Chapter 9: Mort les sangs-de-bourbes
A mort les sang de bourbes:
Sirius s'étira sur son fauteuil sans quitter son livre d'histoire des yeux. James, révisant lui aussi à côté, bailla bruyamment. Remus grogna en tournant une page. Joshua resta silencieux et stoïque, comme à son habitude. Ils avaient un ASPIC blanc à passer le lendemain sur l'histoire de la magie. Aussi, depuis trois heures déjà, ils s'étaient lancés dans des révisions sérieuses. James n'avait pas été ravi de devoir abandonner leur petite enquête pour réussir ses études, mais Joshua, à force de mots calmes et censés, l'avait persuadé qu'il avait encore le temps, mais qu'il ne fallait pas attirer l'attention sur eux. Firetail jeta un coup d'œil calme vers ses camarades. Il s'était réconcilié avec Remus. Enfin disons qu'ils ne s'évitaient plus et parlaient comme avant. Après, il est vrai que beaucoup de choses avaient changées, et le rouquin ne s'était toujours pas décidé à lui parler de ses sentiments pour le loup garou. Il ferma son livre dans un bruit sec et s'allongea sur le canapé, posant ses pieds sur les genoux de Prongs. Ce dernier arrêtât sa lecture à son tour, et les deux autres aussi.
« Sa majesté est
bien installé ? Ricana James en croisant les bras.
Ma
foi, oui. Répondit négligemment le garçon sous
les ricanements de ses camarades. A défaut d'être
esthétique tu es un repose-pied très confortable ! Lily
en a de la chance d'avoir un mobilier de si bonne qualité à
sa disposition !
Tu sais ce qu'il te dit le mobilier !
Les garçons, ne commencez pas à vous chamailler !
Prévint Cathy en entrant dans la pièce avec Lily et
Joe. Bonjour Joshua ! »
Elle lui ébouriffa les cheveux, sous l'œil horrifié des autres maraudeurs. Joshua, prenant une couleur bien rouge jurant affreusement avec ses boucles oranges, s'apprêtait à lui lancer les remarques les plus cinglantes qu'il connaisse mais une autre main vint s'enfouir dans sa chevelure toujours trop bien coiffée.
« Bonjour
Joshua ! dit Lily en souriant.
Salut Joshua ! Poursuivis
Joséphine en copiant le geste.
MAIS VOUS ALLEZ ARRÊTER
! S'emporta violement le garçon en se levant pour regarder
son reflet dans une vitre, tentant nerveusement de se recoiffer.
Pouviez pas dire bonjour normalement, non, fallait que vous me
touchiez, plus aucun respect... »
Les filles partirent en gloussant dans le dortoir, tandis que les autres Maraudeurs restaient seuls avec un Firetail trèèèèèès énervé. Une fois arrangé, il retourna au canapé et le contourna pour aller à une table de travail derrière. James fronça les sourcils en le regardant faire.
«
Tu ne vas quand même pas réécrire à ton
père ! Dit il.
Je dois savoir où ça en
est. Répondit le rouquin en trempant une plume dans son
encrier. Non seulement il a énormément d'informations
concernant les ravisseurs, mais en plus il sait où ça
en est pour mon inscription au club des capuchons noirs. »
Il commença à écrire de son écriture fine et élégante avec un sérieux qui à présent lui était coutumier. Pas facile de faire parler un homme comme son père, mais avec les bons mots, les bons arguments, les bonnes armes en somme, il y parviendrait aisément. Sirius se leva et lu par-dessus son épaule.
« Très
tendre père ? Répéta Sirius, incrédule.
Mais alors tu n'écris pas à l'autre ?
Papa adore
ce genre de phrase, ça le met en confiance... marmonna Joshua
avec tout le sérieux du monde. Il pense que je lui suis
entièrement dévoué, et ça pourrait lui
faire me pardonner d'avoir refusé l'invitation du Lord
Truc...
Je vois. Dit Patfoot, impressionné malgré
lui de la fourberie de son ami. Mais t'a fait une faute, là.
»
Il lui désigna un point de la lettre déjà bien avancée et Joshua, avec un soupir, la modifia. Percevant ce soupir, Sirius éclata de rire.
« Hein, c'est énervant mon petit Fire' ! Ricana-t-il. Reprocher la moindre petite erreur à longueur de journée ! »
Joshua se tourna vers lui et les autres toujours assis dans leurs fauteuils. Il paraissait soucieux.
« Ca vous énerve vraiment
? demanda-t-il.
Bah...
Heu... »
Il y eut un silence gêné, puis...
« Oui. » dirent-ils en chœur.
L'impassible Joshua Cash parut alors tout triste et gêné.
« Jefréplu...
marmonna-t-il d'une petite voix de gamin en se tordant les doigts.
Hein ? fit James.
Je... le ferais plus. » Répéta
Firetail en se retournant sur sa lettre.
Il y eut un instant de stupéfaction générale, avant que James et Sirius ne poussent un magistrale « OUAIIIIIIIIIIIIIIIII ! » de victoire. Remus se contenta d'un sourire, se leva et, attendant que les deux autres s'éloignent un peu, tout à leurs réjouissances, se rapprocha du pauvre Joshua qui semblait regarder son parchemin comme un naufragé une bouée. Il s'assit à côté de lui et lui sourit.
«
T'es pas obligé de le faire, tu sais, Josh'. Assura le
lycanthrope.
Je... je sais mais... regarde, eux ils sont plutôt
contents...
Tu te soucies de toi des fois ? demanda Remus en
fronçant les sourcils sévèrement.
Bien sûr,
je... »
Mais Joshua ne trouva rien à dire. A part critiquer sans arrêt, rien de ce qu'il faisait n'était pour son intérêt propre. Et toujours quand Remus prenait cet air sévère, il se sentait plus gêné que jamais. Il tenta de défroisser quelque chose, en l'occurrence sa lettre, et Remus se retint de ne pas rire face à cette gêne excessive.
« Tu sais, tu pourrais peut-être te livrer à d'autres occupations maintenant que tu as décidé de ne plus râler, des occupations qui te plaisent vraiment, qui te détendent... »
Comme te coller au mur et t'embrasser comme un fou durant une heure ? Songea lamentablement l'animagus en rougissant de ses propres pensées.
« ... je sais que
l'enlèvement de ta mère te préoccupe, c'est
normal, mais bon, une sortie ensemble...
Hein ? Se réveilla
le jeune homme, ses yeux beiges grand ouverts.
Bah oui, toi,
James, Sirius et moi.
Ah, oui, bien sûr ... »
Objectif : Obtenir de James qu'il reste au château avec Lily, que Sirius fasse de même avec une conquête, et ainsi, avec un peu de chance, je serais seul avec Moony... non ?
« Alors ?
demanda enfin Remus.
Si tu veux... je... je vais à la
volière... tu comprend, la lettre... »
Alors que
Lily et les autres filles revenaient à la salle commune,
Joshua, encore un peu intimidé, et très frustré
par l'étroitesse de son pantalon que, merci Merlin, sa robe
cachait, sortit d'un pas vif en direction de la volière.
Au
bout de dix minutes, il en ouvrit la porte et observa les hiboux avec
une grimace de dégoût. Il détestait les hiboux
pour leur manque de propreté. Il n'avait jamais aimé
d'autres animaux que les chats, en encore, à petite dose. Il
s'approcha, sur la pointe des pieds pour ne pas marcher dans une
fiente, d'un grand-duc aux plumes lisses de couleur brune et lui
confia la lettre. Il l'amena à la fenêtre et lui souffla
un « bon voyage » avant de le regarder s'envoler. Il
s'accouda à la fenêtre. Une pluie très fine
tombait sur le parc, le ciel était gris, le vent très
frais, mais cela plaisait bien à Joshua quand même. Il
baissa ses yeux délavés sur l'étendue verte la
plus en face de lui, pour ne pas regarder en bas, ranimant ainsi
bêtement son vertige. Lily et James semblaient être
sortis avec les autres. Il sourit en songeant qu'il allait les
rejoindre dans quelques minutes.
Puis il sentit son esprit
flotter, son corps s'alléger. Sa tête était vide
et il sourit de toutes ses dents, comme jamais ça ne lui était
arrivé. Une envie irrésistible, une douce voix dans sa
tête, lui soufflait l'idée de monter sur le rebord. IL
hésita un court instant, puis doucement, escalada et se mit
debout sur le rebord. Il regarda en bas, il se sentait libre. Disparu
la sensation de vertige ! La voix douce continua à lui parler
comme un écho dans son esprit.
« Regardes les... regardes les... »
Il leva les yeux vers James, Lily, Cathy, Joe, Sirius et Remus et ses yeux brillèrent d'un éclat de haine et de dégoût qu'il ne comprenait pas lui-même, mais qui ne lui était pas désagréable, bien au contraire. Il y avait d'autres élèves tout autours. Suivant chaque conseil de la petite voix, il amplifia magiquement sa voix et hurla à pleins poumons :
« A BAS LES SANGS DE BOURBES ! MORT A TOUS CEUX QUI SE LEVERONT CONTRE LE SEIGNEUR DES TENEBRES ! MORT AUX SANGS DE BOURBES ! MORT ! PARTEZ IMMEDIATEMENT, PARTEZ, FUYEZ, OU JAMAIS PLUS VOUS NE VERREZ LE JOUR ! A MORT ! »
Puis il se mit un rire. Son rire... il ne l'avait plus entendu depuis tant d'années ! Un rire hautain, et d'un ton à la fois beau et cruellement froid, presque irréel. Sa tête lui sembla se remplir et son corps reprendre ses sensations. Mais son rire continuait à résonner en échos dans sa tête. Pourtant il ne riait plus. Terrifié d'être aussi proche du vide, abasourdi par ce qu'il venait de faire et encore assommé par la sensation de plénitude qui venait de le quitter, il ne se rendit pas tout de suite compte des cris poussés en bas, de l'expression indéchiffrable sur le visage de ses amis, des pleurs, de la porte qui s'ouvrait à la volée derrière lui, des mains qui se posaient sur ses hanches et l'obligeaient à redescendre à l'intérieur de la volière, des mots qui lui étaient dit, parfois avec fermeté, d'autres fois avec dégoût ou déception. Il ne vit pas les couloirs où on le traînait, ne su pas ce qui lui arrivait. Il ne savait rien.
