Contexte :
Contexte : j'ai commencé l'écriture de cette fic avant la parution du T7, avec l'intention d'en faire un T7. Je prendrai donc en compte les 6 premiers tomes de JLR, mais pas le septième, en revanche, je me réserve le droit d'exploiter certaines de ses géniallissimes idées à mon propre compte, donc je pense que je peux écrire :
ATTENTION ! SPOILERS T7 !
De quel(s) couple(s) s'agit-il ?
Tout d'abord, amis homophobes et anti-slash, je vous prie de bien vouloir faire demi-tour car cette histoire concernera des homosexuels.
Quel rythme de parution vais-je pouvoir tenir ? C'est une grande énigme pour moi. J'espère toutes les deux semaines, peut-être moins si je suis prolixe, peut-être plus en cas de vacances ou autres !!
Et maintenant, une dernière chose : bonne lecture, et bien entendu, je suis ouverte à toutes les critiques constructives !
Correctrice : luna904
Petite note particulière : à ceux de mes lecteurs qui ont le courage de lire en anglais, je suis tombée par hasard sur une fic il y a quelques jours qui m'a pris beaucoup de temps. Elle s'intitule « The Marriage Stone" et est écrite par Josephine Darcy. Pour moi, c'est un bijou du genre, que je vous conseille vivement. C'est un Snarry pour ceux qui veulent le savoir avant de commencer.
Chapitre 9 : L'Ordre du Phénix (partie 2)
En cette troisième semaine des vacances, Severus était détendu à la Tanière. Les affaires ne se passaient pas trop mal : Voldemort ne l'avait appelé qu'une seule fois, pour connaître la raison pour laquelle Arthur Weasley avait pu être sauvé si vite. Il avait répondu la vérité, en accord avec ce que Dumbledore lui avait signifié et son Maître semblait avoir été content de sa réponse, comme s'il connaissait déjà le lien mental qui existait entre Harry et lui.
Il avait également eut l'immense plaisir de sentir le corps chaud de Lucius le rejoindre tous les soirs : certes, ce dernier se levait bien avant l'aube pour être de retour au manoir avant que quiconque ait mis un pied à terre, mais il oubliait assez rapidement ce léger désagrément. Il profitait sans vergogne de la passion qui les embrasait chaque nuit et se ressourçait comme jamais dans les ailes de Lucius.
Deux jours plus tard, il se rendit à Poudlard sur la demande de Dumbledore. Dès qu'il entra dans son bureau, il trouva à son mentor un air fatigué et préoccupé qui lui était rare. Il lui fit simplement un signe de la main pour lui désigner un fauteuil et Severus s'assit en silence. Il se tendit ensuite légèrement lorsque le directeur le regarda sans un mot à travers ses lunettes.
- Il n'y a qu'à vous que je puisse demander ça, Severus. Plus exactement : vous êtes le seul qui avez la compétence et ma confiance pour cette mission.
Severus préféra s'abstenir de répondre et attendit que Dumbledore reprenne :
- Je veux que vous enseigniez l'occlumancie à Harry.
Severus se figea entièrement.
C'était hors de question.
De la seule expérience qu'il avait, la sienne avec Lucius, l'apprentissage de l'occlumancie nécessitait une confiance absolue entre le maître et son élève, ce qui était loin d'être le cas.
Mais ça, Dumbledore le savait aussi alors pourquoi lui demandait-il malgré tout ? C'est cette question qu'il posa à l'homme en face de lui. Et la réponse le laissa sans voix :
- Parce que je suis en train de faire des recherches capitales Severus. Si importantes que si Voldemort l'apprenait, il mettrait Poudlard à feu et à sang pour m'en empêcher. Je recherche le seul moyen de le défaire totalement.
L'explication avait été prononcée à voix si basse, si tendue, que Severus ne douta pas un seul instant du bien-fondé de ce qui se tramait. Il tenta alors une autre approche :
- Pourquoi enseigner ça à Potter ? Cette connexion a tout de même sauvé la vie d'Arthur, non ?
- Pour une vie de sauvée, combien seront sacrifiées si Harry est leurré ? Si Voldemort lui envoie une fausse vision ? S'il le torture par ce lien ? Je vous l'ai dit Severus : la santé, l'équilibre d'Harry, sa vie, sont le deuxième pilier sur lequel je m'appuie pour lutter contre Tom. Harry est déjà exposé, je ne peux que le protéger de mon mieux.
Severus resta plusieurs minutes silencieux. Il savait que c'était dans ces moments là où crier et hurler ne lui apporterait rien. Dans ces moments vraiment important où Dumbledore lui dévoilait, à toutes petites touches bien sûr, son plan pour se mettre en travers du chemin de Voldemort, les caprices et les sentiments personnels n'avaient pas leurs places. Il finit par dire :
- Potter est en pleine lumière pour mieux cacher ce que vous faites par ailleurs ? Mais il faut protéger cette lumière pour qu'Il soit obnubilé par elle et qu'il ne s'inquiète de rien d'autre ?
- Vous avez tout compris Severus.
- Donc, je rapporterai ce fait à Voldemort ?
- Bien entendu.
- Mais, n'y-a-t-il pas un risque que Voldemort profite de ces leçons pour leurrer Potter justement ?
- Ce sera à vous de faire le tri dans ce que vous verrez, Severus. Et vous devrez également le mettre en garde si vous voyez quelque chose d'inhabituel. Je vous fais confiance pour savoir faire le tri.
- Et quand lui annoncerez-vous ?
- Je ne le ferai pas. Vous, en revanche, après la réunion de l'Ordre de demain, vous serez en mesure de le faire.
Bien entendu, le lendemain, rien ne se passa comme il l'aurait voulu : tout d'abord, Black insista pour être présent lorsqu'il voulut parler à Potter. Ce dernier n'avait évidemment pas la moindre idée de ce qu'était l'occlumancie, et, pour ne pas changer, ne semblait pas vouloir mettre la moindre once de bonne volonté. Mais surtout, après coup, Severus reconnut qu'il avait eu peur : peur que sa relation avec Lucius soit connue. Lorsque ce maudit chien l'avait traité de caniche de Lucius, son jugement avait été brouillé. Il avait répondu avec hargne, la peur au ventre que ce maudit Black puisse savoir quoi que ce soit. Est-ce que Bellatrix aurait parlé à Azkaban ? Après tout, rien ne pouvait l'exclure et elle était la seule à savoir … Pourquoi donc avait-il prononcé ce prénom entre tous ? La rancœur accumulée de part et d'autre faillit avoir raison de leur bon sens : seule l'arrivée d'Arthur de Sainte-Mangouste leur fit reprendre leurs esprits. Après un dernier regard plein de haine pour Black, il quitta le Square Grimmaurd avec de l'inquiétude au cœur. Le soir même, il attendait Lucius de pied ferme à la Tanière pour lui faire part des derniers événements. Ce dernier fronça les sourcils : si Black savait, il ne tiendrait pas sa langue longtemps, et si Dumbledore savait, nul doute qu'il ferait pression sur Severus pour obtenir des choses de sa part à lui, Lucius Malefoy. Il ne sert à rien de le nier, il envisagèrent froidement de tuer l'animagus pour éviter d'être découverts. Mais une chose les retint : Black était consigné au Square Grimmaurd, sans contact extérieur, il serait donc fort compliqué de faire passer sa mort pour accidentelle. En revanche, si jamais il faisait une autre allusion de la sorte, Severus s'arrangerait pour prendre des mesures définitives.
Deux jours plus tard, Severus rangeait soigneusement quelques uns de ses souvenirs dans la pensine prêtée par Albus en attendant que Potter daigne arriver pour sa première leçon d'occlumancie. Bien entendu, ce dernier posa beaucoup de questions sur la raison de ses leçons et la forme du lien qu'il partageait avec son Maître, mais ces questions n'étaient pas dénuées de fondement, donc Severus y répondit de la façon la plus claire possible. Son directeur avait encore une fois insisté sur l'importance de ces leçons, alors, peut-être que s'il satisfaisait un peu la curiosité du gamin, ce dernier ferait des efforts en retour ? Il pouvait toujours espérer, non ?
Il fut assez surpris des images qu'il trouva dans son esprit. Pourquoi voyait-il un gros garçon lui enfoncer la tête dans les toilettes ? Tiens, tiens, Potter semblait être amoureux de miss Chang ? Mais avant qu'il ait pu voir quoi que ce soit d'autre, il sentit son bras droit chauffer de façon anormale et se retira vivement. Il n'insista pas plus lorsque le gamin lui affirma qu'il n'avait pas fait exprès de lui lancer le sort de cuisance, car la réponse avait été trop spontanée : il disait la vérité, et Severus était assez bien placé pour savoir que, pendant cet apprentissage d'occlumancie, on se défend comme on peut, instinctivement, et que tous les sorts lancés sont involontaires, un peu comme la magie instinctive d'un enfant. Mais il sentit une légère vague de panique s'emparer de lui lorsque Potter lui avoua avoir déjà vu ce fameux couloir au ministère. Celui qui conduisait à la salle des prophéties, celui dans lequel Arthur Weasley avait été retrouvé baignant dans son sang. Merlin, faites que le gamin n'ait vu personne d'autre … Mais cela ne semblait pas être le cas, puisque nulle part le nom de Lucius ne fut mentionné.
Le lendemain, il fut appelé avant l'aube par Albus dans son bureau. Quand ce dernier lui tendit la gazette et qu'il vit le gros titre, ainsi que les photos qui accompagnaient l'article, il s'assit lourdement dans le fauteuil qui faisait face au bureau du directeur.
Les mangemorts étaient tous dehors et les détraqueurs avaient rejoint les rangs de Voldemort.
- Vous saviez, Severus ? Demanda Dumbledore d'une voix polaire.
A ce ton, il releva les yeux du journal et martela :
- Non, Albus. Jamais je ne vous aurai caché ça !
Il vit le visage du directeur s'adoucir quelque peu avant de faire un léger geste de la main qui pouvait passer pour des excuses.
- Pourquoi ne vous a-t-il rien dit, alors ? Reprit le directeur.
- Je n'en sais rien, répondit sincèrement Severus. Sans doute a-t-il jugé que, puisque je ne pourrais lui apporter aucune aide, il était inutile de m'en informer ?
Et Lucius, pensa-t-il immédiatement, que savait-il ?
Et bien, tout d'abord, rien.
Au départ, Lucius ne savait strictement rien sur cette évasion.
Il l'apprit en milieu de nuit lorsque le Maître en personne toqua à sa porte, accompagné, pour la plus grande horreur du propriétaire des lieux, en plus par les époux Lestrange. Il lui fallut ses vingt ans d'expérience à trahir mentalement son Maître pour arriver à faire bonne figure lorsque ce dernier lui dit :
- Ah, mon cher Lucius ! Je pense que tu seras ravi d'héberger ta belle-sœur pour une période, disons, indéterminée ?
Que Salazar et Merlin lui viennent en aide. Sa bouche répondit tout à fait le contraire que ce que hurlait son esprit :
- Bien sûr, Maître. Ce sera un honneur pour moi !
Oh certes, Bellatrix émit un ricanement des plus dédaigneux, mais son apparence n'était pas à son avantage. La tenue de prisonnier, les cheveux emmêlés et d'une saleté repoussante, le visage creusé et les yeux presque révulsés auraient fait presque plus pitié qu'horreur. Au moins, il aurait quelques heures pour renforcer ses secrets avant qu'elle ne reprenne du poil de la bête. Il ne jeta même pas un œil à la Gazette du lendemain : il savait parfaitement quel en serait le gros titre. En attendant, il avait sécurisé au maximum son bureau : Voldemort arriverait peut-être à y entrer, vu sa connaissance quasi encyclopédique de la magie noire, mais Bellatrix et son époux, non.
Les semaines qui suivirent furent assez sombre au Manoir Malefoy : Lucius savait que sa très chère belle-sœur passait son temps à fureter dans sa propriété, mais sans succès jusqu'à présent. Oh, elle devait bien comploter avec sa sœur et son époux, mais pour l'instant, il restait à peu près dans les bonnes grâces du Lord. Certes, lorsque ce dernier l'interrogeait sur la prophétie, il n'était jamais heureux d'apprendre que Lucius n'avait toujours pas mis la main dessus, mais curieusement, il insistait beaucoup moins qu'auparavant.
Vers la fin du mois de février, bien que séparés par plusieurs centaines de kilomètres, Severus et Lucius furent soufflés l'un et l'autre en lisant le Chicaneur. Ce qu'avait fait Potter était tout à fait inconscient de sa part mais avait le mérite de prouver une chose (que Severus avait toujours soutenu) : ce gamin avait un aplomb monstre. Lorsque Severus regarda sa collègue qui lisait le Chicaneur habilement transformé en manuel de métamorphose sous les yeux d'Ombrage, il vit deux choses passer sur son visage : fierté pour l'obstination de son élève à clamer la vérité, et regret de ne pouvoir éviter les retenues douloureuses qui en découleraient.
Deux mois plus tard, barricadés dans les cachots de Severus, ils faisaient rapidement le point de la soirée qui venait de s'écouler : Albus avait été démis de ses fonctions, au moins temporairement, parce que Potter avait réussi à entraîner une trentaine d'élève dans une rébellion ouverte contre Ombrage. Et il le faisait sous leur nez depuis plusieurs mois, ce qui attira tout de même l'attention de Severus : ainsi donc ce gosse était capable de ne pas se vanter de tous ses faits et gestes. Il faillit sursauter lorsque Minerva abattit son poing sur son bureau en disant :
- J'espère au moins qu'ils auront réussi à voir tout le programme des Buses en défense pour lui clouer le bec à cette vipère ! Que seuls ceux dont les noms figurent sur les parchemins et les serpentards auront de bonnes notes à ces examens ! Mais oui, qu'est-ce que vous croyez Severus ? Que je ne sais pas que vous enseignez à vos cinquièmes et septièmes années, sous le titre ronflant de réunion de maison, la défense contre les forces du mal ?
Severus esquissa un minuscule sourire vers sa collègue et ne répondit pas. Il avait en effet imposé cette mesure à sa maison pour que personne ne se retrouve démunit lors de l'épreuve pratique. Il avait même décrété l'état d'urgence lorsqu'il avait vu le niveau de défense de Drago à Noël.
- Qu'allez-vous faire, maintenant, Minerva ? Demanda simplement Severus.
- Oh, je ne ruerai pas dans les brancards si c'est ce que vous espérez, Severus, rétorqua le professeur de métamorphose. Ma loyauté ne changera pas de camp ainsi : elle va à Poudlard et à ses élèves. J'assumerai mon poste. Seulement mon poste.
Ils échangèrent un regard qui en dit long : Ombrage allait devoir assumer seule le poste qu'elle briguait tant !
Le lendemain, Severus en oublia de retirer des points à un gryffondor qui fit exploser son chaudron, tant celle-ci se confondit avec l'explosion d'un feu d'artifices. Il maintint par contre le calme dans sa salle tandis que les explosions se faisaient de plus en plus fréquentes et rapprochées. Pourquoi restait-il si calme ? Mais tout simplement parce qu'il avait vu le regard des jumeaux Weasley qui étaient chargés comme des mules. Il savait parfaitement qu'ils préparaient un mauvais coup. En temps ordinaire, tout d'abord ils auraient été bien plus discrets, et Severus aurait immédiatement confisqué leur chargement. Mais juste avant le déjeuner, après avoir subi sa première réunion de professeurs avec Ombrage comme directrice en guise de petit déjeuner, il se sentait d'humeur rebelle. Il avait aussi terriblement hâte de la voir se dépêtrer des farces des jumeaux : d'instinct, il savait que ces derniers allaient réellement dépasser toutes les bornes. Et il les laissa faire. Il fut par contre obligé de lui donner du veritaserum à cette vieille pie, se promettant de mettre à l'abri des regards indiscrets toutes les potions un peu tendancieuses dès le soir même !
Bon, il haussa bien un sourcil lorsqu'un serpent vert fit une entrée fracassante dans les cachots où il donnait son cours, mais il n'y toucha pas. Après tout, Ombrage leur avait bien spécifié, à grand renfort de lèvres pincés et de regards mauvais, qu'ils étaient payés pour enseigner une matière et une seule ? Et qu'ils ne devaient pas outrepasser leurs droits ? Alors, lui, il était payer pour enseigner les potions : pas pour lancer des contre-sortilèges sur des farces d'étudiants. Il envoya un de ses serpentards à la recherche de la directrice qui arriva quelques minutes plus tard, échevelée, les joues rouges.
- Rogue ! Enfin, vous auriez pu vous débarrasser de ça !
- Ah oui ? Parce que vous croyez vraiment que mes potions feraient autre chose que de passer à travers ces feux d'artifices ? Demanda sarcastiquement Severus. Je m'en voudrais tellement de déroger à vos consignes et donc de faire autre chose que des potions …
Elle lui jeta un regard noir qui ne fit qu'accentuer son air moqueur avant de lancer un sort de disparition sur le serpent vert.
Et là, pour la première fois depuis qu'il enseignait, il faillit vraiment perdre son sérieux devant ses étudiants et éclater de rire comme s'il était à la Tanière. A la place de se dissiper, le feu d'artifice explosa pour former dix répliques de lui-même. Ses élèves n'eurent pas la même tenue et, pour la première fois depuis vingt ans, une explosion de rire secoua le cachot, pour la plus grande honte de la nouvelle directrice. L'un dans l'autre, l'après-midi et la soirée furent très divertissants.
Le lendemain, Severus dut abandonner Potter au beau milieu de sa leçon d'Occlumancie alors que Montague faisait sa réapparition après plusieurs jours d'absence. Il retira de son rapide interrogatoire une impression de malaise : pourquoi avait-il l'intuition que Montague avait quitté le collège sans le vouloir grâce à cette armoire ? Néanmoins, il oublia son élève et l'armoire lorsqu'il revint dans son cachot.
Comment Potter avait-il pu oser ?
Il avait plongé son nez curieux dans la pensine où Severus avait soigneusement rangé ses souvenirs les plus humiliants avec les maraudeurs !
Il perdit son sang-froid.
Hurla sur le gamin.
Et le renvoya avec pertes et fracas dans son dortoir avec ordre de ne plus jamais revenir pour des leçons de ce type. Merlin merci, il ne restait plus que quelques semaines à supporter ce gamin en potions, ensuite, il ne ferait que le croiser dans les couloirs, car il était persuadé que Potter n'aurait jamais le O à sa buse qui lui permettrait de rester dans sa classe pour préparer les aspics !
Deux semaines plus tard, il assistait, impassible en apparence, au départ de l'école des jumeaux Weasley. Il devait bien reconnaître que ces derniers avaient fait très fort : le marécage qui couvrait maintenant tout le cinquième étage de l'aile est du château était impressionnant, et particulièrement résistant aux contre-sorts d'Ombrage. Oh, bien sûr, cette dernière n'était pas une lumière en sortilège, mais elle maîtrisait tout de même la palette de base de tout sorcier un tant soit peu compétent. Bien sûr, Filius, Minerva ou lui-même n'aurait certainement aucun mal à débarrasser le couloir de l'eau, mais, curieusement, aucun d'entre eux n'avait envie d'agiter sa baguette. Après tout, ils n'étaient pas payés pour ça, non ? Il sourit également intérieurement en voyant les deux jumeaux enfourcher leurs balais : aux dernières nouvelles, ces derniers étaient bien enfermés dans le bureau d'Ombrage non ? Et ils étaient bien passés par un endroit pour répondre à l'appel de leur propriétaire ? Alors il ne lui manquait que la réponse à la question suivante : ils avaient défoncé la porte ou le mur ? Bon, compte-tenu des dernières paroles des jumeaux et de Peeves, il faudrait qu'il ait une sérieuse conversation avec le fantôme sur ce qu'il convenait ou pas de faire dans les cachots, mais le reste ne serait encore une fois pas de son ressort !
Le dernier week-end de mai, Severus maudit très sérieusement les gryffondors : ceux-ci avaient écrasé les Serdaigles pour le dernier match de la saison de Quidditch, avec un tel score qu'ils raflaient la coupe de Quidditch qu'il aurait bien vu, une année encore, trôner dans son bureau !
Une semaine après, le samedi 5 juin à minuit trente, il entrait subrepticement dans le dortoir des garçons de cinquième année de sa maison. Il avait conservé ses aptitudes à une extrême discrétion et se fraya sans bruit un chemin jusqu'au lit de Drago : il fallait au moins qu'il sache si ce dernier avait correctement assimilé son héritage. Il n'entendit rien au début, mais les rideaux du lit étaient fermés et Drago devait avoir posé un sort de silence dessus. Il avait préparé un parchemin minuscule à passer au jeune veela parce qu'il ne voulait pas gêner ce dernier s'il n'avait pas encore replié ses ailes. Quelques secondes après avoir glissé son parchemin, il vit une main blanche ouvrir le rideau et un regard gris se planter dans le sien :
- Ca va, murmura Drago. J'ai cru crever sur le coup, mais maintenant c'est bon.
- Langage ! Tança Severus. Tes ailes ? Ton compagnon ?
- Pas eu le temps de les mesurer, souffla le jeune veela torse nu en haussant les épaules. Mais totalement argentées. Et il a déjà plus de seize ans.
Severus se contenta de hocher la tête en lui adressant un sourire complice. L'argent des ailes était de bon augure pour un veela guérisseur : il serait puissant dans son art.
Severus ne prit pas plus de risques et sortit immédiatement du dortoir pour retourner dans son cachot où il prit le miroir à double sens devant lequel Lucius attendait, assez impatient.
- Alors ? Souffla le blond aussitôt.
- Il va bien. Il m'a dit que ses ailes étaient bien argentées et semblait en suffisamment bonne forme pour les avoir déjà rangées.
Severus lui donna rapidement les dernières informations en sa possession avant de ranger le miroir : ce mode de communication devait rester exceptionnel.
Une semaine plus tard, Severus regardait avec un air légèrement dégoutté Potter réussir plutôt bien sa potion à l'épreuve des BUSES : bon sang, ce gamin n'allait pas encore lui polluer deux ans pleins non ? Non, peut-être pas, sa potion était assez réussie, mais elle n'avait pas tout à fait la bonne couleur … Le lendemain soir, il fut surpris de voir Ombrage tambouriner à sa porte à près de minuit : que se passait-il donc ?
- Ah, professeur Rogue, je vous nomme directeur adjoint à partir de maintenant ! Dès demain matin vous superviserez la fin des examens.
- Qu'est-ce que cela veut dire ? Siffla-t-il en retour. Où est le professeur McGonagall ?
- Elle a eu un … petit accident, rétorqua Ombrage d'un petit ton acide en relevant le menton. Elle sera indisponible pour quelques jours.
- Quel genre d'accident ?
- Oh, rien qui ne vous concerne ! Allez vous reposer, vous aurez besoin de toutes vos facultés demain pour la suite des épreuves.
Merlin, que s'était-il passé ?
Il fit irruption quelques instants plus tard dans la salle commune des serpentards où il trouva plusieurs cinquième années qui discutaient avec animation. Sur son ordre ils entreprirent de lui raconter ce qui s'était passé sous leurs yeux durant leur épreuve pratique d'astronomie. Il resta impassible en apparence, mais intérieurement il bouillait. Comment cette vulgaire employée du ministère avait-elle osée ? Minerva à Sainte-Mangouste, Poudlard était plus que jamais à la merci de ce vieux crapaud !
Le lendemain, il fit en sorte que les examens d'arithmancie, puis d'histoire de la magie se déroulent normalement. Evidemment, Potter se fit à nouveau remarquer en étant obligé de sortir de son épreuve, mais l'un dans l'autre tout se passa plutôt bien. Il fut assez surpris d'être convoqué en fin d'après-midi dans le bureau d'Ombrage et encore plus surpris de l'attroupement qui était là. Plusieurs gryffondors, dont Potter, étaient retenus par des serpentards, dont Drago : qu'avaient-ils encore mijotés ? Mais lorsqu'Ombrage lui réclama à nouveau du veritaserum, il refusa habilement de lui en fournir : que Potter soit agaçant ou non, ce n'était pas une raison pour interroger ce gosse à tout bout de champ avec ce breuvage pour tenter de lui extirper il ne savait quelle stupidité ! Il ne réagit pas à sa mise à l'épreuve : on verrait bien qui serait encore là l'année suivante ! Mais il se figea lorsque Potter hurla dans sa direction en prononçant le nom de Patmol. Comment ça Potter sous-entendait que Black pouvait être au département des mystères ? Et le pire c'était qu'il y croyait dur comme fer, car sinon il ne lui aurait jamais adressé la parole !
Néanmoins, il refusa d'argumenter devant Ombrage et sortit après une remarque cinglante à l'adresse du gamin. Il se hâta néanmoins vers ses quartiers pour envoyer discrètement son patronus à l'adresse de Black : au moins qu'Albus ne lui reproche pas de ne pas avoir tenu compte des babillages de ce satané gamin ! Cinq minutes plus tard, son patronus lui revenait avec celui de Black qui lui prouvait bien que ce dernier était chaudement installé chez lui. Cinq heures plus tard, il déglutit péniblement en voyant plusieurs de ses élèves en piteux état devant lui : il débarrassa rapidement Drago du sort de chauve furie et se fit expliquer la situation. Il les renvoya ensuite d'un ton glacial dans leur dortoir et entreprit d'avertir frénétiquement Dumbledore. Lorsque ce dernier apprit que ni Ombrage, ni Harry n'avaient été vus ces dernières heures, et que le jeune garçon semblait avoir eu une vision de son parrain détenu au département des mystères, il prévint immédiatement l'Ordre du Phénix. Seul Severus se devait de rester à Poudlard : d'une part pour veiller sur les autres étudiants, d'autre part pour ne pas risquer d'être vu en train de combattre d'autres mangemorts.
Lucius attendait depuis plusieurs heures, tapi dans l'ombre, à côté de sa chère belle-sœur dans la salle des prophéties. Merlin, est-ce que ce dernier essai allait enfin être le bon ? Ils étaient dix sur place, mais il avait réussi à mener la mission : c'était à lui qu'incombait de prendre la prophétie une fois que Potter l'aurait enfin dans sa main. Il n'y avait qu'une seule chose que les autres ignoraient : c'était sa volonté de NE PAS rapporter la sphère à son Maître. Il fallait qu'il trouve le moyen que Potter la détruise et lui faire porter le chapeau.
Les aiguilles tournaient et Bellatrix s'impatientait. Enfin, ils finirent par entendre du bruit plusieurs rangées plus loin. Mais, il se déplaçait aussi silencieusement qu'un dragon, ce Potter ! Il fronça les sourcils derrière son masque lorsqu'il les vit tous : ils faisaient du bruit car ils étaient cinq autour de Potter. Deux des Weasley étaient présents, ainsi que Granger, bien entendu. L'autre jeune homme brun pouvait être le rejeton Londubat, quant à la dernière blonde, il n'en avait aucune idée, mais peu importait.
Dès que Potter prit en main la prophétie, il se mit à bouger, Bellatrix à ses côtés, pour achever de les encercler avec les autres. Six adolescents contre dix mangemorts aguerris, il faudrait jouer serré pour que Potter lâche la sphère.
Lorsqu'ils se retrouvèrent face à face, Lucius eut un petit sourire, car Severus avait raison : l'esprit et le visage de ce gamin de Potter étaient comme un livre ouvert devant lui. Il voyait toutes les émotions passer : la volonté de ne pas lâcher la sphère était égale à celle de sauver ses camarades. Bon sang ! Il ne pouvait pas agir comme un stupide gryffondor et violemment balancer la sphère par terre pour la briser et qu'on n'en parle plus ? Il avait déjà bien suffisamment de mal à convaincre sa chère belle-sœur de ne pas le trucider ! Enfin, il ne pouvait pas tout faire non plus : lui retenait les mangemorts, que Potter assume un peu sa venue au ministère et qu'il fasse honneur à sa réputation d'impulsif !
Il bénit ensuite les réflexes de Potter qui lui permirent de garder la sphère alors que sa chère belle-sœur avait lancé un accio dessus et en profita pour hurler un bon coup sur cette dernière. Il fut en revanche stupéfait lorsqu'il comprit qu'effectivement, le gamin ne savait rien non plus sur le contenu de la prophétie : encore un petit secret du vieux fou qui dirigeait Poudlard !
Il admira secrètement encore la désinvolture avec laquelle Potter se permettait de mettre Bellatrix en rage. Selon Severus, le gamin ne supportait pas le sarcasme, mais il était relativement doué pour appuyer également là où ça faisait mal. Cependant, il la mis tellement en colère qu'il dut à nouveau dévier sa baguette, puis hurler encore pour lui faire entendre raison. Il sentit Bellatrix renâcler lorsqu'il reprenait la conversation à son compte pour permettre aux jeunes gens de comploter entre eux. Il était encore en train de parler lorsque les jeunes se mirent en action sur un hurlement de Potter. La suite fut légèrement confuse car il n'est pas évident de bien viser avec sa baguette lorsqu'on est sous un déluge de sphères qui explosent les unes après les autres. Mais que personne ne se trompe, il fit tout ce qui lui fut matériellement possible pour que les jeunes partent : Potter devait rester vivant, à tout prix. Et puis ils n'étaient pas encore sortis du ministère : il arriverait bien à lui remettre la main dessus pour faire d'une pierre deux coups. Ce ne fut pas terrible, mais il réussit à stupefixier Nott, et à interdire aux autres de s'en approcher. Il envoya Bellatrix et son mari le plus loin possible des jeunes, puisqu'elle avait la baguette bien trop leste. Il répartit les autres dans diverses directions et prit le moins dangereux avec lui.
Bien entendu, les choses ne se passèrent pas très bien pour les jeunes : il finit par rejoindre Potter qui s'était replié, seul, dans la salle avec le voile. Il ôta son masque en approchant de Potter pour tenter un léger imperium sans baguette pour lui faire donner la prophétie, mais le gamin y résista sans même s'en rendre compte, apparemment. Il tint son rôle lorsque Londubat voulut se précipiter, malgré sa mâchoire cassée, pour aider son ami. Il laissa Bellatrix lui envoyer un doloris, espérant que cela pourrait convaincre Potter de lui donner enfin la prophétie, ce qui finit par arriver. Mais les choses se gâtèrent à cet instant : les portes de la salle s'ouvrir sur cinq membres de l'Ordre du Phénix. Merlin merci, Severus n'était pas parmi eux ! Les sorts commencèrent à fuser et il se trouva rapidement aux prises avec Maugrey, ce qui n'était pas un cadeau car le bougre était un très bon combattant. Malgré tout, il finit par l'acculer dans un coin et le stupefixier.
Il vit rapidement Potter et Londubat, qui semblait avoir du mal à marcher maintenant, vouloir monter les gradins. Il bondit sur eux et, les attrapant par leurs vêtements, les fit tomber en arrière.
- La prophétie, donne-moi la prophétie Potter ! Gronda-t-il à l'oreille de Potter.
Allez, vite que le gamin se dépêche pour qu'il puisse ensuite tenter de l'aider à sortir de ce guêpier ! Mais non, le gamin préféra lancer la sphère à Londubat, et profita même pour retourner sa baguette contre lui pour lui jeter un sort d'entrave : non, mais depuis quand les enfants de seize ans savaient lancer ce sort ? Le temps qu'il se remette de son aterrisage somme toute assez brutal, Lupin était en travers de son chemin pour l'empêcher d'atteindre Potter et il dut commencer à se battre contre lui. Quelques secondes plus tard, il jura intérieurement : sous ses airs placides, Lupin semblait encore plus redoutable baguette en main que Maugrey ! Il tenta, comme les autres, de fuir à l'arrivée de Dumbledore, mais ce dernier avait déjà posé sur eux un « filet de pêche » : c'était un sort puissant qui empêchait quiconque de s'éloigner du lanceur de plus de quelques mètres. Ils étaient faits comme des rats : il n'y avait pas d'autre moyen que de tuer le lanceur pour s'en débarrasser. Il se laissa saucissonner par Dumbledore. C'était humiliant, mais de toute façon la mission pour son Maître était complètement ratée, la sphère de la prophétie avait été cassée.
Il vit Black disparaître derrière le voile sans état d'âme, puis assista au départ de sa belle-sœur qui avait fini par mettre à terre Shacklebolt également. Il vit Potter se ruer, dès qu'il le put à sa poursuite. Quelques secondes plus tard, Dumbledore les suivait, tandis que Shacklebolt leur signifiait leurs droits. Il était bon pour Azkaban cette fois.
Au petit matin, enfin, Severus eut le plaisir de voir Dumbledore le convoquer dans son bureau. Un quart d'heure plus tard, il ressortait du bureau le visage encore plus dur qu'à l'habitude : Lucius avait échoué, se trouvait à Azkaban, donc, Drago et lui étaient les premiers que Voldemort allait utiliser en compensation. Il sortit Drago sans ménagement de son lit et l'emmena se promener dans le parc, pour être à l'abri des oreilles indiscrètes.
- Ca a mal tourné cette nuit, Drago, dit-il simplement. Ton père est en prison et Voldemort doit être hors de lui.
Il vit le plus jeune accuser le coup, mais, merci Salazar, il prit sur lui pour écouter Severus lui raconter par le menu tout ce qu'il savait. Il était blême à la fin du récit.
- Maintenant, il faut qu'on s'organise tous les deux Drago, dit fermement Severus. Nous pourrons facilement communiquer en nous laissant des parchemins à la Tanière, pour peu qu'on nous laisse un tout petit peu de liberté. Ne te fais aucune illusion, tu auras ta mère et ta tante sur le dos dès ta descente du train.
- Seulement elles ? S'étrangla Drago.
- Tu seras marqué dès ton arrivée sur Londres, ne te fais plus aucune illusion.
Il le prit par les épaules en voyant combien l'adolescent était bouleversé.
- Tu as suffisamment de forces en toi, Drago, pour y arriver. Ne te laisse pas submerger par l'idée que tu es moins bon en défense et donc que tu es faible. C'est faux. Tu vas continuer la représentation du parfait Malefoy, tu vas arriver tête haute pour être marqué, et surtout, écoute-bien Drago, car cette chance là, nous ne l'aurons pas deux fois : le marquage commence par une brûlure au fer rouge, tu le sais, ce qui empêche, tant la douleur est énorme, le receveur de noter l'incantation employée par Voldemort. Tu es un veela guérisseur, tu dois pouvoir t'anesthésier le bras pour ne pas ressentir la brûlure, feindre la douleur et apprendre très précisément l'incantation employée !
- Pourquoi tu veux savoir ça ?
- Parce que je veux pouvoir travailler sur le contre-sort de cette marque pour la rendre inactive !
- Tu veux t'en débarrasser ?
- Dès qu'elle deviendra trop encombrante, oui.
- Parce qu'elle ne l'est pas pour l'instant ? S'étrangla Drago.
- Pas trop, je te l'ai dit.
- Comment je vais faire pour aller à la Tanière, moi ?
- Tu sais passer les barrières de ton père au Manoir ?
- Bien sûr, elles se lèvent automatiquement pour moi, et j'ai un passage secret à partir de ma chambre …
- Alors utilise la cheminée qui se trouve, selon Lucius, dans le petit réduit : c'est la seule qui soit reliée clandestinement à la Tanière. Je ne pense pas qu'on se verra pendant l'été, car Voldemort va me mettre sous surveillance, sans aucun doute. Mais je trouverai toujours cinq minutes par-ci par-là pour transplaner là-bas. Une dernière chose : ton bouclier d'occlumens ?
- Vas-y, dit crânement Drago en le regardant droit dans les yeux.
Severus y mit toute sa force, mais rien ne filtra au début. Ensuite, il vit quelques images fugaces, entrecoupées de noir.
- Alors, tu aimes mes images, dit Drago, ironique.
- Quand je te disais que tu étais puissant, Drago. N'en doute jamais. Au moins, ainsi, tu es sûr que tu es à l'abri dans ta tête vis à vis de quiconque. Mais n'oublie pas de bien feindre non plus …
Drago hocha la tête avant de se rapprocher lentement, l'œil interrogateur, de Severus. Ce dernier le serra contre lui comme il avait souvent vu Lucius faire avec son fils. Il savait que cette étreinte allait donner de la force au jeune veela pour affronter l'école la tête haute, et surtout son retour à la maison qui serait difficile.
