Bonjour à toutes et à tous ! Je suis ravie de poster ce nouveau chapitre qui sera, je l'espère, aussi intéressant que celui de la semaine dernière. Je voulais remercier absolument tous les lectures, les reviewers, les gens qui follow, ceux qui mettent cette fic en favoris. Vous n'imaginez sans doute pas combien vous me comblez chaque semaine. Merci à vous.

klo : merci beaucoup pour ton commentaire ! ^^ je suis très heureuse que tu aimes. L'identité de l'auteur de l'opération est recherché par tous, c'est très amusant : La suite est ici, bonne lecture !

So : quand j'ai reçu ton commentaire la semaine dernière, j'ai failli en pleurer de joie, tellement tu m'as fait plaisir ! J'ai pas mal travaillé sur cette fic pour qu'elle soit réaliste, qu'elle soit logique, pensée, que les personnages conservent leur caractère. Et tu as tout relevé dans ton commentaire. Tu ne pouvais me faire plus plaisir. Sincèrement. Merci beaucoup et je te souhaite une bonne lecture de la suite !

Ce chapitre est le premier POV de Severus et je prie pour avoir été fidèle au personnage et pour retranscrire ses émotions de manière réaliste. Je vous souhaite une excellente lecture et encore une fois, n'hésitez pas à critiquer ce que vous lisez.


Lorsque Severus entendit la porte claquer violemment, il baissa la tête et se pinça l'arête du nez entre deux doigts.

-Bordel, cracha-t-il de sa voix croassante.

Il avait été incapable d'empêcher la soudaine brusquerie qui l'avait pris. Il ne s'était pas attendu à la visite inopportune de Vinky et encore moins à cette question maladroite : « Le Maître a une compagne ? ».

Non, bien sûr que non. Il n'en avait jamais eu et ça ne risquait jamais d'arriver. La colère enflant dans sa poitrine, il rouvrit les yeux pour voir sa carafe en cristal pleine d'un bourbon ambré absolument délicieux. D'un geste, il balança le service en cristal sur le sol. Il vola dans un éclat strident de verre en se fracassant sur le sol de pierre. Le liquide ambré se répandit sur les dalles et les cristaux valsèrent jusque sous les meubles de bois brut.

Faisant volte-face, Severus observa l'endroit où Hermione s'asseyait toujours lorsqu'elle venait le sortir de sa solitude. Son cœur le fit souffrir. Elle était la seule personne à se préoccuper de lui depuis plus d'un an. Il s'était cruellement attaché à cette insupportable sorcière bavarde et mal peignée.

Il porta une main à son visage et se frotta les yeux. Il était fatigué. Fatigué d'avoir espéré. Il ne savait même pas ce qu'il avait espéré en réalité. Il avait déjà connu ce sentiment de manque avec Lily. Merlin merci, il était parvenu à se séparer de son souvenir coupable lorsque la guerre avait été terminée. Ç'avait été une manière pour lui de trouver une paix relative avec lui-même. Le fils de Lily était en vie et en sécurité. Il ne devait plus rien à personne.

Mais Granger avait tout chamboulé en débarquant dans sa chambre et en envahissant son espace vital. Il avait eu du mal à accepter sa présence au début jusqu'à ce qu'il s'y fasse assez naturellement en fait. Elle parlait beaucoup et cet incessant bavardage l'occupait à l'hôpital. Puis il s'était intéressé à son discours continu. Hermione n'était pas dépourvue d'intellect, il ne se l'était jamais nié mais il avait été forcé de reconnaître qu'elle avait un regard neuf sur certains sujets de conversation. Ça l'avait incité à réfléchir sur ses dires après certaines rencontres. Finalement, l'année à Sainte Mangouste avait filé rapidement. Il se remettait doucement, parlait à nouveau et se trouvait apaisé par ce repos salvateur.

Mais découvrir qu'Hermione n'était pas une bénévole l'avait choqué. Cette stupide expérience n'était pas censée marcher et cette idiote s'était débrouillée pour survivre.

-Saleté de femme, jura Severus en allant s'asseoir nerveusement en face du canapé.

Il avait été incapable de la laisser gâcher sa vie dans les couloirs d'un hôpital de fou. Minerva avait été de son avis, fort heureusement et avait recruté Hermione. Bizarrement, celle-ci s'habituait assez bien à l'enseignement, ça le surprenait encore.

Severus soupira de fatigue. Cette femme le hantait désormais. Pourquoi ne pouvait-il pas vivre sans l'image d'une née-moldue à l'esprit ?

-Vinky, appela-t-il soudainement de sa voix éraillée.

Un crac sonore retentit près de la bibliothèque. L'elfe contourna le canapé pour faire face à Severus et se courba à peine :

-Maître a appelé Vinky ?

-Pourquoi as-tu posé une question aussi stupide ? fit-il d'une voix claquante.

-Vinky ne voit pas de quoi le Maître parle, répondit-elle tranquillement.

-Ma compagne ? Cette gamine a vingt ans de moins que moi, cracha-t-il comme pour s'en convaincre aussi.

L'elfe sembla réaliser de quoi il parlait car elle fit :

-La compagne du Maître est très intelligente et se préoccupe du Maître.

Incapable de crier à cause de ses cordes vocales endommagées, Severus dut respirer profondément pour calmer l'intensité de sa voix.

-Elle n'est pas à moi.

-Pourtant le Maître aimerait bien, glissa Vinky avec l'insolence qui la caractérisait.

Severus se raidit. Il la fusilla du regard, empli d'une colère brûlante à cause de la clairvoyance de cette agaçante elfe de maison. Il eut un tic nerveux et son cou craqua.

-Peu importe, répondit-il. Elle n'aimerait pas.

-Mais la dame apprécie assez le Maître pour s'inquiéter pour lui. Ce n'est pas la première fois que Vinky la voit faire demi-tour dans les couloirs pour venir voir le Maître, insista l'elfe en remontant ses lunettes sur son nez.

Severus ferma les yeux de nouveau, abattu par cet ignoble sentiment qu'il connaissait trop bien. La tristesse de ne pouvoir obtenir ce qu'il voulait.

-Même si elle tenait un tant soit peu à moi, Vinky, elle ne pourrait être qu'une amie. Rien de plus, lui avoua-t-il tout bas.

L'elfe baissa un peu la tête, attristée pour son Maître solitaire. Elle se gratta la tête et reprit :

-Vinky pense que …

-Tu n'es pas censé penser, elfe stupide, cracha-t-il, de nouveau en colère.

Vinky se vexa et poursuivit avec une moue boudeuse et fière :

-Vinky pense quand même que le Maître devrait faire attention à ses paroles avec la dame s'il veut la garder au moins comme amie.

Sur ces dires, Vinky se détourna de son Maître et disparut dans un autre craquement. Severus observa l'endroit d'où elle avait transplané, perdu dans ses pensées. La vie semblait jouer avec lui et recommençait encore à lui montrer une femme qu'il ne pouvait même pas espérer regarder trop longtemps au risque de la voir s'enfuir.


Hermione ne revint pas voir Severus immédiatement, brusquée par son comportement. A la place, elle préféra suivre ses conseils même si elle doutait de sa réussite. Chaque soir après son cours de soutien, elle fermait les yeux lorsqu'elle se trouvait au calme dans ses quartiers et cherchait à sentir l'ensemble de son corps. Jusque là, elle ne sentait aucune différence perceptible si bien qu'elle recommençait à désespérer lentement.

Heureusement, sa vie mouvementée lui permit de reprendre du poil de la bête. Hermione put ainsi arracher un bref sourire sur le visage de Vincent Hornigold quand elle lui prêta le livre de potion arabe. Elle eut les remerciements de la Serpentard blonde de la bibliothèque lorsque la jeune femme lui conseilla de mieux construire son introduction au risque de perdre en compréhension. Elle vit les visages illuminés de quelques élèves lorsqu'ils lui apprirent qu'ils avaient eu d'honorables notes dans différentes matières. Et elle se sentit fière en ayant quelques retours positifs de plusieurs professeurs ayant constaté une différence notable chez les élèves allant au soutien.

Hermione vit donc arriver le mois de décembre et les premières neiges avec joie. Dans le même temps, les sorties à Pré-au-Lard commencèrent. Beaucoup d'élèves s'excitèrent pendant les cours en se demandant ce qu'ils allaient acheter et avec qui ils iraient. Hermione devait les reprendre plus régulièrement qu'avant mais elle les comprenait assez pour ne pas se montrer trop sévère. De temps en temps, elle devait toutefois sévir lorsque des altercations surgissaient entre Gryffondors et Serpentards. C'était fatiguant de voir toujours les mêmes élèves se provoquer pour arriver au même résultat : quelques heures de punition et des points en moins. Rien n'avait vraiment changé depuis son discours de début d'année sur l'entente entre Maisons et Hermione trouvait ceci fort dommage. Peut-être étaient-ils trop jeunes, se disait-elle en consolation.

-Hermione ! l'appela Neville.

Elle fit volte-face dans les couloirs pour voir le jeune homme la rejoindre au pas de course. Ils poursuivirent ensemble leur chemin tandis que Neville poursuivait :

-Minerva demande à ce que des professeurs se dévouent pour encadrer la sortie à Pré-au-Lard. Apparemment, il n'y a rien de trop contraignant, il faudra juste faire acte de présence. Je voulais savoir si tu irais ?

-Oh. En fait, je ne pense pas, avoua-t-elle en grimaçant. J'ai beaucoup de travail entre mes cours, la bibliothèque, le soutien et les copies à corriger. Je chercherai du temps pour la prochaine sortie, je pense.

-D'accord. J'en parlerai à Pomona dans ce cas.

-Merci, Neville, sourit-elle.

-De rien. Oh ! Au fait, Hagrid m'a dit de faire tourner l'information : les centaures de la forêt interdite semblent être sur les nerfs en ce moment. Évite de passer près de la lisière de la forêt lorsqu'il fait sombre.

-Les centaures ? s'étonna Hermione. Ils ne s'approchent jamais du parc du château d'ordinaire. Qu'est-ce qui les perturbe ?

Neville haussa les épaules en jetant un coup d'œil en direction des hauts arbres de la forêt interdite qu'ils purent apercevoir par les larges fenêtres du château.

-Je crois que même Hagrid n'en sait pas beaucoup plus. Il a tenté de s'en approcher mais l'un des centaures l'a chassé de leur territoire. Ils sont très agités et se déplacent partout dans la forêt.

Hermione plissa les yeux de perplexité. N'ayant cependant aucune réponse, elle préféra mettre cette conversation de côté.

-Je te remercie, Neville.

-Je t'en prie, Hermione. Bonne journée ! la salua-t-il en bifurquant à un carrefour de couloir.

Hermione continua son chemin en listant mentalement ce qu'elle devait finir dans la journée. Soudain, ce qu'elle avait imaginé plus tôt dans l'année lui revint. Elle se mordilla la joue sans ralentir puis se décida.

Lorsque le jour de la sortie arriva, la jeune femme s'habilla chaudement pour subir le vent glacé de décembre. Hermione observa les élèves sortir de la Grande salle pour se diriger vers le chemin menant au village sorcier. Quand elle décida que suffisamment de têtes étaient parties, elle alla en direction des appartements de Severus. Elle ne l'avait pas revu depuis qu'il l'avait mise dehors et elle y avait longuement pensée. Manifestement, l'idée de son elfe de maison ne lui avait absolument pas plu. Elle ne savait pas réellement pourquoi mais Hermione connaissait assez l'homme pour savoir qu'il était complexe. Alors elle décida d'en faire fi et partit pour le déloger de chez lui.

En frappant à sa porte, elle fut surprise de voir qu'il alla lui-même entrouvrir la porte. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle revienne, comprit-elle avec stupeur. Severus l'observa d'un air impassible et cracha son venin immédiatement :

-Vous venez encore m'importuner ?

-Si je vous importunais vraiment, vous m'auriez envoyée paître il y a au moins un an, espèce de vieil ermite, rétorqua-t-elle vivement.

Severus haussa les sourcils devant sa répartie.

-Si je ne l'ai pas fait, c'est parce que tout ça me convenait, signala-t-il, sur la défensive.

-Alors vous tirez un trait sur cette situation simplement parce qu'une vieille elfe de maison vous fait une remarque d'ordre relationnel ? insista Hermione, agacée.

Cette fois, elle le vit se braquer nettement et n'en comprit pas la raison. Hermione se détendit un peu et fit plus doucement :

-Ne faites pas l'idiot et venez. Je vous emmène faire un tour dans le parc.

Severus plissa les yeux de défiance.

-Je ne sortirai pas d'ici.

S'y attendant, Hermione mit les mains sur ses hanches et fit :

-Vous allez sortir et maintenant. Tout le monde est à Pré-au-Lard, le parc est assez grand pour qu'on ne rencontre personne et vous avez besoin de sortir de chez vous.

-Allez-vous en, soupira-t-il.

-Je ne partirai pas d'ici avant que vous ne m'ayez accompagnée. Et vous pouvez bien fermer la porte, si j'attrape une pneumonie dans ce couloir, vous aurez ma convalescence sur la conscience.

Severus eut un vague sourire et roula des yeux. Hermione se demanda s'il acceptait alors qu'il fermait la porte. Elle allait s'insurger mais il rouvrit celle-ci avec à la main une lourde cape d'hiver. Hermione lui offrit un sourire rayonnant alors qu'il refermait doucement la porte d'entrée de ses appartements. Il enfila sa cape et lâcha :

-Allons-y, insupportable sorcière.

-Magnifique, savoura-t-elle en se dirigeant avec lui vers le parc.

Cette femme aurait sa peau, songea-t-il. Ils cheminèrent tranquillement jusqu'à une porte dérobée du château pour enfin en sortir. Le vent fouetta le visage d'Hermione si bien qu'elle rentra le cou dans son épaisse écharpe en laine pour se protéger du froid mordant. Elle vit Severus faire de même et ils se dirigèrent naturellement sur le petit chemin de terre qui bordait la forêt interdite pour remonter jusqu'au lac. Sur la route, ils restèrent un instant silencieux. Hermione savourait l'air frais et l'idée d'avoir délogé Severus de son antre.

De son côté, Severus ne pouvait s'empêcher d'être satisfait de l'initiative de la jeune femme. Il avait abandonné l'idée de la voir revenir il y avait de cela une semaine mais elle ne semblait pas d'un naturel rancunier, heureusement pour lui. Il avait certes été agressé par la remarque de Vinky et Hermione l'avait apparemment compris. Il espérait malgré tout que la raison pour laquelle il l'avait si mal pris n'atteindrait pas sa compréhension.

Lorsqu'ils dépassèrent l'orée de la forêt, Hermione jeta un coup d'œil à son voisin. Sa haute stature noire l'intimidait un peu mais encore une fois, l'image de son ancien professeur alité à l'hôpital lui revint et elle se détendit. Prise d'une pulsion, elle s'approcha de lui et glissa son bras sous le sien pour le serrer doucement contre elle. Un faible apport de chaleur la fit soupirer. Elle sentit cependant l'homme se raidir brusquement. Décidée, elle resta dans cette position tandis qu'ils marchaient toujours.

-Avez-vous réussi à sentir votre magie ? embraya soudainement Severus, la voix rauque.

Hermione leva les yeux au ciel en répondant dans un soupir excédé :

-Non, je n'arrive à rien. Bien souvent, je finis par m'endormir en pleine tentative de méditation le soir. Je suis fatiguée avec toutes mes activités quotidiennes. Et je dois dire que vous ne m'avez pas aidé pour le coup.

La pique ne passa pas inaperçue. Severus se renfrogna un peu et grommela :

-Vous êtes la première survivante de cette expérience. Tout ce que nous ferons sera inédit.

-Bien sûr mais je m'attendais à un peu plus d'aide pour méditer. Qu'est-ce que je suis censée faire ?

-Et bien, sans doute fermer les yeux, respirer profondément et trouver la même sensation que lorsque vous utilisiez une baguette.

Hermione ricana un peu, amusée par l'explication. Elle se pelotonna un peu contre le bras de Severus quand une bourrasque de vent la fit frissonner.

-Ça ne m'aide pas vraiment, désolée, fit-elle.

Le silence reprit ses droits quelques temps tandis qu'ils passaient une petite butte au delà de laquelle se trouvait une étendue herbeuse près du lac.

-Vous savez que mes cours de soutien marchent très bien ? lança-t-elle, tout sourire.

-Ah oui ? fit-il distraitement.

-Les professeurs viennent parfois me voir pour me féliciter des compléments d'information que j'apporte. Certains élèves ont beaucoup progressé. Et je parviens même à faire discuter poliment des élèves de Gryffondor et de Serpentard.

Au souvenir des discussions polies mais pleines d'insultes, Hermione sourit grandement. Elle entrevoyait, en dehors du soutien, la relation qui existait entre Johnson et Stewart. Ils continuaient leurs joutes verbales, parsemées de jurons mais sans jamais hausser le ton. Plusieurs élèves riaient en les observant à chaque fois.

-C'est possible ? souleva-t-il.

-Absolument ! Bon, ils continuent les insultes mais ça reste tout à fait acceptable. Et puis, regardez nous. Nous conversons depuis plus d'un an sans problème majeur, ajouta-t-elle.

Severus s'abstint de toute remarque au risque d'envenimer la conversation. Son attitude envers elle frôlait parfois l'agressivité mais bizarrement, Hermione parvenait à en faire fi.

-J'ai repensé à la liste que nous avons faites sur les Mangemorts, lança Hermione.

Severus lui jeta un regard en coin mais ne dit rien. La jeune femme enjamba une racine et poursuivit :

-Serait-il possible que l'auteur soit Voldemort ?

Elle sentit tout contre elle le bras de l'homme frémir. La jeune femme devina que ce nom devait le hanter mais elle ne s'excusa pas pour sa franchise. Elle patienta.

-Ce serait surprenant, commença-t-il de sa voix sombre. Le Seigneur des Ténèbres était, à ce moment là, terriblement inquiet pour ses Horcruxes. Potter les détruisait les uns après les autres et le Maître réalisait donc que son immortalité était cruellement compromise.

-J'y ai pensé aussi. Mais l'expérience, en cas de réussite, aurait pu être pratiquée sur Voldemort. Ainsi, il n'aurait plus eu ce problème de baguette qu'il a connu.

-Vous parlez de la baguette jumelle de Potter ? s'enquit Rogue en plissant les yeux.

-Oui. Voldemort cherchait désespérément un moyen de contrer les effets des baguettes. C'est pour cela qu'il a recherché la baguette de Sureau. En l'implantant en lui, le cœur de la baguette n'aurait peut-être pas eu le même impact.

-C'est possible. Mais j'en doute sincèrement. Voldemort n'aurait jamais laissé quiconque implanter sa baguette en lui. Il n'avait confiance en personne.

-Même pas en vous ? s'étonna Hermione.

Severus plissa les lèvres mais ne dit rien. La jeune femme le laissa méditer tranquillement tandis qu'ils marchaient côte à côte. Finalement, elle entendit seulement l'homme grogner quelque chose mais elle devina qu'il n'avait pas vraiment de réponse à sa question.

Hermione allait changer de sujet quand elle se souvint de cette soirée, au Manoir Malefoy, juste avant que Harry et Ron parvinrent à s'enfuir de ces lieux. Tentant de se remémorer les traits de la personne au dessus d'elle, elle revit l'image de Bellatrix. Elle l'avait torturée de longues minutes pour qu'Hermione lui révèle les objets qu'ils avaient volés à son coffre de Gringotts. Bellatrix avait adoré lui cisailler la peau … d'une manière quasi chirurgicale.

-Severus, fit soudainement Hermione en pilant net.

L'homme à son bras dut s'arrêter à son tour, brusqué. Il cligna des yeux en la dévisageant. Hermione leva la tête sur lui, le cœur battant follement dans sa poitrine.

-Et si c'était vraiment Bellatrix ?

Severus haussa un sourcil perplexe, y songea puis nia vivement :

-Impossible. Vous seriez morte.

Il s'arrêta lorsque la jeune femme se détacha de son bras pour tirer sur son gant. Elle se démena avec l'étroite manche de son pull et tira dessus pour dévoiler son avant-bras scarifié. Les mots injurieux s'étalaient largement sur sa peau pâle, cruel rappel d'une guerre d'idéologie.

L'homme planta son regard sur les mots Sang-de-bourbe avant de se détourner, les narines frémissantes. Hermione remit son pull correctement et poursuivit avec ardeur :

-Les mots sont nets et impeccables. Les Médicomages m'ont dit que le sortilège de Bellatrix était tellement précis qu'ils ne pouvaient pas enlever ou effacer la cicatrice : elle a utilisé un sortilège de découpe médicale.

Severus regardait au loin, songeur et tendu. Hermione voyait nettement qu'il réfléchissait vite, comme pour corroborer ou rejeter son argumentaire.

-Bella était folle, murmura-t-il.

-Justement ! s'exclama Hermione en le coupant. Et si elle avait voulu me punir ? Et si elle avait été juste assez folle -ou lucide, peut-être- pour m'opérer et me garder en vie ?

-Comment aurait-elle eu mes parchemins ? la contra-t-il en plongeant son regard dans le sien.

-Elle passait vous voir ? Elle était là quand vous montriez votre théorie à Voldemort ? enchaîna Hermione, exaltée.

Elle vit les yeux de Severus se perdre dans ses souvenirs. Il carra soudain la mâchoire et acquiesça sèchement, comme à contrecœur. Hermione eut un sourire victorieux que Severus se hâta de défaire :

-Ne vous emballez pas, Miss. Je maintiens que Bellatrix était absolument incapable d'opérer quiconque, encore moins de vous garder en vie pendant près de quatre jours.

-Elle était là ce soir-là. Elle me haïssait. Elle m'a torturée. Elle était folle.

-Bellatrix était beaucoup de chose, la coupa Severus, l'air assuré. Mais certainement pas capable de retenir son impatience. Elle aurait pu vous faire boire du Véritaserum pour obtenir la vérité mais elle a préféré vous torturer. Elle aurait pu aimer ma théorie mais elle préférait largement les idées du Seigneur des Ténèbres. Et ce soir-là, rien n'aurait pu la détourner du Maître. Même pas une Née-moldue.

Hermione n'osa pas insister devant la certitude qui émanait de Severus. Elle resta silencieuse un moment avant de ramasser tranquillement son gant pour le remettre. Dès qu'elle fut au chaud, elle reprit délicatement le bras de Severus, resté muet, et elle l'incita à poursuivre leur marche. Hermione préféra finalement écarter le sujet, sachant que, si Voldemort ou Bellatrix était l'auteur, ils n'avaient plus rien à craindre d'eux.

Leur balade se poursuivit tranquillement jusque l'heure de midi après laquelle Hermione décida d'avancer dans ses cours. La prochaine leçon des cinquièmes années risquait de devenir complexe pour eux et elle devait trouver un schéma explicatif sur l'évolution de la métaphore ambivalente de Neals. Pensive, la jeune femme s'engouffra dans la Bibliothèque, faiblement peuplée en cet après-midi de fin de semaine et se dirigea silencieusement vers les immenses rangées de livres. Elle savait plus ou moins où trouver l'ouvrage attendu mais elle avait une hésitation quant à l'étagère à choisir. Hermione se mordilla la lèvre distraitement en penchant la tête pour lire les tranches des livres. Soudain, son regard fut attiré par une reliure dorée à l'allure ancienne.

-La magie des Miroirs, lut-elle en haussant les sourcils.

Immédiatement, l'image du Miroir du Risèd lui revint à l'esprit. Hermione détourna le regard de la tranche du livre entreposé sur l'étagère mais ses yeux revinrent sur lui. La jeune femme tourna la tête de chaque côté du couloir formé par les étagères de livres et attrapa délicatement l'ouvrage qui l'intriguait. Elle ne savait pourquoi mais elle avait la vague impression qu'elle n'aurait pas dû toucher à ce livre. Prudente, elle ouvrit le lourd ouvrage entre ses mains et retint une grimace en constatant la vétusté des pages jaunies et mangées par les mites. Hermione regarda encore autour d'elle, craignant de se faire surprendre avec le livre entre les mains.

Seule, elle se décida à regarder le sommaire pour voir de quoi parlait vraiment le livre. Quand son regard tomba sur la terminologie Miroir et désir, Hermione se sentit fascinée. Immédiatement, elle oublia les alentours de la bibliothèque pour tourner les pages afin de tomber sur le chapitre correspondant. Elle ne savait aucunement ce qu'elle cherchait mais la magie du Miroir du Risèd l'intriguait suffisamment pour qu'elle perde du temps devant le livre.

Lorsqu'elle parcourut le chapitre des yeux, Hermione fut profondément déçue. Il ne s'agissait en aucun cas de la description du Miroir du Risèd mais plutôt de la narration de la volonté requise pour utiliser un miroir ensorcelé. La jeune femme souffla lourdement. Elle s'était attendu à beaucoup mieux. Alors qu'elle allait refermer l'ouvrage, elle aperçut en bas de page de minuscules caractères. Plissant les yeux, Hermione approcha son visage de la phrase et lut à voix basse :

-« Le désir et les Miroirs apparaissent étroitement liés, théorie corroborée par Alfredo Grant auteur du Reflet des volontés enfouies (Miroir du Risèd) dont les recherches ont montré que l'être humain, dans sa recherche du bonheur, ne cesse de désirer les choses et plus particulièrement celles qui lui sont inaccessibles, ce qui constitue une source de magie inépuisable. »

Hermione cligna des yeux et releva la tête. Elle grogna faiblement, retint le nom de l'auteur cité puis reposa le livre sur l'étagère. Ce bouquin poussiéreux ne lui apprenait rien qu'elle ne sache déjà. En se flagellant pour le temps perdu, la jeune femme repartit à la recherche de son schéma explicatif et chassa l'image du Miroir de son esprit.


Lors de son cours de soutien, Hermione eut une surprise à laquelle elle ne s'attendait plus depuis plusieurs semaines. Une dispute éclata entre Johnson et Stewart. Et malgré les tentatives d'Hermione, aucun des deux ne l'écoutait tandis qu'ils se hurlaient l'un sur l'autre :

-T'es une grosse abrutie, Stewart ! Tu le sais, ça ?

-Oh, mais j'ai vexé Sa Magnificence ! Il serait temps que Votre Grandeur redescende parmi les simples mortels et comprenne qu'il est le seul imbécile avec des idées aussi archaïques ! rétorqua la blonde de Serpentard.

-Ces putains d'idées archaïques viennent de gens comme toi ! C'est à cause de vous que les gosses de première année se tiennent à carreau, ils ne comprennent rien à la situation que les Serpentards leur imposent ! s'écria Johnson en se penchant pour surplomber Stewart.

Celle-ci ne fut pas impressionnée et répondit avec autant de vigueur qu'avant :

-Tu te fiches de moi ! J'ai été la première à oublier toutes ces histoires ! Ne me mets pas dans le même sac que certains idiots de ma Maison ! Dans la tienne aussi, il y a des gros abrutis incapables de grandir, et t'en fais partie !

Hermione avait arrêté de faire l'arbitre depuis près de cinq minutes. Elle les observait et demandait aux autres élèves du cours de soutien d'ignorer la dispute bruyante mais évidemment, personne ne parvenait à les ignorer.

La dispute portait d'ailleurs sur un sujet que personnes d'autres que les protagonistes ne comprenaient ce qui intriguait Hermione. Alors qu'elle allait prendre la parole, Johnson hurla littéralement :

-Je t'interdis de me dire ça, Rosa ! Je fais tout pour que mes amis t'acceptent et depuis ce temps là, mon meilleur ami ne veut plus me voir parce que je te défends face à lui !

Cette fois-ci, sa réplique assomma tout le monde. Hermione avait la bouche ouverte tandis que Rosa et les autres élèves écarquillaient des yeux. Le silence de Stewart sembla faire réagir Johnson car il recula d'un pas et tourna le regard sur les autres élèves et son enseignante. Son visage crispé de colère se décomposa lentement en comprenant qu'il venait de trop en dire. Il se dirigea vers son sac posé près d'une table et marmonna vers Hermione :

-Désolé, Miss Granger.

Et il quitta la bibliothèque. Le silence de la bibliothèque s'étira dans le temps un moment avant qu'Hermione ne se tourne vers les élèves assis :

-Reprenez, s'il-vous-plaît. J'ai à m'entretenir avec Miss Stewart.

Certains l'écoutèrent mais d'autres continuaient à observer Rosa Stewart, immobile au milieu de la bibliothèque. Hermione s'approcha d'elle et pencha la tête. La jeune blonde semblait encore choquée.

-Vous allez bien ? s'enquit doucement Hermione.

Rosa braqua son regard bleu sur elle et sa mâchoire se crispa. Hermione crut comprendre qu'elle allait pleurer si elle prenait la parole. Alors elle commença :

-Je dois dire que je n'ai pas exactement tout compris à la situation. Mais en tant que Gryffondor, je me permets de vous signaler que les sorciers de cette Maison sont impulsifs, têtus et horriblement maladroits. En particulier le grand benêt qui vient de partir, ajouta-t-elle d'une voix un peu plus légère.

Rosa Stewart sembla se détendre un peu et marmonna sans son habituelle voix narquoise :

-Je peux quitter le cours de soutien, Miss ?

-Bien sûr. Allez-y.

Rosa alla chercher son sac, les gestes fébriles et quitta à son tour les murs de la bibliothèque. Hermione l'observa pensivement et se demanda si elle avait vraiment compris leur relation. Un peu perplexe, elle décida de ne pas s'en préoccuper et retourna aider les élèves encore présents.

La dernière heure s'écoula rapidement et lorsque tout le monde fut parti, Hermione s'affala sur une chaise libre en soupirant lourdement. Se prenant la tête entre les mains, la jeune femme prit le temps de respirer. Son rythme était soutenu et elle s'avouait qu'elle n'avait pas un grand moral dernièrement.

L'attaque du Terrier la préoccupait encore, son emploi du temps chargé ne lui permettait pas toujours de faire des nuits de huit heures et sa baguette implantée faisait toujours la morte. D'autant plus que le Miroir du Risèd hantait ses nuits. Parfois, Hermione rêvait de son reflet armée d'une baguette, de ses parents. Dernièrement, Severus avait fait une apparition avant que le rêve ne tourne au cauchemar. Elle avait entraperçu de nouveau la silhouette de la personne qui lui avait implanté la baguette.

Un bruit à sa droite l'interpella. Hermione se leva brusquement et observa la frontière obscure au delà de laquelle les bougies n'éclairaient plus les lieux. Plissant les yeux, la jeune femme commença à ranger hâtivement ses affaires quand une voix nasillarde demanda :

-C'est la Miss du Maître ?

La jeune femme se figea et aperçut alors l'ombre de Vinky, l'elfe de Severus. Hermione soupira de soulagement et sourit à l'elfe approchante.

-Bonsoir, Vinky. Tu m'as fait peur.

-Vinky demande pardon à la dame, fit lentement l'elfe en entrant dans le cercle de lumière.

Hermione put la voir nettement alors. L'elfe était habillée de chiffons blancs en bon état. Sur son nez se trouvait toujours une grosse paire de lunettes noire et dans ses maigres bras, Hermione vit la couverture d'une grosse encyclopédie.

-Quel livre empruntes-tu ? demanda-t-elle doucement.

-Vinky a pris le tome deux de Ensorcellements arithmantiques de Albert Jécompry dans son édition originale, répondit-elle en serrant un peu plus l'ouvrage contre elle.

Hermione haussa les sourcils en se rasseyant sur sa chaise.

-C'est un livre très complexe. Il s'agit bien de la théorie selon laquelle les Sortilèges peuvent être reportés dans le temps à partir de calculs arithmantiques ?

-En effet, Miss, acquiesça Vinky.

-Tu aimes apprendre ce genre de chose ? l'interrogea Hermione.

L'elfe sembla plus défiante quand elle répondit de cette même voix lente et nasillarde :

-Vinky est suffisamment intelligente pour comprendre ce que des sorciers ont écrit.

-Je ne remets pas en doute tes capacités, Vinky ! lui assura Hermione. Je suis juste surprise qu'une elfe aime lire ce genre de chose. Tu es la première que je rencontre et qui se plaît à apprendre des ouvrages vieux de plusieurs siècles.

Cela calma la méfiance de l'elfe. Celle-ci détourna brièvement le regard avant de dire :

-La dame du Maître est très intelligente. Vinky l'a déjà vue parler aux jeunes élèves de l'école. Ils comprennent mieux.

Hermione lui sourit tendrement en comprenant que Vinky assistait parfois aux cours de soutien. Elle en fut flattée. Qu'une personne ou un être reconnaisse ses qualités intellectuelles la remplissait toujours de fierté.

Cependant, la première partie de la phrase de l'elfe lui rappela leur première rencontre. Sentant que le moment était opportun, Hermione demanda gentiment :

-Pourquoi dis-tu que je suis la dame du Maître ? Severus Rogue est bien ton propriétaire, n'est-ce-pas ?

Les oreilles de Vinky se redressèrent un peu tandis qu'elle regardait partout autour d'elle. Hermione la vit s'approcher de la table pour poser religieusement son ouvrage avant de se tourner vers la jeune femme, comme pour lui confier un secret. Ça en prit l'allure quand des ombres se dessinèrent sur le visage de l'elfe quand une faible brise fit tressaillir les bougies dans le silence froid de la bibliothèque.

-Vous êtes la dame du Maître parce que vous êtes sa seule amie.

Hermione sentit son cœur se serrer. Elle plissa les lèvres à la pensée que personne exceptée elle ne venait le voir. Severus Rogue était l'un des principaux protagonistes de cette guerre et il n'avait aucune reconnaissance. Cela la rendait folle.

-Il n'a personne d'autre ? demanda Hermione, attristée.

Vinky pencha la tête vers la porte de la bibliothèque puis reprit la parole sur le ton de la confidence :

-Le Maître a eu une amie par le passé. Mais elle est morte. Le Maître a été très triste pendant des années. Mais depuis que la dame vient le voir, le Maître va mieux.

Harry avait raconté à Hermione et à Ron l'histoire de Severus Rogue. Ainsi, Hermione n'eut aucun mal à comprendre de qui Vinky parlait. Lily Potter avait sans aucun doute été la première amie de Severus et sa perte l'avait anéanti.

Savoir que sa présence permettait à cet homme taciturne d'être mieux apaisa sa tristesse. Hermione eut un petit sourire à la pensée qu'elle pouvait ne pas être un fardeau bavard pour lui. La chaleur dans son cœur se fit plus forte.

-N'est-ce pas simplement un effet de la guerre ? Elle est finie, il n'a plus à faire l'espion, intervint soudain Hermione.

Vinky secoua vivement la tête, faisant claquer ses oreilles sur son crâne.

-Non, Vinky est sûre que la présence de la dame permet au Maître d'aller mieux. Et …

Hermione haussa un sourcil devant son arrêt brutal.

-Qu'est-ce qu'il y a Vinky ? demanda-t-elle doucement.

L'elfe semblait en proie à une grande hésitation. Elle dévisagea Hermione puis lâcha :

-Vinky espère que la dame restera toujours avec le Maître.

La bouche d'Hermione s'ouvrit d'hébétude. Vinky en profita pour reprendre son ouvrage contre elle et, d'un dernier coup d'œil vers la jeune femme assise, elle fit :

-Le Maître est plus heureux avec elle.

Et Vinky disparut dans un claquement de doigt. La jeune femme resta stupéfaite pendant de longues secondes. Elle rendait Severus heureux ? L'idée même paraissait totalement stupide et un peu extravagante. L'image de son enseignant lorsqu'elle étudiait encore lui revint. Il était dur, le visage sec et le corps crispé. Les images de Severus alité à Sainte Mangouste et dans son canapé à Poudlard prirent la place de la précédente.

Hermione soupira doucement. Elle appréciait sincèrement l'homme qu'il était devenu. Il était plus posé, plus détendu et il ne l'envoyait pas méchamment paître lorsqu'elle lui parlait d'une nouvelle théorie sorcière. Jamais Hermione n'aurait pu avoir ce genre de conversation avec l'homme qui enseignait encore. C'était absolument inenvisageable.

C'était un peu comme si la fin de la guerre lui avait permis de se défaire de ronces épaisses et piquantes dont il se serait sans cesse paré pour se défendre. Les mauvaises herbes avaient la vie dure mais elles disparaissaient. Les paroles de Vinky quant au fait de rester pour toujours auprès de lui l'avaient bousculée. Hermione se mordilla la lèvre en y songeant.

Qu'est-ce que cette phrase signifiait dans l'esprit de l'elfe ? Rester son amie et venir le voir jusqu'à la fin de sa vie ? Ou est-ce que Vinky pensait à une relation plus poussée ? Ses dires étaient trop vagues et l'esprit de l'elfe trop mystérieux pour qu'Hermione puisse décider. Mais l'image de Severus et d'elle lui apparut et cela la chamboula. Son cœur fit une embardée et Hermione dut reprendre une grande goulée d'air.

-J'y penserai plus tard, fit-elle en se secouant.

Hermione décida de rentrer dans ses appartements. La nuit était tombée depuis un moment et le froid glaçait les couloirs sombres. La jeune femme avançait d'un pas vif pour se réchauffer et arriver plus rapidement chez elle. Sur le chemin, elle tourna la tête vers le ciel noir et illuminé d'étoiles blanches. Elle eut un vague sourire et ralentit le pas jusqu'à s'arrêter. Le silence l'apaisait sensiblement.

Hermione inspira profondément et laissa son regard se balader vers le sol. Le lac au loin était aussi noir que le ciel, les hautes herbes autours des saules pleureurs dansaient dans l'air. Ses yeux volèrent vers la lisière de la forêt interdite et le souvenir de Graup lui provoqua un rire amusé. Elle secoua la tête et s'apprêta à repartir quand elle aperçut une ombre près de la forêt. Hermione resta stupidement à l'observer. La silhouette cheminait lentement de la lisière de la forêt et s'approchait à pas de loup vers le château. Alors qu'Hermione allait s'insurger sur la présence d'un élève dehors en pleine nuit, la silhouette disparut. La jeune femme haussa les sourcils, lâcha presque ses livres et se pencha par dessus la fenêtre pour regarder la lisière de la forêt.

De longues secondes s'écoulèrent avant qu'Hermione se demande si elle n'avait pas vu un animal. Venant de la forêt interdite, beaucoup de créatures en sortaient régulièrement une fois la nuit tombée. Finalement, la jeune femme abandonna, persuadée d'avoir vu autre chose qu'une personne. Elle repartit.


Je suis plutôt stressée pour ce chapitre : le POV de Severus était crédible ? Hermione songe pas mal à l'auteur de son opération, Voldemort, Bellatrix, quelqu'un d'autre ? J'ai adoré lire vos hypothèses, je crois que je vais faire des clubs : ceux qui pensent à Voldemort/ceux qui votent pour Severus/ceux qui préfèrent l'idée des elfes. D'autres hypothèses maintenant ?

Hermione découvre plusieurs livres sur le Miroir mais n'approfondit pas. Vinky revient et on la reverra encore. Quant à cette silhouette ? ^^ Merci d'avoir lu.