Les vacances sont finies …..
Ravie de vous retrouver avec ce nouveau chapitre que l'on va qualifier de transition.
Bonne lecture.
Y&A
PS : merci à celles qui ont laissé une petite trace de leur passage depuis la publication du précédent chapitre. Mention spéciale à Paulinelek57 et fannydespres qui ont rejoint le club de nos lecteurs ! Bienvenue.
Chapitre 9
New York, dimanche 18h00 (heure locale), bibliothèque de Finch
Les doigts de Finch se déplaçaient à la vitesse de l'éclair tandis qu'il cherchait le vol commercial le plus simple et le plus rapide pour se rendre à Laredo. Il pensait ainsi ne pas attirer l'attention sur sa personne en arrivant sur place un deuxième jet privé arrivant de New York en quelques jours risquait fort d'alerter le réseau d'information d'Alvaredo.
"Je vous accompagne," avisa Mozzie.
Finch poussa un soupir. Il se doutait que son invité n'allait pas renoncer à ce voyage ; il avait déjà été mis sur la touche lors du départ de Reese et Shaw.
"M. Mozzie, ne m'obligez pas à vous enfermer une nouvelle fois…"
Mozzie ouvrit la bouche pour protester mais s'aperçut qu'aucun son ne sortait de sa bouche tant il était outré.
"J'ai besoin de vous à New York," enchaîna le génie sans lui laisser le temps de parler. "Je ne doute pas un instant de l'efficacité de l'équipe de l'agent Burke. Si nous avons pu retrouver la trace de M. Caffrey, il ne tardera pas à arriver aux mêmes conclusions."
"L'abandon de la camionnette à l'aéroport n'était pas très malin," confirma Mozzie.
"Voulu, je le pense, pour laisser croire à une évasion impromptue de M. Caffrey."
"Effectivement," murmura Mozzie.
"Je voudrais que vous gardiez un œil sur l'équipe du FBI. Je n'irais pas jusqu'à vous demander d'entraver leurs recherches, mais au moins de nous tenir informés de leurs progrès. Comme vous le savez, nous ne tenons pas trop à la publicité. Si nous pouvions éviter de nous trouver confrontés au FBI à Laredo …"
"Vous voulez que j'espionne le FBI ?" demanda Mozzie, dont les yeux brillaient déjà par anticipation.
"Voyez cela comme une mission d'infiltration…" suggéra Finch. "Par ailleurs, si l'agent Burke découvre que vous vous rendez au Texas alors même que votre ami a disparu, il vous fera forcément suivre. Il ne doutera pas une seconde que vous ayez des informations qu'il n'a pas."
"Je sais me faire discret…" se défendit Mozzie. "Je peux voyager sans qu'ils ne me trouvent."
"J'en suis totalement persuadé. Mais si nous pouvions nous assurer qu'ils concentrent leurs recherches au mauvais endroit, cela serait préférable."
Mozzie fronça les yeux en réfléchissant. "Je peux sans doute les aiguiller sur quelques pistes…"
Finch eut un léger sourire. Il savait que Mozzie ne résisterait pas à la proposition de brouiller les pistes du FBI.
Il avait quelques heures avant d'embarquer, il décida de préparer dès maintenant une clé USB destinée au piratage de l'ordinateur d'Alvaredo.
Mozzie eut un sursaut en le voyant introduire la clé dans le lecteur.
"Mozzie ?" s'enquit Finch doucement en le voyant pâlir.
Le petit homme, qui jusque-là avait été debout arpentant le bureau tout en réfléchissant à un plan pour se jouer du FBI, se figea en le regardant et se laissa tomber sur une chaise.
"Je pensais qu'il plaisantait…" murmura Mozzie.
"Pardon ?" fit Finch interloqué.
"Quand John a dit qu'il s'inquiétait quand vous utilisiez son prénom…" expliqua Mozzie. "C'est la première fois que vous ne m'appelez pas 'Monsieur'."
Finch eut une légère grimace.
"Ces derniers mois ont été pour le moins actifs. Après la… disparition de Keller, j'avoue que j'ai passé un peu de temps à essayer d'en savoir un peu plus sur vous."
Finch lui lança un regard de reproche, auquel il répondit d'un haussement d'épaule. Ils étaient pareils dans ce domaine, le génie informaticien n'allait pas lui faire la leçon.
"Je suis réellement admiratif du travail que vous avez fait. Vous n'existez littéralement pas. Enfin si, mort et corps disparu dans une explosion…" Mozzie s'arrêta un instant songeant qu'il avait lui-même mis fin à la vie de son "vrai" lui. "Pour le reste…"
"Où voulez-vous en venir, M. Mozzie ?" demanda sèchement Finch.
Mozzie eut un sourire au retour à la formalité de son hôte.
"Je me suis évidemment cassé les dents sur la clé que vous m'avez donnée. Je voulais m'y consacrer avec davantage de temps, mais je l'ai totalement oubliée avec cette histoire de manuscrit et de course au diamant…"
Finch garda le silence. Il regrettait d'avoir remis cette clé à Mozzie. A son sens, certains secrets méritaient vraiment de le rester. Quand il avait vu Mozzie réagir en voyant la clé USB, il avait immédiatement compris pourquoi son invité avait pâli. Il avait de toute évidence oublié l'existence de la clé en sa possession. Revoir le même modèle, peu utilisé et donc facilement identifiable, avait ravivé sa mémoire.
En tout état de cause, Mozzie n'avait pas encore pu accéder aux informations.
"Mozzie," répéta Finch doucement. "Si je vous demandais de détruire la clé sans chercher à la décrypter, m'écouteriez-vous ?"
"Le feriez-vous à ma place ?"
"Probablement pas… mais mon passé prouve que je n'ai pas toujours fait les meilleurs choix dans ma vie."
"Vous avez trouvé des informations susceptibles de me mettre en danger ?"
"En danger, non. Vous blesser, plus vraisemblablement. Vous êtes un homme foncièrement bon, M. Mozzie. Je ne veux pas jouer avec votre cœur."
La gentillesse de la remarque toucha Mozzie. Elle contrastait tellement avec le côté justicier solitaire de son association avec John. Le passé de Finch était sans doute encore plus surprenant qu'il ne l'imaginait.
"Je ne vous promets rien, Finch, mais je garderai votre mise en garde à l'esprit."
"Je n'en demande pas plus."
Finch se leva et observa Bear se lever d'un bond, toujours prêt à le suivre.
"Oh ! Mozzie, puis-je vous demander un service ?"
"Bien sûr, tout ce que vous voulez", répondit Mozzie avec empressement.
"Accepteriez-vous de prendre Bear en pension jusqu'à notre retour ? " demanda Finch.
Mozzie regarda le malinois d'un air un peu inquiet. Le chien n'avait jamais fait preuve de la moindre animosité à son égard mais il avait l'air capable d'arracher le bras d'un homme sans même perdre son calme. Rien à voir avec le chien miniature de June…
"D'accord," fit-il d'une voix hésitante.
Finch eut un léger sourire. "Ne vous inquiétez pas. Bear est un chien bien plus civilisé que de nombreux êtres humains. Il ne vous causera aucun souci."
"Je n'en doute pas."
"Par contre, si vous pouviez vous abstenir de lui donner autre chose à manger que ses croquettes, j'apprécierai. M. Reese a tendance à se montrer bien trop laxiste à son égard."
"Je vais vous raccompagner chez vous en me rendant à l'aéroport. Je compte sur vous pour nous tenir au courant de la situation ici en notre absence."
Et comme la chose la plus naturelle au monde, il lui tendit la cagoule noire.
"J'ai le droit de garder votre chien, mais pas de savoir où vous habitez ?"
Finch lui adressa un léger regard de reproche et Mozzie poussa un soupir.
"Vous pourrez m'en faire une à mon nom la prochaine fois ?" plaisanta-t-il.
Finch eut du mal à cacher un petit sourire amusé. "Allons-y, M. Mozzie."
POI - WC - POI - WC - POI -WC
Laredo, Texas, lundi 10h00, Hôtel La Posada
Finch se dirigea vers la réception de l'hôtel.
"Bonjour, je viens voir…"
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'il se retrouva dans les bras de Shaw.
"Oncle Harold ! Que joie de te voir. Quand Ted m'a dit que tu venais, je ne voulais pas le croire."
Finch se raidit et lui adressa un sourire crispé. Shaw savait pertinemment qu'il détestait ce genre de contact. Il était clair qu'elle se vengeait pour son "mariage" avec John. Elle lui retourna un sourire radieux en lui plaquant deux baisers sonores sur les joues.
Finch regarda John d'un air aggravé. Celui-ci haussa légèrement les épaules.
"Vous deviez vous y attendre, non ?"
Finch eut une grimace. "J'espérais un peu plus de retenue."
Ils suivirent le garçon d'étage qui portait les valises dans la suite.
John lui laissa à peine le temps de poser les valises et lui glissa un billet en le mettant dehors.
POI - WC - POI - WC - POI -WC
Laredo, lundi 16h00, propriété d'Alvaredo
Les Delmott se présentèrent à l'heure convenue devant le grand portail de la propriété d'Alvaredo. Shaw en profita pour observer le "fameux" symbole.
Comme espéré, les mesures de sécurité furent beaucoup moins drastiques que lors de leur première visite. Ainsi personne ne put soupçonner que John cachait dans ses poches non seulement la clé USB destinée à pirater les ordinateurs de la propriété mais aussi un mini-appareil photo.
Il fallait maintenant parvenir à croiser Neal le plus naturellement possible pour n'éveiller aucun soupçon et procéder à l'échange.
Comme elle s'y attendait, Shaw -ou plutôt Eléonore- fut happée par Alma Alvaredo dès leur arrivée.
"Ma chère Mme Delmott, je suis ravie que vous ayez accepté notre invitation. Mon époux m'a fait part des déboires techniques de votre appareil. Je n'ose imaginer votre déception. Laredo est loin d'offrir le moindre attrait."
"Appelez-moi Eléonore. Merci infiniment pour cette invitation. Je dois avouer que j'ai un peu perdu patience quand notre pilote nous a annoncé que nous devions nous poser en catastrophe." Avec un léger rire, elle posa sa main sur le bras de Mme Alvaredo. "C'est bien simple, je n'ai même pas envisagé une seconde que nous aurions très bien pu nous écraser !"
"Venez, je vais vous faire visiter le jardin. Vous en apprécierez la fraîcheur." Elle se tourna vers son mari. "Hector, je suis sûr que toi et M. Delmott avez plein de sujets très rébarbatifs à évoquer. Nous nous retrouverons sur la terrasse tout à l'heure pour prendre un verre."
Prenant Shaw par le coude, elle l'entraîna sans plus de façons vers l'extérieur.
John la regarda partir avec inquiétude. Il espérait seulement qu'elle ne perdrait pas patience trop vite. Il aurait peut-être dû davantage insister pour qu'elle ne cache pas d'arme dans son sac…
Quant à Ted, il fut invité à suivre Hector dans la demeure principale. Il s'attendait à ce qu'Alvaredo lui pose des questions sur ses affaires. John se dit en lui-même qu'il fallait qu'il fasse très attention à ses paroles ; il serait mal venu que son hôte ne soupçonne qu'il en savait beaucoup plus à son sujet qu'il ne le laissait paraître.
Pour l'instant, il suivait Alvaredo dans les couloirs de sa demeure celui-ci décrivait avec un plaisir évident la provenance des œuvres d'art accrochées aux murs ou posées sur des étagères. Il devait admettre que l'homme d'affaires avait réussi à rassembler une impressionnante collection. Il imaginait sans peine le plaisir que devait éprouver Neal à observer ces œuvres inconnues réalisées par les plus grands noms.
Alors qu'Alvaredo lui signalait un tableau de Turner, Neal apparu au fond du couloir. Il ne manifesta qu'un vague intérêt à son égard, et bien que connaissant son talent, John ne put s'empêcher une nouvelle fois d'être admiratif devant son air impassible.
"Ah, M. Caffrey !" s'exclama Alvaredo en le voyant. "M. Delmott, je vous présente Neal Caffrey. Il nous arrive tout droit de New York ; c'est un artiste plein de talent qui a accepté de passer un peu de temps dans notre petite ville de Laredo pour peindre notre portrait."
John sortit la main de la poche de son pantalon pour le saluer. "M. Caffrey, enchanté."
Comme convenu, il en profita pour lui glisser la clé USB ainsi qu'un mini-appareil photo, accompagné d'une note lui expliquant comment lancer le programme.
"M. Delmott," répondit Caffrey serrant la main en retour le plus naturellement du monde.
"J'avoue ne jamais avoir songé à faire faire notre portrait à un artiste, mais je pense que l'idée plairait sans aucun doute à mon épouse. Acceptez-vous toutes les propositions ? Seriez-vous libre une fois votre engagement avec M. Alvaredo terminé ?"
Neal haussa une épaule, jouant son rôle à la perfection, "Je suis un artiste, M. Delmott. Je n'ai jamais d'agenda très précis à l'avance. Je ne peux rien vous promettre. Laissez-moi vos coordonnées et je vous contacterai."
"Avec plaisir. Je n'ai pas de carte de visite sur moi, mais je m'assurerai que M. Alvaredo vous les communique."
"Très bien. Bonne journée, M. Delmott," le salua Neal en s'éloignant.
Alvaredo observa Neal qui prenait la direction du bureau, en direction du parchemin pour continuer son travail de recherche. Il se retourna vers son visiteur pour poursuivre sa visite des lieux.
Neal avait peu de temps pour installer le programme sur l'ordinateur d'Alvaredo. Il devait profiter de cette visite de John et Shaw, sachant qu'ils feraient de leur mieux pour tenir le propriétaire des lieux éloigné de son bureau.
Les gardes qui surveillaient en permanence les couloirs le laissèrent entrer sans aucune difficulté dans le bureau d'Alvaredo, son atelier de travail étant contigu. Une nouvelle fois, Neal se félicita ce manque de discernement. L'homme tenait tant à conserver ses œuvres les plus secrètes à portée de main qu'il lui avait donné un accès total à son bureau. Connaissant l'homme, il venait à penser que celui-ci n'était qu'un bureau secondaire, destiné à donner le change alors qu'il possédait un autre lieu où il conservait ses données les plus précieuses.
Les difficultés rencontrées par Finch pour pénétrer son système témoignaient de la paranoïa de l'homme. Alvaredo avait étudié son passé ; il savait donc sans aucun doute que les clés des tiroirs ne le tiendraient pas bien longtemps éloigné des données qui s'y trouvaient. Ce qui impliquait sans doute que le dossier qu'il avait feuilleté brièvement deux jours plus tôt était destiné à être vu.
Il installa la clé USB et appuya simplement sur la touche entrée comme les instructions manuscrites le lui précisaient. Il devait attendre quelques minutes avant de pouvoir la retirer. Il jeta un œil inquiet vers la porte qu'il avait pris soin de fermer, espérant qu'Alvaredo ne déciderait pas de montrer son bureau à son invité.
Un "OK" apparu enfin sur l'écran et Neal récupéra la clé, puis se dirigea vers l'atelier. Au tour de Finch de jouer, lui devait continuer à essayer de percer le mystère du manuscrit.
Au moment même où Neal pénétrait dans l'atelier, son hôte et son invité entrèrent dans la pièce. Il se rapprocha de la porte et les entendit commencer à parler affaires. Il les écouta quelques minutes, impressionné par les capacités de John à parler de fusions-acquisitions, de bons coups en bourse.
Puis il se souvint qu'il fallait encore qu'il photographie le parchemin et trouve un moyen de rendre la clé USB et l'appareil-photo à John avant son départ. Il prit plusieurs clichés du parchemin et quelques-uns de la pièce à tout hasard.
Alvaredo et Reese quittèrent finalement le bureau pour se diriger vers la terrasse. Derrière la porte, Neal fronça les sourcils d'un air pensif puis eut un léger sourire. Il venait de trouver comment redonner les éléments à John. Il alla dans sa chambre et enfila un maillot de bain puis prit une grande serviette colorée. Il faisait chaud, rien de tel que quelques longueurs dans la piscine pour se rafraîchir. On pourrait difficilement lui reprocher d'avoir oublié que ses hôtes avaient des invités…
Sur la terrasse, Alma et Shaw avaient rejoint les deux hommes qui s'étaient galamment levés à leur approche.
"Vous avez là un jardin tout à fait exceptionnel, Alma," fit Shaw avec toute la classe dont elle était capable lorsqu'elle s'en donnait la peine.
"C'est l'un de mes hobbies, j'avoue que j'en tire énormément de plaisir."
Un employé vint poser un plateau avec des rafraîchissements et s'éloigna sans prononcer un mot.
Alvaredo se tourna vers John.
"Il est fort regrettable que je n'ai appris votre arrivée qu'hier. Vous auriez pu venir à notre petite soirée de samedi. Certains de mes invités auraient été ravis d'échanger avec vous sur votre point de vue sur les investissements en LBO."
John et Shaw échangèrent un rapide regard complice.
"Je suis sûre que vous avez organisé une réception tout à fait exceptionnelle," dit Shaw à Mme Alvaredo.
La riche épouse eut un faux sourire modeste.
"Un autre de mes plaisirs. Cette réception est devenue l'événement de l'année, je dois me montrer à la hauteur."
Un plouf à l'autre bout de la piscine à proximité leur fit tourner la tête. Neal fit un aller-retour d'un crawl puissant avant de ressortir et poser un bras sur le bord du bassin en secouant la tête. Habitude bien inutile avec ses cheveux courts, il grimaça malgré lui. Il regarda alors vers la table posée sur la terrasse toute proche.
Alvaredo le regarda d'un air légèrement contrarié puis lui fit un petit signe de la main. Neal sortit de l'eau et prit sa serviette se séchant rapidement. Il s'approcha de la table.
"Toutes mes excuses, M. Alvaredo. Je pensais être seul à cette heure-ci."
Son hôte accepta les excuses d'un hochement de la tête et John prit la parole.
"Chérie, sais-tu que nos hôtes ont recruté M. Caffrey pour peindre leur portrait. Que penses-tu de cette idée ?"
Shaw laissa courir son regard sur le corps superbe de l'informateur. Ses costumes lui allaient à ravir, mais le maillot qu'il portait ne laissait pas grand place à l'imagination. En tant que femme, la silhouette était loin de lui déplaire. Elle adressa un sourire à son "époux".
"Oh quelle charmante idée !" Elle se tourna vers Neal. "Accepteriez-vous de travailler pour nous ?" lui demanda-t-elle en tendant la main.
Neal s'approcha, s'essuyant à nouveau avec la serviette et lui tendit la main.
"Je peux difficilement refuser quoi que ce soit à une personne avec sourire comme le vôtre Mme Delmott." Glissant la serviette sur son bras, il en profita pour lui redonner la clé USB et l'appareil photo. "Ce sera un plaisir."
"Je vous laisserai ma carte à l'accueil de l'hôtel Posada. Vous pourrez ainsi nous contacter," précisa John.
Les saluant d'un dernier geste de la tête, Neal repartit vers l'intérieur, s'autorisant un sourire satisfait dès qu'il leur eut tourné le dos.
La fin de journée des Delmott en compagnie des Alvaredo prit fin lorsqu'Hector se leva et prit congé pour, dit-il, assister à une réunion avec ses associés.
John et Shaw remercièrent longuement Mme Alvaredo pour cet agréable moment et quittèrent la propriété sans avoir revu Neal. C'était sûrement mieux ainsi, ils ne pouvaient risquer d'attirer l'attention sur le fait qu'ils se connaissaient et que donc tous mentaient sur leurs véritables intentions.
Tout en rentrant à l'hôtel, les deux agents échangèrent leurs impressions sur leurs hôtes et sur tout ce qu'ils avaient pu noter pendant leurs visites respectives de la propriété.
Grâce à sa visite approfondie des jardins, Shaw avait acquis la conviction que la meilleure façon d'exfiltrer Neal serait d'utiliser l'accès par le lac. Une attaque frontale serait un suicide à deux contre au moins douze gardes. John lui donna d'autant plus raison qu'il avait repéré bien plus précisément les systèmes de sécurité très sophistiqués durant sa visite du bâtiment principal : un réseau de caméras très dense, des détecteurs de mouvements... Des observations confirmées lorsqu'Alvaredo avait été arrêté par l'un de ses gardes près d'une salle de contrôle où John avait pu entrevoir de multiples écrans vidéo avant qu'Alvaredo, lui-même, ne ferme la porte promptement, comme s'il avait quelque chose à cacher à son invité.
Ils espéraient que l'objectif essentiel avait été rempli par Neal, à savoir l'implantation du programme créé par Finch, afin d'accéder aux informations de ce mystérieux individu qu'ils avaient en face d'eux.
Leur patron ne leva même pas la tête lors de leur retour à l'hôtel, son attention totalement absorbée par l'écran de son ordinateur. Ils avaient leur réponse, Neal avait accompli sa mission.
Les agents allèrent se coucher quelques heures plus tard, après avoir entendu maintes fois Finch s'agacer de ne pas encore pouvoir accéder aux réseaux de leur ennemi. Il faisait face visiblement à un adversaire de taille.
A suivre…
