Disclaimer : Les personnages de Saint Seiya ne m'appartiennent pas, mais l'histoire, si !
Couple : DM/Camus.
Rating : M.
Et le chapitres que nous attendez tous !!
Lys : Sortez les tomages pourries :-)
Gneuh...
Lys : Y'a DM et Camus qui vont te faire un procès XD
C'est gai XD
Bonne lecture !
Chapitre 9
« Noël, Joyeux Noël, bons baisers de Fort de France… »
« Nan, mais nan… »
« Peeeeeetiiiiiiit papaaaaaa Noooooooooël… Quaaaaand tu desceeeendraaaaas du ciiiiiiieeeeeeel… »
« Heu… »
« Tu es mon plus beau Noël… Celui que je n'attendais pas… »
« Ah nan, pas Hallyday !!
- Faut savoir ce que tu veux !
- Jojo, tout ce que tu veux, mais pas… »
« On va s'aimer ! Sur une étoile, ou sur un oreiller ! Au fond d'un train, ou dans un vieux grenier ! »
« Ah nan mais là, t'es HS…
- Un peu, ouais !
- Arrête de fouiller mon ordi ! Tu trouveras jamais le yaoi, toute façon !
- Si ça se trouve, il est dans la musique, alors, je regarde ! »
« Leeeeeees sirènes du port d'Alexandriiiiiiiiiiie… »
« Hum, Joanne… »
« Sur la plage abandonnée… Coquillages et crustacés… »
« Joanne !
- C'est pas trop une chanson de Noël, ça.
- Nan, ça, c'est sûr !
- C'est quoi ces musiques ??
- Ça, c'est Papa et Maman quand ils veulent des nouvelles chansons dans le MP3 et que je supprime pas. »
« Mon beau sapin… Roi des forêts… Que j'aime ta verdure… »
« Bon, heu, Jojo, sans vouloir t'embêter, tu pourrais arrêter deux minutes, s'il te plait ?
- Mais c'était une chanson de Noël !
- Oui, bah… »
« Noëëëëëëëël… Enseeeeeeeble… Passeeeeeez… Noël enseeeeeeeemble… »
« Vais péter un câble.
- Salut les filles !
- Aurélia !! »
« Vive le vent ! Vive le vent ! Vive le d'hiver !! »
« Joanne !!
- Vive les chansons de Noël !
- T'as l'air en forme, t'es capable de crier.
- C'est méchant, ça. Et toi, ça va ??
- Un peu fatiguée, mais ça va. »
« C'est la danse des canards, qui en sortant de la mare, se secouent le bas des reins, et font coin-coin !! »
« Nan, mais nan…
- Pourquoi t'as ça dans l'ordi ??
- C'est Sophie qui m'envoie des conneries. N'empêche, je suis contente d'être rentrée.
- Moi aussi ! Marre de l'hôpital.
- T'as de la chance, t'es sortie plus tôt que nous !
- Ludivine est pas trop en état pour se balader dehors.
- C'est sûr. »
« Bibi bibi bibi bibifoc !! Dans l'Antarctique, t'es l'roi des phoques ! »
« Bibi phoque est homo !
- Ludi !!
- Crie pas Jojo !
- Ça part en vrille, votre histoire.
- Ouais, légèrement. Dis, Camus passe les fêtes où ?
- Angelo l'emmène au restaurant, et il part pendant le Nouvel An en Italie.
- Il emmène Camus ??
- Bah oui, Jojo, il va pas le laisser là !
- Et comment tu veux que je le drague, moi, s'il est plus là ??
- Avec ton plâtre, t'as pas trop la classe.
- T'as raison, Aurélia !!
- Méchantes pas belles ! »
« C'est la belle nuit de Noël… La neige étend son manteau blanc … »
OoO
Mardi 24 décembre. Camus se le répétait. Inlassablement. Nous sommes le mardi 24 décembre. Il était bientôt dix heures, et personne n'avait téléphoné. C'était presque plus angoissant que tous ces appels sans réponses qui lui avaient fait battre le cœur.
Camus était terrifié. Il voyait déjà cet homme entrer dans la pièce, dans cette chambre qu'il partageait depuis presque deux mois avec Angelo. Le frapper. Crier. Le violer. Il pouvait presque sentir ses mains sur lui. Il avait envie de pleurer.
Son cœur battait très vite. Il avait beau serrer les dents et se dire que, peut-être, ce n'était que des bêtises, il ne pouvait se calmer, tant il avait peur, tant il était angoissé, à l'idée que Morris puisse amener ce montrer ici.
Pendant quelques jours, il avait lutté, contre cette envie presque obsessionnelle d'appeler quelqu'un. Au bord des larmes, conscient de la véracité des paroles du chauffeur, il appuya sur quelques boutons du portable, cherchant le numéro d'Aurélia.
Mais il ne put l'appeler. Le courage lui manquait, ou sa lâcheté l'emportait. Il ne pouvait pas. Non, c'était… impossible.
OoO
« Oh, Angelo ! Mais quelle surprise !
- Les grands esprits se rencontrent.
- Je suis bien content de te voir ! »
Et les deux hommes se mirent à parler. Angelo se montrait plutôt réservé, d'un naturel calme, la parole froide et tranchante, mais le vieil homme n'y faisait plus attention, trop habitué au caractère de l'italien. Son épouse, Roseline, les regardaient discuter, pas très loin, le regard glacial. Enveloppée dans un épais manteau d'une blancheur immaculée, elle ne se sentait guère à l'aise, ainsi exposée au froid de la rue et à cette pollution excessive. Le vent lui glaçait les jambes légèrement couvertes d'un bas sombre.
La brune fulminait. Elle se sentait à l'écart, loin de cet homme qui lui semblait maintenant inaccessible. Elle avait reçu un appel de Morris, qui venait d'être renvoyé de sa fonction. Il était passé aux choses sérieuses. Aujourd'hui, la pute allait débarrasser le plancher. Morris avait la clé, Roseline la lui avait confiée. Elle n'aurait pas dû.
À vrai dire, elle avait peur. Peur de la réaction de son ancien amant, quand il verrait que le prostitué était parti. Rien ne lui échappait, il verrait rapidement, d'une façon ou d'une autre, qu'elle ou Morris étaient concernés. Ce typé était surhumain, d'une intelligence rare, son regard perçant semblait lire dans les pensées. C'était peut-être pour cela qu'elle l'aimait, car il était grand, puissant, intelligent, et il faudrait se mettre à plusieurs pour le faire sombrer. Ce n'était pas un homme comme les autres. Elle aurait voulu être aimée et protégée par quelqu'un comme lui, au lieu de ce vieil homme qui la couvrait de présents plus onéreux les uns que les autres.
Roseline s'avança un peu vers eux, mais ne put participer à cette conversation fermée, trop occupée à regarder cet homme. Il en aimait un autre, plus frêle, doux, intéressant, et sans doute plus jeune. Elle s'était mariée, et elle savait d'avance qu'elle ne pourrait mener une vie avec lui, mais elle avait espéré… espéré qu'une relation se tisse entre eux. Une relation qui pourrait tenir, malgré la distance. Mais Roseline n'était qu'une femme qui avait traîné dans son lit, qui avait été sa maîtresse du moment. Il ne lui avait rien promis. Elle avait beau lutter, jamais Angelo ne l'aimerait.
Cette constatation lui faisait du mal. Elle avait réfléchi, et malgré sa haine pour cet homme qui vivait chez Angelo, ce prostitué avec qui l'italien passait du temps… D'une façon ou d'une autre, Angelo en était amoureux. Il tenait à lui. Dès qu'il avait appris la mauvaise nouvelle, il avait fuit l'Italie, sautant dans le premier avion pour retrouver ce jeune homme, et l'emmener chez eux, à l'hôtel. Ce type n'y était pour rien. Et, à sa façon, il devait rendre l'italien heureux. Puisqu'il vivait toujours chez eux. Le connaissant, Roseline savait pertinemment qu'il n'était pas du genre à garder quelqu'un chez lui pour son corps. Il le gardait pour une autre… raison.
Ce jeune homme, Camus, allait passer un sale quart d'heure. Roseline n'avait pas l'esprit tranquille. Angelo le prendrait très mal, le mot était faible. Elle aurait voulu lui parler, le lui dire. Mais elle n'osait pas. Elle n'osait pas affronter son regard noir, sentir une rage sourde monter en lui, parfaitement contrôlée.
« Eh bien, je vais vous laisser ! J'ai un rendez-vous important.
- Et moi un avion à prendre.
- Dans ce cas, bon voyage ! »
Les deux hommes se serrèrent la main. Roseline s'avança et en fit de même. Angelo, d'une extrême froideur, allait partir, mais elle le retint, lui attrapant le bras.
« Qu'est-ce qu'il y a ?
- Tu aimes cet homme ?
- Et après ?
- Alors rentre vite. On va te l'enlever. »
Angelo cacha sa surprise, plantant son regard dans les yeux de Roseline. Elle rougit et essaya de soutenir son regard, mais elle ne put que le baisser, après qu'il l'ait foudroyée du regard. Sans un mot, il partit à grands pas, courrant presque vers son taxi. Il devait partir. Et vite.
OoO
La voiture ne s'arrêta pas très loin de l'hôtel. Quatre hommes en sortirent, habillés de façon sobre. Comme pour passer inaperçu. Mais Morris, qui guettait depuis une bonne demi-heure leur arrivée, les reconnu de suite, et il partit discrètement, alors que ces types louches pénétraient dans l'immeuble de luxe.
Personne ne fit attention à eux. On les vit entrer, on leur jeta quelques regards. Une employée vint à leur rencontre, un homme de grande stature qui lui faisait penser à un boxeur, avec ses grandes mains et ses bras puissants, lui répondit poliment qu'ils devaient voir quelqu'un, se trouvant au second étage. Oh, ce serait-ce ce jeune homme, là-haut, aux longs cheveux bleus ? Oui, mademoiselle, c'était lui.
L'ascenseur leur ouvrit ses portes, leur montée fut rapide. Un sourire sadique apparut sur leurs lèvres, quand ils furent devant la porte de la chambre. Porte dont ils avaient la clé, et qu'il ne leur présenta aucune résistance. Quand Camus vit ces hommes entrer dans la pièce, il sut que sa vie était terminée.
OoO
« Pardon ?!
- Des types vont venir chez Camus !
- Comment tu sais ça ?!
- Christian vient de m'appeler, ton comptable a fait quelques détournements sous mon nom ! Je ne sais pas encore comment il a pu se débrouiller, mais il n'empêche qu'il a empoché pas mal d'argent ! On a réussi à l'arrêter…
- Et en quoi ça concerne Camus ?!
- Tu te souviens ? Tu as renvoyé Morris. Il a pas trop apprécié. Comme j'avais peur qu'il fasse une connerie, je l'ai fait surveiller ! Il est allé à ton hôtel il y a quelques jours.
- Et après ?
- Lui et Roseline ont fait leur enquête sur Camus, ils savent d'où il sort, et également qui était son patron ! Camus vient tout juste de me téléphoner, il n'en pouvait plus d'attendre ! Ils vont venir aujourd'hui, c'était le dernier délai !
- Avant quoi ?!
- Morris voulait que tu le réembauches et que tu me jettes dehors ! »
OoO
Camus fut jeté sur le lit. Il voulut se redresser, mais on lui attrapa les poignets. Ses jambes ne pouvaient bouger, et la panique l'envahissait. Il regardait avec horreurs ses tortionnaires, qui se léchaient d'avance les babines. Deux hommes blancs, un black. Et puis le patron, costaud, les yeux noirs, le teint mate.
« Alors, ma chérie, t'as voulu te faire la belle ? »
Une gifle sur sa joue. Des ricanements. On le tira au milieu du lit, les hommes étaient autour de lui. Le Patron retira son pull, il fait vraiment trop chaud, ici, dans cette superbe chambre de luxe. Les autres en firent de même, goguenards.
« D'après ce que j'ai appris, ton mec est très riche, et pas mal, physiquement. Tu t'es bien amusé, avec lui ? Il était bon au lit, au moins ? »
Éclats de rire. Le rouge monta aux joues du français, qui voulait s'enfuir, sortir de cette chambre, loin de ces hommes, mais il était incapable de bouger. Il appelait silencieusement Angelo, trop loin, là-bas, aux États-Unis.
« Il traîne avec de belles nanas, ton mec. Mais, en secret, il se tape des mecs avec des gueules d'ange. Pas mal, le gars. S'il m'avait pas piqué ma pute, il aurait été sympa. »
L'homme fondit sur ses lèvres, écrasant celles de Camus sous les siennes. Le français voulut crier de révulsion, quand il sentit cette langue chaude et humide pénétrer sa bouche, la violant sans retenue, alors que des mains s'affairaient sur lui. Les larmes lui montèrent aux yeux, mais il les retint.
Ne pas pleurer. Ne pas crier. Attendre. Subir. Et mourir…
OoO
« Nan, mais c'est pas vrai ?!
- Tu connais Camus mieux que moi, mais c'était obligé, il n'allait rien dire ! À la limite, pour que tu embauches Morris, d'accord, mais moi !
- Mais c'est de la connerie, ces papiers !
- Je suis sûre qu'il le savait. Je le sentais, quand il me parlait. Et puis…
- Et puis ?
- Une fois qu'il aurait pris ma place…
- Il voulait prendre ta place ?! Mais il est con ou quoi ?!
- Il serait peut-être temps de s'en rendre compte ! Bref, une fois que je serais partie, Camus devait dégager. Ça aussi, ç'a dû lui faire peur, même s'il ne me l'a pas dit. »
OoO
Contre sa cuisse, il sentait la bosse qui se formait au niveau de l'entrejambe du Patron. Une vague de dégoût l'envahi. Il se frottait contre lui, gémissant. Camus ne pouvait bouger, ses poignets étaient maintenus par les autres hommes, et ses jambes n'étaient d'aucune utilité. Il ne pouvait même pas les serrer. Protéger cette partie intime de lui-même, qui allait être bafouée…
L'homme s'écarta, son regard lubrique posé sur le visage aux joues légèrement rougies du français. La langue passa sur ses lèvres, Camus serra les dents. Un autre homme l'embrassa. Le black. Il eut envie de hurler, de repousser cette main qui caressait sa nuque, tout comme celles qui le déshabillaient progressivement, touchant ses pieds, ses chevilles, son ventre. Son Patron avait la main sur son entrejambe, Camus tremblait des pieds à la tête.
Où était passé son courage ? Sa froideur ? Où était parti le chevalier du Verseau ? Envolé. Mort. Parti, très loin, très très loin. Il ne restait plus que Camus, le faible Camus, étouffé par ces hommes qui touchaient, qui le dévoraient. Car il sentit une main lui relever la tête, des lèvres se poser au creux de son cou, et mordre la chair tendre. Pleurer. Les geler. Les tuer…
On laissa ses lèvres. Son ventre était agité, comme s'il préparait ce liquide infâme qui ne tarderait pas à s'échapper de sa gorge. Vomir. Pleurer. Partir…
OoO
« Mais quel…
- Pas de vulgarité, Angelo !
- Je vais le massacrer !!
- Angelo, rassure-moi, tu n'es plus dans l'avion ?
- Non, je viens de descendre ! Putain, mais y'a pas de taxi ou quoi ?!
- Si t'as pas fait de réservation…
- Et ça date de quand, cette histoire ?!
- Heu… Du 21, dans ces eaux-là…
- Camus, je vais te buter…
- Oh, du calme ! Pas touche à Camus !
- Et tu peux pas y aller, toi ?!
- Angelo ! Je suis à Marseille, je suis partie hier ! T'as vraiment la mémoire courte !
- Hep, taxi !! »
OoO
Camus se retrouva nu. Il ne lui restait que son boxer, mais, sous ces regards insistants et brillants, c'était comme s'il n'y avait plus rien sur lui. Son corps n'était plus protégé des mains baladeuses et des yeux vitreux de ces hommes.
On le gifla. Une fois. Puis deux. Puis trois… Camus ne cria pas. Ni ne gémit. Un vieux film dont il était un des acteurs. Et une des victimes. Alors qu'on lui léchait les tétons, il vidait son esprit. Mais c'était comme si des escargots glissaient sur son corps, écœurant, laissant leur bave verdâtre derrière eux. Leurs langues étaient comme des limaces, qui allaient et venaient sur sa peau tant de fois souillée, tant de fois embrassée…
Son esprit se fermait. Il oubliait où il se trouvait, Angelo, les filles, son passé… Tout ça, il l'oubliait. Seules ces mains et ces lèvres sur lui le retenaient à la réalité. Il était gêné sous les regards, mais ne faisait rien. Il ne pouvait bouger, et s'essayait même pas. La terreur de ce qui allait lui arriver le paralysait.
Le Patron, et les autres hommes, se déshabillait lentement, ses yeux braqués sur son… employé. En le voyant se lécher les lèvres, Camus eut peur. Qu'allait-il… lui demander ? Lui faire ?
« Apporte la caméra. On va s'amuser un peu. »
Camus vit l'un des hommes se baisser vers une veste, fouiller dans une poche, et en sortir une petite caméra. D'un coup, Camus pâlit. Son visage devint blanc. On allait le… le filmer…
OoO
Angelo rentra dans le taxi, son téléphone portable collé à son oreille. Il indiqua au chauffeur l'adresse en lui ordonnant d'aller vite, il était très, très pressé.
« Ça y est, t'es dans un taxi ?
- Ouais, c'est bon.
- Dis-lui encore de se dépêcher, Camus est peut-être en danger !
- Tu crois que je ne stresse pas, moi aussi ?!
- Ce n'est pas toi qui l'as eu au téléphone ! Il était en larmes, Angelo ! Il est terrorisé !
- T'inquiète pas, il va rien lui arriver.
- Si c'est censé me rassurer, c'est raté !
- Aurélia, du calme. Je suis dans la voiture, on va vite arriver.
- J'espère… »
S'ils lui font du mal, je les massacre…
OoO
Des gifles. Des coups. Camus sentit le goût du sang sur sa langue. Sa lèvre était blessée, elle saignait. Il avait mal, et des cris de douleurs s'échappaient de sa gorge sèche. La caméra était en train de tourner, filmant son corps nu. Il ne pouvait même pas se retourner, cacher cette partie intime de son corps sur laquelle le viseur s'attardait.
Camus avait envie de pleurer. La panique et la terreur ne faisaient plus qu'un, il serrait les dents, mais ses yeux brillaient, ses larmes menaçaient de couler le long de ses joues affreusement pales. Une gêne atroce s'empara de lui, alors qu'il sentait sur lui le regard fou de désir de l'homme derrière la caméra, regardant indécemment son corps dénudé.
« Caresse-toi, ma belle. Te fais pas prier.
- Pour… quoi… ?
- T'imagines le fric que j'ai perdu, à cause de toi ? Faut bien que je le récupère. Tu peux pas t'imaginer ce qu'une vidéo peut rapporter comme fric, chérie. »
On lui prit les mains, elles tombèrent sur son ventre. Camus se sentit rougir, ce qui attisait les rires goguenards, et l'éclat de leurs regards. Son envie de vomir se faisait plus forte encore. Bien… plus forte… Pourtant, ses mains, timidement, remontèrent vers sa poitrine. Pour se caresser.
La caméra était braquée sur son visage. Inexpressif. Ses yeux seuls reflétaient le dégoût que ces gestes lui inspiraient. Intérieurement, il criait, faisant appel à tout son sang-froid pour ne rien montrer, garder sur son visage ce masque de glace. Se taire. Bouger ses mains. Ne pas pleurer. Ça va passer…
OoO
Angelo venait de stopper la conversation. Parler avec Aurélia l'angoissait plus que dans le silence oppressant de la voiture. Oui, il était angoissé. Presque terrifié à l'idée que quelqu'un, dans l'hôtel, puisse faire du mal à Camus.
Rentrer dans l'établissement était une chose, monter dans les étages en était une autre. Le personnel connaissait Camus. Des hommes, habillés normalement, pouvaient rentrer, se faire passer pour des amis, et monter par l'ascenseur. D'une manière ou d'une autre, ils avaient obtenu la clé de la chambre. Roseline avait réussi à l'obtenir, pourquoi pas eux ?
Une rage sans nom montait en lui. Ses mains serrées sur ses genoux, à s'en blanchir les articulations, tremblaient, comme si elles avaient soif de coups, de sang, de mort. Ils étaient là-bas. La voix féminine de sa secrétaire disparaissait peu à peu de son esprit, il les voyait tous autour du lit, Camus au centre. Il sentait leur présence, pas loin, à l'hôtel. Ses instincts meurtriers refaisaient surface, ses dents se serraient, à rendre ses mâchoires douloureuses.
La voiture roulait. Vite. Angelo ferma les yeux. Il attendit. Il attendit que le chauffeur, étonné, lui dise qu'ils étaient suivis. Il attendit que, paniqué, cet homme tente de les semer. Il pouvait presque sentir le choc des deux voitures se frotter, les virages serrés, la vitesse augmenter au fil des minutes. Le Cancer préféra garder les yeux clos. Ils y seraient bientôt. Bientôt…
OoO
Le Patron avait les yeux rivés sur Camus. Il se léchait les lèvres, grandement satisfait. Il avait enfin retrouvé son prostitué, ce gamin qui lui rapportait tant de fric. On raffolait de son corps, de son visage aux airs androgynes, ses yeux bleus et froids, ces sourcils finissants en deux fines branches, sa longue chevelure soyeuse, et sa voix calme et posée, et son corps blanc et fin… S'il avait été une femme, son succès aurait été moindre.
Les mains du français allaient sur son torse. Ses tétons durcissaient sous ses doigts agiles. Son visage était tourné vers le côté, le regard dans le vague, de façon à ne voir personne, à faire ce qu'on lui demandait. La lutte était inutile, il ne pouvait bouger, et face à quatre hommes, une tentative de fuite était perdue d'avance.
Hypnotisé, le patron regardait ces mains fines et claires descendre vers son ventre, taquiner le nombril, sous l'œil attentif de la caméra. Ne pouvant en supporter plus, le Patron attrapa l'appareil et filma lui-même la pute, ignorant le regard furieux de son employé.
Enfin, ses mains arrivèrent vers son entrejambe. Camus hésita, serrant les dents, laissant sa lèvre blessée. Le goût métallique du sang lui donnait mal au ventre, déjà présent depuis… longtemps… mais il toucha son sexe, et, fermant les yeux de dégoût, commença à se caresser. Il savait que les autres en faisaient de même, il entendit leur voix lui ordonner d'aller plus vite, de mettre plus de vigueur.
Il était humilié. Oui, c'était le mot. Il était humilié. Il crut hurler quand son Patron cria aux autres de lui écarter les jambes. De mettre sa main là où il pensait. Ses doigts en lui. Profondément. Sa main sur son membre, des phalange dans cette partie étroite et chaude…
Malgré lui, Camus s'exécuta. Les hurlait intérieurement. Son masque de glace se fissurait, des frissons de plaisir courraient sous sa peau, à sa plus grande horreur. Le viseur était dirigé vers cet endroit. Il sentait le regard de son Patron sur cette partie intime de son corps, sur ses doigts qui allaient et venaient lui. Malgré lui, les larmes coulèrent. Des rires. Des éclats de rire.
Camus se vit se jeter devant une voiture. Il allait le refaire. Bientôt. Dès qu'il pourrait…
OoO
La porte du véhicule claqua. Alors qu'il courrait vers l'hôtel, Angelo entendait le chauffeur crier après lui. L'italien ne fit nullement attention à lui, des billets l'attendaient sur la banquette, il pourrait se tirer pour réparer sa bagnole dès qu'il aurait déposé sa valise à l'accueil.
Combien avait-il laissé ? Suffisamment pour les réparations. Et sûrement assez pour que le chauffeur ne soit pas inquiet pour les jours où il ne pourrait pas travailler. Il s'en était bien sorti, malgré sa panique. Ils s'en étaient sortis indemne, et en un temps record. Dans le cas contraire, Angelo aurait laissé moins.
L'homme d'affaire ignora le personnel, cette femme à l'accueil qui voulut lui dire qu'ils avaient laissé rentrer des gens. Une fureur sans nom et sans mesure se lisait sur le visage de l'italien qui courrait dans le hall d'entrée, alertant les employés. Il se rua dans l'ascenseur sortit au deuxième étage et défonça presque la porte de la chambre fermée à clé.
Des voix. Un cri. Des rires. Angelo ne réfléchit pas, et rentra dans la chambre, le cœur battant. Quatre hommes. Un black, qui léchait le torse de Camus. Deux blancs, un qui filmait, un autre qui tripotait les fesses du français. Un homme au teint plus mâte, qui présentait son membre au jeune homme qui se débattait.
Angelo vit rouge. Il rentra dans la chambre. Celui à la caméra voulut le repousser. Le Cancer donna un coup dans la caméra qui vola dans la pièce, se fracassant contre le mur, vite rejoint par son propriétaire qui cria. On s'interposa, le type noir, costaud, voulut se battre, mais tous ces coups de poings furent évités. Masque de Mort le frappa sans ménagement. Un coup de poings dans la tête, l'homme tomba à terre, puis reçu un coup de pied bien placé, qui le fit hurler.
L'autre homme blanc, et celui au teint mâte, se jetèrent sur lui, l'ancien chevalier les repoussa, frappant l'un avec une force phénoménale, collant une gifle à l'autre, qui s'évanouit, après avoir rencontré le mur. On tomba à terre, on se releva. Incapable de se contrôler, Masque de Mort frappait, enchaînant les coups, blessant par ses poings ces ordures.
Camus assistait au spectacle, assis sur le lit, incapable de prononcer un mot. Il était terrifié. C'est comme s'il venait de faire un grand saut en arrière, à l'époque où ils étaient chevaliers. Angelo allait les tuer. Masque de Mort allait les détruire. Il allait…
Il hurla. Il lui hurla d'arrêter. Angelo sembla revenir à la réalité. Il tenait dans sa main le bras du plus costaud, celui qui voulait se faire sucer. Comme émergeant d'un cauchemar, Angelo regarda Camus, avec des yeux grands ouverts.
Camus, assis sur le lit, nu, pleurait doucement. Son visage était tuméfié, un œil au beurre noir, les joues rougies par les gifles, la lèvre fendue. Sur son corps blanc, des auréoles bleutées apparaissaient. Des marques rouges, aussi. Comme des suçons. Ses cheveux ébouriffés, emmêlés, tombaient sur ses épaules, sur son torse, unique protection pour sa peau meurtrie.
Angelo lâcha l'homme, s'avança lentement vers le lit, puis s'y assit. Il ouvrit les bras, Camus s'y réfugia, les doigts serrés sur sa chemise, dévoilée par sa veste d'homme. Dans ses bras, Angelo le serra contre son torse, le protégeant dans cette étreinte chaude et rassurante. Camus sanglotait contre lui, cédant complètement aux larmes qu'il retenait depuis trop longtemps. Avec douceur, Angelo caressait ses cheveux, sa tête posée sur celle du français, le berçant.
Il entendit des voix. Camus se tendit dans ses bras, il le rassura en lui caressant le dos. C'était des voix d'hommes, et même de femmes. Des gens arrivèrent dans l'encadrement de la porte, poussèrent des cris d'horreur, en imaginant le drame, à la vue de ces hommes nus et de Camus sanglotant dans les bras de l'homme d'affaire.
Peu de temps après, la police arriva. Et Angelo partit, valises faites, dans un autre hôtel, Camus dans ses bras.
OoO
L'eau coulait sur son corps. Plusieurs marques étaient visibles sur sa peau blanches. Avec ses mains enduites de savon, Camus avait essayé de les effacer, les frottant jusqu'à ce qu'elles rougissent encore plus. Mais elles demeuraient, preuves indélébiles de cette tentative de viol. Elles partiraient, avec les jours. Mais elles mettraient du temps. Beaucoup de temps…
Le français sentait le regard d'Angelo posé sur ces traces bleutées, voire rougies. C'était comme si les foudres de l'italien étaient dirigés vers lui, et le français ressentait des frissons d'angoisse à ces attaques silencieuses. Angelo était en colère contre lui, et ça se comprenait.
Ils n'avaient pas échangé un mot. Pas un seul. Camus se souvenait de son bras entourant ses épaules de façon possessive, dans le taxi, et son corps contre le torse d'Angelo, en sortant de l'hôtel, puis en rentrant dans l'autre. Après que les employés soient sortis, déposant les valises dans la nouvelle chambre, l'italien l'avait porté jusqu'à la salle de bain, où il l'avait laissé, nu dans la baignoire, pour passer un coup de téléphone.
Et il était revenu. Camus se savonnait, frottait sa peau pour en faire disparaître les traces sombres, sous le regard insistant du Cancer, qui tenait une grande serviette éponge dans ses mains, l'ayant dépliée. Quand il le sortit de la baignoire, avec attention pour ne pas trop mouiller sa chemise, et le déposer sur le tapis de bain, où était étalée une grande serviette. Camus se sécha, ignorant comme il pouvait Masque de Mort, appuyé contre le mur, attendant qu'il soit sec pour l'aider à s'habiller.
Une certaine tension planait autour d'eux, et Camus se sentait de plus en plus gêné. C'est comme si les yeux perçant du Cancer le déshabillait, le détaillait, regardant le moindre recoin de son corps pour y déceler une blessure. Ce n'était que des bleus, ce n'était pas bien grave. Mais Angelo ne se départait pas de son mutisme, refusant d'adresser la parole au Verseau.
Les larmes lui montaient aux yeux. Alors que les mains de Masque de Mort l'aidaient à enfiler son pyjama, il revoyait son Patron, ces hommes qui l'avaient embrassé, léché, filmé. Il pouvait presque sentir leur langue visqueuse sur sa peau. Un frisson de dégoût le parcourut, il se mordilla la lèvre pour ne pas gémir, et pleurer.
Cette réaction ne passa pas inaperçu pour l'italien, qui ne pipa mot. Il en voulait à Camus de ne lui avoir rien dit, d'avoir gardé tout ça pour lui. S'il n'était pas rentré à temps, il se serait vendu, comme autrefois. Ces types l'avaient touchés, ils paieraient chèrement leur crime. Ils étaient entre les mains de la police, et qu'importe le prix à payer, ils seraient bientôt entre celles des geôliers. Il n'était pas seulement en colère après Camus et ce qu'il comptait faire, mais aussi contre lui-même. Il avait laissé le français seul, sans personne, et n'avait pas su comprendre ce qu'il avait voulu dire quand il lui avait parlé de Morris. Peu de temps avant son départ pour les États-Unis.
Il y avait autre chose, aussi. C'était son inquiétude, sa précipitation, son angoisse croissante qu'il avait ressenti. Jamais, Angelo n'avait ressenti cela avec autant de force. Même lors de son retour en France, après avoir appris la nouvelle de l'accident, l'italien n'avait pas senti son cœur battre à un rythme aussi rapide. Sa terreur avait été bien plus grande, à l'idée qu'il puisse arriver quelque chose de mal à son amant. À Camus. À… celui qu'il aimait.
Le canapé, froid et long, accueillit Camus. Un silence tendu s'installa dans la pièce, et le Verseau avait froid. À cause de ce fossé entre eux deux. Il s'en voulait de n'avoir rien dit, d'avoir fermé sa bouche, de s'être livré à ces hommes, en sachant qu'il était incapable de se défendre. Faire cela, en pensant à Angelo, l'homme qu'il aimait. C'était le trahir. Mais Camus ne pensait pas pouvoir le revoir, c'est comme s'il avait signé son arrêt de mort. Il connaissait ces hommes, et également ce qui était arrivé à certains employés, qui étaient allés trop loin, comme lui. Emmenés un jour, exploités toujours.
Masque de Mort devait se sentir trahi, et surtout écœuré par son comportement. Camus l'était lui-même, il imaginait sans mal ce que pouvait ressentir Angelo. Camus se rendait compte d'une chose. Il était un déchet. Une ordure. Une chose avec laquelle on avait joué, trop longtemps, trop souvent. Pourtant, malgré ses remords et ces blessures sur son cœur, il ne pouvait supporter le silence oppressant qu'imposait… celui qui avait été son amant.
Angelo était devant la fenêtre. Il réfléchissait. Son portable était dans sa poche. D'un geste, il pouvait le sortir, et appeler sa secrétaire, qui devait mourir d'inquiétude. Pourtant, il ne prit pas la peine de l'appeler. Camus était en vie, elle le saurait bien assez tôt. Encore en colère, Angelo ne savait comment parler au français, lui dire ce qu'il ressentait, ce qu'il avait souffert, sa peur croissante au fil des secondes, ce soulagement infini quand il avait pu, enfin, le tenir dans ses bras, et se dire qu'il allait bien. Blessé, affaibli, mais bien.
Camus se tripotait les mains, légèrement tremblantes. Sa nervosité monta d'un cran, il ne supportait plus ce silence. Il aurait encore préféré qu'Angelo lui crie dessus, au lieu de ruminer ses pensées. Qu'il lui montre sa colère, sa haine, au lieu de l'ignorer.
« Angelo ? »
Seul le silence lui répondit. Camus se mordilla la lèvre, dans un état de nervosité extrême.
« Angelo ? »
Pas un mot. Ses ongles griffaient ses mains, ses doigts qui se tortillaient. Il cria.
« Dis-moi quelque chose, au moins !!
- Tu te rends compte de ce que tu as fait ?! »
Camus sursauta. Masque de Mort venait de se retourner, le foudroyant du regard. Le français se sentit tout petit face à lui, le corps tremblant et pâle. Le Cancer serrait les poings, comme s'il retenait sa colère.
« Pourquoi tu n'as rien dit ?! Pourquoi ?! »
Il hurlait presque. Son sang-froid était parti en fumée. Sa colère reprenait le dessus.
« Je…
- T'as vraiment cru ces conneries ?!
- Tu n'étais pas à ma place !
- Camus, tu me prends pour un abruti ou quoi ?!
- C'est pas toi qui est handicapé à vie et qui a joué la pute pendant des mois !! »
Ses remords, sa colère contre lui-même et sa douleur se mêlaient dans ses yeux embués de larmes, dans sa voix, dans son cœur blessé qui battait trop vite. Angelo le regardait, comme coupé dans son élan.
« Je n'ai rien, Angelo, rien ! Je ne suis rien ! J'avais peur, tu peux comprendre ça ? Peur !! Peur pour Aurélia, pour toi ! J'ai peur de tout ! Depuis que tu m'as recueilli, la vie est trop belle, trop parfaite, pour moi, un rien me fait peur ! Tu peux t'imaginer comme j'ai été terrorisé par l'accident de voiture ? Elles ont failli mourir ! Et ce gars a menacé Aurélia ! Non, je n'y ai pas cru, non, je savais que c'était faux ! Mais j'avais un doute, j'avais peur !
- Pourquoi tu ne m'en as pas parlé ?! On n'en serait pas là, Camus !
- Tu aurais eu des ennuis !
- Avec qui ? Ton patron ?! Tu crois que ces types-là me font peur ?! J'en ai maté de plus coriaces que ça !
- Mène la vie que j'ai menée, et après on en reparlera !
- Tu te rappelles ce que je t'ai dit ?
- Pardon ?
- Je t'ai dit que tu n'y retournerais plus. »
Leur regard se croisait. Angelo semblait plus calme, et Camus tremblait toujours un peu. Et leur cœur battait toujours autant.
« C'était une promesse, Camus. T'as voulu te vendre, t'en aller, et ça, j'apprécie pas. Je pensais que tu avais plus de confiance en moi.
- Ce n'est pas un manque de confiance.
- Si, c'en est un. Tu avais peur pour Aurélia, et pour toi, aussi. Pour ce que tu allais devenir. Mais ça, je suppose, que ce n'est que secondaire. Camus, tu penses vraiment que j'aurais pu renvoyer ma secrétaire, vu les relations que nous avons, et toi aussi ? Tu penses que j'en aurais été capable ? Je ne suis pas réputé pour avoir des sentiments, pour ressentir de l'amour, encore moins. Mais Aurélia est importante pour moi, si elle me trahissait, ça me ferait très mal. Et toi aussi, Camus. Ce que tu as fait, ça m'a fait mal. Et j'ai vraiment eu peur. »
Des mots qui coulaient le long de ses lèvres, sans qu'il ne puisse les retenir. Il s'avançait vers Camus, qui le regardait de ses yeux troubles, embués de larmes.
« Il ne t'est rien arrivé. Mais ça aurait pu. Et je ne l'aurais pas supporté. Tu comptes pour moi, tu peux comprendre ça ?
- Je vaux rien… »
Angelo s'assit sur le canapé, juste à côté du français, le regardant droit dans les yeux, touchant sa joue humide de ses doigts.
« Pour moi, tu vaux quelque chose. Sinon, tu crois que je serais là à t'engueuler ? Camus, tu réalises la peur que j'ai eue ? »
Non, il ne réalisait pas. Camus secoua la tête. Il ferma les yeux, alors que l'italien l'embrassait sur le front, sa main posée sur sa nuque. Mais il lui releva le visage, le regardant droit dans les yeux.
« Je t'aime, Camus. C'est con à dire, mais sans toi, ça vaut plus la peine de vivre. »
Camus baissa la tête. Ses yeux brillaient, à cause des larmes qui coulaient le long de ses joues et à cause du bonheur qui lui réchauffait le cœur. Angelo se sentit rougir malgré lui, alors que son amant éclatait en sanglot, une nouvelle fois. Camus se répétait qu'il était ridicule, mais c'était nerveux, et aucune moquerie ne transparaissait sur le visage de l'italien, qui se contenta de le reprendre contre lui. Sa main dans ses cheveux, il tenta de l'apaiser. Camus se blottit contre lui.
Il était bien, entre ses bras. Contre son torse. Près de lui…
OoO
Angelo décommanda. L'employé qu'il eut au téléphone sembla soulagé qu'il ne vienne pas, il devait y avoir un monde d'enfer dans le restaurant. L'italien, aussi fatigué que Camus, préféra faire monter un bon repas, du champagne et des gâteaux, de quoi passer le réveillon tranquille, dans la chambre. Jugeant qu'ils avaient eu suffisamment d'émotions pour la journée, Angelo avait choisi de décommander, car il ne se voyait pas sortir dans le froid glacial emmener Camus dans un restaurant bruyant, alors que le français préférait largement rester bien au chaud et en sécurité à l'hôtel.
Un employé monta donc leur repas dans la nouvelle chambre, plus petite et moins luxueuse, mais tout aussi agréable. Habillé d'une façon plus décontractée, Angelo l'avait accueilli pour récupérer les plats, qu'ils avaient dégustés en discutant comme si rien n'était arrivé. Camus se fit moins tendu après une belle coupe de champagne, qu'il lit du temps à accepter, supportant mal l'alcool. Ses joues rosirent délicieusement, quittant leur couleur trop pâle, et un sourire flottait sur ses lèvres. Masque de Mort en fut soulagé.
La soirée fut agréable. Calme, et agréable. Ils parlèrent de tout, nullement gêné par les quelques silences qui s'installaient entre eux. Le repas fut excellent, tout comme le dessert traditionnel. Ils avaient bien fait de rester là où ils étaient, évitant la circulation difficile dans Paris, dans le calme de la chambre, rien que tout les deux. Angelo songea à appeler Aurélia, avant de dîner, et elle fut soulagée de savoir que Camus aille bien. Elle engueula quand même un peu Angelo, il aurait pu la prévenir avant, mais juste pour la forme. Elle put réveillonner en paix.
On revint chercher les assiettes vides. Alors qu'Angelo aidait à débarrasser, pour aller plus vite, Camus laissa errer son regard sur le sombre paysage derrière la fenêtre. La neige s'était remise à tomber, voilant la vitre de ses légers flocons blancs tombant inlassablement du même mouvement tranquille. Angelo surprit son regard rêveur dirigé vers la fenêtre. Alors que l'employé refermait la porte, l'italien s'approcha en silence de Camus et le prit dans ses bras, ce qui l'étonna.
Par chance, ils avaient trouvé un hôtel qui avait une petite vue sur la tour Eiffel. Debout sur le balcon, Angelo tint Camus dans ses bras, nullement préoccupé par le froid. Le français vit les ampoules dans les arbres illuminer les rues, et la grande tour Eiffel, là-bas, qui brillait de mille feux. Un léger sourire flottait sur les lèvres de Camus, alors que son regard errait vers cette construction de métal éclairant la nuit noire. La neige tombait autour d'eux, ses légers flocons se posaient délicatement sur leurs cheveux.
« C'est beau, la neige… »
Angelo acquiesça. Camus, malgré le froid, se sentait dans son élément. Il adorait la neige, c'était au milieu de cette eau cristallisée qu'il avait vécu si longtemps, loin de la France, de la Grèce… Il se souvint de son accident, de ce jour où il avait sauté devant la première voiture venue. Il neigeait ce jour-là aussi. Le jour où il avait rencontré Angelo. Les bras enroulé autour de son cou, il se laissa embrasser par l'italien, soupirant d'aise.
OoO
« Joyeux Noël Camus !!
- Joyeux Noël à toi aussi. T'as fait exprès d'attendre Minuit pour appeler, n'est-ce pas ?
- Comment t'a deviné ?? Le Papa Noël t'a gâté ??
- Il est pas encore passé.
- Patron, vous assurez pas ! Il a intérêt à t'offrir un beau cadeau !
- Justement, raccroche au lieu de blablater.
- Angelo !
- Te laisse, Camus ! Y'a les petits qui sont allés promener le chien, faut qu'on mette les cadeaux partout !
- Mais tu peux pas bouger !
- Bah oui, mais faut bien que je bouge mes grosses fesses du canapé pour qu'on mette les cadeaux, tu crois pas ??
- Ah oui, pas bête.
- À plus, Camus !! »
Et elle raccrocha. Camus déposa le combiné et jeta un regard amusé à l'italien qui vint se rasseoir sur le canapé.
« T'aime bien écouter les conversations des gens, n'est-ce pas ?
- Surtout celles de la blonde. J'ai adoré son histoire de mariage.
- Moqueur.
- Moi ? Au fait, minuit est passé, je peux te passer ton cadeau.
- Angelo !
- Quoi ? J'ai le droit de t'offrir quelque chose, non ?
- Mais…
- Tiens. »
De sous un coussin, Angelo sortit un paquet. Camus le regarda, stupéfait, puis prit le cadeau dans ses mains, les yeux posés sur le papier rouge et doré. Un bras posé sur le dossier du sofa, Angelo regarda son amant retirer le papier avec délicatesse, de ses longs doigts blancs et fins, et découvrir une boite à bijou. En l'ouvrant, il découvrit une belle montre argentée qui devait coûter son pesant d'or. Camus sentit ses joues rougir, n'osant lever les yeux vers Angelo, qui vit à son visage que son cadeau lui plaisait. Beaucoup.
L'italien happa ses lèvres, attirant le français à lui, qui vint contre lui sans résistance, offrant sa bouche à son amant qui força le barrage de ses dents, envahissant cet antre chaud et humide. Camus lui enserra le cou d'un bras, ses doigts caressant ses courts cheveux bleus, sentant avec bonheur les bras puissants du Cancer l'entourer. Il dévorait sa bouche, taquinant chacun de ses recoins, comme pour la nettoyer. Et y imposer sa marque. Ce baiser passionné et sensuel les laissa pantelants.
Blotti contre l'italien, Camus regarda sa montre, ce bijou raffiné dont l'aiguille tournait lentement, par tic tac silencieux, sur le rond du cadran. Il l'enfila à son poignet qu'il trouva trop fin pour un objet pareil. Il était bien maigre, il se promit d'y remédier. Il n'avait plus de raisons de s'en faire, maintenant. Plus d'inquiétude, ni stress. Ni rien…
« Au fait, Camus. »
Le français leva les yeux vers son amant.
« J'ai autre chose pour toi.
- Et moi qui n'ai rien…
- T'inquiète pas.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Eh bien… D'abord, j'ai quelque chose à te dire.
- Et c'est ?
- J'ai fait des recherches sur toi. Sur ton passé, en fait. »
Camus se redressa pour regarder l'italien en face. De son regard, il semblait chercher dans les yeux bleus d'Angelo ce qu'il pouvait bien mijoter. Qu'il veuille savoir des choses sur lui ne l'ennuyait pas, mais qu'il fasse des recherches sans lui en parler l'étonnait plus que ça ne l'énervait.
« T'as fait des recherches ?
- Ouais.
- Pourquoi ? T'aurais pu me poser des question, je t'aurais répondu.
- Mais c'était moins marrant si je te posais des questions.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- J'ai appris que t'avais une sœur aînée. Noémie, c'est ça ?
- Oui, et après ?
- Tu t'es jamais demandé ce qu'elle était devenue ? »
Camus ouvrit de grands yeux. Son cœur se mit à battre à la chamade. Angelo savoura ce délicieux effet de surprise qui se peignait sur le visage de Camus.
« Ange…
- Je l'ai contactée. Elle serait heureuse de nous avoir demain pour le déjeuner. Ou plutôt pour tout à l'heure, minuit est passé. »
Une larme coula sur sa joue. Puis une autre. Et une autre. Camus baissa la tête et se cacha le visage avec sa main, celle dont le poignet était décoré par la montre argentée. Il se laissa emmener contre Angelo, qui caressait ses cheveux, sentant le bonheur déferler dans les veines du français. Il l'embrassa sur le front, puis sur la tempe. Ses lèvres étaient tout près de son oreille, Camus l'entendit murmurer.
« Elle est en couple, et elle a une fille.
- Et tu sais avec qui elle est mariée ? »
Camus leva les yeux, interrogeant Angelo de son regard humide. Un sourire amusé était plaqué sur ses lèvres.
« Camus, tu t'es jamais demandé pourquoi Aphrodite partait si souvent en voyage ? »
Merci de m'avoir lue ! J'espère que ça vous a plu !
