9.

Gamalthine et Anaëlle fixèrent d'un air méprisant leur petit soldat à la chevelure d'acajou et à la mèche blanche, inconscient, sur son lit.

- Il ne devra jamais se réveiller, sauf urgence, siffla l'amirale Illumidas. Je n'ai plus besoin de lui. Et à la prochaine occasion, c'est moi qui me mesurerai à l'Arcadia ! C'était mon objectif, depuis toujours, et l'occasion est désormais toute proche !

Spectrale se pencha sur Alérian.

- Il n'aura plus aucun sursaut incontrôlé. Sans mon intervention, il ne reviendra pas à la conscience !

- Parfait, se réjouit Gamalthine. Tout est comme je le souhaitais ! A présent, sus à la République Indépendante !

Et tous les cuirassés de l'Illumidas foncèrent à travers la République.


Son Arcadia dans la cage des chantiers navals pour les multiples réparations, Albator avait pris ses quartiers dans un appartement d'attente. Et depuis des jours et des jours, il pouvait suivre, désolé, les combats aussi violents que désespérés des cuirassés de la République Indépendante de son meilleur ami !

- Si seulement l'Arcadia pouvait encore se battre… Mais j'ai laissé Alérian le mettre dans le pire des états. Et à nouveau, face à lui, j'ai cherché toute solution pour nous sauver tous, en vain…. Et je l'ai combattu, avec ma puissance de frappe, mais sans la volonté extrême qui me caractérise d'ordinaire, je l'avoue. Et surtout Alie a développé une intelligence stratégique hallucinante, qui me vaut bien, voire même qui me surpasse ! Ce gamin est de toute brillance ! Malheureusement, il est mon ennemi désigné…

- Le Sanguinaire a rejoint les positions arrières de l'amirale Illumidas, renseigna Toshiro dans l'oreillette de son ami borgne et balafré.

- J'ai joué, et je n'ai jamais eu l'occasion de gagner, soupira Albator. La partie s'est terminée avant même d'avoir commencé ! Clio, un verre, s'il te plaît !

La Jurassienne tendit un godet de red bourbon à son ami, qui le vida, encore et encore à mesure qu'elle le pourvoyait en boisson.

« Tu es tellement malheureux, mon ami. Et je ne peux rien faire… Je suis juste là, présente »

Albator s'étant effondré, ivre au possible, ayant échappé pour quelques heures à une réalité trop violente, il oublia tout, absolument tout

- Je suis là, je veille, murmura Clio. Je ne laisserai jamais aucune monstruosité se produire durant ton sommeil ! Mais je ne peux rien pour les univers de ton fils… Je n'y comprends rien… Ils sont bien trop puissants, même pour moi !


Voyageant à l'aveuglette, à la confiance, Warius parvint jusqu'à une lune qui n'était bien évidemment répertoriée sur aucune carte galactographique !

- Ton Sanctuaire, Unique ? Je ne suis pas de ton monde. Je n'y comprends rien… Je suis le dernier vers lequel Zunia aurait dû se tourner…

- Tu es l'ami d'Alérian, donc l'ami d'Alie. Et il n'y a que toi pour tous les sauver !

- Unique ? J'entends ta voix, mais…

- Je m'exprime par télépathie, bien évidemment ! Mais tu ne verras que lorsque tu m'amèneras Alérian Rheindenbach !

- Mais, il est impossible de nous assurer de sa personne…

- Débrouille-toi, sinon, il n'y aura aucune aide possible de ma part !

- Je ne comprends pas, Unique…

- Fais venir ton copain balafré, ça aidera peut-être, rugit la créature surnaturelle.

- Je peux être aussi terre à terre et borné que mon ami Pirate ! Il ne faut pas sous-estimer mon côté obtus !

Warius raffermit autant que possible son attitude.

- Je suis là, je suis le seul, pour tous mes amis. Que puis-je faire ? Ou plutôt que dois-je faire?

- Amène le gosse. Venez tous !

- Mais, c'est impossible…

- Il faudra trouver le moyen ! aboya L'Unique !