Je suis désolée pour l'attente, j'ai été prise dans les fêtes et mes exams en janvier.

J'espère que ce chapitre vous plaira !


Chapitre 9

Arthur s'était réfugié sur le toit, et, assis par terre, la tête dans les bras, il soupira. Rien n'allait comme il le voulait, ces deux derniers jours étaient un désastre total.

Il sursauta lorsqu'il entendit quelqu'un s'asseoir près de lui, et releva la tête, avant de soupirer à nouveau.

- Qu'est-ce qu'il ya, Merlin, tu viens vérifier si je suis ensorcelé ?

- Non, Merlin haussa les épaules. Je viens voir si vous allez bien.

- Je n'ai jamais été aussi bien, railla Arthur et Merlin leva les yeux au ciel.

- Gwen va s'en remettre, vous savez. Elle a simplement été surprise, et vous ne pouvez pas vraiment la blâmer, mais… Elle va vite voir que Morgana ne vous a rien fait.

Merlin haussa les épaules, tous les deux conscients que même si Gwen cessait de croire à un sortilège, cela ne rendrait en rien les choses plus faciles.

-Vous êtes sûr, au moins ? Merlin finit par demander, et Arthur se tourna vers lui.

- Quoi ?

- Vous êtes sûr de ne plus l'aimer ? Que ce n'est pas quelque chose que vous pouvez surmonter ? Vous l'avez aimée, et…

- Bon sang, Merlin, je pense que je suis quand même capable de savoir ce que je ressens !

- Bon très bien, répliqua sèchement Merlin, je voulais seulement aider, histoire que vous ne veniez pas à regretter votre décision, mais si vous le prenez comme ça…

Merlin se leva et tourna les talons, laissant Arthur se maudire.

Après avoir levé les yeux au ciel face à sa propre stupidité et à celle de Merlin, Arthur finit par se lever et entreprit de trouver Gwaine. Il avait besoin de parler à quelqu'un, et même si l'idée de se confier à son chevalier ne l'enchantait pas, il n'avait pas vraiment d'autre choix.


Arthur coinça alors Gwaine dans l'armurerie, où personne ne viendrait les déranger.

- Est-ce que c'est à propos de votre rupture avec Gwen ? Gwaine demanda en croquant dans une pomme, et Arthur ouvrit de grands yeux.

- Vous êtes déjà au courant ?

- J'étais avec Elyan lorsqu'elle le lui a dit.

- Est-ce qu'elle va bien ? Arthur ne put s'empêcher de demander, se mordant la lèvre.

Gwaine ne répondit pas pendant plusieurs secondes, avant de déglutir et de répondre.

- Et donc, de quoi vous vouliez me parler ? Demanda-t-il innocemment, et Arthur soupira, comprenant plus que bien le sous -entendu.

Il n'avait jamais voulu blesser Gwen, ce n'était pas son intention, et il espérait qu'elle pourrait le pardonner.

- Eh bien, c'est par rapport à Gwen justement. Enfin, plutôt Merlin. Et hum…

Arthur bafouillait, cherchant un moyen d'expliquer la situation, mais Gwaine le fixait en plissant les yeux, ce qui ne l'aidait pas.

- Je suis allé dans le futur. Enfin je crois. Morgana dit que c'était un rêve dû à un sort, mais je crois que…

- Vous avez parlé de… peu importe ce que c'est à Morgana ? Le coupa Gwaine, interloqué.

- Quoi ? Non, enfin, ne soyez pas stupide, c'est simplement elle qui a… Oh, mais vous ne comprenez rien !

- Essayez d'être un peu plus clair, ça pourrait aider, railla Gwaine, et Arthur le fusilla des yeux.

- Bon, très bien. Il y a deux jours, je me suis endormi comme tous les soirs, et je me suis réveillé dans le futur. Enfin, en tout cas, c'est ce que vous m'avez dit.

- Moi ? Vous avez rencontré mon futur moi ? Comment je suis, toujours aussi beau ?

- Toujours aussi insupportable, en tout cas. Enfin bref, le fait est que vous avez dit que j'étais sept ans dans le futur, et vous le saviez parce que mon futur-moi avait fait le même voyage et vous en avez parlé –Dieu seul sait pourquoi.

- Je vous signale que vous êtes en train de faire exactement la même chose que lui, signala Gwaine, ce qui lui valut un autre regard noir.

- Dans le futur, je n'étais plus marié à Gwen. Mais j'étais tout de même marié.

- A qui ? Demanda Gwaine en croquant un autre morceau de pomme.

Arthur inspira profondément, avant de pointer un doigt à la figure du chevalier.

- Je veux que vous me juriez de n'en parler à personne, et de n'utiliser ces informations pour m'humilier sous aucun prétexte, est-ce clair ?

- Oh, princesse, votre confiance me touche, railla Gwaine en plaçant une main sur son cœur.

- Jurez, répéta Arthur d'une voix menaçante.

- Je le jure.

Le chevalier leva les yeux au ciel et le roi retira son doigt de sous son nez.

- Merlin, grogna-t-il.

- Pardon, j'ai pas bien entendu.

- Merlin, j'ai dit !

Les yeux de Gwaine s'agrandirent brièvement avant qu'il n'explose de rire.

- Ah ben comme quoi, il y a toujours de l'espoir !

- Pardon ?

- Laissez-moi deviner, vous voir marié à Merlin vous a ouvert les yeux et vous avez quitté Gwen ce matin parce que vous ne l'aimez plus, puisque vous aimez Merlin, c'est ça ?

- Il n'y a pas de quoi être aussi fier, grogna Arthur en levant les yeux au ciel.

- Franchement, j'ai cru que vous ne vous en rendriez jamais compte ! Ca fait des années que je le dis, attendez un peu que je l'apprenne aux autres, ils vont…

- Ah non, hein ! Vous n'avez pas intérêt à le dire à qui que ce soit, est-ce que c'est bien clair ?

- Pourquoi pas ? Oh… Vous n'avez rien dit à Merlin, n'est-ce pas ? Evidemment, j'ai placé mes espoirs en vous un peu trop haut. Ne vous inquiétez pas, Sire, j'ai la situation en main ! D'ici deux semaines, je vous assure que notre petit Merlin vous aura sauté dessus et..

- Bon ça va, on a compris !

Gwaine lui sourit à pleine dents avant d'ajouter :

- Au fait, c'est quoi le rapport avec Morgana ?

- Quand je me suis réveillé après que Merlin m'ait renvoyé dans le présent, j'étais dans sa hutte. Ce qui est étrange, d'ailleurs, je pensais que je reviendrais au moment où je suis parti. Elle a dit qu'elle m'avait lancé un sort pour me forcer à rêver de mon plus grand désir. Je ne sais pas ce qu'elle a réellement fait ou non, mais ce qui est sûr, c'est qu'elle sait pour Merlin.

Arthur soupira, et Gwaine inspira profondément avant de poser une main sur son épaule. Comprenant le message, Arthur hocha la tête avant de quitter la pièce, ayant à faire. Même s'il savait qu'il venait de se condamner à une éternité de moqueries et de tortures, il savait aussi qu'il n'y avait personne qui ferait plus pour Merlin que Gwaine –hormis lui-même – et que le chevalier l'aiderait à affronter Morgana.


Quelques heures plus tard, Arthur rejoint sa chambre, fatigué. La rumeur de sa rupture avec Gwen s'était propagée, et même s'il n'avait pas revu la jeune femme depuis le matin, il était forcé d'y penser à chaque fois que quelqu'un le regardait d'un air étrange, jugeant et jaugeant la décision de leur roi. Des jours pénibles étaient à venir, et il le savait. Il allait devoir s'expliquer, non seulement auprès de Gwen mais auprès de ses conseillers.

Merlin était en train de ranger des affaires dans l'armoire lorsqu'Arthur entra dans la pièce, et le sorcier lui sourit.

- Vous avez besoin de quelque chose ?

Arthur résista à l'envie de lever au ciel face au vouvoiement, et finit par en avoir assez. Il détestait entendre ces mots sortir de la bouche de Merlin, et il savait que cela ne s'arrangerait pas.

- Non. Mais si tu pouvais faire quelque chose pour moi…

- Bien sûr, quoi ? Demanda Merlin, bien plus agréable que d'habitude, et Arthur savait qu'il essayait de le ménager suite à sa rupture avec Gwen.

- Je veux que tu arrêtes de me vouvoyer.

Merlin ne s'était pas attendu à cela, et lui fit face, fronçant les sourcils.

- Quoi ?

- Je veux que tu arrêtes de me vouvoyer.

- Pourquoi ?

- Parce que. Je suis le roi, et tu fais ce que je te dis.

Merlin avait envie d'insister, Arthur en était persuadé. Mais lorsqu'il le regarda d'un air un peu triste, lui rappelant qu'il venait de se séparer de sa femme, le sorcier soupira et acquiesça. Le roi afficha un grand sourire dès que Merlin lui tourna le dos.

- J'ai un conseil, dit Arthur. Tu n'as qu'à continuer à ranger l'armoire, et ensuite tu pourras ranger ma chambre !

Il entendit Merlin murmurer une insulte, et quitta la chambre en souriant.


Arthur se rendait à la salle du trone lorsqu'une secousse se fit sentir. Il perdit son équilibre et manqua de tomber, mais parvint à s'appuyer sur le mur pour se maintenir. Fronçant les sourcils, il se dépêcha de se rendre à la salle du trône, non sans subir deux autres petites secousses avant d'y arriver. Léon lui sauta dessus à peine arrivé.

- Sire, vous allez bien ?

Arthur hocha la tête et demanda s'il savait ce qu'il se passait.

- C'est un tremblement de terre, Sire, répondit le chevalier, tentant de masquer la peur sur son visage.

Arthur déglutit. Il n'avait jamais connu de tremblement de terre, mais il savait ce qu'il s'était passé la dernière fois que cela s'était produit. Camelot avait été presque entièrement détruit. Alors qu'il s'apprêtait à répondre, une nouvelle secousse, plus violente, le propulsa à terre, et il dut rouler pour éviter le lustre qui venait de se décrocher.

Alors qu'il se précipitait vers la porte pour voir les dégâts de l'autre côté et savoir s'il y avait des blessés, Léon l'en empêcha.

- Non, Sire, vous ne pouvez pas sortir ! La salle du trône est la mieux protégée contre ce genre d'évènements, c'est ici que vous serez le plus en sécurité !

Arthur déglutit à nouveau. Il n'avait aucune intention de se cacher ici pendant que son peuple se faisait décimer. Il s'apprêtait à dire le fond de sa pensée à Léon lorsqu'il autre secousse se fit sentir, et il changea d'avis.

- Si la salle du trône est la mieux protégée, quels sont les endroits du château où les gens seront le plus en danger ?

Léon sembla réfléchir un instant avant de répondre.

- Toutes les pièces qui sont en hauteur, Sire. Notamment vos quartiers.

- Mes quart… Merlin ! S'exclama Arthur en se rappelant que son serviteur se trouvait justement dans sa chambre.

Il poussa Léon sur le côté et se rua vers la porte.

- Sire, non ! Vous ne pouvez pas…

- Je suis le roi, Léon, et vous n'avez pas à me dire ce que je peux et ne peux pas faire !

Arthur sortit de la pièce avant que le chevalier n'ait pu répondre, et se précipita vers les escaliers. Il était hors de question qu'il reste sagement assis pendant que Merlin se trouvait dans la pièce la plus dangereuse du château. Alors qu'il montait les marches, les secousses se firent de plus en plus violentes et rapprochées, si bien qu'il n'y avait pratiquement plus de pause entre elles. Arthur entendait des cris, mais il ne pouvait pas se permettre de faire demi-tour, il fallait qu'il trouve Merlin et s'assure qu'il allait bien. Il continua à monter tout en évitant les lustres et autres objets qui tombaient du plafond, et il ouvrit de grands yeux en remarquant des fissures naissantes sur le plafond. Si les choses continuaient ainsi, une partie du château risquait de s'effondrer.

Il atteignit enfin le bon palier, et courut en direction de sa chambre, lorsqu'il entendit quelqu'un hurler son nom et fut soudainement projeté au sol. Il se releva et réalisa que c'était Merlin qui l'avait poussé, pour éviter qu'il ne se fasse écraser par l'une des colonnes qui soutenait le plafond.

- Merlin ! Tu vas bien ?

- Qu'est-ce que vous faites là ? Je croyais que vous étiez dans la salle du trône.

- Je suis venu te chercher, répondit Arthur en se relevant, sans relever le vouvoiement, il n'avait pas le temps pour ce genre de choses.

Il saisit Merlin par le bras, le forçant à se relever lui aussi, ignorant ses « quoi ? ». Il l'entraina vers les escaliers, mais ils furent obligés de faire demi-tour lorsqu'une partie du plafond s'effondra devant eux. Arthur jura et, sans lâcher le bras de Merlin, se rua vers les autres escaliers, qui, par miracle, tenaient encore debout. Ils descendirent aussi vite que possible, manquant de tomber plusieurs fois. Arthur savait qu'ils n'auraient pas le temps de rejoindre la salle du trône, et Merlin pouvait le lire sur son visage. Le roi ne savait plus où aller lorsque Merlin reprit les choses en main et se mit à courir, le tirant avec lui.

- Merlin, où est- ce qu'on va ?

Arthur n'obtint pas de réponse, et se contenta de suivre Merlin en tentant de ne pas se faire assommer. Ils atteignirent une espèce de grotte cachée dans le château, et Arthur fronça les sourcils. Il n'avait jamais vu cette partie de son château avant.

- Qu'est-ce que…

Il n'eut pas le temps de finir, Merlin l'ayant poussé vers les escaliers qui menaient à l'intérieur de la grotte. Une fois en bas, il faisait sombre mais Arthur pouvait distinguer un précipice.

Ils furent à nouveau secoués et se laissèrent tomber au sol.

- Où est-ce qu'on est ? Insista Arthur.

- Je ne crois pas que ce soit vraiment important, Arthur, répondit Merlin en l'entrainant dans un coin qui semblait un peu plus sûr.

Arthur laissa tomber et déglutit. Les secousses étaient toujours aussi violentes, et il s'inquiétait de l'état dans lequel il allait retrouver son château –s'il sortait d'ici vivant. Ce tremblement de terre soudain lui paraissait tout de même étrange, il n'y en avait pas eu depuis plus de trente ans. Il ne put s'empêcher de se demander s'il n'avait pas pu être créé par la magie.

- Est-ce que tu crois que ça pourrait être Morgana ?

Merlin se tourna vers lui en fronçant les sourcils.

- Quoi ?

- Le tremblement de terre. Est-ce que Morgana aurait pu le provoquer ?

- Je ne pense pas, répondit Merlin en secouant la tête. Elle n'est pas assez puissante pour ça.

- Elle est déjà assez puissante si tu me demandes mon avis, grommela Arthur, qui reçut en retour un regard noir de la part de Merlin.

- Je pense que la magie n'a rien à voir là dedans, soupira Merlin, avant d'ajouter, malheureusement.

- Pourquoi malheureusement ?

- Parce que si cela avait été magique, on aurait pu l'arrêter. Mais il n'y a rien à faire contre les évènements naturels.

Arthur déglutit. Il avait plus ou moins espéré que Merlin utiliserait la magie pour les sauver, mais si même lui ne pouvait rien faire, alors il n'y avait plus d'espoir. Le château allait être à moitié détruit, et les gens allaient mourir. Peut-être des chevaliers, Gaius, ou Gwen.

En tant que roi, Arthur s'empêchait de reconnaître qu'il avait peur, dans toutes sortes d'occasions. Mais lorsqu'il sentit une autre secousse, il ne put s'empêcher de l'avouer, ne serait-ce qu'à lui-même. Il avait peur. Sans réfléchir, il saisit la main de Merlin, s'y accrochant fermement pour se réconforter, et il ne put s'empêcher d'avoir une montée d'espoir lorsque Merlin serra sa main en retour.

Quoi qu'il arrive, Merlin serait à ses côtés jusqu'à la fin, et il le savait. Arthur inspira profondément et ouvrit la bouche, prêt à avouer tout ce qu'il avait sur le cœur ou presque, prêt à avouer ses sentiments, lorsque Merlin parla au même moment.

- Merlin…

- Arthur, il y a quelque chose que…

Les deux se turent, voulant laisser la parole à l'autre, jusqu'à ce qu'Arthur fasse signe à Merlin de parler en premier, attendant anxieusement de voir ce qu'il allait se passer.