La soirée où Chase s'était rendu chez Cameron, House avait arpenté les rues au hasard, malgré sa jambe qui le faisait soufrir. Il n'y avait pas beaucoup de passants si ce n'est un ou deux petits groupes de personnes planant toujours sur l'euphorie que tout soit enfin fini.
House ne ressentait aucune joie par rapport à cette victoire. D'abord parce que cette guerre lui avait injustement prit Wilson. La mort de son ami lui avait laissé un trou acide dans l'estomac. Comment pourrait-il se réjouir de chose si futile que la victoire si Jimminy Criquet n'était pas là avec lui pour la célébrer ? Dans les délires des derniers jours, même si son œil de médecin avait tout de suite su que James était foutu, il avait imaginé que ce serait ensemble qu'ils seraient revenus et qu'ils auraient rejoins leur femmes de leur vie. Ensuite parce qu'il se sentait toujours en chute libre, dû au faite qu'il n'avait toujours pas revu celle qui justement faisait battre bien malgré lui son cœur. Cuddy. Des idées folles lui venaient à l'esprit. Après tout, la guerre n'était pas encore finie lorsqu'il l'avait vu. Elle avait du se cacher et alors peut-être qu'on l'avait repris ? Qui sait vraiment ? Il y avait tant de collabos (où sont ils passé maintenant ?), tant de nazis dans cette ville qu'on aurait facilement pu la dénoncer. Ou pire encore, elle avait peut-être rencontré un foutu libérateur séduisant, le prenant pour mort et l'oubliant bien vite…
Ruminant ses pensées dans les rues éclairées par les vitrines des cafés, son cœur fit un bond lorsqu'il vit le visage d'un homme apparaitre dans la lumière d'un réverbère. Pendant un millième de secondes, il avait cru revoir Hans. Et il avait honte de la frayeur qu'il avait ressenti face à cette terrible vision.
N'ayant même pas un semblant de courage, il rebroussa le plus rapidement possible son chemin. Il ne ralentit l'allure que lorsqu'il eut refermé la porte de l'appartement de Chase derrière lui. Ce dernier n'était toujours pas rentré, surement trop occupé à faire des mamoures à son infirmière.
Il se laissa tomber dans le fauteuil, le cœur encore battant, le corps toujours un peu tremblant. Ce sentiment le dégoutait de lui-même. Lentement, House réussi à se reprendre, honteux, confus. Cette nuit la il su que Hans hantera à jamais ces nuits. Il su aussi qu'il règlerait lui-même cette fièvre et qu'il n'en parlerait jamais à personne.
Il ne réussit pas à se rendormir, repassant dans sa tête certaines scènes du camp. Il y était resté longtemps mais une en particulière dansait dans son esprit, qui ne lui revenait que par bribes et par sons. Des détonations, des cris. Ce qui dominait son souvenir, c'était surtout ce sentiment de frayeur profonde.
Flash-back
L'appel du matin avait été plus court que les autres. Deux prisonniers avaient réussi à s'échapper dans la nuit, et les SS étaient furieux. House sentait le danger planer au dessus de leur tête. Il croisa le regard d'un des gardiens et il su qu'il sera choisi parmi ceux qui seront tués en représailles. Il a vu dans ses yeux blancs qu'il voulait sa mort. Le ciel était dégagé ce matin là mais il faisait froid pour la mince chemise rayée qui lui servait d'uniforme et qu'on lui avait jeté sur ses épaules le jour de son arrivée ici. L'officier choisit immédiatement 15 prisonniers et House en faisait partie.
Avec les autres, il s'aligna sous les cris et les coups. Il pensait à Cuddy.
House ne se rappelle pas vraiment ce qui se passa à partir de ce moment là. Il se souvient des coups de feu qui se rapprochaient de lui, de plus en plus puissants, il se souvient d'une injure de haine et d'énervement face au compagnon qui était à sa gauche. Il l'avait entendu glisser à ses côtés dans une longue plainte, mais bientôt il s'était tu sans qu'House n'entende une seule détonation. Puis il avait reçu un coup dans le dos qu'il avait mit presque immédiatement à terre, le souffle coupé. Quelqu'un avait crié « nein ! », il avait fermé les yeux et une douleur suraigüe lui avait transpercé la jambe après un bruyant coup de feu. On l'avait par la suite trainé jusqu'au baraquement, recevant au passage quelques coups des kapos.
Dans la nuit, un prisonnier lui expliqua que, à court de munitions, l'officier avait tué l'homme à sa gauche à coup de bâton, et que, épuiser, il avait fait signe à un soldat de s'approcher. Ce dernier visant sa tête, l'officier vociféra un « NEIN ! » et dévia sa main vers la jambe d'House.
Les questions du pourquoi il avait eut la vie sauve ce jour là, et pas ces 14 autres prisonniers, demeuraient presque aussi terrifiante que la scène en elle-même. Son esprit cartésien n'arrivait pas à trouver des réponses. Et surtout à partir de ce jour là, House fut persuadé que l'officier aux yeux blancs allait revenir pour finir sa sale besogne.
Heureusement pour lui, la fuite des bourreaux provoqués par l'avncée rapide des Alliés avaient rapidement suivit.
Retour aux semaines suivant la Libération
Chase fut surpris lorsqu'il trouva House toujours assis là lorsqu'il rentra, mais il ne dit rien et alla s'assoir à côté de lui. On pouvait voir qu'il avait vécu des choses qui le marqueraient à jamais et il ne savait pas trop quoi faire pour l'aider. Alors, dans son français timide de débutant, il commença à raconter sa soirée.
Le visage de l'ex déporté ne montrait aucune expression, jusqu'au moment où il prononça le nom de Cameron. Aussitôt, l'intérêt d'House s'éveilla et Chase fut le premier étonné de ce retour à la vie. Il fut encore plus étonné lorsqu'il comprit qu'House voulait se rendre chez Cameron dès ce soir.
Il se levait d'ailleurs déjà, s'appuyant sur sa canne d'infirme.
-Cameron ! Cameron connait la personne que je cherche !
A présent gagné par son excitation, Chase se releva, oubliant la fatigue de fin de journée et il suivit House, prenant le relai du guide dès qu'ils furent en pleine rue.
Dans cette course folle, House se surpris à penser plus à Wilson qu'à Cuddy. Il sentait la présence de James dans son dos, et il lui jura qu'il retrouverait celui qui l'avait dénoncé. Il lui jura qu'il lui fera la peau, même s'il savait que sa mince conscience qui était en réalité un mini Wilson serait furieux de cette idée d'œil pour œil, dent pour dent.
Ils arrivèrent devant un petit immeuble au coin d'un rue, et Chase réveilla la concierge à grand coups sur la porte d'entrée et usant de son autorité de libérateur et d'occupant, réussi à les faire entrer.
Plus épuiser qu'il ne l'aurait pensé, House monta péniblement les escaliers qui menaient à celle qui savait peut-être où était Cuddy. Le cœur battant, il n'arrivait pas à s'arrêter d'espérer que la femme pensionnaire accompagnée d'une fillette était une Cuddy en manque d'affection.
La porte s'ouvrit après plusieurs minutes qui paru à l'un comme à l'autre une éternité. Cameron ouvrit grand la bouche lorsqu'elle finit par le reconnaitre. Blafard et beaucoup plus maigre, cette ombre avait de la vie dans ses yeux bleus. Elle comprit aussitôt ce qui l'amenait là, même si elle n'avait jusque là jamais pensé au couple que pouvait former sa pensionnaire et l'homme qui se tenait devant elle.
Cameron le prit dans ses bras et lui murmura « oui » dans son oreille, avant même qu'il ne prononce son nom. Derrière lui, elle entrevit Robert qui avait un grand sourire aux lèvres. Le temps des explications viendraient plus tard, pensa la jeune infirmière, l'urgence du moment était de réveiller Lisa pour qu'enfin, elle comme lui, puissent respirer.
Mais Cuddy était déjà réveiller (ce qui n'était pas étonnant vu le vacarme qu'avait fait Chase pour ouvrir les portes sur son passage) et se tenait debout en robe de chambre dans le salon.
Elle regardait le petit groupe avec un regard loin, vitreux.
House s'avança doucement vers elle. Il voyait que son regard vide avait fait place à de vives observations. Il fut heureux de constater que le camp ne lui avait pas prit la qualité de voir le cerveau de Cuddy fonctionner à travers son regard. Il pouvait presque lire ces « est ce vraiment lui ? Est-ce réel ? »
Il s'arrêta à quelques centimètres d'elle. Alors elle réagit enfin en levant lentement son bras pour toucher le visage râpeux du diagnosticien. Au contact, il ferma les yeux et soupira. Il les rouvrit juste à temps pour la voir se ruer dans ses bras. Il la sentit pleurer sur son épaule et quelques larmes glissèrent le long de sa joue. Il su qu'il devait lui dire « je t'aime », mais il ne pu que prononcer d'une voix étrangler que Wilson était mort.
-Je sais…sanglota t'elle.
Elle s'écarta de lui et il l'embrassa doucement. Ce baiser mouillé de larmes, finit par une longue étreinte, qu'aucun ne voulait briser, de peur que ca ne soit alors plus réel. Chacun s'accrochait à l'autre comme au s'accroche à une bouée de sauvetage.
House ressentait un tourbillon confus d'émotions, joie, tristesse, douleur, deuil, peur, mais surtout, dominant les autres, il avait le sentiment qu'il était enfin rentré chez lui.
Non ce n'est pas la fin ! :) Je vous ai promis (ou pas, je ne sais plus en faite^^) la traque de celui qui a dénoncé Wilson, alors vous l'aurez. J'avais beaucoup de pression en écrivant ce chapitre, car je sais que beaucoup attendaient ces retrouvailles avec impatience. J'espère donc ne pas vous avoir décu.
Le chapitre suivant sera le dernier (suivit éventuellement d'un petit épilogue s'il n'est pas intercalé dans le chapitre).
Vous le savez à présent, j'aime les reviews (qui n'aime pas ça ?^^) alors n'hésitez pas ! :)
