Désolée, je sais que ça fait une éternité que j'aurai du poster la fin... Mais bon la voilà j'espère que vous apprécierez ! Vos commentaires/remarques/critiques sont toujours les bienvenus :)
Draco détestait le matin. Quand ça l'arrangeait, il faisait semblant de les apprécier. Souvent c'était quand il devait comparaitre devant le Magenmagot pour les rares cas programmés le matin. Ces jours-là, il prenait un malin plaisir à apparaitre glorieusement réjouit et tiré à quatre épingles, seulement pour voir les autres personnes qui n'étaient pas du matin l'observer avec répugnance. En réalité, se lever avant dix heures du matin lui donner envie de distribuer des Doloris à tours de bras.
« Allez, Malfoy, » répéta Potter pour la quatrième fois. « On va être en retard et là, on aura vraiment des problèmes. »
« C'est toi l'imbécile d'Élu, » murmura Draco tout en s'enroulant un peu plus dans les couvertures. « Tu peux pas demander à Flitwick de reporter la retenue ? »
« Pour le moment je ne suis pas l'Élu. » Draco sentit qu'on tirait la couverture de son visage et une main caressa sa joue. Il ouvrit ses yeux et vit que Potter était en train de l'observer avec un regard étrange, qui ressemblait curieusement à de la tendresse. Draco sentit que son estomac se contractait. Potter baladait son pouce sur sa mâchoire.
Draco soupira de contentement et referma les yeux.
Potter enleva la main de son visage et arracha les couvertures, laissant un souffle d'air glacial envahir Draco. « Potter, espèce de débile ! » glapit Draco.
Potter lui sauta dessus et couvrit la bouche de Draco avec sa main. « Chut ! Tu vas réveiller tout le monde ! »
Draco lui mordit la main, qui s'écarta sagement. Il grogna « Si je dois être réveillé, ils peuvent bien l'être eux aussi. »
« Ne soit pas aussi irritable et lève-toi. Ça t'aiderait si on s'arrêtait en chemin pour prendre du thé ? »
« Ça m'aiderait si tu allais me chercher du thé maintenant, » suggéra Draco en attrapant la couverture que Potter se dépêcha à mettre hors de sa portée.
« Non, parce que tu vas te recoucher et te rendormir. Maintenant habille toi. »
Draco le fixa, parce que Potter ne devrait si bien après seulement deux jours passés ensemble, malgré des années de relations courtoises.
« Non, je ne vais pas le faire. »
« Tu ne vas pas te rendormir ou tu ne vas pas t'habiller ? »
« Imbécile, » murmura Draco, mais il s'assit et balança ses jambes hors du lit en signe de défaite. « Est-ce qu'il y a une mutation génétique qui fait que tous les Gryffondors sont ridiculement joyeux le matin ? »
« La perspective d'agacer les Serpentards rend le fait de se lever tôt étrangement supportable, » répondit Potter.
Draco s'empara de sa baguette avec une expression de vengeance et Potter rit en reculant. « Je t'attends dans la salle commune. Ne me fais pas revenir. » Son avertissement sonnait creux et Draco doutait que Potter fasse quoi que ce soit s'il se rendormait, mais il était déjà debout et il savait que dormir pourrait le compromettre. Et il ne voulait pas que Scorpius ait plus de problèmes en manquant une retenue matinale.
Fidèle à sa promesse, Potter fit une halte aux cuisines pour une tasse de thé et quelques pâtisseries offertes par des elfes de maison pleins d'admiration. Leurs souvenirs des actes de bravoure de Potter semblaient intacts malgré le temps passé. Draco roula des yeux et eut un sourire narquois face à l'embarras manifeste de Potter à chaque effusion de remerciement des petites créatures. Draco avait toujours pensé que Potter recherchait l'attention, mais après des années à le voir éviter la presse à chaque opportunité, il avait finalement dû changer d'avis.
Ils burent leur thé et prirent le chemin de la salle de Sortilèges. Grâce à Potter, ils arrivèrent cinq minutes en avance. Flitwick était déjà là. « Vous voilà, les garçons. Parfait. Très ponctuels. Une qualité excellente. »
Draco soupira et observa la pièce d'un air curieux. On aurait dit qu'un magasin de Noël avait explosé. Guirlandes, décorations et feuilles de houx recouvraient toutes les surfaces disponibles. Les bureaux avaient été poussés contre les murs comme pour un entrainement aux Sortilèges qui demandait de l'espace. Ils s'empilaient avec des paquets aux couleurs vives, des piliers ornés de rubans et des chandelles étincelantes. Une grande armoire reposait sur une grande partie d'un mur, chargée d'un assortiment de couronnes. L'une d'elle contenait de véritables oiseaux.
« Qu'est-ce qu'on va faire ? » questionna Draco. Il se demandait combien de temps Flitwick comptait les garder. Il savait que Potter n'attendait qu'une chose, retourner vérifier les défenses et pourchasser Nott.
« Bien, M. Malfoy, je sais que vous avez choisi la plupart des décorations pour le Bal de Noël et je vous en remercie. Cependant, puisque presque tous les invités arriveront par le Poudlard Express, nous devons décorer aussi les calèches. Nous en attendons un certain nombre, donc je pense qu'on devrait prévoir vingt boites de décorations, pour être surs. Vous pouvez les préparer, choisissez ce que vous voulez. »
Flitwick les invita à le suivre. Draco lança un regard à Potter qui signifiait sûrement qu'il préférerait être dans son lit, puis suivit le professeur tandis que Potter haussait les épaules en signe d'impuissance. Flitwick marcha le long des rangées de bureaux et pointa du doigt les matériaux. « Ici vous avez du pin standard, ensuite il y a du sapin et du houx, attention aux épines, nos invités ne doivent pas se plaindre de griffures, et là nous avons de l'eucalyptus. Pas particulièrement festif mais cela sent bon et cela ajoute un autre choix de couleur.
Les autres tables étaient remplies de toutes les sortes de rubans possibles et inimaginables, du fil d'or aussi fin qu'une toile d'araignée, au ruban rouge aussi large que la tête de Draco. Il y avait aussi des guirlandes lumineuses que Flitwick fit passer dans un chemin sinueux de tonnelles lumineuses. Contre son gré, Draco commença à se sentir d'humeur festive sous la propension de décorations de Noël. Ce sentiment était exacerbé par le bruit des carillons jouant une chanson de Noël à l'unisson.
Le chemin d'arches lumineuses menait à un pavillon d'allure romantique et Flitwick s'arrêta au pied des marches et fit un geste vers le haut avec un sourire malicieux. Harry trotta gaiement jusqu'au centre de la structure en bois. Il se tourna et sourit à Draco, qui se sentit soudain suspicieux, mais rejoignit quand même Potter avant de regarder vers le haut du plafond en bois. Il aurait du s'en douter.
« Le pavillon ne peut pas être utilisé pour avoir des décorations, les garçons, mais vous pourrez considérer l'usage judicieux du gui pour les esprits les plus romantiques. »
Flitwick se retourna et ajouta : « N'hésitez pas à l'essayer. À en juger par votre étreinte hier et l'article dans le Daily Voice, vous êtes de nouveau le couple le plus célèbre de Poudlard, n'est-ce pas ? »
Draco fit un geste pour partir, agacé que même ces imbéciles de professeurs s'attendent à ce qu'ils s'embrassent à la moindre opportunité, mais Potter attrapa sa main.
« Hey, » dit-il doucement. « On ne peut pas gâcher du gui, ça porte malheur. »
Draco était sur le point de répondre que ça ne portait certainement pas malheur, mais il devait admettre que Potter était ridiculement beau avec la lumière des guirlandes qui se reflétait sur ses cheveux, et un demi sourire qui courbait ses lèvres diaboliquement talentueuses... Il regarda furtivement Flitwick, qui semblait être occupé à enrouler une guirlande de lumières en forme d'étoiles autour de la rampe d'escalier. Peut-être qu'un baiser ne pouvait pas faire de mal.
Il fit un pas vers Potter et se rapprocha, s'attendant à un petit bisou, mais au moment où leurs lèvres se touchèrent, Draco se sentit aspiré. Il trouvait qu'embrasser était une sacré expérience, mais cela semblait... inhabituel. Ses mains agrippèrent Potter tandis que la faiblesse s'emparait de son corps, ne se rendant compte de l'étrangeté du baiser qu'au dernier moment. Il essaya de se reculer, cherchant un échappatoire, mais il ne réussit qu'à tomber... tomber... et tomber dans l'obscurité.
xx*x*xx
Harry ouvrit les yeux, sachant instinctivement que quelque chose ne tournait pas rond. Ses instincts d'Auror étaient suffisamment intacts pour savoir cela, au moins. Sa vision était trouble, se résumant à quelques tâches de couleurs.
Sa joue lui faisait mal, ainsi que d'autres parties de son corps. Il était allongé sur une surface dure, probablement le sol, à en juger par sa froideur. Il essaya de bouger, mais ne réussit qu'un petit mouvement qui lui envoya une décharge de douleur à travers le corps. Il écouta attentivement et entendit des cloches jouer un air de Noël. Toujours dans la Classe de Sortilèges ?
Que s'était-il passé ? Il avait embrassé Malfoy en laissant tomber bêtement sa garde, aveuglé par le désir et l'étrange nouveauté d'explorer quelque chose de complètement inattendu.
Harry entendit des pas et essaya de se concentrer, de bouger. Une silhouette apparut peu à peu : le professeur Flitwick. Son visage devint plus net tandis qu'il s'agenouillait près de Harry. Flitwick gloussa : « Albus Potter. J'en attendait un peu plus du fils du grand Harry Potter, surtout si l'on tient compte de votre grande ressemblance avec lui. C'était presque trop facile. »
Harry essaya de parler mais ne réussit qu'à émettre un faible grognement.
« Vous vous inquiétez pour votre bien aimé Malfoy ? » demanda Flitwick, ou plutôt Alcott Nott. Harry se maudit lui-même pour ne pas avoir lancé un Sort de Détection de Polynectar sur tout le monde, même si le personnel était supposé avoir été vérifié aussi soigneusement que n'importe qui. « N'ayez crainte, je vais vous amener à lui. »
Un sort atteignit Harry -Locomotor Mortis- et il se sentit s'élever dans les airs, tournoyant jusqu'à atteindre une certaine stabilité. Sa vision commençait à s'éclaircir et en plissant les yeux il vit qu'ils allaient vers une armoire ornée de guirlandes. Sa vision était floue car ses lunettes avaient disparu. Il se demandait si le faux Flitwick les avait trouvées.
La porte de l'armoire était ouverte. « Entrez là dedans, » dit Nott, sa voix aussi joyeuse que celle de Flitwick. Harry repensa aux deux derniers jours et se demanda depuis combien de temps Nott avait pris la place du professeur de sortilèges. L'intérieur de l'armoire était sombre et sentait le pin. Nott le poussa et entra derrière lui. Il y eu une sensation d'étourdissement et la porte s'ouvrit à nouveau.
« L'armoire à Disparaître, » expliqua Nott tandis qu'il sortait et ensorcelait Harry pour le faire flotter derrière lui. Harry regarda frénétiquement autour de lui, heureux de constater qu'il lui était plus facile de bouger. Quel que soit le sort qui l'avait touché, son effet disparaissait. Pas que cela lui serve à grand chose sans sa baguette. Il pouvait sentir qu'elle n'était plus dans la poche de sa robe. Il se demandait si elle était passée de la forme de celle d'Albus à sa véritable forme quand Nott l'avait prise. Cela aurait surement rendu Nott suspicieux, non ?
Toutes ces pensées tourbillonnaient dans l'esprit de Harry pour qu'il évite de penser à son principal souci : où était Malfoy ?
« Ironiquement, c'est le père de votre petit ami qui m'a donnée l'idée. Je me souviens quand Draco était chargé de la mission de tuer Dumbledore. Nous en plaisantions tous à l'époque, même si on ne le faisait pas en face de Malfoy, bien sûr. Lucius était déjà à moitié fou, il voulait désespérément revenir dans les bonnes grâces du Seigneur des Ténèbres, mais il refusait toujours d'entendre des paroles méchantes sur son imbécile de fils. Et là, Draco nous a tous surprit en réparant l'Armoire à Disparaître et en nous donnant accès a Poudlard. Bien sûr, la mort de ce vieux Dumbledore n'a pas eu beaucoup d'importance sur le long terme, pas avec Potter toujours dan les parages. Et Draco a retourné sa veste immédiatement après la guerre. Putain de traître à son sang ! » La voix de Nott changeait, devenant plus rauque et beaucoup moins joyeuse.
Harry plia les doigts tandis qu'il flottait toujours dans une salle sombre. Une maigre chandelier avec plusieurs petites bougies diffusait une faible lumière. Elle révéla un corps qui pendait mollement contre un pilier en bois, les poignets enchainés au dessus de sa tête. Harry se sentit envahir par une vague de soulagement et d'inquiétude quand il aperçut les cheveux blonds.
« Qu'est ce que vous lui avez fait ? » demanda Harry avec difficulté. On pouvait à peine l'entendre.
« Quelle considération. Vous devriez plus vous inquiéter pour vous-même, M. Potter. »
Harry sentit le bois rugueux contre son dos quand Nott fit un geste avec sa baguette pour l'envoyer s'écraser contre un second pilier. Il se débattit tandis qu'un autre sort fit lever ses mains, mais il était trop faible pour empêcher les chaines de métal de s'enrouler autour de ses poignets.
La minuscule forme de Flitwick s'éloigna de Harry, s'allongea et s'épaissit. Les coutures des vêtements craquèrent et des morceaux tombèrent, laissant un Alcott Nott habillé seulement d'un slip noir. Il attrapa un morceau de fer tordu et le posa sur une de ses épaules. « Pauvre Filius. Je ne me suis jamais habitué à sa misérable petite taille. »
Harry sentit la culpabilité lui serrer le cœur. Dans son inquiétude pour Malfoy, il n'avait pas une fois pensé au professeur Flitwick. Même maintenant il fixait sa tête blonde, espérant que Nott ne lui avait rien fait d'horrible. Harry pensa voir un tressaillement et la langue de Malfoy passa sur sa lèvre inférieure, puis sa bouche s'amincit. Il est vivant, pensa Harry, et il faillit soupirer tout haut. Vivant et réveillé.
« Qu'est-ce que vous avez fait à Fil... Au professeur Flitwick ? » questionna Harry.
« Pourquoi M. Potter ? Vous prévoyez de vous échapper et de le secourir ? »
Nott n'avait même pas pris la peine de se retourner pour parler. Il était occupé avec quelque chose sur la table, ignorant presque ses prisonniers. Malfoy releva la tête et regarda directement vers Harry.
« Je veux juste... savoir, » dit Harry. Il essayait de garder en mémoire qu'il était supposé être Albus. Sa force lui revenait doucement, mais cela n'avait pas grande importance quand on était enchainé à un poteau. « Vous l'avez tué ? »
Nott gloussa, et ce ne fut pas un son agréable. « Vous devez penser que je suis une sorte de monstre, mon garçon. Qu'est ce que votre père vous a dit sur moi ? »
« Seulement que vous aviez perdu votre fils, » dit doucement Harry.
Nott se retourna brusquement, le visage déformé par la rage. « Je n'ai pas perdu mon fils ! Mon Théo m'a été enlevé ! Enlevé par votre père ! »
Harry jeta un regard vers Malfoy, qui secoua la tête imperceptiblement. Malfoy connaissait surement mieux Nott que lui. Le blond lui demanda « Qu'est-ce que vous comptez faire de nous ? »
Nott inclina la tête pour fixer son regard sur Malfoy. « Faire ? Ma parole, tu ressembles à Lucius dans sa jeunesse. Draco a toujours préféré Narcissa, mais toi... »
Nott s'approcha et pris brutalement le menton de Malfoy dans sa main. Ce dernier essaya de se dégager, mais Nott resserra sa prise jusqu'à ce que ses doigts blanchissent. « Y-a t-il la même folie en toi, Scorpius ? Vas tu hurler de rage quand je vais découper ton petit Potter ? Très mauvais choix de partenaire, d'ailleurs. Mais peu importe, tu ne vivras pas assez longtemps pour vraiment regretter ta décision. »
Sur ces mots, il relâcha Malfoy qui le suivit d'un regard de pure haine. Le blond remua la mâchoire puis demanda : « Donc, vous prévoyez de nous tuer ? N'est-ce pas un peu démesuré dans la mesure où vous aller vous venger de toutes façons ? »
Nott secoua la tête et retourna vers la table en soupirant. « Une chose que j'ai toujours détesté chez les Malfoy. Ils pensent toujours être mieux que tout le monde. Un imbécile de gamin qui me traite de démesuré. Merci, M. Malfoy, vous m'avez rendu la tâche beaucoup plus facile. »
Harry lança un regard incrédule à Malfoy, qui lui répondit d'un geste du menton qui lui demandait clairement s'il avait une meilleure idée.
« Comment vous prévoyez de euh... faire ? » demanda Harry en essayant de défaire ses mains des chaines de métal. Elles étaient très serrées, ne lui laissant presque aucun espace.
« C'est très simple, M. Potter. Je prévois de vous torturer tous les deux jusqu'à la mort, et ensuite d'envoyer le souvenir à votre père pour qu'il le regarde encore et encore et encore. J'imagine qu'il va le partager avec Draco, cher Scorpius, ne te sens pas mis de côté. »
Harry recula, horrifié. L'idée de quelqu'un puisse vraiment faire subir ça à Albus lui donnait envie de cacher ses enfants du monde entier. Manifestement, Malfoy ressentait la même chose. « Espèce de connard cinglé ! » cria Malfoy.
Nott ricana sans se retourner. « Tu es déjà à cours de mots, Scorpius ? Quel dommage. Voilà, c'est presque prêt maintenant. Attendez; encore une chose. Nous n'avons pas besoin de compagnie pour ça, n'est-ce pas ? Personne ne vous entendra crier depuis cet immeuble. Nous sommes loin de habitations et j'ai pris la précaution d'envelopper la pièce avec des Sorts de Silence. L'Armoire à Disparaître, en revanche... » Nott s'éloigna de l'Armoire et lança un Confringo; le meuble explosa en mille morceaux.
« Comment êtes vous rentré dans l'école, » demanda Harry. Il commençait à se sentir anxieux maintenant qu'il savait ce qui les attendait. Il devait, d'une façon ou d'une autre, récupérer sa baguette. Il doutait qu'un Accio sans baguette la ferait venir depuis la robe de Nott jusqu'à sa main.
« C'était d'une étonnante facilité, Albus. J'ai démonté l'armoire et j'ai métamorphosé chaque morceau en décoration de Noël. Elles ont été transportées sous le nez des Aurors en faction à l'école. Une fois à l'intérieur de la classe, j'ai retransformé chaque morceau en sa forme originale et remonté l'armoire. Le Bal de Noël a rendu ça tellement facile. Je devrais envoyer un cadeau au Comité d'Organisation. »
Nott s'éloigna des décombres fumants et retourna près de la table. « Alors voyons. Nous avons besoin de plus de lumière. » Après plusieurs incantations, Nott fit apparaître plus de chandeliers et les alluma en envoyant un jet de flamme de sa baguette. La pièce brillait d'une lumière chaleureuse. « Je ne veux pas que vos pères manquent un seul petit détail. » Le visage agité de Nott montrait une satisfaction déterminée. Harry déglutit péniblement, n'ayant aucune idée de comment le dissuader. Au moins, Albus et Scorpius étaient sains et saufs, mais Malfoy... Il regarda, impuissant, l'homme attaché de l'autre côté de la pièce. Malfoy réussit à produire un pâle sourire et le cœur de Harry se serra douloureusement.
Il espérait que Malfoy ne s'attendait pas à ce qu'il le secoure, parce qu'il n'avait aucune idée de comment faire et leur situation semblait sans issue.
« Il est temps de commencer, » déclara Nott. « Qui sera le premier ? »
« Laissez partir Scorpius. » dit Harry. « C'est mon père qui a laissé votre fils mourir. Vous devriez le punir. Malfoy n'a rien fait. »
« Vous avez raison. Draco Malfoy n'a rien fait. Il n'a rien fait pour faire en sorte que l'assassin de mon fils reçoive une punition méritée ! Je lui faisait confiance pour qu'il punisse Potter et il n'a rien fait ! »
« C'était un jugement équitable, » cingla Malfoy. « La mort de Théo était un accident et toutes les preuves l'ont prouvé. Votre tentative pour reporter la faute sur Potter et nier votre culpabilité d'avoir mis votre propre enfant en danger est pathétique ! »
Harry grimaça. Malfoy ressemblait plus à lui même qu'à Scorpius.
Nott gronda. « Tu recommences à utiliser les grands mots, Malfoy ? Très bien, on va commencer avec toi. » Un sort lumineux heurta Malfoy de plein fouet malgré le cri de détresse de Harry. Plusieurs autres sorts suivirent. Au bout d'un moment, la chemise de Malfoy pendait en lambeaux sur ses flancs. Un autre sort fit tomber les morceaux au sol. Miraculeusement, la peau de Malfoy n'était pas touchée.
« Alors, par quoi allons nous commencer ? » demanda Nott. Il tournait autour de Malfoy en tapotant sa baguette dans sa main.
Quand il fut aussi près que possible de Harry sur son parcours, Harry hurla « Accio Baguette ! »
Nott haleta quand la baguette trembla et faillit lui échapper. Il resserra sa prise avec un regard maléfique, mais au moins son attention était détournée de Malfoy. « Albus Potter. Je vois que tu as hérité de la puissance de ton père. Dommage qu'on ne puisse pas l'exploiter. » Nott fit une pause et un sourire malveillant fendit son visage. « Peut-être que si. »
Nott se rapprocha pour faire face à Harry. Il leva sa baguette et l'arrêta juste devant le front de Harry, puis il dit clairement « Imperio. »
Harry sentit la paix l'envahit d'une façon qu'il n'avait pas ressentie depuis des années. L'Imperium était utilisé pendant les entrainements d'Aurors, mais rarement. Harry sentit tous ses soucis et ses responsabilités se dissiper, remplacés par un bienheureux sentiment de vide. Il se souvenait d'avoir été contrarié un moment plus tôt, mais cela ne lui semblait plus important.
Nott lança un sort qui ouvrit les menottes de Harry. Ce dernier baissa les bras et massa ses poignets d'un air absent. Nott recula rapidement, prudent. Harry le regarda curieusement.
« Va vers la table, » ordonna Nott. Cela semblait raisonnable, Harry s'exécuta donc en traînant des pieds, jusqu'à atteindre la table. Plusieurs objets y avaient été placés et il les fixa, sans intérêt.
« Prends le couteau. »
Il y avait un couteau cranté avec un manche en ivoire, situé près d'une longue et fine barre de métal. Harry s'en saisit et l'examina. Le manche était frais contre sa paume.
« Bien. Maintenant va jusqu'à Scorpius Malfoy. »
Harry fronça les sourcils. Il ne se rappelait plus très bien où était Scorpius... Ah oui. Square Grimmauld. Mais comment aller jusque là-bas ?
« Va jusqu'à Malfoy ! » s'énerva Nott.
Harry tourna son regard vers Malfoy, enchainé à un poteau. La vue était... exaltante. Harry fit quelques pas jusqu'à se tenir devant Malfoy. Il l'avait peut-être regardé avec plus de tendresse qu'il ne le fallait, mais dans son état actuel de relaxation, cela lui semblait seulement naturel. Harry sourit.
« Maintenant. Coupe-le. » La voix de Nott était sèche, elle tranchait dans l'esprit paisible de Harry, l'obligeant à lever le couteau. « Lacère son beau visage jusqu'à ce que tu ne puisses plus le reconnaître. »
Harry sentit sa main trembler sur le manche. Lacérer Malfoy ? Pourquoi j'aurais envie de faire ça ? Une partie de lui se le demandait. Malfoy était bien trop beau pour qu'on marque son visage.
« Coupe. Le. » insista Nott. Harry leva sa main jusqu'à ce que la pointe du couteau repose contre la joue de Malfoy.
« Potter, » murmura Malfoy. « Combats-le. Je sais que tu peux résister. C'était le scoop de l'école pendant notre quatrième année. »
Coupe le coupe le coupe le coupe le. Les mots lui martelaient la cervelle, détruisant ses défenses. La pointe du couteau fusa, traçant une ligne sur la joue de Malfoy qui bientôt scintilla de rouge.
Nott rit. « Très bien. Encore. »
« Harry, s'il te plait, » murmura Malfoy.
Le couteau commença à trembler. Harry voulait obéir. Il voulait tellement abandonner et écouter cette voix insistante pour la faire taire, pour que la paix revienne. C'était tellement bien de ne pas avoir à penser. Tellement bien de ne pas avoir à s'inquiéter, se tracasser, se poser des questions...
« Encore. » Le mot était insistant.
« Non, » dit Harry. Son bras tremblait et il l'éloigna du visage de Malfoy d'un geste vif. Du sang affluait au bord de l'entaille et une goute coula le long de sa joue. Harry sentit une vague d'horreur qui estompa les effets causés par l'Imperium. Il recula rapidement. « Non, je ne pense pas que je vais le faire. »
Puis il se retourna et jeta le couteau en direction de Nott. Il rebondit sur sont épaule et tomba sur le sol. Le lancer de couteaux était plus dur qu'il n'y paraissait. Il se fixèrent pendant un moment, étonnés, et le « Oh, vraiment ! » de Malfoy atteignit les oreilles de Harry juste avant que Nott ne brandisse sa baguette de nouveau.
« Imperio ! » il hurla.
La force du sort stoppa Harry sur sa lancée, mais seulement un instant. Cette fois il repoussa la sensation d'oubli et plongea vers l'avant, faisant tomber Nott sur la table. Plusieurs objets métalliques s'éparpillèrent au sol et un des chandeliers tomba. Une flaque de cire s'enflamma et brûla ardemment, se diffusant le long du sol jusqu'au mur.
Harry referma la main sur la baguette. Lui et Nott luttaient pour s'en emparer. L'autre main de Nott griffait et tirait les cheveux de Harry, cherchant probablement un œil ou un oreille. Harry donna un coup avec son épaule et la table bougea à nouveau, dérapant sur le sol en bois. Nott tomba, Harry au dessus de lui, et finalement le brun lui arracha la baguette des mains.
Les ongles de Nott griffèrent la joue de Harry et sa main libre de toute baguette tapait sur la tempe de Harry, tandis qu'il essayait de se remettre debout. Les flammes craquèrent bruyamment. Apparemment le mur avait pris feu. Harry ignora Nott et transféra la baguette dans sa main droite avant de crier « Stupefix ! »
Nott devint mou et Harry chercha rapidement sa propre baguette dans sa robe. Rapidement, parce que les flammes commençaient à arriver vers eux depuis le chandelier tombé. Sa baguette et celle de Malfoy étaient dans une poche de la robe de Nott. Apparemment il leur avait juste prises sans les examiner.
« Bien joué, Potter, » dit Malfoy d'un ton sec. « Tu penses que tu pourrais t'occuper du feu, pour que nous ne soyons pas brûlés vifs ? »
« Tu as de fortes exigences, » se plaignit Harry. Il se releva et éteignit les flammes avec un jet d'eau. La fumée dans l'air se mélangeait à la vapeur. Sa tâche accomplie, Harry lança plusieurs sorts de Ligotage sur Nott. Ce connard ne s'échapperait pas cette fois.
Quand il eut fini, Malfoy demanda : « Tu prévois de me libérer bientôt ? »
Harry sourit et marcha vers Malfoy. « Je t'aime bien comme ça, moi, » avoua-t-il, mais son regard s'adoucit quand il vit le sang séché sur la joue de Malfoy.
« Je ne t'aurais pas imaginé du genre pervers, Potter. »
Harry soigna la coupure et nettoya le sang avec un morceau de la chemise de Malfoy et de l'eau. Puis il embrassa Malfoy, le libérant distraitement de ses liens. Malfoy l'entoura de ses bras et il restèrent dans la pièce enfumée, éclairée par quelque chandelles, s'embrassant jusqu'à ce que Nott commence à remuer.
xx*x*xx
Draco entra dans la pièce avec Scorpius, qui rayonna de fierté face à la réaction de son père. Le Grand Hall était spectaculaire, avec de gigantesques flocons cristallins qui brillaient et tournoyaient, mimant la neige en train de tomber au ralenti avant de disparaître juste au dessus de la tête des invités.
Au dessus des flocons, le plafond de glace révélait la nuit pleine d'étoiles; une vue qui n'était pas magique, pour une fois, car la froide et claire nuit était vraiment aussi belle.
« C'est toi qui as fait ça ? » demanda Draco, en pointant les flocons.
Scorpius acquiesça. « Ça et les appliques murales. »
Draco fit glisser son regard vers les lumières multicolores qui semblaient emprisonnées dans la glace qui tapissait le mur. Chacune émettait un halo de lumière circulaire, apportant une lueur festive aux bords de la pièce. Si on ajoutait à cela la lumière provenant du gigantesque arbre de Noël, cela rendait la joie des fêtes pratiquement palpable.
« Il y a Al et son père ! » Scorpius leur fit un signe de la main avant de bondir vers eux et d'entrainer Albus dans un étreinte amicale. Draco suivit plus doucement, puisque Potter était occupé à discuter avec le Professeur Kinder. Puis Potter se tourna et ses yeux s'écarquillèrent. Son regard alla des pieds de Draco avant de remonter lentement vers le haut. Draco se sentit rougir à l'approbation bien trop évidente de Potter.
Potter s'approcha. « Malfoy, » dit-il dans un sourire.
« Potter, » répondit Draco sur un ton d'avertissement.
« Tu es... bien. » Potter eut un petit sourire satisfait et Draco se demanda combien d'adjectifs inappropriés il avait envisagé avant de choisir le plus inoffensif.
« Toi aussi, pour une fois, » admit Draco. En vérité, Potter était époustouflant. Il avait dompté ses cheveux et il portait une robe élégante d'un ton rouge si foncé qu'elle paraissait noire, sauf sous un certain éclairage. Sa fine cravate était légèrement défaite et il portait des gants blancs. Draco les remarqua quand ils touchèrent le revers de sa robe gris argent.
Potter se rapprocha encore plus près pour murmurer à l'oreille de Draco. « Tu es vraiment à croquer. Y a-t-il possibilité qu'on parte de la fête plus tôt ? »
« Tu es la belle de ce bal, Potter, » répondit Draco en s'éloignant pour calmer son pouls. « C'est à toi de me dire. » Il lança à Potter un regard d'avertissement, car Scorpius était déjà en train de les regarder de façon suspicieuse. Rien ne lui échappait. Sa tête blonde se pencha vers Albus et ils murmurèrent ensemble. Draco faillit râler à haute voix quand les yeux verts de Albus Potter se dirigèrent vers eux avec intérêt.
« Je partirais dès maintenant, si je pouvais, » dit Potter sans quitter Draco des yeux.
Draco s'éclaircit la gorge. Il devait s'éloigner de Potter et de sa folie manifeste. « Je crois que j'ai vu la Directrice et Flitwick. On se voit plus tard Potter. »
Potter se contenta de sourire et le regarda partir. Draco secoua la tête et se demanda pourquoi il était venu à cette fête. Cela faisait seulement deux semaines depuis qu'ils avaient quitté les murs de Poudlard. Alcott Nott était enfermé pour de bon à Azkaban. Les garçons étaient de retour à l'école – ou plutôt, ils avaient été fde retour, avant de quitter l'école pour les vacances. Draco et Potter étaient retournés au travail et tout était redevenu comme avant.
Tout, exceptées les visites nocturnes de Draco à l'appartement de Potter, à tout moment. Le réseau de Cheminette de Potter lui était devenu aussi familier que le sien. Il savait que c'était de la folie, mais il n'arrivait pas à s'éloigner. Quatre jours plus tôt, ils avaient failli se faire découvrir par Ron Weasley, qui était apparu dans l'appartement de Potter de manière impromptue. Potter s'était précipité sur son bas de pyjama et était sorti l'accueillir, laissant Draco se tourner les pouces dans le lit de Potter en attendant de qu'il se débarrasse de l'imbécile.
Et Potter devenait de plus en plus ouvert à propos de la situation, faisant des allusions au fait que ça lui était égal de qui était au courant. Vraiment, c'était de la folie.
Bien sûr, il était assez fier des défenses renforcées autour de Poudlard. L'Effet Eros s'était révélé efficace pour améliorer la magie. Plusieurs rencontres érotiques clandestines à côté de chaque pierre magique, suivies par un sort lancé conjointement, avaient renforcé les défenses au point que Draco pensait qu'elles rivalisaient avec celles des Fondateurs.
Une tape sur son épaule attira son attention et il vit Scorpius qui lui souriait sournoisement. « Alors. » Le simple mot était chargé d'insinuations. « Toi et M. Potter. »
Draco lui lança un regard réprobateur, mais ne se fatigua pas à nier. Scorpius avait la fâcheuse habitude de savoir toujours quand il mentait. Draco aurait juré que son garçon était un Légilimens né. Malheureusement, le manque de protestations était une réponse suffisante pour son fils, dont les yeux s'écarquillèrent tandis qu'il retenait un cri. « Père ! »
Draco se racla la gorge et accéléra le pas, pressé de rejoindre Minerva McGonagall, qui lui offrirait un espace sécurisé. « Nous discuterons de ça plus tard, » dit Draco. Par plus tard, bien sûr, il entendait jamais de la vie.
« Draco Malfoy ! » l'interpella joyeusement Flitwick, et Draco fut épargné d'une plus longue discussion gênante sur Harry Potter. Malgré tout, il ne pouvait s'empêcher de suivre Potter des yeux tandis qu'il se baladait à travers la salle, l'air assuré et poli. Et délicieusement beau, Draco admit pour lui-même.
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Harry regarda Malfoy échapper à son fils et arrêta de discuter avec Minerva et Filius. On avait trouvé le Professeur Flitwick dans la maison dans laquelle Harry avait combattu Alcott Nott, affamé, déshydraté, avec à peine de quoi se couvrir, mais vivant.
La maison faisait partie d'un château abandonné dans la campagne du Derbyshire. Une fois sortis du château et après avoir examiné leurs possibilités, cela avait était relativement facile de Transplaner avec Nott. Malfoy avait ramené Flitwick à Poudlard. Après ça, ils s'étaient à peine parlé pendant deux jours. Harry avait été occupé par la paperasse et les retrouvailles heureuses avec Lily et James.
Albus et Scorpius avaient quitté le Square Grimmauld après avoir obligé Harry à accepter de les laisser emménager là bas en sortant de Poudlard. Ils avaient apparemment beaucoup apprécié la vieille demeure pendant leurs vacances forcées. Harry préférait ne pas connaître les détails.
Harry avait parlé de la Carte du Maraudeur disparue à Albus, qui, en réponse, ne lui avait adressé qu'un sourire impertinent en commentant : « Hugo pique la Carte tout le temps. Je la récupère dans sa chambre dans la Tour de Gryffondor quand j'en ai besoin. Tu aurais du me demander où il la gardait. »
Harry avait seulement secoué sa tête, puisque finalement tout finissait bien. Plus que bien, il pensait maintenant, en regardant Malfoy sourire à quelque chose que Flitwick disait. Harry soupira presque face à cette vue. Il vivait pour ce sourire. Il se mordit la lèvre, conscient qu'il était ridiculement mordu de Malfoy, se convaincant rapidement qu'il se moquait de qui était au courant.
« Hey Papa, » dit Albus.
Harry détacha son regard du blond habillé d'argent et sourit à Albus. « Tu passes un bon moment ? » demanda Harry.
« Je passe un bon moment à te regarder reluquer M. Malfoy. » dit Albus en riant face à l'expression de Harry. Albus secoua la tête. « N'essaye même pas de le nier. Je connais ce regard. »
Harry grommela et pris Albus par le coude pour l'emmener loin d'un employé du Ministère qui adressa un signe amical à Harry. Quand ils furent dans un endroit où personne ne pouvait les entendre, Harry demanda : « C'est si évident que ça ? »
« Seulement pour moi, j'en suis sûr. Enfin, pour Scorpius aussi, puisque c'est lui qui me l'a fait remarquer. Quand même, je suis un peu choqué. Ça s'est passé quand vous avez pris nos places ? »
Harry acquiesça et s'empêcha de passer la main dans ses cheveux, mais il attrapa une coupe de champagne quand un plateau d'argent flotta près de lui. Il but une gorgée et dit : « C'était inattendu. »
« N'est-ce pas toujours le cas ? » questionna sagement Albus.
« Je ne sais pas ce qu'il ressent, » dit Harry. Il se sentait un peu gêné de discuter de sa liaison homosexuelle avec son propre fils.
« Ouais, les hommes ne parlent pas vraiment de leurs sentiments. Ça m'a pris trois ans pour avouer à Scorpius que je l'aimait de cette façon. » Albus secoua la tête. « Quelle gâchis. Mais à moins que tu ne lui dises quelque chose, aucun d'entre vous ne saura, n'est-ce pas ? »
Harry le regarda d'un air sérieux. « Cela ne t'ennuie pas ? Je veux dire... J'espérais que peut être tu l'acceptes, mais James et Lily...? Oh mon Dieu, c'est une idée épouvantable. Je devrais tout arrêter dès maintenant et ne plus le voir. »
« Tu en as envie ? » demanda Albus d'une voix douce.
Harry fit tournoyer le verre vide dans ses mains et secoua la tête. « Non. Je l'apprécie vraiment. Et pas que... physiquement. » Harry enchaina rapidement pour couvrir la gêne de sa confidence. « Je veux dire, il est malin et intelligent et drôle et... je n'avais jamais connu ça. »
Albus lui donna une claque un peu brutale sur l'épaule. « Alors va le chercher, Papa. Le reste ira tout seul. Je ne sais pas ce que James et Lily diront, mais ce n'est pas à propos d'eux. Je sais qu'ils veulent que tu sois heureux, et c'était horrible de te voir seul pendant toutes ces années... » Albus s'interrompit, comme s'il en avait trop dit. « Enfin bref, c'est à toi de vois, mais si M. Malfoy est un tant soit peu comme Scorpius, » Albus secoua la tête et rit, « Tu aura des moments intéressants à venir. »
« Intéressants. Ouais, » dit Harry d'un ton désabusé. Il reposa son verre sur un autre plateau. Il se redressa et hocha la tête. « Merci, Albus. C'est étrange de recevoir des conseils de sa propre progéniture, mais... merci. »
« Je t'en prie, Papa. Et bonne chance. »
Harry acquiesça et se perdit dans la foule. Il allait en avoir besoin.
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Le poignet de Draco le brûlait. Son sursaut de surprise aurait renversé son verre de whisky s'il ne l'avait pas complètement vidé un moment plus tôt. Il donna son verre à un étudiant habillé en serveur et remonta sa manche pour regarder le bracelet en argent.
Parfois il se demandait pourquoi ils ne les avaient toujours pas enlevés.
Pavillon était tout ce qu'il y avait marqué. Draco dirigea son regard vers le seul fiasco de la décoration. Scorpius lui avait assuré que ce n'était pas de sa faute. Le pavillon était dans l'angle le plus près des portes principales, couvert de neige et croulant sous plus de lumières et de guirlandes que dans la Classe de Sortilèges. Des oiseaux blancs et rouges voletaient autour en gazouillant, se posant parfois sur les branches d'un buisson de houx.
Draco savait qu'il ne devait pas, mais il marcha quand même jusqu'au monument, évitant amis et connaissances avec un ou deux mots absents.
Potter se tenait seul à l'intérieur, appuyé contre la rambarde, regardant la foule. Draco le rejoignit et il remarqua rapidement Scorpius, qui était assis à côté d'Albus, au milieu d'un groupe d'étudiants plus jeunes. Les cheveux violets de Teddy Lupin étaient bien visibles au milieu de tout ce monde. Albus avait passé son bras autour des épaules de Scorpius. Ils avaient tous les deux l'air immensément heureux.
« C'est super, n'est-ce pas ? » demanda Potter. Draco fut épargné de lui donner une réponse quand la main de Potter se posa sur la sienne et ils entrelacèrent leurs doigts ensemble. Visiblement plus confiant, Potter l'entraina vers le centre du pavillon. Draco leva les yeux et vit que le gui était toujours en place. « Ça n'a pas été très bénéfique pour nous la dernière fois, » commenta-t-il.
« Pas de sortilège maléfique cette fois, » dit Potter en souriant, toujours en tenant la main de Draco. « J'ai vérifié. » Il fit tournoyer sa baguette dans son autre main... et la fit tomber. Il se baissa pour la ramasser et adressa un sourire penaud à Draco.
« Tu es vraiment désespérant. » dit Draco.
« Mais tu m'apprécies quand même, » répliqua Potter en rangeant sa baguette dans sa robe.
« Je suppose, » admit Draco, en se rendant compte qu'il était surement atteint d'une sorte de folie pour se trouver ici avec Harry Potter, une foule de gens et de journalistes juste derrières les portes ouvertes de la structure de bois.
Potter se rapprocha de lui, le regard intense, comme d'habitude, prenant Draco dans ses filets. Leurs souffles se mêlèrent et Draco sentit le champagne, bien que Potter ne fût pas ivre, il ne pouvait pas après l'unique verre que Draco l'avait vu boire. Draco se sentait légèrement pompette, malgré son seul verre de Whisky Pur Feu.
« Nous ne sommes pas obligés de le faire, si tu n'es pas sûr » dit Potter en resserrant sa prise sur la main de Draco. Encore et toujours un Gryffondor.
« Je suis là, non ? » dit Draco sèchement, puis leurs lèvres se touchèrent. Aucun sort ne frappa Draco cette fois, seulement l'ardeur réconfortante de la bouche de Potter et la sensation de son bras se glissant autour de sa taille. Le baiser s'approfondit et Draco sut qu'il y avait des sorts autres que ceux lancés par des baguettes, d'une magie plus importante que celle contenue dans les incantations. Pour la première fois il se sentit perdu dans cette magie, et probablement à sa place, également.
Quand le premier cri étouffé parvint aux oreilles de Draco, il enfoui simplement sa main dans les cheveux de Potter et se rapprocha de lui.
Malgré le drame qui les attendait sans nul doute, Draco savait que tout s'arrangerait à la fin. Il était avec Harry Potter, après tout.
