Bonjour, bonjour !
Enfin terminé ce chapitre, c'est difficile, mais je tiens, haha.
Comme d'habitude, je vous remercie pour les vues et reviews :)
Bonne lecture et à bientôt pour la suite !
Les rôdeurs erraient au centre de la route, chacun cherchant une proie, l'esprit ailleurs. Ils vagabondaient, marchant avec lenteur, les bras le long du corps, statiques et désarticulés. L'un d'eux se tourna vers les voitures, regroupées. Elles s'étaient placées le long du large chemin, côte à côte, refermant une probable issue. La cadavre pencha sa tête, couvrant son épaule en lambeau, qui avait été dévorée. Dans un élan ponctuel, il avança vers les Sauveurs. Negan éclatait de rire, allumant les phares devant celui qui déambulait en une carcasse détériorée. Il klaxonna, voulant attirer l'attention du reste du groupe :
- Vous êtes prêts à défoncer cette horde ? gueula t-il à ses hommes. On va éclater leurs sales gueules putrides... ouais et leurs têtes vont s'envoler si haut, qu'on les retrouvera aux quatre coins de ce foutu pays !
Ils hurlèrent tous, enfermés dans leurs bolides, la plupart levant leurs armes en l'air. Le meneur termina son discours en appuyant frénétiquement sur l'accélérateur, faisant gronder le moteur du 4x4. Son rire était glacial, alors qu'il visualisait la scène qui allait se dérouler sous les yeux horrifiés de Julia : ils se préparaient à foncer tête baissée sur l'attroupement, détruisant les chairs à l'aide de l'avant des véhicules. Les rôdeurs avançaient lentement, grognants en claquant leurs dents encore intactes. Negan passa un doigt amusé sur ses lèvres. Placé au milieu, il allait toucher un maximum d'individus, laissant les côtés aux Sauveurs :
- J'ai le droit à un putain de baiser, avant ce putain de carnage ? demanda t-il à la jeune femme en se penchant vers elle.
Elle fut étonnée par sa requête, lui qui d'ordinaire ne partageait apparemment aucune douceur. La prisonnière le toisa un instant, se perdant dans son regard enjôleur. Un rictus intimidé s'empara de son visage, comment résister à cela. Elle lui donna tendrement :
- Si après ça je ne remporte pas le combat... lâcha t-il amusé. Allé ma belle, pose ton cul et installe toi confortablement pour admirer le spectacle. Tu voulais de l'action, alors en voici, je t'en sers sur un putain de plateau d'argent ! Il siffla l'ordre à ses hommes, et ensemble, démarrèrent en trombe.
Les pneus crissèrent, glissant par endroit dans la boue encore pâteuse des suites d'une pluie nocturne. Negan hurlait de joie en fonçant sur l'amas de corps, qui bientôt se retrouverait éparpillé dans la forêt les entourant. Sous la vitesse, la jeune femme s'accrocha aux côtés du siège, tout en se tassant dans le fond de l'assise. Son bourreau tenait fermement le volant, les bras tendus et la figure hilare. Elle observa autour d'elle, pour voir rouler à la même cadence, les deux autres bolides, encerclant celui du meneur. Julia eut un frisson en voyant s'approcher dangereusement le premier rôdeur, puis, lorsque le véhicule de Negan le percuta, les autres suivirent. Que ce soit en face d'elle ou autour, les carcasses putréfiées volaient en éclats sous la puissance de l'impacte. Certains restèrent sur le capot, à l'avance, tentant maladroitement d'attraper les individus au travers du pare brise :
- Casse-toi de là, enfoiré ! lança l'homme en cuir en désignant l'intrus, qui restait avec entêtement sur le véhicule.
Ils finirent par s'arrêter un peu plus loin sur la route, les Sauveurs ayant continué leur chemin un peu plus loin. Le reste de rôdeurs, désormais en morceaux s'éparpilla autour du 4x4 de Negan, ce dernier continuant à déverser sa rage sur celui qui salissait le capot de son jouet :
- Ça ne vous a pas servi de leçon bande de merdes ? cria t-il en se redressant de son fauteuil. Alors Julia chérie, t'en veux encore ? prononça t-il d'une voix chaleureuse.
Mais elle fut incapable de répondre. La vision de l'être lui faisant face la répugnait. Sa mâchoire avait été éclatée par l'impacte et elle pendait instable dans le vide. Il grognait en la dévisageant. Instinctivement, ne se sentant pas à l'abri, même à l'intérieur de la voiture, elle se rapprocha de son sauveur. Les rôdeurs restant vinrent grogner autour d'eux, grattant de leurs oncles les parois métalliques :
- Je prendrais ça pour un « oui », termina l'homme en souriant. Il s'agrippa à l'appui tête des fauteuils pour se lever, puis, tout en se voûtant, se déplaça sur les sièges arrières. Ma belle, appuie sur le putain de bouton rouge, tu veux, lui ordonna t-il.
Elle s'exécuta rapidement, une boule logeant dans le fond de son estomac. Qu'allait-il faire ? Un bruit se fit entendre au niveau du toit du 4x4, suivi d'un cliquettement. Julia le fixait avec appréhension, alors que Negan avait un sourire en coin. Le haut s'ouvrit alors lentement, la partie se rabattant en arrière. Le meneur porta fièrement Lucille à son épaule et sorti du véhicule en portant son poids à l'aide de ses bras. Puis, une fois debout sur la voiture, il élança ses mains dans les airs, comme pour se rendre aux ennemis :
- Venez à moi, Lucille a hâte de vous rencontrer ! Elle va broyer vos os en morceaux.
Les rôdeurs encerclaient la voiture et s'aventurèrent à sa rencontre, certains essayant d'attraper ses jambes. Mais l'homme en un mouvement brutal, élança son arme dans les airs pour l'abattre fermement sur les têtes trop proches. Il riait sous les effluves de sang noircies, mêlaient aux membres détachés. La prisonnière en eut la nausée, tout en faisant abstraction de ceux qui l'observait avec appétit au travers de la vitre, elle pria mentalement pour qu'il n'arrive rien au meneur. La batte écrasa les mains trop curieuses, alors qu'il semblait les dominer de sa hauteur. Negan se pavanait au sommet de sa pyramide :
- Je suis le putain de roi, de ce putain de pays ! hurlait-il en soufflant sous l'effort. Je suis le putain de chef, de ce putain de royaume. Quiconque viendra empiéter sur mon territoire finira baignant dans son propre sang.
Les autres Sauveurs sortirent de leurs véhicules pour venir achever les rôdeurs restants, trop occupés à se laisser tenter par la chair fraîche les entourant. Negan leva son poing dans les airs en déversant une nouvelle fois sa colère, puis, comme si la situation l'amusait, il pointa Lucille dans la direction des corps en riant :
- Bordel je les ai défoncé... murmura t-il en se tenant les côtes. Il sauta de la voiture pour atterrir lourdement. Julia attendait toujours à l'intérieur, désormais sauve. L'homme vint à sa rencontre et lui ouvrit la porte en une révérence exagérée. Sors de là ma belle, et viens marcher avec moi.
Elle l'écoutait au doigt et à l'œil, malgré ses tentatives de rébellions parfois faussées. Le meneur passa son bras autour de son épaule, la batte reposant sur l'arrière de sa nuque. Il amena la jeune femme contre lui en commençant sa marche, vérifiant l'état des corps. Ils étaient éparpillés au bord de la route, certains encore reconnaissables, d'autres réduits à un amas de chair pâteuse. Il sifflait, amenant une atmosphère bien plus étrange et morbide que celle déjà installée :
- Mon spectacle t'a plu ? lui demanda t-il en s'assurant de tenir toujours les rênes.
- Tu as écarté la menace, tu as fais ce qu'il fallait faire...
Negan ricana, comprenant à sa voix le malaise qu'elle ressentait à la vue de toute cette violence. Ils continuèrent quelques pas, sous les regards étonnés des Sauveurs qui attendaient près des voitures. L'homme en cuir s'arrêta au pied d'un corps, toutefois il ne s'était pas transformé :
- T'as pas eu de chance toi, articula t-il en s'adressant au macchabée. Voyons voir ce que tu transportais sur toi... Il s'agenouilla à sa hauteur pour le fouiller. Rapidement, il palpa le haut du buste puis engouffra ses mains dans les poches étroites. Un sourire satisfait envahit son visage, alors qu'il en sortait une petite boîte contenant des munitions. Ça peut toujours servir... Il vit la mine perplexe de sa prisonnière et haussa les sourcils, indécis. Quoi ?
- Tu ne peux pas laisser ce pauvre homme en paix ? Il est mort.
- Je sais qu'il est mort, c'est pour ça qu'il n'aura plus besoin de ces putains de balles. A moins qu'il ne se réveille d'un coup... mais vu l'épaisseur du trou dans son crâne, ça m'étonnerait. Un silence s'installa, quand son visage changea brutalement. Les yeux encore amusés de Negan étincelèrent d'une lueur mauvaise, et en grondant de rage, il élança sa jambe, son pied venant percuter violemment la tête, pour l'écraser sous son poids. Ce con là, il ne se réveillera plus maintenant, c'est sûr...
La jeune femme le dévisageait surprise sous le geste qu'il venait de faire. Un sentiment de dégoût s'empara d'elle, alors qu'elle tentait de se convaincre qu'une âme plus noire que la sienne ne pouvait exister. La bouche entrouverte et le regard figé, il fit la moue en constatant que cela lui était adressé :
- Retiens cela ma belle, désormais, dans ce monde de merde, tu survis ou tu crèves, mais il n'y a pas d'autres alternatives. Choisis bien ton camp. Il soupira en se tournant vers la forêt qui longeait la route. Je vais pisser, ne bouge pas Julia chérie et sois sage durant mon absence. Il s'engouffra entre les arbres, laissant la prisonnière seule.
Il n'y avait aucun bruit, même les derniers oiseaux avaient arrêté leur chant depuis le carnage provoqué. La jeune femme attendait, les bras croisés. Seule la mort était omniprésente autour d'elle et malgré cette tension froide et persistante, elle pouvait sentir les regards des Sauveurs dans son dos. Elle frissonna, mais n'allait pas restait plantée, immobile le retour de Negan. Ainsi, elle décida de prendre les choses en main. Après tout, se retrouver seule avec elle-même lui ferait le plus grand bien. Malgré les intentions de son bourreau, de se montrer plus conciliant, elle ressentait toujours cette angoisse lorsqu'il dérapait et perdait ses moyens. Il ne faut avoir confiance en personne, lui avait-il dit, et cela, elle le gardait précieusement en mémoire :
- Hé toi ! Tu vas où comme ça ? jeta un des hommes, d'un air menaçant.
- Je ne vais pas rester à attendre sans rien faire...
- Negan t'as ordonné de rester ici jusqu'à son retour, alors ne bouge pas ! Il commençait à perdre patience et pointait son arme dans sa direction afin de l'effrayer. Julia le toisait hautaine, sachant pertinemment qu'il ne ferait rien. Elle avait le meneur de son côté. Je te préviens, je vais tirer !
- Alors arrête moi et tire. Il renonça et frappa de colère le pneu du 4x4, en abaissant son calibre. Elle continua sa route en s'enfonçant dans le bois.
Julia marchait lentement, sur ses gardes quant à la présence d'un rôdeur égaré. Ses chaussures effleuraient le sol, faisant attention où elle mettait les pieds. Cela lui rappelait sa fuite, lorsqu'elle avait quitté son groupe, peu avant de trouver Woodbury. Elle avait marché durant des jours, tendant l'oreille au moindre son suspect. Au fil du temps, la prisonnière avait fini par se faire invisible aux yeux des ennemis, cependant, elle pouvait toujours se faire surprendre. Elle distingua des traces de sang se dessiner sur un tronc d'arbre. Sa bouche se tordit sous le ressenti, imaginant le sort de celui qui se trouvait à cet endroit précis. La marque était sèche et incrustée dans l'écorce. Autour d'elle figuraient des morceaux de tissus, accrochés aux feuillages ou branches : on avait certainement lutté, pour finir tout de même dévoré. Un sentiment de panique la prit, elle qui se rendait compte qu'elle errait seule en forêt, sans arme pour se protéger. Et si un rôdeur faisait son apparition ? Allait-elle crier une nouvelle fois le nom de son sauveur ? Mais s'il ne venait pas, s'il était trop loin pour intervenir ? Le chaos régnant avait laissé son emprunte et l'on ne se sentait plus en sécurité nulle part. L'instinct de survie et la méfiance demeuraient ses meilleurs atouts.
En voulant faire marche arrière, Julia se sentit piégée, perdue au milieu des arbres inquiétants. Le chemin qu'elle avait emprunté était introuvable, les recoins de la forêt se ressemblants comme deux gouttes d'eaux. Sa respiration s'accéléra alors qu'elle cherchait un moyen de retrouver la route. Julia avait la désagréable impression d'être seule, encerclée par les épais branchages. Elle commença à courir, sans se rendre compte qu'elle s'engouffrait un peu plus dans le piège. Affolée, sa course se termina lorsqu'elle trébucha, son pied se prenant dans une racine. Elle s'effondra. Étourdie, elle se releva en constatant la déchirure de son pantalon. La plaie couvrant son genou ne cessait de saigner, imprégnée de terre et de granulés, éparpillés au sol. La prisonnière passa une main sur son front suant, tentant de retrouver son souffle. Elle chercha du regard une sortie potentielle, mais tout lui semblait flou. Une violente douleur au crâne la saisit alors, et elle chercha un endroit où s'asseoir. Mais il n'y avait rien, même pas une souche vieillissante et délabrée. Julia soupira, elle était perdue, quand elle entendit un bruit. Son cœur s'arrêta et elle se redressa machinalement afin de paraître plus imposante. Son souffle se fit court, alors qu'elle le stoppait un instant, afin de veiller au moindre nouveau son. Un craquement de brindilles se fit entendre et elle ouvrit de grands yeux écarquillés. Après avoir attrapé un bâton, dans l'espoir de se défendre, sentant une présence se diriger vers elle, êlle hurla. Mais ce n'est pas cela qui allait effrayer l'ennemi s'approchant. Soudain, elle sentit une pression sur son épaule, la prisonnière se retourna. Rien. Puis, après avoir vérifié ses arrières, son regard vint se perdre devant elle et elle sursauta de peur. Une main s'abattit sur sa bouche, empêchant le cri de retentir davantage. Negan la surplombait, la mine écarlate sous le fou rire qui le prenait :
- Bouh ! lâcha t-il en se mordant la lèvre. Où allais-tu comme ça ma belle ? Je t'avais pourtant demandé de rester sagement à ta place. Mais tu n'as pas écouté mon putain d'ordre, et ça, vois tu, ça a le don de m'agacer. Il appuya un peu plus sa paume contre son visage, lui laissant un souffle difficile. Puis, de son autre main, il balaya ses cheveux, dégageant ses épaules. Lucille était au sol, camouflée dans les feuillages du bois. Tu n'en fais qu'à ta tête bordel. Tu ne fais que me désobéir, mais étrangement, ça me plaît. Ça me plaît parce que c'est toi, lui chuchota t-il à l'oreille. Sinon, je t'aurais déjà buté.
Un sourire carnassier illumina son visage et elle vit apparaître ce qu'elle redoutait chez lui : sa folie, cette sombre folie qui l'animait par moment, le laissant imprévisible et capable du pire.
- Il est dangereux de se promener seul dans les bois par les temps qui courent... T'as pas froid aux yeux. Il retira doucement sa main pour lui embrasser le coin des lèvres. Si je n'étais pas arrivé à temps, et qu'un putain de cadavre dégueulasse était apparu, il n'aurait fais qu'une bouchée de toi. Il imagina la scène, sa figure devint subitement atteinte, putain de merde, je lui aurait exploser la tête jusqu'à l'enfoncer dans le sol. Il l'amena un peu plus contre lui, sentant les battements de son cœur sous la promiscuité. Il ne faut jamais se promener seul dans les bois, répéta t-il en souriant, ou le Loup te bouffera toute crue.
- Il ne m'a encore jamais attrapé, répondit-elle sans réfléchir, en entrant dans son jeu. Il eut un mouvement de recul et la toisa fiévreux, l'âme excitée par sa réponse.
- C'est vrai, ce putain de Loup ne t'a pas encore attrapé, mais cela ne saurait tarder. Et lorsque tu seras prisonnière de ses griffes, que feras-tu ? Il se pencha à son oreille afin qu'elle n'entende que l'essentiel. Les loups dévorent les moutons... Ses mains vagabondaient le long de son blouson en cuir, alors qu'il continuait à lui murmurer ses idées. Que faisait-elle, perdue au beau milieu de la forêt, dans les bras d'un homme attisé par la flamme.
- … et les bergers, armés de fusils les abattent, termina t-elle en se détachant de lui.
- Tu veux que je crève, c'est ça ma belle ? Je croyais qu'on avait franchi un putain de cap !
- Non Negan, je ne veux pas que tu meurs, je veux seulement te mettre en garde. Elle fixait ce qui se passait dans son dos, personne n'est à l'abri, même toi, reprit-elle désinvolte. Son bourreau avait changé, et par moment, elle se plaisait à penser qu'il pouvait se montrer docile et prévenant. Julia se rapprocha de lui, évitant ce contact qu'il attendait tant, quand elle attrapa d'un geste habile son calibre, rangé à sa ceinture.
Le meneur poussa un juron, se rendant compte de la situation. Le temps défila et il n'eut pas le réflexe de comprendre. La jeune femme pointa l'arme derrière lui, visant le rôdeur qui avait avancé en silence, menaçant de mordre celui qui lui tournait le dos. Il se saisit brutalement de Lucille, mais la prisonnière avait été plus rapide. Elle tira sur le cadavre ambulant, la balle lui heurtant l'épaule, tandis qu'il venait l'achever d'un coup de batte en pleine tête. Il continua quelques secondes, à le défigurer sous la haine qui l'avait envahi. En se redressant, il passa sa manche rigide sur son visage :
- L'enfoiré, le connard d'enfoiré de merde. Il allait me bouffer ! Putain tu as réagi à temps ma belle... va falloir que je te rende la monnaie de ta pièce maintenant, bien joué. Il se mit à réfléchir, portant une main à son menton rugueux. T'as fais exprès de lui tirer dans l'épaule ? Pourquoi tu ne l'as pas achevé directement.
- J'ai fait ce que j'ai pu, contente toi en ! Il se mit à rire devant son insolence.
- C'est que Madame Negan devient dangereuse... Je t'apprendrai à mieux viser les prochaines fois, comme ça, tu ne louperas plus ta putain de cible.
- Tu n'as pas peur que je retourne l'arme contre toi ? demanda t-elle espiègle.
- Ce ne sont pas tes tentatives foireuses qui vont m'effrayer. Tu peux toujours essayer Julia chérie, encore et encore, mais au fond, je suis déjà crevé depuis bien longtemps. Tu me permets d'espérer une quelconque renaissance, alors que moi, je suis celui qui te fais plonger dans le putain d'enfer de ce monde de merde. Mais tu n'as pas l'air de le regretter, du moins, plus maintenant. Il lui adressa un clin d'œil complice, lui arrachant un sourire nerveux sous l'attraction de son charisme.
…
Quand ils rentrèrent au Sanctuaire, Negan ordonna à la jeune femme de rester dans ses quartiers, le temps de se reposer. Simon était intervenu pour soigner sa légère blessure, provoquée lors de sa chute. Le meneur ne voulait pas qu'elle retrouve le dortoir de ses femmes, pas maintenant, il était trop tôt. Il se devait d'avoir une conversation avec Sherry, l'épouse qui constituait la réelle menace pour Julia. Il savait qu'elle était mauvaise au point de faire tomber ses rivales, il en avait eu la preuve avec Amber. La blonde était prête à tout pour arriver à ses fins et l'homme en cuir l'avait parfaitement compris, même lorsqu'elle côtoyait encore Dwight. Il resta un moment dehors, assit devant le refuge, une bouteille de whisky à la main. Son regard se perdait dans le paysage infesté des rôdeurs enchaînés, qui lui servaient de chiens de garde. Il ricana en amenant la bouteille pour une énième fois à ses lèvres, puis s'essuya d'un revers de manche. Sherry, pensa t-il, l'esprit commençant à dévier sous l'alcool, Sherry et sa manipulation. Son ego se gonfla soudainement quand il imagina son comportement dans le seul but de lui paraître plus agréable. Mais au fond, Negan savait que cela était seulement pour sa protection. Elle maniait les mots telles des armes et les gestes les accompagnant lui servait d'accentuation, jamais, elle ne manquait sa cible. La blonde avait été sa favorite durant de longs mois, mais face à Julia, elle ne faisait plus le poids. Le meneur cherchait ce qui pouvait l'aider à trancher de la sorte : la jeune femme n'était pas comme les autres et son affront le poussait un peu plus dans le conflit, chose qu'il appréciait particulièrement. Il se gratta la nuque en vidant la bouteille, seul un fond tanguait encore à l'intérieur. Il grogna en se relevant, manquant de perdre l'équilibre. Puis, il fixa les cadavres au loin, et attrapa Lucille en riant. Celui qu'il observait allait être témoin de son état. Negan s'approcha en titubant puis, hilare sous la boisson, lui asséna un coup dans les jambes, laissant le rôdeur s'effondrer en deux parties. Le meneur continua de pouffer de rire en l'insultant, puis vint lui donner un coup fatal à l'aide de la batte. Les barbelés furent recouverts du sang poisseux, quand il tourna les talons en ignorant le reste qui hurlaient de faim en le voyant partir :
- Allez tous vous faire foutre, lâcha t-il en un son presque inaudible. Mais il était désormais plus calme et avait obtenu ce qu'il désirait, du moins pour l'instant. Car il finissait par avoir ce qu'il voulait, tout en en voulant toujours plus. Un éternel insatisfait, voilà ce qu'il était.
Negan se dirigea vers le dortoir des femmes. Sa réflexion était troublée, et malgré s'être déchaîné sur le rôdeur, un sentiment d'insatisfaction le saisissait. Son être entier tremblait sous sa rage incontrôlée alors qu'il finissait la bouteille d'une traite. Après s'être essuyé en grognant, il toussa et la jeta contre un mur, cette dernière en verre se fracassant en morceaux coupants. Il se mit à rire et balança Lucille dans les airs en un rythme improvisé. Une fois arrivé devant la porte, il frappa son poing contre la parois :
- Un, deux, trois, c'est moi, balbutia t-il en riant. Alice vint ouvrir, en compagnie de Amber. Quand cette dernière le vit, elle baissa automatiquement la tête. Alors ce putain de gosse, comment se porte t-il ? lâcha t-il nonchalant en traversant la pièce. Il se tourna vers les deux femmes, c'est pas vous que je viens voir bordel. Où est Sherry hein, où se trouve la jolie Sherry ?
Alice, la moins intimidée, lui indiqua le petit jardin. Il couvrait une petite parcelle de terrain, situé derrière le Sanctuaire. Negan avait ordonné à ses hommes de clôturer l'enceinte avec du grillage, afin que ses épouses soient en sécurité si des rôdeurs ou personnes malveillantes venaient à leur rencontre. Cela leur permettait de prendre l'air, de disposer d'un potager, d'une cabane en bois, et d'une petite terrasse. Tout ceci reposait sur l'illusion d'une vie normale. Il ricana en la voyant au loin, son ombre au travers du grand drap qu'elle accrochait à la corde à linge. Le meneur se mordit la lèvre et trottina jusqu'à elle, puis, en silence, une fois à sa hauteur, l'enlaça de ses bras puissants, la blonde entortillée dans le long tissu humide :
- Negan ! lança t-elle surprise, en se débarrassant du drap pour l'apercevoir. Après ta dernière visite, je ne pensais pas te revoir de sitôt.
- Tu m'en veux Sherry chérie ? questionna t-il le regard absent sous l'alcool. Elle le dévisagea méfiante.
- Tu restes un connard, mais ce n'est pas pour ça que je vais te rejeter.
- C'est vrai que là, t'as pas le choix, gloussa t-il un peu plus hilare. Entre rester ici dans un putain de refuge, avec un putain de connard et rester dehors, avec des putains de cadavres, t'as pas le choix... Il l'encercla un peu plus et poussa un gémissement à son contact. La blonde leva la tête incertaine, comprenant la situation.
- Mince Negan, mais regardes toi, tu as bu ou quoi ?
- Pas qu'un peu, mais j'aurais bien aimé partager ce whisky bien dégueulasse avec toi. Déçue de son comportement, elle le repoussa d'un geste de l'épaule, pour continuer à pendre le linge. Attends, attends ! gueula t-il en la rattrapant, je suis venu pour toi.
- C'est ce que tu dis à chaque fois. J'en ai marre que tu me prennes pour une conne, tu me prends dans ton lit pour me jeter ensuite... ce n'est pas ce que je veux, moi ! Il commençait à reprendre doucement ses esprits, sa figure devint subitement glaciale.
- Sale garce tu commences à me gonfler à me parler comme un chien. Qu'est-ce que tu cherches vraiment, hein ? La dernière fois, tu me chauffais comme si ta putain de vie en dépendait, et maintenant, je suis là, avec toi et tu me repousse. Tu veux quoi, que je t'offre des putains de fleurs ?
- Tu ne comprends rien aux femmes Negan, le cassa t-elle dans son élan. Il ricana et posa Lucille au sol. Puis, il la désigna espiègle. En tout cas, elle, je l'ai parfaitement comprise... Ce qu'elle aime, c'est frapper et détruire. Lucille prend des vies, et elle les prend vachement bien ! Fais gaffe qu'elle ne s'en prenne pas à toi, un jour. Elle est assez susceptible... Un silence s'installa alors qu'il l'observait accrocher le reste du linge. Un sourire perfide s'empara de ses lèvres alors qu'il remarquait sa tenue. Putain, mais si mes salopards de gars te voyaient... Pourquoi t'es fringuée comme ça ?
- Je n'ai pas le droit de mettre une robe ? Tu vas installer une sorte de code vestimentaire, c'est ça ? lui répondit-elle sur la défensive.
- Pour moi oui, mais pas pour eux. La putain de robe courte, c'est pour moi. Il l'attrapa par la taille. Rien que pour moi.
- Pourquoi es-tu venu Negan ? l'interrogea t-elle avec franchise.
- Pour te parler... pour te parler de ta meilleure amie, Julia. Tu sais, celle que t'as fusillé du regard la dernière fois. Le visage de la femme se crispa. Laisse moi arriver à l'essentiel, reprit-il. Elle m'appartient, et comme elle m'appartient, c'est à moi de décider si tu as le droit de balancer sur elle ou pas, de la regarder, de l'approcher ou même de lui adresser la putain de parole. A partir de maintenant Sherry, ta langue bien pendue, tu ne la délie que pour moi c'est clair ? Alors que je ne te surprenne pas à lui parler. Laisse cette pauvre fille tranquille. Si t'as un putain de problème, tu t'en prends à celui qui te pose ce putain de problème, c'est à dire, moi. Et je serai toujours là pour te recevoir, termina t-il en lui chuchotant à l'oreille. La blonde se mit à rire et le toisa amusée.
- Mais où se trouve la bête qui sommeille en toi. Ça se voit que tu n'as pas les idées en place... Elle ne put s'empêcher de le défier, après tout, elle était comme cela, Sherry aimait provoquer.
- J'ai tout en place !
Ils restèrent immobiles quelques instants, patientant que le premier ne daigne bouger. Negan avait ce rictus bien à lui : un sourire particulier que la femme avait aperçu de nombreuses fois quand elle lui rendait visite dans ses appartements. L'ambiance devint soudainement moite et électrique, alors que la tension de la situation commençait à le rendre de plus en plus impatient :
- J'ai tout en place, continua t-il en brisant le silence, et tu vas le vérifier. Il déboucla sa ceinture, sa réflexion confondant l'épouse avec Julia. Jamais il ne s'était montré si patient envers ses femmes, mais Negan ne pouvait vivre d'amour platonique éternellement. Malgré tous ses efforts, il en était incapable. Sherry rougissait devant la scène, se sentant enfin privilégiée.
- Ah ! Là je te retrouve, le véritable Negan, lança t-elle désinvolte. Toutefois, je mets cela sur le compte de la bouteille que tu as vidé...
- Ferme là, tu veux. Tu connais la rengaine, alors fais ce que t'as à faire, et fais le bien. Il lui intima l'action d'un signe de tête, les mains reposant sur les hanches.
…
Il s'apprêtait à quitter le dortoir de ses femmes, quand Sherry couru dans sa direction, la figure illuminée par la malice :
- Et si les autres étaient arrivées au même moment... Il haussa les épaules comme s'il s'en moquait.
- On s'en tape, elles sont aussi conviées. C'est quoi cette expression de merde déjà, « plus on est de fous, plus on rit ? ». La blonde sourit puis se mit sur la pointe des pieds pour lui embrasser la joue. Elle en profita pour lui murmurer à l'oreille.
- C'est comme ça que je t'aime... Tu m'avais ordonné de ne plus citer son nom, mais laisse moi te dire une dernière chose Negan. Ne sois pas surpris de trouver le jeune Tom avec elle, les rumeurs courent qu'ils sont souvent ensemble.
La vengeance était un plat qui se mangeait froid et Sherry ne baissait jamais les bras. Possessif, le sang de l'homme en cuir ne fit qu'un tour, alors que les dernières effluves de whisky parcouraient ses veines :
- Quoi ?! rugit-il d'une voix rauque. Je vais le trouver cet enfoiré, je vais lui mettre la main dessus et il regrettera de ne pas s'être fait bouffer par un putain de cadavre !
Il tourna les talons en hurlant et claqua la porte, ivre de colère, pour se diriger vers ses quartiers, lieu dans lesquels se trouvait Julia:
- Je vais le buter ! criait-il dans le couloir.
Quant à la blonde, satisfaite de son stratagème et pensant avoir retrouvé les faveurs du meneur, un sourire victorieux naquît sur son visage, alors qu'elle se tournait vers les autres épouses, ravie et invincible.
Bon, cette fois-ci, c'est la bonne, Tom sera dans le prochain chapitre ! ;)
