L'OR DES GOBELINS –PARTIE 1-

Entrant dans la pièce poussiéreuse, Merlin traversa le labyrinthe formé de centaines d'étagères pleines de livre tenant fermement un morceau de parchemin entre ses mains. Il ne venait pas souvent ici, uniquement quad Gaius lui demandait de lui ramener quelques chose ou cette fois où il avait falsifié un sceau de noblesse … Mais cette fois, c'était la première raison qui l'amenait à se trouver ici.

Geoffrey de Monmouth avait beau être vieux, il avait cette façon de vous regarder qui rend le plus preux des chevaliers nerveux. Espérons que cette fois, le bibliothécaire ne le ferait pas et lui dirait directement où se trouvait le livre.

Atteignant le bureau, Merlin attendit que l'homme daigne lire son parchemin. Quelques minutes après, le vieil homme sembla enfin être en mesure de s'adresser au servant devant lui :

« Oui ? »

Merlin le regarda pendant un moment avant de répondre en hésitant :

« Oui … Gaius m'a envoyé lui chercher un livre » Il regarda son parchemin et lut à voix haute : « Le bestiaire d'Eluiym de Cambria ».

« Le bestiaire ? » L'homme cligna des yeux, avant d'hocher la tête « Je ne l'ai plus vu depuis des années. Il doit être quelques part dans l'aile est, je n'ai aucune idée de l'endroit précis. »

Le visage de Merlin se fendit en une grimace, c'était à lui de chercher parmi ses étagères poussiéreuses après tout … Il se tourna vers la droite et se dirigea vers les premiers étagères avant de se faire arrêter par le bibliothécaire qui lui indiqua que l'est était de l'autre côté

Merlin le regarda un instant, embarrassé avant de pénétrer le labyrinthe de libre. Bon, ce n'était pas complètement un labyrinthe mais il y avait assez d'étagères pour se perdre si on ne faisait pas attention. S'il n'y avait pas tout ces blocs de livres de tous les styles et couleurs avec l'augmentation du nombre de toiles d'araignées à mesure qu'on s'éloignait de l'entrée. Il n'avait pas vraiment de repère.

Après être arrivé à la section marqué « Aile Est », Merlin commença à regarder autour de lui. Si le livre n'avait pas été vu depuis des lustres, il devait être l'un des plus poussiéreux. Essayant de ne pas éternuer ou de tousser tant la poussière était dense après son passage, le magicien chercha dans le couloire jusqu'à ce que finalement il trouve ce qu'il cherchait.

Le bestiaire d'Eluiym de Cambria se trouvait tout en haut de l'étagère mais Merlin n'en était pas impressionné le moins du monde.

"...Génial..."

Il s'éloigna de l'étagère pour prendre un peu d'élan, avant de décidera que grimper l'étagère plutôt que de sauter serait pour le mieux. Il espérait que Geoffrey ne le voit pas pendant qu'il faisait ça, il allait être scalpé s'il se faisait attraper ! Prenant appui sur une étagère, il mit son pied sur un livre d'une étagère un peu plus bas par erreur, avant de pouvoir corriger ce fait, la bibliothèque tourna sur elle-même révélant un passage secret.

Il se retrouva dans une petite chambre poussiéreuse et pleine de toiles d'araignée qui recouvrait une grande surface de la pièce et de ses objets.

Sur ses gardes, Merlin commença par regarder autour de lui, la curiosité ayant dissipé ses souvenirs sur ses aventures dans de telles pièces. A un moment, il remarqua un grand livre mis sur une grande étagère, curieux, il s'en approcha avant de le prendre et de l'ouvrir. Au moment même où ses yeux avaient commencé à lire, il comprit ce que c'était : Un livre de sorts, un qui avait été sauvé de la Grande Purge au vu de sa position dans cette pièce secrète.

Il l'examinerait peut être plus tard, au cas où il contiendrait des sorts que son propre livre ne contenait pas. Soudain, il entendu une exclamation étouffé dans la pièce oublié. Il remit le livre à sa place et regarda autour de lui alors que le bruit retentissait de nouveau avant de bousculer par inadvertance une boîte en forme de cylindre octogonal qui se trouvait au milieu de la pièce.

La boîte bougea un peu, un léger 'bang' venait de son contenu, avant qu'une voix rauque disent très clairement : « Hé !».

La regardant avec perplexité, Merlin se baissa pour se rapprocher de la boîte et la tourna légèrement alors que son contenu grognait en se plaignant. Le haut était fermé par une lanière en cuire attaché à une serrure. Encore une fois, le bon sens ne fit pas d'apparition alors que le magicien regardait la serrure et décidait immédiatement de l'ouvrir avec un sort.

"Ar oscailt..."

La serrure s'ouvrit immédiatement, le couvercle s'envola au loin et prenant appui sur le haut, Merlin se pencha avec précaution sur l'ouverture pour voir ce qui se trouvait l'intérieur. Il sauta tout de suite en arrière alors que quelque chose sortait soudainement de la boîte.

C'était vert, avait des tatouages, des oreilles larges et pointues et ça lui souriait avec des dents très pointus,

"Bouh!" Merlin le regarda, avant qu'il ne lui parle de nouveau "Alors, tu vas dire quelque chose, ou c'est à moi de le faire ?"

Il y avait des tonnes de réponses que pouvait répliquer le magicien, mais comme d'habitude, il ne choisit pas la plus intelligente.

"Tu... Tu peux parler ?"

"T'es un timide toi, pas vrai ?" La créature commença à s'étirer, ses articulations craquant tandis que les os se dégourdissaient. « Oh ! J'peux t'dire que ça fait du bien de faire ça …. Et ça …. Et ça !" Merlin continua à le regarder, pas sûr de quoi faire de cette étrange … chose. Il essaya alors de le faire taire quand il réalisa que Geoffrey pouvant l'entendre mais il fut rudement arrêté « J'ai été enfermé dans cette boîte depuis cinquante ans, il est temps de s'amuser ! »

Il sauta de la boîte sur une étagère et commença à jeter des objets sur Merlin, l'ignorant complètement alors que celui-ci lui disait de se taire et d'arrêter.

« Arrête, ou tu vas nous attirer de gros ennuis à tous les deux. »

L'ignorant toujours, la créature fit ensuite – avec lenteur et délibération – tomber un vase sur le sol, le regardant se briser.

« Oh là là, quel dommage, tant pis. »

Le peu de patience qu'il restait à Merlin s'évanouit, tandis qu'il observait la chose avec une frustration grandissante.

« OK, c'est bon, tu retournes dans cette boîte le temps que je... décide quoi faire de toi. »

L'autre le fixa avec un air abattu, sa lèvre tremblant tandis qu'il soupirait :

« Oh, d'accord... S'il le faut vraiment... »

Il sauta au sol et se dirigea vers la boîte, grimpant dessus pour se tenir sur le bord. Au moment où Merlin s'avançait afin d'enfermer la créature, elle sauta en l'air et atterrit sur sa tête.

« Ha ha ! J't'ai eu ! »

Elle disparut ensuite dans les étagères, tandis qu'il exigeait:

« Arrête de faire des bêtises! »

Ignoré une fois de plus, il commença à chercher la créature, la trouvant farfouillant dans ne boîte de bric-à-brac et jetant de côté ce qui ne semblait pas correspondre à sa recherche. Il saisit un vieux bout de tissu à proximité, s'avança lentement vers la créature, se baissant pour éviter un article jeté en arrière, avant de lancer le chiffon sur elle et d'essayer de la remettre dans sa boîte.

Puis... tout d'un coup... la masse se débattant sous le tissu sembla s'évanouir.

Mrlin cligna des yeux, le soulevant et regardant à travers avec perplexité. Où diable était passée la créature ? Il eut la réponse un instant plus tard quand une boule de lumière dorée et brillante, qui ressemblait de façon suspecte à la créature imitant une abeille, surgit d'entre les plis et vola hors de la pièce à travers un léger trou.

Merlin resta bouche bée d'horreur, se ruant hors de la pièce en se servant de l'étagère avant de fouiller l'alcôve extérieure, avec pour seul résultat de recevoir un livre à l'arrière de la tête. Se retournant, il découvrit la créature perchée en haut de l'étagère qui servait de porte secrète, et celle-ci commença à la vider de son contenu en lançant les livres à la tête du magicien. Heureusement pour lui, le livre qu'il cherchait fut pris... malheureusement pour lui, la créature décida ensuite qu'elle en avait assez et s'en saisit avant de disparaître. Merlin se rua hors du Couloir des Procès-Verbaux, du moins, sauf lorsqu'il passa devant Geoffrey de Monmouth, cherchant la créature tout en s'assurant qu'il n'attirait pas l'attention sur lui. Il ne lui fallut pas longtemps pour la trouver, grâce à une piste de destruction devant les appartements d'Arthur, et ce fut dans un déni horrifié que le magicien entra pour les trouver mis à sac, et la créature continuait à jeter des objets partout... et à en juger par son monologue, elle n'était pas très contente de ne pas pouvoir trouver ce qu'elle cherchait.

Le monologue venait de sous le lit, mais quand il s'agenouilla pour regarder dessous, la pire chose possible qu'il puisse imaginer se produisit.

« Merlin... J'espère pour toi que tu as une bonne explication à cela... »

Merlin se retourna et regarda Arthur, souhaitant par-dessus tout que le fichu crétin ait choisi n'importe quel autre moment que celui-là pour se montrer. Réfléchissant rapidement, aussi improbable que cela puisse paraître, Merlin se leva et inventa une excuse... bien qu'un peu boiteuse.

« Je... J'ai en effet une explication. »

Arthur le fixa platement, Merlin abandonnant à présent son célèbre sourire innocent.

« Je fais le nettoyage de printemps. »

Arthur le fixait toujours.

« Ce n'est pas le printemps... et ce n'est certainement pas propre. »

Le sourire de Merlin s'élargit, et il rit un peu.

« C'est parce que je viens de commencer. »

La porte de la chambre grinça légèrement, Merlin saisissant un éclair de vert s'enfuyant par là, avant de continuer à feindre devant Arthur.

« A-attendez que j'aie fini, vous pourrez manger par terre... Non que vous en auriez envie... »

Il y eut un bruit de crash à l'extérieur, Arthur se retourna pour regarder.

« Qu'est-ce que c'était ? »

Merlin le contourna, se ruant hors de la porte.

« Et si j'allais voir, pendant que vous restez là et que vous vous mettez à l'aise? »

Puis il partit, laissant Arthur se demander ce qui lui prenait.

~(-)~

Merlin se tenait à côté de Gaius, tandis que le magicien feuilletait un de ses livres afin de trouver ce qu'était la créature. Le magicien était arrivé dans ses appartements dans un état d'agitation extrême, après avoir chassé la créature des appartements de Morgane, mais pas avant qu'elle n'ait jeté à terre une bonne partie de ses bijoux. Il était en train de les ramasser quand Gwen était entrée, le mettant dans une situation plutôt compromettante.

Une chance pour lui que Gwen sache qu'il n'était pas du genre à voler... Une chance pour lui que ce n'ait pas été Morgane qui soit entrée.

Pour en revenir à nos moutons, cependant, Gaius tourna encore quelques pages avant que Merlin ne l'arrête et ne montre une image de la créature qu'il avait vue.

« C'est lui ! »

Gaius fronça les sourcils, il n'avait pas l'air ravi.

« Il semble que tu aies relâché un gobelin. »

Gaius le regardait maintenant très sérieusement, mettant Merlin mal à l'aise.

« Je connais ce regard... Ce n'est pas bon, pas vrai ? »

Le médecin hocha la tête.

« Les gobelins sont les créatures les plus méchantes qui soient. Méchants et dangereux. »

Merlin fronça les sourcils, peu convaincu.

« Il n'avait pas l'air dangereux. »

L'expression de Gaius devint sévère.

« Crois-moi, Merlin, un gobelin ne laissera rien l'empêcher d'obtenir ce qu'il aime par-dessus tout... de l'or. »

Il aurait pu ajouter quelque chose, si Arthur n'avait pas fait irruption dans la chambre avec une expression impassible sur le visage.

« On vous demande, Gaius, pour une affaire urgente et extrêmement délicate... C'est mon père... »

~(-)~

Quelques minutes plus tard, ils se tenaient devant les appartements du Roi, et Arthur les prévint en termes sans équivoques que s'ils tenaient à leur vie, ils ne penseraient même pas à rire. Il les fit entrer, et la voix d'Uther les informa qu'il était assis derrière son paravent...

Le Roi Uther avait été rendu chauve...

Gaius et Merlin avaient échangé un long regard, avant que Gaius n'assure Uther qu'il chercherait un remède et qu'ils prennent congé. Arthur resta avec son père, ce qui convenait très bien à Merlin, car il n'était pas sûr de vouloir avouer au prince qu'il avait libéré ce qui avait fait ça au roi.

Sur le chemin de retour à ses appartements, Gaius murmura à son protégé d'une voix inquiète :

« Seul un enchantement aurait pu faire perdre ses cheveux à Uther de cette façon. Je n'ai aucun doute sur la culpabilité du gobelin. Il faut qu'on l'attrappe avant qu'il fasse de sérieux dégâts. »

A cet instant le magicien ne put se retenir, et laissa échapper un éclat de rire.

« Est-ce que vous avez vu la tête d'Uther? »

Gaius se tourna vers lui, l'air réprobateur.

« Merlin... Que crois-tu qu'Uther fera à la personne responsable d'avoir relâché le gobelin ? »

Le sourire s'effaça, tandis que le magicien recouvrait son sérieux.

« Il faut qu'on l'attrappe, comment faire ? »

Ils reprirent leur route, Gaius préparant un plan.

« Il faut qu'on lui tende un piège, et pour cela il nous faut de l'or... et beaucoup... »

~(-)~

Pourquoi est-ce qu'il semblait attirer ce genre de problèmes ? Pourquoi ? Pourquoi n'avait-il pas quitté la pièce secrète après y être tombé... Et pourquoi, oh, pourquoi avait-il ouvert cette fichue boîte ?

Merlin tendit le bras sous le lit d'Arthur, attirant à lui un certain objet caché dessous, reconnaissant d'avoir distrait le gobelin durant sa fouille de la pièce, l'empêchant ainsi de trouver cela... Un petit coffre contenant un nombre considérable de pièces d'or.

Le sortant de sa cachette, Merlin souleva le couvercle pour vérifier le contenu. Il le glissa ensuite avec précaution sous son bras et se dirigea vers la porte, silencieux comme une ombre, gracieux comme un... éléphant dans un magasin de porcelaine...

En passant près de la table où le prince s'asseyait pour prendre ses repas, le magicien renversa par inadvertance le plateau contenant le bol, la tasse et l'assiette qu'il avait mises là un peu plus tôt en prévision du petit déjeuner princier le lendemain. L'ensemble tomba au sol, résonnant dans la chambre auparavant silencieuse, et Merlin se cacha instinctivement derrière l'une des chaises, la plaçant ainsi que la table entre lui et le prince désormais éveillé.

Arthur leva la tête, encore un peu endormi, mais néanmoins parfaitement alerte.

« Qui est là ? »

Merlin resta silencieux, les vieilles habitudes le poussant à agir comme il l'aurait fait avant qu'Arthur n'apprenne à propos de sa magie.

Croyant que ce silence signifiait qu'il avait un vrai intrus, et potentiellement dangereux, Arthur se leva et tira son épée, ses yeux fouillant la chambre depuis le lit. Une fois encore, sans vraiment réfléchir, Merlin saisit la perche et murmura :

« Titim eadach... »

Les rideaux du lit tombèrent, atterrissant sur Arthur qui glapit de surprise avant de tomber du lit sur le sol.

Merlin sortit de sa cachette, mais ce qu'il n'avait pas prévu était qu'Arthur, au lieu de se déplacer épée en main comme s'il s'attendait à ce que quelqu'un l'attaque, s'était relevé et immobilisé, ayant ajouté deux et deux. Les rideaux de son lit, lui tomber dessus juste au bon moment... Mais oui...

« … Merlin... Qu'est-ce que tu fabriques ? »

Merlin grimaça, posant le coffre sur la table avant d'aller aider Arthur à s'extirper des rideaux. Il les suspendit ensuite à leurplace, supportant le regard furieux du prince tandis qu'il commençait ses explications.

« Je, euh... En allant chercher un livre pour Gaius ce matin, j'ai trouvé une chambre secrète dans le Couloir des Procès-Verbaux... Et quand j'y étais j'ai accidentellement relâché quelque chose qui était enfermé dans une boîte rangée là-bas..."

L'expression d'Arthur était mélangée, et on aurait dit qu'il ne savait pas s'il devait être énervé, irrité, ou résigné. Finalement, il soupira, et croisa les bras en fronçant les sourcils.

« Laisse-moi deviner, la chose que tu as relâchée, c'est ce que tu cherchais ce matin... et celle qui a rendu mon père..."

Il ne termina pas sa phrase, tandis que Merlin, les rideaux suspendus, grimaçait de nouveau.

« Euh, oui... C'est un gobelin et Gaius et moi allons lui tendre un piège. C'est pour ça que j'avais besoin de... »

Sa voix s'éteignit, son regard glissant vers le coffre sur la table, et Arthur le repéra également.

Incrédule, il se tourna vers Merlin et le frappa derrière la tête.

« Merlin ! Est-ce qu'il ne t'est pas venu à l'idée que si tu avais vraiment besoin de quelque chose, tu aurais pu me le demander au lieu de le voler ? »

Merlin rentra les épaules, l'air penaud, avant qu'Arthur ne secoue la tête et tende le bras vers la porte.

« Prends-le ! Mais tu ferais bien de le ramener ! Et je veux que tu me parles tout ce qui se passe en rapport avec la magie à partir de maintenant ! Tu te comportes comme si je ne savais toujours pas ce que tu es. »

Le magicien eut la bonne grâche de paraître légèrement honteux, évitant son regard.

« L'habitude, j'imagine. »

Il vit Arthur le fixer.

« Désolé... Je vous ferai savoir comment ça se passe. »

Et sur ces paroles, il se rua vers la table et quitta la pièce avec la boîte pleine de pièces, tandis qu'Arthur marmonnait dans sa barbe et retournait au lit. De tout ce qui aurait pu le réveiller... Fichus idiots de magiciens...

~(-)~

OK, donc cela vient d'être terminé – à l'heure où j'écris ces mots, nous sommes le 18 mars et il est 22h33 – et n'a pas été envoyé à ma beta pour deux raisons. La première, j'ai assez de retard comme ça sans attendre qu'elle puisse le corriger. La seconde, j'ai cru comprendre qu'elle avait pas mal de travail en ce moment, donc je ne veux pas lui en donner encore plus.