Hola la gente ! *-*
Voilà enfin le chapitre 8 !
Je voulais vous remercier du fond de mon petit coeur pour la réception du précédent. Merci encore de continuer à lire cette histoire !
Naws-you : Contente que les interactions Minho/Newt te plaisent autant :D Je prends vraiment plaisir à les écrire :3 Et je pense qu'on a tous envie de participer à un pique-nique 5 étoiles au moins une fois dans notre vie hihihihi (Newt ne réalise pas la chance qu'il a...:P). Merci pour ta review, et bonne lecture pour la suite ;)
Hippo-eis : Bonjour toi, bienvenue dans Forever young ;D Merci beaucoup pour ta petite review, elle m'a vraiment réchauffé le coeur ! J'espère que ce chapitre sera à la hauteur de tes espérances :3
ENJOY!
Le jour suivant, après avoir été durement réveillé par l'interprétation magnifique de Minho du Scherzo No.2 Opus 31 de Chopin, Newt assista à tous ses cours comme un étudiant modèle et réussit à prendre des notes sans dessiner une seule fois dans la marge de ses feuilles de classeur.
Il était si fier de lui sur le chemin du retour qu'il prit la décision d'inviter Minho à boire du scotch et à manger des pains au chocolat. Mais sa motivation s'évanouit nette lorsque son portable sonna. La Marche Impériale résonna à ses oreilles, et il se raidit.
Sa mère.
Putain.
Bon. Il avait deux options: soit il ignorait l'appel et remettait son portable dans sa poche…soit il se décidait à répondre. En serrant les dents, il choisit la deuxième option et décrocha.
« Salut maman ! Lança-t-il avec une joie feinte tandis qu'il ouvrait le porte de son appartement d'un coup d'épaule.
- Newt, dit-elle d'une voix étrangement basse. »
Putain.
« Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda-t-il aussitôt en s'efforçant de rester calme. »
Minho était à assis à son piano, un cigare à la main, et regardait distraitement la télé. Newt le salua d'un signe de tête avant de reporter son attention sur son portable.
« Oh…rien. C'est juste que… »
Il y eut une pause à l'autre bout du fil, et Newt entendit une inspiration brusque, suivie d'un sanglot.
« Tu me manques, mon chéri. »
Bordel.
« Maman. Maman, est-ce que t'es avec les filles ? Où es-tu ?
- Je suis sortie. J'ai besoin d'être seule en ce moment.
- Où sont les filles ? Elles sont toutes seules ?
- Elles vont bien, Newt. Tu me manques…
- MAMAN. Effy et Lottie n'ont que QUATRE ANS, et Maxine et Gigi ne sont pas assez grandes pour veiller sur elle. Rentre. Tout de suite. Tu ne peux pas les laisser toutes seules comme ça. Elles sont trop petites.
- J'en ai pas envie, répondit-elle en pleurant, et Newt se pinça l'arête du nez en inspirant doucement pour garder son calme.
- Il n'est pas question de ce que tu veux. Tu es leur mère. Tu es censé t'occuper d'elles. Elles ont besoin de toi. Tu assumais tellement bien ton rôle avant que Janson ne parte. Qu'est-ce qui a changé ? Ne les abandonne pas à ton tour, tu ne peux pas faire ça. »
Sa mère ne répondit pas tout de suite. Elle reniflait et tentait de contrôler ses sanglots. Finalement, après une profonde inspiration, elle se décida à répondre :
« Tu as raison, chéri…tu as toujours été mature pour ton âge.
- Je suis bien obligé de l'être, marmonna Newt entre ses dents. Maintenant, rentre, d'accord ? S'il-te-plaît.
- Je vais le faire. Je vais bien m'occuper d'elles, Newt. Tu verras, tu seras fier de moi.
- Rends-toi plutôt fière de toi-même, dit-il en essayant du mieux possible de contenir la colère et la tristesse qui bouillonnaient en lui. »
Minho leva les yeux vers lui, les sourcil froncés, mais le blond l'ignora pour le moment et se dirigea vers une des porte-fenêtres du salon. Il fit courir son regard à l'extérieur. Les immenses aires de pelouse tondue à la perfection qui s'étendaient sous ses yeux grouillaient d'étudiants qui profitaient du soleil et faisaient leurs devoirs à l'air libre. Il constata distraitement qu'il se trouvait à l'endroit exact à Alby lui avait vomi dessus.
« Je le ferai. J'te manque, mon bébé ? Demanda-t-elle après une pause. »
Newt ferma les yeux.
« Oui, maman. Maintenant, rentre, s'il-te-plaît. Je t'aime.
- Je t'aime aussi. On reste en contact. »
Et le ligne se coupa.
« Bordel de merde, marmonna-t-il en posant son portable sur le comptoir avant de se laisser tomber dans le fauteuil le plus proche.
- C'était ta mère ? Demanda Minho, surpris, en fixant le blond depuis l'autre bout de la pièce.
- Ouais.
- Qu'est-ce qui ne va pas de son côté ?
- Tout. »
Minho le sonda du regard en silence, attendant patiemment la suite. Newt leva les yeux au ciel et s'expliqua :
« Elle n'est pas bien depuis que Janson est parti il y a quatre ans. Des fois, elle s'en va, comme ça, et elle nous oublie nous, ses propres enfants. Elle passe ses journées à pleurer et à s'accrocher aux mauvaises personnes. C'était moi qui m'occupait de tout le monde quand j'étais encore à la maison, ajouta-t-il avec amertume, et il pria pour que Minho ne demande pas plus de détails. »
Heureusement, il ne le fit pas.
« Putain. C'est chaud mon pote. Je suis désolé.
- C'est comme ça, répondit le blond en haussant les épaules. Bon t'as prévu quelque chose aujourd'hui ? Parce qu'on est invité à prendre le thé cette aprèm. »
Le visage de Minho s'illumina d'un large sourire.
« D'accord.
- D'accord ? Pas d'excuse ? Pas de club d'aviron ? Tu vas vraiment venir avec moi ?
- Ouais. J'ai abandonné hier. Je me faisais chier à mourir. Alors allons prendre ce putain de thé ! »
Il bondit de son tabouret et fonça dans sa chambre avec un grand cri de joie.
Newt sourit. Finalement, peut-être que la journée n'allait pas être si horrible que ça.
-X-
Lorsqu'ils arrivèrent chez Teresa, les deux garçons étaient vêtues de vêtements étrangement assortis. Chose qu'ils n'avaient remarqué qu'en arrivant à la tour, bien sûr. (« Minho Kimiura, tu vas me faire le plaisir de retourner directement à la maison pour te changer. Mon pull est assorti à ton pantalon, ce n'est PAS acceptable. » « Nos chemises aussi sont assorties. » « MIN' ! Je sais que tu m'as copié dessus ! »). Ce petit malentendu avait sérieusement énervé Newt.
Heureusement, Minho était incapable de ressentir ce genre d'émotion négative.
« Toc toc ! Appela joyeusement l'Asiatique en arrivant à la porte en chêne. »
Il était l'incarnation-même de l'anti-timidité.
« Tu sais que c'est malpoli de faire ça, le sermonna Newt. Tu aurais dû me laisser faire.
- Pourquoi ?
- Parce que je les connais.
- Je les connais aussi !
- Pas aussi bien que moi !
- Bah, moi je les connais depuis plu longtemps.
- C'est pas comme ça que ça marche… Vous, les riches, vous vous connaissez tous et vous êtes tous de la même famille ! C'est limite de l'inceste ! »
Une voix les interrompit alors.
« Entrez ! Fit Alby, et en lançant un dernier regard noir vers Minho, Newt ouvrit la porte et entra dans le salon. »
La pièce était plus splendide que jamais. Sur la longue table en bois reposait de la vaisselle en porcelaine de style Victorien qui étincelait aux rayons du soleil traversant les fenêtres. Des roses et des hortensias sublimaient l'ambiance et décoraient la table, plongées dans de beaux vases en verre. Des crumpets, les scones et des biscuits s'empilaient sur d'élégants plateaux dorés. Une légère brise s'infiltrait doucement par les fenêtres ouvertes, faisant onduler les rideaux en satin marron, et Newt regretta presque de ne pas avoir amené la piano de Minho pour parfaire le tableau.
« Tu t'es surpassée en fois encore, Teresa, salut le blond, et la jeune fille esquissa un sourire, assise à l'extrémité de la table.
- Salut Newt, lança-t-elle avec un clin d'oeil.
- Les gars, je vous présente…commença Newt.
- Heeey, salut les tourtereaux ! Ça fait plaisir de vous revoir ! S'exclama Minho en serrant la main d'Alby et en faisant la bise à Teresa qui semblait totalement réjouie.
- Minho, c'est bon de te voir ! Comment va ton père ? Demanda-t-elle.
- Il va très bien, sourit le Coréen en s'installant à côté de la jeune fille. Passe le voir quand tu veux. Il est souvent au studio en ce moment.
- Oui, je sais ! Il faut vraiment que j'y aille. Ça fait longtemps qu'on n'a pas discuté, répondit-elle d'un accent horriblement chic, et Newt se demanda si elle avais appris à lire dans un manuel de savoir-vivre. »
Tout le contraire de Minho, avec sa grosse Rolex, son langage grossier et son air constamment sincère et enjoué.
« Ouais, il t'aime bien, alors ça lui ferait plaisir de te voir. Et Benjamin aussi, peut venir !
- Bonne idée, tiens ! Père ne voit plus personne depuis des lustres, il passe énormément de temps sur son travail. Il adorerait revoir Saeki. »
Mon dieu.
« Je te l'avais dit qu'elle n'était amie qu'avec des gens de la quarantaine, fit Alby à Newt d'un ton moqueur en portant sa tasse de thé à ses lèvres. »
Newt scrutait le duo qui discutait avec entrain, complètement déconnecté des autres.
« Maintenant je te crois sur parole, railla le blond en haussant les sourcils. Bon, alors. Thé ? »
Il s'assit à côté de Minho et tendit immédiatement sa tasse à Teresa en battant des cils.
La jeune fille sourit et remplit aussitôt sa tasse avec la théière chinoise.
« Merci, murmura le blond avant de porter la tasse à ses lèvres pour en prendre une grande gorgée. »
Il ouvrit soudain des yeux ronds de hiboux et manqua de laisser tomber la précieuse porcelaine.
« C'est quoi ce bordel ? Bredouilla-t-il en toussant bruyamment.
- Qu'est-ce qu'il y a ? S'inquiéta Teresa, alarmée.
- C'est du whisky ? S'exclama Newt en agrippant dramatiquement sa gorge. »
Alby se retint visiblement d'éclater de rire.
« Mais, non, Newt, ce n'est pas du whisky. C'est du Darjeeling et du scotch. »
Oh, évidemment.
« T'es sûr qu'il y a du Darjeeling ? »
Teresa se tourna vers Alby qui haussa les épaules.
« J'en ai mis un peu, je crois.
- Tu crois ?
- Putain c'est délicieux ! S'extasia Minho en descendant sa tasse comme si c'était de l'eau. »
Newt le dévisagea, interloqué. Sa gorge le brûlait toujours.
« On n'est pas tous sortis d'un utérus avec une bouteille de whisky à la main, lui lança-t-il en le fusillant du regard.
- Sacré descente, commenta Alby en souriant avant d'offrir un cigare au Coréen.
- Oh, génial ! C'est un Black Petite Lancero ? S'enquit Minho en reniflant le gros cylindre à ses narines.
- C'est ça. Mes préférés. Surtout en août, ajouta Alby.
- Santé mon pote, s'esclaffa Minho en levant sa tasse. »
Les porcelaines tintèrent en se rencontrant. Newt, de son côté, dévisageait les autres du regard, et plus particulièrement son colocataire qui buvait, mangeait et discutait avec son enthousiasme habituel. Comment Minho arrivait-il à sympathiser avec chaque personne qui se trouvait dans la même pièce que lui ? Et putain, c'était quoi un Black Petite Lancero au juste ?
« Ta capacité à te socialiser avec tout et n'importe quoi m'étonnera toujours, Min'. Ça relève du miracle à ce stade, chuchota le blond à l'oreille de son ami qui s'emparait d'une poignée de pains au lait. »
L'Asiatique haussa les épaules et prit une cuillère en argent pour étaler de la confiture sur les petits pains. Il lui jeta un regard amusé et répondit avec un clin d'oeil :
« Bah, mon pote, je vais prendre ça pour un compliment, et ça me touche beaucoup venant de toi. »
Newt était sur le point de le rembarrer pour s'assurer qu'il ne prenne pas la grosse tête (ce sale gosse, nan mais oh !), lorsque Minho se concentra sur un point juste derrière l'épaule du blond.
« Thomas, salut mon pote ! S'exclama l'Asiatique en se levant de suite pour se diriger à grandes enjambées vers le nouveau venu. »
Newt se retourna juste à temps pour voir Thomas se faufiler dans la pièce. Un collier amérindien assez imposant en forme d'attrape-rêve ornait sa chemise légèrement entrouverte.
Et, oh, quelle surprise, il avait encore amené des invités, cette fois un beau garçon et une jolie fille.
Charmant.
« Minho Kimiura, susurra Thomas de sa voix de velours en serrant la main de Minho. Comment vas-tu ?
- Pas aussi bien que toi, ç ce que je vois. Qui sont tes invités ?
- Oh. Voici Roxy et Lullaby. »
Lullaby ? Est-ce que ce nom existait vraiment ? Si oui, il devrait figurer sur la liste des prénoms interdits par la loi…
« Lequel est Lullaby ? S'enquit Newt en observant les deux invités qui entouraient Thomas qu'ils fixaient comme s'il était leur Dieu. »
Mais apparemment, Thomas était toujours décidé à ignorer l'existence du blond.
« Allons nous asseoir et profitons de ce thé, mes chéris, sourit Thomas en invitant Roxy et Lullaby à passer devant lui. »
La fille était éblouissante, avec ses cheveux bleu pastel, lisses et soyeux, qui contrastaient avec sa robe immaculée. Le garçon, quant à lui, était très séduisant. Ses cheveux blonds ébouriffés retombaient sur son front, devant ses yeux lavande (bonjour les lentilles) et il portait des vêtements débraillés, mais d'une façon étrangement classe et artistique.
« Comment vas-tu, Thomas ? Demanda Teresa, et bien son ton soit détendu, ses yeux brillaient d'une lueur prudente. »
Newt se redressa et fit mine de se concentrer sur le plateau de crumpets, mais il ouvrit grand les oreilles. La question était assez sincère pour capter son intérêt.
Mais Thomas sourit avec aisance et prit sa serviette de table pour la poser sur ses genoux.
« Très bien. Et toi ?
- Impeccable.
- Je suis content de te voir de bonne humeur, commenta Alby, et Newt jeta un regard à Thomas pour analyser sa réaction (qui ne relevait apparemment que de la politesse superficielle).
- Bah, il est toujours de bonne humeur, non ? Fit jovialement Minho, arrachant un rire à Thomas et un sourire aux autres. »
Et c'est sur cette petite note de gaieté que le thé pas-si-thé-que-ça commença réellement.
-X-
Quarante-cinq minutes plus tard, le thé fut écourté parce que tout le monde était bourré et parce que Thomas et Minho voulaient jouer au golf.
Le thé alcoolisé avait coulé à flots (Newt était quasi certain qu'Alby avait menti lorsqu'il avait dit qu'il avait mis du Darjeeling dans la théière. C'était du scotch pur et dur, il en aurait mis sa main à couper), et les pâtisseries qui recouvraient la table n'avaient visiblement pas suffi à absorber les effets de l'alcool.
Le thé raffiné, avec la vaisselle en porcelaine et les petits doigts en l'air, s'était donc un peu transformé en zoo. Le front de Newt était recouvert d'une fine pellicule de sueur, et il explosa de rire à une blague horrible que Teresa venait de débiter avec une aisance candide. Ils étaient tous les deux collés l'un à l'autre et essayaient tant bien que mal de prendre une photo ensemble, ce qui, pour être honnête, n'était déjà pas le point fort du blond quand il était sobre.
Alby avait l'air aussi ire que les autres. Ses vêtements étaient complètement froissés, et il s'accrochait à Roxy et Lullaby comme s'ils étaient des rampes d'escalier en racontant les synopsis de ses romans préférés.
Et puis, il y avait Minho et Thomas. Minho et Thomas qui s'agrippaient l'un à l'autre chantaient des chansons de bar et dansaient sauvagement autour de la table. Ils brandissaient leur tasse de thé en l'air et faisaient gicler sans s'en apercevoir le liquide ambré sur le parquet.
Et il était à peine 16h30.
« Allons faire du golf ! S'écria soudain Minho d'un ton bourru, tandis que Thomas le secouait comme un prunier en chantant à tue-tête, les joues roses et les yeux brillantes.
- Du golf ? Putain, je déteste le golf ! Protesta vivement Newt, toujours collé à Teresa. »
Il intercepta le regard de Thomas maintenant posé sur lui. Et son regard n'exprimaient rien de gentil et d'avenant. Connard.
« Au pire, on peut les regarder en buvant du thé ? Proposa Teresa en versant le reste du thé dans sa tasse vide.
- Ou du vin.
- Ou les deux, rit Newt.
- Je suis partant pour le golf, Minho, dit Alby en lâchant les invités de Thomas.
- Super ! Tonna Thomas en souriant comme un dément. Roxy ! Lullaby ! Vous devez venir aussi. Je vais avoir besoin de soutien moral si je perds…
- Tu ne perdras pas, bébé, ronronna le garçon tandis que la fille gloussait à côté de lui. Je resterai avec toi mon amour.
- Je suis entre de bonnes mains, alors, murmura Thomas d'un ton suffisant en les étreignant tous les deux. »
Newt en eut un haut-le-coeur.
« C'est parti ! Cria Minho en sautillant vers la porte. Je vais appeler Jeff pour nous emmener !
- C'est qui, Jeff ? Demanda Thomas.
- Mon chauffeur ! Bonne idée ! Approuva Alby. »
Et l'un après l'autre, ils sortirent de la pièce.
-X-
Comme c'était prévisible, cette séance de golf s'annonça aussi ennuyeuse qu'un dimanche matin à la messe.
Trop chiant, trop long et beaucoup trop calme. Newt ne prit même pas la peine d'y prêter attention. Il opta plutôt pour partager une bouteille de vin avec Teresa qui gloussait bêtement et n'arrêtait pas de lui demander s'il voulait grimper aux arbres.
« Il commence à faire nuit, comment-t-il, l'air songeur, en regardant Thomas montrer à son blond comment jouer au golf. »
Comme si c'était dur de swinger un satané bâton.
« C'est vrai. On ne va pas tarder à y aller. Trouver une fête ou un tru du genre, sourit Teresa en sa vautrant dans le kart de golf.
- J'ai mal aux fesses. Tu veux pas qu'on aille plutôt s'asseoir dans l'herbe ? »
Teresa pouffa de rire et secoua la tête.
« L'herbe, ça tâche, Newt. Vaut mieux rester ici.
- L'herbe ça tâche ? Tu voulais grimper dans un putain d'arbre y a même pas une minute.
- On n'aurait pas été dans l'herbe.
- Non, on se serait juste frotter sur l'écorce rugueuse comme deux clochards. »
Teresa éclata de rire et se couvrit le visage tandis que Newt s'affalait au sol.
Ils restèrent un moment là, à rire bêtement et à encourager les garçons qui jouaient sur le terrain tout en se passant la bouteille de vin presque vide tandis que le ciel aux couleurs orangées et rougeâtres laissait peu à peu place aux étoiles. Ce n'est que lorsque la lune fut bien haute dans le ciel qu'ils se décidèrent à partir.
« On va où, maintenant ? Demanda Thomas en s'appuyant contre son garçon tandis que la fille lui massait les épaules. »
Elle se déplaça pour glisser une main dans ses cheveux, mais il la repoussa sans un mot en la regardant de travers.
« Un bar ? Proposa Minho en aidant Newt à se relever. »
Ce dernier sourit d'un air mutin et déposa un baiser sur le nez de l'Asiatique avant de détaler comme un lapin en gloussant.
Thomas les sonda brièvement de son regard ambré avant de détourner la tête.
« Allons plutôt à une fête ! Alby, chéri, est-ce que tu sais où on pourrait aller ? Demanda Teresa en enlaçant son petit ami. »
Alby esquissa un sourire et frotta maladroitement le dos de la jeune fille. Ses gestes étaient ralentis et embrouillés par son état d'ébriété.
« Il y a une soirée pas mal au pavillon d'été des Kensington, proposa-t-il en souriant mollement tout en fouillant dans sa poche pour trouver son étui à cigarette.
- Super ! Roucoula Teresa en frottant son nez contre son cou.
- Eh bien, allons-y alors ! S'exclama Newt avec enthousiasme. »
Et sur ces mots, il prit les devants de la troupe en levant la bouteille de vin dans les airs tout en chantant du Céline Dion sans une once de honte.
Les effets du scotch alliés à ceux du vin lui avaient complètement faire oublier ses bonnes bonnes résolutions et sa détermination à réviser et à faire consciencieusement ses devoirs. Au diable, il n'avait qu'une vie, il était jeune. Il voulait en profiter. Il se plaindrait et en subirait les conséquences le lendemain.
-X-
Le trajet chez les Kensington fut ponctué d'une rafale de rires et de nouveaux verres d'alcool.
Ils sortirent des bouteilles de rhum, de vodka et de whisky et trinquèrent à l'arrière de la limousine de Minho qui ne cessait de s'esclaffer entre chaque shooter. Alby riait également de bon coeur, mais plus discrètement que Minho. Teresa, quant à elle, gloussait et se trémoussait sur son siège en les bombardant de bouchons de liège.
« LA NUIT EST À NOUS LES AMIS ! Brailla soudain Thomas de sa voix rauque. »
Roxy et Lullaby étaient perchés sur ses genoux et lui versaient du champagne directement dans la boche. Comme un seul homme, tout le monde poussa un cri de joie aux mots du brun—sauf Newt— et Alby resservit une nouvelle tournée.
Et bien que Newt se serait bien passé de l'image dérangeante de Thomas en train d'embrasser Roxy et Lullaby à pleine bouche (d'ailleurs, il ne savait toujours pas lequel était lequel), il dut admettre qu'il n'était vraiment pas à plaindre : il était assis à l'arrière d'une limousine avec ses trois amis, à boire du champagne et des shooters, en route vers ce qui s'annonçait être une fête mémorable.
Alors il trinqua à la soirée en riant et fit des prises de catch à Minho sur la banquette sous ls regards hilares des autres.
-X-
La propreté était somptueuse.
Les grandes grilles du portail d'entrée étaient ouvertes et laissaient accès au chemin dégagé entouré de deux énormes aires de pelouse fraîchement tondues.
L'immense maison se dressait fièrement au bout de la longue allée de gravier. Elle comptait plusieurs balcons et une magnifique terrasse qui faisait le tour de la bâtisse. Le sol à l'intérieur de la demeure était de marbre et soigneusement poli. Si Newt n'avait pas été ivre, il en aurait eu le souffle coupé.
« PUTAIN C'EST IMMENSE ! Hurla-t-il par-dessus le mugissement de la musique lorsqu'ils pénétrèrent à l'intérieur. »
Le groupe fut immédiatement accueilli par un jeune homme vêtu d'une tenue en élasthanne qui portait un plateau de shooters rose fluo.
« C'est pas si grand que ça, je trouve, lui répondit Minho sur le même ton, et il prit trois shooters qu'il avala l'un après l'autre à une vitesse époustouflante.
- Non, bien sûr, railla Newt en levant les yeux au ciel.
- Allez, venez les gars ! Les encouragea Teresa d'un ton surexcité. »
La joie se lisait sur son visage. Elle attrapa la main d'Alby et, le tirant avec elle, fonça droit dans la foule sans hésiter une seule seconde. En l'espace de quelques secondes, le couple fut complètement happé par une marée de danseurs déguisés en tout genre.
« Je t'avais dit qu'elle était cinglé, rit Minho en rasant les murs, évitant la masse humaine qui trémoussait au rythme de la musique.
- J'en suis de plus en plus conscient ! D'ailleurs, je suis surpris que tu ne sois pas déjà en train de surfer sur la foule avec eux ! »
Minho secoua la tête en grimaçant.
« Nan, je n'aime pas trop les foules comme ça. On est bien ici. »
Newt en fut sincèrement surpris, mais il acquiesça sans poser de question et se tourna vers les invités qui envahissaient la maison. Son regard s'arrêta sur Thomas — qui avait désormais trois nouvelles conquêtes agrippées à lui — et il dut résister à l'envie de se cacher dans un coin pour espionner le moindre de ses faits et gestes.
Échec critique.
Thomas embrassait sans retenue toutes les lèvres qu'il voyait. Sa bouche brillait d'une façon écoeurante aux lumières des projecteurs multicolores. Il titubait un peu, mais d'avaler toutes les boissons à portée de main en riant si fort que Newt se demanda s'il ne ovulait pas être entendu par les Dieux eux-mêmes. De temps en temps, le blondinet entendait des inconnus beugler des « Thomas ! » Perçants tandis que des brassées et des brassées de personnes se pressaient autour de l'intéressé. Ils palpaient le torse et le dos du brun, essayaient de toucher ses cheveux, et Thomas les repoussait à chaque fois. Bizarre. Les inconnus riaient à chacune de ses remarques et dévoraient voracement du regard son sourire charmeur.
C'était franchement écoeurant.
Ces gens l'idolâtraient clairement. Et même si Newt méprisait ce garçon, il comprenait tout l'engouement et toute l'euphorie qu'il suscitait sans bouger le petit doigt. Thomas était vraiment très beau, ça, le blond ne pouvait le nier. Il était doté d'un charme fou, était toujours bien habillé et avait une attitude excentrique qui faisait converger tous les regards sur lui. Et en plus, son QI était plutôt impressionnant.
Mais ces gens ne semblaient pas conscients que Thomas était un être humain comme eux, et non un vulgaire objet qu'ils pouvaient toucher et agripper à bon escient. Ils passaient leurs bras autour de sa taille comme s'il était un accessoire prêt à être malmené.
Mais cela ne semblait pas trop déranger Thomas. Mais si ses yeux n'exprimaient rien de particulier, son visage était toujours affublé d'un sourire et il essayait de satisfaire tout le monde tout en sniffant…de la cocaïne.
Newt plissa les yeux en observant le brun incliner la tête en arrière et inhaler profondément la poudre blanche.
OK
Avec un haussement de sourcils désapprobateur, Newt se tourna à nouveau vers Minho qui vidait le buffet à volonté, et il attrapa le coude du Coréen avant de l'entraîner à l'autre bout de la maison, loin de Thomas Murphy.
-X-
Encore un soir de débauche et de perdition.
Dispersés dans la pièce, les corps en sueur se déhanchaient, tourbillonnaient, dansaient, sautaient, virevoltaient sous les rais lumineux projetés dans tous les sens. Des paillettes tombaient en continu du plafond et de la fumée d'ambiance enveloppaient la masse compacte de gens qui vibrait en harmonie avec la musique. La fête emplissait tous les sens de Newt.
« Je veux passer le reste de ma vie ici ! S'égosilla-t-il, complètement imbibé par l'alcool qui circulait dans ses veines. »
Les percussions résonnaient comme des coups de marteau dans son crâne. Il n'écoutait même pas la musique mais les battements de son coeur s'y accordaient parfaitement.
« T'es sûr ? Rit Minho en sautant joyeusement dans les airs. »
Il était complètement déchaîné, un vrai fauve hors de sa cage. Son débardeur collait à son torse à cause de la sueur qui parsemait son corps.
« L'éternité, c'est long ! »
Oh oui, et c'était ce que voulait Newt. Ils étaient immortels, en cet instant. Intouchables. Leur vie s'était comme figée dans le temps, les emprisonnant dans une bulle irréelle de bien-être et de plénitude. Une bulle d'adrénaline, d'extase et d'euphorie qui perdurait encore et encore. Ils étaient irrépressibles, invincibles, n'avaient plus aucune limite.
Alors Newt rit et tourbillonna de plus belle, les mains tendues vers le ciel, tandis que des paillettes tombaient en pluie fine et se collaient à sa peau en sueur, le recouvraient d'étoiles scintillantes.
-X-
Newt n'arrivait pas à trouver ces putains de toilettes. Et s'il ne les trouvait pas rapidement, il ne se gênerait pas pour aller pisser dans les rosiers.
Il avait ouvert un nombre incalculables de portes mais il n'était tombé que sur des placards, des celliers et des bureaux. Et maintenant, il tomba sur une scène très intime qu'il aurait préféré ne jamais voir.
« Pardon ! Glapit-il en se couvrant les yeux avant de refermer la porte d'un coup sec. »
Il fit volte-face, prêt à déguerpir au plus vite, mais il se heurta à un large torse orné d'un collier amérindien.
Putain.
« Fais gaffe, putain, l'admonesta Thomas en se reculant d'un pas et en toisant le blond. »
Ses mèches brunes collaient à son front, et il sentait incroyablement bon, putain, mais ça ne fit qu'accroître l'exaspération de Newt.
« Oh, ça va, calme-toi, persifla-t-il, et il amorça un mouvement pour s'éloigner lorsqu'une poigne de fer s'abattit sur son bras. »
Le blondinet s'arrêta lança à l'autre garçon un regard chargé de dédain.
« Quoi ? Un problème ?
- Arrête de me parler comme si tu valais mieux que moi, grogna Thomas en enfonçant un peu plus ses doigts dans la chair de son vis-à-vis. »
Sa voix était vibrante de colère et ses pupilles étaient dilatées sous ses sourcils froncés.
« Dans ce cas arrête d'être toi, riposta Newt en se dégageant brutalement. »
Thomas le lâcha comme s'il venait de se faire brûler. Ses sourcils se froncèrent un peu plus et son visage se crispa tandis qu'il jaugeait le blond, le teint hagard et le cors frémissant de colère. Un cocktail d'émotions explosives se bousculaient dans son regard mordoré. Des émotions si intenses et passionnées que Newt fit un pas en arrière. Instinctivement.
« Tu ne me connais pas, murmura finalement Thomas en se redressant un peu. »
Le néant avait repris ses droits dans ses yeux, et ses traits étaient à présent lisses. Pendant une demi-seconde, Newt avait eu l'impression de voir directement dans son coeur, d'avoir accès au plus profond de ses sentiments. Juste une demi-seconde.
« Je crois que si, Thomas Murphy, dit-il, et cette fois, sa voix n'exprimait aucune hostilité, juste de la désapprobation et de la compassion. Tu te noies dans de belles paroles, dans le champagne et Dieu seul sait quel genre de drogues. Tu baises tout ce qui bouge. Tu n'écoutes que toi, tu ne t'intéresses qu'à ta propre personne, et tu ne ressens rien pour le reste du monde. Tu regardes les gens t'aimer et tu n'aimes rien en retour. »
Il avait parlé d'une voix étrangement douce, mais le dégoût et le mépris transparaissaient clairement dans son ton. L'alcool et la colère s'agrippaient à ses sens, déliaient sa langue et stimulaient ses pensées.
Thomas le scruta en silence, une expression indescriptible sur le visage.
« Aimer, répéta-t-il soudain avec répulsion. »
Newt ne répondit pas et le défia du regard, le torse bombé. L'adrénaline affluait et refluait dans ses veines.
Le lèvre de Thomas se retroussa, lui faisant soudain un sourire immonde, une bouche cruelle. Cruelle et gourmande, comme celle d'un chaton. Une bouche qui ne connaissait que son propre désir et ignorait encore la pitié. Ses yeux étaient plus froids que jamais.
« Alors tu ne connais pas la citation d'Oscar Wilde, Newt Withman ? 'Tout homme tue ce qu'il aime.' »
Son sourire malsain s'estompa doucement tandis qu'il poursuivait :
« 'Certains le font d'un regard dur. D'autres avec un mot flatteur.' »
Et, comme pour appuyer ses dires, il s'approcha lentement de Newt; Dangereusement. Son souffle chargé d'alcool s'écrasa sur le visage du blond lorsqu'ils ne se retrouvèrent qu'à quelques centimètres l'un de l'autre.
« 'Le lâche tue d'un baiser. Et le brave d'un coupe d'épée', termina-t-il dans un murmure, le coin de ses lèvres tordu en un sourire sarcastique. »
Le ton qu'il avait employé mit Newt mal à l'aise. Sous la douceur apparente de ces mots, on sentait l'ébullition, la frustration, la colère à fleur de peau qui ne demandait qu'à sortir.
Le blond était incapable de détacher son regard de ces prunelles whisky qui le transperçaient et le détaillaient sans retenue. Ces yeux qui le glaçaient, le pétrifiaient, le tétanisaient.
Ils étaient grands ouverts, à présent, écarquillés. Et Newt entraperçut vaguement derrière cette antipathie ce qui ressemblait à de la tristesse…et une lourde tourmente.
Il ne put rien faire d'autre que soutenir ce regard véhément et acéré, scrutant désespérément les iris ambrées. Il aurait voulu pouvoir s'y plonger pour décortiquer le cerveau et les pensées alambiquées de ce garçon, fouiller dans les recoins les plus insaisissables de sa tête pour découvrir ce qui avait merdé dans sa vie pour qu'il devienne comme ça.
Et puis, comme une apparition évanescente, Thomas s'éclipsa sans un mot ni un regard de plus, laissant Newt planté au milieu du couloir, fébrile et troublé par ce qui venait de se passer.
-X-
« On s'en va ? Demanda Minho un peu plus tard tandis que l'excitation de Newt commençait à se dissiper et que ses jambes se faisaient de plus en plus lourdes.
- Ouaip. Tu sais où sont Alby et Teresa ?
- Je viens de voir Teresa sauter dans la piscine comme une tarée. Je pense qu'ils vont rester là encore un moment. »
Newt hocha la tête.
« D'acc. Je reviens, je vais leur dire au revoir.
- Pourquoi ? Demanda Minho, l'air perplexe.
- Pour qu'ils sachent qu'on s'en va ? »
Le Coréen cligna des yeux, l'air perdu.
« Euh. OK…? »
Newt lui lança un drôle de regard avant de partir vers la piscine. Effectivement, Alby était assis sur le bord de la piscine, cigarette entre les lèvres, et regardait avec tendresse une Teresa complètement déchaînée qui chahutait dans l'eau et éclaboussait les autres nageurs. Les remous qu'elle créait dans l'eau miroitaient à la lumière blafarde de la lune.
« Bon, on s'en va, avec Minho, dit Newt en arrivant auprès du jeune homme.
- Ça marche, mon pote. T'as un peu de… »
Il désigna d'un geste désinvolte les paillettes qui recouvraient les bras et les cheveux indisciplinés de Newt. Lequel laissa échapper un rire en haussant les épaules.
« Qu'est-ce que tu veux ? Je suis encore plus beau avec un peu de poussière d'étoile sur le corps. »
Un sourire fleurit sur les lèvres d'Alby qui secoua la tête en serrant la main du blond.
« Passe un bonne nuit, Newt. On se voit demain ?
- Ouaip, envoie-moi un message, répondit le blondinet en hochant la tête. »
Il fit un petit signe de la main à Teresa avant retourner dans la maison, se frayant un passage dans la foule qui remplissait la pièce de long en large. Il était presque arrivé au hall d'entrée lorsqu'une porte s'ouvrit soudain à sa gauche.
Thomas en sortit en titubant, les cheveux en pagaille. Des traces de rouge à lèvres parsemaient sa mâchoire et ses clavicules. Il reboutonna gauchement sa chemise grande ouverte et remonta sa braguette. Ses yeux brillaient d'un éclat orgueilleux et conquérant. Il gratifia Newt d'un sourire froid, puis essuya du revers de la main les restes de coke qui saupoudraient ses narines avant de disparaître une fois de plus dans la foule sans un regard en arrière.
Tout homme tue ce qu'il aime.
Les mots de Thomas résonnaient encore dans l'esprit embrumé de Newt, hantant ses pensées. Avec une grimace amère, il se détourna et récupéra Minho qui l'attendait dans un coin avant de sortir de la maison.
Hé. Hé. Hé. Voilà voilà.
J'ai vraiment hâte de savoir ce que vous pensez de celui-ci...et j'ai aussi vraiment hâte de vous publier le chapitre suivant parce que...disons qu'on va changer de régime et débloquer un peu tout ça ;)
Merci d'avoir lu ce chapitre, et je vous dis à très vite pour la suite (je poste un chapitre tous les mardis pour ceux qui veulent connaître la fréquence de mes publications).
À bientôt !
