Reese était dans la cuisine en chemise de nuit et robe de chambre, faisant chauffer du lait sur le poêle. Après son bain, elle s'était sentie encore plus éveillée et s'était dirigée vers la cuisine. Elle surveillait le lait d'un air absent, frottant son cou endolori quand elle entendit un bruit dans la salle à manger. Pensant que ça devait être Michèle, que Reese rencontrait souvent à cette heure de la nuit, elle sourit et se dirigea silencieusement vers le côté de la porte de la cuisine. La porte s'ouvrit doucement, et Reese jaillit de sa cachette en criant "Danger".

Son sourire se transforma en une grimace de terreur quand elle fut saisie par une paire de bras puissants, poussée en arrière, et atterrit sur le dos avec un grognement, une forte main lui couvrit la bouche. Elle paniqua quand elle réalisa qu'elle était en infériorité numérique face aux deux hommes qui étaient beaucoup plus forts qu'elle. Elle commença à lutter, donnant des coups de pied et de poings et griffant. Elle entendit une de ses assaillants grogner quand un de ses coups de pied rencontra quelque chose de mou. Maintenant, une seule personne la tenait. Elle réussit à lever un de ses bras et l'abaissa violemment sur le bras de l'homme, le forçant à relâcher son emprise sur sa bouche. Elle était sur le point de crier quand elle vit que la personne qui la tenait était Kili, qui semblait aussi choqué qu'elle par la situation.

Reese leva les yeux vers Kili, ils respiraient tous les deux forts de leur lutte, et soudain, elle réalisa à quel point elle était dévêtue. Sa robe de chambre s'était défaite et le décolleté de sa chemise de nuit descendait dangereusement mas, la fin tissu s'étant serré autour de son corps, avec l'ourlet enroulé autour de ses hanches. Regardant Kil, elle réalisa qu'il n'était pas guère mieux. Il portait un des peignoirs de la salle de bains, qui s'était ouvert sur sa poitrine pendant la lutte, révélant qu'il était nu en dessous. Reese entrevit une poitrine musclée avant de détourner le regard et elle remettait un peu d'ordre dans sa tenue quand elle remarqua Fili, à ses pieds, qui semblait souffrir.

"Oh, mon dieu ! Ça va ?"

Fili hocha la tête silencieusement, secouant sa main comme pour dire "J'ai juste besoin d'un instant".

"Où est-ce que j'ai... ?" Reese s'interrompit, réalisant qu'elle lui avait donné un coup de pied dans l'entrejambe. "Merde, je suis tellement désolée !"

Fili grogna et secoua la tête, se tournant et s'essayant sur le sol de la cuisine, lui tournant le dos et prenant plusieurs profondes inspirations.

"Au nom de Mahal qu'étiez-vous en train de faire" demanda Kili, refermant son peignoir et s'appuyant contre le mur, la regardant comme s'il la pensait folle. "Est-ce comme ça que les Futurians se saluent la nuit ?"

Finissant de rajuster ses vêtements, Reese se releva tant bien que mal. "Je pensai que vous étiez Michèle ! On se rencontre souvent dans la cuisine quand on a du mal à dormir. Je voulais juste lui faire une blague." Reese grimaça d'un air d'excuse, regardant Fili qui avait la tête entre les genoux.

Kili la dévisagea. "Je peux comprendre pourquoi certains ont du mal à dormir avec une terreur telle que vous rodant dans les couloirs."

Reese fronça les sourcils, essayant de penser à ce qu'elle pourrait dire pour s'excuser auprès de leurs invités, quand elle vit les lèvres de Kili se courber.

Elle réalisa qu'il trouvait la situation drôle. En dépit de sa mortification, elle se sentit elle même sourire et commença à rire. Kili l'accompagna, son rire chaud coulant autour d'elle, la submergeant. Avant longtemps, Kili et Reese redoublèrent de rire devant la situation absurde dans laquelle ils s'étaient mis.

"Je suis ravi de voir que vous pouvez rire dans de telles circonstances" réussit à haleter Fili. "En attendant, je me demande si je serais capable de remplir mon devoir de continuer la ligner de Durin", Ce fut trop pour Kili et Reese, qui hululèrent, Reese pleurant de rire alors que Kili se tapait sur les genoux.

Il leur fallut plusieurs minutes pour se reprendre. Reese s'appuya contre le comptoir, essayant de calmer Kili. "Shh, on va réveiller tout le château."

"Vous auriez dû y penser avant de nous crier dessus quand nous sommes entrés dans la cuisine" dit Fili qui avait retrouvé ses facultés pour parler. Son commentaire fit à nouveau exploser Reese et Kili alors que Kili tapait dans le dos de son frère avant enthousiasme.

"Oh mon dieu" haleta Reese, agrippant le haut du comptoir et se forçant à prendre quelque profondes respirations pour se calmer. Finalement, elle se redressa de toute sa hauteur en disant "Ok, ça suffit" comme si cet ordre pouvait suffire à la calmer.

Elle regarda Kili, dont les yeux bruns pétillaient. "Je ne peux même pas vous regarder" dit-elle, se détournant "Vous rendez les choses pires".

Reese retourna à sa casserole. Kili alla aider son frère à se relever. "Qu'est-ce que vous faites" demanda Kili, amenant des chaises de la salle à manger dans la cuisine pour que lui et Kili puissent s'asseoir au comptoir où elle travaillait. Reese réalisa que Kili était un peu plus bavard que lors de leur première rencontre. Elle se recula quand elle sentit réagir au timbre de sa voix.

"Juste du lait chaud pour m'aider à dormir" répondit-elle. Levant les yeux vers yeux. "Vous devez avoir faim. C'est pour ça que vous êtes là ?"

Fili se percha prestement sur le bord de son siège, et Reese dut se mordre la lèvre pour contenir un éclat de rire. Elle se sentait mal de la douleur qu'elle lui avait causée, mais la situation était tellement ridicule qu'elle ne pouvait s'empêcher de rire.

"Oui, nous n'avions pas sommeil et sommes descendus pour voir ce que nous pouvions trouver." Répondit Kili.

"Je peux vous aider pour ça" sourit Reese. "Il y a quelque chose en particulier qui vous plairait ?"

Kili la regarda, son regard soudain avide. Reese se sentit rougir avant que Fili réponde. "Merci. Ce que vous avez sous la main sera bien."

Reese s'éclaircit la gorge, essayant de chasser sa réaction au regard de Kili. "Hummm, je pense que je sais ce qu'il vous faut. C'est ce que je me prépare toujours quand j'ai faim en pleine nuit. Je vais vous faire ça aussi." Dit-elle, désignant le lait qu'elle avait réchauffé pour elle.

Reese s'affaira autour de la cuisine, nouant fermement sa robe qui n'arrêtait pas de s'ouvrir. Elle attrapa des pots et des contenants des placards, sortit du fromage et du lait de la boite à glace. Elle était contente d'être distraite de Kili. Elle trouvait sa présence dans la cuisine plus intoxicante que quand elle l'avait rencontré dans la salle à manger. Elle se demanda combien de temps elle allait devoir tolérer son désir pour lui avant de pouvoir retourner à sa vie normale.

Maintenant que la confusion de la rencontre avec Reese dans la cuisine était passée, Kili ressentait un certain inconfort s'emparer de lui. Bien que leur rire avait sensiblement calmé ses nerfs, maintenant qu'ils étaient plus calmes le souvenir de la sensation de sa peau sous ses mains, le parfum de ses cheveux alors que Fili et lui luttait avec elle sur le sol, et l'image de sa fine chemise de nuit enroulée étroitement autour de son corps envahissait sa mémoire. Il sentit une lente douleur grandir en lui, et il se força à déglutir. Ça ne lui ressemblait pas de se sentir nerveux fasse à une jeune fille. C'était une blague dans la compagnie que lui et Fili faisaient du sport en chambre. Rares étaient les femmes capables de résister à leurs charmes.

Une fois que trois pots mijotèrent sur le poêle, Reese rejoignit les nains et se percha sur le comptoir. "Alors, combien de temps pensez-vous être capable de rester avec nous" Reese formula sa question comme une invitation, essayant de ne pas révéler son désir que leur séjour soit le plus court possible.

Kili haussa les épaules et regarda son frère.

"Ça dépend d'oncle Thorin" commença Fili. "Je crois que Gandalf essaie de le convaincre d'aller à Fontcombe pour rencontre le Seigneur Elrond à propos de notre quête."

Kili renifla et roula des yeux. "Je souhaite bonne chance à Gandalf". Il regarda Reese. "Notre oncle n'aime pas les elfes" expliqua-t-il.

Reese hocha la tête en souriant, se rappelant les récriminations passées de Thorin. "Et bien, Fontcombe n'est qu'à un jour de cheval d'ici, alors, il peut le faire rapidement s'il veut."

"Vous faites souvent le voyage pour voir les elfes ?" demanda Fili.

Reese acquiesça. "Une de mes responsabilités dans cette communauté est de voyager dans la Terre du Milieu pour marchander et construire des relations avec les autres races. Les Futurians ont toujours eu de bonnes relations avec les elfes. De ce que j'en ai compris quand nous sommes arrivés pour la première fois en Terre du Milieu ils ont étés secourables pour l'établissement de notre communauté, spécialement après que nous ayons rompu le contact avec la race des hommes."

Fili hocha la tête. "J'en connais vraiment peu sur les Futurians, en fait. Vous ne vous entendez pas avec les autres hommes ?"

"Humm, et bien, ce n'est pas qu'on ne s'entend pas" dit Reese en haussant les épaules. "C'est juste que nous ne cohabitons pas bien. Quand les Futurians originels sont arrivés, les sorciers qui les ont découverts leur ont suggéré de se joindre à ces communautés. Mais, ce fut un désastre... pour nous. Nos coutumes, la façon dont nous faisons les choses, tout était différent là d'où nous venons. Nous étions reconnaissants d'avoir un endroit sûr pour nous établir, mais après trente ans, nous étions assez nombreux pour construire notre propre communauté. Nous avons déménagé dans cette vallée et avec l'aide des elfes, avons commencé à construire ce château. C'était il y a environ 270 ans.

Fili hocha la tête, regardant son frère, qui semblait très calme maintenant. "Quel genre de coutumes avez-vous qui vous rendes si différent de la race des hommes.

Reese sourit. "Par où commencer ? Et bien, en plus de nos habitudes d'hygiène et de santé, le plus gros problème était pour les femmes. À la période dont nous venons dans le futur, les femmes sont traitées avec plus d'équité que ne le sont les femmes de la plus part des races ici. Les femmes Futurian trouvaient vraiment difficile de s'adapter à la soumission qu'on attendait d'elle ici, et il n'y avait rien qu'elle puisse y faire. Elles devaient porter de longues robes et on attendait d'elle rien d'autre que de servir les hommes et d'élever les enfants. Nous ne pouvions pas avoir de profession ou de travail. Là d'où nous venons, les femmes ont beaucoup plus de possibilités. Elles sont souvent très instruites, peuvent porter ce qu'elles veulent, et nous n'avons pas d'obligations de nous marier ou d'avoir des enfant pour survivre dans le monde". Elle s'interrompit pour réfléchir. "Je n'ose imaginer ce que ça a dû être pour les premières femmes Futurians arrivées ici d'avoir à gérer ça pendant trente ans. Je ne pense pas que j'aurais pu le faire, vivre comme un animal en cage.

Kili la regarda un instant avant de baisser les yeux, faisant semblant de se gratter la tête pour attraper le regard de Fili. Reese les regarda. "Vous devez avoir faim !" Elle se leva et fini de préparer le plat qu'elle cuisinait. Elle posa deux assiettes pleines devant les nains. "Ça" expliqua-t-elle "est un plat très populaire dans une grande partie du monde d'où je viens, mais je n'en ai pas encore trouvé ici. C'est à base de ce qu'on appelle "pâte", qui est un mélange d'œufs et de farine. Vous les faites bouillir et ajoutez du fromage et du lait et des épices."

Les nains reniflèrent l'arôme qui montait de leurs assiettes et attaquèrent leur nourriture, grogna d'appréciation à la première bouchée. Reese, qui avait semblé nerveuse, sourit de leur appréciation.

Kili la regarda. "C'est délicieux, merci." Elle lui sourit, son estomac fit une embardée quand ses intenses yeux bruns percèrent les siens. Elle se demanda soudain si ça avait été une bonne idée de cuisiner pour les nains. C'était quelque chose de domestique et intime, ce qu'elle n'avait pas l'intention d'être pendant leur visite.

Fili s'interrompit également. "Vous avez dit que les femmes s'habillaient différemment ici que là d'où vous venez. Nous n'avons pu nous empêcher de remarquer comment les femmes s'habillaient ici. C'est souvent revenu dans la conversation en fait."

Reese rit soudain. "Je peux imaginer que ça à du être un choc". Elle sourit "Nous ne portons définitivement pas autant de vêtements que les autres femmes que j'ai rencontrées en Terre du Milieu, mais il me reste encore à rencontrer une femme nain." Ils rirent avec elle alors qu'elle continuait. "Tout comme les femmes sont traitées avec plus d'égalités dans le futur, nous n'avons pas besoin de couvrir nos corps ou de porter des robes juste parce que nous sommes des femmes. Les femmes ont plus de libertés pour s'exprimer, pour être fière de leur corps, parce que nous sommes les seules propriétaires de nos corps. Nos maris, ou père ou frère ne sont pas responsables de nous. Nous avons le droit de faire ce que nous voulons. Quand la porte est refermée, nous apprécions le confort de vêtements moins lourds. C'est le symbole de notre liberté. Il y a des parties du monde d'où je viens où les femmes doivent être entièrement couvertes, même leur visage, et la punition pour ne pas le faire sont particulièrement sévères. En fait, la manière dont nous nous habillons ici est le reflet de notre fierté d'être libre. Et j'imagine que nous aimons aussi montrer un peu... "ajouta-t-elle, avant de s'interrompre en rougissant

"Oui" dit Fili. "Et bien si s'était le but, ça n'a pas été désagréable pour notre compagnie, bien que le Hobbit ait failli s'évanouir." Et ils rirent tous à se souvenir.

"Les hobbits semblent avoir plus de mal avec nos vêtements" sourit-elle. "Quand je vais dans d'autres communautés, même si je ne porte pas de robes, je fais l'effort de me couvrir plus que quand je suis ici."

Kili hocha la tête, se rappelant ce qu'elle portait lorsqu'il l'avait vu pour la première fois. Il la regarda. "J'ai vu que vous portiez plusieurs armes lors de notre première rencontre. Etes-vous une bonne combattante ?"

Elle s'interrompit pour réfléchir. "Humm, je ne pourrais dire moi-même. Quand je suis arrivée, j'ai décidé que si je voulais sortir dans ce monde, je devais être capable de me défendre toute seule. Quelques autres Futurians étaient bien entraînés au combat, et ils m'ont proposé de m'apprendre ce que j'avais besoin de savoir pour me protéger pendant mes voyages. Bien que je sois petite, je suis rapide et je suis précise, alors ils m'ont suggéré d'apprendre à me battre avec des couteaux. J'ai appris et j'essaie de m'entraîner chaque fois que je suis à la maison.

Elle les regarda. "J'ai cru comprendre que les nains sont souvent de très bons combattants et passent beaucoup de temps à s'entraîner."

Fili et Kili hochèrent la tête. "Pas tous, mais nous oui. Je me suis entraînée à l'épée, et Kili et un archer." Expliqua Fili.

"Un archer ?" demanda Reese en regardant Kili. "C'est pour ça que vous..." Elle s'interrompit, faisant un geste vers son visage.

Kili acquiesça, frottant son menton. "Je ne porte pas de barbe parce que ça gêne pour mes tirs. Les gens pensent souvent que c'est parce que je ne suis pas encore capable d'en avoir une, mais je vous assure que je peux la laisser pousser autant que je veux." Dit-il en lui faisant un clin d'œil.

Reese détourna le regard, rougissant légèrement à l'image qui se formait dans sa tête sur les poils qu'elle avait vus sur sa poitrine quand son peignoir s'était ouvert.

"Voudriez-vous que je vous apprenne les rudiments avec un arc" offrit Kili "la compagnie va probablement passer du temps à s'entraîner durant notre séjour.

Ils la regardèrent avec impatience, et elle ne put résister à l'envie d'accepter. "J'aimerais beaucoup" dit-elle alors que Fili hochait la tête avec enthousiasme.

Une fois qu'ils eurent mangé, qu'ils se furent laissé aller sur le dossier de leur chaise en grognant de contentement, Reese se leva pour prendre leurs plats, mais Kili l'arrêta. "S'il vous plait, permettez-nous". Elle haussa les épaules quand Kili et Fili se levèrent et nettoyèrent rapidement les casseroles, assiettes et fourchettes.

Elle s'émerveilla de l'efficacité des nains. "Voyez, maintenant vous pourriez rendre une femme Futurian très heureuse comme mari. Une femme ne peut jamais dire non à un homme qui nettoie après dîner". Plaisanta-t-elle. Elle remarqua que Kili se raidissait, et elle rougit, embarrassée, réalisant ce qu'elle venait de dire.

"Ne vous vexez pas" se dépêcha-t-elle d'ajouter "Je ne voulais pas dire que la lignée de Durin avait besoin de ça".

"Oh, ne vous inquiétez pas, Madame !" Plaisanta Fili, qui ne semblait pas vexé par son commentaire. Elle rata le sourire en coin qu'il adressa à Kili en ajoutant "Je suis sûr que n'importe quel nain serait honoré d'avoir une telle femme comme épouse également."

Les nains s'installèrent dans leurs chaises, sortant leurs pipes. "Vous permettez ?" lui demanda Fili, hochant la tête vers sa pipe. Reese secoua la tête, appréciant l'arôme de l'herbe brûlée.

Elle se leva pour leur servir une tasse de lait bouillant qu'elle avait délicatement parfumé. Elle décida qu'elle avait besoin de quelque chose de plus fort pour se détendre, considérant les pièges que la conversation avec les nains recelait. Elle alla vers le placard, et en sorti une bouteille bleue, dont elle versa une généreuse rasade dans sa tasse. Regardant les nains, elle la leva en guise de question. "Liqueur de mûre Hobbit ?" demanda-t-elle. Ils hochèrent tous les deux la tête, et elle ajouta également une généreuse rasade dans leurs tasses.

Elle ouvrit le four et en sorti une serviette humide qu'elle y avait mis à chauffer. S'installant à nouveau sur sa chaise, elle l'enroula autour de son cou et de ses épaules, soupirant et fermant les yeux en sirotant son lait, souhaitant que son corps se détende.

Kili la regarda avec curiosité. "Est-ce autre chose que les Futurians font quand ils ne peuvent pas dormir ?"

"Mm ?" demanda Reese, sentant à nouveau le velours de sa voix l'envelopper. Elle ouvrit les yeux pour le regarder. Il hocha la tête vers le tissu enroulé autour de son coup. "Et bien, ce n'est pas une règle. J'ai mal dormi à l'auberge de Bree et j'ai mal au cou depuis. Heureusement, la chaleur aide."

Kili la considéra un moment avant de se lever. "Puis-je" demanda-t-il, faisant un geste vers son cou. Reese réalisa qu'il lui offrait de lui masser le cou, et son estomac fit une embardée à l'idée qu'il la touche à nouveau. "Oh, vous n'avez pas à faire ça" protesta-t-elle "N'ayez pas l'impression de devoir faire quelque chose pour moi juste parce que je vous ai fait quelque chose à manger."

Kili secoua la tête. "Ce n'est pas ce que je veux dire. Mais je pense que je peux vous aider". Il déplaça sa chaise derrière elle, disant d'une voix enveloppante "Je pense que vous allez trouver que les nains sont très bons avec leurs mains."

Reese retint son souffle à ses mots, se demandant s'il était conscient de comment sonnait ce qu'il venait de dire. Etait-il en train de flirter avec elle ? Elle se figea dans sa chaise quand il retira le tissu de son cou.

Kili avait l'impression d'être en guerre avec lui-même. Un instant, il était paralysé par ses sentiments et son désir pour cette femme, terrifié par ces propres émotions, déchiré entre la possibilité qu'elle puisse ou non lui retourner ses sentiments. Le moment suivant, il ressentait la pulsion irrésistible de la charmer et de la toucher. De la courtiser.

S'installant derrière elle, il posa ses mains sur son cou. Un instant, sa vision flotta quand il toucha la peau de ses épaules, il dut résister à l'envie de gémir. Il vit Fili s'installer dans sa chaise, fumant sa pipe, souriant, mais résolument intéressé par le coin le plus éloigné de la cuisine.

Kili s'éclaircit la gorge. "Dites-moi où vous avez mal" demanda-t-il à voix basse. Reese semblait figée, prenant un moment avant de poser sa main sur son cou, désignant un point au dessus de son omoplate gauche. Kili commença à masser cet endroit, trouvant un nœud dans son muscle. Ne voulant pas lui faire mal, il travaillait doucement. "Vous êtes tendue juste ici" murmura-t-il "Je vais juste vous masser pour vous dénouer" Reese hocha brièvement la tête alors qu'il continuait à la masser.

Après un moment, Kili sentit Reese se détendre, s'autorisant à appuyer son dos contre la chaise en penchant la tête sur le côté pour lui faciliter l'accès au nœud. Il approfondit son massage, et elle siffla légèrement quand il appuya plus fermement sur le nœud. "Désolé" dit-il "Je vais essayer d'être aussi doux que possible."

"C'est bon" répondit-elle "On n'a rien sans rien, pas vrai ?" plaisanta-t-elle

Kili fronça les sourcils. "Je suppose oui" sourit-il.

Reese s'autorisa à se détendre, combattant un gémissement à la sensation des mains de Kili sur sa peau qui la berçait dans la stupeur. Elle s'émerveilla de son propre manque de volonté et de la façon dont elle s'était permise de se mettre dans cette situation. Il n'y avait que quelques heures qu'elle s'était juré de rester hors du chemin des nains pour ne pas se mettre en danger d'une quelconque relation précisément avec ce nain pour qui elle avait cuisiné, après l'avoir attaqué en chemise de nuit, et qu'elle avait maintenant autorisé à lui masser le cou.

Elle avait clairement perdu son bon sens. Elle accusa la fatigue de son voyage, la surprise de trouver Thorin ici, ses nerfs à vif après sa lutte avec les nains, et la généreuse dose de liqueur dans son lait. Peut-être y avait-il quelque chose dans leurs pipes aussi. Elle décida de ne pas s'en inquiéter. Peut-être qu'elle le regretterait demain, mais pour le moment tout ce dont elle se préoccupait était la sensation délicieuse d'être assise dans le silence confortable de la chaude cuisine avec cette créature intoxicante qui lui massait le cou et les épaules.

Ses yeux errèrent sur la cuisine, s'arrêtant sur le visage de Fili. Elle fut surprise de voir que bien qu'il soit étiré sur sa chaise, la parfaite image de la relaxation, il les regardait attentivement. Ses yeux attrapèrent les siens, et elle se sentit piégée par une communication silencieuse avec lui alors qu'ils se regardaient l'un l'autre. Elle réalisa qu'il savait. Il savait ce qu'elle ressentait pour son frère. Il avait le même regard que Thorin avait eu plus tôt dans la salle à manger. Était-ce si évident pour tout le monde ? Elle sentit la panique dans ses yeux et espéra qu'il la verrait aussi alors qu'elle tentait de lui faire silencieusement passer un message, le suppliant de ne rien dire à son frère. Ses yeux se plissèrent légèrement et il sourit en comprenant. Ensuite, il haussa un sourcil, glissant ses yeux vers son frère avant de les ramener vers elle. Elle eut l'impression qu'il voulait dire quelque chose à propos de Kili, mais ne comprit pas quoi.

Ils entendirent un bruit dans la salle à manger. Soudains, il y eut un bruit de chaise renversée suivie d'une voix de femme jurant doucement. Reese les regarda. "C'est Michelle !" chuchota-t-elle avec une lueur malicieuse dans les yeux. Elle regarda Kili, qui lui souriait. "Devons-nous ?" lui demanda-t-elle

Kili hocha la tête, ses yeux brillants d'excitation. Reese lança un regard interrogatif à Fili, qui secoua la tête en disant "Je vais juste regarder. Mon frère et moi adorons les bonnes blagues, mais je suis encore en convalescence de ma dernière farce, merci."

Reese et Kili se dirigèrent sur la pointe des pieds vers la porte de la cuisine, prenant position de part et d'autre. Elle regarda Kili, qui lui souriait largement, ses yeux bruns pétillants. Reese jura silencieusement, regardant les yeux de Kili en attendant que Michelle entre dans la cuisine. Elle commençait juste à réaliser dans quel genre d'ennuis elle était en train de se fourrer, et ce n'était pas parce que Michelle allait les tuer d'avoir faillit la faire mourir de peur.


Note de l'auteure :

Pendant que j'écrivais ce chapitre, j'ai sauté sur mon mari un peu partout pour essayer de lui faire peur. C'est vraiment aussi marrant que Reese semble le trouver. Concernant la technologie. Je pense qu'ils pourraient avoir été capable de créer une boite à glace s'ils avaient réussi à garder des blocs de glace pendant l'hiver en les stockant dans un hangar et en les emballant de sciure. Les pionniers nord-américains le faisaient souvent, mais j'ai ressenti le besoin de faire une note explicative parce que je pouvais sentir vos regards septiques sur moi pendant tout le temps où j'écrivais ses lignes. : D