Dans les jours qui suivirent, toute l'école ne parla plus que de Sirius Black, chacun ayant sa théorie sur la façon dont il était entré. Hannah Abbot, de Poufsouffle, prétendit même que Black s'était changé en arbuste pour pénétrer dans le parc sans être vu. Ce qui faisait beaucoup rire Juliet, qui passait son temps à se moquer d'elle en compagnie de Ginny, de Luna Lovegood et de Luke Carlton, sa nouvelle bande d'amis. Quant à l'inquiétante surveillance dont Tristan était l'objet, de la part du Trio d'Or, ne l'inquiétait pas plus que ça. En effet, Juliet essayait de ne pas penser à ce qu'elle avait trouvé dans le bureau de son père. Le dossier d'Hermione était constamment dans ses affaires sans jamais y toucher, comme s'il recelait un ultime secret qui aurait pu faire du/de mal à beaucoup de monde.

La toile déchirée de la grosse dame avait été décrochée du mur et remplacée par le portrait du chevalier du Catogan et de son gros poney gris, ce qui n'enchantait personne. Le chevalier passait la moitié de son temps à provoquer tout le monde en duel et l'autre moitié à inventer des mots de passe ridiculement compliqués qu'il modifiait au moins deux fois par jours.

- Il est complètement fou, dit Seamus Finnigan à Percy. On ne pourrait pas avoir quelqu'un d'autre ?

- Aucun autre portrait n'a accepté de reprendre ce poste, répondit Percy. Ils avaient tous peur de subir le même sort que la grosse dame. Le chevalier du Catogan a été le seul suffisamment courageux pour se porter volontaire.

Le chevalier était cependant le dernier des soucis de Juliet. Un jour, alors qu'elle délaissait la compagnie de Ginny, elle se rendit seule près du lac échappant au contrôle de plus en plus fréquent de son père, depuis l'incident. Une fois assise, sur le seul ponton des environs, elle se déchaussa puis mît ses pieds dans l'eau. Quel bonheur cela pouvait-il être, pensa t-elle ! Une simple chose, mais qui la transportait à des milliers de kilomètres d'ici, chez elle dans le sud de la France. Elle se souvenait de sa mère qui étendait le linge pas loin de la rivière, de son père qui de temps à autre allait pêcher la truite. C'était le bon vieux temps ! Avant qu'il n'y ait une ombre sur le tableau, avant que son père ne s'en aille un soir de Septembre...

Juliet avait bien du mal à se rappeler cette période, comme si son cerveau refusait de se souvenir tellement cela lui était douloureux. Pourtant, la découverte du dossier d'Hermione dans le bureau de son père lui avait remémoré quelques vagues souvenirs. Notamment la lointaine dispute qu'elle avait entendu par bride "tu m'avais promis, Remus". Qu'est-ce que son père avait bien pu promettre à sa mère ? Et pourquoi était-il parti ensuite ? Juliet prit donc son sac en main et commença à fouiller à l'intérieur. Elle finit par tomber sur la pochette qu'elle cherchait, légèrement cornée. Là dessus, on pouvait apercevoir le portrait d'Hermione qui se mouvait. Elle devait avoir un an de moins, pensa Juliet. Ses longs cheveux châtains formaient de grosses boucles, elle avait également une large frange sur le front qui la rendait plus jeune. Juliet remarqua qu'Hermione ne portait pas l'uniforme de Poudlard sur la photo et d'après ses suppositions Juliet se douta que cette dernière avait été prise dans l'infirmerie. Par la suite, Juliet jeta un premier coup d'œil aux éléments qui préfiguraient dans le dossier tels que son nom, son prénom et sa date de naissance : le 19 Septembre 1980 ; plus un certificat d'adoption annoté au même jour que sa soit disant date de naissance. Bizarre, pensa Juliet légèrement incrédule. Juliet était étonnée d'apprendre que Mr et Mme Granger n'étaient pas en réalité les vrais parents d'Hermione, mais une famille de substitution. Peut-être fallait-il qu'elle en parle avec Hermione. Après tout, c'était-elle la principale concernée dans cette histoire... Elle inspecta enfin son acte de naissance et c'est là qu'elle tomba des nues. Le nom de sa propre mère figurait dessus en tant que mère biologique. A la place du nom du père biologique, il y avait un point d'interrogation suivit d'un nom et pas n'importe lequel ; James Potter. Avait-elle bien lu ? Ce n'était pas possible, tout bonnement impossible, sa mère et le père d'Harry aurait eu un enfant ensemble à la même période que Lily... Elle croyait rêver, pourtant sous ses yeux il y avait la preuve irréfutable de l'affront qu'avait fais subir sa mère à son père. Voilà, la raison de son départ. Voilà, pourquoi sa mère se perdait dans ses souvenirs quand le quidditch lui en rappelait. Elle avait toujours aimé James, cela lui paraissait évident désormais. Mais pourquoi avait-elle épousé son père, alors ? Son pauvre père, il avait sans nul doute cru pendant des années au soit disant amour de sa mère à son égare. Il avait dû se sentir trahi mais pas seulement par sa femme, James aussi était responsable, son meilleur ami... Il avait toujours été là pour lui, durant toutes ces nuits de pleine lune. Comment avait-il pu ? Comment avait-il pu le trahir lui et trahir Lily par la même occasion ? Celle qu'il disait aimer depuis tant d'années...

Sur ces dernières pensées, Juliet senti son cœur se retourner et la montée visqueuse d'un liquide brûlant dans sa gorge. Elle ne se retint même pas, quand ce dernier s'évacua de sa bouche. Ensuite, elle remit ses affaires en place et se précipita en direction des toilettes les plus proches au sein du château.

Le temps empirait de jour en jour à mesure que se rapprochait la date du premier match de Quidditch. Mais depuis quelques temps, Juliet n'accompagnait plus Ginny aux entraînements et elle commençait à se renfermer sur elle-même. Ce qui inquiétait Tristan, qui commença à se poser des questions. « Comme si Juliet était perturbée par quelque chose ou bien quelqu'un...» Sa raison lui suggéra que le comportement de Juliet avait changé dès le lendemain de la fuite de la grosse dame. Ce qui voulait dire que son père y était certainement pour quelque chose et qu'il était fort probable que Juliet en sache plus que lui. Ce qu'avait beaucoup de mal à tolérer Tristan qui devait en plus cacher ce lourd fardeau. Un soir, alors qu'il revenait de l'entraînement seul. Ginny ayant rejoint ses frères. Tristan retrouva la trace de Juliet qui parcourait la dédale de couloir le regard vide de toute substance. Il avait l'impression d'avoir à faire à un fantôme, sa jeune amie avait disparu derrière un masque qu'il ne comprenait pas. Quand il s'approcha d'elle, cette dernière sembla se rendre compte de sa présence.

« Tris, que fais-tu dont ici ? Tu ne devrais pas être avec Ginny ? Commença t-elle.

- Eh bien non, c'est toi que je cherchais, lui répondit Tristan.

Juliet croisa le regard du jeune brun aux yeux gris qui la fixait intensément.

- Si je puis me permettre, pourquoi étais-tu à ma recherche ? Le questionna t-elle, légèrement gênée de s'être fait surprendre. Tristan la connaissait vraiment bien !

- A ton avis, Juliet, je ne suis pas né de la dernière pluie. Je te connais suffisamment pour savoir quand tu vas bien ou non et là ce n'est pas le cas. Qu'est-ce que tu peux bien me cacher ?

- Je ne te cache rien, voyons. Qu'est-ce que tu vas imaginer ?

- Je ne sais pas. Peut-être que ta mère t'a confié quelque chose au sujet de mon père ? Jane est celle qui le connaît le mieux et ma mère a toujours pensé qu'elle lui cachait des choses.

- A quels propos ?

- Elle est la seconde à être arrivée sur les lieux après l'assassinat des parents de Harry. Ils ont dû émettre des suppositions, enfin c'est ce que j'aurais fait.

- Tu n'étais même pas encore né Tristan. Tu ne peux pas savoir ce que tu aurais fait à sa place. Et je suppose que maman a dû l'évoquer avec la tienne.

Non loin de là. Dans un célèbre pub à Pré-au-lard, deux femmes d'une petite trentaine bavardaient assises dans un coin sombre de l'établissement. Il faut dire que le débat était houleux, les deux femmes n'avaient pas l'air d'accord sur grand chose. Néanmoins, on pouvait remarquer une étrange complicité émanées d'elles. Comme si malgré les années, leurs différents, leur amitié demeurait inébranlable. La brune contrairement à la rousse ne pesait pas ses mots, elle se pencha davantage face à son interlocutrice et amie par la même occasion.

« Tu te rends compte ! Il n'y ait pas allé de main morte, Sirius ! Il s'y prend comme un manche à balais ce n'est pas étonnant que la Terre entière le croit coupable. Non mais t'imagines s'il était tombé sur Tristan ou même sur Harry...

- Tu veux plutôt dire s'il était tombé sur Remus ! Répliqua la rousse, pragmatique. Calme toi et réfléchis deux secondes, s'il s'avère que Pettigrow est bel et bien à Poudlard. J'imagine qu'avec tous les élèves et les professeurs réunis ça ne doit pas être facile de se faufiler dans le château. Et connaissant Sirius et sa patience légendaire, il a simplement dû s'énerver lorsque la grosse dame l'a empêché d'entrer.

- Alexia, ce n'est plus le bon petit samaritain que tu connaissais. Sirius a changé, il a passé douze ans enfermé à Azkaban. Est-ce que tu réalises ce que cela signifie ? Il n'a sans doute plus rien du Sirius que nous connaissions. La prison d'Azkaban te rend complètement barge.

- Attends, es-tu en train d'insinuée qu'il a perdu la raison ?

- Mais Alexia, ouvre les yeux ! Je pense seulement qu'il est resté seul pendant très longtemps et qu'à mon avis, il serait tout à fait logique de songer que Sirius ne se comporte absolument pas comme un innocent.

- Mais il est innocent, bon sang ! S'écria la rousse qui commençait à perdre patience. Tu étais la première à décrier l'injustice de son enfermement.

- Je ne dis pas le contraire, Alexia. Cependant, son comportement est nuisible autant pour lui que pour Harry. Et je ne parle même pas de ton fils qui doit-être légèrement perturbé.

- Justement. Il était temps que je passe le voir, nous irons ce soir. Et nous repartirons le surlendemain après le premier match de Quidditch de la saison. Albus a insisté pour que nous passions deux nuits à Poudlard. Il a sûrement quelque chose derrière la tête le connaissant.

- Sans doute. Tu es certaine que je ne puisse pas rester ici ? Il serait déraisonnable que je croise Remus.

- Jane, ça fait deux ans que vous vous êtes quittés sans jamais vous reparler. Il serait peut-être temps de mettre les désagréments de chacun sur le côté et de pouvoir se parler franchement. Ne serait-ce que pour Sirius ?

- Il ne m'a pas cru quand je lui disais que Sirius était innocent ! Il me répétait sans cesse que j'avais cru le connaître mais qu'en fait son vrai lui s'est révélé le soir où il a failli tuer Servilus. Je ne crois pas que ce soit une bonne idée de lui en parler.

- Au contraire, je pense qu'il serait bénéfique que vous vous revoyez. D'ailleurs, il se peut qu'avec nos deux avis tranchés sur la question, il change d'opinion et se rallie à notre cause.

- Et il se pourrait qu'il ait retrouvé la carte...

Pendant que Jane Malloy et Alexandria Disraeli règlaient l'addition et s'en allaient en direction du château, leurs enfants respectifs reprenaient la conversation là où ils en étaient.

- Si ce n'est pas ça, qu'est-ce qui ne va pas ? La questionna Tristan en la tenant par les épaules. Tu sais que tu peux tout me dire ?

Juliet avait l'air de peser le pour et le contre, il vit cependant ses traits se détendre et elle finit par acquiescer.

- J'ai fait une découverte importante... Tu ne vas pas me croire...»

Alors que le jeune Tristan s'apprêtait à répondre, sa mère apparut dans la dédale de couloir qui composait le château. Elle était apparemment enchantée de le voir, ça se lisait sur son visage, pensa t-il. Elle accéléra le pas puis l'enlaça et le serra très fort contre son cœur. Tristan se sentait enfin rassuré. Sa mère avait toujours eu ce pouvoir sur lui, une véritable bonne fée. Quand il la relâcha, il vit sa tante Jane prendre dans ses bras Juliet visiblement ravie de cette intrusion. Une fois les embrassades terminées, ils se dirigèrent vers les cuisines du château où les elfes de maison les attendaient avec un succulent repas.

Ils longèrent la Grande Salle puis prirent l'escalier qui les mena dans un sinistre passage souterrain avant de découvrir un large couloir aux murs de pierre, brillamment éclairé par des torches et décoré de tableaux aux couleurs éclatantes qui représentaient surtout des victuailles. Jane fut la première à se diriger instinctivement vers le tableau du fond où figurait une immense coupe en argent débordante de fruits.

« Maman, qu'est-ce que tu fais ? L'interrompit Juliet, en voyant sa mère sortir sa baguette et la pointer devant le dit tableau.

- J'ouvre le passage en chatouillant les fruits devant toi. Tu n'as jamais entendu parlé du passage qui mène aux cuisines ?

- Les jumeaux Weasley en parlent très souvent mais ils ne m'ont pas encore indiqué la direction des cuisines.

- C'est par ici qu'il faut passer, les Maraudeurs et moi y allions régulièrement pendant notre scolarité.

- En parlant des Maraudeurs, ajouta Alexia. As-tu eu connaissance d'une quelconque personne qui aurait découvert la carte du Maraudeur ? Demanda Alexia à son fils Tristan.

Ce dernier réfléchissait, il semblait en pleine réflexion lorsque brusquement, il lui répondit :

- Les jumeaux, bien sûr !

- De quoi tu parles ? L'apostropha Juliet, incrédule, ne sachant décidément pas où son ami voulait en venir.

- Mais de la carte, voyons. Il me paraît évident que les jumeaux l'utilisent. Sinon, comment expliques-tu qu'ils réussissent à chaque fois leurs blagues ? Il faudrait qu'ils connaissent tous les recoins du château.

- Je te rappelle que nos pères avaient eu connaissance de la moindre parcelle du château dès leur troisième année. Lui répondit Juliet, pas vraiment convaincue.

- Sauf que nous étions les Maraudeurs, et je ne pense pas qu'il y ait eu à Poudlard un autre groupe qui connaissait aussi bien que nous le château, crût-elle bon d'ajouter, sûre d'elle. Tristan et Juliet regardèrent Jane à tour de rôle, le regard malicieux qu'elle leurs adressa voulait tout dire.

- Par ici, les enfants. Alexia, je t'en prie. Avance.

La petite fille de Dumbledore n'avait jamais mis les pieds dans les cuisines de Poudlard, elle paraissait curieuse et ses yeux partaient dans tous les sens à la recherche d'une quelconque information. Quant Alexia comprit ce que regardait le reste du groupe, elle fixa Juliet attentive. La jeune femme en question tendit sa baguette et chatouilla une énorme poire verte. La poire se mît à se trémousser et à glousser puis se transforma soudain en une grande poignée de porte de couleur verte. Jane actionna la poignée, ouvrit la porte et poussa les autres à l'intérieur d'un geste décidé. Juliet eut alors la vision d'une immense salle tout comme Tristan et sa mère qui la découvrait pour la première fois ; très haute de plafond, aussi vaste que la Grande Salle qui se trouvait juste au-dessus, avec des quantités de casseroles, de marmites, de poêles en cuivre entassées le long des murs ainsi qu'une impressionnante cheminée en brique à l'autre bout. Presque aussitôt, une petite créature se précipita vers eux en s'écriant d'une voix suraiguë :

- Miss Malloy ! De retour parmi nous ?

- Salut Wendy, lui répondit chaleureusement Jane. Je te présente ma fille et mes amis. Nous sommes venus te passer le bonjour et souhaiterions déguster quelques unes de spécialités.

- Comme il vous plaira, miss. Nous sommes ravis d'avoir de vos nouvelles !

- C'est madame désormais, dit Jane en lui montrant la bague qu'elle s'était toujours refusée de retirer. Elle était un gage de tout ce qu'il lui était arrivé.

- Mesdames, monsieur, veuillez me suivre. La petite elfe leurs adressa un large sourire et leurs fît signe de l'accompagner. Pour Tristan, l'elfe de maison qu'il venait de rencontrer lui rappelait vaguement celui des Black, qu'il avait côtoyé trois ans durant au 12 Square Grimmaurd. Elle avait le même nez en forme de crayon, les oreilles semblables à celle d'une chauve-souris, les doigts et les orteils très longs, tout était pareil, tout sauf les vêtements qui étaient complètement différents. Wendy les entraîna à travers la cuisine, entre quatre longues tables qui étaient disposées exactement de la même façon que les tables des quatre maisons, dans la Grande Salle située à l'étage au-dessus. Pour l'instant, elles étaient vides, le dîner étant terminé, mais Tristan supposa qu'il n'y a encore pas si longtemps elles avaient dû être couvertes de plats que les elfes envoyaient à travers le plafond, sur les tables des élèves.

Il y avait dans la cuisine une bonne centaine d'elfes qui souriaient, s'inclinaient faisaient la révérence sur leur passage. Tous portaient le même uniforme : un torchon à vaisselle frappé aux armes de Poudlard et drapé comme une toge. Wendy les fît s'installer à la table la plus éloignée, dans un coin tranquille. Tous s'installèrent sur un tabouret, pas très loin du feu.

- Est-ce que Jane Malloy, sa fille et ses amis veulent boire quelque chose ?

- Du jus de citrouille, répondit Jane après s'être concertée avec le reste du groupe.

Aussitôt, une demi douzaine d'elfes de maison arrivèrent à petit pas derrière eux, portant un grand plateau d'argent sur lequel étaient disposés quatre verres de jus de citrouille, ainsi qu'une petite assiette composée de différents gâteaux apéritifs.

- Nous vous apporterons, la carte quand vous le commanderez, insista Wendy.

- Le service est impeccable, fît remarqué Alexia, j'aurais dû venir ici plus souvent.

- Sirius ne t'a jamais amené ici, la questionna Jane ?

- Pas une seule fois. Il préférait me rejoindre à la tour d'astronomie accompagné d'un panier rempli de biscuits pour qu'on regarde les étoiles.

- Ah mais oui, je me souviens qu'il disparaissait soudainement quand je passais mes soirées avec Remus et Lily, à réviser les apics à la bibliothèque. Quel adorable petit ami, il faisait ! J'aurais pu en prendre ombrage, tu sais.

- Sirius a été mon premier véritable ami, après toi. Et sache qu'il passait son temps à me parler de toi, et de temps en temps de James ou de Lily.

Les deux femmes d'une petite trentaine se regardaient avec sympathie en se remémorant des tas de vieux souvenirs. Même Juliet paraissait ravie de la tournure que prenait la conversation, excepté Tristan. Il était, en effet, très surpris par ce qu'il venait d'apprendre. Son père était sortie avec Jane, qu'il considérait comme sa tante, avant de finalement se fiancer avec sa propre mère. Il n'est pas nécessaire d'affirmer que Tristan n'était pas un fervent admirateur des marivaudages. C'est pourquoi, il balbutia...

- Mon... Mon père, se reprit-il, a quoi ?

- Mais, voyons Tristan. Qu'est-ce qu'il te prend ? S'inquiéta sa mère.

- Je... Je pensais que papa et toi, vous vous aimiez vraiment ? Alors que j'apprends qu'il était avec tante Jane avant toi.

- Mon chéri, ton père est mon premier amour. Ça ne l'empêche pas d'avoir eu une vie avant moi.

- Tu comprendras quand tu seras plus grand, ajouta Jane en voyant la position dans laquelle Alexia s'était mise.

- Et toi, maman ? C'était qui ton premier amour, demanda innocemment Juliet ? Elle prenait vraiment un malin plaisir à cette conversation qui s'avérait bien plus instructive qu'elle ne l'avait prévu initialement.

- Il me semble que c'était Sirius, également, répondit-elle en riant. Décidément, c'était un vrai tombeur celui-là !

Juliet n'était absolument pas convaincue par la réponse de sa mère, bien qu'elle ne le montra pas. Quant à Jane, la question de sa fille l'avait fais tilter. Elle s'était vraisemblablement menti à elle-même en lui répondant. Mais, elle n'était pas encore prête à s'avouer psychologiquement tout l'amour qu'elle éprouvait pour James et qui l'avait rongé pendant tant d'années.

Les retrouvailles avec leurs mères respectives avaient donné du baume au cœur à nos deux apprentis sorciers. Cependant, Juliet n'avait pas pu s'empêcher de trouver sa mère sur ses gardes quand elles avaient parlé d'amour. Il était de notoriété publique que Juliet Lily Lupin était une vraie fouineuse. Alors, il n'y a rien d'étonnant qu'à l'issu de ce frugal repas Juliet, plus décidée que jamais à découvrir la vérité, demanda à son complice de toujours de l'accompagner dans le parc. La nuit était pourtant avancée, mais Juliet n'en avait cure.

- Il est temps que nous reprenions notre discussion là où nous l'avions laissé. Je voulais te dire quelque chose. Mais avant, il faut que tu me promettes que tu n'en parleras à personne.

- Tu ne me fais plus confiance ? S'exclama Tristan, outré.

- Imagine que tu fais le même genre de bourbe que j'ai fait la dernière fois.

- Je sais tenir ma langue, moi. Lança t-il sarcastique.

- Je me suis excusée un milliard de fois. T'as saisi ?

- Là n'est pas la question ! Harry, Ron et Hermione sont très soupçonneux à mon égare... par ta faute.

- Que veux-tu que j'y fasse ?! Si tu nouais des liens, peut-être que ça s'arrangerait.

- Bref. Pourquoi m'as-tu amené ici ?

- Les murs ont des oreilles. Et si le Trio d'Or nous entend, ça risque de blesser plusieurs personnes...

- Accouche ! Où est-ce que tu veux en venir ?

- Lis, ça ! Dit Juliet, en lui balançant l'article en pleine figure après l'avoir sorti de son sac.

Tristan rattrapa la pochette qui l'avait heurté au vol. Puis, il examina le dossier qu'il tenait entre ses mains. La photo mouvante d'Hermione ne le rassura pas quand il la reconnaît instantanément. Bien sûr, qu'il se douta qu'Hermione avait été adopté lorsque son dossier lui tomba entre les mains. Ce n'était pas sorcier de le deviner. Néanmoins, la consultation des pages suivantes le stoppa tout net à la vu des prénoms affichés en dessous des présumés parents biologiques d'Hermione. Ce n'était pas possible. Sa tante Jane ne pouvait pas être la vraie mère d'Hermione, pas plus que James ne pouvait-être son père. Hermione n'avait aucune similitude physique avec eux. Sauf si on comptabilisait sa chevelure indomptable à l'instar de James douze ans plus tôt. Finalement, le visage de Tristan de décrispa et il se tourna vers Juliet, qui le regardait se recomposer une façade.

- Comment est-ce possible ? Commença Tristan, gêné.

- Tu te souviens que nos mères se sont rencontrées avant de rentrer à Poudlard ? Lui demanda Juliet, une idée derrière la tête.

- Comment l'oublier ! Ça va faire douze ans que je l'entends chaque année. Lui répondit Tristan, bienveillant et le sourire aux lèvres.

- Alors, tu n'as sans doute pas oublié que James et ma mère était également ami depuis l'enfance ?

- Oui, je sais bien. C'est même Doréa et Charlus qui ont élevé ta mère.

- Exactement. Je suppose qu'à l'adolescence ses sentiments pour lui ont dû évolué.

- C'est limite incestueux ce que tu me dis, là. Mais tante Jane nous a avoué tout à l'heure qu'elle avait été amoureuse de mon père.

- Ils sont sortis ensembles pendant plus d'un an. Dès la fin de leur sixième année, si je ne m'abuse.

- Je l'ignorais.

- Ça ne m'étonne pas, clarifia Juliet, vu ta ressemblance avec ton père. J'imagine qu'il était douloureux pour elle de t'en parler et d'évoquer le passé.

- Et pourquoi ont-ils rompu ?

- Alors là, tu me poses une colle. Maman ne m'en a jamais parlé. Elle se serait volatilisée d'après mon père. Et quand, elle est rentrée tes parents étaient déjà fiancés. J'imagine qu'elle a voulu combler un vide et c'est la raison pour laquelle, elle s'est mise en couple avec mon père.

- Mais où est le rapport avec James ? Comment tu expliques qu'il lui aie fait un enfant ?

- D'après mes sources, ils était extrêmement fusionnels. Il est possible qu'à l'adolescence, ils aient développé une attirance l'un pour l'autre.

- Mais comme ils avaient été élevé ensemble, ça ne se faisait pas.

- Tout à fait. Et apparemment, ton père et ma mère avaient leurs chambres attitrés au cottage de James et Lily.

- Tu insinues un ménage à quatre, là !

- Mais qu'est-ce que tu es bête ! James était fort proche de ton père ainsi que de ma mère, ça ne signifie pas pour autant que leur maison était un baisodrome.

- Alors où veux-tu en venir ?

- Tu sais bien qu'à une époque James et Lily ont été menacé ?

- Oui et Pettigrow était le gardien du secret.

- Imagine-toi à leur place. Ils devaient être effrayé. Qui te dit que ça n'a pas dérapé ?

- Tu veux dire qu'ils auraient couché ensemble par peur de se perdre ?

- Tristan, c'est comme si nous on se mettait à éprouver de l'attirance l'un pour l'autre en grandissant. On se revoit après un an d'absence, t'es tellement heureux que tu me pousses à fréquenter l'un de tes meilleurs potes pour être certain que je ne m'éloigne plus jamais. Et peu de temps après, tu apprends que tu risques de mourir. Tu ne penses pas qu'avant qu'il ne soit trop tard, on aurait voulu se dire ce que l'on ressentait l'un pour l'autre malgré nos engagements ?

- Tu délires ? Lança t-il l'air dégoûté. Mais je comprends ton raisonnement. Et ça signifierait...

- Que James n'a jamais su qu'il avait une fille..."