Voili-voilou ! Un deuxième chapitre en moins de deux semaines ! C'est qu'elle est inspirée la fille, wouhou ! J'espère du moins que l'intrigue vous plaît un peu, parce que bon x)
Sinon c'est ça. J'ai écrit ce chapitre sur mon téléphone, j'ose espérer qu'il n'y a pas trop de fautes :') Bonne lecture 3
Dean était de retour devant le portrait de la chambre du préfet en chef, tambourinant du plus fort qu'il le pouvait contre le portrait, qui se plaignait de la grossièreté du Gryffondor.
- Sors de là Malefoy! Tonnait-il.
Il refrappa au portrait de cinq grands coups, avant que le prince des Serpentards n'apparaisse dans l'embrasure. Dean ne perdit pas une seconde avant de l'attraper par le collet.
- T'as pas fini de gesticuler, le Sang-de-Bourbe? Tu voudrais tout de même pas lui faire encore plus mal au crâne, n'est-ce pas ?
- OÙ EST-ELLE ? QU'EN AS TU FAIT, SALAUD ?
Il allait lui faire un crochet du droit, mais l'homme blond fut plus rapide, et lui agrippa le poignet aussitôt celui-ci à proximité de son visage. Sous l'effet de surprise, Dean ne se débattit pas, soutenant plutôt le regard noir que lui lançait le serpent.
- Pour ta gouverne, je ne lui ai rien fait, sinon que de lui proposer un endroit où elle pourrait se reposer, loin des regards indiscrets comme le tien.
- Il faut que je lui parle ...
- Ah oui ? Alors où était-tu tout à l'heure, pendant que tout le monde était dans la Grande Salle, en train de la regarder se faire torturer pour une faute qui n'était pas la sienne ?
- J'allais justement venir me proposer pour m'en occuper ...
- Alors pourquoi n'es-tu pas arrive le premier, si son sort te touche tant que ça ? Écoute-moi bien. Présentement, je ne crois pas que ta présence lui fera du bien, qu'importe ce que tu auras à lui dire. Retourne d'où tu viens, et sois patient. S'il te plait Ginny, retourne te reposer...
Une silhouette à la chevelure rousse venait de se glisser à côté de Malefoy, vêtue simplement d'un peignoir vert en velours, qui jurait quelque peu avec la couleur de ses cheveux. Ginny était là, une serviette blanche humide et maculée de sang sur son front. Elle avait encore un peu de sang qui coulait de ses lèvres qu'elle léchait dans l'espoir de cicatriser la blessure. Il fallut deux secondes à Dean pour remarquer que Malefoy possédait une tache semblable, bien que moins apparente et sur le côté opposé de la lèvre de Ginny. Il regarda Ginny d'un air déçu, puis reposa ses yeux sur Malefoy d'un air furibond. À peine eut-il le temps d'ouvrir la bouche, prêt à bondir sur sa victime que Malefoy fut plus rapide, et lui avait envoyé un sortilège de mutisme, enchaîné du sortilège du saucisson, qui bloqua Dean dans l'embrasure du portrait. Furibond, Dean fut contraint d'observer la scène et d'attendre qu'on le délivre, afin de pouvoir se battre.
- Ginny, fais ce que je te dis ... Tu te fais du mal pour rien... Tu arrives à peine à tenir sur tes jambes, retourne te coucher.
- Ne lui ... Fais pas mal ... S'il-te-plait ... Parvint-elle à articuler, avant d'être prise d'un élan de faiblesse qui la propulsait vers le sol.
Malefoy la rattrapa de justesse, avant de la prendre dans ses bras avec précaution, de manière à ce qu'il puisse la transporter sans lui faire trop mal. Elle émit une plainte lorsqu'il la souleva, mais elle resta bien accrochée à son cou. Ils disparurent du champ de vision de Dean, et il lui fut beaucoup trop facile de deviner qu'il l'avait amené dans son lit. Dean en profita pour laisser libre court à ses pensées.
Ainsi donc, il l'avait embrassé ? Dans quel but et surtout, Ginny était elle suffisamment lucide pour donner son accord ? Des doloris comme elle en avait reçu, beaucoup seraient tombés inconscient après les 20 premières secondes. Elle, elle n'avait pas flanché. Pire encore, elle tenait encore relativement debout.
- Chut ... Ne te force pas, repose toi ...
Dean entendait la jeune femme être secouée de sanglots, et il s'en voulait, encore une fois, de ne pas être celui qui est présentement là pour elle ... D'être encore arrivé le deuxième, derrière Drago Malefoy.
- Pourquoi continues-tu à te faire autant de mal, Weasley...
Ces paroles n'avaient rien d'une question, c'était plutôt une constatation. Ces dernières paroles prononcées par le Serpent donnait près qu'à Dean l'envie de pleurer de rage. Elles étaient dotées d'une douceur qui semblait si sincère, si compréhensive et pourtant si curieuses sans être pour autant intrusive, qu'il n'avait fallu à Dean que ces paroles pour comprendre ce que son ex petite amie pouvait tant lui trouver. Une oreille à laquelle elle pouvait faire confiance, facilement. Et encore une fois, c'était celle d'un autre.
Drago revint quelques minutes plus tard, et s'assura de bien refermer le portrait derrière lui, s'assurant ainsi que Dean ne soit pas tenté d'aller la rechercher à l'intérieur. Le Serpent sortit sa baguette et la dirigea vers le lion, complètement furieux.
- Finite incantatem.
Reprenant possession de son propre corps et de sa langue, Dean se releva d'un bond avant de lui crier :
- COMMENT PEUX-TU ?
- Je ne lui ai rien ...
-COMMENT PEUX-TU ABUSER DE SA CONFIANCE ? tu as pas me droit, alors vas t'excuser et libère la ...
Malefoy ricana.
- Tu es si naïf, Thomas ...
- Quoi, parce que rien de tout ça n'est vrai, si c'est ce que tu essaies de me dire, tu ...
- Je ? Je quoi exactement. Qu'es-tu en train de croire, encore ? Calme-toi, et explique-toi. J'attends.
Malefoy croisa les bras d'un air patient, alors que Dean fulminait de plus belle. Prenant son mal en patience, comme le faisait Malefoy, il expliqua, d'un ton calme mais accusateur, ce qu'il croyait.
- Je voulais savoir comment tu avais osé l'embrasser alors qu'elle te faisait confiance. Comment t'as osé la ramener dans ta chambre alors que tu avais promis l'amener à l'infirmerie. Comment tu avais osé en sachant son coeur présentement à quelqu'un d'autre. Je ne sais pas pour qui tu te prends, Malefoy, mais tu me fais pitié. Cesse de te croire supérieur et n'abuse pas de ce pouvoir que tu as sur elle. Depuis que tu lui as envoyé cette fichue lettre, elle est toute à l'envers, et tu le sais ! Ton nom te va si bien, Malefoy... Tu es vraiment un être de mauvaise foi.
Il toisa le regard de Malefoy, arborant des yeux qui se voulaient teintés d'un mépris hors pair. Celui-ci se radoucit finalement lorsqu'il remarqua l'air troublé que reposait sur le visage de son ennemi. Ses yeux, tels l'acier il n'y avait pas deux minutes, venaient de prendre une teinte bleutée. Et bizarrement, Dean se doutait que ça n'avait rien à voir avec l'éclairage.
- La lettre ?
- Oui Malefoy, la lettre. Tu sais, cette merveilleuse lettre que tu lui avais envoyé par hibou, si fier de lui avouer tes sentiments en dépit de ce qu'en penserait ton cher père et les autres fidèles de Tu-Sais-Qui ...
- Je sais très bien de quelle lettre tu parles ! maugréa-t-il entre ses dents. Je voulais simplement savoir ce que cela venait faire là-dedans.
Dean eut un rictus mauvais. Décidément, il avait touché le but.
- Malefoy, t'es vraiment un idiot. Cette lettre a tout à voir. Elle était d'ailleurs le coeur même de ton plan. Ginny Weasley était la dernière femme que tu pouvais un jour espérer ramener dans ton mit, et embobiner dans tes filets. Tu as su profiter de sa faiblesse, depuis que Harry est parti, en sachant que cela le rendait furax, de voir sa copine dans les bras de son ennemi. Et aujourd'hui, tu ne t'es pas gêné en la voyant dans un état si lamentable. Tu joues les héros, et bingo ! Elle est toute à toi, prête à jouer les marionnettes aveuglément, et toi, tu as ta vengeance sur l'autre. Je suis d'ailleurs étonné qu'elle se soit fait embobiner aussi facilement, je la croyais plus résistante, depuis sa première an ...
Il n'eut pas le temps de terminer son discours, qu'il fut projeté contre le mur, ignorant les protestations du portrait.
- Et toi, tu prétends l'aimer ?
Dean eut à peine le temps de sortir la baguette qu'elle se retrouva dans les mains de Malefoy. Désarmé. Un nouvel éclair jaillit de la baguette du Serpentard, qui fit virevolter Dean dans les airs avant qu'il ne retombe lourdement contre le sol.
- Tu prétends l'aimer, alors que tu es capable de prononcer de telles paroles sur elle ? Ne t'a-t-on jamais appris le respect, Thomas ? Que tu viennes penser que je sois un tel salopard, c'est une chose. Mais si tu dis avoir été là ce matin, lorsqu'elle a subit les Doloris qu'elle a reçu, c'est que t'es un parfait connard pour dire d'elle qu'elle est dans un état lamentable. Tu es lamentable. Elle, non. Et je ne te permettrais jamais, au grand jamais, de dire que Ginny Weasley est faible. Elle est plus forte que moi, et plus forte que toi également. La preuve est là, Thomas : elle a subit ce que TU aurais du subir. N'est-ce pas ?
Dean baissa les yeux.
- Et pour Potter... J'en ai rien à faire que cet idiot puisse m'en vouloir si un jour Ginny décide d'être à mes côtés. C'était à lui de ne pas partir et de la laisser en plan, dans l'espoir qu'elle l'attendrait patiemment sans dire un mot alors qu'il ne donne aucun digne de vie à celle qu'il prétend aimer. Tu veux que je te dise ? En fait, vous la sous-estimez beaucoup trop, alors qu'elle se défend beaucoup mieux que tous ceux qui tentent si bien de ma protéger des griffes des méchants Mangemort.
Sans un regard pour Dean, il disparut derrière le portrait, le laissant en plan.
Dean grogna, en se relevant. Il détestait le Serpentard, et pourtant il savait qu'il avait raison. C'était ce qui l'énervait le plus, en fait. D'avoir paru aussi insolent et stupide devant le grand Drago Malefoy. Il devait se rendre à l'évidence : Ginny avait de la chance d'avoir un tel allié à ses côtés. Il avait du mal à croire que Drago Malefoy pouvait tant changer, pour ce qu'il aurait appelé « une traître à son sang » s'il n' avait pas un jour, commencé à éprouver des sentiments pour elle. En fait, il n'avait pas vraiment changé, si ce n'était que pour elle... L'appellation dont Dean avait été victime quelques minutes plus tôt en était la preuve.
Et pourtant, il ne lui avait pas fait de mal, alors qu'il lisait dans ses yeux une haine profonde, lorsqu'il lui avait fait face. Il avait respecté la demande de Ginny.
C'était si dur à croire ...
Peut-être parce que Drago Malefoy avait la réputation d'être un charmeur, qui avait la vilaine manie de ramener toutes les femmes dans son lit. Et le peignoir vert que portait Ginny, ainsi que leur taches de sang similaires sur leur lèvres ne venait qu'ajouter au malaise de Dean.
Dean serra les poings. Non, il ne fallait pas qu'il pense à ça. Il s'en prendrait à Ginny, s'il continuait ainsi. Et s'il u avait une chose qu'il voulait éviter, c'était bien une autre dispute avec elle.
Il passa le reste de la journée dans la salle sur demande, les bras croisés, déprimé. Quelques personnes vinrent le saluer, venant dans la salle dans un but particulier ou pas. Les plus motivés faisaient leurs devoirs ou pratiquaient leur magie. D'autres venaient pour réfléchir, se cacher, ou pour faire une sieste. Les raisons qui poussaient les nouveaux membres de l'armée de Dumbledore à s'y réfugier étaient nombreuses, mais presque tous y restaient du matin au soir, ne s'aventurant même plus dans leur salle commune. Soudain, un homme s'assit à côté de lui, sans prendre la peine de lui dore bonjour.
- Je sais que j'avais dit minuit, annonça Seamus, en sortant un paquet emballé dans du papier kraft de ses poches. Mais j'ai pensé que tu aimerais l'avoir plus tôt.
Il lui tendit le paquet, que Dean ouvrir machinalement. À l'intérieur se trouvait un petit carnet, récemment acheté de chez Scribbenpen, la boutique de livres et de parchemins qui se trouvait à Pré-au-lard.
- C'est Abelforth qui me l'a apporté. Je lui avais demandé de m'en procurer un.
- Euh, merci, Seamus, vraiment... Sauf que je ne crois pas avoir besoin d'un journal intime ...
- C'est pas un journal intime, idiot. C'est un carnet de dessin. On l'a ensorcelé un peu, Abel et moi. Le principe est simple. Tu prends l'une de ces pages, et tu dessines. Il reste là tant que tu n'auras pas visualisé l'endroit exact où tu le souhaite voir apparaître. Par exemple, si tu dessines le visage de Parvati, pour ta murale, tu ne peux pas simplement penser : le mettre sur tel mur. Il faudra vraiment que tu précises à quel endroit. Enfin, pour sceller ta décision, il faudra que tu ferme le cahier pendant plus de cinq secondes.
Émerveillé par les paroles de son meilleur ami, Dean manqua lui sauter au cou.
- T'es génial Seamus ! Vraiment ... Wow !
- J'ai pensé que cela pouvait t'être utile, avant que tu ne subisse quelque chose de pure que ce que la soeur de Ron a vécu ce matin ...
Seamus avait prononcé ces paroles d'abord dans un rire, puis l'expression devenant plus grave, imaginant Dean sous les Doloris des Carrow. Pour soutenir son point, il avait d'ailleurs posé sa main sur la sienne, espérant que son ami soutienne son regard. Celui-ci posa ses yeux sur la main de Seamus qui tenait la sienne et releva les yeux vers lui. Il ne savait pas quoi faire, en réalité. Il aimait Ginny, et s'il tentait la moindre chose envers Seamus, il aurait l'impression de le trahir, si ses sentiments étaient ailleurs. Et s'il y avait une chose que Dean ne souhaitait pas, c'était de faire souffrir son meilleur ami qu'il savait amoureux de lui. Il ne le voulait pas, et pourtant, le frisson qu'avait parcouru son corps jusqu'à sa tête lorsqu'ils s'étaient touchés lui indiquait tout le contraire. Il aurait souhaité le prendre dans ses bras, et aurait apprécié le contact de ses lèvres sur sa joue. Mais il n'en ferait rien.
- Ton attention me touche beaucoup, Seamus, sache-le ... Mais j'aime encore Ginny. Ce serait hypocrite de ma part de faire comme si ce n'était plus le cas , avec toi ...
-T'inquiète, je sais, répondit le garçon, en retirant sa main. T'as pas quelqu'un, sur qui l'essayer ?
Le sourire de Dean revint, en même temps que la compréhension dont son ami venait de faire part. Il ouvrit le carnet, et se remémora les paroles qu'avait dit Lavande Brown, ce matin : « Tu es le visage même du courage ». Sans plus tarder, Dean fit apparaitre ses pinceaux, et débuta. Lavande, dont le sourire était dissimulé par la peine, et dont les yeux, d'un indigo charmeur, témoignait d'une force qu'elle cachait derrière sa tristesse : le rose des papillons entourant son visage formaient le visage de l'amour et d'un coeur bon et pur. Qu'on sous-estime ou non sa personnalité étaient une erreur, selon Dean. Cette fille avait quelque chose de vrai. Il l'avait vu en elle ce matin, lorsqu'elle sautillait nerveusement sur place, en voyant la soeur de son ex-amoureux se faire torturer à l'avant. Elle aurait pu lui en vouloir, comme elle en voulait à Ron d'être disparu si rapidement. Mais en criant courageusement ces mots, elle avait mis, à la vue de tous, le coeur en or dont elle disposait.
« Je souhaite voir ce dessin apparaître dans le haut de la murale, à gauche, à soixante-dix centimètre du du dessin représentant Ginny, juste au dessus de celle de Luna. »
Il referma son cahier et les deux garçons se précipitèrent à l'extérieur de la salle, et regardèrent le spectacle qui s'offraient à eux, ahuris. Les traits se dessinaient, un à un, dans le même ordre que Dean les avait peint dans son cahier, quelques minutes plus tôt.
- Wow Seamus, t'es génial, merci beaucoup ! Ça va faire quelque chose de grandiose et dont on se souviendra pendant longtemps. Ce sera beau, c'est une promesse. Elles seront belles. Et tout Poudlard et leurs générations à venir verront comme elles étaient belles et fortes, et comme leur cris n'étaient pas vains. Ils verront, tu verras. Et tout ça, en grande partie grâce à toi, merci.
Il l'enlaça dans une étreinte sincère, à laquelle Seamus répondit joyeusement.
- Je sais que tu leur rendra l'hommage qu'elles méritent, Dean. J'ai confiance en toi.
Dean sourit. Grâce à lui, il allait pouvoir mener son projet à terme plus rapidement. Il aura moins besoin de surveiller ses arrières. Il n'aura plus qu'à dessiner, quand bon lui semblerait.
Dean marchait dans les couloirs, d'un pas nonchalant, à la recherche de sa première véritable cible avec laquelle il testerait pour de bon les pouvoirs de son cahier. Les visages tristes et apeurés étaient nombreux, mais il en voulait un nouveau. Quelqu'un qui posséderait un visage qui saurait surprendre. À la vue de Pansy Parkinson, qui flânait sur le sol au bout du couloir, Dean fut possédé d'un étrange malaise, et bien qu'il savait que c'était le visage qu'il lui fallait, il était hésitant. Approcher une Serpentarde ne serait pas aussi facile que d'approcher une Gryffondor, Poufsouffle ou Serdaigle. Ce serait un défi, qui aurait ses chances d'être voué à l'échec. Toutefois, s'il n'en peignait pas une seule, les soupçons se retourneraient directement vers lui. Ou vers une autre ...
Il devait la peindre.
Il accéléra le pas, se rendant rapidement à sa hauteur. Puis, il sortit son carnet et ses plumes, s'asseyant à sa hauteur.
- Dégage, Thomas.
- Ton Drago est dans sa chambre, avec la fille Weasley, si c'est lui que tu cherches.
- Tu mens.
Elle avait dit ça sur un ton plus calme, presque évasif. Bingo.
- Non, je t'assure. Je le sais, je les ai trouvés, tout à l'heure. Elle portait un peignoir qui n'était pas le sien.
- Arrête, n'en dit pas plus. Ce qu'il fait ne me regarde pas. Ce sont ses affaires.
Dean regarda des deux côtés du couloir : personne en vue. Il sortit ses pinceaux, et se mit à la tâche. Son rose, bleu, jaune et blanc pour former la pâle peau de Pansy. Son noir, y allant par traits fins afin de dessiner ses cheveux dont le chignon était à moitié défait, laissant passer quelques cheveux fous de chaque côté de sa tête. Et puis finalement une teinte de rouge, formant le coeur bien dessiné de ses lèvres. Dean sourit : c'était bien la première fois qu'il pouvait se dire que la Serpentarde était jolie, elle qui faisait d'ordinaire tant penser à un pékinois.
Pansy l'observait tout en l'ignorant à la fois, se demandant bien ce que le Gryffondor foutait devant elle, à sourire bêtement tout en semblant peindre quelque chose.
- Alors, Thomas, on écrit dans son journal intime ?
Le visage de Dean s'illumina : il avait trouvé ce qu'il manquait à l'air paisible de la jeune femme. Un masque. Reprenant les couleurs l'ayant aidé à peindre sa peau, il traça de grands traits de chaque côté de sa feuille avant de se remettre à créer les couleurs comme il savait si bien le faire, laissant alors les traits devenir des mains fragiles et fermes à la fois, mélangeant à la perfection les teintes de lilas, de muguet et de tournesol, passant par les violettes et les roses. Entre les deux mains qui se tenaient de chaque côté du visage d'apparence calme de la Serpentarde, il peignait une bulle qui enjambaient son visage, passant directement devant ses yeux clos. Son pinceau trempé dans l'eau, il s'assurait que la bulle colorée soit transparente, afin de ne cacher aucun trait de la femme qu'il peignait. Jusqu'à maintenant, c'était le portrait le plus réaliste qu'il avait réalisé et ce, pour Pansy Parkinson. Le seul détail qu'il manquait à son oeuvre, c'était l'habillement, car Pansy n'était pas une femme que l'on mettait à nu. Il n'eut pas besoin de bien du temps pour deviner ce qu'il lui mettrait. Un t-shirt noir un peu vieillot, avec une parcelle de dentelle autour du cou. Car si Pansy n'aimait pas montrer ce qu'elle gardait en dedans d'elle, elle avait sa fragilité et sa douceur, bien qu'elle soit dissimulée derrière ses airs narquois.
Satisfait de son oeuvre, il réfléchit à l'endroit où il souhaitait la faire apparaître. Puis, il ferma le cahier, et rangea ses pinceaux. Pansy le fixait toujours d'un air de dégoût, tentant tant bien que mal d'ignorer sa présence avec elle.
- Et puis tu sais quoi ? Mes parents m'ont toujours dit d'éviter les Sang-de-Bourbe, alors dégage.
- D'accord.
Dean rouvrit son cahier à la page où il l'avait dessiné, et griffonna un mot. Puis, il arracha la page et la lui tendit.
- C'est quoi ça, fit-elle en agitant la feuille devant lui.
- Un cadeau.
- Je n'en veux pas.
- Comme tu veux. Tu le jetteras, alors.
Le jeune homme se releva doucement et partit, sans dire un mot. À peine eut-il fait quelque pas que la voix de la jeune femme retentit, un trouble profond dans la voix.
- Eh Thomas ! À ta place, je ferais attention si tu ne veux pas avoir les autres filles de ma maison sur ton dos.
Dean sourit, conscient qu'il ne s'agissait pas d'une menace, mais d'un remerciement. Par ces paroles, Pansy lui garantissait une nouvelle clientèle, et ça l'arrangeait bien, en fait.
Mais le plus beau remerciement qu'elle lui avait fait était d'avoir serré le dessin contre son coeur, une fois qu'il eut tourné les talons pour de bon.
