Chapitre 9 : À la découverte des souvenirs.

Harry se réveilla en sursaut, couvert de sueur. Une nouvelle fois Voldemort avait perturbé sa nuit. Un à un, il avait ôté la vie de tous les gens que Harry aimait. Une nouvelle fois, il avait vu ses parents tombés, inertes, puis ce fût le tour de son parrain, Lupin, Ron, Hermione, Ginny… Toute la famille Weasley s'était fait torturer parce qu'elle ne voulait pas lui dire où se cachait Harry. Si ça continuait, cela risquait d'arriver pour vrai.

Il était un peu plus de cinq heures du matin, mais Harry savait pertinemment qu'il ne pourrait pas se rendormir. Pas après un tel cauchemar. Il avait été tellement réaliste qu'il en avait encore la chair de poule. Il décida de prendre une bonne douche, espérant se décontracter avant que ne débute cette nouvelle journée.

L'eau ruisselait doucement sur son corps. Il leva le sort de camouflage de ses bras. De nouvelles blessures étaient là, accompagnant les plus vieilles. Il les frôla délicatement avant de se gratter violemment, mettant ses plaies à vif. Il s'en voulait de faire ça. Il s'en voulait de se blesser, sachant que ça ferait du mal aux gens qu'il aime… Il s'arrêta subitement, ayant entendu du bruit venant de la chambre. Son sang se mêlait à présent aux gouttes d'eau. Il ferma le robinet, replaça le sort de camouflage par précaution, ne sait-on jamais… Il s'habilla en vitesse et retourna dans la chambre.

Tous les autres dormaient encore à poings fermés. Il avait rêvé, personne ne serait venu le déranger… Il prît ses affaires et alla attendre dans la salle commune que tout le monde se réveille enfin. Il s'installa dans un des fauteuils en face de la cheminée et commença à feuilleter un livre sur l'histoire du Quidditch. Harry perdit vite la notion du temps.

- Tu es déjà levé ? Harry ? Harry, tu m'entends ?

Harry leva alors la tête, étonné de voir Hermione devant lui.

- Hermione… Déjà réveillée ?

- Bien oui, comme la plupart des élèves à cette heure-ci. Regarde, Ron arrive aussi.

- Harry, tu étais là ? On était inquiet quand on a vu ton lit vide.

- Oui, désolé. Je me suis réveillé et impossible de me rendormir.

Ron et Hermione échangèrent un regard peu discret.

- Je vais bien… Juste un cauchemar. Tout le monde fait des cauchemars. Rappelle-toi, Ron, quand tu as pensé que des araignées voulaient que tu fasses des claquettes… Ou toi Hermione, quand tu as cru que tu avais eu T à tes résultats de BUSE…

- Bien, alors de quoi parlait ton cauchemar ?

- Moi ? Et bien… Rogue faisait de moi son cobaye à Potions… L'horreur totale vous pouvez me croire !

- Ah, mon pauvre, je te plains… Mais à l'avenir, évite de me reparler de ces araignées danseuses. En fait, évite simplement de me parler d'araignées, ça serait sympa.

Hermione paraissait peu convaincue par les propos tenus par Harry, mais s'abstint de tous commentaires. Il avait l'air de meilleure humeur que les jours précédents, et ça, ça lui faisait plaisir à voir.

Le petit-déjeuner se passa dans la bonne humeur, mais le sourire des Gryffondors disparut bien vite quand l'heure du cours de Potions avec les Serpentards sonna.

Harry eut l'impression que leur professeur l'observait plus qu'à l'accoutumée. Était-ce le fruit de son imagination ? Ou était-ce vraiment le cas ? Sa potion se passa pourtant merveilleusement bien. Il avait bien fait de faire une copie du livre qu'il avait rendu. Ces annotations étaient plus que géniales. Harry se demandait parfois qui pouvait bien être ce génie des potions. Il aurait bien aimé le remercier. Grâce à lui, ses cours avec Rogue se passaient mieux. Finalement, après trois explosions et 80 points en moins, les Gryffondors purent enfin quitter les cachots. Direction le cours de sortilèges. Ils s'installèrent rapidement, tout comme les Poufsouffles.

- Harry, tu t'es vraiment amélioré en potions, c'est impressionnant !

- Merci, Hermione, mais j'essaye juste d'éviter les foudres du prof, donc je fais peut-être un peu plus attention qu'avant, c'est tout. Et puis, si je loupe tout, il risque de me virer. Normalement, je n'aurais pas dû assister aux cours, n'ayant pas eu un O…

- C'est vrai, mais Mione à raison, tes potions sont parfaites.

Le cours continua. Les élèves s'entraînaient une nouvelle fois aux informulés. Beaucoup n'y parvenaient pas encore. Ron commençait maintenant à les maîtriser, comme ses deux amis qui y arrivaient déjà…

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L'heure du déjeuner arriva enfin. Ron pressa ses amis.

- Allez, j'ai faim moi !

- C'est bon, Ron, on arrive. Tu sais, il y aura assez à manger pour tout le monde, pas besoin d'aller aussi vite.

En chemin, Ginny et Neville les rejoignirent.

- Vous avez entendu ? Il devrait bientôt y avoir un week-end où on pourra à nouveau allé à Pré-au-Lard.

- Je ne savais pas. Et ça serait quand ?

- Normalement, le premier week-end d'octobre. Mais je ne suis sûre de rien. Des élèves de Serdaigle me l'ont dit ce matin en cours de Botanique.

- C'est cool ça. J'espère que c'est vrai…

Après le repas, le trio retourna dans la salle commune. Bien évidemment, Hermione se mit immédiatement à ses devoirs. Pendant ce temps, Harry et Ron faisaient une partie d'échec. Une partie qui s'acheva sur la défaite de l'Élu.

- Désolé Harry, mais tu es échec et mat.

- Ouais, comme d'habitude.

- On en refait une autre ?

- Pourquoi pas, je n'ai rien d'autre à faire avant d'aller rejoindre Rogue de toute façon.

Hermione toussota, rappelant aux garçons sa présence.

- Tu as donc fini ton devoir de Métamorphose ? Et celui de Sortilèges ? Ah, et j'oubliais, celui de Botanique et de DCFM ?

Ron devint livide.

- Quoi ? Il y en a tant que ça ? Je me souviens seulement de celui de Métamorphose pour lundi.

- Heu Ron… Il est pour demain.

- Mione… Ma petite Mione, est-ce que...

- Même pas en rêve ! Fais-le tout seul… comme le grand garçon que tu es.

- Bon Harry, on fait une dernière partie et je fais mon devoir pour McGonagall.

Le rouquin oublia vite son devoir. Ils passèrent l'après-midi à jouer aux échecs. Jusqu'au moment où :

- Harry ! Il ne te reste même pas cinq minutes pour te rendre aux cachots…

- Quoi ? Eh merde ! Il va me tuer sur place. À tout à l'heure !

Harry se dirigea à toute vitesse vers la sortie, quand :

- On se rejoint où ?

- Grande salle.

Ces derniers mots à peine prononcés, il disparut derrière le tableau. Harry se mit à courir aussi vite que possible. Il faillit renverser plusieurs personnes en chemin, mais personne ne fut blessé. Par chance, il ne croisa aucun professeur pour lui ôter des points pour oser courir dans les couloirs…

- Vite ! Vite ! J'y suis presque.

Il s'arrêta devant la porte et vérifia l'heure. Deux minutes trente-sept secondes de retard… Il allait se faire massacrer. Il leva la main, prêt à frapper, quand la porte s'ouvrit brusquement sur son professeur de Potions.

- Vous comptiez rester combien de temps devant ma porte comme un imbécile ?

- Je m'apprêtais justement à frapper.

- Dépêchez vous d'entrer, Mr Je-Ne-Suis-Jamais-À-l'Heure.

Harry entra dans la pièce sans rien ajouter. S'excuser n'aurait servi à rien, sauf peut-être à mettre son professeur encore plus en rogne.

- Bien, comme je vous l'ai déjà dit la dernière fois, aujourd'hui nous reprendrons l'occlumencie.

- Génial… murmura Harry pour lui-même.

- Si vous croyez que ça me fait plaisir de perdre mon temps avec un élève qui ne cherche même pas à apprendre. Vous pensez que tout va vous être apporté sur un plateau parce que vous êtes Harry Potter ! Et bien, vous vous trompez !

- Je n'ai jamais pensé ça ! Et en cours, je m'en sors…

- Suffit ! Commençons.

Ils se placèrent tous les deux au centre de la pièce, baguette en main. Le professeur Rogue leva rapidement sa baguette vers son élève.

- Legilimens.

Harry tenta de résister, mais des images de son passé commencèrent à défiler malgré lui :

Il venait d'arriver au Terrier, Hermione le prenait dans ses bras. Puis le suivant surgit, plus ancien cette fois-ci. Son oncle lui prenait son matériel scolaire et les enfermait dans un placard. Puis un autre : il venait de servir son oncle, sa tante et son cousin, mais lui s'installa dans la cuisine avec pour seul repas une tranche de jambon et quelques feuilles de salade. Harry tenta de repousser l'enseignant et qui sortit finalement de sa tête.

- Vous ne me résistez pas beaucoup. C'est vraiment un jeu d'enfant d'entrer dans votre esprit…

Harry avait les jambes qui tremblaient légèrement. Le cours ne faisait que commencer, mais celles-ci menaçaient déjà de le lâcher.

- J'essaie…

- Pas assez. Vous ne résistez qu'une fois que je suis déjà entré. Faites plus d'efforts, si vous savez au moins ce que cela signifie.

Harry reprit calmement son souffle. Ne pas répondre à ses attaques, se concentrer, seulement se concentrer. Sans prévenir, le professeur de Potions lui jeta à nouveau le sortilège. Pendant quelques secondes, Harry pensa avoir réussi, mais finalement, la barrière protégeant son esprit vola en mille morceaux.

Cette fois, les souvenirs dataient d'avant son entrée à Poudlard. Il était enfermé dans un placard et pleurait pendant qu'une voix lui criait : " Tu resteras enfermé pendant les trois prochains jours." Le décor changea. Il était dans le salon et ne semblait pas avoir plus de six ans. Son cousin déballait une pile de cadeaux. Quand il demanda si lui aussi avait des cadeaux, sa tante lui rétorqua : "Seuls les enfants sages en ont, pas les monstres comme toi…"

- Stop !

Le professeur fut soudainement repoussé de l'esprit de son élève. Il regarda l'adolescent tombé à genoux, tremblant légèrement.

- Bien, vous avez finalement réussi. C'est un début.

Harry fut stupéfait. L'avait-il indirectement félicité ? C'était une première. Sans vraiment savoir pourquoi, cette remarque lui fit chaud au cœur. Il se releva péniblement.

- La prochaine fois, essayez de m'empêcher d'accéder à vos souvenirs. Legilimens.

Son cousin et toute sa bande se moquaient de ses vêtements beaucoup trop grands pour lui. Il désherbait le jardin sous un soleil de plomb. Son oncle l'insultait, disant que personne ne voudrait d'un enfant comme lui, qu'il aurait mieux fait de mourir avec ses "sales bons à riens de parents".

Les larmes coulèrent doucement sur le visage d'Harry. Sans vraiment s'en rendre compte, il leva sa baguette vers son professeur.

- Protego… murmura-t-il.

Le professeur Rogue fut brutalement rejeté en dehors de sa tête et Harry vit défiler des images d'un passé qu'il ne reconnut pas.

Un garçon d'environ neuf ans courait alors que tout un groupe d'enfants de son âge lui jetait des pierres. Il était maintenant dans une maison et un homme frappait une femme. Cette dernière protégeait de son corps le même petit garçon.

- Suffit !

Harry fut brutalement projeté en arrière et heurta une armoire. Plusieurs livres lui tombèrent sur la tête. Il mit plusieurs secondes à revenir à lui. Comprenant qu'il venait de voir les souvenirs de son enseignant, il n'osa pas bouger.

- Debout, on reprend.

Harry se releva, mais retomba immédiatement. Il releva la tête et vit son enseignant quitter la pièce. Celui-ci revint quelques minutes après, un baume dans une main et dans l'autre… du chocolat !

- Il me semble vous avoir demandé de vous lever. Venez-vous asseoir. Plus vite !

Les jambes encore légèrement tremblantes, il s'installa sur une chaise. Le professeur Rogue lui tendit le chocolat.

- Mangez. Je n'ai pas envie que votre directrice de maison se plaigne…

- Heu… Merci.

Une fois le chocolat englouti, son professeur lui ordonna :

- Levez vos manches !

- Non… pas besoin. Je vais bien.

- Ce n'était pas une question. De plus, il me semble que nous avons passé un accord, l'auriez-vous déjà oublié ?

- Non.

- Bien. Vous savez ce qu'il vous reste à faire alors.

Harry releva lentement ses manches. Son professeur leva le sortilège masquant ses blessures.

- Depuis mercredi dernier, combien de fois l'avez-vous fait ?

- Je ne sais pas vraiment… Deux, peut-être trois fois.

Une fois soigné, l'entraînement reprit comme si de rien n'était. Harry n'osa plus utiliser sa baguette de peur de voir d'autres souvenirs de son enseignant. Par contre, ce dernier entra encore plusieurs fois dans son esprit, sans qu'Harry ne puisse l'en empêcher. Il avait beau se concentrer, son professeur était le plus fort.

Une nouvelle fois, Harry s'effondra, à bout de force.

- On va arrêter le massacre. Vous ne faites aucun effort pour me repousser. Vous pouvez partir, mais samedi, revenez à 14 h, et vous avez intérêt à avoir fait des progrès. Entraînez-vous avant de dormir.

Harry se releva et commença à partir.

- Je ne veux aucun retard, Potter. J'ai dit 14 h, est-ce bien clair ?

- Oui.

Il put enfin quitter la pièce après plus de trois heures d'entraînement (ou de torture) intensif. En chemin vers la salle commune, il croisa Ginny.

- Ça va, Harry ? Tu n'as pas l'air bien.

- Ce n'est rien. Je suis juste fatigué. Par contre, tu pourrais dire à Ron et à Hermione que je suis désolé, mais que je n'irai pas manger ? Je vais directement aller me coucher.

- Bien sûr, je leur dirai. J'allais justement manger.

- Merci, tu es un ange.

- De rien… Bonne nuit !

- Merci. Bon appétit !

Ils se séparèrent finalement. Une fois dans les dortoirs, Harry se jeta sur son lit, sans prendre la peine de se déshabiller. Il s'endormit de suite.