Chapitre 8

Vent d'Automne


"Le plus terrible dans la beauté n'est pas d'être effrayante, mais d'être mystérieuse." - Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski


Samedi 18 octobre 1890.

Jour 16 depuis le meurtre.

Un vent froid et pénétrant s'était levé sur la campagne anglaise. Depuis déjà le milieu de la nuit, ce dernier imposait sa gouverne empêchant toute température de monter plus haut que quinze degrés. Rien d'inhabituel pour la saison, à laquelle les habitants d'Albion, c'était depuis longtemps acclimaté. Pourtant, cela ne les rendait pas moins maussades de voir que les belles feuilles de l'automne commençaient déjà à laisser place aux pluies bien plus drue et glaciale de l'hiver.

C'est pour ça que dans la maisonnée Phantomhive, tous les habitants s'adaptaient avec regret à ces nouvelles températures. Finny dans ce désagréable début de journée, avait préféré repousser sa tache de jardinier pour l'après-midi. Si bien qu'il profitait encore un peu plus de la chaleur contenue entre les murs de pierre. De même, May Lin jetait de temps en temps des coups d'œils au-dehors pour essayer de prédire derrière ses épaisses lunettes si du givre était à attendre sur les fenêtres, signifiant le commencement de ses tâches ménagères hivernales. De son coté, Bard qui n'avait toujours pas remarqué la chute de température, avait quand même prit la décision d'augmenter sans attendre le pourcentage de plat chaud qu'il devait préparer (où faire exploser) pour la saison froide.

Évidemment, Tanaka buvait toujours son habituel thé. Et Sebastian se retrouvait à Jardiner, dégivré les vitres, et bientôt à cuisinier.

La dispute d'il y a peu, toujours bien présente dans l'esprit commun, commençait malgré tout à cicatriser alors que les deux concernés s'étaient discrètement excusés avec de petits mouvements de tête. Tout ce beau monde avait donc paré doucement à l'ambiance bien sombre du château aveur leurs propres initiatives et résolutions pour tirer au mieux avantage de ce doucereux vent d'Automne.

En fait, dans la grande maison Phantomhive, le seul qui trouvait encore le moyen de ruminer, et de se plaindre était le jeune maître de maison. Malgré la présence tant appréciable de ses serviteurs découper en quatre pour son bonheur, ainsi que l'arrivée tant attendue du week-end et du sacré jour saint (le dimanche) continuait de bouder, râler de mauvaise grâce, alors qu'il devait encore subir ses cours du samedi matin. Et le seul que cela faisait sourire, était évidement Sebastian.

Le jeune adolescent venait presque de s'enfiler quatre heures de torture et quelque enchaînement de violon depuis l'habituelle huit heure tapante, et la médiocrité de ses professeurs ainsi que l'approche du déjeuné le rendait exécrable.

Il serait un euphémisme de dire que le jeune comte attendait impatiemment les informations de la reine pour ce sortir de cette routine tout aussi ennuyante que contraignante. Mais ces dernières semblaient décider à rendre sa vie misérable.

Ce ne fut qu'après le repas de midi, quelque critique gratuite à l'encontre de son majordome (Pour maintenir les bonnes habitudes), de redressement sur sa chaise, et quelques gifles intérieures pour éviter de penser aux cheveux bien trop lisse du démon, que le désert se fit finalement accueillir sur la grande table de chêne accompagné d'une autre enveloppe blanche enfin acheminée par un cochet aussi immaculé que la neige.

"Finalement" maugréa le comte, s'emparant de sa parfaite excuse pour enfin annuler ses cours de l'après-midi et travailler sur l'affaire.

L'enveloppe beaucoup plus épaisse et de taille A4, donnait une sensation bien appréciable dans la main de Ciel, déjà prêt à en dévorer le contenu, pour enfin se sortir de la morosité qui s'était installé.

"Dois-je vous apporter collation et autres goûter pendant la lecture" proposa le majordome.

"Je veux une forêt-noire"

"Très bi…"

"Avec un double amas de chantilly et des fraises"

"Très assurément" Sourit le majordome.

Après un bref hochement de tête le jeune noble armé de son fidèle majordome pour le rassasier en gâteau quand son taux de glucides venait à flancher, commença à décortiquer un part un tous les documents envoyés par la reine.

Enfin, son temps allait être utile.


"Rien!" S'époumona Ciel relevant d'un geste de main furieux sa mèche.

Cela faisait maintenant cinq heures qu'il s'était enfermé dans son bureau avec les informations envoyé par la reine. Et cela faisait donc cinq heures qu'il retournait et retournait encore les papiers rempli de détails sur les bars et la prostitution de rue, sans trouver aucune information qui vaille la peine d'être retenu. Il était vrai que le nom Tigre blanc revenait souvent, avec des explications plus ou moins vague sur le rôle de l'organisation. Mais il n'y avait rien sur comment le trouver, les personnes qui y travaillaient, les fonds qu'ils exploitaient ou tout simplement leurs marchandises.

Furieux Ciel envoya valser la bonne dizaine de papier inutile. Il avait encore perdu du temps, il avait été stupide de compter sur ces informations, c'est-à-dire autre chose que lui-même.

Déjà, il avait dû attendre cette… Chose -Ce n'est meme plus digne d'être appeler une envelope à ce niveau là-, toute la mâtiné, se coltinant en plus de l'histoire un cours de littérature et de physique, qui l'avait fait piper du nez, plus ennuyeux, tu meurs.

Sebastian ne l'avait en plus peu aidé dans ses recherches. À cause d'une autre bêtise des domestiques, il avait dû s'absenter, et cela ne plaisait en rien au jeune maitre.

Le temps qu'il aurait pu gagner en faisant exploiter et travailler son démon lui aurait fait jouir beaucoup plus de répit, de divertissement, et de quelques précieuses minutes à préparer son voyage pour Londres.

Cinq heures de sa déjà courte vie de perdues, s'il n'en était pas si furieux, il en aurait ri.

Maintenant, il n'avait plus de temps à perdre.

Il se leva de son bureau, ses sourcils froncés. Encore une fois, il regarda d'un œil torve les papiers oublier sur le sol. Se dirigeant directement vers la porte qu'il ouvrit sans hésitation. Ses pas le conduisaient directement vers les étages inférieurs du manoir, traversant les pièces sombres qui parsemaient son chemin. Il passa sans détour les portes fermées, ayant pour seul objectif la cuisine où devait se trouver le diable.

Arrivé dans l'aile des domestiques, il hésita un peu avant de continuer de se diriger vers un couloir de droite menant au cartier des domestiques. La cuisine était tout près, il devait avouer qu'il connaissait plutôt bien le chemin. Encore quelques emplacements du manoir et certains greniers lui étaient inconnus, mais là, quand meme: Tout le monde savait trouver la cuisine.

Il finit par ralentir le rythme, il allait bientôt arriver face à son majordome, et étrangement une certaine appréhension le prit au tripe. Une sorte de sensation qu'il ne connaissait pas mais pas in-familière non plus.

"Débile! Débile" maugréât-il dans sa barbe.

Il ne préférait pas juste non plus débarquer de manière trop impromptue. De un, c'était dans sa nature de toujours avoir la classe. Et de deux, il le sentait déjà venir à 4 kilometre. Le diable se moquerait sûrement de lui, avec ses petites mimique détestable.

Il l'imaginait déjà, avec son sourire de coin. Un grand tablier blanc qui le rendait ridicule, par-dessus son frac au comptoir de la cuisine en train de découper des trucs, n'importe quel aliment! Il voyait déjà ses cheveux noirs parfaitement coiffer, qui l'énervait tant aller de pair avec ses yeux grenat malicieux, s'atteler à la tâche. Et surtout, il voyait déjà le regard du majordome changer quand il entrerait dans la pièce, prenant cette teinte rougeâtre qui ne s'adressait qu'a lui, moqueuse et aguichante. Et ses lèvres prenaient ce sourire coquin et espiègle qu'il lui réservait.

Il s'arrêta soudainement, devant la porte, prés à affronter la vision si parfaite.

Mais au contraire, lorsqu'il rentra dans la pièce éclairer, tout était bien à sa place comme il l'avait imaginé. Sauf… son majordome. Absent pour on ne sait quelle raison, et le jeune comte sentit un léger et terrifiant pincement dans son cœur, qu'il ignora aussi royalement que possible.

"Où est-ce qu'il est encore cet abruti !"

"C'est de moi que vous parlez Monsieur ?"

Sentant doucement un souffle chaud derrière son oreille. Un frisson parcouru le corps de Ciel alors qu'il faisait un bon en avant manquant de justesse un petit cri de surprise. Réactif, Il fit quelque pas, avant de se retourner abruptement vers le grand majordome qui avait alors surgit de derrière la porte, pile dans son dos. Il l'avait fait exprès, Ciel savait. Il remonta son regard, le plantant vers le visage tordu de Sebastian par ce rictus si familier. Réservé qu'à Ciel, pour Ciel. Et pire que le pincement, se fut la douce chaleur de plaisir qui lui parcourut le corps, provoquant immédiatement un énervement chez l'adolescent.

"Sebastian! Ne refais jamais ça"

"Oh, mais je ne pourrais m'en passer, c'est tellement drôle de vous voir rougir Bocchan"

"Je ne rougis pas !"

"Oh, si vous rougissez, et si je n'étais pas votre majordome, je dirais même dire que c'est très mignon."

Ciel ouvrit grand la bouche, avant de rougir de plus belle. Sebastian savait très bien que ce mot lui donnait de l'urticaire. En plus, il avait seize ans, quoi ? Et ce n'était pas la peine de le qualifier d'adjectif d'enfant qu'il savait être faux en plus.

"N'importe quoi, tu racontes vraiment des conneries Sebastian ! On croirait que les rubans qu'Elizabeth te met te sont monté à la tête !"

"Car je vous qualifie de mignon ? je trouve au contraire que parmi toutes les inepties que dit votre cousine c'est la seule qui soit à peu près juste."

"Arrête de faire l'imbécile, mignon n'est sûrement pas un adjectif pour moi. S'exclama-t-il, vexer comme un pou. Je sais très bien que ton seul objectif est de m'humilier."

"Voyons Bocchan" reprit le majordome, amenant sa main à son visage faussement choqué. "Moi? Vous humilier, mais je suis le majordome de la famille Phantomhive voyons. Jamais cela n'arrivera. Et puis, ne vous inquiétez pas, il y a tellement d'autre synonyme, que je suis sûr que mademoiselle Elizabeth trouverait à son goût"

"Et ils seraient tous faux"

"Pas forcément, c'est sûr que si on va vers Mignon du côté adorable, vous ne remplissez certes pas les caractéristiques, mais du côté de beau, je suis sûr de trouver énormément d'attribut pour vous décrire, vous voulez une liste."

"Ah non, surtout pas ! Et je t'interdis d'en faire une, sinon je te la fais bouffer !"

"Si c'est une manière de me demander de l'apprendre par cœur, je suis sûr que je n'aurai pas de problème de ce côté-là."

"Ne joue pas avec les mots !"

"Mais bocchan voyons, ne soyez pas en colère, il y a déjà si peau d'adjectif mélioratif pour vous décrire, que vous ne devriez pas refuser ceux qu'on vous propose."

"De quel droit me juges-tu ! Personne n'à me dire quels sont mes qualités ou mes défauts"

"En tant que majordome, je me dois de remarquer ce qu'il ne va pas, et il est de mon devoir de vous mettre sur la bonne voix ! En commençant sans doute par votre amabilité, car il me semble qu'il y a pas mal de lacune de ce côté-là…"

"On ne commencera par rien du tout, tu n'es pas mon père Sebastian ! Tu n'as pas besoin de m'éduquer, et attends, nous ne parlons même pas de besoin. Je refuse que tu prennes cet air supérieur. Tu me dois un minimum de respect et si je suis descendu, c'est pour te dire de préparer le fiacre, nous partons pour Londres maintenant, nous avons perdu trop de temps à déblatérer !"

"Et les informations de la reine ?" S'enquit le majordome soudainement plus sérieux.

"Inutile, on aurait pu très bien rechercher les informations nous-mêmes ça aurait été plus efficace, dépêches-toi Sebastian, on n'a pas toute la nuit. Au cas où que tu trouves des choses à redire, c'est un ordre."

En 15 minutes, le fiacre fut près, et Sebastian installa son maître dedans, du moins il essaya. Le comte frappa sa main d'un air hautain avant de s'assoir tout seul dans le carosse. et le demon regretta un instant, que le jeune homme ne veule pas monter dans ses bras version princesse, il trouvait toujours cela très amusant.

L'horloge tendait sur 17h et le compte était particulièrement de mauvaise humeur quand il dit au revoir au autres domestique, venu leur souhaiter bonne route. Le voyage allait être long.

"Je veux que nous étudiions dés ce soir les différentes options que l'on a au sujet du tigre Blanc"

Claqua-t-il à peine rentrer dans le carrosse.

Mon Diable, l'odeur de son Bocchan avait se délicieux coté corser quand il était énervé.

"Pourrais-je malgré tout jeter un coup d'œil aux informations de la reine, il se peut qu'elle décèle…"

Ciel le fusilla du regard "Tu me crois si incompétent que ça ! Je les ai étudiées près de cinq heures, il n'y a rien ! Et pour celle qui pourrait nous donner une piste, elles sont incomplètes." Aboya-t-il.

"Laissez-moi aux moins les lires pour que je sois au même niveau que vous, il ne faudrait pas malgré tout pas passé par-dessus une information, même infirme"

Ciel grommela, et il se résigna de mauvais gré. Car oui, Sebastian avait évidemment raison. Il avait toujours raison. Et lui agissait bien trop comme un enfant, le majordome le manipulait bien trop aisément.

"Elles sont dans la sacoche" Indiqua-t-il de la tête, pointant l'un des bagages à l'arrière, sourcil froncé.

"Je reviens tout de suite monsieur."

Il ouvrit alors la porte de la calèche en marche, disparu un instant puis réapparu presque aussitôt avec les liasses de papiers dans les mains.

"Pendant que j'étudie ça vous feriez mieux de dormir Bocchan, si vous comptez vraiment veiller ce soir, on ne peut se permettre que vous soyez dans l'incapacité de tenir debout."

Il sera les dents d'une colère plus contenue.

"Je tiendrais parfaitement."

"Bocchan, le temps est moche dehors, la route est longue, et vous n'avez absolument rien à faire. Alors partez de principe que vous n'avez rien à perdre à vous endormir -à par de bonnes heures d'ennui-."

Ciel hésita et malgré sa mauvaise grâce hocha la tête. Ses résolutions d'être plus adulte le reprenant de répliquer et de voir les lèvres de Sebastian répliquer une autres phrase à la logique parfaite, qu'il avait surement preparer bien longtemps à l'avance.

Donc, Il se plaça dans la position la plus adéquate sur la banquette arrière appuyée sur la vitre froide, et essaya de fermer les yeux.

Sans succès. En meme temps, qu'elle idée. La caleche bougeait dans tous les senses, la banquette n'etait pas douce et le vent froid qui avait envahi la calèche l'empêchait de fermer les yeux.

Un morceau de tissu finit par le recouvrir.

"Qu'est-ce que.."

Le poussant légèrement, il comprit bien vite que c'était le frac de son majordome.

"Ce ne sont pas vos draps de soi, mais cela devrait faire l'affaire bocchan, essayer de dormir." Lui annonça le démon d'une voix plus douce que Ciel aurait voulu l'entendre, rendant étrangement la banquette plus agréable, la route moins rocailleuse et le vent moins penetrant sous cet énorme morceau de tissus.

Ciel hocha la tête, et s'enroula dedans repoussant sa mauvaise grace. Ce n'étaient peut-être pas ses draps de sois, mais cela avait l'odeur enivrante de Sebastian, n'y gagnait-il pas au change ?"