Disclaimers : Les personnages ne m'appartiennent pas même si ça me ferait bien plaisir… Le concept des titres de chapitres n'est pas de moi non plus, mais vient de l'anime « Loveless » où chaque épisode porte un nom suivi de « less » qui signifie « sans ». Pardon de l'écrire en anglais, mais il y a des trucs qui ne se traduisent pas toujours très bien…
Titre : Cruel destin
Auteur : Ephemeris
Résumé : La guerre est enfin terminée, Oz anéanti, et les habitants de la terre et des colonies sont libérés. Tout devrait aller pour le mieux, mais plusieurs années plus tard, tout recommence.
Couples : 1x2x1, je sais que c'est pas original, mais j'arrive pas à en sortir…
Genre : Angst, très angst…
Rating : T voire peut-être M pour certaines scènes de violence…
Warnings : Yaoi, violence, torture… Vous l'aurez deviné, sujet pas trop joyeux, mais ça ne devrait pas être une deathfic à moins qu'un cricri de dernière minute vienne me grignoter le cerveau pour me tenter… Mais je vous promets de faire un effort, j'en ai un peu marre de les faire mourir… Rassurés ? Vous ne devriez peut-être pas…
Cruel destin
Chapitre IX : Fearless
Une fois que Trowa eut fermé derrière eux la porte du bureau de Heero, il fit signe à ses compagnons de faire le tour de la pièce pour s'assurer que l'on n'avait pas mis le bureau sous surveillance.
« C'est bon, il n'y a rien, » dit doucement Wufei.
Les deux autres acquiescèrent et prirent place sur les chaises présentes dans la pièce qui avaient été renversées dans la colère de celui qui, pendant dix ans, avait travaillé dans cette pièce après les avoir relevées.
« Il semblerait que personne ne soit venu faire le ménage depuis la crise de nerfs de Heero, » constata Quatre d'un air grave, se souvenant de l'état dans lequel était leur compagnon.
Il y eut un moment de silence, chacun se demandant où Duo avait bien pu emmener Heero et surtout, ce qu'il comptait faire par la suite. Trowa fut le premier à sortir de ses pensées et à engager la discussion.
« Lady Une nous cache quelque chose. »
« C'est ce que je crois aussi, » répondit Wufei. « Depuis que Relena est morte, elle est agressive et a des réactions totalement incontrôlées. »
« J'ai l'impression de revoir la Lady Une du temps de Treize Kushrenada, » ajouta Quatre. « Elle est effrayante, mais dangereuse aussi. Si c'est là sa véritable nature, je ne vois pas comment elle a fait pour la cacher pendant plus de dix ans. »
Trowa réfléchissait, remettant en ordre les événements dans son esprit pour arriver à une synthèse qui leur permettrait de comprendre le problème.
« Quand son comportement a changé, ça m'a surpris, mais j'ai mis ça sur le compte de l'assassinat de sa chère reine adorée. D'ailleurs, je ne vois pas ce qu'elle aimait tant chez elle, mais ce n'est pas ce qui nous intéresse. »
« Ensuite, il y a eu son agressivité envers Duo, » continua Wufei.
« Et son ordre donné à Heero de le torturer s'il refusait de parler, » termina Quatre, la tête baissée.
Trowa se sentit mal à ces mots, sachant comme ses compagnons que Heero avait exécuté cet ordre à contre cœur et qu'en plus, il n'en avait rien retiré. Mais il se ressaisit.
« Encore que là, on peut aussi mettre tout ça sur le compte de sa rage envers Duo pour avoir assassiné Relena. Mais ce qui est gênant, c'est qu'elle m'ait appelé 03. »
« Quand elle a dit ça, je me suis revu onze ans en arrière, » dit doucement Wufei, tentant de chasser les mauvais souvenirs qui ressurgissaient dans son esprit.
Trowa se leva et alla vers la porte. Il l'entrebâilla pour voir s'il n'y avait personne, puis la referma. Il revint vers ses compagnons et se rassit.
« Il y a quelque chose de pas net dans tout ça. J'ai l'impression que la mort de Relena a dû chambouler un projet qu'elle avait ou quelque chose qu'elle faisait qui nécessitait la présence de la reine. »
Quatre releva la tête avec une pointe de sourire sur le visage.
« Si on fait des recherches, comme elle nous l'a ordonné, rien ne nous empêche de chercher ce qu'elle fait en cachette au lieu de chercher des informations pour retrouver Duo qui ne nous servirons de toute façon à rien. »
« Oui, parce que si ça se trouve, elle est en train de préparer un coup d'état ou je ne sais quoi dans la veine d'Oz. Je ne tiens pas à revivre une guerre, surtout que nous n'avons plus nos Gundams. »
Ces dernières paroles firent l'effet d'un coup de tonnerre à Trowa qui se releva d'un coup. Les deux autres, surpris par cette réaction, se levèrent à leur tour en regardant leur compagnon d'un air inquiet.
« Qu'est-ce qui t'arrive Barton ? »
« Nos Gundams… »
Quatre et Wufei le regardèrent étrangement. Ce fut le blond qui répondit.
« Quoi nos Gundams ? On ne les a plus. Les Preventers nous les ont confisqués après le conflit Mariemaia. Ils les ont sans doute détruits. »
Ces derniers mots étaient empreints d'une profonde amertume, mais cela ne sembla pas affecter l'état de Trowa qui reprit la parole.
« Mais non, ils ne les ont pas détruits ! Ils les ont gardés ! Enfin, je crois. »
« Comment tu crois ? » s'énerva Wufei. « Ne joue pas avec les sentiments des gens comme ça. Est-ce qu'ils existent encore ou pas ? Et comment tu sais ça d'abord ? »
Trowa se dirigea vers l'ordinateur de Heero qu'il tenta de rebrancher pour le refaire fonctionner. Se concentrant sur ce qu'il faisait, il expliqua ce qu'il savait.
« C'était au début que nous étions ici. Ca doit faire sept ou huit ans au moins. J'étais sur une mission avec Noin quand elle m'a parlé de ça. Elle m'a dit que c'était un secret et que personne ne devait être au courant, mais qu'elle faisait confiance à ma discrétion. »
« Et alors, qu'est-ce qu'elle t'a dit ? » interrogea Wufei, impatient de savoir la suite.
« Elle m'a dit que les Gundams n'avaient pas été détruits et qu'ils étaient gardés quelque part au château. Mais elle ne savait pas où. »
« Sans doute que Lady Une est au courant de cela et peut-être qu'elle prévoit d'utiliser nos Gundams dans ce qu'elle prépare, » dit Quatre, horrifié à cette pensée.
Duo gardait son regard fixé sur Heero, rendant ce dernier mal à l'aise. La période de guerre qu'ils avaient vécue lui revenait en tête, faisant ressurgir de mauvais souvenirs d'emprisonnements, de maltraitance et de torture. Heero revit alors le dos de Duo, maculé de cicatrices et se souvint de ce couteau qui s'était enfoncé si violemment dans son bras gauche.
Alors que Heero ne savait plus où il en était, Duo le fixait toujours, mais n'aimait pas ce regard chez son ancien compagnon. Il n'était plus sûr de le comprendre comme à l'époque de la guerre, mais ne voulait pas le montrer. De toute façon, Heero n'avait aucune utilité dans ses affaires. Alors, sans le lâcher des yeux, il lui demanda :
« Tu pourras retrouver ta chambre seul ou j'appelle quelqu'un ? »
Heero ravala un gémissement.
« Non, ça ira. »
Duo acquiesça et contourna Heero pour se diriger vers la porte. Ce dernier se retourna vivement et, d'une voix presque agonisante, il lança :
« Où tu vas ? »
Duo s'arrêta, la main sur la poignée de la porte. Il répondit à la question qu'on lui avait faite, mais il ne se retourna pas.
« Je vais voir Zechs. »
Heero baissa la tête à cette réponse. Il s'en doutait, mais il avait refusé d'admettre cette hypothèse qui se confirmait de plus en plus. Mais pourquoi cette constatation lui faisait-elle si mal ? Il fit un effort considérable pour que Duo ne se rende pas compte de son état.
« Tu m'as l'air très proche de lui. »
« C'est la seule personne en qui j'ai un semblant de confiance. »
Puis il sortit, laissant Heero au milieu de la pièce, les larmes pointant au bord des yeux. Une fois hors de la pièce, Duo ne regarda pas en arrière et marcha d'un pas rapide vers la chambre de Zechs, écartant le regard blessé qu'il imaginait sur le visage de son ancien compagnon d'arme.
En traçant son chemin, il n'entendit pas un de ses subordonnés l'appeler et ne se retourna donc pas. Mais quand il sentit une main se poser sur son épaule, il se retourna brusquement et plaqua le pauvre homme contre le mur, un regard de tueur braqué sur lui.
Quand il aperçut le regard terrifié de l'homme qu'il tenait à la gorge, il lâcha prise en prenant un air agacé et demanda sèchement :
« Qu'est-ce qu'il y a ? »
L'homme se ressaisit du mieux qu'il put et tenta de répondre le plus simplement à son patron.
« Veuillez m'excuser, mais mes camarades et moi-même voudrions savoir en quoi consiste la prochaine étape suite aux derniers événements. »
« Rien n'est sûr pour le moment. Vous serez avertis en temps et lieu. C'est tout ? »
Le ton froid de son patron dissuada l'homme à poser plus de question et se contenta de hocher la tête et de regarder Duo repartir dans la direction qu'il suivait avant de se faire arrêter.
« Il est vraiment dangereux… »
Allongé sur son lit, Zechs feuilletait des documents sans vraiment arriver à se concentrer dessus. Il entendit quelques coups frappés à sa porte et invita la personne à entrer. Il attendait Duo et fut très content de voir ce dernier entrer dans la pièce. Le jeune homme, après un échange de regard, vint s'asseoir sur le bord du lit de son compagnon et, le regard posé au sol, il entama la conversation.
« Il faudrait savoir ce qu'on va faire, les hommes commencent à se poser des questions. L'un d'entre eux m'a interpellé pour savoir ce qui allait suivre. »
« Et il est toujours en vie ? » ironisa Zechs.
Duo lui répondit par un regard glacial, ce qui fit rire son compagnon.
« Tu sais Duo, tu devrais faire un peu plus attention à tes réactions. Tu deviens de plus en plus violent. »
« Et encore, je me retiens énormément. Si tu savais ce qui se passe à l'intérieur de moi… »
Et il baissa la tête en serrant les poings. Zechs se pencha vers lui et lui mit la main sur l'épaule, ce qui fit remonter le regard de Duo qui plongea dans les yeux de son vis-à-vis.
« Je sais ce que tu ressens, mais fais attention tout de même. »
Duo lui lança un regard reconnaissant accompagné d'un petit sourire bref. Zechs en fut soulagé et se remit dans sa position initiale, recommençant à feuilleter les documents.
« Je ne sais pas ce qu'on pourrait faire. Tenter une deuxième fois de détruire le château est risqué, ils doivent tous être sur la défensive. »
« Je suis désolé d'avoir échoué, » murmura Duo sans regarder Zechs.
Ce dernier secoua la tête de droite à gauche.
« Ce n'est pas de ta faute, on savait que ce serait risqué. N'oublie pas que quatre anciens pilotes de Gundam étaient sur place. D'accord, ils se sont sans doute un peu encroûtés, mais les réflexes sont toujours là. »
« C'est quand même très dommage, si près du but, de se faire repérer. »
« Ne t'inquiète pas, on va trouver une solution, quitte à devoir attendre un certain temps avant de retourner à l'assaut, » dit Zechs sur un ton qui se voulait optimiste.
Cependant, il ne s'attendait pas à la réaction qu'eut Duo à la suite de ses paroles. Il avait cru que son ami l'aurait gratifié d'un petit regard en coin accompagné peut-être d'un petit sourire sarcastique, mais ce ne fut pas ce qu'il vit.
En fait, un immense sourire était apparu sur le visage de Duo, un sourire comme il ne lui en avait jamais vu en dix ans. Mais ce sourire qui lui avait paru presque heureux l'espace d'une seconde s'avéra être plutôt un sourire cruel, sadique, comme si une idée terrible venait de germer dans un esprit malade. Duo se tourna vers Zechs, des étincelles dans les yeux.
« Zechs, je crois que je viens d'avoir une brillante idée. »
« Mais qu'est-ce que tu cherches dans cet ordinateur Barton ? »
Trowa, assis devant le bureau de Heero, tapait sur le clavier à une grande vitesse, semblant exactement savoir ce qu'il cherchait. Sans lâcher l'écran des yeux, il répondit à Wufei.
« Heero était chargé de la sécurité du bâtiment. Il est clair que tous les plans, même ceux qui sont moins officiels, se trouvent dans cette machine. Je suis sûr que l'emplacement de nos Gundams est indiqué quelque part. »
Wufei fit quelques pas vers la porte avant de revenir, un peu énervé.
« Si Heero avait ce genre de plans dans son ordinateur, je crois qu'il les aurait trouvés non ? Un type qui peut tout faire en informatique comme lui… »
Trowa eut un sourire alors que ses doigts continuaient à malmener les touches du clavier.
« En fait, je t'avouerais que ça ne m'étonnerait pas si Heero avait été au courant pour nos Gundams. »
« Et bien alors si ces plans sont dans cet ordinateur, dépêche-toi de les trouver ! » s'exclama Quatre qui commençait à s'impatienter à l'idée de revoir son Gundam.
« Je te rappelle que ça a appartenu à Heero cette machine, alors sois patient, juste un peu. »
Quatre finit par s'asseoir sur une chaise, les bras croisés sur sa poitrine en tapant du pied d'impatience. Wufei, lui, faisait des vas et viens dans la pièce, les mains dans le dos, la tête baissée. C'est alors que Trowa poussa un petit cri.
« Je crois que j'ai trouvé ! »
Zechs appréhendait énormément ce qu'allait lui dire Duo. Le regard du jeune homme ne lui disait rien de bon, mais une certaine curiosité l'avait piqué. A quoi pouvait-il bien penser pour avoir eu une telle réaction ?
« Tu vas me dire à quoi tu penses ou je dois deviner ? » demanda sarcastiquement Zechs.
Duo ferma les yeux un moment et quand il les rouvrit, l'étincelle dans ses yeux avait disparu, son visage étant redevenu froid. Il s'expliqua enfin.
« Zechs, depuis que le royaume de Sank a été détruit, tu as tout fait pour te venger et ainsi, tu t'es sali les mains. Il y a dix ans, tu as tout fait pour que ta sœur prenne le pouvoir parce que tu te considérais indigne de prendre la place de ton père, mais aujourd'hui, avec ce que nous savons de ce roi et tout le reste, cette idéologie qu'il prônait et dont tu ne te croyais pas digne n'existe plus. »
« A quoi veux-tu en venir ? » demanda Zechs, suspicieux.
« Je veux en venir au fait que ce dont tu te croyais indigne était en fait bien plus indigne que tes propres actions et qu'en d'autres termes, c'est à toi que revient le royaume de Sank. »
Zechs ouvrit de grands yeux à cette affirmation. Ce que disait Duo allait totalement dans le sens contraire de ce qu'il avait pensé pendant plus de vingt ans. Oui, il avait découvert que son père n'était pas l'homme qu'il prétendait être, mais jamais il n'avait reconsidéré son propre cas, se voyant toujours comme un homme sali de ses crimes.
« Alors voilà ce que je te propose, » continua Duo. « Au lieu de retourner à Sank pour détruire le royaume comme nous le voulions au départ, retournons-y pour en prendre le contrôle et te mettre sur le trône. »
Il fallut un bon moment avant que Zechs ne réalise concrètement ce que lui proposait son ami. Les éléments tournaient à une vitesse folle dans sa tête et il avait du mal à croire les images qui se formaient au fil de ses pensées. Puis, un grand sourire apparut sur son visage et il releva la tête pour regarder son vis-à-vis dans les yeux.
« Tu n'as vraiment peur de rien, mais Duo, tu es un vrai génie ! »
Ce dernier eut tout d'abord un petit sourire en voyant Zechs adhérer à son idée, mais baissa rapidement les yeux. Zechs, ne comprenant pas cette réaction, lui demanda ce qu'il avait soudainement.
« La dernière personne qui m'a appelé comme ça, c'était Heero. »
Zechs fronça les sourcils. Dans son esprit se mélangeaient un sentiment de joie et un autre de tristesse. Son ami lui paraissait mélancolique, ce qui lui faisait plaisir dans un sens, mais qui lui faisait également le contraire. En fait, il venait de se rendre compte que Duo ne s'était pas complètement détaché de sa vie d'il y a dix ans, ou du moins d'une personne ayant fait partie de cette vie.
« Duo… »
« Je suis ravi que cette idée te plaise. J'ai déjà un plan pour la mettre en œuvre. »
Le jeune homme avait retrouvé son visage impassible et Zechs comprit que la porte s'était refermée, peu importait ce qu'il avait eu l'intention de dire. Il décida donc d'oublier et de se concentrer sur le sens des paroles de Duo.
« Et tu comptes l'utiliser ? »
Duo acquiesça, accompagnant son geste d'un petit sourire en coin, le genre de sourire qu'il valait mieux de ne pas croiser si l'on était l'ennemi de cet homme.
Trois regards étaient braqués sur l'écran de l'ordinateur, les yeux grand ouverts. Trowa avait l'index gauche posé sur l'écran à l'endroit où se trouvaient, selon lui, leurs cinq Gundams. Continuant de taper les touches du clavier de sa main droite, il cherchait un moyen d'accéder à la salle en question.
« Et si ce n'était pas ça, que tu t'étais complètement trompé ? » demanda Wufei aux prises avec de terribles doutes.
« Si ce n'est pas la bonne salle, je continuerais à chercher jusqu'à trouver l'endroit où ils les ont cachés, » lui répondit sèchement Trowa, refusant de ne pas réussir à mettre la main sur leurs anciennes armures mobiles.
« Espérons juste qu'ils ne les aient pas détruits depuis, » répliqua Quatre, quelque peu inquiet. « Tu as bien dit que c'était Noin qui t'avait révélé le secret, ça fait des années qu'elle a disparu. Tant cette information était vraie quand elle te l'a dit, mais maintenant… »
Cette intervention de la part de Quatre jeta un froid dû à la véracité de ses paroles à propos des Gundams, mais elle remit également en mémoire aux trois garçons la mystérieuse disparition de Noin, des années plus tôt. La jeune femme, après avoir accompli une mission qu'on lui avait confiée, avait envoyé sa confirmation de réussite et son avis de retour, mais n'était jamais revenue.
Son corps n'avait jamais été retrouvé, ce qui avait installé un grand mystère autour de cette histoire, personne ne pouvant dire si Noin était vivante ou non. Mais l'enquête n'avait pas été poussée plus loin et l'on finit par l'oublier.
L'atmosphère lourde qui s'était installée fut soudainement brisée par Trowa qui se leva de sa chaise et se dirigea vers la porte. Il fit signe aux deux autres de le suivre, ce qu'ils firent sans un mot. Trowa les guida à travers les couloirs qu'ils connaissaient tous par cœur jusqu'à une porte dérobée derrière un lourd rideau.
« J'ai trouvé cette porte il y a quelques années, mais je ne pensais pas à avoir à l'emprunter un jour, » dit calmement Trowa.
Puis il l'ouvrit et s'y engouffra, suivi de ses compagnons. Un long couloir se révéla à eux, éclairé par une série de néons tremblants.
« Ca me rappelle les bases secrètes d'Oz, » dit doucement Quatre.
« Je suis d'accord avec toi, j'en ai des frissons, » s'exclama Wufei.
« C'est par là, » annonça Trowa en avançant.
Le silence se fit entre les trois colonels jusqu'à ce que Trowa s'arrête, arrivé à l'extrémité du couloir, devant deux grandes portes blindées. Trowa posa une main sur le levier qui servait de poignée et tenta de le faire basculer, mais rien n'y fit. Il avisa le clavier électronique sur le côté et soupira. Là, ils auraient eu besoin de la science de Heero ou de Duo. Il regarda d'ailleurs d'un drôle d'air Wufei s'approcher du clavier.
« Qu'est-ce que tu fais ? »
Wufei sourit, regardant ses deux compagnons.
« Je peux vous dire un secret à mon tour ? Pendant la guerre, Duo m'a donné ce que je pourrais appeler des leçons de… de 'crochetage de serrure'… Et même si ça ne date pas d'hier et que je n'ai jamais vraiment eu à appliquer ces leçons, je crois que je suis en mesure d'ouvrir ces portes. »
Trowa et Quatre le regardèrent avec de grands yeux. Le visage de Quatre s'illumina et il s'exclama :
« C'est grâce à ça que tu as pu faire échapper Duo ! »
Wufei acquiesça et se retourna vers le clavier, cherchant les gestes que Duo lui avait appris pour arriver à bout de ce système. Après quelques minutes, il y eut un bip sonore et les portes semblèrent se déclencher, permettant ainsi à Trowa de les ouvrir à l'aide du levier.
« J'ai vraiment l'impression de trahir ma fonction. Il faut vraiment avoir peur de rien pour faire un truc pareil ! » dit soudainement Wufei.
Quatre eut un petit rire, petit rire proche de celui qu'il avait pendant son adolescence qui rappela à ses deux compagnons l'époque de la guerre tout en leur faisant plaisir.
« N'oublie pas que nous sommes d'anciens pilotes de Gundam. Alors non, nous n'avons peur de rien ! »
Trowa et Wufei eut un sourire à cette réplique. Tous trois vinrent à penser que l'époque de la guerre était en fin de compte plus amusante que ces temps de paix à l'atmosphère étrange qu'ils vivaient depuis dix ans. Il était vrai que depuis le départ de Duo, les choses n'avaient plus été les mêmes. Mais leur passé était peut-être à leur portée. Ils se retournèrent donc vers les portes.
De l'autre côté, ils découvrirent la grande salle qu'indiquait le plan. En y pénétrant, ils virent de grandes masses recouvertes de grands tissus qui leur parurent de la taille d'armures mobiles. Wufei s'avança le premier vers l'une d'elles et tira violemment sur le tissu qui lui révéla un Gundam.
« Wing Zero ! » s'exclama-t-il.
A cette vue, Trowa et Quatre se précipitèrent vers les autres formes et arrachèrent leurs couvertures l'une après l'autre. Lorsque chacun des anciens pilotes se retrouva face à son armure, ils ne purent s'empêcher de s'arrêter devant elles, en parfaite admiration.
« Nataku… » murmura Wufei, caressant le métal froid de son Gundam, un doux sourire aux lèvres.
Quatre, lui, avait les larmes aux yeux en voyant son cher Sandrock, le revoir lui faisait une joie immense. Il se souvenait de la douleur qu'il avait ressentie lorsqu'on le lui avait réquisitionné pour cause de paix et en voulait grandement à ces gens-là, soudainement.
De son côté, Trowa observait Heavyarms, cherchant le moindre changement que l'on aurait pu opérer sur lui, mais fut soulagé de ne voir aucune différence. Heureux de ne pas s'être trompé, il balaya la pièce du regard, voyant quelques armures mobiles qui ressemblaient à des prototypes en construction, Wing Zero, Shenlong, Sandrock…
Il sembla soudain réaliser quelque chose et courut jusqu'au fond de la salle, regardant tout autour de lui d'un regard effrayé. Cette réaction surprit grandement Wufei et Quatre qui le regardèrent inquiets.
« Qu'est-ce qui t'arrive Barton ? »
Trowa leur lança un regard presque effrayé et leur dit :
« Deathscythe n'est pas ici !
A suivre…
Note de l'auteur : Sadique ? Moi ? Mais non voyons… Et puis je suis sûre que vous avez compris de toute manière, c'est pas la peine que je vous explique ! Bon, que je mette quelque chose au point ; j'ai récemment regardé Endless Waltz et j'avais complètement oublié qu'ils détruisaient leur Gundams à la fin, donc on va dire que ce détail diffère de l'histoire originale…
Suite à plusieurs reviews dans lesquels on m'a exprimé une certaine incompréhension au sujet de l'assassinat de Relena, je peux seulement vous dire que ce point sera éclairci un peu plus tard dans l'histoire. En attendant, j'espère que ce chapitre vous a plu, merci de l'avoir lu. A bientôt.
-Ephemeris-
