Mangemorts s'était faite plutôt discrète, bien qu'il y eut quelques incidents ici et là. Cependant, la nuit dernière, les Mangemorts refirent surface, et pas n'importe où, mais bien dans notre capitale.

« Cette fois-ci, ils ne s'en sont pas pris à une pauvre vieille historienne à la retraite, mais à quelqu'un de bien plus haut gradé. Leur nouvelle cible n'est autre que le Secrétaire d'État à l'Intérieur, Sir Kingsley Shackelbot, résidant dans le Nord de Londres. Malgré l'aspect calme et résidentiel de ce quartier, quelques résidents étaient de sortie, profitant de la chaleur pour faire des ballades nocturnes. Nous avons donc pu retenir plusieurs témoignages.

« L'une des habitantes du quartier nous a informé qu'elle se promenait avec son chien aux alentours de deux heures du matin lorsque, sortis de nulle part, une dizaine d'individus enveloppés de capes sombres sont apparus à quelques mètres d' , pour cette pauvre femme, il semblerait qu'ils ne l'aient pas remarquée. Notre témoin continue en nous disant que les hommes de mains de Vous-Savez-Qui ont encerclé la maison et ont jeté quelque chose par les fenêtres, en brisant les verres. Quelques secondes plus tard, nous dit-elle, la maison était en flammes.

« « J'étais terrorisée » dit notre témoin - « Quelques instants après que le feu ait commencé à se propager, j'ai vu quelqu'un allumer la lumière à l'étage – je pense qu'il devait s'agir de Monsieur Shackelbot qui se réveillait – tout a été très vite, mais bien heureusement pour lui, il s'est rapidement rendu compte que quelque chose n'allait pas et il a pu sortir sain et sauf – il était juste recouvert de suie ».

« Nous savons ensuite de sources officielles que les pompiers se sont rapidement rendus sur place afin d'éteindre le feu, qui a rapidement été maîtrisé. La police s'est également rendue sur les lieux afin de rechercher les responsables de l'attentat, mais lorsqu'ils arrivèrent, plus aucun Mangemort n'était présent. Ils s'étaient volatilisés aussi rapidement et discrètement que lorsqu'ils étaient arrivés.

« Bien que nous ayons reçu l'interdiction de révéler certaines images, mon équipe et moi-même avons eu accès à des vidéos enregistrées par des caméras de surveillance, et nous pouvons vous dire que la scène à tout de perturbant : l'arrivée des Mangemorts et leur disparition sont bien entendu impressionnantes... mais la chose surprenante est que, pendant l'incendie, jusqu'à la sortie du Secrétaire d'État de son domicile, les Mangemorts sont restés sur place, immobiles, tous leur regard porté dans la même direction.

« Personnellement, le message est bien passé. Les récentes actions politiques de Monsieur Shackelbot n'ont pas plu à tout le monde – même si au plus grand nombre – et il semblerait que l'une des personnes en désaccord avec lui ne soit personne d'autre que Lord Voldemort en personne. Morale de l'histoire, il n'est pas bon de se faire l'ennemi de cet homme.

« Votre rédactrice favorite

Rita Skeeter

Harry laissa tomber le journal sur ses genoux, sans vraiment y prêter attention. Encore une fois, les Mangemorts avaient fait des dégâts. Il se souvint soudainement de la fois où il était certain d'en avoir aperçut un juste devant Poudlard. Un violent frisson le secoua. Ce n'était pas le souvenir le plus agréable qu'il gardait. Heureusement que Lee avait été là pour le réconforter. Il soupira... Lee. Ses gestes pleins de chaleur et sa tendresse lui manquaient... Mais il lui avait écrit une lettre la semaine précédente, il aurait sans doute une réponse dans les jours qui viennent. Il eut un sourire pour lui même avant de repenser à ce qu'il venait de lire. Ces détraqués s'étaient rendu au domicile d'un membre haut placé du gouvernement et l'avait incendié. Ses yeux parcoururent de nouveau l'article « Secrétaire d'État à L'Intérieur », « récentes actions politiques [...] n'ont pas plu à tout le monde », « désaccord [...] Lord Voldemort »... « Il n'est pas bon de se faire l'ennemi de cet homme ». Alors tout ça était du à un désaccord politique ? Harry trouvait ça ridicule sous un certain angle. Mais la peur reprit très vite le dessus. Soit ça avait été une tentative d'assassinat ratée, soit il s'agissait d'un avertissement. Et le fait que les Mangemorts ait été présent durant toute la durée de l'attaque, sans chercher à s'échapper au plus vite, prouverait la seconde possibilité. Au moins, cette fois-ci, ses actions étaient plus claires. Car pour Harry, l'attaque de Godric's Hollow restait toujours inexpliquée et ne voyait pas quels intérêt aurait eu ce même homme à s'en prendre à Bathilda Tourdesac.

Harry fronça les sourcils et retourna le journal dans tous les sens jusqu'à trouver la date inscrite sur le devant du journal. 20 août 1996. Il n'était pas fou, c'était bel et bien la date d'aujourd'hui alors... alors pourquoi, alors que plus ou moins toutes les tables du Réfectoire avait réussi à mettre la main sur un exemplaire, pourquoi n'avait-il entendu personne réagir ? Lorsqu'il était à Poudlard, dès que qu'un événement avait trait à Lord Voldemort ou à ses Mangemorts, tout le monde en parlait durant la journée, et les conversations à ce sujet traînaient en longueur pendant plusieurs jours. Et pourtant... Alors que Draco lisait ce même journal le matin même, il n'avait pas semblé perturbé le moins du monde. Était-ce parce que lui aussi connaissait les clauses des décisions politiques de Shackelbot et qu'il était personnellement en désaccord avec elles ? Mais tout de même... un homme de haut rang avait été contraint de sortir de chez lui en pleine nuit parce qu'une bande de malades venaient d'incendier sa maison. Harry avait beau retourner le problème dans tous les sens, il ne comprenait pas. Le plus simple serait effectivement de demander directement au principal intéressé mais... quelque chose retenait Harry d'aller lui poser la question. Une petite voix discrète, au plus profond de lui, lui disait qu'il n'apprécierait pas du tout la réponse. Et sans doute avait-elle raison. Il espérait que l'un de ses amis aborderait le sujet dans une de leur lettre.

Même après avoir repris ses lectures et être descendu au déjeuner et au dîner avec les autres, il ne parvenait pas à se retirer l'article de la tête. Il avait observé Draco, peu discrètement d'ailleurs et celui-ci s'était énervé à plusieurs reprises contre lui, et écouté les autres pensionnaires... personne ne parlait de l'incident. Absolument personne. Alors qu'il pouvait encore voir des journaux ouverts à la page dédiée à l'incendie traîner un peu partout, jusque dans le Hall.

- Tu as l'air distrait, lui murmura Théodore qui était assis à sa gauche.

Les autres continuaient de parler entre eux et n'avaient pas entendu que Théodore lui avait adressé la parole. Alors il se rapprocha légèrement et lui répondit sur le même ton.

- Tu as lu le journal d'aujourd'hui ? Demanda Harry.

- Oui, comme tout le monde je suppose, dit le jeune homme.

- Et rien ne t'a dérangé ? Demanda rapidement Harry.

Il y eut un silence de la part du jeune homme.

- Je vois de quoi tu veux parler, dit Théodore encore plus doucement ce qui obligea Harry à se rapprocher davantage s'il voulait pouvoir l'entendre.

Le fils Nott se tourna alors très légèrement vers lui, de manière à le regarder dans les yeux. Encore une fois, Harry eut l'impression que quelque chose se cachait dans ces prunelles vert clair mêlé de gris.

- Mais je ne te conseillerai pas d'en parler ici Harry, lui dit-il.

Et Harry sut qu'il était sérieux en disant ça. Mais ça n'avait pas été pour autant qu'il lui avait donné plus de détails. Et ça, ça l'avait énervé. Alors peut-être que son comportement avait été un peu impulsif, mais il s'était levé et était parti, marmonnant qu'il devait aller à la Bibliothèque avant qu'il ne soit trop tard. Et c'était ce qu'il avait fait. Il savait très bien que même s'il avait repris ses lectures dans la journée, il était allé bien trop lentement et n'avait lu que la moitié de son deuxième livre d'Histoire. Ca n'avait pas été très brillant. Mais comme d'habitude, à chaque fois qu'une chose touchant aux Mangemorts se passait, et qu'il était au courant, il ne pouvait s'empêcher d'y penser, et ça prenait toute la place dans son esprit, et il lui était impossible de se concentrer davantage. Ou du moins pas à 100%. Et il n'avait aucune idée de la raison pour laquelle il était si obsédé par tout ça. Et ça le faisait chier. Parce que maintenant que Théodore lui avait dit ça, c'était sans doute impossible pour lui de poser des questions à qui que ce soit. Et ce n'était pas comme s'il avait assez confiance en lui, ou en qui que ce soit d'autre pour se confier. Si seulement Lee était là...

Il s'installa tout au fond de la Bibliothèque, à la place qu'il avait choisie la dernière fois, le soir où il avait croisé Ignotus Peverell, et prit les livres de mathématiques qu'il avait consultés la fois précédente. Des feuilles et de quoi écrire était toujours à disposition, il se servit donc et commença à s'y mettre. Ce n'était pas une technique pour qu'il parvienne à se détendre, loin de là, mais au moins, ça lui permettrait de se tenir occupé pendant un petit moment. Il faisait tout pour pouvoir penser à autre chose. Mais sa séance de révisions, une nouvelle fois, dura bien plus longtemps qu'il ne l'avait prévu. Il s'était évertué avec tant d'ardeur de ne pas penser aux Mangemorts et à tout le reste, qu'il s'était une nouvelle fois retrouvé à traîné à la Bibliothèque après le couvre-feu. Lorsqu'il leva les yeux, la nuit était déjà tombée. Il jura et rassembla rapidement les livres, qu'il remit à leur place, et plia les feuilles de brouillon, qu'il fourra précipitamment dans sa poche arrière. Encore une fois, alors qu'il arrivait à l'entrée de la Bibliothèque, Mrs Pince n'était plus là. Et pourtant, la porte était restée déverrouillée. Peut-être l'avait-elle laissé là volontairement ? Ou alors avait-elle eu tant de travail que fermer la porte à clé lui était sorti de la tête ? Honnêtement, peu lui importait.

La petite horloge posée sur le comptoir de la bibliothécaire lui indiqua qu'il était minuit passé. Si jamais il se faisait prendre par un adulte à cette heure-là, il aurait certainement des problèmes. Après tout, respecter le couvre-feu faisait partie du règlement, et même si en soi, il n'avait rien fait de mal, enfreindre le règlement de quelque manière que ce soit n'était pas une bonne idée dans cet établissement. Surtout après qu'il eut croisé Lucius Malefoy ce matin. Il n'avait aucune envie de le revoir de sitôt. Et surtout pas dans ces circonstances. Il referma doucement la porte de la Bibliothèque derrière lui et s'avança dans le couloir du deuxième étage sans bruit. Il tendit l'oreille, et n'entendant aucun signe montrant que quelqu'un d'autre se trouvait dans les parages, il se dépêcha de monter les escaliers. Il était parvenu jusqu'au troisième étage sans encombre, alors il continua son chemin. Mais alors qu'il ne lui restait plus que quelques marches pour atteindre le pallier du quatrième, il sentit... comme un regard posé sur lui. Mais ce n'était pas tout. Quelque chose, dans l'air, était différent. Il ralentit. À trois ou quatre marches du pallier à peine, les yeux rivés sur le sol, la présence se fit plus présente encore. Alors, une étrange sueur froide coulant le long de sa nuque, il releva la tête.

Pendant un instant, il avait cru être tombé sur Lucius Malefoy pour la seconde fois de la journée, tant l'air était lourd. Mais il s'était trompé. Même le Directeur ne possédait pas une telle présence. Immobile sur les marches menant au cinquième étage, un homme se tenait debout en face de lui. Un homme qu'il n'avait jamais vu auparavant. Et la quasi-obscurité qui régnait ne l'aidait pas à distinguer quoi que ce soit. Mais Harry sut que quelque chose était différent. Il s'était immobilisé à son tour, presque sur ses gardes, observant la personne tapie dans l'ombre. Puis, au bout de quelques interminables secondes, la silhouette descendit les quelques marches restantes et s'approcha plus près de lui. Harry en eut le souffle coupé. L'aura que dégageait cet homme était écrasante. L'air autour de lui semblait plus lourd, oppressant. Pourtant, l'inconnu n'avait rien d'agressif dans son attitude. Il se tenait juste là. Debout. Mais Harry n'osait plus bouger. Cependant il prit son courage à deux mains, et se décida de rejoindre le pallier à son tour. Il n'était plus qu'à quelques pas de l'homme à présent. Il pouvait voir qu'il était plus grand que lui. Peut-être de la même taille que Draco, voire un peu plus. Il n'avait jusque là pas remarqué à quel point le silence était pesant, jusqu'à ce que l'homme prenne la parole.

- Tu te plais à te promener ainsi la nuit ?

Sa voix n'avait eu aucun ton de reproche, mais aucun signe de réelle curiosité non plus. Mais ce n'était pas ce dont Harry avait été marqué. Sa voix. Légèrement grave, suave. Il ne put réprimer un frisson. Elle l'avait enveloppé totalement et il aurait qu'il lui parle de cette manière encore et encore. Il avait été tellement surpris et envoûté qu'il en oublia presque de répondre.

- Je... j'étais à la Bibliothèque... je n'ai pas vu le temps passer.. je retournais dans ma chambre... dit-il doucement.

- Ce n'était pas ma question.

Le même ton, où toute note de reproche était absente. Les paupières mi-closes, Harry tenta de reprendre ses esprits. Il se sentait plongé dans un état second. Cet homme... ce qu'il dégageait... il s'approcha davantage de Harry, de un ou deux pas seulement. Il eut l'impression que son coeur avait cessé de battre. Cet homme était d'une beauté à couper le souffle. Comme il l'avait deviné, il était plus grand que lui de plusieurs centimètres, d'une allure assez élancée. Ses traits lui semblaient parfaits, un nez droit et de jolies lèvres... des cheveux noirs très légèrement ondulés, retombant doucement sur sa nuque. Et ses yeux. Deux orbes d'un noir profond, totalement hypnotisant. Harry savait que c'était sans aucun doute à cause du manque de lumière, mais une lueur étrange semblait y briller, et il ne pouvait en détacher le regard.

- Harry Potter, si je ne me trompe pas.

Sa voix le sortit de sa torpeur, mais uniquement à moitié. Elle était chaude et étrangement entêtante. Mais que lui avait-il dit ? Son prénom ?

- Comment le savez-vous ? Demanda Harry en se reprenant lentement.

Le coin des lèvres de l'homme se souleva de quelques millimètres.

- Je suis la personne qui dirige cet endroit, je sais tout.

Les yeux de Harry s'écarquillèrent. «Mais lorsque tu le verras, tu ne trouveras plus ça bizarre je t'assure. Cet homme a une présence telle que... », « C'est quelqu'un d'assez impressionnant. Il a... une certaine présence qui me met mal à l'aise. ». Les paroles d'Ignotus Peverell et des jumeaux Weasley lui revinrent en pleine figure. Le Maître. Cet homme. C'était lui, le Maître dont tout le monde parlait tout le temps.

À suivre...


Merci de m'avoir lue ! Review ?

* Un secrétaire d'Etat est l'équivalent d'un Ministre en France

** Patience, ce n'est que le commencement