Que de commentaires, le même grand plaisir à vous lire… Je suis ravie que cette fic vous plaise, j'ai eu grand soin et plaisir à l'écrire pour vous. Merci Eladora pour ton travail.
Merci à Guest à qui je ne peut répondre personnellement et à Sunpatronus pour son impatience.
Après un retard de quelques jours pour cause de vacances, voici le chapitre neuf, tout chaud !
Bonne lecture, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez et plein de bisous.
Chapitre 9 : L'aveu
Le lendemain matin, Hermione retrouva ses compagnons d'études dans la salle de métamorphose. A la fin des deux heures, la jeune fille prit tout son temps pour ranger ses affaires et, quand tout le monde fut sorti, s'approcha du bureau de McGonagall. Celle-ci, surprise, la regarda par-dessus ses lunettes.
—Oui, Miss Granger ?
—Professeur, dit-elle tout bas, puis-je vous parler d'Harry ?
Aussitôt sur ses gardes, la vieille Ecossaise regarda de tous côtés et murmura :
—Pas ici, Miss Granger, venez dans mes appartements. Vous n'avez pas cours ?
—Non Madame, je suis libre jusqu'à midi.
Arrivées dans les quartiers de Minerva, les deux femmes s'assirent dans des fauteuils tandis que la professeure faisait apparaître une théière et deux tasses. Alors qu'elle faisait le service, elle s'enquit :
—Avez-vous des nouvelles de vos amis ?
—Oui, ils vont bien. Ils ont trouvé puis détruit le médaillon de Serpentard.
—Magnifique. Comment cela s'est-il passé ?
—Ils ont apparemment attaqué Dolores Ombrage au ministère puis le lui ont dérobé alors qu'elle le portait autour du cou. Ils ont anéanti l'horcruxe à l'aide de l'épée de Godric Gryffondor qu'ils ont trouvé grâce à un patronus.
La vieille femme eut un petit sourire, mais ne dit rien. Alors, Hermione se lança.
—C'était une biche. Le patronus du professeur Snape, n'est-ce pas ?
—Je n'en suis pas sûre mais il me semble qu'il a cette forme, en effet. Elle resta songeuse quelques instants puis questionna son élève :
—Que pensez-vous et que savez-vous du directeur, Hermione ?
L'emploi de son prénom par son ainée fit mesurer à la jeune fille l'importance de se confier à elle.
—Professeur McGonagall, je pense que le professeur Dumbledore avait raison. Severus Snape est de notre côté, tout en restant espion chez V…le Seigneur des Ténèbres. Il m'a convoquée dans son bureau hier soir pour me faire comprendre qu'un tabou était posé sur le nom de Vous-Savez-Qui. Il ne faut surtout pas prononcer son nom, vous devez le faire savoir à tous, Madame.
—Ce sera fait dès ce midi, Hermione, Severus m'en a fait part également hier.
—Il m'a aussi fait parvenir les livres des maisons Poufsouffle et Serdaigle afin d'y trouver des informations sur d'éventuels objets pouvant contenir un horcruxe.
—En avez-vous trouvé ? Demanda Minerva.
—J'ai trouvé l'image d'une coupe décorée d'un blaireau et Luna Lovegood m'a parlé d'un diadème perdu qui aurait appartenu à Rowena Serdaigle.
—Vous semblez sur la bonne voie. Hermione, ce que fait le directeur ne doit pas se savoir. Je vous demande de garder le secret, même envers Harry et Ronald. Il risque sa vie, vous le comprenez ?
—Oui, j'en suis consciente Madame. Je ne dirai rien.
—Il ira jusqu'au bout de son engagement envers Albus et l'Ordre du Phénix. Il est prêt à mourir pour la chute de… Vous-Savez-Qui.
—Cela ne sera pas nécessaire, certainement.
—Détrompez-vous, il sait qu'il ne survivra pas. Et je le soupçonne de l'espérer, d'ailleurs. Son « maître » peut à tout moment réaliser qu'il le trahit et le punir. Je sais ce dont Tom Jedusor est capable. Combien de fois ais-je vu revenir Severus dans un sale état, en sang et au bord de l'inconscience. Non, il n'y a pas d'espoir pour lui.
A ces mots, la jeune Gryffondor sentit les larmes lui monter aux yeux. Il était triste qu'un homme soit condamné par la folie d'un autre. Même si les morts se comptaient par dizaines en ces temps de guerre, Hermione ne voulait en sauver qu'un. Son professeur, pourtant honni, mais qui faisait tant pour eux. Elle se souvenait de plusieurs fois où il les avait protégés. Quand il avait empêché Quirell de faire tomber Harry de son balai, quand il avait affronté Touffu pour défendre l'école et la pierre de résurrection, quand il leur avait fait un rempart de son corps devant Remus Lupin, transformé en loup-garou… Et toute les fois qu'elle ignorait.
La vie était injuste envers les bons. Oh, on ne pouvait pas qualifier Severus Snape de bon, mais il était un homme de parole et fiable. Pourquoi, alors qu'elle venait de connaître ses premiers émois de femme dans les bras d'un homme, celui-ci devait lui-il être enlevé ? Cette pensée était insoutenable pour elle. Elle voulait qu'ils survivent tous deux à cette guerre et peut-être poursuivre ce qu'ils avaient commencé dans le placard…
Ah, mais quelle idiote ! Qu'en avait-il à faire d'elle, la Miss Je-Sais-Tout de sa classe, une élève comme une autre, qu'il ridiculisait chaque fois que possible. Elle l'insupportait, il le lui avait clairement fait savoir tout au long de ces années. Hermione n'était pourtant pas comme ses camarades étudiantes, à fantasmer sur tout ce qui portait un pantalon. Mais là, elle sentait au fond d'elle et de son cœur qu'il en allait autrement. Un sentiment intense était en train de se développer. Elle repensa à sa mère quand elle lui avait dit qu'elle avait su que celui qui allait devenir son mari était l'homme de sa vie, dès la première fois qu'il l'avait prise dans ses bras. Hermione n'était pas loin de penser la même chose de Severus Snape.
Minerva sirotait son thé en voyant défiler les émotions sur le visage de son élève préférée. Elle regrettait de ne pas être legilimens en cet instant, tellement les yeux de la jeune fille étaient expressifs, au fur et à mesure de ses pensées. Elle supputait néanmoins que le directeur était au cœur de sa méditation. Elle avança :
—Vous vous inquiétez pour Severus, n'est-ce-pas ?
Le jeune fille sursauta, un peu perdue, ayant oublié où elle se trouvait. Elle fixa la vieille femme qui la contemplait avec bienveillance.
—Comment ferions-nous sans lui ? Chuchota-t-elle. Il a toujours été là pour nous. Comment concevoir l'avenir sans lui ?
—Hermione, j'ai la nette impression que vous parlez pour vous. Je me dois d'éclaircir les choses. Le professeur Snape est l'autorité de cette école. Jamais il ne dévoilera ses sentiments pour qui que ce soit. Il est solitaire et âpre. Il n'est pas un homme dont on s'entiche et que l'on séduit. Il ne le permettrait pas. Il n'est pas un homme pour vous ! Lui asséna-t-elle.
—A cause de notre différence d'âge, c'est cela ? Rugit Hermione.
—Bien sûr que non. Vous êtes d'une maturité exceptionnelle pour quelqu'un de votre âge et je suis persuadée qu'il le reconnait, se radoucit la directrice adjointe. Le problème, Hermione, c'est que Severus est voué à mourir et ne laissera personne l'atteindre, pour ne pas qu'elle souffre de sa disparition.
—Mais ce n'est pas inéluctable ! Rien ne dit qu'il périra dans ce combat. Il est assez intelligent et rusé pour ne pas se faire avoir. Vous le savez bien.
Minerva soupira.
—Je voudrais avoir votre confiance, mon petit, mais ne vous bercez pas d'illusions. Ne vous laissez pas envahir par un béguin qui ne pourra se développer. Cela vous fera plus de mal que de bien.
Hermione se leva pour clore cette discussion et oublier le conseil qu'elle ne voulait pas entendre.
—Il ne s'agit pas d'un simple béguin, Madame. De toute façon, il est déjà trop tard pour ignorer cet élan qui me pousse vers lui. Je ferai tout ce qui est en mon modeste pouvoir pour le garder en vie. Après avoir tant sacrifié pour nous, ce n'est que le juste retour des choses.
—J'admire l'assurance que confère la jeunesse. J'espère que vous ne vous effondrerez pas sous la désillusion de le voir rester loin de vous. Même si l'attirance pouvait être réciproque, il ne s'y laissera jamais aller. Et si Merlin fasse qu'il vive, j'ai bien peur qu'il disparaisse et se laisse oublier.
—Certains ne pourront jamais l'oublier. Bonne journée professeur Mac Gonagall.
—Bonne journée à vous Hermione. Je souhaite que l'avenir vous apporte ce que vous espérez.
Hermione eut un pauvre petit sourire et sortit pour rejoindre ses quartiers. Elle marchait lentement dans le couloir quand un sifflement se fit entendre derrière elle. A peine s'était-elle retournée qu'une voix profonde tonna :
—Peeves !
Le fantôme farceur ne demanda pas son reste et s'enfuit en caquetant, le seau empli d'eau qu'il portait se déversant en éclaboussant les murs.
—Il semblerait que je passe ma vie à vous sauver, Granger ! Railla le directeur avec un rictus amusé.
—Je ne risquais pas grand-chose cette fois-ci, Monsieur. Fit-elle dans un sourire.
—Que faites-vous là ? Vous n'avez donc pas cours ?
—Non professeur, pas avant cet après-midi.
—Bien, dans ce cas suivez-moi.
Etonnée, Hermione le suivit, admirant sans qu'il s'en doute sa démarche sûre et élégante. Ils arrivèrent devant la gargouille à laquelle Severus murmura le mot de passe et ils se retrouvèrent dans le bureau. Ils s'assirent et la jeune fille songea que leurs relations étaient beaucoup plus sereines qu'auparavant. Il prit la parole :
—Je voulais vous avertir qu'une alarme a été enclenchée à Pré-au-Lard. Dès que Potter y posera un pied, le Seigneur des Ténèbres sera prévenu et les mangemorts débarqueront.
—Par Merlin ! Harry arrivera certainement par là quand il reviendra.
—Savez-vous quand il a prévu de rentrer ?
—Je l'ignore, Monsieur. Il est à la recherche de la coupe de Poufsouffle.
—Coupe qu'il a trouvée !
Il lui tendit l'exemplaire de la Gazette du sorcier du jour. Hermione lit l'article, bouche bée.
« Hold-up osé ! Harry Potter et son complice, Ronald Weasley se sont introduit hier en fin de journée dans la banque Gringotts. Ils auraient lancé un imperium au directeur de l'établissement et se seraient fait ouvrir le coffre d'une cliente. Madame Bellatrix Lestrange, puisqu'il s'agit d'elle, menacerait de se plaindre au Seigneur des Tenèbres en personne si rien n'est fait pour sécuriser l'endroit et arrêter les deux malfrats. Après estimation, il apparaîtrait que seule une petite coupe en or aurait disparu »
Hermione regarda le directeur. Celui-ci la fixait, attendant sa réaction.
—Ils ne disent pas s'ils s'en sont sorti…
—Ne leur avez-vous pas parlé depuis hier ?
—Non, je…j'ai essayé de les joindre mais je n'ai pas réussi, murmura-t-elle.
Il confirma :
—Ils ont prit la coupe et ont disparu. Personne ne sait où ils sont.
Il la laissa mariner. Voyant une lueur hagarde et triste dans ses yeux, ce cœur qu'il ignorait posséder le poussa à lui dire ce qu'il savait :
—Ils vont bien, à part quelques brûlures superficielles qui leur ont été infligées par un sort de magie noire à l'intérieur du coffre.
Hermione le regarda avec reconnaissance. Elle n'avait pas de nouvelles de ses deux amis depuis plusieurs jours et une inquiétude diffuse se répandait en elle.
—Vous les suivez, n'est-ce-pas ?
Il s'agissait plus d'une affirmation que d'une interrogation. Il garda le silence, se contentant de darder son regard envoutant sur elle. Quant à elle, elle n'arrivait pas à détacher les yeux des prunelles sombres du Maître des Potions.
Celui-ci la contemplait, admirant en secret son visage si expressif. La jeune fille avait bien changé depuis ses onze ans et pas seulement ses dents. Les joues rondes de l'enfance avaient laissé la place à de hautes pommettes. Son petit nez un peu retroussé lui conférait un charme piquant et ses cheveux avaient fini par se laisser dompter. Ils ondulaient maintenant en boucles souples sur ses épaules. Ses yeux noisette reflétaient une intelligence et une maturité qu'il n'avait jamais rencontrée chez des élèves. Il se prenait à penser qu'elle ferait une compagne intéressante et agréable à regarder.
Quant à son corps, il en avait gardé un souvenir si vivace que le sien réagit au souvenir de ses formes pressées contre lui. Il se fustigea mentalement et se ressaisit. Au grand jamais il n'avait eu de pensées aussi inappropriées envers une élève. Que lui arrivait-il ? Serait-ce la fin approchante du conflit et de la sienne propre ? Ou tout simplement son corps et son esprit avaient-ils reconnu en Hermione Granger le femme qu'il lui fallait ? Comme les hommes de tous temps avaient choisi leur compagne pour perpétuer l'espèce humaine ?
Tout à ses pensées, Severus se rendit soudain compte que la jeune fille le dévisageait, semblant lire en lui comme dans un livre ouvert. Il se redressa vivement et eut le réflexe de fermer son esprit, comme s'il se trouvait devant le Lord. Merlin sait qu'il avait plus de raisons de craindre Miss Granger ! N'avait-elle pas réussi à lui faire perdre son légendaire sang-froid rien qu'en étant contre lui ?
Par curiosité et pour contrer une éventuelle lecture de ses pensées par celle qui lui faisait face, il s'introduisit doucement dans son esprit. Dés les premières images, il se dit qu'il devait arrêter mais la curiosité fut la plus forte.
Hermione avait senti l'intrusion et elle décida de lui montrer ce qu'il lui inspirait. Elle lui envoya l'image d'eux deux dans le placard et lui fit ressentir ses émotions et ses désirs. Severus reçut de plein fouet son témoignage de bien-être et fut stupéfait quand il saisit ce qu'elle pensait de lui.
Il la vit admirer sa démarche, frémir en entendant sa voix de velours, se noyer sous ses yeux noirs, vibrer de passion contre son corps ferme et déclarer son amour pour lui face à Minerva. La confiance qu'elle lui témoignait et les sentiments qu'il lui inspirait privèrent quelques instants Severus de toute pensée logique. Son cerveau eut du mal à ingérer ces informations et quand Hermione exposa sa volonté de l'aimer charnellement, c'en fut trop pour lui.
Brutalement, il coupa la connexion et se leva rapidement. Il la saisi par les bras pour la faire se lever, la maintint contre lui de longues secondes, ses iris noirs plongés dans les siens et, alors qu'Hermione songeait qu'il allait l'embrasser, la repoussa brusquement.
—Sortez !
La jeune fille éperdue ancra son regard dans le sien et, lentement un léger sourire s'épanouit sur ses lèvres. Elle ne lui était pas indifférente ! La joie dansa dans son cœur et elle quitta le bureau, sachant que ce n'était qu'un début, qu'une histoire était bel et bien en train de naître entre eux.
