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Chapitre 9

27 Mars 1998.

Après s'être marié, Bill et Fleur avaient emménagé dans une petite maison surplombant la mer. Shell Cottage était un endroit magnifique, très calme et isolé. Les murs y étaient assez épais pour étouffer le bruit des autres habitants sans pourtant arrêter le bruit des vagues s'écrasant contre les falaises. C'était un son qu'Harry aimait entendre. Les jours qui avaient suivis leur fuite du Manoir Malfoy, Harry avait trouvé un nombre incalculable d'excuses pour éviter ses amis et le reste des habitants. Il préférait aller s'asseoir dehors, au bord de la falaise, à balancer ses jambes dans le vide en pensant en silence avec pour seule et unique compagnie le bruit des vagues -qui n'étaient au final pas si différents des ronflements de Ron-

Parfois il lui arrivait de penser à la baguette de Sureau et de se demander si Dumbledore aurait voulu qu'il l'ait. Hermione, une fois persuadée que la baguette existait belle et bien, avait affirmé qu'Harry n'aurait jamais pu piller la Tombe de Dumbledore dans l'unique but de mettre la main dessus. Harry n'en était pas aussi sûr lui : mais, était-ce qu'il aurait dû faire ? Etait-ce que Dumbledore aurait voulu ? Ou l'homme l'avait il emporté sciemment dans sa tombe ? En sachant qu'Harry ne serait alors jamais devenu son Maitre ?

D'autres fois encore, ses pensées dérivaient vers Anathema.

Ce fut durant l'un de ces moments, où il réfléchissait à sa vie, à la vie de ce garçon décédé, qu'Hermione vint s'asseoir à ses côtés.

« A quoi tu penses quand tu es seul ici, Harry ? » lui demanda-t-elle d'une petite voix, ses mains nouées sur ses genoux. « Tu es bizarre depuis… et bien, tu sais. »

« Depuis que j'ai appris à faire une métamorphose humaine complète en moins d'une minute ? » Soupira-t-il. « Je veux bien croire que tu trouves ça étrange. » Hermione laissa échapper un soupire agacé, irrité de voir que son ami allait garder ce secret pour lui, mais, lorsqu'elle leva les yeux vers lui, elle pu voir qu'il lui souriait d'un air taquin : ses lèvres étirées par un sourire et le coin de ses yeux plissé sous l'amusement. « Est-ce que je peux te demander quelque chose ? »

« Biensur Harry. » répondit-elle immédiatement.

« Enfaite…. J'aimerais plutôt parler, et que toi, tu m'écoutes. Ce n'est pas vraiment une question. Je n'ai pas grand-chose à demander, mais est ce que tu veux bien m'écouter ? »

Hermione hocha lentement la tête, pressant doucement son bras de sa main pour l'encourager. « Je t'écoute » murmura-t-elle.

« Ca a commencé un peu avant la sixième année. J'ai commencé à faire ces rêves. Au début, je n'y faisais pas vraiment attention, parce que je pensais que ce n'était que les rêves de Voldemort dans lesquels je me retrouvais plongé par accident. Mais quand Voldemort rêve, c'est complètement différent. J'en ai eu tellement que je peux les différencier maintenant. Voldemort n'a pas commencé à rêver avant le milieu de notre sixième année, à peu près au moment où Dumbledore a commencé ces leçons avec moi. Et… ces rêves ont commencé à être de plus en plus fréquents au fur et à mesure que les Horcruxes étaient détruits. » Il s'arrêta un instant, frottant ses mains moites contre son pantalon. Il déglutit nerveusement et se racla la gorge. « Il y a ce garçon dans mes rêves. Il est mort. Mais je ne sais pas encore comment. Je ne suis pas allé assez loin dans mes rêves. Tom Riddle est complètement captivé par lui. »

Hermione eut un rire étranglé. « Pauvre garçon, il n'était pas chanceux. » murmura t-elle, baissant les yeux avec pitié.

« Il se transformait en Sinistros lui aussi. Et il me ressemblait comme deux gouttes d'eau. Je peux lancer les mêmes sorts que lui. Au début, je pensais que ce n'était qu'une simple coïncidence, mais c'est arrivé si souvent ! Même pendant les cours de sortilèges l'année dernière, je ne pense pas que j'aurais aussi bien réussis si je n'avais pas rêvé de ce garçon. »

Hermione fronça les sourcils, mordillant sa lèvre inférieure en réfléchissant. Harry l'observa en silence. Toutes les choses qu'il pouvait encore lui dire tourbillonnaient dans son esprit. Toutes les choses qu'il aurait dû lui dire. Mais qu'il ne lui dirait pas. Pas avant de savoir comment l'histoire d'Anathema s'était terminée : Pas avant de savoir ce qui l'avait tué.

« Il semble que tu sois, et bien, en quelque sorte la réincarnation de ce garçon qui intéressait tant Riddle. Est-ce que tu sais ce que c'est ? » Harry se retint de lever les yeux au ciel, et se contenta d'hocher la tête et d'attendre. « Est-ce que tu sais qui il était Harry ? Je veux dire, ce qu'il était pour Riddle. Qui il a été, et comment cela se fait-il qu'Harry Potter se tienne aujourd'hui ici à sa place ? »

« Il est mort Hermione. Et je ne connais pas la réponse aux autres questions. » Mentit Harry sans en ressentir la moindre honte. Hermione n'avait pas besoin de savoir qu'il avait aimé Voldemort plus qu'il n'était sain de le faire, pas plus qu'elle n'avait besoin de savoir que Voldemort l'avait aimé en retour, autant qu'il en avait été capable. Tout ce qui importait, c'est qu'Harry le sache. Harry, Anathema et Voldemort. Eux seuls. C'était leur secret à eux. Personne d'autre n'avait besoin de savoir. « Je me demandais si tu voulais bien m'aider à comprendre qui j'étais. Ca pourrait nous aider à arrêter Vo- Tom. » Il s'interrompit brusquement, remplaçant au dernier moment le titre autoproclamé de l'homme par son vrai prénom. « Est-ce que tu penses que Dumbledore aurait voulu que j'ai la Baguette ? »

Hermione ouvrit la bouche pour répondre, probablement pour lui reprocher d'avoir même pensé à profaner la tombe d'un homme mort, mais fut interrompu quand quelqu'un cria le nom d'Harry.

Ce dernier tourna la tête et sourit à Ron qui leur faisait de grands signes de la main depuis l'entrée. Ses cheveux roux flottaient autour de lui dans la brise marine et ses joues étaient rougies par l'air frais printanier. Il souriait largement, comme il ne l'avait plus fait depuis une éternité. Depuis que le Médaillon était devenu leur fardeau enfaite. Harry se rendit soudainement compte que ce Ronald lui avait manqué. Le Ronald affectueux. Le Ronald qui était sa famille.

« Fleur dit que le diner est près ! Et si vous ne vous ramenez pas tout de suite pour manger, le Goblin s'en chargera pour vous. » Harry fut le premier sur ses pieds. La veille, Gripsec avait effectivement mangé assez de nourriture pour les nourrir tous les trois, et Harry avait été le seul à ne pas venir à table à temps. Il n'avait pas l'intention de manqué un autre repas de Fleur ce soir ! Ils étaient presque aussi bons que ceux de Madame Weasley !

« Harry ! » l'interpella Hermione en se levant à son tour. Elle le suivit et ils marchèrent tous les deux en direction de Ron et du cottage. Ron n'était pas au courant du fait qu'Harry savait maintenant faire une transformation animagus complète, et il ne connaissait pas non plus tout de la manière dont Harry et Hermione avait été secouru. Dobby l'avait fait s'échapper du Donjon avec Luna, Dean et Gripsec, et ce n'était qu'après que l'elfe était revenu pour sauver le garçon qui a survécu. « Je ne dirais rien à Ron. » fut tout ce qu'Hermione ajouta lorsqu'Harry s'arrêta et se retourna vers elle.

« Merci. » articula-t-il en pressant son bras une seconde. Lui et Ron pénétrèrent dans la pièce et se servir un peu de nourriture. Hermione les regarda faire depuis l'entrée, aussi affamée de nourriture qu'elle l'était d'informations. Elle observa Harry en se fit la remarque que, peu importe qui il était, il fascinait toujours autant Tom Riddle.

« Mange 'Ermione, » gloussa Fleur, « avant qu'il ne reste plus rien. »

Hermione attrapa le plat tendu vers elle avec un sourire, allant s'asseoire elle aussi à table, mais ses yeux eux, restèrent fixé sur Harry. 'Anathema'. C'était le nom qu'on lui avait donné au Manoir Malfoy. Et c'était le nom que s'était donné Harry face aux Raffleurs. Elle avait tout d'abord pensé que cela signifiait quelque chose que seuls les Sang Pur pouvaient comprendre, une sorte de slogan, de mot de passe ou quelque chose comme ça. Mais désormais… désormais il était tout à fait évident qu'Anathema n'était pas qu'un simple et horrible mot. C'était un nom. Le nom d'Harry…

Anathema Black songea t-elle en s'asseyant. Qui étais-tu ?

XXX

30 Mars 1998.

« 'Arry » l'appela Fleur avec son fort accent français.

Harry se retourna, ramenant ses jambes qui pendant jusqu'ici dans le vide de la falaise en contre bas contre lui. Il offrit un large sourire à la Demi Velane.

'Gripsec voudrait te parler. Il est dans la plus petite chambre. Il dit qu'il ne veut pas être entendu. Tes amis t'y attendent."

Il hocha la tête en la remerciant et se leva, dépoussiérant son jeans au passage. Harry fit quelques pas hésitants puis se dirigea vers le cottage. Il avait la baguette de Bellatrix, et Hermione avait d'une quelconque manière réussis à arracher une touffe de cheveux à la sorcière pendant leur lutte au manoir Malfoy. Bill, quand à lui, avait trouvé assez de polynectar pour les trois adolescents. Mais ils n'avaient toujours trouvé aucun moyen pour se rendre à l'intérieur de Gringotts. La banque était bien protégée, et même en prétendant être les propriétaires d'un coffre à Gringotts, il n'y avait aucune garantie pour qu'ils ne se fassent pas attraper, piéger, puis tuer. Mais Gripsec y avait travaillé lui. Il connaissait les petits secrets de la banque : où étaient les pièges, et pour quels coffres une identification par le sang était nécéssaire. Si Gripsec acceptait de les aider, s'introduire dans le coffre de Bellatrix deviendrait presque une promenade de santé.

Mais… au prix de son épée ? Serait-il capable de l'abandonner ?

Elle était à lui. Voldemort avait essayé de la voler pour lui. De la lui offrir pour qu'il l'utilise. Puis, lorsqu'il n'avait plus été là, l'homme avait finalement tenté de la prendre pour lui-même. Non, ce n'était pas ça. C'était faux. Tout ça avait été fait pour Anathema. Harry n'était pas ce garçon. Il était mort, et Merlin seul en connaissait la cause. Harry voulait-il vraiment chérir ainsi un objet qui avait été si important pour l'homme qui avait tué ses parents ? Allait-il vraiment continuer à convoiter quelque chose qu'un meurtrier avait lui-même un jour convoité ?

Harry se leva pour faire face à Gripsec, baissant les yeux sur le Goblin encore blessé et fronça les sourcils.

Ron et Hermione parlaient, élaboraient un plan et complotaient très probablement mais Harry, lui, continuait à réfléchir. « On lui donnera la fausse, » suggéra Ron, sa main couvrant sa bouche pour que Gripsec ne puisse pas deviner ce qu'il disait.

Hermione sembla scandaliser par l'idée tandis qu'elle arracha un sourire à Harry. Il pouvait garder son épée et peut être même la cacher dans son propre coffre lorsqu'ils seraient là bas ? Il ne pourrait plus la garder sur lui, mais au moins, personne d'autre ne ses sales pattes dessus. Elle pouvait tout aussi bien ne pas avoir appartenu à Godric Griffondor pour ce ça importait à Harry, mais elle avait appartenu à Anathema. Et Harry ferait en sorte que cela reste ainsi.

« On peut lui dire qu'il aura l'épée après nous avoir aidé. » murmura Harry. « Mais on ne lui dira pas exactement quand il pourra l'avoir. » Ron sourit, totalement d'accord avec son idée, mais Hermione plissa les yeux. « Nous en avons besoin pour détruire les Horcruxes. Il pourra l'avoir après. »

« Mais ça pourrait prendre des années ! » siffla t-elle.

« Ca, il n'a pas besoin de le savoir. » rétorquèrent les deux garçons d'une même voix en souriant jusqu'aux oreilles. C'est pour le plus grand bien, lui murmura son esprit, et Harry tenta d'ignorer la culpabilité qui étreignit son coeur. « On ne ment pas… pas vraiment. »

Harry serra la main du Goblin, lui promettant la véritable épée, mais son esprit s'imaginait lui tendre la fausse et s'échapper avec son épée, la gardant pour lui-même. Son estomac se contracta. « Et bien, commençons ! » s'exclama Gripsec en tapant dans ses mains avant de s'appuyer à nouveau contre la tête de lit.

Harry ignora la culpabilité et le dégoût qui grandissaient en lui, et se concentra sur sa tâche : Préparer leur effraction. L'épée d'Anathema était bien plus importante qu'une quelconque promesse faite à un Goblin. Bien plus importante que n'importe quelle promesse enfaite. Alors il se concentra sur cette pensée tandis qu'il écoutait Gripsec leur décrire sa seule et unique visite dans le coffre des Lestrange.

Il faudrait du temps pour mettre ce plan sur pied, ça, Harry en avait conscience. Il y aurait des problèmes, des complications et aussi l'attitude perfectionniste d'Hermione à surmonter. Mais ils le feraient. Ils détruiraient un nouvel Horcrux et Harry trahirait leur nouvel, bon, pas vraiment ami mais associé. C'était pour le plus Grand Bien, et ce, peut importe à quel point l'idée lui déplaisait.

Le souvenir de ces mots écrit sur les Portes de Rumengard s'imposèrent à son esprit et il frissonna.

Mais quel choix avait-il ?

XXX

Mars 1934.

Il faisait froid et humide dehors et le vent soufflait lourdement. Anathema se retrouvait de nouveau à la merci de sa famille. Lui et Orion avaient joué dehors, et, tandis que son jeune frère avait réussis à ne pas se tacher malgré leur besoin pressant de sauter dans chaque flac de boue existantes, Anathema lui, était couvert de boue et trempé de la tête aux pieds. Lucretia ne s'était pas embêté à lui lancer un sort pour le garder propre comme elle l'avait fait pour son autre frère –son vrai frère- et maintenant, elle se tenait d'un air suffisant derrière son père et sa mère qui hurlaient au visage pale du petit garçon de 7 ans.

Anathema écoutait en silence, le dos droit et les yeux baissés. Il semblait presque indifférents aux insultes virulentes qui lui était crachées au visage. C'était quelque chose qu'il avait suffisamment entendu ces quatre dernières années pour y être maintenant habitué. Il hochait simplement la tête avec respect et ne levait jamais les yeux sur Arcturus jusqu'à ce que l'homme ait finalement fini de parler.

« Pardonnez-moi Père. » murmura t-il, les yeux fixés sur les lèvres de l'homme plutôt que sur ses yeux.

Une baguette était pressée contre sa joue et le bout brillait de la même teinte verte que les yeux d'Anathema. Le garçon eu un mouvement de recul malgré le fait qu'il reçoive cette menace au moins une fois par semaine. « Tu es un véritable déshonneur. » siffla furieusement son père. « J'aurais du te tuer le jour où j'ai appris ton existence. »

Alors pourquoi tu ne l'as pas fait ? le questionna le regard d'Anathema. La seule réponse qu'il reçut fut une gifle en plein visage. Arcturus baissa sa baguette mais ce ne fut qu'une fois que sa femme l'eu tiré en arrière pour l'éloigner du sang mêlé qu'il consentit à quitter la pièce.

Lucretia et Melania ricannèrent. Orion lui, renifla avec compassion, trop jeune pour aider son frère et pourtant assez vieux pour comprendre qu'Anathema avait besoin d'une aide qu'il n'était pas encore en mesure de lui fournir.

« Pourquoi ne laisse-t-on pas Père le tuer ? » demanda Lucretia à sa mère en observant ses plus jeunes frères avec dégoût. Ils étaient tous deux agaçants. L'un ne valait pas mieux qu'un Sang de Bourbe et l'autre grandirait dans l'optique de prendre le titre d'Héritier des Black, tout ça parce qu'il avait un pénis.

Melania regarda sa fille, la réprimandant doucement, mais ne croyant pas elle-même à ce qu'elle disait : La famille serait souillée par la honte, et cela apporterait tout un tas d'ennuis avec le ministère, sans parler des problèmes que les Aurors créeraient à leur famille. Et puis la seule pensée de tous ces innombrables papiers à remplir… Mais pas une fois insinua t-elle que le garçon qui se sentait si seul manquerait à quelqu'un.

Le garçon quitta la pièce avec précipitation, la joue encore douloureusement brûlante. Ses yeux se mirent à briller de larmes qui ne couleraient pas avant qu'il ne soit vraiment seul. Bien qu'il ne le soit jamais vraiment. Les portraits le suivaient de leurs yeux peints, maudissant son nom et sa présence tandis que son petit frère se trainait derrière lui tel un chien loyal, ses cheveux noirs rebondissant sur ses épaules et ses yeux bleu-gris grand ouvert et effrayés.

« Tu veux un calin Ana ? » lui demanda Orion alors qu'Anathema fermait la porte de sa chambre à clé.

« Oui, s'il te plait. » murmura-t-il en retour en ouvrant ses bras et en les serrant autour de la seule personne au monde qui se souciait de le savoir mort ou vivant.

Anathema pleura jusqu'à que l'épuisement prenne le dessus cette nuit là. C'était une autre chose à laquelle il s'était habitué depuis le meurtre de sa mère et son propre kidnapping. Orion resta avec lui toute la nuit, le serrant tout contre lui, ses petites mains rondelettes allant essuyer les larmes sur le visage de son frère. Anathema sourit doucement dans son sommeil tandis qu'Orion lui murmurait qu'il l'aimait.

XXX

7 janvier 1995.

Harry claque la porte de sa chambre derrière lui. Il se jeta en travers de son lit et enfonça son visage dans la douceur d'un des oreillers pour y cacher ses larmes.

Les membres de l'Ordre étaient supposés être de son côté. Et pourtant, ils étaient en ce moment même assis autour de la table de son parrain à débattre du fait qu'Harry soit fou ou pas ! Voldemort était de retour, il l'était ! Harry l'avait vu, l'avait combattu, avait secouru le corps du jeune homme qu'on avait tué à cause de lui, et pourtant, on doutait encore lui, on le calomniait. Ce n'était pas assez de se faire mépriser par la majorité de la population sorcière ? Il fallait aussi que les gens qui croyaient en Dumbledore et qui auraient du être les amis d'Harry, doutent de lui aussi ? Ce n'était pas juste. C'était sa maison, son sanctuaire et ces personnes gâchaient cela !

L'on toqua légèrement à sa porte. Harry tourna la tête sur le côté pour marmonner un « Quoi ? » avant de cacher ses larmes à nouveau.

« Oh Kidoo ! » souffla Sirius en entrant dans la pièce, s'arrêtant pour refermer la porte derrière lui. Ses cheveux noirs étaient bouclés et reposaient sur ses épaules, et ses yeux bleu-gris se posèrent sur son filleul avec compassion et amour. « N'écoute pas un traitre mot de ce qu'ils disent Prongslet. » Il s'assit à côté d'Harry, sur le lit et ouvrit les bras. « Tu veux un calin ? »

« Oui, s'il te plait, » bredouilla doucement Harry. Il se releva, essuya son visage à l'aide de ses manches et se pencha dans l'étreinte de son Parrain. C'était sa seule famille au monde. La seule famille vivante qui lui restait et qui se souciait de le savoir mort ou vivant et, même s'il aimait beaucoup Ron et Hermione, il avait tellement plus besoin de Sirius Black. Harry serra ses bras autour de son parrain et cacha son visage dans le cou de l'homme.

Être dans les bras de son parrain lui semblait familier. Mais, il y avait quelque chose qui n'était pas à sa place. Harry fut frappé en prenant soudainement conscience qu'il aurait dû être le sorcier le plus vieux dans cette situation. Mais, ce ne pouvait pas être correct. Comment aurait-il pu être plus âgé que son parrain ? c'était impossible. Et personne d'autre ne l'avait jamais serré ainsi d'ailleurs, alors comment pouvait-il même comparer ce moment à un autre ? ça ne pouvait pas non plus être une sensation de déjà vu. Harry chassa vigoureusement la pensée de son esprit.

Ca n'avait pas importance. Ca n'en aurait jamais aucune.

Sirius était là, avec lui. Sirius l'aimait et le réconfortait. Alors ça n'avait pas d'importance qu'Harry ait rêvé de cette étreinte avec quelqu'un d'autre (James Potter peut être ?) parce que, à ce moment précis, c'était Sirius qui était là pour lui. Il ne partirait pas. Et Sirius non plus.

XXX

8 Avril 1998.

Ils étaient tous réunis autour de la table de la cuisine de Shell Cottage à écouter Bill parler de son travail et des nouvelles qu'il avait entendu de leurs amis. Le feu dans la cheminé ronronnait. Il faisait encore très frais au cours de la nuit, et ce, malgré le fait qu'ils soient en Avril et que le temps s'était considérablement réchauffé depuis Mars. Fleur préférait que le Cottage soit confortable à tout niveau et que ses invités soit détendu et au chaud.

Et, ils devaient admettre qu'ils l'étaient. Du moins jusqu'à ce que quelqu'un commence à frapper lourdement à la porte. A ce moment précis, ils étaient tout, sauf détendus. Bill et Fleur se tournèrent vers la porte tandis que Gripsec se glissa sous la table. Hermione, Ron et Harry pointèrent immédiatement leurs baguettes vers la porte, prêt à défendre Luna qui les regardait tous avec un petit sourire.

« C'est moi, Remus John Lupin, » les appela une voix familière à travers la porte. La personne cessa de toquer à la porte mais ils purent parfaitement saisirent ce qui suivis malgré le vent qui soufflait « Je suis un loup garou, marié à Nymphandora Tonks et… » Bill ouvrit brusquement la porte et Remus lui sourit tranquillement.

« Entre Lupin. »

« C'est un garçon, » annonça-il en retirant sa cape de voyage. Ses cheveux gris étaient en bataille et son visage était pâle mais un si large sourire ornait ses lèvres qu'ils auraient été impossible de croire que les nouvelles qu'il apportait aurait pu être autre chose que bonnes. « Nous l'avons appelé Ted, comme le père de Dora. »

« Quoi ? » Hurla Hermione, « Tonks a eu un bébé ? »

Lorsque Remus eu confirmé la nouvelle, tout le monde se mis a parler en même temps. Ils le félicitèrent, bénirent l'enfant, demandèrent s'il allait bien et comment se portait sa mère. Gripsec sortit de sous la table au moment où Ron murmurait, « un bébé, » comme s'il n'en avait encore jamais entendu parler.

Harry sourit largement à la seule personne vivante qui le liait à sa propre famille. Il n'était pas aussi proche de l'homme qu'il l'avait été de Sirius, mais c'était parce qu'il y avait eu en Sirius quelque chose de foncièrement familier, qui l'avait appeler de toute son âme, le suppliant de nouer une relation avec l'homme. Remus était un homme bon cependant, le genre d'homme qui méritait d'être heureux, et Harry était vraiment heureux pour lui. Une de ses mains caressa son estomac et une vague de nostalgie le traversa pendant une seconde, l'accablant de peine avec de soudainement disparaitre. Il eu juste le temps d'apercevoir une photo du bébé que lui tendait Remus avant que le loup garou ne le serre contre lui.

« Est-ce que tu veux bien être son parrain ? » demanda t-il après avoir libéré Harry.

« Moi ? » demanda Harry d'une voix tremblante. Il y avait quelque chose de dérangeant dans ce titre. Comme si la dernière syllabe du mot aurait du être un « pa » et non autre chose. Mais c'était une pensée ridicule. C'était le bébé de Remus. Pas le sien.

Harry prit la photo des doigts de Remus, parcourant de son doigt le visage fripé du bébé Teddy Lupin. Ses yeux se remplirent de larmes. Il acceptait. Biensur qu'il acceptait, mais tandis qu'il le disait à voix haute, ses yeux restèrent rivé sur la photo animée. Remus accepta un vers de vin que lui tendait Fleur et Bill lui tendit de la nourriture tout en l'envoyant s'asseoir dans un des sièges vides près de la cheminé. Ils parlèrent, portèrent un toast, et Remus admis à contre coeur qu'il ne pouvait pas rester longtemps, bien qu'il accepta un second verre de vin.

« A qui est ce qu'il ressemble ? » demanda quelqu'un en essayant de jeter un œil à la photo qu'Harry ne semblait pas vouloir partager.

« A Teddy Lupin » acclamèrent t-ils, après que Ron ait finalement réussis à soustraire la photo des griffes d'Harry.

« Je pense qu'il ressemble à Dora » répondit quelqu'un d'autre en regardant la photo.

Harry ferma les yeux et l'image d'Anathema s'imposa à lui. Souriant. Ses yeux verts brillants et ses mains posés sur son estomac. Et puis ce fut l'image de l'Horcrux du Médaillon ensuite, qui lui hurlait « je t'aime. Pourquoi voudrais-tu me tuer Tom ? Nous allons avoir un bébé. » Et pendant qu'il lui criait ces phrases, il prit l'apparence d'Anathema, l'estomac rebondit par la présence d'un enfant qui n'était pas encore né. Harry ouvrit brusquement les yeux, chassant le souvenir comme s'il n'était rien de plus qu'un mauvais rêve. L'Horcrux avait menti, se souvint-il. Il avait menti sur beaucoup de chose.

« Félicitations, » murmura t-il à Remus lorsque celui se leva finalement pour partir. Il vacillait légèrement, probablement à cause des deux autres verres de vins qu'il avait bu pendant qu'Harry était perdu dans ses pensées. Remus le serra étroitement contre lui et lui promis de lui envoyer plus de photos dans les jours à venir.

« A bientôt Parrain Harry !" gloussa Remus avant de transplaner dans un crac k sonore.

« Parrain, » murmura Harry. Ses mains de nouveau contre son estomac. Il pensa de nouveau à Anathema. Anathema Black, ce garçon mort. Maudit. (enceint ?). Avait-il eu des enfants ? se demanda Harry. Il rentra silencieusement à l'intérieur, attrapant sèchement la photo de Teddy Lupin abandonnée sur une des chaises. Il regarda la photo avec envie. Aurait-il un jour des enfants ?

Avait-il eu des enfants ?

XXX

Voilà donc le Chapitre 9 traduit en un temps recors ;) – deux jour, mais il fallait que je prenne un peu d'avance sur l'autre- (Pour vous, public). J'espère qu'il vous aura plus. Il y a peu d'actions mais j'ai trouvé ce chapitre touchant, parce qu'il y a beaucoup de parallèles entre Harry et Ana. On peut enfin voir qu'ils sont vraiment la même personne. Et c'est assez troublant de voir que ses deux vies comportent des éléments si similaires.

Je remercie tous les reviewers et j'espère n'avoir oublié personne ! Je ne savais plus a qui j'avais répondu ou non. Un énorme merci !

BON

Passons aux choses sérieuses dès le prochain chapitre avec la mort tant attendu d'Anathema Black ! Et parce que je brule d'envie de vous mettre un tout petit extrait (sadique ? un peu).

Extrait du chapitre 10 (qui aura peut être subis des changements de traductions d'ici là) :

"Il pleura pour lui-même. Il avait voulu connaitre les raisons qui avaient entrainé sa mort, et, maintenant qu'il savait, il n'y avait pas de retour en arrière possible pour oublier. Il pouvait toujours se jeter un sort d'oubliette, mais les sensations, elles, resteraient. Le désespoir. La peur. L'agonie."