Une autre route à prendre
Disclaimer : Cette fanfiction appartient à DragonGirl16, et je ne fais que la traduire avec sa permission. Bien évidemment, rien ne m'appartient, et l'auteure DragonGirl16 ne se fait pas d'argent avec cette fanfiction. L'univers de Harry Potter appartient à J.K. Rowling.
Un grand merci à mes bêta-lectrices, Coralie et Mana Miya, qui prennent à chaque fois sur leur temps personnel ou professionnel pour m'aider dans cette traduction. I love you girls ! X3
Je tiens également à remercier chaleureusement tous les lecteurs de cette fic, ainsi que ceux qui laissent des commentaires, que ce soit des reviewers fidèles (RingoLily, Didine Halliwell, Mini-Yuya, Gb88) ou nouveaux-venus (Egwene Al' Vere, Matsuyama, Lassa-Liam, tetile62) !
J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira ! Bonne lecture ! :)
Chapitre 8
La journée du mercredi commença par deux heures de Sortilèges, suivies du déjeuner. Étudier avec Hermione commençait à porter ses fruits, et ce pour plusieurs raisons. Harry n'avait jamais réalisé tout ce qu'il avait raté durant ses premiers cours à Poudlard la première fois qu'il y avait assisté – il avait tout le temps été en train d'échanger des mots griffonnés sur des bouts de parchemin avec Ron, et n'avait pas prêté beaucoup d'attention aux démonstrations pratiques que faisait Flitwick. Harry réalisa que s'il avait pris la peine d'être attentif, il aurait rencontré moins de problèmes de positionnement de baguette par la suite, en cours.
« Non, comme ça, expliqua Hermione tout en plaçant le poignet de Neville dans la bonne position.
– Mais je pensais que c'était comme ça qu'il fallait le tenir.
– Non, tu vois ? Ta main doit faire un angle de quarante-cinq degrés. Ensuite, tu tournes.
– C'est quoi, un angle de quarante-cinq degrés ? »
Hermione émit un petit soupir de frustration.
Harry leur cacha son sourire et continua de travailler le sortilège. Une autre raison pour laquelle étudier avec Hermione et Neville était pratique était sa magie. Elle était si… brute, encore. Travailler encore et encore les cours et les devoirs rendait chaque sortilège et incantation plus facile, sa magie devenant un peu plus lisse à chaque fois.
Ce n'est pas étonnant que la magie enfantine agisse si sauvagement, réfléchit-il en regardant les autres essayer de faire bouger leurs plumes sur les pupitres. Elle n'est pas structurée du tout. Aller à l'école et apprendre tout ça aide vraiment sur le long terme.
Ils eurent à nouveau cours de Botanique après le déjeuner. Harry était assez à l'aise avec les plantes pour que le professeur Chourave le laisse tranquille. Hermione se trouvait juste à côté de lui. Neville était dans son élément et aidait Seamus à différencier les plantes des mauvaises herbes. Ron et Dean se trouvaient quelques lits de fleurs plus loin, et des filles de Gryffondor faisaient obstacle aux regards noirs que lançait de temps à autre Ron à Harry.
J'aimerais qu'il apprenne à laisser passer certaines choses, pensa Harry en réprimant un soupir. Il savait que Ron surmonterait sa colère. Il avait toujours réussi à le faire, avant. Mais ce n'est pas comme avant. Harry dut s'arrêter un instant car un pic de douleur foudroya son crâne. Hermione lui lança un regard inquiet, mais il l'ignora.
Le cours d'Astronomie à minuit était encore plus amusant que la première fois. Le professeur Sinistra avait lancé un sort depuis le haut de la tour pour les garder au chaud et à l'abri du vent, afin que leurs télescopes ne vacillent pas. Mais cette leçon tardive rendait tout de même difficile le réveil le lendemain pour assister au cours de McGonagall.
Drago ne parlait toujours pas à Harry en cours d'Histoire de la Magie. Harry était un peu inquiet de voir la tension qui existait entre Drago et sa paire d'acolytes, malgré le fait qu'il n'éprouvait aucune affection pour Crabbe ou Goyle. Harry n'avait pas pleuré la mort de Crabbe dans la Salle des Objets Cachés, ni lorsque Goyle avait été arrêté plus tard pour le meurtre de son épouse, et condamné à perpétuité à Azkaban.
Peut-être que c'est une bonne chose, pensa Harry en regardant Drago sortir seul de la salle, sans Crabbe ou Goyle en train de lui courir après.
Harry se réveilla le vendredi matin avec un nœud dans l'estomac. Deux heures de Potions avec Rogue, pensa-t-il. Il passa du temps supplémentaire ce matin-là à mettre en place ses meilleures défenses mentales. Avec Rogue, il allait devoir rester prudemment à la frontière entre sembler avoir un talent naturel et l'ignorance. Lorsque ce fumier allait se rendre compte que Harry avait reçu un quelconque entraînement, Rogue prendrait le mors aux dents et déchiquèterait les barrières de Harry comme on dissèque un ingrédient de potion.
Harry garda avec lui son vieux manuel de Potions jusqu'à la fin du petit-déjeuner.
« Bon, allez, était en train de dire Hermione à Neville. Nomme cinq des ingrédients cités dans le premier chapitre.
– Euh, fit le garçon en clignant des yeux, le regard fixé sur son plat. Euh… il y a… c'est… il y a…euh… »
– Ne panique pas, mec », dit Harry en mâchouillant un toast.
Il leva les yeux lorsque le courrier arriva. Hedwige venait le voir tous les jours. Harry savait qu'il gâtait la chouette à force de lui donner des morceaux de toast ou de bacon, mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Ce matin-là, cependant, elle virevolta pour descendre entre le pot de confiture et celui de sucre et laisser tomber une enveloppe sur le plat de Harry.
Une lettre ? Harry fronça les sourcils en voyant l'écriture irrégulière. Qui pourrait – Hagrid !
Harry, commença la lettre.
Je suis Rubeus Hagrid, le Gardien des Clés de Poudlard. J'aurai dû aller te chercher pour t'emmener à l'école, mais on dirait que ta tante s'en est chargée sans problème. J'étais ami avec tes parents – je me demandais si tu voudrais bien boire une tasse de thé avec moi vers trois heures de l'après-midi ?
Harry était en train de cligner des yeux en lisant le message quand Hermione lui mit une plume dans la main et l'encouragea d'un coup de coude. Harry griffonna son assentiment et redonna la lettre à Hedwige – quand il leur jeta un coup d'œil, Harry vit qu'Hermione souriait jusqu'aux oreilles, mais que Neville ne levait pas les yeux de son assiette.
« Vous allez venir avec moi, n'est-ce pas ? » demanda Harry d'un coup.
Hermione avait l'air choquée, comme si c'était évident. Ce fut la réaction timide de Neville qui bouleversa Harry.
« Si – si tu veux qu'on vienne, murmura-t-il en leur jetant un coup d'œil avant de détourner le regard.
– Oui ! » s'exclama Harry avec véhémence.
Neville baissa la tête, mais Harry crut détecter un sourire sur ses lèvres. Peut-être qu'Hagrid pourra dire des trucs à Neville sur ses parents à lui aussi, pensa Harry en se mordant avec force la lèvre.
Puis vint l'heure d'aller en Potions. La salle de classe si familière du cachot était aussi froide et effrayante que dans ses souvenirs, remplie d'ingrédients flottant dans des bocaux en verre, avec ses murs de pierre sombre qui avaient toujours l'air humide au toucher.
Rogue, tout comme Flitwick, commença le cours en faisant l'appel et, tout comme Flitwick, s'arrêta au nom de Harry.
« Ah, oui, dit Rogue d'une voix douce. Harry Potter. Notre nouvelle célébrité. »
Ron et Seamus, qui se trouvaient quelques rangées derrière lui, se mirent à ricaner. Harry baissa la tête, en gardant ses yeux fixés sur son pupitre. Rogue n'est qu'un fumier, pensa-t-il en essayant de contrôler sa respiration. Mais il a certaines qualités qui rachètent ses torts. Rappelle-toi des trucs sympas. Tu auras l'occasion de jeter un sort à un Épouvantard-Rogue plus tard.
« Vous êtes ici pour apprendre la science subtile et l'art rigoureux de la préparation des potions, commença Rogue lorsqu'il eut fini de faire l'appel. Ici, on ne s'amuse pas à agiter des baguettes magiques, beaucoup d'entre vous estimeront donc que ce n'est pas de la magie. Je ne m'attends pas à ce que vous compreniez grand-chose à la beauté d'un chaudron qui bouillonne doucement en laissant échapper des volutes scintillantes, ni à la délicatesse d'un liquide qui s'insinue dans les veines d'un homme pour ensorceler peu à peu son esprit et lui emprisonner les sens… Je pourrais vous apprendre à mettre la gloire en bouteille, à distiller la grandeur, et même à enfermer la mort dans un flacon – si vous étiez autre chose qu'une de ces bandes de cornichons à qui je dispense habituellement mes cours. »
Harry fut obligé de se mordre la lèvre pour s'empêcher de rire. Il avait oublié le discours de Rogue. Il continua à se mordiller la lèvre avec insistance. Rogue… aimait vraiment les potions. Il inspira un grand coup. Il aimait – aime les potions, corrigea-t-il. Peut-être que cette fois-ci je peux aider Rogue, aussi. Pour Maman.
« Potter ! »
Harry sursauta en relevant la tête.
« Monsieur ? »
Rogue était devant le pupitre de Harry. Harry ne l'avait pas vu arriver.
« Qu'est-ce que j'obtiens quand j'ajoute de la racine d'asphodèle en poudre à une infusion d'armoise ? »
Harry fit l'erreur de regarder l'homme dans les yeux. Le regard sombre étincelant contenait un mélange de colère et de culpabilité. Harry détourna le regard.
« C'est… », commença Harry avant de se mordre la lèvre. Oh, bordel. Pas encore ça. Il y avait un exemple cité dans le premier chapitre, non ?
« Et bien ? aboya Rogue.
« Le Philtre de Mort Vivante ! » s'exclama Harry. C'était dans les notes de bas de page, se souvint-il.
Rogue plissa des yeux. « Eh bien, et bien, on dirait que vous savez lire. »
Crabbe et Goyle ricanèrent.
« Où iriez-vous si je vous demandais de me rapporter un bézoard ? »
Les notes de bas de page.
« Le, euh, dit Harry. Dans l'estomac d'une chèvre. »
Il n'avait pas eu l'intention de reculer dans sa chaise, mais Rogue était un homme grand et Harry n'avait jamais été à l'aise avec les gens qui le surplombaient.
« Quelle est la différence, Potter, entre le napel et le tue-loup ? »
Harry ouvrit la bouche, mais son esprit était vide.
« Euh… » Il se recroquevilla en voyant Rogue se pencher en avant. Par Merlin, cet homme savait froncer des sourcils comme il faut. « Ils sont, euh, de la même famille ? » Bon sang, il venait juste de lire un texte qui en parlait, pourquoi n'arrivait-il pas à s'en rappeler ?
« Clairement, la gloire ne fait pas tout, railla Rogue. Ils sont la même plante, pour votre information. Deux bonnes réponses sur trois conviendraient dans la plupart des cours, Potter, mais pas ici. Les Potions sont une science exacte. Toutes les étapes doivent être correctes, pas seulement une ou deux. »
Rogue s'éloigna, mais ne déduisit pas de points. Harry lança un regard noir au dos de l'homme.
Rogue les répartit ensuite par paires pour travailler une potion facile pour guérir les furoncles. Harry avait Dean comme partenaire. Hermione et Neville se trouvaient au pupitre derrière eux. Harry hacha les trois quarts des ingrédients tandis que Dean pesait sur sa balance les orties séchées. En fait, c'est comme faire la cuisine, se dit Harry en écrasant les crocs de serpent. Il faut être précis dans le choix des ingrédients et les quantités ajoutées ou sinon le gâteau va être raté.
Cette pensée relaxa Harry. Il avait toujours aimé faire de la pâtisserie. Ginny l'avait trouvé si bizarre, à aimer faire toute la cuisine. Mais elle appréciait tout de même de ne pas avoir à s'en occuper. Harry avait toujours estimé que c'était un bon compromis, puisqu'elle s'était occupée des enfants, tout en continuant sa carrière de Quidditch et, plus tard, de journaliste. Ses emplois avaient toujours été plus intenses que les siens, même lorsqu'il était Auror. Harry avait voulu rendre les choses plus faciles pour elle, et ce le plus souvent possible.
Pour le peu de bien que j'en ai retiré. Harry chassa cette pensée de son esprit lorsqu'un petit cri aigu d'Hermione attira son attention. Des volutes de fumée verte et un sifflement sonore s'élevaient du bureau juste derrière elle. Le chaudron de Ron et Seamus avait fondu et leur potion se répandait sur le sol en creusant des trous dans les chaussures des élèves. En l'espace de quelques secondes, l'intégralité de la classe se tenait sur les tabourets tandis que Seamus, qui avait été aspergé de potion lorsque le chaudron s'était renversé en fondant, gémissait de douleur, des furoncles rouge vif apparaissant partout sur ses jambes et ses bras.
« Imbécile ! gronda Rogue en faisant disparaître les restes de potion d'un geste de la main. J'imagine que vous avez ajouté les épines de porc-épic avant de retirer le chaudron du feu ? »
Seamus gémissait tandis que des furoncles poussaient sur son nez.
« Emmenez-le à l'infirmerie, cracha Rogue à Ron. Vos frères étaient au moins passables dans mon cours. Il est très clair que vous n'avez pas une once de logique ni de talent. Partez ! »
Harry ouvrit la bouche pour défendre Ron, mais Dean lui donna un coup de coude dans les côtes et secoua la tête. Le visage de Ron était rouge comme une betterave tandis qu'il conduisait Seamus hors de la salle.
« Cela fera cinq points en moins à Gryffondor pour stupidité, grogna Rogue. Maintenant, finissez vos potions ! »
Et il partit dans un autre coin de la pièce. Harry se força à garder la tête baissée. Il irait voir plus tard comment allaient Seamus et Ron.
Ils partirent à la hâte du cours de Potions sans d'autres points gagnés ou perdus. Harry grimaça tout en montant les escaliers. Rogue s'était moqué de la potion de Harry et Dean, alors même que Harry aurait pu jurer qu'ils l'avaient préparée correctement. Leur potion avait la même couleur que celle de Drago et, Harry devait bien l'admettre, Drago avait un certain talent en la matière, même plus tard dans la vie. Il se demandait bien pourquoi il n'avait jamais voulu enseigner…
« Bon, ça aurait pu être pire, murmura Neville tandis qu'ils se rendaient à la Grande Salle pour déjeuner. Au moins, on a survécu. »
Harry admit en riant qu'il avait raison.
À trois heures moins cinq, Harry rejoignit Neville et Hermione pour se diriger vers la petite cabane en bois d'Hagrid, qui se trouvait aux abords de la Forêt Interdite.
Une arbalète et une paire de bottes se trouvaient sur la marche.
Quand Harry toqua à la porte, ils entendirent un bruit de grattement frénétique et plusieurs aboiements assourdissants. Puis la voix d'Hagrid retentit : « Couché, Crockdur, couché ! »
Le gros visage poilu d'Hagrid parut dans l'entrebâillement de la porte, qu'il venait d'ouvrir.
« Un instant, dit-il. Couché, Crockdur. »
Il les laissa entrer, retenant avec difficulté l'énorme chien noir par son collier.
Il n'y avait qu'une seule pièce à l'intérieur. Des jambons et des faisans pendaient du plafond, une bouilloire en cuivre bouillait sur le feu et dans un coin se trouvait un lit gigantesque recouvert d'une couverture en patchwork. Harry inspira profondément et ferma les yeux pendant quelques secondes. Oui, pensa-t-il en relâchant son souffle. La cabane d'Hagrid. Il se tourna pour faire face à l'homme. Sa barbe touffue était toujours bien sombre, et ses yeux étaient aussi joyeux que dans les souvenirs de Harry.
Je ne te ferai pas ramener mon corps, cette fois-ci, promit-il intérieurement à l'homme. Je vais trouver un autre moyen de tuer Voldemort. C'est une promesse.
« Eh bien, euh, fit Hagrid en leur souriant et en se grattant l'arrière de la tête. Bonjour Harry. Faites comme chez vous. »
Et il relâcha Crockdur, qui bondit directement sur Hermione et Neville pour les couvrir de bave et de coups de langue.
« Voici Hermione et Neville », dit Harry tout en faisant un signe de la tête à ses amis qui s'asseyaient. Hagrid leur versa du thé.
« Euh, enchanté d'vous rencontrer, dit Hagrid avant de plisser les yeux en fixant Neville. Mais, tu n'serais pas le fils de Frank et Alice par hasard ? »
Neville écarquilla les yeux.
« Vous connaissiez mes parents ? demanda-t-il avant de se mordre la lèvre et de jeter un coup d'œil à Harry. Je veux dire, vous les connaissiez aussi ?
– Vos parents respectifs étaient amis, dit Hagrid. Personne n'vous l'a dit ? »
Harry et Neville firent non la tête. Je n'en savais rien du tout, pensa Harry, le souffle court.
« Et bien, c'est dommage », dit Hagrid en s'asseyant après leur avoir distribué les tasses de thé. Harry donna un coup de pied dans la cheville de Neville lorsque celui-ci fit mine de prendre un gâteau, et secoua la tête. Harry se rappelait très bien de ces gâteaux. Ses dents aussi.
« Vous avez donc connu nos parents ? demanda Harry.
– Oui, oui, j'les ai connus, répondit Hagrid. La dernière fois que j't'ai vu, tu n'étais qu'un bébé. Tu ressembles beaucoup à ton papa, mais t'as les yeux de ta maman. »
Harry dut détourner le regard.
« James et Lily étaient préfets-en-chef à Poudlard. C'était une époque sombre, à c'moment-là, dit Hagrid avant de boire une gorgée de thé. Frank et Alice étaient des Aurors, parmi les plus appréciés. C'est une honte c'que leur ont fait ces cinglés, euh, Hagrid toussa, pardon. »
Harry surprit Hermione en train de regarder fixement Neville, mais le garçon blond refusait de lever les yeux de sa tasse de thé.
« Tu ressembles beaucoup à ta maman, Neville, essaya de rattraper Hagrid.
– Je sais, murmura Neville.
– Est-ce que vous êtes allé à l'école avec nos parents ? coupa Harry lorsqu'il vit Neville essayer de refouler ses larmes.
– Non, non. J'travaillais déjà à Poudlard bien avant leur arrivée, répondit Hagrid en leur adressant un grand sourire. C'est Dumbledore lui-même qui m'a offert ce poste !
– Vous vivez ici, dans l'enceinte de l'école ? demanda Hermione.
– Oh, oui. Je chasse beaucoup pour les cuisines, vous savez. Et je m'occupe de – euh, rien d'important, fit Hagrid en baissant la tête.
– Comment étaient nos parents ? l'interrogea Harry. Est-ce que vous pouvez nous raconter des petites anecdotes sur eux ?
– Hum, je suis sûr qu'ta tante t'a déjà dit plein de choses, dit Hagrid en se grattant le menton.
– Non. Elle ne m'a rien dit du tout.
– Du tout ? s'exclama Hagrid, et son visage rougeaud s'assombrit. Ils ne t'ont rien dit du tout à propos d'ta maman ou d'ton père ou – ou d'c'qu'ils ont fait – ou…
– Tante Pétunia m'a dit qu'ils étaient alcooliques et qu'ils sont morts dans un accident de voiture » dit Harry en forçant sa voix à rester neutre. Il ignora les regards effarés que lui lançaient Hermione et Neville. « Ils m'ont dit que c'est comme ça que j'ai reçu cette cicatrice. » Il toucha son front. « Je n'ai rien su du tout avant de recevoir ma lettre.
– Ils ne t'ont rien dit ? Mais c'est – c'est – j'aurais dû aller t'chercher comme j'avais prévu, mais…, fit Hagrid en fronçant subitement ses gros sourcils bruns. Mais Dumbledore avait besoin qu'j'aille récupérer quelque chose et j'aurais pu faire les deux en même temps, tu sais – et…
– Récupérer quoi ? demanda Hermione.
– Rien du tout. J'ai rien récupéré du tout, dit précipitamment Hagrid.
– Mais vous avez dit à l'instant que vous aviez récupéré quelque chose », insista Hermione.
Harry cacha un sourire. C'était l'une des techniques préférées d'Hermione en tant qu'adulte pour détendre l'atmosphère : harceler les gens de questions jusqu'à ce que tout le monde soit à nouveau calme.
« Je… je…, pataugeait Hagrid.
– Est-ce que nos parents se sont connus à l'école ? interrompit Harry.
– Ah, non. Après. Vous savez, vos parents à tous les deux étaient des Aurors. Et d'bons Aurors, irréprochables. C'est pour ça que… », et Hagrid ne finit pas sa phrase, portant son regard sur chacun des garçons.
« Mes parents ont été torturés par les Lestrange, dit Neville dans le silence qui suivit. Je leur rends visite à Sainte-Mangouste, continua-t-il pour Hermione.
– Oh », fit-elle d'une voix douce.
Harry s'appuya contre l'épaule de Neville d'une façon réconfortante.
« Euh, encore un peu de thé ? » proposa Hagrid.
Hermione accepta, les yeux brillants. Harry la laissa s'occuper de leurs tasses et ramassa une coupure de presse qui se trouvait sur la table, en dessous du couvre-théière.
« Un cambriolage à Gringotts ! », clamait le titre.
Ah, oui, se dit Harry en parcourant l'article. La Pierre.
« Quelqu'un a essayé de voler Gringotts ? lut Neville par-dessus l'épaule de Harry.
– C'est arrivé le lendemain de mon anniversaire, dit Harry en pointant la date du doigt.
– Ton anniversaire c'est le 31 ?
– Oui.
– Le mien c'est le 30 ! s'exclama Neville, l'air enchanté. Nos anniversaires sont collés et tu es mon premier ami à Poudlard ! » Ses joues s'empourprèrent. « Euh…
– Vous êtes mes tout premiers amis. » Cette fois-ci. Il ne les regarda pas. « Peut-être que c'est le destin.
– Tes premiers amis ? » demanda Hermione.
Harry haussa les épaules. Il leva les yeux pour voir Hagrid en train de se moucher dans un immense mouchoir à pois et essuyer ses yeux. « Oh comme c'est beau, c'est beau, renifla-t-il.
– Vous êtes allé chercher quelque chose le 31 ? » demanda Harry en essayant d'avoir l'air nonchalant.
Hagrid s'agita nerveusement.
« Non, bien sûr que non. Vous revoulez du thé ?
– Je me demande ce qu'ils cherchaient, fit Neville en regardant l'article avec un froncement de sourcils.
– S'ils ont essayé de voler qu'une seule chambre forte, ça veut dire que ce n'était pas l'argent qui les intéressait. Peut-être un objet ? devina correctement Hermione.
– Non ! dit précipitamment Hagrid. Je veux dire, euh, c'n'est pas comme si j'savais quoi que ce soit. » Il se ratatina dans son siège. « Oh la la, je n'aurais rien dû dire du tout. »
Harry abandonna ce sujet pour le moment, tandis qu'Hagrid essayait de détourner leur attention en leur posant des questions sur les cours. Harry décida que cela suffirait pour l'instant. Hermione a déjà une vague idée de ce qui se passe. Je peux m'occuper du reste plus tard. Ils quittèrent sa cabane les poches lourdes de biscuits durs comme de la pierre, et avec une invitation à revenir quand ils le voudraient. Harry en avait bien l'intention.
