N/A : Je fais tout mon possible pour respecter les délais. Malheureusement le chapitre 10 – qui est loin d'être fini – me pose énormément de problèmes. Jusqu'à présent, il ne me convainc toujours pas. De plus, je n'ai aucun moment dans la journée où je peux me pencher sur l'ordi l'esprit reposé, serein et productif. Je suis entourée de parasites (euhm j'entends quand je veux me concentrer !) Tout est encore fort brouillon.

DONC il y aura du retard dans sa publication. Comptez fin août ou le 02 septembre.

Désolée.

.

.

Chapitre 9 :

.

.

Le week-end s'était écoulé au gré des montées de fièvre d'Henry : de façon chaotique. Il n'allait toujours pas mieux. Regina et Emma s'étaient relayées à son chevet. Elles veillaient sur son sommeil de nuit comme de jour. A tour de rôle, elles lui donnaient à manger : des cuillères de soupes aux légumes ou de bouillons de poule qu'il ingurgitait avec peine. Il buvait également très difficilement. Ses mamans devaient le relever, lui tenir la tête et lui poser le verre au bord des lèvres. Il buvait 3 gorgées et se recouchait aussitôt. Il s'était fort affaibli et avait perdu trop rapidement du poids. En plus d'une température qui avoisinait les 39-40°, le jeune garçon toussait beaucoup et se plaignait de maux de gorge.

Ni Emma, ni Regina n'étaient retournées travailler, lundi. Elles préféraient rester auprès de leur fils et prendre soin de lui. Elles avaient appelé le Docteur Whale à plusieurs reprises. Mais malheureusement, il ne put se déplacer. Il dut prodiguer ses conseils, sur le vif, par téléphone, trop occupé à exercer ses fonctions chez d'autres habitants. L'épidémie était bien là. Elle s'était déclarée à l'école le vendredi. Elle avait d'abord touché les plus jeunes enfants, puis moins de 72h plus tard, certaines personnes âgées présentaient les premiers symptômes : vomissements et fièvre élevée.

.

.

Dans la pénombre de la pièce, assise sur la petite chaise du bureau, la tête entre ses mains, Emma assistait silencieusement et en retrait, aux soins que prodiguait Regina à son fils. La femme brune apposait à quelques centimètres au-dessus du torse du jeune garçon ses mains, droites et fluides. Elles suivaient les courbes de son corps, le tracé de ses veines, le sens de sa circulation sanguine. Un halo violet pâle entourait ses mains. Parfois une petite étincelle de couleur plus vive craquait, mais Regina, concentrée, ne sourcillait pas. Emma, alors, ne s'en inquiétait pas non plus.

La séance durait 15 minutes et exténuait la jeune Reine. C'était sa troisième tentative. Toutes jusqu'alors avaient été vaines. Elle baissait subitement les bras, le front perlé de sueur, hochait la tête, tristement :

- « Je n'y arrive toujours pas. » Se dit-elle, à voix basse, à elle-même. Emma savait qu'elle ne devait pas faire remarquer sa présence, face à une telle défaite. « Je ne comprends pas. » Elle leva la tête vers la mère biologique de son fils. « La maladie résiste. Je n'arrive même pas à l'atteindre. » Elle se leva et partit, désemparée.

.

.

Henry se reposait tranquillement. Epuisé par ses quintes de toux, terrassé par la fièvre et abandonné par son énergie habituelle, il avait sombré dans un sommeil profond. Lorsqu'Emma referma derrière elle, doucement, la porte de sa chambre, son attention fut attirée par du bruit provenant du rez-de-chaussée. Des portes qu'on ouvre et qu'on ferme, des objets qu'on déplace, des claquements, des bruissements, des râles, des soupirs... Elle descendit les marches et se planta dans l'encadrement de la porte du bureau de Regina. Celle-ci était fort affairée et parcourait nerveusement sa bibliothèque.

- « Qu'est-ce que vous faites ? » Lui demanda-t-elle. Emma n'osait pas rentrer dans ce lieu privé.

- « A quoi ça ressemble, selon vous, Miss Swan ? Je cherche. » Répondit-elle d'un ton cassant. Ses gestes étaient brusques, francs et rapides. « Je ne peux pas rester là, à le regarder s'affaiblir sans rien faire ! » Dit-elle avec une pointe de colère dans la voix. Elle lisait le dos des livres en suivant les mots de son index « … Liber nonus ad Almansorem … Je suis une sorcière … La plus grande des Sorcières… » Expliqua-t-elle frustrée. Elle s'arrêta, prit un vieux manuel et le feuilleta. Elle l'ajouta sur une pile d'autres : « Si j'ai été l'apprentie des plus grands … De Medicina libri octo … » Elle poursuivit frénétiquement la lecture des ouvrages qu'elle disposait. « … Je dois être capable de guérir mon fils ! » Elle fouilla dans une autre étagère. « Je dois bien avoir un grimoire ou une encyclopédie sur la guérison … Kitab ila man la yahduruhu al-tabib …

- Vous parlez combien de langues ? » S'étonna Emma.

- Suffisamment. » Répondit-elle sans interrompre ses recherches. Elle s'abaissa et posa ses genoux à terre. Elle ouvrit le bas des étagères et en sortit des grandes boites de cartons. Quand elle retira les couvercles, Emma découvrit de nombreux rouleaux de parchemins de toutes formes et de toutes tailles. Impatiemment, la Reine Déchue les déroula les uns après les autres et les lut. Elle les sélectionna et les posa sur son bureau. Ensuite, elle jeta nonchalamment sur le côté ceux qui ne l'intéressaient pas.

- « Je peux vous aider ?

- Vous lisez le Persan ?

- Non.

- Le Latin ?

- Non.

- Le Grec ?

- Non. L'Anglais, Regina, je ne connais que l'Anglais ! » Répliqua-t-elle agacée.

- « Alors vous ne m'êtes pas utile !

- Vous avez bien des livres, au milieu de votre collection, récents et dans ma langue. » Elle aussi voulait agir, elle aussi se sentait impuissante.

- « Là » Sans lever les yeux, elle pointa une armoire derrière elle. « Je dois en avoir quelques uns. » Emma traversa la pièce. « Soyez attentive, n'en ratez pas un.

- J'en ai assez de vos insinuations… » Elle se retourna et s'avança vers la jeune femme brune. Regina sentit une présence trop proche d'elle et menaçante, elle se releva aussitôt et fit face à la jeune blonde. Elles étaient toutes les deux à fleur de peau, elles manquaient de sommeil et l'angoisse avait pris le dessus sur la raison. Elles envahissaient l'espace personnel l'une de l'autre, effrontées. « Moi aussi, je suis inquiète, Regina, ce n'est pas pour autant que je me défoule sur vous. Je vous prierais de surveiller vos remarques …

- Ou sinon quoi ? » Des crépitements étincelaient entre ses doigts crispés. Elle replia les bras en arrière, prête à agir. L'atmosphère était tendue et lourde.

- « C'est ça votre système de défense ? » Nargua le Shérif, en regardant ses mains. « M'attaquer avec votre magie ? Je ne vous savais pas si lâche pour … »

Et la gifle claqua. Emma recula de deux pas sous son effet mais se reprit aussitôt. Elle joignit la paume à sa joue rosée et elle sourit. Un sourire diabolique et entendu. Regina releva un sourcil, étonnée, et n'aperçut pas le coup qu'Emma lui assainit.

- « A armes égales » Explosa-t-elle.

Regina fut projetée de l'autre côté de la pièce et emporta dans sa chute les livres et bibelots qui étaient posés sur une petite table. Elle se réceptionna contre une vitrine qu'elle brisa avec son coude. Elle attendit quelques secondes, secoua la tête pour reprendre ses esprits et prit appui sur les portes des armoires.

Regina ne savait pas se battre. Depuis toujours, dans son royaume, elle utilisait sa magie pour se défendre ou attaquer. Et pendant leur isolement à Storybrooke, personne jusqu'alors ne l'avait affrontée. Quand la malédiction avait pris fin, la Maire se servait de sa verve pour répliquer et rétorquer contre les plus téméraires. Sa réputation passée faisait le reste et comme les habitants savaient qu'elle avait retrouvé ses pouvoirs d'antan et qu'elle pouvait être dangereuse, ils évitaient de la contrarier. Or c'était loin d'être le cas d'Emma. Elle ne la craignait pas et ne l'avait jamais crainte. En plus de n'avoir jamais eu à la rencontrer dans le monde enchanté, elle n'avait jamais été sous l'emprise d'aucun sort qui ne la contraignait à se soumettre. Même après la malédiction et ayant assisté à l'étendue de ses pouvoirs magiques, la jeune shérif était la seule à ne pas avoir peur de l'affronter.

La rage au coin des lèvres, Regina se lança, tête en avant, en brandissant les mains à la gorge de son ennemi. Emma assura son équilibre sur ses pieds, prête à l'accueillir et à retourner son attaque. Elle, par contre, avait l'habitude de se battre et de rendre coup pour coup ce qu'elle recevait. Elle anticipa son mouvement et l'empoigna aux avant-bras. Elle l'entraina dans une valse pour la désarçonner. Puis Emma la plaque contre l'armoire que Regina avait désignée quelques minutes plutôt et, comme des mois auparavant, elle glissa son bras sur sa gorge et pressa.

Regina ne se laissa pas démonter. Elle bouillonnait de l'intérieur et cela faisait beaucoup trop longtemps que ses nerfs la démangeaient. Rien ne semblait atteindre la jeune femme blonde. Elle était incapable de comprendre où était sa place et d'y rester… Il était temps de lui inculquer les bonnes manières. Et elle tricha. Des racines s'extirpèrent magiquement du sol et agrippèrent Emma aux chevilles. Elles lui firent perdre l'équilibre et elle tomba en arrière sur le sol. Elle se cogna durement la tête sur le parquet :

- « Ow !

- Habituez-vous, ce n'est qu'un début. » Ajouta Regina. Avec un mouvement de mains, elle appela d'autres plantes qui encerclèrent les poignets de la jeune femme blonde et la clouèrent au sol. Elle sentit le plancher se dérober mollement sous son poids et s'enfoncer lentement, comme si elle était engloutie par des marécages. Et c'était exactement ça. La boue liquide, froide et visqueuse s'infiltra dans les coutures de son vêtement et alourdit le tissu. Prise de panique, elle tenta de se dégager et gigota dans tous les sens.

- « Lâchez-moi » Ordonna-t-elle « Lâchez-moi ! »

Regina rit :

- « On se sent tout de suite moins fière…

- Je vous jure, Regina, si vous me libérez pas sur le champ, Dieu m'est témoin …»

Et elle rit de plus belle.

Emma ferma alors les yeux et inspira profondément. Elle tenta de maîtriser sa peur et ses émotions. Elle fit le vide autour d'elle. Elle pencha sa tête légèrement en arrière et pensa très fort à ce qu'elle souhaitait. Des flashs teintés d'éclairs dorés et rosés jaillirent de nulle part. Une légère brise les traversa toutes les deux et elle fut délivrée de toutes entraves. Le bureau était redevenu comme il était. Immédiatement, elle ouvrit les yeux, se releva et profitant de l'effet de surprise, elle fonça sur son assaillante. Elles chutèrent ensemble et la bagarre suivit. Leur corps emmêlés, elles essayaient de se dominer l'une et l'autre. Elles roulèrent au sol, Emma au-dessus puis à nouveau Regina. Aucune ne prit le dessus sur l'autre très longtemps. Elles étaient habitées par la même fureur. Les coups pleuvaient, tout partait dans tous les sens. Une dernière roulade dans le coin de la pièce entraîna la lampe halogène avec elle. Elle s'écrasa au sol et se brisa en mille morceaux. Les deux adversaires se retrouvèrent dans le noir et comme s'il s'agissait d'un signe convenu. Elles s'arrêtèrent et soufflèrent bruyamment.

Etendues sur le dos, de tout leur long, l'une à côté de l'autre, elles regardaient vers le plafond, à bout de souffle. Regina ferma à son tour ses yeux et laissa échapper quelques larmes. Elle était exténuée, vidée. Elle se sentait démunie. Emma tourna la tête dans sa direction et aperçut des petits éclats brillants sur sa joue.

- « Ca va mieux ? » lui chuchota-t-elle à voix basse.

Regina hocha positivement de la tête, puis la regarda :

- « Et vous ?

- Oui. » La jeune blonde se redressa et saisit la main de son hôte dans la sienne pour l'aider à se relever. « Rien de mieux qu'une bonne bagarre pour mettre les choses à plat… » Répondit-elle.

- « On s'est battue comme des chiffonnières, comme … » Constata Regina, honteuse d'elle-même. Avec le plat de sa main, elle lissa les plis de ses vêtements et tenta de défroisser sa blouse. « …des gamines de rue… » Puis elle dépoussiéra ses genoux et ses coudes.

- « C'est ce que je suis, je vous rappelle. Mais le résultat est là, non ? »

Regina leva les yeux et croisa son regard avec celui d'Emma. Elle lui sourit, puis elle rit. Emma la suivit aussitôt. Elles éclatèrent d'un rire nerveux mais libérateur face à leur attitude puérile. Elles rirent longtemps, jusqu'aux larmes. Puis elles s'arrêtèrent.

- « Merci. Même si ce n'était pas volontaire, ça m'a fait du bien.

- C'est quand vous voulez ! » Rétorqua Emma. La jeune femme se tourna vers l'interrupteur et alluma le plafonnier. Elles constatèrent les dégâts. « Bien, rangeons tout ça et poursuivons vos recherches, voulez-vous ? »

.

.

Une à une, Regina faisait goûter à Henry les potions qu'elle avait concoctées ou elle essayait les formules qu'elle avait trouvées et sélectionnées. Rien ne fonctionnait. Le jeune garçon était toujours malade. Elle s'enfermait dans sa cave des heures durant et préparait d'autres remèdes dans son laboratoire clandestin. Emma venait la ravitailler d'un repas chaud, d'une boisson fraiche ou la réconfortait comme elle pouvait. Elle aussi se sentit totalement inutile et elle n'avait pas les connaissances de son hôte.

.

.

Deux jours plus tard, Regina resta toujours au chevet de leur fils pendant qu'Emma était retournée au Poste de police. Le cours de la vie et de la ville reprenait le dessus. Regina pouvait se permettre de mettre ses dossiers à jours et travailler à la maison. La ville, elle, avait besoin de leur shérif.

L'épidémie s'était étendue et plusieurs dizaines de foyers étaient atteints. Le Docteur Whale était dépassé.

Snow annonça que, vu les circonstances, l'école n'ouvrirait pas ses portes aux élèves avant la rentrée de septembre et la proclamation des résultats d'examens avait été suspendue jusqu'à nouvel ordre.

.

.

.

Quelqu'un tambourina sauvagement à la porte. L'écho des coups résonnèrent dans toute la maison.

- « Regina, ouvrez-moi ! Dépêchez-vous ! Regina ouvrez ou je la défonce… »

Quand la Maire ouvrit la porte, elle fut bousculée par un coup d'épaule à l'effet bélier et fut projetée sur le côté. Le mur derrière elle la retint. Emma, déséquilibrée, se prit les pieds dans le paillasson et s'affala de tout son long sur le carrelage et glissa de quelques centimètres.

- « Miss Swan- » Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'Emma se releva aussitôt et sans perdre une seconde, grimpa les escaliers quatre à quatre.

Regina courut à sa suite, affolée « Miss Swan ? … Emma ? Que se passe-t-il ? »

Tel un animal apeuré, elle traversa le couloir, ouvrit la porte de la chambre d'Henry et se précipita à l'intérieur.

- « Je vous expliquerai plus tard… » Elle s'assit sur le rebord du lit et repoussa le drap. « Vite, prenez-le, » Lui dit-elle en se retournant, essoufflée, le regard très inquiet « …emmenez-le à l'hôpital ! » Regina ne comprenait pas cette soudaine attitude. Elle regarda son fils et constata que son état avait changé. Henry ne toussait plus mais par contre, il peinait à respirer et gémissait, les sourcils froncés, il avait mal quelque part. « Regina, s'il vous plait, ne perdez pas de temps… Il en va de la vie d'Henry ! » Comme elle l'avait fait preque une semaine plus tôt, elle glissa son bras gauche sous ses genoux, son bras droit sous le haut de son dos et disparut dans une épaisse colonne de fumée pourpre.

Emma soupira soulagée. Rapidement, elle remplit un sac avec des affaires de rechange et de toilette. Elle courut dans la cage d'escaliers qu'elle dévala plus rapidement qu'elle ne l'avait montée. Elle sortit en claquant la porte et se faufila dans sa voiture de fonction, côté passager.

- « Fonce sirènes hurlantes, David. »

Il opina de la tête et appuya de toutes ses forces sur l'accélérateur.

- « Ca va aller… Ca va aller, Emma. C'est un Charming … Tout ira bien.

- Ca doit aller ! … » Elle regarda le décor défiler à travers la fenêtre, côté passager et se rongea l'ongle du pouce.

Il posa une main sur le genou de sa fille pour tenter de la réconforter. Puis il reprit vite le volant des deux mains. Il braqua un coup à gauche, un coup à droite et dépassa toutes les voitures qui se trouvaient sur son chemin, sans freiner. Les pneus crissaient sur l'asphalte. Ils n'avaient pas de temps à perdre.

.

.

Sources des livres de médecine :

Liber nonus ad Almansorem : MANSUR, Chapitre neuf du livre de médecine thérapeutique, Venise, 1483.

De Medicina libri octo : AULUS CORNELIUS CELSUS, Florence, 1478

Kitab ila man la yahduruhu al-tabib : RHAZI, Bagdad, 1395.