Disclamer : Les personnages appartiennent à Masami Kurumada.
Béta-lecture : Scorpio-no Caro : une grand merci à elle pour son aide précieuse !
Shiryu : Merci encore pour ton com ! Je t'encourage à lire La légende des quatre royaumes ! Elle est extraordinaire et nous transporte dans un autre monde. J'aime bien aussi le couple Angelo/Shiryu mais j'avoue que là avec Dohko et Shion, j'ai pris beaucoup de plaisir à le faire. De toute façon, j'aime mettre en scène Shiryu ! Voici la suite !
Bonne lecture à tous !
Chapitre 9
La soirée s'annonçait quand un groupe de chevaliers composé de Dohko, Kanon, Milo, Camus, Shaka et Aïoros débarquèrent dans le bureau du Grand Pope :
- Eh bien, dit celui-ci en les regardant. Je suppose qu'il est inutile de vous demander pourquoi vous êtes là ?
- On voulait savoir si vous aviez des nouvelles, commença Shaka, un peu gêné.
- Non. Mais venez avec moi, on va aller jouer les espions, dit-il en les entraînant à sa suite dans les couloirs du palais. Effacez votre cosmos, ordonna-t-il, j'ai peur que Saori n'apprécie pas notre démarche.
Le Grand Pope les fit pénétrer dans une salle où se trouvait du matériel vidéo. Il alluma un récepteur, sélectionna une touche et les chevaliers virent apparaître la salle où se trouvaient les cinq japonais :
- C'est très pratique cette pièce, commenta Kanon.
- Oui, Saori l'a faite installer récemment mais j'avoue que jusqu'à maintenant je n'en avais jamais trouvé une réelle utilité, approuva le Grand Pope.
- Décidément, quelle époque, dit Dohko.
- Vous êtes sûr qu'ils travaillent là ? demanda Camus en suivant des yeux à l'image ce qui semblait être une gomme atterrir sur la tête du Phoenix.
- Oh, j'ai oublié le son, fit Shion en appuyant sur un autre bouton.
Aussitôt la voix d'Ikki se fit entendre dans la pièce :
« - Espèce de Dragon mal luné !
- Pas mal, mais tu peux faire nettement mieux, répondit la voix de Shiryu.
- Alors trouve ! J'ai pas envie de passer la soirée là, moi ! J'ai rencard vois-tu ! reprenait Ikki.
- Je l'ai ! intervint la voix de Shun. Et tu avais raison, Shiryu, mais il cache bien son jeu !
- Ça t'étonne ? Il a toujours raison, c'est énervant à la fin ! dit la voix de Hyoga.
Shiryu et Shun était maintenant penché sur l'ordinateur d'Andromède et le sourire du Dragon s'élargissait au fur et à mesure qu'il avançait dans sa lecture :
- Bon, super Shun ! Si on se dépêche on peut avoir fini dans peu de temps et Saori sera contente, approuva-t-il.
- Je ne pensais pas qu'elle nous ferait travailler ici, dit Hyoga.
- Il faut de l'argent pour entretenir le Sanctuaire, lui répondit Seiya. Mais j'espère qu'on n'aura pas d'autre dossier, surtout si on doit retourner au Japon dans peu de temps.»
- C'est quoi cette histoire ? demanda Dohko à Shion.
Celui-ci coupa le son et les images venant de la pièce avant de répondre :
- On sait ce qu'on voulait savoir, ils n'en n'ont plus pour longtemps. Le reste risque d'être plus personnel et je ne tiens pas à jouer les espions. Retournons à mon bureau et je vous expliquerai.
Cinq minutes plus tard, ils l'atteignaient :
- Alors ? insista Dohko.
- Saori m'a fait part aujourd'hui de son désir de rentrer au Japon dans quelques jours, expliqua Shion. C'est pour cela que j'ai convoqué les chevaliers divins aujourd'hui.
- Et tu comptais nous en parler ? demanda encore Dohko.
- Bien sûr, mais pour l'instant je ne sais pas qui repart au Japon. Saori voulais y retourner seule.
- Ce ne serait pas prudent, fit remarquer Shaka.
- C'est également ce que je lui ai dit, donc j'ai essayé de trouver un compromis… expliqua le Grand Pope.
- Qui est ? demanda Aïoros.
- De garder ici quelques chevaliers divins et d'adjoindre à la garde d'Athéna certains d'entre vous, continua Shion.
- Ça parait être un bon compromis, commenta Camus.
- Oui, mais qui se heurte à un autre problème !
- Laisse-moi deviner. Le refus des chevaliers divins, dit Dohko.
- Exact, confirma Shion. Quand je leur ai fait cette proposition, ils ont fait preuve d'une superbe unité en me certifiant qu'il était hors de question pour eux de ne pas accomplir leur devoir ! Qu'il était inutile de changer les habitudes et je vous fais grâce de la suite de leurs nombreux arguments !
- Quelle classe, nos petits amours ! ne put s'empêcher de commenter Milo avec un sourire, qui lui valut un regard glacial de Camus alors que les autres en esquissaient un plus discrètement.
- C'est pourquoi je leur proposé d'y réfléchir calmement et je suppose que c'est ce dont ils voulaient parler tout à l'heure. Je me refuse à espionner leurs propos à ce sujet, c'est leur décision ! termina Shion.
- Bien dans ce cas, nous ne pouvons qu'attendre, conclut Shaka.
- Et nous devons faire semblant de ne pas être au courant ? demanda Kanon.
- Non, vous pouvez dire que je vous ai informé du départ probable de vos locataires, lui répondit le Grand Pope.
- En attendant, nous ferions mieux de retourner chez nous, dit Aïoros.
Ooo000ooO
Pendant ce temps les chevaliers divins finissaient leur travail ayant sagement décidé d'un commun accord de remettre leur décision au lendemain en se donnant rendez-vous sur la plage.
La soirée était déjà bien avancée quand ils reprirent le chemin des temples :
- On se voit demain, alors ? demanda Hyoga à ses compagnons alors qu'ils arrivaient dans celui du Verseau.
- Oui, sur la plage à quatorze heures, confirma Ikki. Ça nous laisse le temps d'y réfléchir chacun de notre côté.
- Vous croyez que Shion a informé les chevaliers d'or ? interrogea Shun.
- C'est une possibilité, fit Shiryu.
- On verra bien, dit Seiya. Si c'est le cas nous le saurons assez vite et de toute façon je ne compte pas le cacher à Aïoros.
Ils étaient tous d'accord là-dessus et saluèrent Hyoga avant de continuer leur route.
Ikki et Shun firent un arrêt au sixième temple où le Phoenix retint son frère un moment :
- Tu veux que je t'accompagne ?
- Non, ce n'est plus loin et Kanon doit m'attendre, lui répondit Shun alors que la Vierge sortait de son appartement pour les rejoindre :
- Bonsoir Shun !
- Bonsoir Shaka ! Au fait Ikki, ça c'est bien passé avec Kanon cet après-midi ?
- Ben oui, pourquoi tu me demandes ça ? lui répondit son frère.
- T'inquiète pas, Shun, j'étais avec lui et ça c'est très bien passé, intervint Shaka qui eut un sourire de connivence avec le jeune Andromède.
- Eh, ça va vous deux ! s'indigna faussement le Phoenix. Je sais me maîtriser quand même !
- Deux précautions valent mieux qu'une, s'amusa son frère en les saluant avant de poursuivre sa route.
Dès qu'il eut passé le temple du Cancer, il descendit les dernières marches en courant, pressé de retrouver son Dragon des Mers qui l'attendait impatiemment à la sortie du troisième temple et qui courut à sa rencontre dès qu'il le sentit arriver.
Ils se retrouvèrent à mi-chemin et Shun sauta dans les bras de Kanon :
- J'ai cru que tu ne reviendrais jamais !
- Désolé, lui répondit Shun avant de capturer les lèvres qui lui avaient tant manqué.
Après un long baiser, ils redescendirent les dernières marches :
- C'est trop tard pour le resto, mais je t'ai préparé quelque chose, lui dit le grec.
- Merci, Saga et Aphro ne sont pas là ?
- Non, ils mangent en ville et ne rentrerons sûrement pas. On peut passer la soirée ici si tu veux.
- Ça me va, en plus il faut que je te dise quelque chose.
Kanon se doutait de quoi il voulait lui parler :
- On verra ça à table, lui dit-il en l'entraînant vers la cuisine où le couvert était dressé pour deux.
Ils s'installèrent et commencèrent à manger en se dévorant des yeux :
- C'est quoi ta nouvelle ? lui demanda tout de même le grec au bout d'un moment.
- Je ne sais pas si Shion vous en a informé mais nous risquons de repartir au Japon dans quelques jours. Saori doit y retourner.
- Je le sais, mais le Grand Pope nous a aussi parlé d'un compromis.
- Nous n'avons encore rien décidé à ce sujet.
Kanon attrapa sa main et la serra, il planta son regard océan dans les yeux verts :
- Quoi que tu décides trésor, je suis avec toi !
- Kanon…
Ils finirent de manger en parlant de choses et d'autres sans revenir sur ce départ éventuel puis s'installèrent sur le canapé pour un café serré l'un contre l'autre :
- Kanon ?
- Oui mon cœur ?
- Si je pars, tu… quand je…
- Si tu dois partir, j'attendrais ton retour et puis on a le téléphone et les ordinateurs mais il va falloir que je prenne des cours, le coupa le marinas.
- Ça, je peux t'apprendre avant de partir !
Ils restèrent un moment silencieux, le grec jouant tendrement avec les boucles vertes d'Andromède blotti dans ses bras qui lui, doucement caressait le torse puissant du marinas. Sa main glissa sous son tee-shirt le faisant frissonner :
- Trésor, dit-il d'une voix troublée sachant qu'il avait de plus en plus de mal à résister aux assauts répétés du jeune japonais.
Mais celui-ci n'était pas décidé à arrêter. Sa main remonta, relevant le tee-shirt et il posa ses lèvres sur le torse enfin à sa portée. Kanon sursauta violement et releva sa tête vers lui mais ce qu'il allait lui dire se bloqua dans gorge tellement il fut bouleversé par le regard que lui lançait Shun. Les prunelles vertes étaient emplies d'une lueur qu'il n'y avait encore jamais vue et d'une fièvre qui était plus qu'une invite :
- Je veux faire l'amour avec toi Kanon, lui dit Andromède d'une voix tremblante. Je t'en prie…
En guise de réponse, le grec s'empara de ses lèvres avec passion et l'attira à lui. Il rompit le baiser :
- Accroche-toi, lui murmura-t-il en le soulevant pour le porter jusqu'à sa chambre.
Là, il déposa son précieux fardeau sur le lit et enleva son tee-shirt avant de le rejoindre et de s'agenouiller à ses côtes. Sa main redessina les contours de son visage, alors que celles de Shun parcouraient déjà sa peau nue comme il l'avait fait si souvent sans oser passer le cap du fin tissu avant ce soir. Un sourire ravi éclairait son visage.
Kanon le laissa faire un moment avant d'entreprendre de lui retirer le sien et d'admirer un instant son torse fin et musclé. Shun se sentit rougir sous le regard océan qui, peu à peu, se voilait de désir :
- Laisse-toi aller et fais-moi partager tes sensations, lui dit-il en posant ses mains sur sa peau blanche, provocant un frisson immédiat. Il s'empara de nouveau de ses lèvres avant de descendre explorer son cou, ses mains parcourant son torse.
Shun ferma les yeux, glissant progressivement dans une douce brume de chaleur. Il gémit sans même s'en rendre compte, faisant sourire intérieurement Kanon qui continuait son exploration minutieuse en capturant une perle rose. Le sursaut fut immédiat et le petit cri suivit très vite :
- Kanon…
Celui-ci prenait son temps, calmant l'impatience de son propre corps qui se transformait petit à petit en brasier. Mais il voulait que son trésor garde un magnifique souvenir de cette première fois. Il sentit ses mains qui s'étaient perdues dans son dos, s'accrochant à lui avec frénésie et c'était bon, magnifiquement bon, d'entendre ses gémissements, ses cris, de voir son corps frémir sous ses caresses. Jamais de sa vie, il n'avait voulut autant donner, la seule chose qui lui importait était de l'emmener au septième ciel, de l'entendre hurler de plaisir.
Ses mains glissèrent jusqu'à son pantalon qu'il entreprit d'enlever avec des gestes doux. Shun ouvrit les yeux en le sentant faire et rougit de nouveau sous le regard qui le détaillait. D'un geste timide, il décida de les mettre à égalité et s'attaqua avec maladresse au jean du grec qui sourit et l'aida à faire glisser le reste de ses vêtements.
Shun n'arrivait pas à détacher son regard du corps divinement sculptés de son aimé, le parcourant de haut en bas en rougissant. Kanon vint s'allonger sur lui, mettant en contact leurs deux virilités. Il sursauta violement et cria sous le choc qui émana de cette rencontre brûlante. Son corps sembla s'embraser et son bassin se mit à remuer de lui-même, encouragé par celui de son amant qui se pencha pour reprendre ses caresses sur son torse :
- Parle-moi trésor, lui murmura-t-il.
Shun ouvrit des yeux brûlants qui rencontrèrent ceux du Gémeau :
- Peux pas… trop bon… réussit-il à dire entre deux gémissements et complètement broyé par les multiples et divines sensations qui l'envahissaient.
Kanon sourit et intensifia son rythme, le corps de Shun se tendit et dans un hurlement, il se répandit, déclenchant également la jouissance de son amant.
Celui-ci se laissa glisser à ses côtés et le captura dans ses bras :
- Ça va mon cœur ?
- Oh mon amour ! J'en veux encore…
- Ne t'inquiète pas, on a toute la nuit devant nous, lui répondit le marinas en s'emparant de ses lèvres, alors que ses mains repartaient à la découverte de son amant, l'encourageant à faire de même.
Timidement celles de Shun suivirent son exemple, faisant naître de délicieux frissons sur la peau bronzée du grec qui soupira d'aise :
- Oh oui ! Caresse-moi… gémit-il.
Il guida alors Shun dans la découverte respective de leurs deux corps, prenant le temps de caresser ou de se faire caresser au gré de leurs progressions, le faisant passer d'actif à passif, subissant ou faisant subir de douces tortures qui menaient peu à peu leurs deux corps à un niveau proche de la lave en fusion.
La chambre n'était plus que plaintes, gémissements, râles ou cris. L'air était saturé de l'humidité émanant de leurs deux corps en effervescence. En assouvissant une première fois leur désir trop brutal, le marinas avait permis cette divine découverte pour son tout jeune amant.
Celui-ci se noyait sous le flot d'ondes et de sensations diverses, donnant ou recevant à parts égales. Il ne cherchait plus à comprendre et se laissait guider dans ce tout nouveau monde dont, jamais il n'avait soupçonné l'existence. Et il le trouvait magnifique ce monde, lui qui avait si souvent refusé au maximum le combat, préférant de loin l'éviter y trouvait une nouvelle raison de vivre. L'amour était encore plus beau que tout ce qu'il avait pu imaginer.
Pour Kanon, qui n'avait jusque là connu que des rapports plus ou moins brutaux faits de dominations pour lui et de soumissions pour ses partenaires féminins ou masculins, la douceur et la tendresse naturelle de Shun était une véritable découverte qui le transcendait au plus haut point.
Même quand ses yeux emplis de fièvre le regardaient, ses mains restaient douces et caressantes, sans soif de domination ou de possession, son sourire demeurait tendre et ses lèvres le dévoraient sans le soumettre. Cette recherche du plaisir mutuel était nouvelle pour lui. Il comprenait mieux les paroles de Saga qui lui disait que l'amour peut rendre beaucoup plus intense un simple échange de baiser mais jamais il n'aurait pensé que c'était à ce point.
Ils se découvrirent longtemps, se gavant de toutes les caresses et osant toutes les audaces qui quelques heures plus tôt auraient encore fait rougir le jeune chevalier.
Mais leurs deux corps échauffés ne pouvaient résister plus longtemps à cette étreinte et Shun, à qui Kanon avait fait découvrir une nouvelle caresse beaucoup plus intime en préparant son corps à sa venue, réclama bientôt davantage à son amant. Il n'en pouvait plus, sentant au fond de lui qu'il ne résisterait plus longtemps, il voulait maintenant fusionner avec lui totalement.
Le grec ne le fit pas attendre davantage, lui-même étant au bord de la rupture. Il savait maintenant que la peur qui l'avait toujours retenue, celle de le blesser par sa fougue naturelle, n'avait plus lieu d'être, la douceur de son trésor cachait la même fougue et la même impatience que la sienne.
Il l'allongea sur le dos et lui releva les jambes, entrant doucement dans le corps chaud, son regard océan rivé aux émeraudes vertes. Shun se figea sous l'imposante intrusion, à la fois douce et brutale, partagé entre douleur et une furieuse envie de le sentir encore plus. Il y avait bien longtemps que son corps ne lui appartenait plus et n'était soumis qu'au plaisir que lui donnait son amant et encore une fois il le laissa parler. Ses mains s'accrochèrent aux hanches de Kanon et son bassin bougea, allant à sa rencontre, l'enfonçant davantage en lui alors que ses yeux se fermaient pour mieux savourer ce moment magique de sa première fois, malgré la douleur.
Kanon se retrouva submergé d'une multitude de sensations à sa réaction et se laissa guider en lui en gémissant de plaisir. Ce n'était pas lui qui prenait, c'était Shun qui s'offrait. Il calqua ses mouvements aux siens qui devinrent très vite plus rapides et incontrôlés. Leurs respirations s'accélérèrent leurs cris se firent plus profonds alors que le plaisir gagnait encore en intensité pour les emmener bien au-delà de tout ce qu'ils auraient pu imaginer. L'extase suprême les balaya comme des fétus de pailles, les laissant sans force et essoufflés serrés l'un contre l'autre à s'en faire mal.
Longtemps après, ils prirent une position plus confortable et relâchèrent un peu leur étreinte. Leurs regards se croisèrent alors que leurs lèvres prononçaient les mêmes mots :
- Je t'aime, murmura Shun avant de sombrer dans le sommeil, bien au chaud des les bras puissants de son amant.
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Sur l'Olympe.
- Alors ? demanda la nuée au Dieu qui observait le Sanctuaire d'Athéna.
- Calmez-vous mon oncle ! Le poison fait doucement son chemin dans l'esprit de l'un des leurs, le final ne devrait pas tarder, répondit l'homme en souriant.
- Je me demande toujours quel intérêt tu trouves à tout cela ?
- J'aime observer les humains et ces chevaliers sont particulièrement divertissants.
- Il me semblait que tu méprisais les mortels, s'étonna la nuée.
- Oui, mais disons que l'un d'eux a particulièrement attiré mon attention, murmura l'homme alors que l'image se voilait à nouveau, le cosmos d'Athéna le protégeant des regards indiscrets :
- Tant que cela me permet de retrouver mon corps et mon Sanctuaire.
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Sanctuaire d'Athéna, temple du Taureau
Un nouveau jour se levait, tirant peu à peu ses chevaliers de leurs repos.
Aldébaran revenait dans sa chambre avec un plateau garni d'un solide petit-déjeuner à l'intention de l'homme de sa vie qui évacuait tout doucement les brumes du sommeil en humant l'odeur du café :
- J'ai pas envie de me lever, marmonna Shura en ouvrant légèrement ses yeux de braise pour les refermer aussitôt.
Mais le Taureau connaissait maintenant les faiblesses de son amant :
- Si tu te réveilles bien gentiment, je te fais une place sous ma douche, lui susurra-t-il en déposant le plateau sur le lit, déclenchant la réouverture immédiate des yeux noirs qui se voilèrent d'un soupçon de doute :
- Sérieux ?
- On ne peut plus sérieux ! lui répondit le Taureau en lui servant son café.
- D'accord mais retire ça ! dit le Capricorne en désignant le tee-shirt que le brésilien avait enfilé pour aller préparer le petit-déjeuner.
- Shura !
- C'est donnant, donnant bébé, susurra à son tour le Capricorne en refermant les yeux.
Aldébaran soupira, déjà vaincu, et presque à regret retira le large tee-shirt. C'est qu'il cachait presque par automatisme son corps puissant le Taureau.
Petit, parce qu'il était plus grand et plus fort que la majorité des enfants, on le regardait comme une bête curieuse et il faisait peur aux autres. En grandissant rien ne s'était arrangé et en devenant apprenti chevalier, il avait cru que les autres l'accepteraient enfin.
Mais les enfants son cruels et seul le petit apprenti Bélier, Mu, avait bien voulu devenir son ami. Amitié qui n'avait jamais failli au cours des années. Avec les filles ce n'était guère mieux, soit elles se moquaient de lui, soit elles en avaient peur. Alors il avait appris à se cacher et à admirer ses collègues avec leur corps si parfait à ses yeux.
Un jour, encore adolescent, il avait rencontré un jeune espagnol au regard de braise qui l'avait félicité avec sincérité sans se moquer, ni montrer la moindre trace de peur, admirant même sa puissance. Ils étaient rapidement devenus amis. Un peu plus tard, le jeune Shura reçut les félicitations de son frère d'arme en devenant le chevalier d'or du Capricorne. Aldébaran sut en le voyant rayonnant dans son armure d'or que son ami lui avait volé son cœur. Quand à son tour, il avait reçu son armure d'or, son ami avait été dans les premiers à le féliciter.
Mais le jeune Taureau n'avoua jamais ses sentiments. Shura était devenu bien trop précieux à ses yeux pour risquer de le perdre, alors il avait continué à se cacher en profitant de chaque moment que son ami voulait bien lui accorder.
Quand le Dragon l'avait entraîné dans la mort, pendant la bataille du Sanctuaire et qu'il comprit ce que le Capricorne avait fait pour le sauver, malgré son cœur broyé par le chagrin, son amour pour lui s'en était encore trouvé renforcé.
Shura venait de rouvrir les yeux et lui souriait :
- Quand cesseras-tu de me cacher ton corps parfait ?
- Les vieux réflexes sont difficiles à faire passer, lui répondit le Taureau en lui tendant sa tasse.
Ils déjeunèrent en parlant de la dernière rumeur, le départ des chevaliers divins. Puis le brésilien se leva et attrapa son tee-shirt mais celui-ci fut subtilisé par le Capricorne :
- Shura, il faut que rapporte ça à la cuisine !
- Eh bien vas-y tel que, on n'est que tous les deux ici et moi j'aime ton corps. J'aime voir tes muscles puissants rouler sous ta peau à chaque mouvement que tu fais. J'aime la puissance que dégagent tes larges épaules. J'aime tes bras si forts qui me serrent quand tu me fais l'amour.
Tout en parlant, Shura avançait à quatre pattes sur le lit, tel un félin fondant sur sa proie, son regard de braise se promenant avec gourmandise sur le torse de son amant.
Le brésilien posa précipitamment son plateau sur la commode avant qu'il ne lui saute dessus et se retrouva plaqué au mur alors que Shura l'embrassait passionnément avant de d'entreprendre une lente descente sur le torse qu'il aimait tant et de lui retirer d'un geste vif le boxer qu'il portait encore :
- On avait parlé d'une douche, gémit Aldébaran subissant avec délices les tortures de son amant.
- Je n'ai rien contre… après... dit celui-ci en se saisissant d'une perle brune déclenchant une vive réaction chez son amant qui plaqua un peu plus fort son bassin contre lui le faisant gémir à son tour.
Le Capricorne savait qu'il ne résisterait pas longtemps à sa puissance mais c'était ce qu'il aimait chez le brésilien, le faire peu à peu perdre son calme légendaire pour devenir un véritable volcan qui le dévorerait à son tour, le rendant complètement fou de plaisir.
Quand il avait compris ses sentiments peu après sa résurrection vis-à-vis de son ami de toujours, il n'avait pas osé le lui avouer. Par peur de le perdre et il s'était noyé dans de multiples aventures sans lendemain pour essayer de chasser son image de ses nuits.
Mais dans chaque corps qu'il possédait, c'était son image qu'il voyait. Quand des mains le caressaient c'était celles d'Aldé qu'il espérait sur son corps car elles seules pouvaient apaiser ce feu qui brûlait en lui.
Alors qu'il ne s'était jamais laissé dominer, avec lui il pouvait passer de possédant à possédé sans problème car au cours de leurs étreintes seul importait la recherche du plaisir de l'autre. Et suivant leurs humeurs du moment elles pouvaient être douces et tendres ou brutales et sauvages comme ce matin, mais ils avaient tant à rattraper. Ces trois années de silence de part et d'autre… Cette fierté latine qui les caractérisait et qui, sans un Dragon de leur connaissance, serait encore en train de les paralyser.
Il l'avait vu se refermer sur lui-même, cherchant désespérément jour après jour les raisons de son attitude, mais jamais il n'avait soupçonné ce qui se passait dans son cœur.
Le brésilien se retourna brusquement en le plaquant à son tour contre le mur, face à lui, s'emparant de ses lèvres presque avec brutalité. Ses larges mains se mirent en mouvement sur le corps de Shura qui commença à gémir sans discontinuer, plongé dans le plus beau des mondes.
Le Taureau n'avait plus qu'une envie, dévorer ce corps encore et encore. Sa bouche cherchait avec gourmandise chaque point sensible de l'espagnol qui passa des gémissements aux râles puis aux cris. Les bras puissants le soulevèrent et les jambes de Shura s'enroulèrent autour de ses hanches, le dos appuyé contre le mur derrière lui :
- Prends-moi maintenant, lui demanda le Capricorne en gémissant.
- Je vais te faire mal ! protesta le Taureau.
Les yeux de braise emplis de fièvre se plantèrent dans ceux de son amant :
- Bébé, je te veux en moi maintenant ! répondit-il en bougeant son bassin qui vint agacer le membre dressé du brésilien en se frottant effrontément dessus qui se mit à gémir :
- Tu es fou Shura !
- Uniquement de toi mon amour…
Aldébaran reprit ses lèvres alors que ses mains positionnaient son sexe devant l'intimité de son amant. Dés qu'il le sentit, l'espagnol s'empala de lui-même sur l'imposant membre du Taureau les faisant hurler tous les deux et leur coupant la respiration.
Leurs deux corps ne leurs appartenaient plus. Les cris fusèrent alors que les mouvements s'amplifiaient et s'accéléraient les emmenant peu à peu au septième ciel.
Le feu ardent qui les dévorait atteint son paroxysme et dans un dernier coup de rein le brésilien se libéra au plus profond de l'espagnol et que celui-ci se répandait en s'arquant davantage dans un dernier cri de plaisir.
Aldébaran se laissa doucement glisser à terre, tenant toujours le Capricorne serré conte lui. Ils reprirent peu à peu leurs souffles :
- Tu vas vraiment finir par me rendre dingue, dit-il en lui caressant doucement le dos.
Le Capricorne se décolla de son épaule et le regarda :
- C'est ta punition, à chaque fois que tu tenteras de te cacher de moi, je te punirais d'une façon ou d'une autre, dit-il avant de l'embrasser passionnément.
- Bon, on va la prendre cette douche ? demanda ensuite innocemment Shura
- Tu es vraiment insatiable !
- Ce n'est pas de ma faute si j'aime tes épaules…
- Stop ! le coupa son amant redoutant une nouvelle litanie sur son anatomie. Je t'aime Shura du Capricorne.
- Moi aussi je t'aime bébé ! lui répondit Shura en le regardant tendrement.
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Temple de la Balance
Shiryu se réveilla seul dans le grand lit de son maître. Il enfila rapidement des vêtements et se dirigea vers la cuisine où le petit-déjeuner était prêt. Il s'installa, il ne sentait plus la présence de Shion qui avait déjà dû regagner le palais et les bruits d'eau venant de la salle de bains lui indiquèrent où se trouvait son maître.
La veille, il n'avait pu reprendre leur conversation. Shaka les avait invités à déjeuner après l'entraînement et le soir ils étaient tous les trois.
Le Dragon réfléchissait. Il arrivait presque à faire tomber ses barrières vis-à-vis de Shion mais pas de son maître. Seuls les rapports sexuels qu'ils avaient tous les trois arrivaient à les faire tomber, et encore, il ne prenait jamais l'initiative. La seule fois où il l'avait fait c'était avec Shion sous la douche, mais jamais directement avec la Balance.
Et dès qu'il reprenait conscience de la réalité, elles réapparaissaient comme par magie encore plus présentes. Pourquoi ? Il ne comprenait pas et il voyait bien que son maître semblait las de son attitude mais il n'arrivait pas à s'ôter cette impression de commettre un sacrilège.
Perdu dans ses pensées, il ne remarqua pas la présence de Dohko qui le regardait, mais contrairement à ce que croyait le Dragon, la Balance ne se lassait pas. Il cherchait lui aussi la solution pour arriver à faire tomber cette barrière. Par-dessus tout, il voulait son bonheur et il commençait à se demander si celui-ci de ne devait pas se faire sans lui. Il quitta sans bruit de son poste d'observation en décidant de se retirer un peu au Cinq Pics. Qui sait, peut-être dans ce lieu où il avait vu grandir Shiryu, il trouverait enfin la solution… Il en parlerait à Shion dès qu'il le verrait seul.
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Temple des Poissons
Aphrodite s'éveilla avant son Gémeau adoré. Il caressa un instant tendrement les boucles bleues répandues sur le lit avant de se lever sans un bruit.
Une fois n'était pas coutume, c'est lui ce matin qui servirait le petit déjeuner au lit à son amant. Car il devait bien se l'avouer, traîner au lit le matin était un de ses exercices préférés.
Il enfila rapidement un peignoir de soie turquoise, assorti à ses yeux avant de se diriger vers la cuisine où il commença à s'activer en faisant le moins de bruit possible. Saga avait enfin retrouvé une partie de lui-même, Aphrodite s'en était rendu compte la veille. Il devait ce petit miracle au jeune Shun qui avait enfin su éveiller le cadet des Gémeau à l'espoir et l'amour, permettant aux jumeaux de se retrouver enfin totalement. Il ne manquait plus qu'une chose pour que son bonheur soit enfin parfait, mais aurait-il la force d'y faire face ?
Il savait que Saga le voulait mais se sentait incapable de lui répondre positivement. Pourtant il devait le faire ou ce fantôme serait toujours entre eux, les empêchant d'accéder totalement au bonheur. Mais une sourde angoisse l'avertissait que ce ne serait pas sans dommage.
Saga sortit lentement des brumes du sommeil, machinalement sa main chercha le corps chaud de son amant. Ses yeux s'ouvrirent brutalement en ne le trouvant pas :
- Aphrodite ? cria-t-il paniqué.
- J'arrive ! lui répondit la voix du Poisson.
Rassuré, Saga calma les battements désordonnés de son cœur qui s'était emballé en découvrant l'absence de son amant dans le lit.
Le Gémeau laissa errer ses pensées. Sa vive réaction lui prouvait une fois de plus à quel point le chevalier du Poisson était indispensable à sa vie et pourtant un an auparavant il le repoussait encore avec acharnement…
Flash back, un an avant, temple du Cancer…
Saga redescendait tranquillement vers son temple quand il avait vu le Poisson sortir des appartements du Cancer. Instinctivement, il s'était effacé et caché derrière une des colonnes, surprenant ainsi la conversation des deux chevaliers :
- Ça va aller, Aphro ?
- Oui Angelo, merci de t'en inquiéter.
- Tu devrais renoncer, Saga a déjà failli te détruire. J'ai pas envie que ça recommence !
Derrière sa colonne, le Gémeau devint subitement blême :
- Ce n'était pas Saga et tu le sais ! cria Aphrodite.
- Peu importe, je sais dans quel état je te récupérais après tes petites séances au palais ! Tu tenais à peine debout !
Malgré lui, l'ancien Grand Pope sentit la honte l'envahir. Angelo avait raison. Combien de fois son double maléfique avait-il brisé le Poisson en le possédant, le soumettant à ses moindres caprices aux travers de jeux pervers tous plus cruels les uns que les autres :
- C'est justement Saga qui empêchait Arlès de me tuer ! criait encore le Poisson au plus grand étonnement du Gémeau.
- C'est déjà ce que tu disais à l'époque, pourtant…
- C'était vrai ! A chaque fois qu'Arlès allait trop loin, il apparaissait pour l'en empêcher, expliqua de nouveau le Poisson à son ami. Oh c'était fugace et très rapide, mais dans ces moments, c'était les yeux de Saga qui me fixaient et il souffrait bien plus que moi !
- Je crois que je n'arriverai jamais à te comprendre, mais si tu le dis…
- Crois-moi, si je n'avais pas accepté, il s'en serait pris à d'autres… Bon, je te laisse, merci encore Angelo.
- De rien, à ton service !
Le Poisson partit et le Gémeau put voir sa silhouette gracieuse passer à quelques mètres de lui. Il se laissa tomber à genoux sur le sol du temple complètement anéanti par ces révélations, son esprit en proie à la plus grande des confusions… Depuis leur résurrection à tous, il repoussait toutes les tentatives de séduction d'Aphrodite, estimant l'avoir déjà suffisamment fait souffrir :
- Surprenant, n'est-ce pas ? dit une voix l'arrachant au cours de ses pensées.
- Angelo ? s'étonna-t-il en relevant la tête.
Le Cancer l'aida à se redresser et l'entraîna chez lui. Il se laissa faire, trop perdu pour protester. Il lui servit un petit verre de grappa que le Gémeau descendit d'un seul coup :
- Tu savais que j'étais là ? demanda enfin Saga.
- Oui, je t'ai senti avant que tu n'effaces ton cosmos, répondit le Cancer.
- Et Aphro ?
- Non, il était bien trop perturbé pour sentir quoi que ce soit.
- Pourquoi ?
- Pour que tu comprennes enfin à quel point il souffre de se voir repoussé sans arrêt, il est temps que tu ouvres les yeux !
- Mais il a déjà tellement enduré à cause de moi !
- Non, à cause d'Arlès, ne l'as-tu pas entendu tout à l'heure ?
- Si, mais je n'ai jamais rien pu faire, si tu savais…
- Je sais ! Tu oublies que c'est moi qui le récupérais et le soignais après !
C'est vrai, pensa le Gémeau, le pire assassin du Sanctuaire prenait toujours le temps de venir en aide à son ami.
- Aphro t'aimait bien avant que tu deviennes Arlès, et il est persuadé que tu le sauvais à chaque fois du pire. Toi, Saga.
- Et il a raison. Tout comme j'arrivais à empêcher Arlès de tuer Kanon, j'arrivais à éviter le pire pour Aphro, mais juste le pire… J'ignorais qu'il l'avait deviné.
Il y eut un silence entre les deux hommes :
- Tu l'aimes aussi, n'est-ce pas ? demanda plus doucement le Cancer.
- Quelle importance ? Je ne veux plus le faire souffrir…
- Alors laisse-vous une chance ou tes rejets répétés finiront par l'anéantir totalement.
Fin du flash-back
- Bonjour mon amour ! fit la voix d'Aphrodite l'arrachant à ses souvenirs, il se tenait sur le seuil de la chambre avec le plateau du petit-déjeuner
- Bonjour mon cœur, répondit Saga en admirant l'élégance avec laquelle il se déplaça vers le lit, déposant son plateau sur ses genoux avant de se glisser près de lui et de le lui reprendre, tout en lui déposant un baiser sur les lèvres au passage :
- Je te sers ? lui demanda-t-il.
- Oui, merci. Ça ne t'arrive pas souvent de te réveiller avant moi
- Je t'avais dis qu'un jour je t'aurai…
- Tu peux me faire cette surprise plus souvent.
- Eh, n'exagère pas quand même !
Ils déjeunèrent en parlant de tout et de rien puis Aphro posa le plateau par terre et se lova contre son amant :
- A quoi tu pensais tout à l'heure ?
- A toi.
- A moi ?
- Oui, à tout ce que je t'ai fait subir et à la façon dont Angelo m'a ouvert les yeux…
Le beau visage du Poisson se ferma brusquement et il se dégagea rapidement :
- Je vais prendre ma douche, dit-il en quittant la chambre.
Saga soupira… A chaque fois, c'était la même chose. Pourtant il faudrait bien qu'ils arrivent à vaincre leurs passés communs et à en chasser tous les fantômes.
A suivre…
