Bonjour à toutes et à tous !

Tout d'abord, PARDON PARDON PARDON d'avoir mis tant de temps à poster ce chapitre ! Mon ordinateur a eu un bug en plein pendant mes partiels, et de nombreux documents - que je n'avais pas sauvegardés, honte à moi - ont été effacés... dont mes chapitres de La Fausse Déclaration. Je m'emploie actuellement à tout réécrire, mais entre la fac et une légère panne d'inspiration (jamais facile de réécrire un truc qu'on a déjà écrit et qui n'existe plus !), je mets un peu de temps :/ Pardon pardon pardon !

Donc, voilà le chapitre 9, et j'espère que le chapitre 10 suivra assez rapidement, même si je ne promets rien :/

Bref récapitulatif : Danny a fait comprendre à Jackson qu'il était fou amoureux de Stiles, et l'a mis face à THE dilemme : doit-il dire la vérité à Stiles, qui, d'après Danny, mérite mieux que ça ?

Au programme aujourd'hui : le choix de Jackson !

Sur ce, ENJOY !

(PS : désolée aussi pour le retard dans les reviews...)

(PS2 : Teen Wolf ne m'appartient pas.)

(PS3 : Ceci est une fic' mettant en scène deux garçons qui s'aiment - Jackson l'a enfin réalisé, youpi ! Donc, si vous n'aimez pas... vous savez ce qu'il vous reste à faire !)


CHAPITRE 9

Ose dire la vérité : rien ne mérite un mensonge.

George Herbert


- J'suis en retard ? J'suis en retard ? glapit Stiles en entrant dans le vestiaire comme un boulet de canon.

Il s'arrêta et contempla le vide autour de lui.

- Ouais, j'suis en retard, conclut-il dans un soupir en jetant son sac sur un banc.

Jackson le détailla du regard. Stiles ne l'avait vraisemblablement pas vu – le capitaine de l'équipe était justement en train de se rafraîchir le visage quand son petit-ami était entré, et les lavabos étaient bien cachés derrière un mur.

Ça faisait trois jours depuis sa grande conversation avec Danny, et Jackson n'avait toujours pas pu parler à Stiles. Ce n'était même pas par mauvaise volonté : il n'avait tout simplement pas eu la moindre occasion de le faire. Lydia les avait tous monopolisés, car elle organisait bientôt une fête pour ses dix-huit ans, et elle avait décidé de fêter sa majorité en grande pompe. Jackson avait passé les trois derniers jours dans les invitations – le papier à choisir, la calligraphie, la liste d'invités et les réseaux sociaux, tout y passait, et il fallait tout faire selon les goûts de Madame. Quant à Stiles, lui était de corvée de téléphone – ce qui signifiait, en langage Lydia, qu'il était supposé faire toutes les réservations et toutes les commandes, et qu'il passait donc des heures à débattre, argumenter et menacer pour satisfaire les désirs de luxe de la princesse.

Avec tout ça, ils s'étaient à peine croisés, et Jackson le regrettait amèrement. Les quelques rares moments qu'ils avaient passé ensemble avaient été des bouffées de soulagement et de détente, et Jackson était si épuisé qu'il n'avait pas eu le cœur de seulement penser à ce qu'il pourrait dire – ou même de penser qu'il devait le dire.

Même Danny avait compris la situation et n'avait rien dit – mais c'était peut-être juste parce que lui avait la lourde charge de dresser la liste de cadeaux dans laquelle les invités pouvaient choisir celui qu'ils offraient à Lydia. Visiblement, tout lister de façon précise, s'assurer qu'il n'y aurait aucun cadeau en double et que tout le monde respectait le moindre détail, était un calvaire impossible. Jackson s'estimait heureux avec ses invitations. On est peu de choses.

Jackson détailla Stiles tandis qu'il consultait l'écran de son portable d'un air fatigué. Ce jour-là, il portait son sweat rouge, celui qui lui moulait agréablement les épaules. Ses cheveux étaient tout ébouriffés, ce qui signifiait que Stiles s'était heurté à un dilemme (certainement le traiteur, l'hôtel ou toute autre stupidité). Quand Stiles retournait un problème dans sa tête et que celui-ci était spécialement compliqué, il avait tendance à se frotter le crâne, se tirer les cheveux et les arranger dans n'importe quel sens.

Jackson trouvait ça particulièrement craquant.

Et il ne savait pas depuis combien de temps il trouvait ça particulièrement craquant. Ni pourquoi, d'ailleurs, mais ça l'était.

Il soupira. Il allait devoir dire la vérité à Stiles, bien sûr, Danny avait raison. Il serait tellement soulagé de ne plus avoir à mentir… inventer sans cesse des choses, tenter de convaincre le monde entier que tout était comme il faut…

La seule chose qu'il espérait, ce serait que Stiles comprendrait, qu'il lui laisserait sa chance.

Jackson tenta de se convaincre qu'il n'était pas stressé, pas angoissé, rien du tout, qu'il était parfaitement calme, mais pour une obscure raison, il n'y parvenait pas vraiment.

Où était passé Jackson Whittemore ?

Il soupira. Depuis toute cette histoire, il n'était plus vraiment lui-même. Il ne savait pas bien ce qu'il était.

- Salut, lâcha-t-il en s'avançant.

Cette fois-ci, Stiles ne sursauta pas, il se tourna simplement vers lui en souriant – et ce fut à ce moment-là que Jackson percuta. Sa déclaration – c'était ici, dans ce vestiaire, qu'il l'avait faite. Alors qu'ils étaient tous les deux seuls, et il avait interpelé Stiles quasiment de la même façon.

Sauf que la première fois, il l'avait fait en mentant, en trichant – et maintenant, eh bien… il ne savait pas très bien ce qu'il allait faire, mais ce serait différent.

- Hey, soupira Stiles d'un air ravi. Tu m'as manqué, ces derniers jours.

- C'est évident, lâcha Jackson d'un air supérieur, ce qui fit rire Stiles.

Il avait encore assez d'orgueil pour éviter de mentionner que Stiles lui avait manqué aussi – mais celui-ci parut comprendre, vu la façon dont il lui sourit. Jackson sentit son cœur accélérer – mais juste un peu, parce qu'il n'était sous le charme de Stiles à ce point.

Si ?

Bon, OK, peut-être que si.

Stiles soupira.

- J'adore Lydia, mais sérieusement, là, elle m'épuise.

Jackson éclata de rire.

- Et encore, t'es pas sorti avec elle.

- Dire que je le voulais à une époque, rit Stiles d'un air faussement soulagé. Mais j'ai mieux maintenant, ajouta-t-il avec un clin d'œil.

- Fais gaffe à ce qu'elle n'apprenne jamais ce que tu as dit, rétorqua Jackson. J'ai pas envie de te retrouver en petits morceaux, ça m'ennuierait, tu vois ?

- Je serais beaucoup moins intéressant réduit en purée, c'est vrai, acquiesça Stiles d'un air entendu.

- C'est surtout que ton père me tuerait !

Stiles et Jackson éclatèrent de rire en même temps. C'était bon, parfois, de rire avec Stiles, plutôt que de ricaner dès qu'un membre de son cercle privé et ultra-select se moquait de quelqu'un. Il y avait des fois où la moquerie et les ricanements, c'était franchement lassant.

Et puis, quand Jackson regardait Stiles et se rappelait que quelques semaines plus tôt, il était le sujet de ses ricanements, il se questionnait sur le bien-fondé de la chose.

(Si vous répétez ça à qui que ce soit, il vous le fera payer. Je serais vous, je me tairais.)

Stiles baissa les yeux et haussa les sourcils de façon très suggestive.

- Eh bien, Lydia me tuera peut-être, mais elle, elle n'a pas ça.

Du doigt, il désigna le torse nu de Jackson. Ah, oui. Il avait peut-être oublié d'enfiler son t-shirt. Enfin, c'était pas comme s'il avait quelque chose à cacher.

Et non, ce n'était vraiment pas fait exprès. Calmez-vous, bande de fan-girls hystériques.

- Remarque, marmonna Stiles, si elle avait ça, faudrait se poser des questions…

Puis il attrapa Jackson par les épaules et le rapprocha brusquement de lui.

- Te gêne pas, surtout, marmonna Jackson.

Stiles regardait son torse avec une mine aisément reconnaissable. Allait-il lui sauter dessus ? Jackson n'avait, pour le moment, pas été jusqu'à réfléchir à cette partie de l'histoire. Evidemment, il connaissait la théorie – merci Danny – mais irait-il jusqu'à pratiquer avec Stiles ?

Ce n'était pas comme s'il y avait déjà pensé…

Ou peut-être que si…

Ce n'était pas comme si l'idée le révulsait foncièrement.

Jackson, pris dans l'instant, passa ses bras dans le dos de Stiles, retenant de justesse un soupir de satisfaction. Mais Stiles le connaissait décidément bien, car il lui adressa un clin d'œil complice et attira Jackson encore plus près, pour le laisser se blottir encore plus contre lui.

C'était ce que Jackson aimait chez Stiles. Il ne le forçait jamais à dire les choses – parce qu'il savait que Jackson ne le voulait pas, et ne le pouvait peut-être pas non plus. Stiles semblait toujours le comprendre. Jackson ne savait pas si c'était parce que son petit-ami était vraiment intelligent – à force de passer du temps avec lui, il avait constaté que Stiles l'était plus qu'il ne le soupçonnait – ou parce qu'il le connaissait vraiment par cœur.

Mais ça serrait le cœur de Jackson à chaque fois.

Ça non plus, il ne le dirait jamais.

Jackson ferma les yeux. Il était si bien, là. Les cheveux de Stiles lui caressaient la tempe – Jackson avait eu la surprise de découvrir que Stiles était plus grand que lui, et la plus grande surprise encore de découvrir qu'il aimait bien ça. Son sweat était doux sous ses doigts, tout comme la peau de sa joue contre la sienne, et l'odeur était chaude et enivrante. Jackson se sentait juste si bien.

Ils restèrent là un moment, en silence, et puis Jackson ressentit l'envie de le faire.

De l'embrasser pour la première fois.

D'habitude, c'était Stiles qui prenait l'initiative de le faire, même si Jackson attendait ça avec impatience. Cette fois-ci… c'était lui qui voulait passer à l'action.

Pas le temps d'analyser le pourquoi, le comment, et ce que ça voulait dire. Parfois, il fallait simplement faire les choses et oublier de réfléchir.

Il fondit sur les lèvres de Stiles comme un assoiffé.

Et ce fut meilleur, tellement meilleur encore que toutes les autres fois.

Quelques siècles plus tard, lorsqu'ils émergèrent de leur transe, Stiles souriait comme un bienheureux, et Jackson se sentait tout chose.

Il sut que Stiles avait compris – que Jackson, enfin, s'impliquait vraiment là-dedans, qu'il avait choisi et fait le pas définitif.

Jackson aurait dû se sentir… exaspéré, plein de remords, en colère, n'importe quoi, mais il était juste satisfait.

- Hé, les amoureux ! beugla le Coach en fonçant droit dans le vestiaire comme un taureau en furie. Pas le moment de me faire des petits-enfants ! On doit s'entraîner, vous vous souvenez ?

- Mais M'sieur, protesta Stiles d'un air candide, c'est ici que Jackson m'a fait sa déclaration !

Jackson crut avoir atterri dans une autre dimension en voyant que le Coach Finstock était ému, même s'il tentait de le cacher.


Il fallait qu'il lui dise.


Scott coinça Jackson au beau milieu d'un couloir.

Ça tombait bien que ce jour-là, il n'y ait quasiment personne dans ce couloir précisément, parce que la façon dont Scott aborda Jackson n'était pas des plus pacifiques – en lui attrapant l'épaule pour le coincer contre un mur. Ouille.

Jackson avait parfois du mal à croire que le petit Scott asthmatique, maladivement timide, épouvantablement maladroit et si innocent que ça en devenait une insulte, soit du jour au lendemain devenu le co-capitaine de l'équipe de lacrosse (ça, Jackson le digérait mal), le copain d'Allison Argent et l'un des types les plus populaires du lycée. Par pitié, il y avait même une bande de secondes qui le suivait comme un petit chien ! (Même si Jackson ne voyait pas vraiment d'inconvénient à ça. Ce Liam et ce Mason étaient insupportables, même si la petite Hayden était mignonne. Il y aurait aussi un certain Corey dans le lot, mais Jackson ne l'avait jamais vu.) La puberté était vraiment un phénomène étrange.

- J'aurais préféré que ce soit Stiles qui me colle contre un mur comme ça, remarqua Jackson en jaugeant Scott du regard. Ça aurait été beaucoup plus excitant.

Scott le foudroya du regard comme si Jackson venait de noyer des bébés chatons, et Jackson se sentit satisfait.

Il n'avait jamais aimé Scott.

Encore moins depuis sa puberté miraculeuse.

- Je n'avais pas encore eu l'occasion de te parler, grogna Scott.

Parfois, il ressemblait plus à une sorte de bête sauvage qu'à un lycéen. Stiles avait répondu à ça que dans ce cas, Jackson devait être une sorte de serpent géant et mutant avec un venin redoutable, rapport à ses tendances perfides. Jackson n'avait toujours pas trouvé d'où ça venait. Son petit-ami avait une imagination dangereuse.

- Dommage, soupira Jackson. Je me sentais beaucoup mieux quand tu n'étais pas dans mes pattes.

Jusque-là, Scott s'était contenté de le fusiller du regard avec beaucoup d'application. Ça suffisait parfaitement à Jackson. Moins on voit Scott, mieux on se porte.

Scott poussa un soupir irrité.

- Je suis pas là pour supporter tes petites blagues stupides. Je veux te parler de Stiles.

- On s'en serait pas douté.

Scott relâcha légèrement Jackson, mais ne se poussa pas pour autant.

- Je ne sais même pas ce qu'il te trouve, soupira Scott comme si ce mystère le dépassait définitivement. Il mérite tellement mieux que toi.

Jackson commençait à trouver ça un peu répétitif. Pourquoi le monde entier trouvait-il qu'il ne méritait pas Stiles et que Stiles était mieux que lui ?

(Le fait que lui-même se pose souvent la question n'a rien à voir là-dedans, compris ?)

Scott croisa les bras, comme en proie à un terrible dilemme (« je sauve le monde ou je m'occupe de ma copine d'abord ? »), mais sans quitter Jackson des yeux.

- Tu sais ce qu'il te trouve, toi ?

Jackson haussa les épaules.

Aucune idée.

- Je suis beau, drôle, malin et riche, répondit-il.

Scott n'eut pas l'air convaincu.

- Même toi tu n'y crois pas, remarqua-t-il.

Merde alors. Depuis quand Scott était-il devenu aussi futé ? L'apocalypse approchait-elle ?

Scott haussa les épaules d'un air agacé.

- Ce que je pense, c'est que tu te fous de lui, reprit-il. Tu lui fais une blague, tu te sers de lui, je ne sais pas. J'espère vraiment que je me trompe. Stiles est plus qu'un ami, c'est mon frère, tu vois ? Je ne supporterais pas qu'il souffre. Il a déjà bien assez…

Scott s'interrompit, estimant peut-être que Jackson n'avait pas à savoir ça, mais Jackson savait déjà. Sa mère. La maladie. La brève période d'alcoolique de son père. Les crises.

Contrairement à ce qu'on pouvait croire, durant toutes ces semaines, Jackson et Stiles n'avaient pas fait que se peloter. (Même si c'était essentiellement le cas.)

- Bref, coupa Scott. Il mérite mieux que toi. Toi, tu es un vrai connard, et je ne sais pas ce que tu fais pour qu'il ait l'air aussi… heureux.

Jaloux, McCall ?

- J'espère que c'est sincère, et que tu as réalisé que Stiles était… qu'il était…

Parfait, songea Jackson, encore un peu rêveur.

- Bref. Je ne veux rien savoir – ni ce que tu penses de lui, ni ce que tu ressens, ni rien de tout ça…Je veux juste que tu saches une chose.

Scott se pencha vers Jackson jusqu'à ce que son nez soit presque collé au sien – eurk.

- Si tu fais du mal à Stiles… je te détruirai de mes propres mains.

Puis il eut un grand sourire, gentil, naïf et candide, comme le bon vieux Scott, pas le Scott flippant en mode alpha protecteur.

- Compris ?

Jackson n'eut pas le temps de répondre, car une voix joyeuse explosa dans ses tympans.

- Salut vous deux ! Qu'est-ce que vous faites ici tous les deux ? Tu me trompes, Jackson, c'est ça ?

Jackson connaissait à présent assez Stiles pour comprendre la mimique qu'il lui envoya : Il se passe un truc ? Ce qui était nettement moins agréable à constater, c'était que Stiles devait sûrement s'adresser de la même façon à Scott…

Ne sois pas jaloux, Jackson. Il sont amis depuis des millénaires !

- Hey, Stiles, salua Scott – son regard s'était brusquement détendu et était redevenu celui de ce bon vieux Scott un peu bêta et pataud que connaissait (et préférait) Jackson. On discutait juste. A propos de l'anniversaire de Lydia.

- Ah, répondit Stiles, mais Jackson vit bien qu'il n'en croyait pas un mot.

C'était le problème avec le fait d'avoir un petit-ami un peu trop malin. Il devinait tout.

Sauf ce que tu lui as fait, Jackson.

Il devait lui dire.

Il resongea à la menace de Scott.

S'il lui disait… ça lui ferait du mal, pas vrai ?

Mais en se taisant… Jackson se rendait indigne de Stiles, qui méritait la vérité.

Lui dire, lui dire, lui dire. Il fallait lui dire.


La fête battait son plein.

- Y a pas à dire, s'époumona Stiles pour se faire entendre dans les percussions de la musique électro, Lydia peut être un vrai tyran, mais ses fêtes sont toujours géniales !

Jackson ne répondit rien, essentiellement parce qu'il était tout à fait d'accord, mais qu'il n'avait aucune envie de jeter des fleurs à Lydia. Chacun sa fierté.

En attendant, il était bien, là, en train de danser un collé-serré avec Stiles dans un recoin de l'immense salon de la maison près du lac qui appartenait à la grand-mère de Lydia – qu'elle adorait emprunter pour y donner des fêtes explosives.

Il n'avait pas envie de bouger. Pas du tout.

Il ressentait une délicieuse sensation dans le bas-ventre et dans tout son corps, à sentir Stiles ainsi collé contre lui. Il se sentait bien. C'était un mélange de fourmillements et de bulles de champagne qui éclataient doucement, et c'était loin d'être désagréable.

Jackson enfouit son nez dans le cou de Stiles, qui resserra ses bras autour de lui. Ils avaient fini par adopter une sorte de slow, qui ne correspondait pas du tout à la musique, mais qui avait le mérite non négligeable d'épargner les pauvres pieds de Jackson de ceux du trépignant et agité Stilinski.

- De plus en plus entreprenant, Jacks, chuchota celui-ci. J'aime bien.

S'il l'avait dit sans rougir comme une pucelle, la déclaration aurait peut-être eu plus de poids. C'était le paradoxe Stiles Stilinski. Il pouvait sans la moindre honte débiter ses fantasmes érotiques devant toute la cafétéria, vous jeter dans un placard pour vous peloter à toute force, ou encore vous caresser allègrement la cuisse lors d'un dîner en règle avec papounet, mais dès que c'était Jackson qui prenait les devants, Stiles Stilinski fondait comme un marshmallow trop près du feu et devenait soudain rougissant et bégayant. Pourquoi, Jackson n'avait toujours pas compris.

Mais il aimait bien. Rien que pour ça, Jackson était très satisfait d'avoir enfin fait le premier pas à son tour.

Le seul problème quand Stiles ne parlait pas, c'était que ça permettait à Jackson de penser.

(Pas de commentaire, OK ?)

Tu lui fais une blague, tu te sers de lui, je ne sais pas, avait dit Scott. Tu es à l'aise, il te met bien, il prend soin de toi, il te fait plaisir, et c'est ça que tu aimes chez lui ! avait dit Danny.

Tu es amoureux de lui, avait aussi dit Danny.

Amoureux. Amoureux. Amoureux. Amoureux. Tu dois lui dire.

Amoureux de Stiles. Jackson trouvait ça à la fois terriblement absurde et terriblement normal, et terriblement absurde que ce soit normal et terriblement anormal que ça lui paraisse absurde.

Il voulait Stiles, plus de Stiles.

Jackson s'écarta de Stiles, lui agrippant la main au passage. Avant que l'hyperactif et sa moue déçue n'aient pu dire quoi que ce soit, Jackson lui adressa son plus beau sourire (pas le sourire charmeur, le vrai sourire) et lui souffla :

- Viens.

Et Stiles le suivit, bien sûr. Parce que Stiles le suivait toujours, quoi qu'il dise et quoi qu'il fasse, avec la plus parfaite confiance, en ignorant que Jackson était le pire des menteurs.

Lydia avait eu la bonne idée de réaménager les vieilles chambres de la maison – enfin, elle avait chargé Isaac et Erica de le faire, mais c'était du pareil au même. Ses amis avaient eu le droit d'en choisir une à leur usage exclusif, histoire de pouvoir dormir sur place – ou plus si affinités. Lydia ne tenait pas spécialement à ce qu'un accident de voiture causé par l'alcool vienne troubler LA fête de l'année. Celle de Jackson et de Stiles était tellement cosy que Jackson n'avait presque pas envie d'en sortir.

Une fois qu'il eut refermé la porte derrière lui, toutes ses belles résolutions s'envolèrent. Stiles venait d'ôter sa chemise, ce qui le laissait en t-shirt devant un Jackson qui avait tout loisir d'admirer les bras décidément musclés de Stiles et – oh, bon Dieu, ça y est, il était tout excité.

Tu dois lui parler !

Jackson se jeta sur lui pour l'embrasser avec frénésie.

C'était plus fort que lui.

Il avait envie de tout dévorer chez Stiles. Sa bouche. Son cou. Ce tout petit espace entre son visage et sa nuque qui faisait gémir l'hyperactif dès que Jackson y aventurait sa propre bouche. Ses épaules – et son torse tout entier, découvrit-il dès que Stiles ôta son t-shirt. Oh oui, il voulait ça aussi, et il voulait Stiles, ses mains, sa peau, ses lèvres sur lui…

Tu dois lui dire !

- Oh, Scott ! gémit soudainement une voix.

Jackson et Stiles se décollèrent soudainement l'un de l'autre, éberlués.

- Scooooott !

- Me dis pas que McCall et Argent sont dans la chambre à côté ? grogna Jackson.

- Je vais tuer Scott, répondit Stiles en un gémissement contrarié.

- Ce type est un tue-l'amour.

Ils étaient vautrés sur le lit, réalisa Jackson. Stiles était couché sous lui, et Jackson avait les mains… il avait les mains dangereusement près du caleçon de Stiles.

Le truc, c'est que les bruits incessants de Scott et d'Allison cassaient complètement le moment.

En soupirant, Jackson se laissa tomber à côté de Stiles, sur le matelas. Stiles se blottit contre lui.

- J'avais imaginé notre première nuit autrement, soupira Jackson.

- Parce que tu l'avais imaginée ? releva Stiles.

- Je ne répondrai à cette question qu'en présence de mon avocat.

Stiles ricana.

- Je vais tuer Scotty pour m'avoir empêché de perdre ma virginité, grogna-t-il.

- T'inquiète pas, je te la prendrai quand même. Un autre jour.

- Heureux de l'apprendre.

Allongé ainsi, Stiles dans ses bras et lui-même à moitié dans les bras de Stiles, Jackson se sentait si bien.

- Tu as changé, cette semaine, murmura Stiles. Tu es plus… entreprenant.

Jackson tourna la tête pour plonger ses yeux dans les siens. Les prunelles dorées de Stiles brillaient comme jamais.

Il perdrait ça à tout jamais s'il le lui disait.

Un grognement de Scott, dans la chambre à côté, confirma son idée.

Il perdrait Stiles.

Peut-être que ça ne valait pas la peine de le dire. A quoi bon ? Il était fou amoureux de Stiles, c'était un fait qu'il ne pouvait plus nier. Il l'était sûrement depuis un bon moment. Ils seraient malheureux tous les deux, si la vérité était dite. Pourquoi ne pas l'oublier ? Pourquoi ne pas plutôt se concentrer sur ce qu'ils vivaient tous les deux depuis le début ? Et sur ce qu'ils pouvaient encore vivre ? Leur première fois, qui arriverait bientôt, parce que Jackson en mourait d'envie; Londres; la fac…

Jackson leva la main pour caresser la joue de Stiles. Ça lui rappelait la fois où, juste avant de dîner avec le Shérif, il avait failli rompre avec Stiles. C'était sûrement le moment où il était définitivement tombé amoureux de lui.

Peut-être qu'il fallait juste tirer un trait sur le passé.

Peut-être fallait-il se contenter de vivre. Il ne voulait pas perdre Stiles. Il ne voulait pas le faire souffrir.

Il embrassa Stiles furtivement, sur la bouche.

- Je t'aime, lui dit-il.


ALORS ? QU'AVEZ-VOUS PENSE DU CHOIX DE JACKSON ?