Un grand merci pour vos reviews, je suis ravie que cette fic vous plaise autant. Eladora et Garfieldown y sont pour beaucoup. Ne soyez donc pas si pressés, cette fic compte vingt-huit chapitres, alors ils ne sont pas prêts de se jeter l'un sur l'autre… Bonne lecture.
Chapitre à : Arrivée en Provence
S'être confiée à Ginny fit du bien à Hermione et elle dormit d'un sommeil sans rêve, pour une fois. Elle se rendit de bonne heure au dôme pour prendre son petit déjeuner et tenter d'apercevoir le professeur Snape.
Celui-ci était installé à une petite table, sirotant un café. Hermione le rejoignit après avoir déposé sur son plateau un yaourt, des céréales et une tasse de thé. La voyant, il se leva galamment et inclina la tête.
—Bonjour Maître Snape, lança-t-elle vaillamment.
—Bonjour Maître Dubreuil, se moqua-t-il. Oserais-je vous demander si vous avez bien dormi ?
—Très bien, je vous remercie. Et vous ?
—Bien, quoiqu'un peu gêné par quelques raideurs… musculaires dues à un lit trop mou sans doute, ronronna-t-il.
Hermione s'assit en souhaitant qu'il ne remarque pas le rouge qui lui montait aux joues.
—Ai-je rêvé ou ai-je aperçu une tignasse rousse entrant chez vous hier soir ?
—Vous n'avez pas rêvé, Ginny Weasley est venue me voir.
—Ainsi vous êtes restée en contact avec cette famille malgré que vous n'ayez pas épousé le dernier rejeton…railla-t-il. Que s'est-il passé ? Vous vous êtes rendue compte que vous n'aviez pas envie d'être une poule pondeuse, noyée dans les couches, le ménage et la cuisine ?
Hermione discerna une lueur taquine dans le regard de charbon. Ron et elle s'étaient fréquentés un moment avant de décider qu'ils s'entendaient bien mieux quand ils n'étaient que de simples amis. Aussi, à la stupéfaction de leur entourage, ils avaient rompu un lien amoureux qui n'existait pas et étaient revenus à une relation amicale. Quelques mois plus tard, Hermione avait fait la connaissance d'Alex Dubreuil, responsable du personnel dans le grand hôpital magique de Marseille, en France, dans lequel elle avait effectué son stage de première année d'études avancées des potions.
Elle sourit sereinement à Severus et plaisanta.
—Effectivement, la perspective d'avoir la même vie que Molly m'a faite fuir. De plus nous avons réalisé que ce que nous avions partagé lors de nos années d'école, les études mais surtout la guerre, étaient les seules choses qui nous rapprochaient. Nos espoirs, nos attentes, nos ambitions n'étaient pas les mêmes. Nous sommes donc restés amis et nous en sommes très heureux.
—Et vous avez rencontré votre mari…
—Oui, quelques mois plus tard. J'étais en stage dans un grand hôpital où il était DRH. Lors de ma deuxième année de stage, c'est moi qui ai mis en place le protocole de soins, quand sa maladie s'est déclarée. Nous nous sommes rapprochés à ce moment-là.
—Vous vous êtes mariés alors qu'il était déjà malade ? S'étonna Severus.
—Le traitement fonctionnait bien. Nous nous sommes mariés trois ans plus tard. Cela fait aujourd'hui cinq ans. Mais il y a deux ans et demi, son état s'est brusquement détérioré. Petit à petit ses muscles ont perdu leur souplesse, ses os se sont fragilisés et il s'est progressivement paralysé. A ce jour, il ne marche plus et ses bras commencent à perdre leur mobilité. Sans compter ces infections qui l'affaiblissent. Je suis impuissante à le soulager, finit-elle dans un souffle.
Severus vit les yeux marron briller de larmes. Il songeait avec amertume que personne n'avait jamais pris soin ou ne s'était soucié de lui ainsi.
—Quand pouvez-vous être prête à partir ? S'enquit-il.
—Dans une heure je pense. Je voudrais prendre congé d'Anselme et prévenir les organisateurs.
—Je me suis permis de leur faire part de notre départ hier soir. Allez donc passer un moment avec ce cher Maître Pitoix. Je vous rejoindrai à neuf heures devant votre tente et vous nous ferez transplaner. Cela vous convient-il ?
—C'est parfait, répondit-elle en vidant sa tasse de thé alors qu'il se levait et s'éloignait.
Hermione inspira un bon coup. Bon, ça y est, ils allaient partir ensemble et elle allait devoir affronter une situation compliquée. Faire bonne figure devant Alex et se pâmer en secret pour Snape ! Surtout qu'il ne devine pas son attirance !
Hermione se faisait des illusions. Il avait parfaitement compris son dilemme. Rester fidèle à son mari ou céder à son désir qui devenait de plus en plus difficile à contenir. Il allait bien évidemment faire tout pour qu'elle craque et succombe à la tentation. Il pouvait être redoutablement persuasif dans ce domaine et savait exactement comment la faire chuter. Les attouchements auxquels il s'était livré la veille au soir l'avaient quasiment conduite dans son lit. Il s'en était fallu de peu. S'il n'avait pas décidé d'arrêter, elle l'aurait suivi sans l'ombre d'une hésitation.
Mais alors, le risque était qu'elle retrouve la raison au matin et qu'elle s'enfuit sans lui permettre de l'accompagner. Par contre quand il sera dans la place, elle ne pourra pas lui échapper et il fera d'elle ce qu'il voudra.
Avant de se rendre dans sa tente, il se rendit à la volière installée pour les courriers des sorciers invités. Il écrivit un mot à Albus pour le prévenir qu'il quittait le congrès pour une raison personnelle et qu'il lui donnerait plus d'explications dans quelques jours. Il lui signalait également avoir inscrit Poudlard dans les registres des écoles ouvertes à toutes candidatures. Le hibou parti, Severus s'en alla ranger ses affaires et, comme l'heure convenue approchait, il se dirigea vers la tente d'Hermione pour constater qu'elle l'attendait, ses bagages posés à côté d'elle.
La jeune femme le regardait avancer dans sa direction de sa démarche fière, le masque impénétrable habituel posé sur son visage pâle. Sa silhouette n'avait pas changé, pensa-t-elle. Il marchait toujours la tête haute, à grandes enjambées, sa cape volant derrière lui. L'élégance et le panache du Prince de Sang Mêlé, cette description lui allait comme un gant. Sous son regard de jais, elle se sentit fondre et son cœur palpita tandis qu'une chaleur insidieuse se répandait dans son ventre. Que pouvait-on bien ressentir à être la maitresse d'un tel homme ? Hermione se gifla mentalement. Ce n'était pas le moment d'avoir de telles réflexions surtout qu'elle se souvenait qu'il était un excellent legillimens. Il ne manquerait plus qu'il lise ses pensées, il en savait déjà trop sur ses envies…
Elle réduisit ses bagages, les fourra dans ses poches et interrogea son compagnon des yeux. Celui-ci lui tendit le bras qu'elle saisit et ils disparurent.
Quand la vue de Severus se stabilisa, il découvrit qu'ils avaient atterri dans un jardin fleurant bon la lavande et les fleurs de citronnier. Un mas typiquement provençal était niché au milieu de rochers, sur deux étages, accroché à une pente naturelle et abrupte. En se retournant, il fut saisi par la beauté du paysage. La mer Méditerranée brillait en contre bas et la ville de Marseille s'étendait sur la droite, avec la Basilique Notre dame de la Garde qui semblait veiller de loin sur le vieux port. Sur la gauche, les calanques se succédaient jusqu'à La Ciotat, leurs falaises se jetant dans une eau d'une pureté incroyable.
—Magnifique, murmura Severus, sous le charme de l'endroit.
—C'est vrai, souffla Hermione, je ne me lasse jamais de cette vue.
Ils restèrent côte à côte un moment, s'imprégnant de la beauté du site. Ils furent tirés de leur contemplation par un raclement de gorge discret. Hermione sursauta alors que Severus se retournait tranquillement, preuve s'il en était, qu'il était parfaitement maitre de lui.
—Hermione, bonjour. Viens, fais entrer ton ami…
La jeune femme sourit à celle qui venait de l'interpeller.
—Bonjour Sophie. Je te présente Maître Severus Snape, professeur de Potions à Poudlard en Ecosse, où j'ai fait mes études. Severus, Sophie Bergen-Dubreuil, la sœur d'Alex.
Severus inclina la tête en serrant la main que la médicomage lui tendait.
—Maître Snape, je suis ravie de faire votre connaissance. Hermione m'a fait savoir par courrier que vous vous intéressiez au cas de mon frère et que vous aviez décidé de l'aider à le soulager. Je vous avouerai que j'ai beaucoup d'espoirs que vous réussissiez.
Une lueur de souffrance traversa les yeux bleus de la femme, que le sorcier estima âgée d'une soixantaine d'années.
—Je vais faire mon possible, Madame. Mais je préfère vous prévenir que je ne peux pas faire de miracle ni changer l'issue de cette maladie. Si nous réussissons à l'accompagner jusqu'au bout sans souffrances inutiles, ce sera déjà un grand pas.
Le regard clair se brouilla de larmes et Hermione passa un bras autour des frêles épaules. Les deux femmes semblaient unies dans la tristesse et se soutenaient mutuellement. Incapable de dire un mot de plus pour le moment, Sophie, d'un signe de tête, invita Severus à les suivre. Les belles-sœurs enlacées entrèrent dans la maison et s'assirent à la table de la cuisine. C'était une grande pièce au sol recouvert de tomettes et aux murs blanchis à la chaux. Un grand plan de travail courrait sur trois côtés de la salle, incorporant tous les appareils électro-ménagers moldus qui existaient. L'endroit était agréable et convivial avec sa grande table de ferme et ses bancs pouvant accueillir une douzaine de convives. Sophie, d'un geste de la main, fit apparaître trois tasses et un broc de café, pendant qu'Hermione montait à l'étage voir Alex. Elle redescendit rapidement car celui-ci dormait.
—Selon vos instructions Maître Snape, j'administre à Alex une potion de frêne et de bugrane. Cela fait maintenant le deuxième jour et, dès hier soir, j'ai pu constater une baisse de la fièvre et l'analyse magique de son sang indiquait un recul de l'infection.
—Bien, répondit le professeur mais je vous en prie, appelez-moi Severus. Pouvez-vous me montrer son dossier médical ?
—Bien sûr, je vous l'apporte. Les deux potionnistes restèrent seuls et Severus ne quitta pas des yeux Hermione.
—Comment l'avez-vous trouvé ? Murmura-t-il.
—Calme, il n'a pas l'air de souffrir, son visage était détendu mais il a beaucoup changé en deux jours. Apparemment son mal va très vite. Quand irez-vous le voir ?
—Quand j'aurai jeté un œil sur ses analyses et qu'il sera réveillé. Est-il au courant de ma venue ?
—Oui, Sophie m'a dit qu'il était très content et il a ajouté qu'il ne pourrait pas être mieux accompagné jusqu'à…
Sa voix s'enraya dans un sanglot, incapable de terminer sa phrase. Heureusement, la médicomage revenait avec le dossier d'Alex et, pendant que Severus en prenait connaissance, elle servit le café.
—Existe-t-il des antécédents d'arthrose, d'arthrite ou de polio dans votre famille ? S'enquit Snape auprès de Sophie.
—Oui, nos parents avaient des problèmes d'articulation et un grand-père a souffert d'une tuberculose osseuse dans ses jeunes années, maladie qui l'a poursuivi toute sa vie.
—Votre frère a t-il subi des examens concernant cette maladie ?
—Bien sûr, quand nous étions jeunes, nous avons passé une batterie de tests après la mort de notre grand-père. Nous avions dix et douze ans.
—Et depuis ?
—Non…Par Merlin, comment avons-nous pu laisser passer ça ? S'exclama-t-elle horrifiée. Vous pensez qu'il s'agit d'une tuberculose osseuse ?
—Je ne peux pas m'avancer pour l'instant, il faudrait des analyses poussées des os et du système urinaire. Reins, vessie, uretère et épididyme. Il arrive que la bactérie de la tuberculose passe des os au système urinaire et, ou, aux poumons si elle n'est pas détectée et soignée.
Sophie bondit de sa chaise et saisit un parchemin et une plume.
—Je préviens tout de suite le grand hôpital magique de Marseille de l'arrivée d'Alex, décida-t-elle. L'uromage doit être présent aujourd'hui. Hermione, va réveiller Alex pendant que je porte ce courrier à la volière et explique-lui.
Ahurie, la jeune sorcière se tourna vers Severus.
—Je n'étais pas au courant pour la tuberculose osseuse, mais pourquoi Sophie ou même Alex n'y ont t'ils pas pensé ?
—Parfois les choses sont trop évidentes pour qu'on leur attache de l'importance. Le fait qu'ils aient été contrôlés alors qu'ils n'étaient que des enfants a faussé leur jugement. La maladie a eu tout le temps de s'installer puisqu'ils pensaient n'en être pas atteints.
—Alors…ma potion …
—N'a eu aucune incidence.
Hermione se leva en tremblant, soulagée d'un poids.
—Je vais réveiller Alex. Vous pouvez attendre ici, je vais redescendre avec lui.
—Avez-vous besoin d'aide ?
—Non, merci. J'utilise un sort de lévitation. A tout de suite.
Elle monta au premier pour trouver son mari assis sur son lit, lisant une revue sur la pêche, une de ses passions. En voyant entrer Hermione, il eut un sourire las mais heureux.
—Chérie, tu es rentrée, il me semblait bien avoir entendu des voix, souffla-il d'une voix faible.
—Bonjour Alex, sourit-elle en se penchant pour l'embrasser. Nous venons de discuter Sophie, le professeur Snape et moi et nous pensons qu'il serait judicieux de te transporter à Marseille pour quelques examens complémentaires.
—Ah, je vais enfin rencontrer ce grand homme ! Donne-moi ma baguette je te prie, que je m'habille.
Quelques instants plus tard, Hermione faisait léviter Alex assis dans son fauteuil roulant jusqu'à la cuisine. Voyant arriver l'étrange équipage, Severus se leva et fit face au malade. Il fut surpris de se trouver devant un homme plus âgé que lui, les cheveux grisonnants, aux traits encore beaux mais marqués par la maladie. Les deux hommes se jaugèrent du regard et au bout d'un moment, Alex tendit la main que Severus serra.
—Maître Snape, salua le mari d'Hermione, je suis ravi de vous rencontrer. Que vous ayez pris de votre temps pour tenter d'adoucir mes derniers jours est un honneur pour moi.
—Mon pouvoir est très limité mais je ferai de mon mieux pour vous soulager et vous accompagner, assura Snape d'une voix grave.
Alex eut un sourire et tourna son attention vers Hermione.
—Ma chère petite, lui dit-il d'un air étrange, voilà trop longtemps que tu t'occupes d'un vieil homme malade et cela m'accable. Mais je n'ai plus à m'en faire, je peux partir serein, tu es maintenant entre de bonnes mains…
