NdA : Vacances obligent, j'ai du temps..... et le temps, c'est un nombre incomparable de mots !


Il hésitait à rentrer. Arrêté devant la porte en fer, il ne savait réellement quoi faire. Pourquoi était-il venu, se demandait-il. Il n'avait aucune raison d'être là, et ce lieu n'était pas le sien. Du moins, ce n'était plus le sien. Une brise glacée le fit frissonner. Il fallait qu'il se décide. Il pensa d'un coup qu'il aurait mieux fait d'y penser quand il était encore au chaud. Sans comprendre pourquoi, il poussa la porte et passa la tête. Après tout, il était là, alors autant se rendre utile. Parcourant le club du regard, il aperçut un petit groupe familier dans un coin de la pièce.

- « Salut ».

Les occupants se retournèrent et parurent surpris de le voir dans l'entrée.

- « Nathan ! Entre, ne reste pas dehors, joins-toi à nous ! Brooke se leva, et vint le serrer dans ses bras. Quel plaisir de te voir ce soir encore, dit-elle. Que fais-tu là ? Tu étais dans le coin, et tu as vu de la lumière ? le questionna-t-elle d'un air malicieux.

- Lucas m'a appelé. Il m'a dit que vous aviez besoin d'aide et que si je voulais passer, j'étais le bienvenu. »

A l'annonce du nom de son ami, Haley fronça les sourcils et se trouva vers lui, lui faisant les gros yeux. Comprenant sans un mot qu'elle n'était pas ravie de son initiative, Lucas haussa les épaules en murmurant un « désolé » silencieux.

- Tu as bien fait de venir. Allez, assieds-toi, et prend un verre.

- Luke a raison, plus on est de fou, plus on rit, conclue Brooke, qui venait de pousser Haley afin de partager son fauteuil avec elle.

Nathan s'installa sur le siège vacant. En détaillant rapidement l'assemblée, son regard croisa celui d'Haley. Feignant ne pas remarquer le rougissement de ses joues, il lui fit un timide signe de la main.

- Salut Nathan, murmura la jolie brune en détournant rapidement le visage, espérant ainsi qu'il ne verrait pas la confusion dans laquelle elle se trouvait.

- Salut Nate, je suis contente de te voir ici, mais tu n'aurais pas du te déranger pour ça, ça n'en vaut vraiment pas la peine.

- Pey, ne dis pas de bêtises. Quand mes amis sont dans le pétrin, je me dois d'être là pour les aider. C'est ce que font les amis, non ? » répondit Nathan. Il poursuivit, une pointe de tristesse dans la voix. « Et même si je ne sais pas si je peux encore me targuer d'être un de vos amis, je veux participer, en souvenir du bon vieux temps. »

A ces paroles se succédèrent quelques minutes de silence. Ce qu'avait dit Nathan les avait plongés dans une nostalgie certaine. Il avait raison, depuis quelques temps, leur groupe si soudé avait perdu de sa flamboyance, et parler de cercle d'amitié aurait aujourd'hui été mentir. Pourtant, tous le regrettait. Leur éloignement avait commencé avec la rupture de Peyton et Lucas, mais n'était-ce pas le prétexte que tous utilisait pour se cacher la vérité. La vie les avait éloigné, et ils n'avaient rien tenté pour l'en empêcher.

- « Allez, au travail ! » La voix d'Haley fit sursauter tout le monde. « Après tout, on est là pour une bonne raison. Alors, autant que cela soit productif !

- Tu as raison, approuva Lucas. Brooke, tu avais une idée grandiose, tu t'apprêtais à nous la soumettre, alors, on t'écoute.

- Au risque de vous couper dans votre élan, pourriez-vous m'expliquer ce qu'on fait ? se permit de dire Nathan. Parce que là, je nage dans le flou le plus total.

- Ils tentent de sauver une peau qui ferait mieux de moisir dans une cave, dit Peyton, sarcastique. J'ai foiré avec le Tric et, une fois de plus, vous allez gâcher vos soirées à tenter de m'aider…

- Dis, la grincheuse, si c'est pour t'entendre râler, je préfère encore que tu tournes » la coupa Brooke. A cette interruption somme toute très juste, Peyton envoya une petite tape sur la cuisse de Brooke, et lui tira la langue, le regard noir.

- « Alors, cette idée géniale, Brooke… tout le monde attend !

- Eh bien, je me disais qu'il faudrait renouveler le public du club, conserver la jeunesse et en même temps, ne plus en faire un club pour adolescents tristes, attirer des adultes pleins de vie, et surtout d'argent, enfin, en théorie, des gens comme nous en somme. Et je me disais que cela pourrait nous servir à tous, d'une manière ou d'une autre. »

Et pendant que Brooke détaillait son ambitieux projet, Lucas ne put s'empêcher d'observer ses amis. Tous étaient captivés par les propos de sa compagne. Et il les comprenait. Il était admiratif de la poigne que mettait Brooke à ébaucher des idées, de cette passion qui l'animait et qui la rendait si vivante, si énergique. Et si belle aussi. Il se demandait encore aujourd'hui pourquoi elle n'avait pas orienté sa vie dans un domaine qui aurait pu combler cet amour de la parole et du discours. Certes, elle se disait timide devant les assemblées, mais sa place de présidente des élèves au lycée avait prouvé à tous le contraire. Et Lucas ne cessait de lui dire qu'elle aurait du continuer dans cette voie : journalisme, conférence, politique même. La voir se morfondre à attendre le coup de téléphone de responsables commerciaux de magasins de bas étage était un crève-cœur. Mais elle était par ce biais près de son rêve, à nouveau, et cela la rendait heureuse. Du moins, c'est ce qu'elle essayait de leur faire croire, même s'ils n'étaient pas dupes.

Brooke continuait à parler, et le regard de Lucas fut attiré à l'autre bout du cercle par un mouvement de Peyton. Elle avait essuyé discrètement une larme qui perlait sur sa joue. Lucas détourna le regard quelques instants, ne voulant pas embarrasser son amie. Mais il ne put se retenir de la regarder à nouveau, quelques instants après. La tête inclinée vers l'avant, elle semblait perdue dans ses pensées. Ses cheveux blonds retombaient sur ses épaules, laissant quelques boucles se créer, tourbillonnantes à l'infini. Les mains serrées, elle paraissait forte et fragile à la fois. Dans son cœur se fit sentir une sensation indéfinissable. Il avait de la peine pour elle, et en même temps, il était soufflé par la force qui émanait de Peyton. Son estomac se contracta. Il avait perçu enfin ce qui provoquait ce sentiment étrange qui lui serrait la gorge. Le regard de Peyton était triste. Il pétillait grâce aux reflets de la lumière du club sur les larmes stationnées dans ses yeux, mais au fond de lui-même, Lucas ressentait toute la difficulté de la vie de son amie à cet instant. Elle avait tant vécu, elle avait tant souffert, mais il sentait que ce nouveau coup du sort la touchait plus encore que le reste. Et à ce moment précis, il aurait aimé qu'elle déverse de sa peine en lui, pour la soulager. Soudain, il fut parcouru par une vague de chaleur rassurante. Peyton avait levé les yeux et son regard était entré en contact avec celui de Lucas. Timidement, ses lèvres s'étaient relevées en un sourire magnifique, même si teinté de larmes. Et sans qu'il comprenne vraiment pourquoi, Lucas fut heureux de savoir que le premier des sourires de Peyton, d'autres suivraient, il en était sur, lui était destiné.

- « Alors, qu'en dites-vous ? » La question de Brooke sortit Lucas de ses pensées.

- « J'aime beaucoup, répondit Haley, et je trouve que c'est une idée plutôt géniale. Bravo Brooke, je n'y aurais jamais pensé.

- Elle a raison, ton projet est fantastique. Et même si je déteste l'avouer, je ne sais pas ce que je ferais sans toi » enchaina Peyton, qui avait relevé la tête et posé sa main sur celle de son amie.

- La question qui se pose maintenant, c'est celle du financement de ce projet, objecta Nathan, bien plus pragmatique. Comment attirer les fonds ? Comment démarrer tout cela sans un sous de départ ? Parce que, si je veux bien aider activement, ne comptez pas sur moi pour investir, je suis à sec.

- C'est bien là tout le problème, acquiesça Brooke. Ce point reste encore à éclaircir malheureusement. »

A ce moment là, une sonnerie stridente se fit entendre. Brooke sursauta et courut vers son téléphone.

- « Allo ? … oui, c'est elle-même….. Pardon ? ….. Oh….. oui, oui, bien sur, je comprends, ne vous inquiétez pas. ….faites comme cela vous arrange…. D'accord, on se voit lundi. Merci. A lundi alors».

Elle raccrocha et se retourna vers ses amis. Elle vit alors leurs visages inquiets fixés sur elle.

- « Pey… je suis désolée ma belle…. Mais il va falloir t'habituer… »


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