Bonjour!

Aujourd'hui nous sommes le dimanche 11 novembre 2012, et c'est donc... l'anniversaire de Zoro ! Et oui, notre cher épéiste. C'est pour cela que j'ai écrit un chapitre hier soir, dans le but de le publier ce matin, je ne voulais surtout pas ne rien poster à cette date (et je n'aurai pas le temps dans la journée). C'est symbolique, vous comprenez... Moui, bon, je reconnais que je suis complètement folle.

Je ne sais pas si tous les gens qui passent par ici lisent les scans, mais si jamais vous voulez donner votre avis sur les derniers chapitres dessinés par Oda-sama (le Grand, l'Unique!) je serais très curieuse de savoir ce qu'en pensent ceux et celles qui lisent des fictions ZoroxTashigi :D (perso, ils m'ont rendue complètement hystérique mais bref, passons.)

J'ai peur de m'être un peu éloignée du caractère de Tashigi. J'ai commencé à écrire, puis j'ai relu, et là la scène qui se déroulait dans ma tête a recommencé au début, et s'est remise en lecture pour se passer d'une façon tout autre et beaucoup plus juste. Mais je m'étais quand même pas mal amusée avec cette histoire au début qui prend des proportions que je n'avais pas du tout prévues. Alors tant pis, une petite entorse à la règle, ça ne peut pas faire de mal. J'espère que ce chapitre ne sera pas trop décevant.

Mais je devrais m'arrêter là, j'avais dit que j'arrêtais les préambules insupportables . *se frappe à coup de lampe de bureau*

Bonne lecture, merci encore pour vos reviews, et à très bientôt ! :D


Le bretteur râlait sur ses morceaux de bois depuis une bonne dizaine de minutes. Il s'acharnait à les frotter les uns contre les autres, de manière archaïque, sans parvenir au moindre résultat. Et cela avait le don de l'énerver prodigieusement. Fut un temps, les hommes s'étaient bien débrouillés de cette manière pour se chauffer, se nourrir, s'éclairer... alors pourquoi n'y arrivait-il pas, lui? Ça n'avait pas l'air si compliqué. Tout en ruminant, il redoubla d'ardeur sur les pauvres branches qui n'avaient fait de mal à personne.

À l'autre bout de la grotte, la marine avait repris son souffle, émergé de ses mains, et ses yeux étaient rivés sur son compagnon d'infortune depuis quelques instants. Un étrange sourire se formait sur ses lèvres, faisant frémir les coins de sa bouche. Comme si elle se retenait d'éclater de rire. Elle continua à le fixer, toujours plus amusée, mais tentant tant bien que mal de le dissimuler.

N'y tenant plus, elle finit tout de même par se lever, difficilement, en prenant appuie sur la paroi rocheuse. Elle sentit la douleur de sa cheville se réveiller devant la sollicitation de son utilisatrice, et elle se mordit de nouveau l'intérieur de la joue, tic nerveux qui lui permettait bien souvent de se calmer, discrètement.
Toujours tremblante de froid, c'est en boitant qu'elle commença à se diriger vers le fond du boyau rocailleux, où un pirate s'échinait à obtenir une étincelle.

Il avait bien sentit qu'elle riait sous cape, et cela ne l'avait pas aidé à se concentrer ou à se détendre, bien au contraire. C'est pourquoi il ne se retourna pas en percevant le bruit de ses pas se rapprocher de l'endroit où il se tenait. Qu'espérait-elle? Parvenir à faire mieux que lui? Ou bien se moquer de lui bien en face? Quelque soit son intention, il était persuadé d'une chose, elle ne lui serait d'aucun secours.

Il vit alors apparaitre dans son champ de vision un petit objet parallélépipèdique, marron, et aux bords striés de fines rayures. C'était une boîte en carton, reposant au creux d'une main féminine.

Tashigi avait tendu le bras au dessus de l'épaule de Zoro, n'osant l'approcher de trop près. Le jeune homme avait à présent tourné la tête vers la main ouverte, et ne pouvait décrocher son regard du minuscule étui qui s'y trouvait. Il avait les yeux écarquillés et la bouche légèrement entr'ouverte. Il finit par pivoter complètement pour faire face à la jeune femme qui se tenait derrière lui. Son expression n'aurait pas pu s'apparenter davantage à celle d'un enfant devant un problème de mathématiques très compliqué.

«Tu te fous de ma gueule? articula-t-il très calmement, cherchant sincèrement à comprendre. Tu l'as fait exprès c'est ça?»

Un silence lui tint lieu de réponse. Certes, elle s'amusait toujours un peu, mais un malaise désagréable commençait à s'immiscer en elle. Elle était en train de réaliser à quel point son attitude était puérile.

«Rassure moi, tu n'es pas réellement idiote, tu as fait ça juste pour m'énerver?» Cette fois-ci il se retenait pour ne pas hurler, sa voix tremblait de colère. Il était à bout de patience. Mais à l'instar de la première fois, aucune réponse ne vint.

Le visage de sa rivale avait changé cependant, ses yeux s'étaient assombris, son léger sourire s'était envolé, et une flamme de défit brûlait au fond de ses prunelles.

Rageusement, Zoro saisit la boite d'allumettes qu'elle avait dans la main, et fit volte face pour en craquer une avec violence, avant de la jeter au coeur du tas de bois. Celui-ci s'embrasa instantanément, répandant rapidement une douce chaleur au sein de leur abris, et faisant flotter d'inquiétantes silhouettes sur les parois abruptes de la grotte.

«Tu peux dire merci, si tu veux.» lança sarcastiquement la représentante de la Justice tout en se dirigeant vers la cloison rocailleuse.

«Arrête de déconner! fulmina le bretteur. Ça fait plus d'un quart d'heure que j'essaye d'allumer ce foutu feu, et tu me regardais avec une boite d'allumettes au fond de la poche! Non mais quelle garce ! Je me demande bien comment elle peut être encore sèche d'ailleurs, vu comment tu t'es vautrée dans la neige tout à l'heure.»

«Elle se trouvait simplement dans une pochette étanche, rétorqua la «garce» sans se départir de son air furibond, n'ayant probablement pas apprécié l'injure à sa juste valeur. Tu vois dans la Marine on est capable de réfléchir, et d'utiliser des accessoires pratiques lors de périples en pleine mer.»

«Ouais ben t'aurais mieux fait d'y rester, en pleine mer, plutôt que de venir m'emmerder...» maugréa-t-il très bas.

Un silence pesant s'installa alors entre les deux jeunes gens.

Tashigi retira son manteau trempé et réussi à plus ou moins l'étendre grâce aux excroissances rocheuses présentes ça et là. Ainsi, peut-être sècherait-il plus rapidement. Et peut-être cesserait-elle de frissonner des pieds à la tête.

Elle s'assit contre la pierre, les jambes repliées sur elle, et se frotta vigoureusement les avant bras qui se trouvaient à présents dénudés, et dont chaque infime parcelle lui semblait transpercée par une aiguille. Ils étaient tout deux parsemés d'éraflures, et un large bleu s'étendait non loin de son coude gauche. Les lèvres pincées, le visage crispé, elle fixait le coeur des flammes d'un regard ténébreux.

Mais qu'est-ce qui lui avait pris d'agir ainsi? Elle aurait mieux fait de venir jeter elle même une allumette enflammée sur cet amoncellement de bois au moment où son ennemi était réapparu dans l'antre. Cela aurait évité de nouvelles engueulades inutiles. Mais elle n'avait pas pu s'en empêcher. Le voir ainsi s'escrimer l'avait amusée, et une partie d'elle avait été bien contente qu'il ait autant de mal. Cela devait expliquer pourquoi elle avait un peu patienté avant de lui tendre la boîte d'allumettes avec un air si victorieux. En somme, elle avait eu l'attitude d'une gamine attardée. Dans une situation extrême, ça n'était pas le moment de savourer une supériorité aussi superflue sur un adversaire, il valait mieux s'entraider, elle le savait. Elle avait préféré le laisser s'embourber puis lui rire au nez. Quelle puérilité... Elle qui la lui reprochait, quand il lui demandait de changer de visage avant de se battre. Voilà qu'elle devenait aussi idiote que lui. Il aurait mieux valu que la bêtise ne soit pas contagieuse. Et même dans ce cas, elle avait hâte d'être tirée de ce mauvais pas. Peu à peu, sa colère se teintait de malaise.

La nuit risquait d'être longue...

De son côté, Zoro était toujours assis en tailleur devant les flammes dansantes. Enfin des flammes! Qu'est-ce qui lui avait pris à l'autre hystérique, de le faire poireauter comme ça? Elle se trouvait maligne ou quoi?

Et pourtant une part de son cerveau avait du mal à lui en vouloir. Celle-là même qui se souvenait avoir aperçu, dans le regard de la jeune femme quelque chose de nouveau. Lorsqu'elle s'était assombrie, passant d'une fierté de gamine devant un triomphe anodin, au regard le plus noir et provocateur que la terre ait porté, une lueur étrange était passée au fond de ses yeux l'espace d'une fraction de seconde. Une sorte de déception, d'où était née sa hargne. Un éclat de dépit. Et aussi étrange que cela puisse paraitre, il avait trouvé cela... attendrissant. Non mais quelle idée!

Cette sensation avait durée le même temps que l'éclair au fond de la pupille de la marine, mais le souvenir qu'il en gardait le déstabilisait quelque peu. Lui, ressentir quelque chose d'aussi... improbable? De tellement niais! Comment pouvait-il flancher face à quelque chose d'aussi minime? C'était tout bonnement du grand n'importe quoi.
Il fronça les sourcils un peu plus encore à cette pensée. Mais où donc avait-il été chercher cela? Ça lui était complètement étranger...

Il était de plus en plus mal à l'aise. L'atmosphère qui régnait dans la grotte était presque étouffante, tant la tension était palpable, et cela contrastait singulièrement avec la violence du déchainement de la tempête à l'extérieur. Il en vint même à se demander s'il ne serait pas mieux dehors.

La nuit risquait d'être longue...

Les minutes s'écoulaient, interminablement. Seuls résonnaient entre ces cloisons de pierre le craquement du bois qui se consumait, et les claquements de dents que Tashigi essayait vainement de dissimuler, faute de pouvoir les bloquer complètement. Ses lèvres viraient au bleu, et elle ne pouvait faire cesser les tremblements qui la secouaient sans ménagement. Elle se sentait basculer dans un état second. Allait-elle finir congelée? Pourquoi le feu n'arrivait-il pas à la réchauffer?

Les lueurs dansantes des flammes rougeoyantes lui furent soudainement cachées par un rideau noir, ce qui la fit relever la tête. Elle se retrouva nez à nez avec la doublure du blouson de cuir noir que Zoro avait retiré, et qui pendait au bout de son bras. De plus en plus surprise, et comprenant qu'il le lui tendait, elle releva les yeux en s'apprêtant à lui rétorquer un «et toi?» plein de réprobation, mais le regard qu'elle rencontra alors l'en dissuada. Les iris d'un vert sombre qui étaient fixées sur elle lui intimaient clairement l'ordre d'enfiler le vêtement. Il n'avait pas ouvert la bouche, mais son ton était sans appel. Elle n'avait pas intérêt à désobéir.

Devant l'intensité de ce regard, Tashigi se sentit comme une petite fille apeurée. Elle ne pouvait s'en décrocher, et finit par tendre une main, machinalement, pour se saisir du tissus, et commença à passer son bras dans une manche.

Le jeune homme aux cheveux verts se détourna alors, et se dirigea vers l'entrée de la grotte.

«Merci...»

L'avait-il entendue, rien n'était moins sûr.

La jeune femme aux cheveux bleu nuit soupira d'aise une fois la fermeture éclair du blouson remontée jusque sous son menton. Le pirate dégageait une intense chaleur, qui avait imprégné le vêtement, malgré le climat chaotique qui régnait à l'extérieur. Mais son soulagement prit rapidement fin, lorsqu'elle se mit à observer son compagnon d'infortune.

Il devait probablement en avoir assez d'elle, et de sa faiblesse. De ses tremblements incessants et insupportables. Elle sentait la honte lui bruler les joues.

Seul un marcel vert bouteille recouvrait désormais son torse. Il laissait d'ailleurs deviner l'imposante musculature de son propriétaire, ce qui ne la laissait pas totalement indifférente... Mais où était-elle encore en train de s'égarer? Il lui valait mieux éviter de perdre la tête. Elle respira profondément afin d'évacuer toute trace de panique intérieure, et finit par pousser un long soupir de lassitude. Ce qu'il était difficile de toujours chercher à tout contrôler à l'intérieur de soi...

Planté face au rideau blanc qui se mouvait devant ses yeux dans la plus totale anarchie, il dévissa le bouchon du flacon qu'il avait pris soin de retirer préalablement de son blouson, et bu une chaude gorgée de rhum. Le liquide se répandit dans son corps, plus efficace que la plus maigre braise, et il commença à se détendre quelque peu.
Il avait peur, en sa présence, de perdre le contrôle comme cela lui était déjà arrivé. Pourquoi était-il si dur de se contrôler...

Oh oui, décidément, la nuit promettait d'être fort longue...