Oui oui oui, il est exactement 1h14 du matin. Oui, c'est l'heure que je choisis pour publier. Je viens de débaucher, hein.
Allez, bonne lecture!
...
Hermione crut pleurer de soulagement le jour où les gardiens vinrent la délivrer de l'isolement avec son camarade de cellule. Elle en parvint même à ignorer les blagues douteuses et le questionnement sexuel de McLaggen sur les sévices que Malefoy lui aurait soi-disant fait subir lors de leur cohabitation forcée.
Les derniers jours avaient été extrêmement lourds. Le froid et la solitude avaient commencé, lentement mais sûrement, à la dépouiller de sa santé et elle savait que dix jours avaient été suffisants pour lui faire perdre du poids- quelque chose dont, étant naturellement fine et délicate, elle n'avait pas besoin. Tant que Malefoy et elle communiquaient- malgré le caractère lunatique du prisonnier, qui alternait menaces et plaisanteries- l'isolement était supportable, mais depuis leur dispute, Malefoy semblait s'être plongé dans un mutisme inviolable. Les rares tentatives de Hermione de lui adresser la parole s'étaient soldées par un échec- il ne lui répondait pas, et la jeune femme n'était pas assez stupide pour tenter de provoquer une réaction chez lui. Cette solitude imposée la rendait folle- elle comprenait pourquoi Luna s'était rapprochée d'un rat.
Néanmoins, elle fut heureuse de retrouver l'intérieur de la prison- quelque chose qu'elle eut songé impossible. Les yeux lui piquèrent momentanément- elle n'était plus habituée à tant de lumière, de bruit et de mouvement- et elle demeura sans bouger tandis que les surveillants lui retiraient ses menottes tout en la tenant en joue. Libérée de cette contrainte, elle se tourna vers Malefoy, espérant pouvoir le regarder après dix longs jours dans le couloir de l'oubli, mais elle ne vit de lui que son dos alors qu'il s'éloignait d'elle à toute allure. Fronçant les sourcils, la jeune femme reprit le chemin de sa cellule, où elle retrouva avec grande joie ses camarades d'infortune, parvenant à en oublier Malefoy un moment.
Les jours suivants ressemblèrent à tous les autres jours au sein de Poudlard, si ce n'était que Hermione, plutôt que de passer son temps à lire ses lourds bouquins, y planquait à présent des feuilles de papier vierges qu'elle remplissait au crayon à papier, y transposant ses idées et ses calculs pour le poison. Sachant qu'il était trop dangereux de se promener avec une éventuelle preuve sous le bras, elle effaçait tout ce qu'elle écrivait dès qu'elle l'eut mémorisé, en espérant ne rien oublier de vital.
Une semaine après sa sortie de l'isolement, Hermione était assise sur un banc de la cour de promenade, un épais ouvrage sur les métaphysiques ouvert dans son giron, relisant non pas les calculs du livre mais bien ceux qu'elle avait elle-même rédigés, cachant son inévitable- et illégal- crayon à papier dans sa manche. Elle avait demandé à Ron de le lui voler au parloir lorsque la famille Weasley était venue rendre visite à sa progéniture. Il prétendait l'avoir piqué dans la main même d'une gardienne, mais la jeune femme savait que les agents de surveillance étaient surentraînés et qu'aucun d'entre eux ne baissait sa vigilance ne serait-ce qu'un instant- leur vie même en dépendait. Si la docteure haïssait Poudlard, elle ne pouvait s'empêcher quelque part d'admirer les matons, qui faisaient ce lourd métier au péril de leur vie jour après jour. Hormis McLaggen, puisque celui-là- qu'elle ne connaissait que de vue avant l'épisode des douches- n'aurait pas, à ses yeux, démérité de se retrouver au sein de la population carcérale- Hermione était persuadée que le maton passait ses soirées de repos à torturer des chatons et à s'exhiber devant la maison de retraite locale, une conviction qui avait fait exploser de rire Harry et Ron et qui avait fait le tour de la prison tout en ricanements.
Une ombre tomba par-dessus la jeune femme et elle leva les yeux sans se presser. Le moindre comportement ici était épié par les taulards comme par les matons, et elle ne pouvait pas risquer un seul écart, se permettre un seul geste qui ferait croire qu'elle mijotait quelque chose.
Elle fut d'abord rassurée, puis inquiète, de constater que l'ombre appartenait au beau Blaise Zabini. L'homme à la peau sombre se tenait debout devant elle, mains dans les poches de son uniforme, un rictus calculateur en place.
-Retire tes mains de tes poches, Zabini, commanda-t-elle d'une voix glaciale. Lentement et paumes vers le haut.
Zabini haussa les sourcils, visiblement étonné, puis éclata d'un rire mélodieux en obéissant à son injonction pour montrer qu'il venait en paix.
-Tu apprends vite, Granger, commenta-t-il en se laissant choir sur le banc à ses côtés. Mais ne t'inquiète pas, je ne cache rien qui puisse te faire du mal. Pour ça, faudrait regarder dans mon slip.
Il remua les sourcils de manière suggestive et Hermione ne put empêcher un léger éclat de rire de lui échapper. Cependant, Zabini secoua la tête et ajouta,
-Pas assez vite, apparemment. Granger, les matons ont les yeux braqués sur nous, alors fais-leur croire qu'on se dispute- c'est ce qu'ils attendent de nous.
-Je vois, rétorqua-t-elle en affectant un air furieux.
-C'est mieux, acquiesça-t-il. Ces connards sur le balcon ne manqueront pas de nous poser des questions s'ils nous croient de mèche, ils savent qu'on appartient à des gangs rivaux.
En parlant de questions, Zabini, fit-elle mine de cracher, qu'est-ce que tu fais ici?
Zabini se pencha brutalement vers elle, corps tendu, mine visiblement agressive. Hermione dut se faire violence pour ne pas reculer, effarée, sachant pertinemment que c'était de la mise en scène. Bon sang, Zabini était vraiment impressionnant, quand il s'y mettait...
-Je viens de la part de Drago. Qui d'autre?
Le coeur de Hermione rata un battement. Elle savait que c'était ridicule, qu'il était complètement malade et qu'il n'était que le signe de mauvaises nouvelles pour elle, mais la vérité était qu'elle était attirée par Malefoy. Oh, ce n'était rien, bien entendu, purement sexuel...mais étant donné leur situation, cela ne pouvait que mal se passer s'il venait à l'apprendre. Et puis malgré elle, elle songeait encore régulièrement à leur dispute, et aux parts de vérité qu'il lui avait lancées à la figure...comment cet étranger pouvait-il si bien la connaître?
Elle déglutit lentement, tentant d'assembler ses pensées, ne voyant pas la manière dont les yeux de Zabini se plissèrent à ce geste, avant de lancer,
-Et pourquoi Malefoy ne vient-il pas me voir lui-même?
-Et bien, vois-tu, Granger, attaqua Zabini en se vautrant encore davantage sur le banc, depuis cette fausse histoire de viol et votre contention commune en isolement, les matons pensent qu'il a une sorte d'obsession maladive à ton encontre. Après tout, Malefoy n'a jamais essayé de violer quiconque...et tu es sortie de cette cellule noire sans la moindre trace de coup, sans le moindre traumatisme. Alors s'il venait te voir directement, ils seraient aussitôt alertés et en viendraient peut-être à flairer le coup qu'on prépare.
Hermione referma lentement son bouquin, dessinant de petits arabesques de ses ongles sur la couverture.
-Malefoy n'a pas une obsession maladive à mon encontre, répliqua-t-elle. Les gardiens sont cons.
-Les gardiens ne sont pas les seuls à le penser, Granger.
Elle se tourna vers lui, prise de court.
-Que veux-tu dire?
-Je veux dire que je me dois de te mettre en garde, Granger- je ne supporte pas les violences faites aux femmes. Hormis à Bulstrode, mais soyons honnêtes, elle s'appelait Bruno à la naissance. Malefoy n'est pas bon pour toi.
Elle le dévisagea, yeux ronds.
-Mais enfin, Zabini, de quoi tu parles?
-J'ai vu ta façon de le regarder, rétorqua-t-il avec une oeillade savante. Tu le cherches en permanence...tu le crains, mais tu es attirée comme un papillon à la flamme. Alors laisse-moi me répéter, Granger- ton innocence, ta naïveté, c'est de la pornographie pour un gars comme lui. Il aime corrompre, Granger, il aime souiller et salir ce qui est entier et pur. S'il se met en tête de t'obtenir, protège-toi de lui...il te briserait. Tu es peut-être innocente des crimes dont on t'accuse, mais à ses côtés, tu deviendrais la bête féroce qu'il voudrait que tu sois, le cauchemar des petits enfants, la muse des écrivains de séries policières...
Hermione l'interrompit brusquement,
-Bonté divine, mais où as-tu été chercher que j'étais innocente de ce dont on m'accuse?
-Drago n'est pas le seul à être observateur, répondit-il avec un haussement d'épaules. Au fond, je me fous de ce que tu fais avec lui, Granger- mais, autant que je le respecte et l'adore, ne perds jamais de vue qu'il fait toujours cavalier seul. Tu ne pourras pas le dompter- et tu crèveras en essayant de le faire.
Zabini se leva vivement.
-Assez perdu de temps, ajouta-t-il. Je venais juste pour te dire que Malefoy a réussi à obtenir ce que tu lui avais demandé.
Elle ignora son regard curieux et il secoua la tête, comprenant qu'elle refusait d'en parler.
-Il te les apportera, énonça-t-il. A plus, Granger.
Sur ces mots, il fit demi-tour sèchement et s'éloigna.
...
Mm-hmmm. Alors Malefoy a donc obtenu ce que Hermione lui avait demandé...et son petit manège d'attirance n'est pas passé inaperçu auprès de notre Blaise national. Qu'en pensez-vous? Qu'imaginez-vous pour la suite? Aimeriez-vous aussi voir le contenu du slip de Blaise? Qui d'entre vous savait que Millicent Bulstrode était née Bruno Bulstrode?
Allez, j'ai pris ma plume, à vous de prendre la vôtre. Bon reviewage et à bientôt pour...roulement de tambours...Fleur de Lys!
Bises (et bonne nuit)
DIL.
