Notes : La plupart des scènes se déroulent au cours du tome 7, que j'ai finalement pris en compte ici. Rien ne situe très précisément l'action mais si vous avez lu le dernier tome, certains indices devraient vous permettre de comprendre…bonne lecture !
Partie VIII : La fin des Sœurs
Le cœur découpé en morceaux par les ciseaux du destin.
Des petits morceaux saignants de cœur qui saigne.
Des ciseaux affûtés par des années de chance absente.
¤o¤°¤o¤°¤ Narcissa –An empty house is not a home ¤o¤°¤o¤°
Cela faisait des heures que Narcissa traînait dans le manoir, longeait les murs, fixait sans le voir –sans même le reconnaître- le tas harmonieux des objets qui comblaient par le luxe le vide immense de la maison. Sa maison. Celle qu'elle avait bien voulu faire pour son fils. A la pensée de son cher garçon, elle pâlit encore, au bord de la nausée. Elle ne comprenait pas. Qu'avait-elle fait pour mériter tant de cruauté ? La douleur était si vive dans son âme que plus rien n'arrivait à l'en détourner, pas même la magie. Pas même l'alcool. Chancelante, elle s'agrippa à un meuble et se laissa lentement glisser jusqu'au sol. Elle voulait voir son fils. Tout de suite ! Tout de suite ! Elle criait, pleurait, suppliait. Mais qui aurait put lui répondre ? La maison était vide. Les Elfes avaient trop peur d'elle pour oser s'approcher. Son mari était à Askaban. Et son fils…Son fils était à Poudlard, seul aussi au milieu de la multitude innocente des jeunes élèves insouciants et des professeurs croyant à la sécurité fournie par les épais murs du château. Mais aucun mur n'était trop épais pour Lui, elle le savait maintenant…Même le mur que son amour débordant de mère avait créé autour de son unique enfant avait été détruit aussi vite et facilement qu'un Seigneur prononce une sentence de mort à l'encontre d'un des ses sujets. Une simple phrase murmurée, un ordre donné tout bas, et son fils –un tout petit garçon encore- regardait pour la première fois les yeux de la mort en face…
OoOoO
Plus tard, Narcissa se réveilla dans son lit. Un elfe avait du attendre qu'elle s'endorme de chagrin et d'alcool pour la monter ici et la coucher…Lentement, elle se redressa. Elle avait crut tout d'abord qu'on avait fermé les volets pour que la lumière du jour ne la réveille pas mais ceux-ci étaient ouverts et il faisait nuit. La lune et les étoiles déversaient leur faible lueur dans la chambre et lui donnaient un aspect irréel. C'était si beau…Mais il faisait chaud, elle étouffait, alors elle se leva et ouvrit en grand la large fenêtre.
-Tu es réveillée ?
Narcissa laissa lui échapper un petit cri de frayeur et de surprise et se retourna vivement vers l'angle de la chambre d'où avait surgit la voix. Ce n'était que sa sœur, assise dans le fauteuil de son mari et que la pénombre lui avait d'abord caché. Elle se rassit sur le lit et écouta son cœur se calmer, sans prendre la peine de répondre. De toute évidence, oui, elle était réveillée. Et elle avait mal à la tête. Elle avait chaud. Etait en colère. Triste. Elle ne voulait voir personne.
-Cissy, commença sa sœur, ton fils a besoin de ton soutien, pas de tes pleurs. Il faut que tu sois plus forte !
Narcissa grimaça : la voix de Bellatrix transpirait de mépris. Ainsi elle n'était venue que pour lui faire la morale ? Dans sa propre maison ? Qu'elle aille au diable !
-Cissy, s'il te plaît…
Mais il ne lui plaisait pas du tout.
Pas du tout.
Pourtant…
Pourtant, oui, les paroles de sa sœur n'étaient pas fausses…Son fils avait besoin de soutien. Il pouvait y arriver, il pouvait faire ce que les Seigneur des Ténèbres lui avait ordonné de faire, mais il aurait besoin d'aide…Il aurait besoin qu'on l'encourage, qu'on croit en lui. Et si cela tournait mal, s'il échouait…Il fallait envisager cette éventualité et trouver une solution. Jamais elle ne laisserait quiconque toucher à son enfant. Mais comment faire pour le protéger seule dans ce monde hostile ? Elle ne pouvait compter sur personne…
A moins que…
Un nom en particulier s'agença au milieux de ses pensées pour former un plan presque cohérent.
Severus.
Oui, Severus Rogue.
Parfait.
Elle se leva, se changea et se coiffa d'un seul coup de baguette magique, presque joyeuse dans sa détermination.
-Tu m'accompagnes, Bella chérie?demanda-t-elle en observant son reflet dans le grand miroir de la chambre. J'ai une requête à présenter à un ami de toute urgence…
OoOoO
Tout se passa très vite et très lentement. Mais tout se passa.
Narcissa aurait aimé –aurait tout donné pour- qu'elle n'ait qu'à fermer les yeux bien fort un moment pour qu'aucune tristesse, aucune honte, aucune peine ne l'effleure. Si cela avait été possible, elle aurait serré son fils contre son cœur et pris son mari par la main et tous les trois aurait quitté ce monde cruel jusqu'à ce que le soleil reprenne possession de l'avenir et illumine le présent. Mais, précisément, ce n'était pas possible. Et il fallait constamment se prendre en pleine gueule tout le pire : la peur, la souffrance, la honte, la peur…Encore et toujours. Sans aucune issue de secours.
Pourtant, après des mois et des mois de peur et de solitude, ils y avaient cru. Elle y avait cru. Dumbledore était mort. Enfin mort. Pas de la main de Drago, certes, mais il était bel et bien fini ! Narcissa ne tirait aucune joie de ce décès mais personne ne pouvait la blâmer d'en tirer beaucoup d'espoir : la volonté du Maître était satisfaite, sa clémence suivrait peut-être…Mais, bien sûr, le Seigneur des Ténèbres n'était jamais clément…Et après la peur venait la peur. Après la solitude venait la honte partagée.
« Pas de volontaire ? Voyons voire…Lucius, je ne vois aucune raison pour que tu gardes ta baguette.
-Seigneur ?
-Ta baguette, Lucius. Je te demande ta baguette.
-Je… »
Chaque jour, l'humiliation semblait être à son apogée mais c'était toujours pire le lendemain -fatalement pire.
« Drago ! Si t'as besoin d'argent de poche, contacte ta cousine, elle va bientôt mettre bas à une portée de louveteaux et je pense qu'elle aura besoin d'une baby-sitter ! »
Dans sa propre maison ! Son fils réduit en esclave. Son mari traité comme un chien. Sa propre dignité en lambeaux ensanglantés qui se détachent un à un à chaque nouveau coup.
« On t'aurait bien dit de nous accompagner mais comme tu n'as même pas de baguette magique, tu risquerais d'être un poids pour nous, Lucius …Au fait, tu sais où on va ? Torturer ta belle-sœur…Si on trouve son sang-de-bourbe de mari, on lui fera aussi la peau, au passage. Personnellement, je pense qu'une femme qui a épousé un monstre pareil mérite d'être tué aussi mais bon…Au lieu de gâcher tant de sang pur, on va plutôt essayer de la faire entrer dans le droit chemin… Et puis, au pire, personne nous en voudra si on la tue par accident! »
Andromeda avait finalement survécu mais, au fond, ce n'était même pas une victoire. Au moins, si elle avait été tué par Axley ou Dolohov, Narcissa aurait eu une peur de moins. La peur de voir sa sœur, Bellatrix Lestrange, tuer sa sœur, Andromeda Tonks, ou bien encore la fille de celle-ci -sa nièce, donc- Nymphadora Lupin. Car cela ne faisait aucun doute : si l'occasion se présentait, Bellatrix la saisirait. Et rien que d'y penser, Narcissa avait envie de vomir. Et, plus que tout, elle avait envie de s'enterrer dans un coin en attendant que ce cauchemar se finisse enfin. Une seule parole la gardait encore en vie : « Cela aussi passera. », et il fallait y croire car il n'y avait plus que ça pour y accrocher ses ongles et ne pas plonger dans la folie.
OoOoO
Cela aussi passa. Cela passa à la fois très vite et très lentement. C'était comme un rêve et, pourtant, c'était la réalité.
« Il est mort ! ».
Une phrase, une simple phrase de trois mots. Difficile de faire plus simple : sujet, verbe, complément. Difficile de dire mieux : le Seigneur des Ténèbres n'attendait que cette réponse, aurait donné n'importe quoi pour entendre ces mots…Mais c'était un mensonge. Harry Potter était vivant, une fois de plus. Oui, Narcissa Malfoy venait de trahir. Mais qui trahissait-elle ? Sa vie ne lui appartenait pas et elle appartenait encore moins à ce monstre et à ses partisans avides de sang. Sa vie appartenait à son fils aimé et elle aurait mentit mieux, tué plus, fait n'importe quoi pour le protéger. Oui, Narcissa Malfoy venait de se venger. Mais ce n'était pas seulement son honneur bafoué qu'elle vengeait : elle vengeait celui de son mari et celui de son fils. Elle vengeait l'enfance arrachée à Drago. Elle vengeait ses sœurs -oui, ses sœurs-, toutes deux rongées par le même poison. Elle vengeait l'innocence vendue de sa mère. Elle vengeait le cœur prit à son père. Elle vengeait son beau-frère mort. Elle vengeait Evan Rosier mort. Elle vengeait Maëva Flint de sa propre monstruosité…Elle vengeait tout se qui s'était détruit à jamais dans l'espoir de protéger ce qui comptait le plus à ses yeux et à son cœur.
Et cela aussi passa.
¤o¤°¤o¤°¤ Bellatrix –the last laugh of a bitch ¤o¤°¤o¤°
D'abord, la honte.
Puis, la rage.
Enfin, la haine.
C'était comme si les Ténèbres prenaient chaque jour un peu plus de son âme et la plongeaient plus profondément dans l'obscurité.
La honte. La rage. La haine.
Ces hideux personnages avaient mangé son cœur et fêtaient sa mort autour des restes, comme une bande de charognards hystériques. Quand elle fermait les yeux, Bellatrix les entendaient chanter et danser dans sa poitrine. La farandole machiavélique suivait toujours le même ordre : d'abord, la honte ; puis, la rage ; enfin, la haine. A l'infini…
Même en remontant plus loin, en fouillant du côté du passé, c'était comme ça : la honte, la rage, la haine. Et plus le temps passait, plus le futur était ramené au présent, plus la haine prenait le dessus. Une haine engendrée par une rage démente qui prenait chaque jour un peu plus le contrôle de son corps et de son âme et finirait bientôt par avoir tout pouvoir sur chaque parcelle de son être…
Oh, oui, elle les haïssait de tout son être ! Et elle se haïssait elle-même ! De ne pas être assez forte pour offrir à son Maître le monde dont il rêvait. D'être si sale, si malade de cette famille qui la gangrenait…
Alors elle usait de sortilèges impardonnables comme d'autres usent de l'alcool. Elle plongeait dans la Magie Noire comme d'autres se jettent d'un pont. Et la magie se nourrissait de sa haine sans l'épuiser, la rendant même chaque jour démesurément plus puissante.
Elle tuait toujours plus, torturait avec toujours plus de sadisme…Mais jamais sa haine n'était rassasiée. Jamais elle ne connaîtrait le repos. Elle haïssait même les morts ! Elle aurait voulu les faire souffrir plus avant de les tuer car, dans son sommeil, il lui semblait parfois qu'ils se moquaient d'elle, qu'ils lui murmuraient que c'était eux –au fond- qui avaient gagné… Et quand, dans ses rêves, elle se voyait seule avec son Maître sur une montagne de cadavres, ce n'était même pas le bonheur ou la paix. Car, riaient les cadavres, le bonheur est interdit aux damnés…
Et, alors qu'elle-même riait pour la dernière fois de ce rire sans joie, les morts se jetèrent sur elle pour l'arracher à la vie. Ils n'eurent pas besoin de se venger ; en quittant son corps, Bellatrix comprit qu'elle avait tant mutilé son âme que ce qui l'attendait serait pire que l'enfer.
¤o¤°¤o¤°¤ Andromeda –The silence of dawn ¤o¤°¤o¤°
Adelaide Parslow s'alluma une troisième cigarette et Eleanor lui lança un regard exaspéré. Ses yeux disaient « Tu n'as rien à faire de plus constructif que d'enfumer la cuisine ? » mais il n'y avait rien à répondre à cela alors Adelaide se mit à tirer sur sa cigarette comme si rien n'était, le regard vide posé sur le mur qui lui faisait face. Le regard d'Eleanor finit par s'adoucir et se repositionna finalement sur Andromeda. Celle-ci ne regardait absolument rien, pas même le mur. Ses grands yeux semblaient morts, sa peau était aussi blanche que celle d'un cadavre. Sauf qu'Andromeda était vivante. Oh, oui, elle était belle et bien vivante. Son mari, sa fille, son beau-fils, sa sœur et tant d'autres étaient morts mais, elle, elle était vivante. Insolemment vivante. Et il n'y avait rien à redire à cela, tout s'était passé ainsi que cela devait être. Et personne ne disait rien dans la cuisine. Personne ne criait. Personne ne pleurait. C'était le silence blanc et vide qui s'écarte du temps et de la vie.
Heureusement, bientôt, un bébé pleurerait. Un bébé crierait. Un bébé qui aurait faim de nourriture et de vie. Car, pour lui, ce moment de silence n'était que celui qui accompagne l'aube.
FiN
Ca y est, c'est la fin… !
Un énorme merci à tous ceux qui m'ont encouragé au cours de cette fic et notamment aux revieweurs du chapitre précédent que je n'ai pas encore eu l'occasion de remercier. Un énorme merci aussi à tous ceux qui ont lu jusqu'au bout « Trois sœurs dans les Ténèbres »…
Si vous avez une minute de plus à m'accorder, j'aimerai beaucoup avoir votre avis sur cette histoire, mon écriture, etc….
Merci encore de tout cœur!
Licorne
