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Chapitre 8 : Réprimande hiérarchique
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Gibbs descendit les escaliers et jeta un coup d'œil sur son équipe. Bien, son second était derrière son bureau et était plongé dans un dossier tandis que McGee consultait un site de jeu semblait-il. Il allait mettre bon ordre à leur indiscipline.
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« McGee » s'exclama-t-il faisant sursauter son Agent. « Si vous avez du temps pour jouer en ligne, vous devez en avoir pour travailler également. »
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Il prit sur son propre bureau une pile de documents divers qui nécessitaient d'être complétés et dispatchés dans les services appropriés. Ce travail revenait habituellement au chef d'équipe ou son second mais dans la mesure où Tony bossait réellement, il avait envie de mettre l'informaticien à l'épreuve.
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« Tenez, complétez et faites parvenir cette paperasse aux services concernés » ordonna-t-il en lui tendant la liasse d'imprimés.
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McGee les prit et y jeta un rapide coup d'œil avant de lever la tête vers Gibbs qui attendait son commentaire.
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« Euh… ! Patron, je n'ai jamais rempli ces papiers auparavant » avoua-t-il piteusement.
« Jamais, McGee » s'étonna l'ancien Marine. « Vous avez occupé les fonctions de second durant plusieurs mois et vous n'avez jamais exécuté cette tâche qui vous incombait ? Comment est-ce possible ? Vous étiez sensé seconder votre chef d'équipe, il me semble, ceci fait partie des fonctions du poste. Alors expliquez-moi comment vous avez pu avoir le titre, le salaire et les avantages sans en remplir les obligations ? »
« Je l'ignore, Patron » marmonna McGee lamentablement.
« Vous l'ignorez ? » scanda son chef. « Vous avez délibérément esquivé les responsabilités de votre poste, vous avez laissé votre supérieur assumer ses charges et les vôtres sans vous préoccuper de savoir s'il était d'accord. Vous n'avez pas cherché à savoir quelles étaient vos responsabilités en tant que second, vous avez préféré laisser votre supérieur faire votre propre travail. Et vous osez vous plaindre de la façon dont il a géré l'équipe durant mon absence en abreuvant le directeur de plaintes pour des motifs ridicules ! »
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Durant cette algarade, Gibbs s'était placé de manière à observer les réactions de ses trois agents. Si McGee était visiblement contrarié d'être réprimandé en public, David avait choisi de se désolidariser de son collègue dans la mesure où elle ne pouvait remplir les formulaires. Quant à DiNozzo, il n'avait pas cessé un seul instant d'étudier son dossier et n'avait jamais levé les yeux de ses feuillets ou quitté l'écran de son ordinateur.
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McGee comprenant que l'ancien Marine risquait de continuer à lui passer un savon qu'il estimait ne pas mériter, décida de s'en prendre directement et immédiatement à celui qu'il rendait responsable de son infortune présente.
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« C'est de ta faute tout ça, DiNozzo » cracha-t-il soudain en se levant et en s'avançant vers le bureau de Tony. « Jamais tu ne m'as dit quelles étaient mes responsabilités. »
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Mis directement en cause, l'italien finit par soupirer et afin de n'être pas mis en position de vulnérabilité et donc d'infériorité par rapport à son agresseur, il se leva également mais resta prudemment à son bureau.
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« Agent McGee, vous avez un culot monstre » statua Tony calmement en plantant son regard directement dans celui de son interlocuteur. « J'ai déposé ces documents sur votre bureau à plusieurs reprises avec une note vous recommandant de me voir à ce sujet, vous avez choisi d'ignorer mes demandes et les délais s'amenuisant, j'ai fini par les compléter moi-même. J'en ai déduit que vous n'aviez aucune intention de remplir les fonctions réelles d'un second et j'ai décidé de respecter votre choix. »
McGee ouvrait la bouche pour répliquer lorsque Tony secoua la tête indiquant qu'il ne lui laissait pas la parole.
« D'autre part, vous aviez également la possibilité de vous rapprocher d'un autre second pour découvrir quelles étaient vos nouvelles fonctions si vous ne désiriez pas en débattre directement avec moi » continua-t-il imperturbablement. « Maintenant, si vous ne savez pas assumer vos erreurs, c'est bien regrettable mais ne rejetez pas sur moi votre incompétence ou je serais contraint de revoir ma propre position concernant votre insubordination récente à mon égard. J'espère que je me fais bien comprendre ? »
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Sachant que David risquait de renchérir pour éviter d'être la prochaine cible, il se tourna vers elle et nota aussitôt la satisfaction qui irradiait son visage. Il décida donc qu'il était temps de la remettre à sa place également.
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« Quant à vous, David, vous avez intérêt à modérer votre attitude envers moi ou je me verrais contraint de notifier vos agissements et de réclamer l'application des mesures disciplinaires en vigueur. Ne croyez pas parce que Gibbs est de retour que vous serez à l'abri de toute conséquence de vos actions. Ne prenez pas pour argent comptant le fait que j'ai été magnanime jusqu'à présent. Ce temps-là est révolu et vous feriez bien d'en tenir compte. Si vous persistez à vouloir vous prendre pour ce que vous n'êtes absolument pas, c'est-à-dire le second de Gibbs, attendez-vous à rencontrer quelques obstacles sur votre route. »
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Sur cette menace à peine voilée, Tony reprit place sur son siège et se replongea dans son dossier sans se préoccuper plus que ça de la situation de son collègue. Il n'avait après tout que ce qu'il méritait et il n'allait certainement pas l'excuser pour n'avoir pas eu la curiosité de s'enquérir auprès de son supérieur des tâches qui lui incombaient en tant que second.
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Et si, pour une fois, Gibbs avait préféré le réprimander devant tout l'étage, ce n'était que justice et il n'avait pas à se mêler de la manière dont l'ex Marine s'y prenait pour le faire. Grand bien fasse à McGee de se faire remonter les bretelles ainsi.
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McGee se figea. Il comprit en un éclair qu'il valait mieux ne pas aggraver sa situation, surtout que les propos de l'italien étaient absolument véridiques. Il avait repoussé dans un coin la pile de papiers qu'il avait trouvés sur son bureau un matin sans se soucier de la note qui les accompagnait. Il avait négligé de les remplir et avait été soulagé de ne plus les voir un beau matin. Il n'avait jamais posé de question à leur sujet sachant que DiNozzo avait dû s'en occuper.
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« Alors, avez-vous délibérément préféré dédaigner les efforts de votre supérieur pour vous former à votre rôle de second parce qu'il s'agissait de DiNozzo ou pensiez vous être à même de remplir la fonction sans avoir besoin d'aide ? » tenta de s'enquérir Gibbs sans s'énerver. « Vous n'avez pas eu la curiosité de questionner d'autres agents pour connaître vos nouveaux devoirs si vous ne vouliez pas en référer à votre supérieur ? Bon sang, McGee, vous n'avez pas cessé de narguer DiNozzo à différentes reprises en lui jetant vos diplômes à la figure, en lui assurant que vous seriez un meilleur second que lui et quand l'occasion se présente, vous ne cherchez pas à savoir ce que vous êtes sensé accomplir comme tâches. C'est insensé ! »
« Patron, est ce que cette conversation ne pourrait pas avoir lieu ailleurs qu'ici ? » se plaignit soudain McGee lorsqu'il se rendit compte que certains agents ne se gênaient pas pour écouter.
« Quoi, vous vous sentez gêné, Agent McGee que votre supérieur vous réprimande devant vos collègues ! » se moqua ouvertement l'ancien Marine. « Vous êtes en train d'expérimenter ce que vous avez fait subir à DiNozzo durant plusieurs mois sans vous soucier s'il était gêné ou humilié par votre attitude. Quel effet cela fait-il, hein, McGee, d'être dans la position inverse ? Pas très confortable, je présume si votre réaction en est un indice. »
« Je maintiens que je désire que cette conversation soit privée » réitéra McGee d'une voix peu assurée malgré tout.
« Ah, désolé de n'être pas en mesure d'accéder à votre demande, Agent McGee mais votre attitude mérite d'être soulignée et exposée en public afin que vous appreniez à vous comporter correctement vis-à-vis de vos supérieurs hiérarchiques directs, c'est-à-dire vis-à-vis de mon second, de moi-même ou de tout autre agent qui a un grade supérieur au vôtre parce que je vous rappelle que vous n'êtes qu'un agent junior et que le chemin pour obtenir une promotion est encore loin à ce rythme » déclara Gibbs fermement. « Que je ne sois plus obligé de refaire cet exercice à l'avenir sinon vous pourrez vous trouver un autre job. Est-ce que c'est clair ? »
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Gibbs attendit la réponse de son subordonné mais McGee se contenta de hocher la tête. Ce simple geste ne plus pas à l'ancien Marine qui décida de prolonger l'algarade.
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« Je ne vous ai pas entendu, Agent McGee. »
« Oui, patron, c'est très clair » soupira l'informaticien.
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Du coin de l'œil, il vit Ziva jeter un coup d'œil à McGee avant de lancer un regard mauvais à Tony qui ne l'intercepta pas, toujours plongé dans son dossier.
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« Ceci est valable aussi pour vous, Officier David. Le manque de respect envers un supérieur est inadéquat et sera sanctionné à l'avenir que ce soit par moi directement, par DiNozzo ou tout autre agent que vous offenserez de quelque façon que ce soit. Ne pensez pas que je vais tolérer plus longtemps de vous voir désobéir délibérément à un supérieur. J'espère être compris et obéi à ce sujet. »
« Avec vous comme chef, je n'ai aucune raison de me comporter comme telle » déclara Ziva comme si cette déclaration expliquait tout.
« Belle restriction ici » nota aussitôt Gibbs. « Dois-je vous rappeler que DiNozzo occupe la place de second au sein de cette équipe, ce qui fait de lui votre supérieur immédiat avant moi ? Oh, sûr que vous vous sentez également plus compétente que DiNozzo, n'est-ce pas, Officier David ! Vous êtes arrivée dans l'équipe en sachant travailler sur une scène de crime, en connaissant nos protocoles sur le bout des doigts ! Vous ne valez pas mieux que McGee sur ce point, vous vous croyez capable de devenir mon second parce que vous avez suivi un dur entraînement au Mossad » ironisa l'ancien Marine sans se cacher. « Laissez-moi vous rappeler que vos compétences ne s'accordent pas avec celles que l'agence demande à ses agents, nous n'avons que faire d'avoir un assassin ou un espion pour résoudre nos enquêtes Ne pensez pas non plus que vos contacts seront à même de vous aider chaque fois que vous le souhaiterez parce qu'ils ne sont définitivement pas des enquêteurs. Tout au plus sont-ils capables de vous fournir quelques infos mais certainement pas le nom d'un tueur, il me semble. Ici, nous avons besoin d'agents qui sachent analyser une scène de crime, réfléchir et résoudre un meurtre. Que je sache, vous êtes encore loin de pouvoir répondre à ces critères. »
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Il laissa ensuite McGee reprendre place à son bureau en le renvoyant d'un geste de la main avant de lui rappeler sa tâche.
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« Vous avez jusqu'à demain matin pour remplir ces formulaires, McGee et vous avez intérêt à ne pas solliciter DiNozzo » ordonna-t-il.
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McGee le regarda, une expression effarée peinte sur le visage. Mais il comprit à l'attitude de l'ancien Marine qu'il ne devait pas protester sous peine de se voir infliger une sanction qu'il ne voulait pas. Il était déjà humiliant au possible de s'être fait réprimander devant le personnel qui s'en réjouissait certainement, il n'allait pas ajouter un autre affront en supplément. Il se débrouillerait pour remplir ses fichus papiers sans l'aide de cet imbécile de DiNozzo.
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Gibbs, satisfait de voir que McGee n'allait pas renchérir, fit les quelques pas qui l'amenèrent jusqu'au bureau de son second et attendit que Tony le regarde. Mais cette tête de mule avait décidé de jouer les autruches semblait-il car il ne daigna pas accorder un seul regard à l'ancien Marine. Ce dernier comprit que, malgré le soutien manifeste qu'il venait de recevoir de sa part, l'italien n'allait pas soudain le remercier.
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« DiNozzo, avec moi, tout de suite » commanda-t-il d'un ton sans réplique.
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Et sans même attendre de voir si l'italien lui obéissait, il prit la direction d'une salle de conférence. Pourtant, il entendit son Agent junior lancer une réflexion sarcastique à Tony.
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« J'espère que tu vas en prendre plein la tête. »
« Mais, si c'est le cas, contrairement à toi, McGee, ce sera en privé » observa Tony.
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Tim se renfrogna lorsqu'il se rendit compte que DiNozzo avait raison et que si Gibbs allait lui passer un savon, il avait choisi de le faire sans témoins. Il tapa du poing sur son bureau en signe de colère avant de secouer la main pour chasser la douleur.
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Sans plus se soucier de lui, Tony s'en fut rejoindre l'ancien Marine. Et après l'altercation qui venait d'avoir lieu, il avait une petite idée du sujet de l'entretien que Gibbs voulait avoir avec lui. Et il n'était définitivement pas prêt à en subir une à son tour même si son chef avait l'amabilité de le faire sans témoin.
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Il franchit le seuil de la salle de conférence et ferma la porte derrière lui. Il prit place à la grande table à l'opposé de Gibbs. Il s'assit et s'adossa au dossier dans une posture la plus relaxe possible. Il n'allait pas laisser l'ancien Marine le déstabiliser ou l'intimider comme autrefois. Il attendit donc que l'autre homme ouvre le débat et le fixa sans fléchir, il esquissa même un petit sourire que Gibbs intercepta mais ne comprit pas.
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Comprenant que Tony ne prendrait pas la parole le premier, il se décida à lancer sa question.
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« Vance m'a montré les plaintes que McGee et Ziva ont rédigé te concernant » débuta-t-il prudemment. « J'ignore ce qui leur est passé par la tête pour se comporter ainsi pour des broutilles. Ce que je ne comprends pas non plus, en revanche, c'est ton inaction. Peux-tu m'expliquer pour quelles raisons tu n'as pas pris de sanctions contre eux ? »
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Tony haussa les sourcils et l'étonnement qui se peignit sur son visage avant qu'il ne puisse l'empêcher renseigna Gibbs mieux que des paroles, Tony n'avait pas anticipé les raisons de cet entretien.
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« Tu as tes propres méthodes de gestion de l'équipe, j'avais les miennes » finit-il par dire. « Apparemment, les miennes ne leur convenaient pas. »
« Tu pourrais élaborer ? »
« A quoi bon ! » soupira Tony. « La chaine de commandement est redevenue celle qu'ils désiraient ardemment durant ton absence. Je ne suis plus celui qui donne les ordres, non pas que je ne l'ai jamais été… à leurs yeux du moins. »
« Bon sang, DiNozzo » gronda Gibbs. « Je t'ai laissé une équipe qui travaillait bien, une machine bien huilée, parfaitement rôdée. Je reviens et je trouve des agents qui peuvent à peine se supporter. J'aimerais comprendre ce qui s'est passé, c'est la moindre des choses, il me semble, que je le demande à celui qui était en charge. »
« 'Tu y arriveras' » répondit simplement Tony.
« Pardon ! » s'étonna l'ancien Marine qui ne comprenait pas.
« C'est tout ce que tu as dit avant de me remettre ton badge » lui rappela Tony. « C'était insuffisant pour leur faire comprendre qui était désormais leur supérieur. Pour eux, j'étais juste le choix de l'instant, pas le meilleur qui soit, juste celui qui était le plus commode. La directrice n'a pas fait l'effort non plus de faire une annonce officielle. J'étais simplement un remplaçant pratique parce que sur place et disponible immédiatement. Pourquoi ces deux-là ont choisi de me rabaisser et de me désobéir ? Pourquoi ont-ils entraîné Abby dans leur sillage ? Faudra leur poser la question. »
« Et ne pas signaler les infractions commises par tes subordonnés t'a aidé à mieux les gérer ? » ironisa Gibbs.
« On ne peut lutter contre le manque de respect d'un individu pour un autre, Gibbs » s'exclama Tony d'un ton vibrant. « J'ai tenté plusieurs approches et aucune ne semblait avoir leur approbation. J'ai fini par comprendre que, quoi que je fasse, rien ne leur conviendrait parce que j'avais un très gros désavantage : je n'étais pas Gibbs. Ils ne se cachaient pas pour me faire savoir qu'ils n'avaient aucune considération pour moi, leur insubordination en était juste une des conséquences. »
« Et le défaut de sanction les ont confortés dans cette attitude, DiNozzo, tu t'en rends compte, j'espère ? » souligna l'ancien Marine.
« Au moins, je pouvais espérer qu'ils assurent mes arrières sur le terrain. Encore que ça aussi fut sujet à débat » lui révéla Tony en haussant les épaules.
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La prudente remarque de l'italien amenait à se poser encore plus de questions mais Gibbs savait que s'il poussait son agent dans ses derniers retranchements, il n'obtiendrait pas les réponses qu'il cherchait désespérément depuis son retour. Il allait devoir avancer à tâtons et il n'aimait pas ça, il voulait des réponses tout de suite avant que tout ce merdier ne lui retombe dessus.
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« Juste par curiosité, comment as-tu réussi à tenir alors que l'équipe ne t'était d'aucun support mais plutôt était une charge ? » s'enquit-il.
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Il avait certes analysé un certain nombre de choses - encore que l'on avait pointé le doigt dessus pour lui pour d'autres – mais par quel miracle DiNozzo était parvenu à concilier ses nouvelles responsabilités, la crise d'angoisse d'Abby, les attitudes hostiles de McGee et David, la colère de Ducky envers lui, Gibbs ? Ça relevait du miracle s'il avait fait face sans soutien.
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Tony le fixa d'un regard froid, un sourire ironique aux lèvres mais en même temps, ses yeux étaient tristes.
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« Tu sais, Gibbs, je suis épaté » commença Tony en hochant la tête. « Oui, épaté parce que, en cinq ans de collaboration avec toi, c'est bien l'une des rares fois où je t'ai entendu prononcer plus de quelques mots à la suite. J'en suis venu à me demander si, toi aussi, tu n'aurais pas reçu quelques vérités bien senties de la part de Vance. Et le fait que tu viens de nous sermonner à tour de rôle est sans doute sensé nous remettre tous sur les rails ? »
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Tony s'adossa à nouveau à son siège et secoua la tête. Gibbs le regarda et admira encore une fois la vive intuition de son second, il avait percé la véritable raison derrière le discours de son supérieur. Mais il comprit également que son second essayait d'éviter de lui fournir une explication. Serait-ce plus facile de l'obtenir s'il dévoilait un peu la teneur des propos du directeur ? Il décida de tenter sa chance avec cette idée.
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« Tu as raison, Tony, je le reconnais » lança-t-il alors comme excuse tout en écartant les mains pour souligner ses paroles. « Ce n'est pas tous les jours que les circonstances m'obligent à prendre la parole mais celles-ci sont exceptionnelles. Il s'agit de l'équipe, nom d'une pipe ! De sauver ce qui peut l'être encore. Vance m'a en effet rappelé à l'ordre, je dois résoudre vos difficultés relationnelles et à vrai dire, j'ignore comment et si ce sera réalisable. »
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Il se passa les mains dans les cheveux puis sur le visage, la frustration faisait son chemin en lui et il tenait à éviter de laisser éclater sa colère, ce serait le plus sûr moyen de mettre un terme à la discussion assez civile que les deux hommes avaient en ce moment.
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« Veux-tu m'aider à restaurer vos rapports et retrouver une équipe dynamique, soudée et efficace ? » demanda-t-il.
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Il attendit la réponse avec trépidation, il savait que s'il faisait appel à l'implication de l'italien, ce dernier serait plus enclin à faciliter les choses.
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« Désolé, Gibbs mais c'est ton équipe désormais, tu devras la gérer tout seul et comme tu le souhaites » finit par déclarer son second d'un ton ferme. « J'ai fait tout ce qui était possible avec eux durant ta 'siesta mexicaine' et rien n'a fonctionné. J'ai passé des nuits à faire le travail qu'ils ne se donnaient pas la peine d'exécuter. J'en ai bavé tout seul pour tenter de maintenir cette équipe au top niveau, j'ai bossé comme un fou pour résoudre des affaires tandis qu'ils ne faisaient aucun effort pour m'épauler. Je crois que je peux passer le flambeau à celui qui a choisi de me destituer de mon grade. Mais je ne me fais aucun souci, ils vont avoir à cœur de satisfaire tes moindres ordres sans les discuter. Tu verras, tu vas avoir deux agents obéissants et performants en un rien de temps parce qu'ils vont rivaliser pour obtenir tes félicitations. »
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Il fit une pause pour jauger son vis-à-vis. Gibbs l'écoutait mais ne semblait pas disposer à faire un commentaire. Alors, jugeant que le moment était aussi propice qu'un autre pour déverser ses doléances, Tony rassembla son courage et décida de poursuivre sur sa lancée en incluant deux autres personnes dans ses récriminations, même si c'était à ses risques et périls au vu de leurs identités.
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« Sans compter que désormais, Miss Sciuto ne mettra plus d'obstacle pour traiter les tests en priorité, elle ne voudrait pas te décevoir même si elle n'a cessé de proclamer durant ton absence que tu l'avais déçu de partir sans prévenir. De même, elle ne se permettra pas de t'épingler sur la jaquette un sticker indiquant que tu es en formation, n'est-ce pas ? »
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Une nouvelle fois, il stoppa son discours. Gibbs ne fit toujours pas mine de vouloir l'arrêter. Il prit cela comme un encouragement à vider son sac et il choisit d'en terminer avec le dernier personnage mais non le moindre.
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« De même, je n'aurais plus à écouter le Dr Mallard épiloguer sur ton attitude envers lui, un ami de longue date dont tu n'avais pas fait grand cas en lui cachant la mort de ta famille. Je n'aurais plus à supporter ses monologues sur votre relation passée et la manière dont tu as heurté ses sentiments en agissant comme tu l'as fait envers lui. Bon sang, Gibbs, j'attendais qu'il m'épaule et me guide et il n'a cessé de récriminer contre toi sans jamais accorder un seul instant à mes propres besoins. En ce point, ton équipe était très soudée, aucun de ses membres n'a cherché à savoir ce que je ressentais. Tous ne voulaient qu'une seule chose de ma part, que je te supplie de leur revenir… LEUR revenir, Gibbs. Pour eux et seulement eux » raconta-t-il d'une voix mesurée mais qui laissait percer sa frustration.
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Il laissa passer quelques minutes pour que Gibbs enregistre bien ce qu'il venait de lui dire. Ces propos étaient tout ce qu'il avait sur le cœur aussi bien à cause de McGee et David que de Gibbs lui-même et il était temps qu'il exprime son ressentiment réel par rapport à la situation et que Gibbs sache qu'il était seul pour corriger le tir.
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« Quant à moi, je continuerai à faire mon travail mais sache bien une chose, je ne supporterais pas forcément leur attitude envers moi et qu'à tout moment, je pourrais prendre les mesures qui s'imposent pour faire valoir mon autorité. Ce jour-là, j'espère sincèrement que j'aurai ton soutien. J'apprécie d'ailleurs que tu aies pris ma défense tout à l'heure face à McGee même si ce n'était pas nécessaire. Ta réprimande il y a quelques jours vient gâcher tout son effet. Sur ce, je crois que je vais reprendre mon travail. »
« Attends un instant, Tony » l'arrêta l'ancien Marine. « J'ai compris tes arguments et je ne te rends pas responsable pour la situation, du moins pas l'unique responsable. Je tenterais de traiter avec eux deux dans l'espoir de restaurer mon équipe mais franchement, je doute d'y parvenir sans toi » assura-t-il dans l'espoir de faire fléchir Tony dans sa décision de s'abstenir de l'aider.
« Chercher à me culpabiliser ne m'incitera pas à modifier ma décision, Gibbs » affirma Tony d'un ton sec. « La manœuvre aurait sans doute fonctionné par le passé mais aujourd'hui, les choses sont trop différentes. J'ai appris que je ne peux rien modifier sans la volonté de tous les protagonistes et dans cette affaire, j'étais le seul qui souhaitait un retour aux sources. Bonne chance quand même, je n'irais pas contre tes instructions. C'est tout ce que je peux promettre. »
« C'est déjà beaucoup pour moi, Tony de savoir que, même si je n'ai pas ton appui, je n'aurai pas à t'affronter » déclara doucement Gibbs.
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Il s'apprêtait à se lever pour signaler la fin de l'entretien lorsque soudain, une dernière pensée l'effleura.
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« Tu n'as pas répondu à ma question précédente et cesse de vouloir l'esquiver, s'il te plait » lui rappela Gibbs sans brusquerie et avec un léger sourire.
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Tony ne lui fit pas l'affront de lui dire qu'il ignorait de quoi il parlait. Et les trois petits mots magiques faisaient toujours leur effet. Il soupira puis se racla la gorge avant de lui donner une réponse.
« J'ai pu compter sur deux connaissances qui se sont révélées être de bon conseil et m'ont témoigné un soutien sans faille et finalement, elles sont devenues des amis , chacune à leur manière » admit-il. « Je crois que sans elles, j'aurai jeté l'éponge bien avant ton retour. Elles m'ont soutenu moralement, m'ont aidé quand elles ont pu, m'ont admonesté quand il le fallait. Je leur dois d'être en mesure de faire encore mon boulot et je leur en suis reconnaissant. »
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Gibbs fronça les sourcils, il avait deviné pour l'un d'eux mais il pêchait pour le second.
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« Qui ? » demanda-t-il, sa curiosité éveillée.
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L'ancien Marine vit bien l'hésitation de Tony à lui révéler le nom de ses deux amis aussi, il décida de lui faciliter la tâche en lui donnant le nom du premier d'entre eux qu'il avait deviné.
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« Je présume que le premier est Fornell si son intervention de l'autre jour en est un bon indice.» indiqua-t-il sans aucun ressentiment. « Comment en est-il venu à te soutenir ? Jusqu'à présent, il n'avait jamais montré qu'il te tenait en grande estime, il me semble. »
« Il a assisté à deux confrontations entre tes juniors et moi et a été plus qu'abasourdi de voir leur manque de respect envers moi » avoua simplement Tony. « Il a compris que le fait que tous deux se comportent ainsi en public ne devait pas faciliter nos rapports. Un soir où j'étais sorti boire un verre, il m'a rejoint et nous avons discuté. Il a été le premier à me montrer de la sympathie depuis ton départ et j'en ai été étonné avant qu'il m'explique qu'il avait connu une situation presque identique bien des années auparavant et qu'il comprenait. »
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Tony se tut un instant en se remémorant la discussion à cœur ouvert que les deux hommes avaient eue. L'agent du FBI lui avait avoué certaines choses qu'il soupçonnait mais n'avait jamais espéré se voir confirmer.
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« Tobias a parlé de ses propres difficultés en tant que chef d'équipe et des relations qu'il avait eues avec certains de ses agents. Il n'a cependant jamais rencontré une situation identique à la nôtre et n'avait donc pas de conseils utiles à me donner. Le simple fait que quelqu'un veuille prêter une oreille à mes propos était déjà beaucoup. A partir de ce jour-là, nous nous sommes rencontrés régulièrement pour un verre ou un dîner au restaurant ou chez lui. J'ai rencontré Emily qui m'a adopté en quelque sorte comme un grand frère » indiqua Tony d'un ton franchement étonné.
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L'air amusé de Gibbs n'échappa pas à Tony mais il ne chercha pas à en connaitre la raison. Pour sa part, l'ancien Marine savait que l'italien n'était pas aussi effrayé par les enfants – ou les ados d'ailleurs – qu'il voulait le laisser croire.
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« Toujours su que Tobias ne te méprisais pas, Tony » révéla-t-il. « A part lui, je passe pour le second cependant. Qui a réussi à t'aider à passer le cap ? »
« Crois-le ou non mais ce fut aussi celui qui m'a surpris le plus » admit Tony. « C'est Palmer » avoua-t-il doucement.
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Gibbs ouvrit la bouche de surprise sans pour autant émettre le moindre son. Ce n'était définitivement pas celui auquel il aurait pensé mais dans la mesure où Ducky était lui-même en plein désarroi, Tony ne pouvait compter sur lui. N'empêche, de savoir que l'assistant du légiste était celui qui avait pu aider l'italien était étonnant, sinon franchement incroyable. En fait, pas tant que ça puisque Palmer avait pris la défense de l'italien avec grande conviction.
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A la vue de la réaction de Gibbs, Tony se sentit obligé de donner une explication.
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« Contrairement à ce que les gens peuvent croire, Palmer n'est pas un idiot. Il peut prêter une oreille attentive, réfléchir et donner quelques conseils. Certes, il n'est pas psychologue ou enquêteur mais il a un esprit ouvert et sait analyser une situation. Et surtout, il ne juge pas les autres de la manière dont il est jugé. S'il fait des remarques parfois hors propos sur une scène de crime, c'est surtout parce que tu le rends très nerveux. Il réagit ainsi par automatisme et pour lui, c'est un mécanisme de défense. »
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Gibbs esquissa un léger sourire en apprenant que l'assistant-légiste le craignait même si ce n'était pas quelque chose qu'il lui réservait en particulier. Il aimait que ses agents soient conscients qu'il était celui qui commandait et que d'un simple regard, il pouvait les remettre à leur place. C'était sa manière de montrer qu'il était en charge et qu'il comptait qu'il soit obéi.
L'ancien Marine médita un instant tout ce que Tony venait de lui dire. Il avait définitivement de quoi réfléchir et comprendre un peu mieux la situation. Mais tout ceci ne l'aidait en rien à trouver une solution concrète à la situation. Il avait besoin que Tony soit à ses côtés pour renverser la tendance mais comment lui demander de l'épauler quant lui-même lui avait refusé la même chose.
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Tant de choses qui paraissaient impossibles s'étaient révélées réelles ne devait pas le surprendre tant que ça au sujet de l'amitié hors normes entre Palmer et DiNozzo. L'italien n'avait pas vraiment un choix très large de connaissances avec lesquelles il pouvait discuter. Il était sincèrement heureux que Tony ait eu un tel soutien et, aussi bizarre qu'il lui paraisse, c'était un immense soulagement pour lui de savoir que, finalement, il n'avait pas été entièrement seul pour traverser cette épreuve.
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« Heureux de savoir que tu as pu compter sur eux, Tony même si je suis un peu surpris » admit-il. « Allez, il est temps de conclure cette discussion pour l'instant. Je pense que nous aurons sans doute l'occasion de revenir sur certains points » conclut-il avant de se diriger vers la porte qu'il ouvrit et franchit sans se retourner.
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Tony haussa les épaules, il était sidéré que Gibbs n'ait pas argumenté sur son amitié avec Fornell, l'homme était avant tout son ami et avait toujours montré un certain dédain pour Tony chaque fois qu'ils se rencontraient. Malgré la mauvaise expérience lors de l'affaire 'Chip' comme il l'appelait, les deux hommes avaient réussi l'exploit de passer sur cet incident et de parvenir à un consensus acceptable.
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L'agent du FBI n'était pas un mauvais bougre, en fait, il était quelqu'un sur qui on pouvait compter à partir du moment où vous deveniez son ami. Pourquoi avait-il adopté Tony ? C'était une de ces questions à laquelle il n'avait pas de réponse satisfaisante. Jamais Fornell ne lui avait explicitement indiqué ce qui l'avait poussé à l'aider.
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Il soupçonnait fortement que son attitude envers lui découlait de sa propre expérience lorsque son équipe avait connu une situation similaire. Il avait dû compter sur une aide providentielle quelconque pour désamorcer le conflit. En souvenir de ce soutien, il avait décidé de rendre la pareille à l'italien, une façon de remercier son bon samaritain.
Tony aimait cette idée parce que, dans les mêmes circonstances, c'était ce qu'il aurait fait. En ça, il pouvait dire que tous deux se ressemblaient même s'ils le nieraient farouchement devant témoins. Il gloussa doucement avant de prendre le chemin de la sortie.
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Dans un autre registre, il était certain que Gibbs tenterait d'obtenir plus d'informations de la part de l'agent du FBI, il avait la manière pour parvenir à ses fins. Ce qu'il ignorait est qu'il se heurterait à un mur pour une fois, Tobias avait une dent contre lui également et ne serait pas prêt à lâcher du lest.
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Il quitta la salle de conférence, heureux finalement que l'entretien se soit passé sans heurts. Un petit baume au cœur qui faisait du bien.
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Voilà, j'espère que cette première réaction de Gibbs vous aura plu. Certes, ce n'est pas grand-chose mais c'est déjà un début…
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A bientôt pour la suite
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Chtimi
