Salut à tous !
Désolée de ne pas avoir posté la semaine dernière, des problèmes avec mon mémoire m'ont empêché de traduire. Mais tout va bien maintenant, et j'espère pouvoir continuer comme ça !
J'ai l'autorisation de l'auteur pour traduire et publier cette histoire.
Pour lyra : Eiah est vraiment ravie de pouvoir lire une de tes reviews à chaque chapitre, et moi-même ! C'est sympas de voir que quelqu'un aime ma traduction, que je ne la fais pas pour rien.
Bonne lecture !
A/N : Mon canal carpien me hait VRAIMENT maintenant. XD
8.
Une nouvelle voix lui parlait, une voix de femme. Elle l'appelait par son nom au lieu de « mon seigneur » ou « mon prince ». Seule les voix du château l'appelaient par ces noms.
Il sentit une autre main lui caresser les cheveux et la voix chanter pour lui. Le château ne chantait jamais pour lui.
Tu ne partiras jamais d'ici.
Il tressaillit au son terrifiant, et la voix chantante cessa sa chanson pour lui dire quelque chose, mais il ne comprit pas les mots.
Tu m'appartiens, Gabriel Belmont ! Il vit alors un visage dans les ténèbres qui l'entouraient, avec des yeux blancs et du sang qui coulait de sa bouche. Il cria de peu et essaya de se détourner, mais il était partout où il pouvait regarder. Tu es à moi et ne partiras jamais d'ici !
Gabriel essaya de fermer les yeux, mais il pouvait toujours le voir le fixer, et son âme recula de peur. « Va-t'en ! »
« Va-t'en ! »
La voix de Gabriel et sa peur évidente fit sursauter Edeline. Elle cilla et découvrit qu'ils étaient toujours dans la petite pièce de la tour, que le soleil commençait à peine à se lever et que Gabriel était toujours allongé, la tête sur ses genoux.
« Gabriel ? » Appela-t-elle avec douceur en s'asseyant. « Gabriel ? Tout va bien, mon chéri ? » Tout son corps fit une embardée comme s'il avait été frappé, et il gémit, un son qui envoya des frissons le long de sa colonne. « Gabriel ? » Elle le saisit et parvint à l'attirer plus près d'elle pour pouvoir bercer son torse dans son bras droit. « Maman est là, Gabriel. »
Il ouvrit les yeux, mais ils étaient confus et imprécis. Les iris rouges étaient un autre rappel que son fils n'était plus humain, mais elle ignora ce fait. Son fils avait besoin de sa mère, c'était ce qui importait. Elle repoussa gentiment ses cheveux de son visage. « Tout va bien, Gabriel. » Il gémit à nouveau, et commença à pleurer.
Elle sentit son cœur se briser à la vue des larmes de Gabriel, et elle le releva pour glisser sa tête sous son menton, ignorant les parties d'elle raisonnables qui l'avertissaient de la possibilité d'être mordue. Ce n'était pas important. Ce qui importait était de réconforter son enfant eu pleurs. Il se pelotonna contre elle, réclamant le contact, et elle l'entoura de ses bras et lui chanta une berceuse, comme elle l'avait fait toutes ces années auparavant, la dernière fois qu'elle l'avait bercé dans ses bras.
Du coin de l'œil, elle vit Wolfram apparaître, et il sourit en les voyant tous les deux avant de la rejoindre de l'autre côté de Gabriel. Il fredonna sa berceuse avec elle en passant les doigts dans la chevelure de Gabriel. Gabriel ferma les yeux, et Edeline le sentit commencer à se détendre, et quelques minutes plus tard il s'apaisa.
« Voilà. » Roucoula-t-elle. « Calme-toi. Nous sommes là avec toi, et nous ne laisserons personne te faire du mal. » Pas même ces bâtards de la Confrérie, ajouta-t-elle silencieusement.
Quelques hoquets finaux et des reniflements, et Gabriel redevint silencieux, mais le calme ne dura pas. Tandis que la lumière dans la petite pièce augmentait, il gémit doucement puis se plaignit ouvertement. Wolfram se redressa, et elle l'observa avancer vers la fenêtre qui donnait vers l'est et fermer les rideaux. Gabriel soupira légèrement, puis se tut.
« Nous devons bouger. » Dit Wolfram, et alla à l'autre fenêtre pour en retirer le rideau. Il le secoua, faisant s'envoler un tourbillon de poussière qui voleta un moment, puis il les rejoint. Ils durent s'y mettre à deux pour l'enrouler dans le rideau, et il leur fallut s'arrêter un instant quand il cria de détresse, alors qu'ils recouvraient son visage.
« Shhhhh, » Fit Edeline gentiment en prenant son visage dans ses mains. « Ne pleure pas, Gabriel. Nous ne voulons pas que le soleil te blesse quand nous t'emmènerons dehors. » Il la regarda, les yeux pleins de larmes, et elle crut une seconde qu'ils étaient concentrés sur elle avant de fixer le vide à nouveau. Wolfram lui couvrit le visage et utilisa l'une des cordes de la fenêtre pour maintenir le rideau en place, pour éviter qu'il ne se détache. Une partie d'elle était mal à l'aise de devoir emballer leur fils comme un corps pour des funérailles, et un coup d'œil rapide à Wolfram lui apprit qu'il ressentait la même chose, mais ils devaient le faire jusqu'à être sains et saufs loin du château et dans un endroit sombre, leur calèche de préférence.
Wolfram souleva Gabriel, puis lui fit un signe de tête. Elle regarda le visage déterminé de son mari, laissa son regard glisser sur Gabriel enveloppé. Elle approuva, puis les mena hors de la petite pièce. Elle grimpa les escaliers, suivant le chemin vers le sommet, et fut soulagée de constater que le vent s'était apaisé dans la nuit. Il ne s'était pas arrêté – il ne s'arrêtait surement jamais à cette altitude – mais ce n'était pas aussi féroce.
Elle attendit que Wolfram la rejoigne, et après un long regard, elle commença à avancer, pas à pas, sur le mince pont qui menait à l'autre partie du château. Elle agrippait ses jupes d'une main pour les empêcher de battre au vent et les garder contre ses jambes, et tendait l'autre bras comme balancier. Elle ne s'arrêta pas pour regarder Wolfram, malgré son désir.
Avec les vents plus calmes, le passage du pont fut plus facile que le jour précédent, et elle traversa le chemin étroit rapidement. Alors seulement se permit-elle de se retourner vers son mari. Wolfram était à peine à la moitié, avançant lentement et prenant garde à l'endroit où il posait le pied. Il tenait Gabriel d'une main ferme, et ce, dernier dans les bras de son père, ne montrait aucun signe que la lumière du jour le dérangeait dans ses couvertures.
Edeline retint son souffle tout le temps de la traversée de son époux, et lâcha un soupir quand il mit le pied sur la pierre du grand balcon extérieur où elle se tenait. Gabriel gémissait doucement, elle voulut le réconforter, mais Wolfram la frôla en passant sans s'arrêter avant qu'elle ne le puisse.
« Continuons. » Dit-il. « Nous pourrons le conforter plus tard. » Elle hocha la tête et le suivit à l'intérieur.
Gabriel ne sut pas une fois à l'intérieur. Ses gémissements tournèrent en légers pleurs, et il leur était facile de comprendre pourquoi. La sensation d'être entouré par quelque chose de mauvais était de retour en force, et elle pouvait sentir des yeux invisibles qui la transperçaient de toute part. Elle frissonna et continua d'avancer, se demandant à quel point le château affectait Gabriel pour le faire réagit ainsi.
Les voix restèrent silencieuses alors qu'ils marchaient dans les couloirs, suivant leurs traces vers l'entrée principale, mais il devenait de plus en plus clair que quelque chose harcelait Gabriel, car il s'agitait de plus belle tandis qu'ils marchaient. Ses pleurs grandirent, jusqu'à ce qu'il hurle dans les bras de Wolfram, et il gigotait dans les rideaux, rendant difficile pour Wolfram de le tenir. Finalement ils durent s'arrêter, et ils s'assirent tous les trois au sol tandis qu'Edeline repoussa le rideau du visage de Gabriel.
Son visage était baigné de larmes, elle vit des gouttes de sang séché sur ses lèvres là où il s'était apparemment mordu. Ses yeux errèrent dans la salle un moment, puis se concentrèrent quelque part par-dessus son épaule. Elle regarda et ne vit rien, tout en sachant que ça ne voulait rien dire. Qui sait ce qu'il voyait.
Il hurla, et essaya de se sauver loin de ce qu'il se trouvait derrière elle. Wolfram le serra contre lui, et Gabriel tourna la tête pour cacher son visage dans l'épaule de son père, comme un enfant qui essaie de se cacher d'une vue terrifiante.
« Si nous n'en avions pas besoin pour le protéger, » Fit Wolfram en berçant Gabriel d'avant en arrière, « je jetterais ces maudits haillons. Je n'aime pas l'idée que la moindre partie de ce château le touche. »
Gabriel cria encore, Edeline se mit sur ses genoux pour s'approcher autant que possible de son mari et serra Gabriel entre eux. Deux parents protégeant leur enfant, pensa-t-elle en caressant les cheveux de Gabriel, plus sombres qu'ils ne l'avaient été dans le miroir. Deux parents essayant de protéger leur enfant du mal autour d'eux.
Serait-ce suffisant ?
Il y eut un grondement grave provenant des murs autour d'eux, et Gabriel sanglota de peur. Wolfram jeta la couverture sur son visage et se releva.
« Allons-y. »
Le grondement des murs se transforma en un rugissement furieux quand ils se remirent en marche, et alors qu'ils avançaient dans le laboratoire, toute la structure commença à trembler. Gabriel gémit d'effroi –
Rendez-le-moi !
– et des briques tombèrent des murs et du plafond alors qu'ils courraient à l'extérieur.
Ne prenez pas notre prince !
Il n'est pas à toi ! Voulait hurler Edeline, mais elle devait garder son souffle pour courir pour sa vie, alors qu'ils jaillissaient dehors sur un chemin écroulé qui menait à l'entrée. Ils entrèrent dans la grande pièce circulaire à la porte surplombée d'une tête de démon alors que le sol craquait et s'effondrait sous leurs pieds. Puisqu'elle ne portait rien, Edeline traversa la première, et elle sauta sur un rebord stable sous la porte avant de se tourner vers Wolfram. Gabriel et lui tombait lentement avec le sol, et d'un puissant lancer dont elle ne le pensait pas capable, il lui jeta Gabriel et sauta vers le rebord lui-même.
Gabriel hurla alors qu'elle le rattrapait par les rideaux et le tirait vers elle, puis elle attrapa son mari alors qu'il pendait du rebord.
« Prend Gabriel et va-t'en ! » Hurla-t-il au-dessus des pierres qui tombaient et du verre qui se brisait autour d'eux, alors que les murs commençaient à tomber.
« Je ne te laisse pas ! » Elle l'attrapa par le poignet et le tira alors que le sol se dérobait sous ses pieds. Elle pouvait entendre Gabriel pleurer derrière elle, et elle s'éloigna du bord, agrippant toujours le poignet de son mari. Il griffa le sol de l'autre main pour une prise, et se tira hors du trou tandis que tout craquait sous eux. Il sauta sur ses pieds, récupéra Gabriel et ils coururent vers la salle à manger.
De la poussière et des rochers tombaient du plafond alors qu'ils couraient, les statues tombaient dans des piles de gravats devant eux, les forçant à perdre un temps précieux pour les grimper. Des torches s'écrasaient au sol depuis les murs qui s'effondraient, l'une tombant sur un vieux tapis et y mettant le feu. Gabriel hurla quand ils le dépassèrent, et ils atteignirent l'intersection de la salle à manger. Ils coururent sur leur droite, alors que le plafond de la salle s'écrasait, poursuivis pas un tourbillon de poussière. Ils parvinrent à la salle de jeu, mais le plateau tomba dans les abysses du château et ils durent ralentirent pour longer les rebords extérieurs du sol, des débris leur tombant dessus comme de la pluie.
Les portes doubles du hall d'entrée claquèrent en se refermant quand ils l'atteignirent, mais une rapide pression de l'un de leur crucifix corrigea ce problème, et ils se précipitèrent dans la pièce. Gabriel cria de douleur alors que la lumière du soleil, qui brillait du plafond écroulé, le touchait, et Edeline lança un regard en arrière pour voir Wolfram s'arrêter pour ajuster le rideau sur son visage. « Plus vite ! » Cria-t-elle alors que le château rugissait de pure rage –
VOUS NE POUVEZ PAS L'AVOIR !
– Et Wolfram finit ce qu'il faisait et courut vers elle, au moment où un énorme morceau du toit s'écrasait là où il se tenait un instant plus tôt.
Les fenêtres volèrent en éclats, les morceaux de verre captant la lumière du soleil alors qu'ils les traversaient. Ils coururent dans le couloir, la voûte tomba et les rata de peu, et un autre tourbillon de poussière sortit de la petite chapelle sur le côté. Un rapide regard alors qu'ils la dépassaient leur apprit qu'elle s'était effondrée sur elle-même. Le toit s'effondra devant eux, Edeline poussa un cri aigu et sauta en arrière, avant de grimper sur les débris. Elle se tourna pour aider Wolfram, et en regardant par-dessus son épaule elle vit les murs tomber, comme les pages d'un livre ouvert.
Elle se tourna vers la sortie, et aperçut une vision bienvenue. L'une des massives portes d'entrée étaient tombées de ses gonds, et la lumière du soleil, brillante et accueillante, brillait à travers.
IL ! EST ! A ! MOI !
Ils gravirent les gravats, elle leva les yeux et se figea d'horreur en voyant l'intégralité du mur d'entrée, privé de ses supports, tomber vers eux en s'effondrant.
« Non… » Souffla-t-elle en regardant la chute vers elle, d'une atroce lenteur. Ils étaient si proches… De larges pierres lui plurent dessus…
« Edeline ! » La voix de Wolfram lui parvint aux oreilles, et elle sentit une brûlure sur sa joue alors qu'il la dépassait. Elle secoua la tête, il remonta Gabriel dans ses bras, et il continua de courir, tandis qu'elle le suivait de près.
Le château rugit de rage sans mot dire, Gabriel hurla de terreur, elle garda les yeux fixer sur la lumière brillante vers laquelle elle courait. La lumière augmentait tandis que le mur tombait…. Des pierres tombaient de partout… tout le château tremblait sous ses pieds… l'autre porte tomba et s'écrasa au sol…
Alors elle ne put plus voir Wolfram et Gabriel, avalés par la lumière brillante, mais elle pouvait toujours entendre les pleurs de son bébé alors qu'elle se précipitait vers eux.
« Edeline ! Saute ! »
Elle ne réfléchit pas, elle sauta en avant des deux pieds, et soudainement elle volait dans les airs, à travers ce qui restait de la porte d'entrée et dans la lumière solaire, brillante, du début du printemps. Ils avaient réussi ! Ils étaient libres ! Gabriel était sauf ! Elle voulait crier de joie !
Sa jubilation s'arrêta brutalement quand la gravité reprit ses droits, et elle s'écrasa sur les marches et les dévala jusqu'au sol. Elle sentit quelque chose claquer dans son genou droit, un éclair de chaleur et de douleur dans son épaule droite, et elle s'arrêta de rouler dans la cour enneigée aux pieds des marches pour fixer le ciel bleu, le ventre nauséeux.
Soudainement, Wolfram était là, et il la remit sur ses pieds et la poussa loin du château. Elle s'écarta de son support et boitilla vers la route. Il marchait derrière elle, murmurant sur un air apaisant à Gabriel qui pleurait toujours. Derrière eux, elle pouvait entendre du verre qui se brisait et des pierres qui tombaient alors que le château continuait de s'écraser sur lui-même, tandis qu'ils marchaient le long du chemin. Il y eut un énorme crash ! qui la fit hurler de surprise. Gabriel cria, un son long et puissant qui fit s'hérisser les cheveux de sa nuque, et ils se tournèrent vers le château.
La majeure partie n'était plus que décombres, et l'effondrement se propageait comme une vague vers les bâtiments restants et les tours, qui tombèrent. Elle crut entendre un dernier murmure de défi, puis ses voix se turent. Les cris de Gabriel cessèrent, le laissant en pleurs dans les bras de son père à nouveau, et ils se détournèrent pour continuer à marcher vers le village.
Ils ne dirent rien en avançant, pas même un mot de réconfort à Gabriel. Ses pleurs s'apaisèrent alors qu'ils s'éloignaient du château, mais ne s'arrêtèrent pas, faisant s'interroger Edeline sur ce qui l'angoissait tant. Ou était-ce du soulagement d'être enfin loin de cet endroit ? Le son d'un fouet qui claque et de sabots de chevaux sur la route la coupa de ses pensées et lui fit lever les yeux, et elle sourit en voyant leur calèche s'approcher d'eux.
« Rappelle-moi de lui donner une augmentation une fois à la maison. » Fit Wolfram d'une voix épuisée, alors que le carrosse s'arrêtait devant eux.
« Mon seigneur, ma dame ! » Dit le conducteur. « Dieu merci, vous allez bien ! Quand vous n'êtes pas revenus la nuit dernière, beaucoup ont craint le pire ! » Il descendit de son siège et leur ouvrit la porte. Il regarda Gabriel, mais ne rien, au lieu de quoi il aida Wolfram à grimper dans la calèche. « Quand j'ai entendu le château s'effondrer, je devais venir m'assurer que vous étiez sortis en vie. » Il sourit à Edeline et lui offrit sa main, qu'elle fut heureuse de prendre. « Je suis si heureux de vous voir. »
Edeline parvint à lui offrir un sourire faible, mais n'avait rien à dire en grimpant à l'intérieur. Son genou protesta à la marche, mais elle l'ignora tandis que la porte claquait derrière elle. Quelques secondes plus tard, elle entendit le claquement du fouet, et avec une secousse la calèche commença à avancer.
Elle ferma les rideaux sur la fenêtre donnant sur l'est, empêchant la lumière d'entrer, puis s'approcha de Gabriel et de Wolfram. Wolfram lui offrit un sourire fatigué, et l'espace d'un moment, elle pensa qu'il était la plus magnifique vision qu'elle ait jamais pu contempler, couvert de poussière, gravats et de toiles d'araignée du château, des coupures saignantes des débris sur son visage, et ses habits fins semblant bon à être transformer en chiffons. Elle savait qu'elle était dans un état semblable. Elle pouvait sentir le sang couler de son visage, à cause du verre, et elle sentait le froid dans les trous de sa robe. Son genou lui faisait mal, son épaule chauffait, mais elle l'ignora pour se pencher et embrasser doucement Wolfram. Il lui sourit à nouveau, et comme un seul homme, ils regardèrent leur fils.
Gabriel s'apaisait quand elle retira les couvertures de son visage, et elle vit ses yeux rouges plein de larmes, sa peau blanche, ses cheveux noirs, les deux dents trop longues et trop pointues. Non, décida-t-elle à cet instant, Wolfram n'était pas la plus belle vision qu'elle ait jamais eu. Elle prit le visage couvert de larmes de Gabriel commença à l'inonder de baisers tandis que Wolfram riait. Gabriel ferma les yeux et laissa échapper un petit cri de protestation, aussi se contenta-t-elle de le serrer contre elle dans une étreinte puissante, ses yeux se remplissant de larmes.
« Mon garçon, mon garçon, » chanta-t-elle en le berçant. « Tu es là, tu es vraiment là. Je t'ai maintenant, et personne ne t'arrachera à moi à nouveau. » L'espoir désespéré de ces derniers jours, la peur d'affronter le château, la joie de trouver leur fils, la terreur absolue face aux tentatives du château de les arrêter, et l'incroyable bonheur d'avoir son fils dans ses bras, loin du château, l'écrasa soudain, et elle commença à pleurer. Elle ne tenta pas de s'arrêter, ayant l'impression qu'elle méritait de pleurer après tout ce qui leur était arrivé. Elle espérait juste que ses larmes ne contrarieraient pas Gabriel à nouveau.
Elle sentit Wolfram se décaler et il mit son bras autour de ses épaules, tandis que son autre bras entourait Gabriel. Elle s'appuya contre lui et serra Gabriel contre elle alors qu'ils retournaient au village, une famille à nouveau réunie.
