Et bien voilà le chapitre 9 (assez pitit je l'avoue), qui vous arrive des tréfonds d'un cerveau en bouillie XD. Crève + fatigue + fan attitude qui vrille les neurones + dissertation et rapport à terminer =... euh... je trouve même plus le mot, tiens T_T.
C'est noté Museelo, et merci ! :)
Délicatesse et diplomatie
Lorsqu'ils retournèrent au local peu après pour y reprendre le travail, le silence fut encore pire que lors du premier trajet... Un rien plus pesant, disons... Kame avançait tête baissé bien au bord du trottoir comme si Yamapi avait la peste. Il était à moitié mort de honte et il n'osait même pas imaginer ce à quoi Yamapi pouvait bien penser en ce moment... Rien que repenser à al conversation qu'ils venaient d'avoir... Il en avait des frissons. Dans quel pétrin s'était-il fourré. Et pourquoi l'autre imbécile était-il revenu, d'abord ? C'était sa faute, tout ça ! Kame sur le coup, avait accumulé tant de rancune qu'il avait éclaté... N'empêche que si une partie de lui en voulait à Jin, l'autre... se retrouvait exactement dans la même position que 6 mois avant, à ne plus contrôler grand chose... Néanmoins... Ca lui faisait mal de l'avouer, mais la question la plus judicieuse n'était pas « pourquoi est-il revenu », mais bien « pourquoi est- parti » ? Il lui avait tant manqué, d'un autre côté... Pour sa part, Yamapi dernier souriait, plutôt amusé par la situation et curieux de voir de quelle façon les choses allaient tourner, maintenant. C'est alors que Kame se planta brusquement devant lui, un air effaré sur le visage :
Tu ne lui diras rien, n'est-ce pas ?
Hm ? A qui ? Fit Yamapi avec une tête de parfait crétin.
Arrête s'il te plaît, j'ai pas envie de rire ! Blêmit Kame. La conversation qu'on a eu restera entre nous, non ? insista-t-il.
Serais-tu en train d'avouer quelque chose ?
De toute façon, le détromper ne servirait à rien, tant Yamapi semblait parfaitement certain de ce qu'il pensait... Et puis à dire vrai, même s'il était encore très mal à l'aise d'en parler, quelque part, ça lui faisait du bien, d'avoir trouvé un interlocuteur... De là à dire qu'il allait se confier à lui, non, ce n'était pas le genre de Kame se s'épancher ainsi... Mais quand même, partager son secret, ça enlève un certain poids... Kame jetta un coup d'oeil à droite, puis un à gauche comme s'il s'assurait que personne n'était trop près d'eux... Il soupira longuement... Et ses joues s'empourprèrent lorsqu'il répondit rapidement :
Ca sert à quoi, de s'étaler sur le sujet alors que tu as tout deviné...
Ouais mais... fit Yamapi, un peu surpris que ça soit si facile maintenant. Le fait que tu confirmes, ça me...
Quoi ? Quoi ? Paniqua Kame, tout à coup alerté.
Du calme, inutile de faire grimper ta tension comme ça, tu vas te faire du mal... ironisa-t-il. J'allais juste dire que ça me fait penser que les choses sont sérieuses.
Tout ça c'est très bien, fit Kame en ignorant le terme inquiétant de « sérieuses », mais tu n'as pas juré.
Quoi ça ?
Que tu ne diras rien ! S'énerva Kame.
Mais ça serait si gênant ?
Ca serait horrible ! S'écria Kame en roulant de grands yeux, comme s'il annonçait la fin du monde.
Sur le coup, Yamapi éclata franchement de rire. Les allures de tragédie grecque que ça prenait... Franchement, même à la télé, il n'y avait pas de programme aussi marrant que celui que lui offraient ces deux oiseaux là -malgré eux bien sûr- ! Et comme Kame n'avait pas l'air de rigoler, lui, il se reprit assez vite. Il se fit alors la remarque que son ami ne plaisantait pas : il ne voulait vraiment pas que ça se sache, et encore moins chez le principal intéressé... Ca avait l'air d'être un véritable drame... Ce qui constituerait un problème, quand même, le jour où Jin se déciderait à agir. Car il agirait, Yamapi en était convaincu. Jin était du genre fonceur, c'était d'ailleurs bien la première fois qu'il le voyait prendre tant de précautions... Alors il se sentit repartir pour une série d'échanges diplomates, tandis qu'il se remit à marcher.
Tu veux bien me dire pourquoi ? Sérieusement, hein, c'est une vraie question que je me pose...
Mais qui s'intéresserait à un type pareil ?! Fit Kame sur le ton de l'évidence. Je veux dire... Il est égoïste, concerné par rien, glandeur, caractériel... C'est...
Ah je vois, tu es dans le stade où tu ne comprends pas ce qui peut bien t'attirer, réfléchit Yamapi à voix haute.
Je ne suis pas...
Tu te rappelles ma dernière copine ? Le coupa Yamapi.
Ca pour m'en rappeler... fit Kame avec une moue, l'air de dire qu'il n'était pas fan de la fille en question.
Oui...Tout le monde pensait comme ça, admit Yamapi en hochant la tête. Même moi, je savais ses défauts. Et normalement, je ne laisse pas passer ce genre de choses, mais avec elle, j'ai pu en faire abstraction... Parce que d'autre part elle avait de grandes qualités, et puis parce que je l'aimais.
Traduction ? Fit Kame avec méfiance.
Je veux juste dire que tu ne peux pas toujours expliquer par A + B le pourquoi du comment, c'est pas un problème de maths, là ! On sait bien que la personne qu'on aime n'est aps parfaite, néanmoins ça ne change rien... Alors en fait, arrête-moi si je me trompe, mais ton principal souci, c'est même pas d'en pincer pour un homme ou un collègue... Mais sur un type que tu as mis de l'acharnement à détester durant un moment ?
...
Toi... Kame, t'es extraordinaire ! S'exclama Yamapi, ahuri. J'en ai jamais vu des comme toi ! Ce qui te bloque, c'est juste une question d'ego en fait... et une solide dose de peur, aussi.
Ca va ?! Ironisa Kame, piqué au vif. Je te dois combien pour la consultation ? Tu m'avais pas parlé de ta reconversion...
Je ferai fortune avec toi comme seul client !
Alors histoire de cloturer le sujet définitivement, vas-y.
Vas-y quoi ? Demanda Yamapi.
Fais-moi ta remontrance, donne moi ton bon conseil, qu'on en finisse, soupira Kame.
Dis, si je t'emmerde hein, surtout n'hésite pas à le dire...
Excuse-moi. C'est pas après toi que j'en ai. Je suis juste... désolé, lâcha Kame, sincèrement.
Je plaisantais. Mais t'as pas tort, conclut-il, vu que ça le démangeait d'ajouter son grain de sel, je vais juste ajouter ceci : je ne sais pas exactement où tu en es, mais d'une, si tu as besoin, y a pas de problème, je suis là... et de deux... Fais attention, dans cette histoire...
Oh je sais, je reste sur mes gardes...
Non, c'est pas pour toi que j'ai peur, mais pour lui.
Lui ?! S'étrangla Kame. Ce gars là qui n'a plus assez de doigts, ni de mains pour comptabiliser ses conquêtes ? Tu te moques, là ?
Du tout, répondit Yamapi avec sérieux. Ce gars là comme tu dis, il ne craint personne pour ce genre de choses... N'empêche que ses relations sérieuses, elles pour les compter, une main suffit largement... et puis c'est pas à toi que je vais apprendre qu'il a beau prendre ses grands airs, il suffit de cogner juste et bien pour faire plier. Toi tu as de la ressource, au moins... Alors si tu dois le rembarrer, fais-le maintenant. Ne laisse pas passer trop de temps...
Kame trouvait quand même ça un peu fort, sur le coup. Le bourreau des coeurs, à la base, ce n'était quand même pas lui ! Il fallait voir à ne pas confondre, là ! Et voilà que Yamapi lui dépeignait un Jin fragile, à protéger et préserver d'urgence... Bon peut-être pas à ce point là, mais c'était l'idée... Et lui alors ? Il y avait quand même des limites à l'amitié, non ? Ou Yamapi était-il réellement si naïf ?... Kame devait comprendre un peu plus tard, en y repensant, que Yamapi ne se moquait pas de son sort, mais qu'au contraire il le jugeait relativement fort, assez pour encaisser s'il devait y avoir des dommages collatéraux. Et lorsque Kame eut compris cela, il se sentit reconnaîssant. Par contre, désolé, mais il ne voyait toujours pas de quelle façon Jin était vulnérable... Néanmoins, il avait fini par promettre à Yamapi : il ne lui ferait pas de mal. Il ne pouvait concevoir une seconde que Jin puisse penser à la même chose que lui... Et de toute façon, Kame jugeait que c'était passager... Aussi, si Jin venait à se manifester -ce qui lui semblait relever de l'improbable-, il l'enverrait gentimment bouler, et voilà, la vie suivrait son cours...
Alors que Yamapi alla se changer pour être plus à l'aise afin de revoir la chorégraphie, une fois revenus à bon port, il en profita pour envoyer rapidement un petit message, discrètement.
A quelques salles de là, Jin qui achevait son bref repas, entendit le vibreur se mettre en marche dans sa poche. Il lâcha aussitôt ses baguettes en plein vol -Nakamaru sur le moment, a presque failli craindre pour son oeil d'ailleurs- et sorti le téléphone, impatient, curieux et anxieux. un sacré mélange. "Bakanishi mon petit vieux, tu ne te fais pas d'idées... tu as le feu vert, mais sois diplomate, surtout". Le souci là-dedans, c'est que Jin s'arrêta juste au 'feu vert', sans percevoir la suite et fin, et encore moins ce que soulevait ces quelques mots. A l'oral, Yamapi aurait pu l'expliciter davantage ; il aurait pu évoquer les précautions et les obstacles éventuels. A l'écrit, il avait dû aller vite, pour le rassurer au moins en partie... Et Jin n'y prêta guère attention, à cette réserve. Il se leva d'un coup, vraiment content, non sans cogner son genou au dessous de la table qui trembla... Et le verre de Junno se renversa sur ses genoux.
Ahhh... Akanishi-kun m'en veut aujourd'hui ! gémit-il en constatant l'eau répandue sur ses genoux.
Désolé ! s'excusa Jin, confus. Vraiment désolé !
Tu devrais te changer Junno, constata Koki.
Ca va sécher...
Ouais mais à cet endroit, c'est moyen quand même... Incontinent !
Nonnnnn ! Vous êtes durs ! Gémit Junno de plus belle.
Mais non, je vais te prêter un pantalon si tu veux... fit aimablement Ueda, désireux d'achever son repas en paix.
Sans vouloir te vexer Tatsuya-chan, ça va lui faire un short, il vaut mieux que Jin ou Maru s'y colle, remarqua Koki avec nonchalance.
Vas rendre service... grogna Ueda, forcé d'admettre que ce n'était pas vraiment faux.
Et tandis que Nakamaru, qui se voyait déjà réclamer le prix nobel de la paix, entraîna Junno à sa suite pour lui prêter des habits, Jin relit le texto reçu une dizaine de fois... toujours en zappant la fin. Il décida d'y répondre : « merci Pi-chan, je te revaudrai ça ! Je sais ce que je dois faire, j'ai perdu assez de temps comme ça ! Merci encore ! ».
Lorsque Yamapi reçu ce message, il était bien plus tard dans la journée... Il avait fini par rejoindre les membres de son groupe en fin d'après-midi... Il avait quitté Kame, qu'il avait laissé s'entraîner seul dans la salle... Et il s'était hâté d'appeler Jin sitôt lem essage reçu, sentant la bourde arriver. Portable coupé. Il se pinça le haut du nez en soupirant, conscient que son abruti de meilleur ami n'avait compris que ce qui l'intéressait... et qu'il allait encore la jouer façon éléphant dans le magasin de porcelaine. 'Tant pis', soupira-t-il... Il ne pouvait plus rien faire à ce stade, sinon attendre l'appel désespéré de Jin, qu'il prévoyait pour d'ici pas tard, si Jin usait encore de sa diplomatie habituelle...
Effectivement, Jin avait fini par se décider. Il s'était renseigné, avait trouvé la salle où Kame et Yamapi devraient être... Il avait appris en chemin le départ de Yamapi... Kame n'étant pas revenu vers eux et n'étant pas non plus du genre à rentrer chez lui si tôt... Il serait forcément encore là-bas, seul. Plan parfait, se réjouit Jin en chemin, non conscient d'aller droit à la catastrophe, s'il croyait que c'était dans la poche comme ça.
